Divers (collection CIRS) · document-de-reference · 1 janvier 1895

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Post-Vatican II etude-privee
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47e ANNÉE N°4 28 DÉCEMBRE 41895

                      REVUE

ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE

                       SOMMAIRE :                             2e

                L'homme et l'Anthropologie                    nm
                L'Eglise romaine en face de l'Egli
                  schismatique ....                           453
                Chronique...                                  na
 Docuxswr....   Ritus Ordinationum Anglicanus.                m




                           PARIS

   RÉDACTION             ET      ADMINISTRATION
                      AT, RUE CASSETTE


                              1895




                                          UNIVERSITY OF   M

PRIX DES ABONNEMENTS TARIF DES ANNONCES

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PRÉTRE Rens tes LUN JEUNE ROMME références, S'adresser M. B, aux bureaux |rait S'adresser M, I. aux Bureaux de li de la Revue. Rerue. Hautes référonces, L'HOMME ET L'ANTHROPOLOGIE A PROPOS D'UX LIVRE RÉCENT

La plupart des auteurs qui se sont proposé l'élude de l'homme, peuvent se classer, à vrai dire, en deux catégories distinctes : Les uns, portant des données générales, ont surtout pris à parti les considérations philosophiques dont cette étude peut être l'occa- sion. Ils ont étudié l'homme à un point de vue élevé sans doute, mais plus spéculatif que pratique. Lisez les ouvrages de Me de la Bouillerie : vous trouverez dans son « Traité de l'homme », un exposé dogmatique inspiré par la plus pure doctrine thomiste, sur la nature de l’homme, sur son âme, sur ses facultés el sur sa fin, avec les considérations les plus élevées sur les principes métaphysiques et physiques qui régissent les êtres ea général et en particulier les êtres vivants. 11 en est de même du savant ouvrage du R. P. Liberatore, sur le composé humain, ouvrage destiné lout entier à élablir et à prouver l'unité substantielle de ce composé. Ces savants philosophes se tiennent à une hauteur de doctrine où l'on s'émerveille de les voir planer avec aisance; mais on se prend parfois à regretter qu'ils descendent si difficilement de leur empyrée, à ce point que la psychologie y est à peine effleurée, que la morale n’y est indiquée que de loin et qu'aucune part n'es faite, dans ces livres, à l'organisation physique de l'homme. Je ne parle pas des études plus spéciales, fort mullipliées dans ces derniers temps, qui se sont proposé surtout la recherche de ce qu'ont pu être les caractères de l'homme primitif, ou encore la place qu'il convient aujourd'hui d'attribuer à l'hommme dans la nature au nom de la science. Je ne dirai rien non plus de ceux qui, comme Ernest Hello, par exemple, ont écrit sur l'homme des pages magni- tiques, mais où l'on chercherait vainement une étude méthodique et formant un tout, sur l'un quelconque ou sur l'ensemble des carac- tères de l'Humanité A côté de ces ouvrages philosophiques, nous avons les traités d'anthropologie proprement dits, qui ont au contraire circonscrit leur besogne aux données les moins spirituelles de l'humani celles qui relèvent exclusivement du domaine de l'observation sen- sible. Pour la plupart de ces auteurs, l'anthropologie c'est l'histoire REVUE ANOLO-ROMAINR, — 7, 1 — 10 146 REVUE ANGLO-ROMAINE

naturelle de Thomme, laquelle, d'après eux, ne comporte rien de plus ou presque rien de plus, que l'histoire naturelle des animaux. C'est encore la biologie du genre humain (Broca), c'est-à-dire l'étude des fonc- tions vitales, soit dans l'être humain cons solément, soit dans les rapports de l'homme avec les autres êtres vivants. C'est, comme on le voit, le contre-pied de la conception philoso— phique : celle-ci daignait à peine s'abaisser jusqu'aux données de la psychologie; les anthropologistes, au contraire, dédaignent de s'éle- ver jusqu'à elle : sauf quelques exceptions, parmi lesquelles je noterai l'anthropologie de Frédault. La science de l'homme se trouve ainsi et demeure scindée en deux Lerritoires, comme deux nations hostiles qui, dans la crainte de se rencontrer sur une frontière commune, préfèrent reconnaitre une zone neutre sur laquelle l'une et l'autre s'interdit d'entrer. Des tentatives de rapprochement se sont cependant produites; quelques hommes supérieurs ont senti tout à la fois le besoin de ce rapprochement et les magnifiques conséquences qu'il pourrait pro duire. Le P. Gratry, pour ne citer que lui, s'y éteit appliqué comme à une œuvre sainte, avec la générosité de son cœur etavec l'élévation de son esprit. L'école naturaliste anglaise à fait aussi dans ce sens quelque avances.

Et l'œuvre de Saint-Georges Mivart ! me parait être tout à fait inspirée par le même sentiment et animée du même esprit. La strue- ture du corps est le substratum sur lequel repose son livre, comme elle est celui sur lequel repose la connaissance de la vie : une certaine connaissance du corps est nécessaire, dit-il, pour arriver à une pleine connaissance de l'esprit. Et c'est après avoir résumé à grands traits les éléments de la constitution matérielle de l'orga- nisme, qu'il passe à l'analyse de ses fonctions élémentaires et des modes de l'activité corporelle, pour s'élever ensuite aux facullés mentales. Il montre, mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici peut-être, quelle hiérarchie il convient d'établir entre ces facultés mentales. L'étude du langage lui sert de transition pour atteindre les hautes ions du vrai, du beau et du bien, ainsi quel'étude de la volonté qui complète cet ensemble. Ce philosophe est done en même temps un savant de pre

1 Par StGeorges Mivart, professeur ordinaire à la faculté de philosophie et lettres à l’Université do Louvain, membre de la Société royale d'Angleterre, vice- président de la Société zoologique de Londres. Traduit de l'anglais, avec l'autorisation de l'auteur par M. J. Segond, élève de l'Ecole normale supérieure, sous la direction de M. E. Segond, professeur hono— raire de philosophie au collège Stanislas. 1 vol. in-f2, 39 pages. Paris Lethielleux.

                                            UNIVERSITY
                                                     OF          MICHIGAN

L'ROMME ET L'ANTIROPOLOGIE 447

ordre, chose rare, comme le remarque le professeur de philosophie, M. E. Segond, qui présente aux lecteurs français ce volume, traduit pour eux par M. J. Segond. « Avec son ferme bon sens, il maintient énergiquement, contre le scepticisme de l'école empirique, les vérités fondamentales qui sont le patrimoine commun de tous les esprits; sa philosophie est également éloignée des deux systèmes qui ont séduit beaucoup de penseurs de ce siècle : le pur mécanisme et idéalisme. On le comprend aisément, c'est de ce côté que devait aller de lui-même, en suivant sa pente, un naturaliste qui, comme Aristole, se place plus volontiers, pour envisager l'Univers, au sein du monde vivant, sans oublier d'ailleurs que la vie a des formes et Mes degrés multiples, que la vie physique n'en est que la forme la plus grossière et le degré le plus infime et qu'il en faut chercher le {ype suprème dans la vie de l'esprit. » « On sera frappé, ajouta-t-il, de la largeur de vues avec laquelle il

rapproche et concilie les doctrines les plus opposées dans l'unité d'une conception qui tient comple de tous les éléments et de tous les aspects de la réalité, »

El, en efet, ce ne serait qu’un Lravail illusoire, celui qui rappro= cherait les diverses sphères de la vie, en se fondant sur de simples analogies, tirées d'une observation superficielle. C'est au contraire une étude solide et féconde, celle qui établit ces analogies sur une analyse sévère des éléments essentiels de ces diverses sphères, el qui, dans la hiérarchie de ces éléments superposés, nous montre l'harmonie qui les rattache les uns aux autres et, en même temps qu'elle justifie leur distinction, met en évidence leur unité. C'est ce qui résulte par exemple de la distinction poursuivie par l'auteur, avec une remarquable méthode, entre les facultés mentales inférieures et les facultés mentales supérieures. Parmi les premières sont étudiées la sensation pure, qu'il distingue de la perception intellectuelle, les images mentales qu'il sépare de l'idée pure, la mémoire sensible, l'appétit sensible, la connaissance sensible, l'attention el la volition de même ordre qu'il sépare des mêmes facultés considérées dans la sphère intellectuelle; et jusqu'à la conscience sensible, qu'il sépare de la conscience intellectuelle et qu'il propose d'appeler du nom nouveau de ronsentience, pour éviter de la confondre avec la conscience raisonnée. Celle-ci est en effet la seule qui implique jugement et raisonnement intellectuel, facultés dont relèvent non seulement l'idée is les opérations | de réflexion, d’abstraction, de généralisation, ‘éléments nécessaires l

du jugement. Sans doute, on ne peut nier qu'il ne s'opère dans l'ordre sensible 148 REVUE ANGLO-ROMAINE

des associations et des analyses d'où peuvent résulter certains universaux et certaines abstractions de l'ordre sensible; et ces sentiments peuvent s'associer de manière à diriger notre con- sentience d'une manière lout automatique; mais si nos idées sont des appréhensions de qualités objectives groupées autour d'une unité objective, lorsqu'elles sont tirées du sentiment, ce qui est le cas le plus ordinaire, elles sont, lorsqu'elles passent à l'état d'idées intellectuelles, transformées par l'intelligence, qui leur fait perdre cette objectivité et les transforme en idées pures. On a objecté à cette distinction que la seule différence qui sépare- rait l'idée intellectuelle de l'idée sensible tiendrgit à ce que nous nous servons mentalement des mots dans le eas où il y a idée, el que nous ne nous en servons pas dans le cas où il y a sentiment. Mai ainsi que le remarque Mivart, cette objection ne peut se soutenir, parce que les perceptions eL les idéesintellectuelles précèdent en nous l'usage des mots; il est done impossible qu'elles en viennent. L'idéesensible correspond à une image dont le système nerveux cérébral fournit le lieu, sinon le substratum, et le mot se forme cor- respondant à celte image; tandis que l'idée intellectuelle ne répond pas à une semblable représentation ; le mot qui la traduit se forme sans qu'on trouve dans sa genèse l'intervention d'une forme sensible, quelle qu'elle soit. EL lorsque nous cherchons à nous représenterune image de cette idée, l'image se dérobe pour ainsi dire à nos efforts; il nous faut sortir du domaine de l'idée générale et rentrer dans l'ordre concret, pour reconnaitre à celle forme une couleurou un con- tour quelconque. Comme exemple topique de la di pare l'idée sen- sible de l'idée intellectuelle, l'auteur cite l'idée de succession, l'idée de mouvement et surtout l'idée d'être, le plus universel de lous les universaux, la plus abstraite de toutes les abstractions, une véritable perception intellectuelle, une interprétation naturelle, spontanée et

incon ignes sensibles par une faculté spéciale de notre intelligence, et que les sens à eux tout seuls seraient absolument impuissants à nous donner,que nous concevons cependant el que nous nommons de son nom. Eten effet, tandis que la vie sensible comporte tout un ensemble d'appareils organiques, la vie intellec- telle n'en comporte aucun; l'intelligence n'a pas d'organe. La mettre en doute, c'estse condamner au sceplicisme, « celte paralysi de l'esprit. »

Je me suis arrêté à ce sujet parce que c'est un des plus intéres- sants, sans contestation, de ceux que comporte l'étude de l'homme ; et la façon dont il est traité dans le livre de Mivart n’est pas moins

                                                  iginal from
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                                                 OF       MICHIGAN

L'HOMME ET L'ANTHROPOLOGIE 149

originale qu'elle est nettement exposée. J'ajouterai que c'est aussi une des plus fécondes en conséquences : en effet, si les opérations de l'ordre intellectuel ne différent pas des opérations de l'ordre sen- sible, la supériorité de l'homme peut bien encore s'affirmer par un degré plus élevé dans la perfection de ces opérations, mais ce n'est plus qu'une différence de degré qui le sépare de l'animalité; et je n'ai pas besoin de montrer quelles présomptions on en peut déduire en faveur des doctrines matérialistes, avec ou sans l'appoint du trans- formisme. Si au contraire il ya, non pas une simple différence de degré entre les opérations sensibles, mais une différence radicale et de nature, le règne humain trouve dans cette distinction une preuve magnifique et solide. Une preuve solide, parce que c'est toute une classe nouvelle d'aptitudes qui apparaissent au haut de la hiérarchie des êtres; eLune preuve magnifique, parce que celte conception com- plète l'harmonieux ensemble qui, au premier échelon dela vie, pro- duit l'unité de l'être vivant, par les facultés de réception eL d'activité nutrilives, — à un degré plus élevé, se manifeste par la vie sensible qui es£ l'apanage de l'animalité, — el en haut de l'échelle nous donne la vie intellectuelle qui est la vie de l'homme.

