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10/07/1966 - Lettre de Louvain - Dom Bernard Botte (au sujet de l'Ordination des Diacres)

Post-Vatican II etude-privee
Version unique
Dir Besnari Pre                              Coupet. Po              mao              Le 4
                                                              oldacre— )

                                                Louvain,       10-7-1966




   Cher       Monsieur          le    Rrofesseur,


   Je n'ai pas trouvé le temps  de vous écrire plus tôt pour
   vous prévenir de l'heure de mon arrivée (17.50) et il
   est possible que max lettre arrive auprès moi, mais je me
   débrouillerai bien tout seul. Nous avons eu une semuine
   d'étude,          come vous le              savez pur M.Fischer, et                jlui été
   pris       tout    le    temps.
      sujet de Act.6, je me permets queues remarques.
      La typologie de ce passage, y compris l'«llusion à
   Saint Etienne se trouve duns la tradition romauno-gere

© manique denuis le Gélusien, c'est à dire depuis près ou

  ÉD’ Consilium à consenti à supprimer les prières galli-
        us    de    Mikan mille          ans.    Le    n'est pas      une     innovation.

    anes à condition qu'on en vranspose lx substance en
    autres endroits. C'est ce que j'ai cru devoir faire,
      Sur le fond du problème vous ne me répondez absolu-
   ment       rien,    Vous vous retranchez derrière des                          autorités
   qui       vous    par«issent sacro-saintes, C'est une                          attitude
   très peu critique.                   Le   ces autorités,           je n'en retiens             que
   deux:       le P.Gächter et Nom dupont.                      Je connuis très peu le
   premier          que    je    n'ai rencontré            qu'une     fois,   mais     je    con-
   nuls       très    bien le          second    qui       a travaillé      avec moi        et   à
   qui       j'ai apnris beaucoup de choses, Beaucoup de notes
   qui       figurent dans sa thèse de maîtrise sur Gnôsis ont
   en fuit été rédigées de ma main,                            Je n'ai donc        aucun com
   rlexe d'infériorité vis-àh vis de                           lui, Vous me        citez un
   passage de ses oeuvres. C'est bien superflcar
                                               u,                                       je con-
   nais exactement sa position par une lettre qu'il                                     m'a en-
   voyée,          Il reconnaît que du point de vue de                         saint    Luc       il

© est évident qu'il pense aux diacres. Il ajoute que, pour Sa part, 11 croit plutôt à une institution unalogue à celle des presbytres de Kilet, I1 ne me donne pas ses raisons soit parce qu'il suppose que je les connais, soit grce qu'il s'aperçoit eo! Nil s'agissait de choisir entre mon opinion personnel- que ce n'est pas très solide.

   le    et    celle       âu P.Gächter, je                n'insisteruis       pus.    Muis       11
   s'agit d'une interprétation traditionnelle                                  er d'un 5yHbo-
   lisme       qui    a inspiré          l'organisation du diuconat. Je ne
   crois       pas    qu'on doive           renoncer à cette interprétstion
  parce que l'un ou l'autre exégète n'est                                  pas d'accord.
  Des gens comme le P.Rahner, Mgr Wagner,                                  Colson etc ne             me
   Paraissent             avoir       aucune    Compétence          particulière       en    la        ma
   tière.          Lu nuée de témoins que vous m'opposez se réduit à
   peu de          choses,




 Letle 7 ed, aiunrifie able Lfpert Le
       he de UE
 chorvtë                     T          LA

                                               GETL

G} Enfin ‘la solution que vous proposez est illogique. Vous udmettez que la citation exprime le principe du diuconnt, mais vous ne voulez pas qu'on la reconnaisse et vous supprimez "septem". Mais cela ne tronpera per- sonne. Tout le monde reconnaîtrs l'origine de ce texte et se demandera pourquoi vous l'avez tronquée. Vous avez trop de confiance dans la science des exégètes, Il ne faut pas prendre pour argent comptant les hypo- thèses qu'ils font. Pour les Actes en particulier, si vous prenez la peine de voir les discussions sur $6es sources, vous vèus apercevrez qu'il y à là au moins autant G'imagination que de sciences et qu'il est im- possible d'arriver à des résultats aussi divergents avec une méthode vraiment scientifique. Aucun philologue sérieux ne voudrait employer pour un auteur classique les méthodes de certains exégètes. veux-ci veulent faire un travail de philologue sans en avoir la forma- @ tion, La manière dont iis traitent les questions de critique textuelle est parfois ahurissante, Je pour- rais vous en citer des exemples, Quant à la critique littéraire, c'est souvent de la haute fantaisie, Que l'académie de Berlin ait publié en 1962 les élucu- brutions de W.Hartke,"Vier urchristliche Furteien,f où on apprend par exemple que Jean-larc était le fils de Marie-iadeleine, me paraît. assez symptomatique, 11 semble que, duns ce domaine, on puisse écrire n'im- porte quoi et être pris au sérieux. J'espère arriver peu après cette lettre...sinon avant, Bien à vüus in 4°,

                        pete Er