Il n'est pas jusqu'au langage qui ne se retrouve avec des formes diverses dans les deux sphères de la vie animale et de la vie intellec- tuelle. 1L y a donc un langage émotionnel et un langage intellectue c'est une distinction à laquelle j'ai consacré ailleurs toute une étude. Le langage émotionnel ne traduit que l'émotion et n'implique en aucune façon l'existence de l'idée : c'est le geste, c'est la mimique, ou bien c'est le cri, ou même c'est le mot, mais le mot répété par imi- tation, comme le babil de l'idiot ou du perroquet. Ce langage ne tra- duit que l'émotion et ne provoque que l'émotion : une émotion irrai- sonnée et souvent irraisonnable. Le geste est son mode d'expres- sion le mieux approprié, celui qui le traduit avec le plus de puis- sance, parce qu'il met dans son expression un .plus grand nombre d'éléments expressifs. Le cri, l'interjection y ajoutent beaucoup sans doute, mais à la condition que le ton el le geste soient bien d'accord avec eux; sans quoi l'effet est bizarre, incohérent, comique même, et n'a rien d'intelligent, à proprement parler. Le mot déterminé, qu'il soit articulé, ou formulé en caractères gra- phiques, la phrase surtout, constituent au contraire le langage intel- lectuel. Et si le mot n'est pas l'instrument nécessaire de la pensée, il en est du moins l’auxiliaire puissant, sinon indispensable. Mivert donne un exemple topique de la différence qui sépare ces deux langages : Supposons, dit-il, que deux hommes se Liennent sous 450 REVUE ANGLO-ROMAINE

un chêne el que cet arbre soudain fasse mine de tomber. ls fairont aussitôt en poussant des cris d'alarme; leurs eris et leurs gestes éveilleront des sentiments de crainte et de sympathie chez les per- sonnes qui, se trouvant à quelque distance, pourront cependant les voir et les entendre : ce n'est jusqu'ici qu'un langage émotionnel qui traduit leurs sentiments el éveille des sentiments corrélatifs chez ceux qui en sont les témoins. Mais, s'ils viennent à s'écrier : « Ce chène tombe, ou est sur le point de tomber », ils formulent une idée intellectuelle : car ils ont nommé le chêne, c'est-à-dire un nom qui convient non seulement au chêne sous lequel ils se trouvent, mais à toute une espèce, à une classe entière de choses; le mot implique une unité de nature ou d'espèce qui appartient à un nombre indéfi d'individus. De plus, l'adjectif délerminatif « ee » désigne, dans cette classe entière des chênes, l'idée d'une unité absolument individuelle qui ne peut se présenter nulle part ailleurs qu'en elle-même. Enfin, le mot « est » désigne la plus remarquable, la plus importante, et la plus abstraite de toutes les idées abstraites, l'idée d’ « être » qui est au fond de tout acte, quel qu'il soit, el sans laquelle rien ne se peut concevoir. Et quant à la locution « sur le point de tomber », c'est bien une autre abstraction, puisque c'est une qualité on manière d'être qui ne se peut saisir que par les mots qui l'expriment. C'est ainsi que l'étude du langage, comme du reste celle de mémoire, de l'attention, de la connaissance et de la volonté, pour- suivie dans les deux sphères de la vie sensible et de la vie intellec- tuelle, montre que ces diverses opérations se retrouvent dans l'une et l'autre de ces deux sphères, avec des caractères communs et di formes distinetes, qui trahissent tout à la f la dualité de leur prin- eipe et l'unité de leur sujet. La même analyse se retrouve dans l'étude de la volonté où plutôt de l'action, qui comporte de même une double série de faits, l'une constituée par la série des actes automatiques, l'autre par la série des actes librement voulus ou consentis.

   Nos gros traités d'anthropologie ont trouvé un ingénieux moyen

d'élever quelque peu le champ de leurs investigations: ayant épuisé les données qui concernent l'homme pris en particulier, ils se sont attaqués aux collectivités. Ils ont passé en revue les groupes natu- rels qu'offre à l'étude l'histoire naturelle de l'homme; après avoir udié l'homme dans l'évolution qui lui est propre, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, ils ont pris à parti la famille. Puis ce sont les groupes ethniques auxquels ils ont consacré de gros chapitres, bourrés de chiffres statistiques. Et ils se sont émerveillés des leurs que leurs conclusions reflétaient sur les questions de morale et d'es-

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                                                 OF   MICHIGAN

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                          L'LOMME ET L'ANTUROPOLOGIE                                    451

hétique. Sans doute, celte façon de procéder élargit considérable
ment le champ de la            science et donne    à ses conclusions un aspect de
Kénéralisation qni n'est pas sans grandeur
  M. Mivart n'a eu garde de le méconnaitre, et le dernier chapitre de
son livre louche à ces grands problèmes que soulève plus qu'il ne
  s résout l'observation de l'humanité. Les questions relatives à l'an-


sède du vrai,     du beau et du bien,      la morale qui en découle, le senti-
ment religieux qui s'y trouve implicitement compris, Lout cela donne
à la science de l'anthropologie comme une façon de couronnement
qu'on ne saurait nier. Mais on ne saurait nier non plus que loutes
cesdonnées réunies
                 ne constituent pas un édifice complet,
                                                  Tout ce qu'on
en peut retirer ressemble bien à un germe
                                      qui pourra devenir quelque
chose de grandet même de fécond ; mais on a conscience en même
temps qu'il y manque quelque chose encore ; sans quoi le monument
manque de caractère, sans quoi le germë                 demeure stérile, Le doute
plane au        milieu des conclusions les plus élevées         ; l'incertitude perce
à travers les formules
                     : la vapeur ne saurait nous conduire au ciel,
et le lélégraphe ne peut nous apporter des dépêches de l'au-del.
Que dis-je
         ? les faits d'observation les plus simples sont l'objet de
discussions interminables et d'interprétations divergentes.                        Les réa-
lités sont prises    pour des apparences, les apparences pour des réa-
lités et l'esprit humain doit faire les plus grands efforts, il doit
s'accroche              désespérément à l'ancre du bon sens, s'il ne veut être
entrainé à la dérive, à la merci des théories el des systèmes.
  Dans celte déroute menaçante de toutes                nos forces        vives,   les har-
monies qui se montrent dans l'étude des diverses                        séries des phéno-
mènes naturels semblent être              au      contraire une forte et bienfaisante
présomption en faveur des éléments que l'analyse découvre en eux.
Ceux que l'observation physique reconnait et démontre deviennent
ainsi une sérieuse raison de croire à ceux que la conscience ne nous
révèle que confusément peut-être et que la raison ne suflit pas tou-
jours
  à établir sans conteste,              C'est     en ce sens que les résultats de
   Le analyse     ont une grande portée et que leur étude peut produire
les meilleurs fruits.




  Le mouvement scientifique             actuel, je parle de la haute               science,
s'effectue, il faut le reconnaitre, dans cette direction. L'observation,
en étendant loujours plusloin son domaine l'a enrichi                     d’une masse
considérable de faits nouveaux
                             ; elle les & enregistrés avec
Mais elle commence à s'étonner de ce qu'une moisson si abondante,
féconde sans doute pour lout ce qui touche aux applications utiles

a UNIVERSITY OF UCHIGAN ANGLO-ROMAINE

de la science, ne le soit pas de même pour la satisfaction des grands problèmes qui tourmentent l'esprit humain et le tourmenteront tant qu'il n'aura pas abdiqué ses plus hautes et ses plus légitimes aspi- rations. Eh quoi ! se dit-on, nous vivons à la vapeur, l'espace eL le temps sont pour ainsi dire vaineus par les procédés scientifiques; mais ni l'espace, ni le temps ne nous ont rien appris el sur nos origines et sur nos fins dernières; et le catéchisme, là-dessus, nous en dit plus long que les plus gros traités et que tous les livres de science pris ensemble. Mais que lessciences, au contraire, cessent d'évoluer dans le cercle particulier qui leur est propre, qu'elles ne craignent pas de s'emprun- ler mutuellement les données qui se correspondent, et de ces rela- lions appréciées avee sagesse el avec bonne foi, on pourra tirer les plus fécondes déduetions. La vie dans les êtres les plus simples comporte trois genres d'opération qui se retrouvent dans ses sphères les plus élevées. La cellule absorbe les éléments qu'elle trouve dans le milieu qui l'en- tour; elle choisit parmi eux ceux qui sont à sa convenance et les assimile; elle rejette, au contraire, ceux qui ne sauraient lui con- venir et ceux qu'elle a usés dans ce mouvement de perpétuel échange, La vie sensible possède à son tour ces trois opérations lémentaires. L'animal est impressionné par les agents qui lui viennent du milieu qui l'entoure et même de son propre milieu; il s'adapte à cette impression par la sensation et il réagit en con- séquence, soit pour la provoquer à nouveau, soit pour l'écarter, selon que celle-ci l'offense ou le charme. La vie intellectuelle a de même ses Lrois opérations essentielles : le sentiment moral est la première, l'assimilation intellectuelle est ln seconde, la détermina- tion volontaire la complète. EL tandis que la vie inférieure est toute nutritive, la vie animale toute sensible, la vie humaine toute intel- lectuelle, nous concevons, au delà de cette dernière, une vie qui est acte pur el qui n'est autre que la vie divine,

     Telles sont ces grandes synthèses qui            non seulement peuvent

donner à notre esprit la substance qu'il réclame et l'aliment qui lui convient, Et quand la science, cessant de dédaigner ces nobles aspi- rations, ne craint pas de s'élever ainsi par la combinaison des branches du savoir, jusqu'au-dessus d'elle-même, elle toucher du doigt la solution de ces grands problèmes que lui propose la foi, et elle nous apparaît brillante et belle de toute la splendeur du vrai.

                                                          A. FERRAND,




di    à               Le                 ginal from

Bbsbioizesb Google UNIVERSITY OF MICHIGAN L'ÉGLISE ROMAINE

EN         FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCHISMATIQUE

                                 (Suit     2]



                V. — LA COMMUXION SOUS UNE SEULE ESPÈCE.

Nous voici en présence d'une nouvelle matière à discussion. La tetire patriarcale et synodale nous reproche d'avoir rompu avec la tradition primitive et d'avoir innové, en remplaçant, pour les laïques, la communion sous les deux espèces par la communion sous une seule espèce. Sommes-nous véritablement dans l'erreur en donnant aux laïques la communion sous une seule espèce? Certainement non. Dès le début, nous sommes vbligé d'en revenir à la même réponse. Qu'y pouvons-nous? Le lecteur se faliguera peul-être d'entendre répéter toujours la même chose. Mais nous ne sommes pas maitre de notre discussion. L'ordre nous en est imposé par le document émanant du Phanar. Puisque les théologiens grecs ont perpétuellement confondu deux questions d'ordre absolument dis- Linct, puisqu'ils paraissent avoir à cœur de continuer à confondre le dogme avec les rites, nous ne pouvons pas, de notre côté, ne pas les rappeler toujours à celte élémentaire mais fondamentale distinction. Redisons-le donc : La question de la communion sous une ou deux espèces n'est pas du ressort du dogme : c'est une question qui se rallache directement aux matières rituelles et à la discipline ecelé- siastique. Elle constitue donc un domaine sur lequel on peut avoir des manières d'agir diverses el garder une entière liberté sans briser le moins du monde l'unité de la foi. Les deux usages ne contiennent rien d'illicite el encere moins d'erroné. L'Église grecque peut conser- ver religieusement sa pratique; l'Église romaine peut en faire autant de son côté; et néanmoins elles peuvent avoir entre elles le lien de Ja concorde et de l'union la plus étroite. is les théologiens du Phanar prétendent que nous autres, 8, nous sommes dans l'erreur, que nous avons déserté les traditions apostoliques et introduit des usages absolument nouveaux et inconnus aux siècles passés. Cette accusation nous touche sensi- blement; nous sommes obligé de la relever : nous ne pouvons pas 154 REVUE ANGLO-ROMAINE

la laisser passer sans une calme protestation, ou, à tout le moins, sans un examen consciencieux. Non, répondrons-nous aux insinuations de la lettre patriareale. Notre pratique est aussi ancienne que le christianisme lui-même. L'histoire est là pour en faire foi. Nous n'avons qu'à explorer les plus anciens documents du christianisme, et ils témoigneront inéluc- lablement que la communion, sous une seule espèce, était employée dans les temps les plus reculés. Adressons-nous tout d'abord au Divin Inslituteur de la sainte Eucharistie, Dans cel admirable chapitre vi de saint Jean, où Jésus- Christ parle longuement de son dessein d'instituer le sacrement eucharistique, il en dessine les magnifiques effets eL_les précieux fruits. Or, que voyonsnous? Jésus-Christ promet également la vie éternelle à ceux qui ne mangent que son pain, sa chair, comme à ceux qui, à la fois, mangent son corps el boivent son sang. Dans deux versets, les promesses de la vie éternelle ne sont faites qu'à ceux qui mangent son corps'. Dans deux autres, au contraire, il fait les mêmes promesses à ceux qui mangent son corps et boivent son sang tout à la fois ?. Les Actes des apôtres nous déclarent la même chose. En nous décrivant le genre de vie des premiers fidèles, ils nous disent exprès- sément que les premiers fidèles persévéraient dans la commun tion de la fraction du pain et les prières 5, On voit qu'il n'est nullemeut fait mention du sang. ls employaient done une seule espèce. Qu'on ne se méprenne pas surla valeur de ce texte. Il s'agit ici évidemment de la célébration des agapes, et la plupart des commentateurs voient dans ce pain, non un pain ordinaire, mais le pain même eucharis- tique. Les termes sont absolument identiques à ceux qu'emploie Jésus-Christ, Et saint Paul ne laisse-Lil pas entendre la même chose quand il dit aux Corinthiens : Quiconque aura mangé indignement ce pain, où aura bu indignement le calice du Seigneur, sera coupable du corps et du sang du Seigneur :. Pourquoi l'emploi de cette particule disjo tive ou, si ce n'est pour indiquer qu'on pouvait prendre séparément l'une ou l'autre des deux espèces? La pratique des premiers siècles du Christianisme nous conduit à la même conclusion. Quatre faits de ce genre méritent d'être mis en lumière,

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L'ÉGLISE ROMAINE EN FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCRISMATIQUE 155

4° La communion des imfrmes. Assez souvent on communiait les infirmes; et ce qu'il y a de plus étonnant c'est qu'on leur portait chez eux le saint Viatique absolument comme aujourd'hui, avec cette différence pourtant qu'aujourd'hui c'est le prêtre seul qui est chargé de ce ministère, landis qu'aux premiers siècles un simple fidèle pouvait en être chargé. Or, quand on portail la communion aux infirmes, on ne leur portait que le corps. Eusèbe rapporle un fait tout àfait singulier. Il raconte que le moine Sérapion, sur le point de mourir, communia avec une parcelle d'hostie que lui avait apportée un jeune homme; après quoi il rendit le dernier soupir !. 2 La communion des enfants. Dans les premiers siècles on commu- les enfants à n'importe quel âge. On n'avait pas encore fixé comme de nos jours, un âge pour la première communion. Toute- fois les enfants ne communiaient que sous une seule espèce. On employait ordinairement Le sang afin d'éviter tout accident qui aurait pu arriver si l'on donnait le corps à de lout jeunes enfants, qui ne s'accommodent que très difficilement d'une nourriture solide. Cette pratique nous est attestée par saint Cyprien?. L'Église de Constanti- nople a connu, elle aussi, cette pratique.

 3° La messe dex présenclifiés. Cet usage est surtout propre aux Grecs.

Les prêtres grecs, durant le carème, excepté les jours du samedi el du dimanche, et le jour de la fête de l'Annoncialion, ne consacrent pas la sainte Eucharislie, mais conservent le pain consacré dans un sacrifice précédent, et l'offrent de nouveau avec les prières de la « Messe. Le prètre se communie lui-même et communie les as

de traces, et encore des traces très faibles, du dogme du purgatoire dans les premiers siècles du christianisme, 11 ne faudrait pas pour- tant s'en étonner. D'autres dogmes aussi importants sont resté presque dans l'ombre au début du christianisme. Le dogme du pur- gatoire a eu besoin d'un développement doctrinal et historique pour arriverà être nettement formulé et défini. Aujourd'hui on en est en possession au sein de l'Église romaine. L'Église grecque, par la voix de ses plus grands théologiens, le rejelle comme une monstruosité, el comme un moyen, entre les mains du clergé latin, d'exploiter les fidèles dans un but pécuniaire *. L'encyclique du Phanar a ramassé précieusement cet héritage du ;et le jette à la face de l'Église romaine comme un brandon de union. s ferons remarquer toutefois que cette divergence entre les deux es, qui serait véritablement dogmatique, si elle existait, est plus apparente que réelle. L'Église grecque a peut-être horreur du mot purgaloire. Elle en a pourtant la substance et l'équivalent, à tel point que l'on est étonné qu'au sein de celte Église on ne s'apercoive pas qu'on vit dans une perpétuelle contradiction en rejetant le purga- toire el en conservant des pratiques qui sont inintelligibles sans l'existence du purgatoir La grande contradiction qui saute aux yeux esL celle qui se trouve dans l'eneyelique elle-même. Les évêques signataires de la lettre disent en effet, au n° 12, que leur Église, qu'ils regardent seule comme une, sainte, catholique et apostolique, implore la miséri- corde de Dieu pour le repos de ceux qui sont morts dans le Seigneur. Mais qui ne voit pas que ces prières sont inutiles et presque déri- soires s'il n'existe pas de purgaloire? S'il n'existe, dans l'autre vie, que deux termes extrêmes, immuables el élernels, le ciel et l'enfer, à quoi bon prier pour les morts, puisqu'il n'y à plus rien à faire pour eux? Leur sort blement fixé, Les suffrages que l'on fait pourles morts supposent un lieu intermédiaire dont il est possible d'abréger la durée et les souffrances. Au fond, nous avons mis la main sur le grand fait qui a peut-être contribué plus que n'importe quelle idée à infiltrer, dans le courant des vérités dogmatiques et dans l'esprit des fidèles, la croyance au feu du purgatoire. Ce fait, dont on trouve les traces dans les Écritures et dans les les plus anciens monuments, c’est l'intercession pour les

   1 Platon, métropolitain de Moscou, consulté par un Anglais       sur ce dogme, répon-

dit: Purgatorium ut crudum el recens, non sine suspicione lucri ercogilatun commentum respuimus.

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morts. La doctrine du purgaloire sedégage de ce fait avec une force irrésistible. Vous priez? — Donc, vous supposez que les morts peu- vent être soulagés. Vous croyez que les morts peuvent être soulagés? — Donc vous professez qu'il y a un lieu où le pardon et la réconcilia- ion sont encore possibles, où possible aussi est l'amélioration de l'état de vos défunts. Voilà le pivot de la démonstration. Or, l'Église grecque prie-t-elle, comme nous, pour les morts ? Oui nous l'avons entendu tout à l'heure de la bouche des signataires de la lettre synodale. Nous allons le démontrer par quelques documents autoritaires. Le ratéchisme détaillé, très employé en Russie, pose celte question : Quelle remarque nous reste-t-il à faire relativement aux âmes de ceux qui sont morts dans la foi, mais dont le repentir n'a pas eu le teinps de porter le fruit? Rép. Que pour leur obtenir une résurrection bienheureuse les prières de ceux qui sont encore sur la Lerre peuvent être d'un grand secours, surtout lorsqu'elles sont jointes au sacrifice non sanglant de la messe, et à des œuvres de bienfaisance accomplies avec foi en mémoire des trépassés Les patriarehes d'Orient, dans leur Æpitre au saint synode, s'expri- ment d'une manière plus frappante encore : « Elles (les âmes mortes en état de péché, sans avoir produit des fruits de pénitence) seront effectivement délivrées de leur prison par la bonté souveraine. en vertu des prières des prêtres et des aumônes que leurs proches font pour les soulager. Grande est surtout l'efficacité du sacrifice non sanglant, que chacun fait offrir en particulier pour les siens, et que l'Église catholique et apostolique offre chaque jour pour lous les morts ensemble. Cependant nous ignorons le jour de leur délivrance ; nous savons et nous croyons qu'elle aura lieu avant la résurrection et le jugement général. Mais quand cela arrivera-L-il? C'est pour nous un mystère !. » Après cela, je me demande sérieusement comment les chefs et les fidèles de l'Église grecque schismalique peuvent harmoniser leur conduite pratique avec leur foi. D'une main, ils ébranlent l'existence du purgatoire; de l'autre, ils la rétablissent. Par la foi, ils rejettent le purgatoire : par leur culte et leur liturgie ils l'aflirment. On dirait vraiment qu'ils ont voulu transporter dans la théologie l'antinomie kantiste entre la raison spéculalive et la raison pratique.

              VIL. — L'ÉTAT DES AMES APRÈS LA MORT.

On connaitsur ce point l'invariable doctrine de l'Église romaine.

1 Synodus Hierosol, tom. VI, décret xvnu, "4

158 REVUE ANGLO-ROMAINE Sur ce point capital qui touche aux destinées humaines, la doctrine de l'Église devait être fixe et précise; elle ne pouvait pas rester dans le vague, l'incertitude, ni se plier à d'incessantes fluctuations. Immédiatement après la mort et le jugement particulier, nous enseigne l'Église romaine, les âmes des justes sont admises à la vision béatifique, et les âmes qui meurent en état de péché mortel, sont plon- gées dans l'abime des peines éternelles, Pour ces deux catégories d'âmes, la décision du Souverain Juge n’est donc pas différée. L'Égl grecque au contraire, du moins dans les temps modernes, enseign que le sort de ceux qui sortent de ce monde en état de justice parfaite ou péché mortel, n'est pas fixé immédiatement après le jugement particulier, mais que la récompense pour les premiers et le châti- ment pour les seconds, seront différés jusqu'au jugement général. Nous avons dit que l'Église grecque, au moins dans les temps mo- dernes, professe cette doctrine, car il parait bien que, dans les temps anciens, cette même doctrine lui était inconnue. Et maintenant, aurons-nous besoin, sera-t-il même utile d'entre- prendre la réfutation de cette doctrine par des documents positifs? Nous ne le croyons pas. Ce serait presque une œuvre superflue. Nous devrions, selon la méthode que nous nous sommes imposée, entre- prendre un voyage d'exploration à travers les œuvres des Pères grecs, pour en recueillir de nombreux témoignages en faveur de la doctrine de l'Église romaine. Heureusement que ce travail de syn- thèse patristique a été déjà fait, et mieux fail que ce que nous pour- rions faire nous-mêmes. Nous serions done obligé de répéter ce qu'on a déjà dit, et eë que tout le monde peut constater personnelle ment. Nous nous contenterons done de renvoyer les évêques de l'Église grecque schismatique aux ouvrages que nous citons ici au bas de la page, s'ils veulent savoir ce que pensèrent leurs ancètres sur ce sujet. Ils pourront peut-être se convaincre qu'ils étaient aussi romains que nous-mêmes, et que la nouvelle doctrine n'a pas de racines dans le passé de leur Église!

VIII, — L'IMMACULÉE CONCEPTION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE-MARIE.

   En    _entendant les signataires de          la lettre synodale du Phanar

reprocher à l'Église romaine d'avoir introduit une innovation en définissant le dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, nous nous demandions sérieusement si nous n'étions pas le jouet de la plus grande illusion. Comment eroire, en effet, que les évêques grecs osent eontester ce grand privilège de la mère du Sauveur,

1 Cf, Joax. PLustaenus. Apologia pro quinque capitibus synodi florentinæ, in patrel. aræe. (Migne) CLIX, col. 129, el ss, — Niuies, Kalendarium manuale, , 25 et ss.

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HR D.

L'ÉGLISE ROMAINE EN FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCUISMATIQUE 459

quand on sait que, nulle part au monde, on n'a autant de vénération el de dévotion pour la sainte Vierge que dans les pays orientaux? Est-il possible, nous disions-nous, que des évêques grecs s'élèvent contre celle définition de l'Église romaine, faite dans les circonstances les plus opportunes, lorsque la plus brillante mariologie, que nous puissions construire, nous sommes obligé de l'extraire des écrits des Péres grecs? Et surlout comment peut-il se faire, pensions-nous, qu'un patriarche de Constantinople fasse à l'Église romaine un tort d'avoir sanctionné, par une solennelle définition dogmatique, le plus grand privilège de Marie, quand, dans toute la littérature chrétienne, on ne rencontre pas un seul auteur qui ail aussi bien parlé de Marie qu'un autre patriarche de Constantinople, saint Germain? Telles étaient les réflexions qui se présentaient tout naturellement à notre esprit, quand nous lisions ce passage de l'encyclique patriar- cale. Mais nous nous sommes aussitôt souvenu que l'erreur a sa logique fatale aussi bien que la vérité. Quand on a commencé à glisser sur le pente de l'erreur, on marche, on marche loujours, sans savoir où l'on s'arrêtera, pousé par la force irrésistible des idées. Au moment où nous avons songé à défendre ce grand privilège de la mère du Rédempteur, nous avons éprouvé un véritable serrement de cœur. En même temps, nous avons ressenti une espèce d'affais- sement moral à la pensée de la lourde tâche qu'il nous faudrait entre- prendre. Comment, en effet, oser entreprendre dans une Revue la démons- tration de l'Immaculée Conception de la très sainte Vierge, par les écrits des Pères grecs? Mais un volume tout entier ne suflirail pas à ce travail. J'ai donc renoncé à m'étendre longuement sur cette qu tion, et à donner à ce sujet lous les développements qu'il comporte- rai. Pour cela, il nous faudrait parcourir les œuvres de presque tous les Pères grecs, el notamment de saint Épiphane, de saint Cyrille d'Alexandrie, de saint Jean Chrysoslome, de saint Germain de Cons- tantinople. Nous ferons donc uniquement quelques réflexions générales. On sait quel est le nom populaire que l'on donne dans l'Église grecque à la sainte Vierge. On ne l'appelle que la Zoufe-Sainte. Or, comment pourrait-on l'appeler, la Toute-Sainte, si elle avait été souillée par le péché? Je serais curieux de savoir quel est le sens que les évêques, qui dépendent du Phanar, attachent à ce litre de Toute-Sainte. Oublie-t-on dans l'Église grecque que, dans l'Église latine, il sem- ble y avoir une certaine pénurie d'écrits consacrés à la louange de la mère de Dieu ? — Notre Bréviaire mariste est obligé de s'alimenter en grande partie à la patrologie grecque. Dans les offices de la ? Tavayie 160 REVUE ANGLO-ROMAINE

sainte Vierge, bon nombre de leçons et des plus suaves, sont liré des écrits des Pères grees, el surtout des écrits de saint Germain de Constantinople. Que si les auteurs de la lettre synodale feignent d'ignorer les grandes louanges que leurs ancètres ont données à la sainte Vierge, nous pouvons leur mettre sous les yeux quelques références . Non, non, il faut savoir choisir. On peut nier l'Immaculée Concep- tion de la Trèssainte Vierge,quand on soutient avec Nestorius que Marie n'a pas engendré un Dieu. On peut aussi nier l'Immaeulée Conception de la Très sainte Vierge, quand on enseigne que celui qu'elle a engen dré n'était pas Dieu. La logique au moins en sortirait saine et sauve. Mais, quand on professe, comme l'Église du Phanar, ces deux dogmes, à savoir, que Matie est vraiment la Mère de Dieu contre Neslorius, et que le Christ, qu'elle a engendré, était vrai Dieu contre Arius, il est impossible d'échapper à cette conclusion : done elle a été conçue sans péché. Si l'on ÿ échappe pratiquement, ce n'est qu'en en prenant un peu trop à son aise avec les droits de la logique.

              VIT.         LA PRIMAUTÉ DES ÉVÈQUES DE ROME.

Nous louchons à présent au point le plus brülant de la contro- e entre les deux Églises, et, pour généraliser, entre l'Église romaine et toutes les Églises schismaliques, où qu'elles se trouvent, et de quelque nom qu'elles s'appellent. C'est ici la vraie pierre de touche. Que l'on y réfléchisse bien. À proprement parler, nous dirons que cest l'unique point de controverse, qui maintienne la sépara- tion. IL est évident en effet que, dès le jour où les Églises schisma- tiques reconnaitront la primauté des évêques de Rome et consen- iront à se soumeltre à son suprême magistère, elles embrasseront par là même tous les enseignements qui parlent de cette chaï infaillible, et qui sont la caractéristique de l'Église latine. Elles rejetteront conséquemment les points qui leur sont propres el ren- treront dans la parfaite union, en adhérant intégralement à la doc- trine de l'Église qui a à sa tête l'évêque de Rome. Nous avons besoin de nous arrèler sur ce point plus longuement que sur les autres. Nous ne prétendons pas épuiser la malière, ni, moins encore, dire des choses absolument nouvelles. Notre tâche consistera à recueillir, dans l'histoire de l'Église catholique, les principales preuves qui démontrent péremptoirement la primauté des Pontifes romains.

1 Cf. St Erwmawr, Sermon à la louange de Marie; St Gratis, Homélie sur la présentation de la Mère de Dieu; Taraise, Homélie sur la présentation de la Mère de Dieu.

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                     $ 4° LA THÈSE DE LA PRIMAUTÉ,


           — Conduite des sept premiers conciles æcuméniques.

Tous ceux qui ont lu, ne serait-ce que légèrement, le document

émanant du Phanar, ont été probablement comme nous frappés de l'insistance que mettent ses signataires à se réclamer des sept premiers conciles œcuméniques, et en même temps des invites qu'ils font directement ou indirectement à l'Église romaine de revenir à leur doctrine. 1 semble done, à les entendre, que le septième concile œcuménique a mis le dernier sceau à l'orthodoxie, et, qu'à partie de celte époque, l'Église romaine s'est engagée dans les voies de l'erreur. Par conséquent, les sept premiers conciles œæcuméniques doivent être la règle absolue de foi. Je n'ai aucune intention de m'arrèter à discuter celte théorie. J'aborde nn autre point de vue, et je dis : Eh bien, voyons comment se sont comportés les sept pre- niers conciles æeuméniques à l'endroit des évêques de Rome. Ils nous fourniront la plus éclatante démonstration de leur primauté. Faisons une remarque préalable, qui s'applique à une règle géné- rale de conduite, et qui est un solide appui pour les droits de la: Papauté. Les historiens grecs Socrate et Sozomène aflirment qu'en Orient;au v* siècle,on ne pouvait Lenir aucun concile sans l'au- lrisation du Pape; autrement ces conciles auraient élé regardés comme nuls !.

Le Concile æcuménique (Nicée, 323). Que voyons-nous à ce concile?

H fut présidé par les légats du Pape, Osius de Cordoue, et deux prêtres romains, Vincent et Viton. Leurs signatures figurent en tête des autres. De plus une letire du Pape Félix III nous autorise à con- clure que les décrets de Nicée furent confirmés par le Pontife ro- main À.

1e Concile wcuménique (Constantinople 381). Notons un fait signif-

catif touchant ce concile. Cette assemblée se composait de 150 évèques orientaux. Un de ses canons accordait une préséance d'honneur au patriarche de Constantinople. Le Pape approuva tous les autres canons et rejeta celui-là. N° Concile œcuménique (Ephèse, 431). Deux incidents méritent d'être notés. Le Pape Célestin, qui avait déjà condamné les erreurs de Nestorius sur le rapport de saint Cyrille d'Alexandrie, écrit aux Pères d'Ephèse et leur enjoint d'exécuter sa sentence ?. Par suite de

! Socnare, H. E., Il, 2; — Sozomëxe, H. E., ll, 1.
: Las, col. con. IV, col. 1426.

= Quamobrem nostræ sedis auctoritate adscita nostr aque vice et loco cum potes- tate usus ejusmodi non absque exquisita severitato senteniam execqueris. (Æpisl. Cœlest. ad. Cyrillum).

    ARVUE ANOLO-ROMAINE, — 7.       2, — ff.

7

162 REVUE ANGLO-ROMAINE

cette lettre le concile ne fait qu'exéeuter la sentence du Pape ‘.

IVe Concile wcuménique          (Chalcédoine, #54).     Jamais il n'y eut de

manifestation plus spontanée et plus imposante en faveur du Pontife romain. On se rappelle qu'après la lecture de la lettre dogmatique de saint Léon à saint Flavien, les Pères s'écrièrent, transportés d' thousiasme, « Petrus per Leonem loeutus est ». Ce concile essaya de reprendre le canon du concile de Constantinople qui reconnaissait une préséance de dignité au patriarche de Constantinople. Le Pape le cassa 2.

Ve Concile œeuménique         (Constantinople, 680.         Les Pères adhérent

à la lettre d'Agathon à l'Empereur et déclarent que l'Église romaine n'a jamais alléré la foi *. VIS Concile -æruménique 1) 787). Les Pères de ee concile adhèrent à la lettre du Pape Adrien sur le eulte des images, laquelle affirme d’une façon explicite la primauté du Pontife romain.

VII Concile æeuménique Constantinople, 869). Ce concile ap- prouva, après lecture, la lettre du patriarche Ignace au Pape Nico— las I, lettre qui enseignait l'institution divine de la primauté de l'évêque de Rome. On voit done par là que les patriarches de Cons- tantinople proclamèrent même la primauté de Nicolas L, de celui à qui la lettre synodale du Phanar rapporte les premières causes du schisme.

                                B. — Les faits.

Déjà, dès la fin du I® siècle, an 93, l'hérésie trouble l'Église nais- sante. Coriathe surtout est le point de mire de ses efforts. Cette illustre Église est dans l'agitation. Le Pape saint Clément, par une lettre, intervient avec autorité pour rétablir la paix. A l'occasion de la controv par les Quartodéc il se produisit un autre fait très démonstratif. Le Pape saint Victor, qui occupait alors la chaire de Pierre, pour mettre fin à la coutro- verse, ordonna la convocation de conciles dans toutes les métropoles de l'Orient et de l'Occident. Tous les métropolitains de ces Églises obéissent ponctuellement aux ordres de l'évêque de Rome. Par con-

! Coacti per sacros canones et epistolam sanctissimi Patris nostri el comminis— ti Coslestini romanæ Ecclesiw episcopsi, lacrymis subinde perfusi, ad lugubrem hane contra eum sententiam necessario venimus. (ACT. 1). 2 Irritum mittimus et per auctoritatem Beati Petri apostoli gene: prorsus

definitione cassamus. 3 Huee apostolica Ecclesia (Petri) numquam via veritatis in qualibet erroris parte defixa est; cujus auctoritatem utpote apostoloram ommium principis. semper omnis catholica Christi Ecclesia et universales Synodi fideliter amplectentes in cunctis secute sunt.

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L'ÉGLISE ROMAINE EN FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCHISMATIQUE 163

séquent on tint plusieurs conciles Tous décidèrent ce qu'avait décidé le Pape Victor. Un seul fit exceplio : celui qui fut présidé par Poly- crale, évêque d'Éphèse !. En plein troisième siècle (263), Denis, patriarche d'Alexandrie, aceusé d'hérésie, où du moins, d'avoir tenu un langage, qui n'était pas suffisamment précis, recourt immédiatement à Rome, soumet au Pape sa cause, el demande son avis, lout en déclarant qu'il n'a osé rien faire jusqu'à ce que le Pape ait prononcé *. Athanase, le grand patriarche d'Alexandrie, l'homme peut-être le plus éminent de l'Église orientale, persécuté et déposé de son siège par les intrigues des Ariens, se rend à Rome pour exposer et plaider sa cause auprès du Pape Jules. Le Pape l'absout ainsi que d'autres évêques persécutés, et rend chacun à son Église *. A Athanase se rattache un autre fait. Les partisans d'Eusèbe avaient, par écrit, calomnié saint Athanase. Le Pape Jules ordonne à Athanase et à ses accusateurs de se rendre à Rome. Athanase obéit, mais ses accusaleurs ne voulurent pas se rendre à Rome, parce qu'ils prévoyaient que leurs calomnies seraient dévoilées #. Les païens eux-mêmes reconnaissaient la suprématie de l'évêque de Rome. Paul de Samosate évêque d'Antioche, ayant été déposé, eut un successeur; comme il ne voulait pas quitter la maison épiscopale, on porta l'affaire devant l'Empereur Aurélien, païen. Celui-ci répon- dit que la maison épiscopale serait donnée à celui des deux qui se- rait reconnu, comme évêque légitime, par l'évêque de Rome 5. Le grand saint Jean Chrysostome, perséeuté par l'impératrice Eudoxie, à cause du zèle qu'il avait déployé dans son ministère apos- tolique, se voil puni de l'exil, Il écrit au Pape Innocent I, et le sup- plie de prendre sa défense contre ses persécuteurs. Nous ne pouvons pas résister au désir de citer quelques-unes de ses paroles. Mgr An- thime, qui se croit le successeur de l'incomparable patriarche, par l'intermédiaire de Photius et de Michel Cérulaire, pourra y trouver matière à sérieuses réflexions. Les choses iniques, dit-il, ne doivent pas seulement être déplorées, mais aussi corrigées. Je prie donc votre charité de gémir avec nous el de faire en sorte que ces maux prennent fin ‘, Le saint patriarche continue : Je vous conjure d'é- crire que tout ce qui a été fait avec Lant d'iniquité par une seule des

CT. Ensèbe, H. E., 1, 2.

8 Erudh.... où Ognvctv pévey à aaxds yubpeve, SNA xaù Broplobv Bet, rapanai, shv Gusséga éyérn Brmvarthvas, ua ouveltiant, xaÙ Révex Rotos, dote orhvai <aürg rà xaxd. (P. G. vi-uu, col. 832, N° 2.) 164 REVUE ANGLO-ROMAINE

parties, en notre absence, quand nous ne refusions pas le jugement, n'a aucune force !. Dans une seconde lettre, remerciant le Pape de ses efforts pour remetlre les ehoses à leur place, il s'exprime ainsi : S'il eût dépendu de votre piété, tout eût été corrigé, la lie des maux et les seandales eussent élé supprimés, les Églises eussent joui de la paix et d'une tranquillité parfaite ; tout eût été prospère, les lois méprisées et les constilutions des Pères violées eussent été vengées?, Enfin, da cette même lettre, il jette ce eri suprème : Nous supplions de nouveau votre vigilance de déployer d'autant plus de zèle que la tempête est plus grande ?. Nous serio) bien aise de savoir ee que pense Me Anthime de ln conduite et des paroles de celui qui oceupa si bi mment le ge de Constantinople, dans des temps plus agité: sans doute au point de vue des événements humains, mais plus heureux pour l'Église de Jésus-Christ. IL y verrait probablement qu'à cette époque Constantinople n'osait pas se dresser en face de Rome, ni se mettre sur un pied d'égalité avec elle. Continuons la série des fait Saint Cyrille d'Alexandrie ne tint pas une autre conduite, Qu nd saint Cyrille ne prit ane: ision

avant d'en avoir référé à l'évêque de Rome. Il écrivit donc au Pape saint Célestin pour lui dénoncer les erreurs de Xestorius. I le sup- plie d'intervenir et de donner ses instructions. Il se sert, dans sa lettre, d'une expression tout à fait frappante : il prie le Pape de donner son sentiment pour servir de règle, de norme à suivre. Au ve siècle, des évêques grecs s'adressent au Pape Symmaque. à propos du schisme d'Acace.?. Le diacre Rusticus nous rapporte que le Pape Hormisdas envoya, par des légats, un formulaire en Orient, dout nous avons déjà dit un mot, et que ce formulaire fut souscrit par environ 2.300 évêques, à la tête desquels se trouvait Jean, patriarche de Cor ople. Le divin Photius lui-même a reconnu, par sa conduite, la supré- matie de l'évêque de Rome. En trois circonstances, l'intrus eut recours au Pape, Premièrement, du vivant d'Ignace, patriarche de

1 Enirdar apmdiinre (al, rapatadé) <à pi, oûre ragariqus yeyemabs dmbvrov dpüv, ral dx LA polpuc no où maparrromnévur xplorv, anleniev Leysm, og. (bd. col. 538, No L) À Ka aù pb ete iv ebhéGeueenv siv Onertar, ch montana Béphun Dre ge nas, vai 6 goputté sav many dal 1 exdaDa vépneas, Hal al Ex Sims dmbbauo ani Dee vaine «ai nées xata pin féaerau, ai 213 bas Reboot a empot Uastpuv rapañatévens. (Midy Col. 3%. A val rapradeoper Opûv ri dupbleuss, A rat, nai Be aa rod 2e slam4 n, soroûmp meiova Éndaitaan y omevdt. (Ibid) Tomas 5à Bond.

L'ÉGLISE ROMAINE EN FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCMISMATIQUE 165

Cstantinople, il écrit au Pape pour faire légilimer son intrusion; au Pape également il envoie une profession de foi pour obtenir sa communion; enfin, après la mort d'Ignace, il s'adresse encore an Pape pourle prier de vouloir le reconnaitre comme légitime patriarche de Constantinople. Pour clore cette série de faits historiques, nous rappellerons qu'en le Pape Clément IV envoya en Orient une profession de foi qui fat souscrite par 21 métropolitains el plusieurs archevèques grecs.

 Voilà les faits dans leur crudité.                         Ils sont inscrits dans                    les fastes

des Églises grecques, et notamment de l'Église de Constantinople’ Sous laissons le soin de tirer la conclusion à ceux qu sit peu cette loyale enquête.

 Cest ici que nous pourrions écrire un chapitre d'une longueur
             ,    lant      sont nombreux                les     textes qu'il          serait facile de

reucillir dans les œuvres des Pères grecs. Malheureusement nous

sommes obligé de nous résumer pour deux raisons. Premièrement, leaucoup de textes sont connus de tout le monde : certains sont me classiques, comme celui de saint Irénée ; enles reproduisant done ici, nous n'apprendrions rien de nouveau, En second lieu, puce nous manque pour donner à ce sujet de longs déve- loppements. Rappelons cependant une idée générale, Lorsqu'on entend les Pères grecs parler du Souverain Pontife, on est, pour ainsi dire, émerveillé, et l'on constate avec plaisir qu'ils dépassent même les Pères latins, par cette seule raison qu'ils en parlent en des termes

us emphatiques. C'est, par exemple, Théodoret qui s'adresse au Pape comme à un tribunal droit et juste !, C'est le même Théodoret qui prie le Pape d'user de son pouvoir apostolique ?. C'es

qui se rend à Rome pour visiter la première des Églises?, Le siège de Rome possède la suprématie à plus d'un titre! Enfin, au xur siècle, “at l'archevéque de Thessaloniqué appelant le Pape le Pasteur des pasteurs, expression admirable où semble s'être concentrée toute lorthodoxie grecque. Nous ne pouvons, ce pendant, ne pas relater en particulier les lémoïgnages de certains Pères, parce que les Grecs les ont loujours représentés comme hostiles à la suprématie pontificale, el, par con-

  Ma
   2 épi Gpisy ao dira irueadoué mgrréguos, 2e +. Le
 2 T3 imrorohe Jpfoantas dErusia, 2
 2 Too éppaoens Posgaiur ’Exxnsian. Œusébe, HE, vi, 36).
         avis Ba mod. (TÉOGOrEL.)
            ogvur.




                                                                                    Original from
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166 REVUE ANGLO=ROMAINE séquent, s'en servent, même à l'heure actuelle, pour soutenir leurs doctrines. D'abord, le grand saint Basile. Écrivant à saint Alhanase, pa- triarche d'Alexandrie, il le conjure de s'adresser à l'évèque de Rome pour mettre fin aux maux qui désolent son Église !. Dans une autre lettre adressée au Pape Damase, il est bien plus explicite encore. Il le supplie de porter remède aux maux qui aflligent les Églises d'O- rient ?. à Saint Épiphane consacre aux récits évangéliques presque toute sa diseussion sur l'hérésie 31. En parlant de saint Pierre, il dit que Jésus-Christ le choisit pour être le chef de ses disciples ?. Ce texte est un coup direct porté au Phanar, où l'on soutient, s'il faut en juger par l'encyclique, l'indépendance absolue des évêques, et con- séquemment le système épiscopalien en grande faveur auprès de certaines fractions du protestantisme. Saint Maxime, pour lequel on a tant de vénération dans l'Église grecque, dans sa lettre à Pierre, dit que si Pyrrhus prétend n'être pas hérétique, il n'a qu'à se disculper devant l'Église romaine, qui a la primauté sur toutes les Églises de l'univers #.

                    D. — Le droit canonique des Grecs.

Les canonistes grecs ont élé contraints de reconnaitre la supré- matie des évêques de Rome sur l'Église universelle. Nous citerons quelques témoignages, Balsamon, hostile aux prérogatives des Papes, cite le texte de la prétendue donation de Constantin au Pape Sylvestre. Dans ce docu- ment nous lisons, entre autres, ces paroles : « Nous avons jugé à propos de transférer notre empire en Orient et d'y fonder une ville de notre nom, par la raison que là où le Roi des cieux à établi le siège principal et le chef de la religion chrétienne, il est injuste que le roi terrestre ait aucune puissance * .» Sans doute, ces paroles historiquement parlant sont fausses, puisque la donation de Con

2 Exraubé coas be ve Um où Ed ge Bavarde dv 93 Urrasvoin Bdas noix pb vob mask hou émurnbmoues ufyneae ados rranoiens ie cuutopée" Ublou spénes évriÿenx, (Epist. 66, P. G., XXI, Col. 4% D. — 2 Tofuv pay mponomeaner Kdeuv vhv sie darsipas csmhayyuias émiusÿr égoparéme Had del vo mapéèoton se Upesipue avêmne dv 2 rapeilôve Loire. BD) TP Se 2 *Étehlésse [ne sv Mésgov agonvèy cbr rôv adro0 paînrov. (P. G., xu1, col. 921 B) *'Frastra solummodo loquitur, qui mihi similes suadendos putat, et non satis- facit et implorat sanctissime Romanorum Ecclesiæ Beatissimum Papam, id est apostolicam sedem, qu ab ipso incarnato Doi Verbo, sed ct omnibus sanctis synodis, secundum sacros canones et terminos, universarum, ques in Loto torrarum orbe suut, sanctarum Dei Ecclesiarum, in omnibus et per omnia percepit 6 habet imperium, auctoritatem et potestatem ligandi ot solvendi (P. G., xct, col. 144 €.)

In Photium, tit. vit, De Parochis, D. 85-89.

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L'ÉGLISE ROMAINE EX FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCRISMATIQUE 167

tantin est apocryphe. N'importe, Balsamon croit cette donation au- entique; il en adopte les expressions et les fait siennes. Le même Ralsamon démontre également, par les canons du con- cile de Sardique, que le Pape est le dernier juge auquel on puisse appeler dans les causes ecclésiastiques, el que de lui il est impos- sble d'en appeler à un autre !, Le curps du droit canonique grec et les commentaires de Zona sur les canons des eoneiles contiennent la lettre, dont nous avons déjà parlé, de l'archevêque de Thessalonique au Pape Adrien, où le Pape est appelé Pasteur des pasteurs.

                            — La liturgie   grecque.

Il y a des choses ravissantes, relatives aux prérogatives des ivèques de Rome, dans la liturgie grecque.Nous ferons principale- nent nos emprunts aux livres liturgiques employés en Russie. Dans l'office du Pape saint Clément on lit : « Après la mort de sit Pierre et de ses deux successeurs, Clément tint sagement à Rone le gouvernail de la barque, qui est l'Eglise de Jésus-Christ ?. » Dans une hymne dédiée au même saint Clément, on dit aussi: « Mai Ur de Jésus-Christ, disciple de Pierre, Lu imilas ses vertus divines, ‘le montras ainsi le véritable héritier de son trône .

         grecque dit au Pape saint Silvestre : « Tu es le chef du

sacré Concile ; Lu as illustré le trône du Prince des apôtres #;

    lu bouche impie des         hérétiques © ».

Asaint Léon : « Quel nom te donnerai-je aujourd'hui? Te nom héraut merveilleux et le ferme appui de la vérité, le v érable chef du suprême Concile, le successeur au trône de saint Pierre, l'héritier.de l'invincible Pierre et le successeur de son em- Pire * ».

Àsat Martin: «Tu honoras le trône divin de Pierre, et c'est en maintenant l'Église sur celte pierre inébranlable que tu lustré a nom *; très glorieux maitre de toute doctrine orthodoxe, organe Wridique des préceptes sacrés *, autour duquel se réunirent tout le Scerduce el toute l'orthodoxie, pour anathématiser l'hérésie . »

!lbid., p. 224, 822, 856. 2Ofce du 15 Janvier, ÀVier des Saints, par Demitri

218 février, hymne Ville. avril, hymne Vie 10 avril. Stichérié; hymne VIe, ?Prolog. 4 avril.

                                                          iginal from
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         Dans la légende de saint Grégoire 1, on introduit un ange qui li
      parle ainsi : « Dieu L'a appelé pour que tu sois        l'évêque souverain de
      son Église, et le successeur de Pierre, prince des apôtres !. »
        Dans un recueil de sermons et d'épitres des Pères de l'Église,
      adopté pour l'usage de l'Église russe #, se trouve la lettre du Pape
      Grégoire II écrivant à Léon l'Isaurien au sujet du culte des images:
      « C'est pourquoi nous, qui sommes revêtu de la puissance et de la
      souveraineté de saint Pierre, nous vous défendons, ete. »
         Dans le même recueil, saint Théodore Studite parle ainsi au Pape
      Léon IL: « À loi, pasteur suprême de l'Église qui est sous le ciel,
      aïde-nous dans le dernier des dangers; remplis la place de Jésus-
      Christ. Tends-nous une main protectrice pour assister notre Église
      de Constantinople : monire-toi le successeur du premier Pontife de
      ton nom. Il sévit contre l'hérésie d'Eutychès ; sévis à ton tour contre
      celles des iconoclastes ?. Prête l'oreille à nos prières, 6 toi, chefet
      prince de l'apostolat, choisi de Dieu même pour être le pasteur du

À

      troupeau parlant; car tu es réellement Pierre, puisque Lu oceupes
                                                                      et
      que tu fais briller le siège de Pierre. C'est
                                                  à Loi          que Jésus-Christ
                                                                                a
      dit : Confirme tes frères. Voici donc le temps et_le lieu d'exercer es

RUN

      droits : aide-nous, puisque Dieu l'en a donné le pouvoir, car cest

NE

      pour cela que tu es le prince de tous #. »
         Voilà, dirons-nous maintenant au Patriarcat de Constantinople,
      voilà en quels termes enthousiastes parle des Pontifes romains la
      liturgie de celte grande et célèbre Eglise de Russie, dont vous vous

BR RENE

      plaisez à évoquer le souvenir dans votre lettre synodale.


                                  $ 2 Les omecrioxs

mr

         Nous rencontrons dans l'encyclique patriarcale une foule d'objec-
      tions contre la suprématie des évêques de Rome; il yen a de toute
      espèce; le plus grand nombre est emprunté à l'histoire et à l'Écriture
      sainte. Hélas! ces objections n'ont pas même le mérite d'être nou-
      velles : elles sont toutes d'importation allemande, et trainent depuis
      Jongtemps dans les livres qui sortent des universités allemandes où
      dans les chaires qui alimentent chaque jour ces mêmes universités.
      N'importe, notre devoir est de les         reprendre l'une après l'autre el
      d'en montrer la faiblesse, ou du moins l'arbitraire el le manque de
      solidité
         Première objection. — Les paroles de Jésus-Christ à Pierre : « Tu es
      Pierre et sur celte pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer



        ® Vie de Saint Théodore Studite, 11 novembre.
        4 Lettres
                de SainkThéodore Studite, Lun. 1, Epit. 12.




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L'ÉGLISE ROMAINE EN FACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCMISMATIQUE 169

ne prévaudront point contre elle ! »,les Pères les ont en général entendues métaphoriquement: ils n'y ont pas attaché un sens réel, Réponse. = En premier lieu cette nest fausse, C'est tout le contraire qui a eu lieu paroles dans un sens réel et litéral. Lisez les _homi s, notamment saint Jean Chrysostome, et vous verrez comme ils ont développé ce passage de l'Évangile. S'ils avaient pris ces paroles métaphoriquement, com ment auraient-ils pu regarder Pierre comme le prince, le chef des apôtres, comment auraient-ils pu lui donner ces litres pompeux que

  us rencontrons     dans leurs écrits.                                                        :
  Cette objection         est,    en second          lieu,    bien     plus dangereuse à un

autre point de vue. Elle ne tend pas seulement à é nler les droits des Poutifes romains, elle supprime aussi les prérogatives de Pierre lui-même, Si les promesses de Jésus-Christ n'ont qu'un sens. méta- phorique, il s'ensuit nécessairement que le Sauveur n'a institué aucun chef dans son Église et que Pierre aurait été sur un pied d'absolue égalité avec les autres apôtres. Or, qui pourra jamais con cevuir que Jésus-Christ ait établi une société sans lui donner un chef? Celle supposilion ne supporte pas l'examen. Au fond nous sommes, jusqu'à un certain point, bien aise de cette sbjection. Le sort des Pontifes romains est tellement lié à celui de Pierre, que, pour atteindre les uns, il faut s'en prendre à l'autre, et que l'on ne peut saper les droits des Papes, sans saper au préalable ceux de Pierre lui-même. 2 Objction. — Pierre est tombé et a renié trois fois son maitre. Réponse. — Sans doute Pierre est Lombé; mais est-ce que les fautes personnelles sont impardonnables? Raison de plus, dirons-nous au Phanar, raison de plus qui nous montre les grandes prérogatives de Pierre, Au fond, parmi les douze apôtres, après Judas, c'est Pierre qui commet la plus grande faute à l'égard de son Maitre. Or, com- ment se fait-il que, malgré cette chute lamentable, le Sauveur ait fait à Pierre de si magnifiques promesses, s'il n'avait en vue la réalisation d'un grand dessein ? On sent dans les promesses de Jésus- Giist à son disciple prévaricateur, on sent, dis-je, qu'il se prépare quelque chose de grand.

Objertion,

         —            Saint Paul
                              a repris              saint Pierre, comme
                                                                      il ressort
                                                                              de

léplire aux Galates ?, et déclare expressément que Pierre était rvpréhensible. . Léponse, — Cette objection est aussi vieille que le Chrisiianisme lui-même, Combien de fois n’y a-t-on pas répondu ? Dans cette contro- vene où saint Paul est d'un avis opposé à celui de saint Pierre, et lui résiste, il ne s'agissait nullement d'une question dogmatique,

1 Matt, av, 18. “LA

                                                                              iginal from
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170 REVUE ANGLO-ROMAINE

capable d'engager la responsabilité et l'infaillibilité du chef de l'Église ; il n'y avaitlà qu'une question relative à des rites, sur laquelle la diversité des opinions est possible et même permise. E encore remarquez qu'on n'engageait pas même sur ce sujet une discussion à fond, capable d'élever la question à la hauteur d'un principe immuable et irréformable. On diseutait uniquement sur l'opportunité de l'observance temporaire des rites mosaïque: Du reste, pourquoi le Phanar, en rappelant cet acte de résistance de Paul à l'endroit de Pierre, oublie-t-il de nous rappeler aussi l'autre démarche du même saint Paul, qui estconsignée dans la même épitre aux Galates? Saint Paul nous déclare! qu'après sa conversion, il se rendit à Jérusalem pour voir Pierre, et demeura quinze jours auprès de lui. Pourquoi cel empressement à aller voir Pierre, si celui-ci n'était qu'un simple apôtre comme les autres, et s'il n'était investi, dans la pensée de saint Paul, d'aucune dignité le plaçant au- dessus des autres apôtres ? L'encyclique du Phanar aurait pu nous dire un petit mot là-dessu: 4° Objertion. — Pierre n'est jamais allé à Rome. Par conséquent les évêques de Rome ne sont pas ses successeurs, et dès lors leurs pré- tendues prérogatives s'écroulent avec le fondement même sur lequel ils avaient voulu les asseoir. Réponse. — Nous connaissons cette objection qui a été lancée à grand fracas par des auteurs protestants. Après de longues di sions, les auteurs rationalistes eux-mêmes, qui ont à cœur le soin de leur réputation scientifique, ne contestent plus le voyage de saint Pierre à Rome. Je ne prétends pas qu'il n'y ait sur ce point quelques difficultés historiques. Mais comment espérer n'en pas trouver dans les origines d'une aussi vaste institution que celle du christianisme? Nous ne nousattarderons done pasàréfuterla thèse du Phanar. Puisque l'encyclique patriarcale s'est inspirée d'idées allemandes, nous nous bornerons à lui rappeler qu'à l'heure actuelle les plus célèbres représentants de l'érudition allemande, même dans le camp rationa te, admettent le séjour et la mort de saint Pierre à Rome. Qu'il me suflise seulement de citer Hilgenfeld et Harnack, le plus grand théo- logien positif de l'Allemagne contemporaine. 5 objection. — Les droits de la Papauté reposent sur le ron théologique des Pseudo-Clémentines, et sur les Pseudo-Tsidoriennes. Réponse. — Eh, non! Messeigneurs : les droits de la Papauté repo- sent sur l'Évangile lui-même. Vous en appelez aux Pseudo-C'lémentines. Nous voyons clairement par là que vous avez subi l'influence de M. Lipsius? et de l'école historique de Tubingue. Au point de vue des documents purement historiques, les droits des pontifes romains

 11,48.
2 Uber das Primat Petri. (Munster 1820.)




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 L'ÉGLISE ROMAINE EN PACE DE L'ÉGLISE GRECQUE SCIMISMATIQUE 171

sont nettement aflirmés dans la lettre du pape saint Clément aux Corinthiens. L'authencité de cette lettre, longtemps discutée, est aujourd'hui absolument établie. Et ce n'est pas nous qui l'avons détinitivement démontrée : c'est un patriarche de Constantinople, Mgr Philarète, par la découverte d'un manuscrit de cette lettre‘. Quant aux Pseudo-Tsidoriennes, elles n'ont fait qu'attester des droits qui s'exercaient journellement. : 6 objection. — Les premiers Pères de l'Église décernent aux pon- tes romains certains honneurs, et ont pour eux certains égards, parce que, par la force des circonstances, les pontifes romains étaient les évèques de la capitale de l'empire. Héponse. — C'est une erreur, Messeigneurs Lorsque les Pères de l'Église proclament hautement les prérogatives des Papes, jamais ils 2e font allusion à la condition politique de leur ville épiscopale, ma üls Sappuient constamment sur ce qu'ils sont les successeurs de Pierre, Quand saint Athanase, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Jean Chrysostome en appellent à Jules, à Célestin, à Innocent, ils ne leur disent pas : « Nous recourons à vous parce que vous êtes évêques de la capitale de l'empire », mais, « nous remettons notre cause entre vos mains, parce que vous êtes les représentants de Jésus-Christ et les successeurs de Pierre, parce qu'à vous ont été confiées les clefs du royaume des cieux. » Tobjection. — Yeaucoup de papes ont erré dans la entre au- tres, Libère, Zosime, Vigile, Honorius. Réponse, — Aueun de ces cas allégués par la lettre patriarcale n'implique une chute et une erreur dans la foi. Ce sont des actes de fiblesse, d'imprudence, soit ; pas un n'est un acte d'hérésie. Repre- nons l'un après l'autre ces exemples.

Le pape Libère souserivit, il est vrai, la troisième formule de Siemium #, Mais cette formule lui fut imposée comme condition de si retour à Rome. On exerça done à son égard une violence mo Cependant, en souserivant la formule de Sirmium, Libère sacrifiait les termes dont on s'était servi à Nic artait nulle ment de la foi micéenne. La preuve, c'est qu'il faisait suivre sa signa- ture d'une déclaration frappant d'excommunication quiconque ne cunfesserait pas que le Fils et le Père sont parfaitement égaux en

Lules choses, même dans leur substance.

Le pape Zosime se trompa uniquement sur un fait personnel. Induit en erreur par des professions de foi qu'on lui envoyait de il déclara Pélage et Célestin innocents. Il faut avoir une

                   l'étude de M. l'abbé Duchesne dans la Hevue du monde ea-

Liolique, 1. XXX, n° 153. (1877.)

172 REVUE ANGLO-ROMAINE

bien faible idée de l'infaillibilité pontificale pour voir son interven- tion dans un jugement portant sur des personnes au sujet desquelles on avait répandy à profusion de fausses professions de foi. Le Pape Vigile avait été un intrigant, étant simple diacre. 11 pro mit à l'impératrice Théodora d'implanter l'hérésie monophysite à Rome, s'il était élu Pape. Mais une fois devénu Pape, il manqua à ses promesses, el on ne put jamais l'amener à se déclarer en faveur du monophysisme. Par son Judiratum il eondamna les Trois-Chapitres. rois-Chapitres étaient effectivement condamnables pu qu'ils contenaient des erreurs ‘. Honorius pécha par négligence, et c'esL ce qu'on lui reproche dans les documents ofliciels ?; mais, à aucun litre, il ne saurait être con- sidéré comme partisan du monothélisme. En effet, — 1. 11 déduit ses conclusions comme Sergius, du principe de l'union hypostatique des deux natures divine et humaine dans le Christ; mais il n'en tire jamais, comme le patriarche de Constantinople, celle conséquence qu'il n'y a dans le Sauveur qu'une seule énergie et une seule volonté. — 2. Honorius emploie une fois l'expression una voluntasen l'approu- Ê $

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ce lerme non dans le sens physique, ä comme s'il n'y avait en Jésus- Christ qu'une seule puissance de vouloir mais dans le sens moral : comme en Jésus la volonté humaine n'est pas corrompue el marche toujours d'accord avec sa volonté divine, il y a toujours en lui, au sens d'Honorius, volonté unique, sans qu'il y ait pour cela unique faculté de vouloir. La doctrine monothélite d'une seule énergie dans Jésus-Christ n'est pas davantage celle d'Honorius. Dans sa seconde lettre à Sergius, il déclare que les deux natures exercent dans l'u- nique personne du Christ, sans confusion, leurs opérations propres. Le jugement des Pères de Constantinople est donc trop sévè paré à la faute d'Honorius. Le Pape Léon IL est plus juste envers Honorius dans sa lettre à Constantin Pogonat ? 8° Objertion. — Le document du Phauar termine par une dernière objection. Il rappelle, qu'à la suite du concile du Vatican, la cons- cience chrétienne se réveilla avec les théologiens allemands et donna naissance à l'Église des vieux catholiques. rs, à l'époque du concile du Vatican, la s avec ces quelques orgueilleux, à la tétedesquelsmarchait Düllinger, qui ne voulurent pas s'incliner devant

1 Voir l'abbé Duchesne, Figile et Pélage. Etude sur l'histoire de l'Église ro- maine au milieu du vi siècle. (Extrait de la Revue des questions histeriques, 4er octobre 1883.) 2 Pravis corum [Monothelitharum] adsertionibus fomentum impendit. 3 1 y dit : « Qui (Honorius) hanc apostolicam Ecclesiam non apostolicæ tradi- tionis doctrina lustravit, sed profana proditione immaculatam fidem subrertere conatus est.

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les solennelles définitions de l'Église enseignante. La conscience chrétienne, en Allemagne, puisqu'il est question d'elle, était avec cette phalange d'évèques, qui firent généreusement leur devoir au concile, et qui surent le faire aussi quelque temps après, quand la main per- séculrice de Bismark voulut s'abattre sur l'Église. La conscience chrétienne, elle était aussi avec ces admirables catholiques, qui sont restés inébranlablement attachés à la foi de l'Église romaine. qu'ils ont su défendre, dans toutes les circonstances criliques, av un indomptable dévouement.

Arrivé au terme de celle élude finissons, nous aussi, par deux courtes observalions. Le Phanar, dans son encyclique, nous reproche d'ignorer la vraie histoire eccl que. Hélas! Monseigneur, il est fort à craindre que dans l'Église, dont vous êles le chef, on ne l'ignore encore plus que chez les Latins. Permettez-moi de dire aussi à Votre Béatitude: Continuez à envoyer vos cleres étudier dans les universités ralionalistes alle mandes, et je vous prédis qu'on ne leur inspirera pas seulement de Yhorreur pour les Pontifes romains, mais qu'on leur infusera aussi l'oubli des traditions de vos Églises et de vos gloires nationales. Ils liniront par oublier qu'il y a eu dans votre Église des hommes qui s'appelaient Cyrille, Athanase, Basile, Grégoire, Chrysostôme, el ne conserveront plus que la mémoire de Pholius et de Michel Céru- laire.

                                                            ERrmoxi.

CHRONIQUE

Le Souverain Pontife a reçu à l'occasion de la fête de Noël les vœux du Sacré-Collège, des évêques et des prélats présents à Rome. S. Em. le cardinal Monaco La Valetta a prononcé une allocution. NX.T.S. P. le Pape, dans sa réponse, a parlé de la prière, disant qu'il faut espérer en l'efficacité de celle-ci pour triompher des diff eultés des temps el réaliser une parfaite union dans l'Église: et à cette occasion le Saint Père rappelle qu'il a traité plus à fond « ce « grave sujet de la prière dans la Leltre apostolique adressée à la « noble nation anglaise ». On annonce en outre la publication prochaine d'une nouvelle Encyelique sur l'union des Églises. La Semaine religieuse de Montpellier consacre à notre œuvre l'article suivant: LA RÉUNION DE L'ÉGLISE ANGLICANE À L'ÉGLISE ROMAINE

I & à quelques mois, le Souverain Pontife Léon XIII adressait à nos frères séparés d'Augleterre un pressant appel à l'unité que Notre Seigneur à voulue comme là pierre angulaire de son Église. Cet appel a trouvé de nombreuses bonnes volontés dans l'Église anglicane et ils ne sont pas rar ä les laïques, les membres du clergé et même les prélats de cette Église, ceux qui, de leurs vœux et de leurs prières, appellent avec nous le jour où, dans le monde entier, il n'y aura qu'un seul pasteur, qu'un seul troupeau. d'être formée à cette intention. Tous, partie.

Mgr D Angleterre sont toujours intéressantes. a daigné hénir et recommander cette Association. Déjà au Synode qui termina la retraite pastorale, Sa Grandeur avait engagé les membres de ergé à s'unir aux efforts et aux prières qui se font pour obtenirce sultat de la réunion de la grande nation anglaise à l'Église . Elle se félicitait dece que la Providence avait voulu se servir inaire du diocèse de Montpellier et ancien élève du Petit- Séminaire, pour préparer les voies à cette grande œuvre. M. Portal, dont le souvenir est certainement bien vivant au cœur de ss i l'ont eu pour condisciple au Petit-Séminaire, a eu l'heureuse et bonne fortune de rencontrer et de connaître intimement Lord Halifax, unede ces belles et nobles âmes cherchant le royaume ete fonc: trouve l'Église anglican rée de Rome, d'où lui vint de la foi. Lord Halifax, dont la considération est fort grande dans l'Église anglicane, et M. Portal, se dérent si le moment ne serait pas venu dans les dessein e de reprendre à nouveau les efforts pour ener l'unité entre l'Angleterre et Rome. Ils le pensérent; le Souvi Pontife bénit leur zèle et leurs travaux; plusieurs prélats anglicans les assurérent de leur sympathie. De là, cette campagne pacifique et toute de eharité qui, par les discours dans les congrès, par les brochures, les tra- vaux théologiques et historiques, par une revue spéciale anglo-romaine, s'efforce de dissiper les préjugés, de rapprocherles cœurs en éclairant les esprits, de nous faire mieux connaitre à nos frères d'Angleterre et de nous

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CHRONIQUE 475 musciguer plus exactement sur leur doctrine et leur vie religieuse. La jirre étant, avant toutes choses, le meilleur moyen, ne pouvait être se en pareille circonstance. Tel est le but de l'Association dont nous ï& plu haut les conditions. Sous la direction de M. Portal, ‘ssoiation publie un Bulletin mensuel fort intéressant sur le mouvement actmel de l'Église anglicane vers Rome. Nous espérons que tous, prêtres et fdéles, se feront un devoir de faire tre l'Association et son Bulletin, heureux de travailler ainsi à disement du royaume de Dieu, à la prospérité et à l'honneur de la Sainte Eglise de Jésus-Christ.

    Le Catholic Times, dans son numéro du 43 décembre 1895,

aunonce en ces Lermes la Æsvue anglo-romuine.

    L'abbé Portal, prêtre de la Mission, dont      le nom est bien connu

‘aus ce pays par la publication de son’travail : Les ordinalüns angli- sws, a commencé à Paris (11, rue Cassette) un recueil hebdoma- dire intitulé : Revue Anglo-remaine dont l'objet est de rapprocher les Églises anglicane el catholique et de préparer les voies pour la réunion.

    Le premier numéro a
                      paru samedi dernier.
        qui a très    bonne apparence porte sur sa couverturé un

sceau représentant l'ancienne abbaye de Cantorbé Elle débute par une lettre du Cardinal Bourret, évéque de Rodez «t de Vabres, qui conseille « toute la bonté et loute la tolérance Dermise v. L'abbé Portal déclare que son projet a été reçu avec la plus chaude svmpathie par des publicistes français, des théologiens, des savants, él qu'un grand nombre d'écrivains Lels que MM. Duchesne, Gasparri, Hudinhon, Loisy, Klein, Chabot, F. Levé, Arthur Loth et Tavernier, vat promis leur collaboration. Ce serait plus que grossier de la part des catholiques anglais de ne pas bien accueillir une publication de &+ genre. L'éditeur a là à sa portée le moyen de rendre de précieux services à la cause de l'union. Une libre discussion sur les sujets rontroversés entre l'Etablissement anglican et l'Église catholique ve peut manquer d'exercer une heureuse influence. Mais il y a deux points sur lesquels les idées de l'abbé Portal et de ses collaborateurs ‘lvront être claires. Premièrement, la conversion de l'Angleterre, ainsi que l'ont reconnu ceux qui ÿ ont consucré leur vie, n'est pas l'œuvre d'un jour vu d'une année. Et secondement, en trailant cerlaines questions déli- fales louchant l'histoire de l'Église en Angleterre, le dr à théologie, il est tout spécialement requis de le part d'étrangers, «ils soient modérés, modestes et circonspects, leurs sources d'informations étant limitées et leur position lès empêchant de saisir “actement le sentiment national des catholiques. Admettre “hoses injustifables ne pourrait que nuire à la cause qu'ils ont le désir de servir. Le ton des articles dans le premier numéro de la ÆAevue Anglo- romains est absolument tel qu'on pouvait le souhaiter: cependant nous ne pouvons pas admettre des aflirmations comme celle-ci, “avoir que nos meilleurs théologiens ont fait beaucoup de tort à la “ause, en insistant jusqu'à ces ortiises tour sur la véracité de la 5 fable de la tte de cheval » ou sur certain argument de Billuart.

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176 REVCE ANGLO-HOMAINE

Nous remercions cordialement le Cafholie Times de sa courtoisie el du sympathique intérêt qu'il nous lémoigne. La Revue Anglo- Romaine. s'efforcera d'agir avec toute la prudence et toute la modération nécessaires, méritant ainsi d'être favorablement reçue par tout chré- tien sincère, catholique ou anglican, Le Calholie Times peut en être assuré.

 Le Guardian, dans son dernier numéro, annonce en termes

bienveillants, l'apparition de la Aerue anglo-romaine + Ce qui donne le plus de valeur à eette revue, dit-il, et_ce qui la ren significative, c'est le ton qu'elle a adopté. Elle est empreinte d'un véritalle esprit de charité et de courtoisie. Les méthodes irritantes vont être aban- données dans la controverse: la ligne de conduite à suivre est tracée parle cardinal Bourre Mettez, dit-il, à ce que vous ferez et écrivez la plus grande bonté, toute la tolérance permise, et tous les égards que l'on doit à une grande et noble nation, ainsi qu'à un clergé qui peut étre dans l'erreur sur un poin essentiel, mais qui n'en cherche pas moins avee sincérité et persévérance la liturgique comme la vérité théologique. » À cet esprit se joint une généreuse appréciation de l'Église anglaise, et en particulier, de son épiscopat qui cont des hommes de grande valeur et de grande foi »: une disposition sincère à reconnaitreLes erreurs on d'ailleurs, qui s'est déja mauifestée par le changement d'attitude de M. Boudinhon dans son travail sur nos ordinations— et enfin par un désir ardent de voir les deux Églises enfin réunies et combattant eôte à côte contre les ennemis de la ehrétienté Ces divers points sont pleinement mis en évidence dans la préface de l'éditeur qui se fait remarquer par un profond sentiment d'espérance chrétienne et mêmede certitude quant au succès final. Ces motifs d'espérer sont les suivants : à 1° l'affirmation du D' Pusey qu'il n'y à rien dan la doctrine anglicane de contraire au Concile de Trente; 2 le mou- vement qui se manifeste en Angleterre eu faveur de l'admission sous une forme quelconque de l'autorité papale: 3° l'appel que l'on fait de part et d'autre à l'histoire des temps primitifs, et 4°, enfin, le caractère personnel des évêques anglais qui ne peuvent pas désirer nous faire rester dans ün état de schisme opposé à la volonté de Notre-Seigneur. Ces amicales et charitables avances doivent être très cordialement accueillies, et il estde notre devoir d'aller au devant d'elles à moitié chemin et animés du même esprit. Notre confrère conclut en rappelant que les difficultés sont nom- breuses et que, dans l'œuvre de la réunion, le chemin qui reste à parcourir est encore considérable.

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RITUS

           ORDINATIONUM ANGLICANUS

Primus ordinationum ritus Anglicanus in lingua vernacula scriptus anno 4350 prodiit, sub titulo The forme and maner of makyng and consecra- tyng cf Archebishoppes, Bishoppes, Priestes and Deacons, Liber a Ricardo Grafton typographo regio excusus est « Meuse Martii À. MDXLIX., » iuxta veterem computationem, anno in festivitate Annunciationis B. V. M. inci- piente.

Mox vergente aono 4582 ritus denuo castigatus est, qui tamen post paucos menses Maria reguum excipiente antiquabatur, donee anno {59 episcopi absque auctoritate parliamenti, ut in capitibus primo et tertio huius operis ostendimus, eum in _usum instauraverunt. Hoc igitur auno Liber 1ypis denuo mandatus est, excudentibus Ricardo Jugge et Johanne Cawood ispographis regiis. Ritum juxta hanc cditionem hic imprimeudum cura- vimus, ea tamen lege, ut textum lectionum, litaniw, atque hymui Veni Creator, omiserimus. Versionem Latinem adiunximus, quum ex Libro Precum Publicarum a viris doctissimis Willemo Bright et Petro Goldsmith Medd Latine reddito, ipsis benignissime annuentihus, maxima ex parte desumpsimus.

Porro in _margine quædam disposuimus, tum qua in libro anni 1550 contenta, tum que anno 4662 mutata sunt, cum tandem ritus in eam for- man redactus estquæ adhuc servatur. Mutatioues autem que verba tantum respiciunt negleximus, ln verbis Anglicis dispositionem litterarum hodie uéitatam reddimus.

! Emprunté à l'ouvrage de MM. Denny et Lacey: Dej Hierarchia Anglicana, Oudin, rue de Mézières, 10.

RRVUE ANGLO-ROMAISE,      — 1. 1.   — 12,

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178 REVUE ANGLO-ROMAINE

                            THE FORM

AND MANNER OF MAKING AND CONSEI RATING

      Bisues, Pur           AND DEAGONS. ANXO DoMINI 1559.



                              The Preface

Itis evident unto alt men, diligently reading holy Seripture, and ancient authors, that from the Apostles" time (here hath been Chese orders of Ministers in Christ's Church : Bishops, Priests, and Deacons : which offices where ever- more had in such reverent estimation, that no man, by his oien private autho- rity, might presume to execute any of them, except he irere first called, tried. examined, and known to have such qualities as were requisie for the ‘sane; and also by public prayer, with imposition of hands, approved and admitted thereunto. And therefore to the intent these orders should Le continued, and reverently used and estemed in this Church of England : it is requisite. that no man (not being at this present Bishop, Priest, nor Deacon) shall execute any of them, ezcept he be called, tried, ezamined, and admitted, according to the form hereafter following ‘. ‘And none shall be admitted a Deacon, except he be 22 ? years of age at le least, And every man, which is o be admitted a Priest, shall be full 25 years old. And every man, which is to be conse- crated a Bishop, shall be fully thirty years of age. And the Bishop, knowing, either by himself or by suffcient testimony, any person to be a man of virtuous conversation, and without erime, and after ezamination and trial, finding hin Learned in the Latin tongue,and suffciently instructed in holy Scripture, may, upona Sunday or holy day. in the face of the Church, admit him a Deacon, in such maner and form, us hereafter followeth.

        THE FORM AND MANNER OF ORDERING OF DEACONS.

First, when the day apointed by the Bishop is come there shall be an exhor- tation, declaring the duty and office of such as cometo be admitted Ministers, how necessary such orders are in the church of Christ and aiso hour the people ought to esteem them in Cheir vocation. After the exhortation ended, the archdeacon, ur his deputy. shall present surh as come to Bishop to be admilted. saying these words.

Reverend father in € 1, L present unto ou these persons present, 10 be admitted Deacons.

  62, or hath had formerty Episcopat Consecration, or Ordination
    à Tirenty-lhrer.




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HITLS ORDINATIONUM ANGLICANUS 179

                                        ORDO

       ET RITUS FACIENDI                       ET CONSECRANDI

     EPISCOPOS, PRESBYTEROS ET DIACONOS. ANNO DOMINI 4559




                                        Prasfatio

Manifestum ext omnibus sacram Srripturam et veteres auctores diligenter perlegentibus, exstitise in Ecclesin Christi ez Apostolorum lemporibus hosce Ainistrorum ordines, Episcopos, Presbyteros, et Diaconos. Quas quidem munera ia magni semper æstimabantur ut nemo propria auctoritate ullo eorum fungi æuderet, nisi qui jam vocatus esset, probatus, exzaminatus, et eidem sustinendo par esse satis cognitus; et prælerea per preces publicas cum impositione manuum ad id approbatus et admissus. Igitur, quo isti ordines in Ecclesia Anglicana consertari posint, el reverentia debita usurpari et æstimari, san- citum est ut nemo (nondum Episcopus, Presbyter, Diaconusve ezsistens) ullum eorum exsequatur nisi qui secundum rilum seguentem vocatus, probatus, eza- minatus et admissus fuerit 1. Nullus autem ad Diaconatus ordinem ante vice- simum primum © ætatis suæ annum admittatur. Et quisque in Presbyteratum ordinandus annum vicesimum quartum ; quisque autem in Episcopatum conse- crandus tricesimum complerisse debet. Episcopus, cum vel ipse vel ex sufiunte testimonio certo sciat aliquem honeste rivere, et vitil expertem esse, €{ post rzamen et probationem in latina lingua doctum et in Sacra Serptura suffi. cienter eruditum esse invenerit. potest eum in Dominica vel festo die in facie Ecclesiæ secundum ritum et ordinem sequentem in Diaconatum promorere,

                   ONDO ET      MITES   AD FAGIENDOS DIACONOS

Primum, die ab Episcopo conslituto, flat e.chortatio, qua populus doceatur quid sit munus et offcium assumendorum in Minislerium; quam necessarü in Ecclesia Christi sint isti ordinex; et quanti eos in officio rorum æstimare debeat populus. Finita eshortatione Archidiaconus. aut drleyatus jus, cos qui ad Episcopum admittendi venerint hisce verbis præsentet : Reverende in Deo Pater, prexento tibi hosce presentes in Diaconatuin assumendos.

11662, aut qui cousécralionem vel vrdinationtm épiscopale jam untea susceperil.

s 16 sémun Lertiun 180 REVUE ANGLO-ROMAINE The Bishop.

Take heed that the persons whom je present unto us, be apt and meet, for their learning and godly conversation, to exercise their ministry duly, 0 the honour of God, and edifying of his church. The Archdeacon shall ansiver.

L have inquired of them, and also examined them, and think them so t0 he.

And then the Bisoph shall say unto the people. Brethren, if there be any of you, who knoweth any impediment, or no table crime, in any of these persons presented to be ordered Deacons, for the which he ought not to be admitted Lo the same, let him come forth in the name of God, and shew what the crime or impediment is, And if any great crime or impediment be objected, the Bishop shall surcease From ordering that person, until such time as the party aceused shall try him self clear of that crime. Then the Bishop, commending such as shall be found meet Lo be ordered to the prayers ofhe congregation, with the Clerks and people present, shall say or sing the Litany as followeth, with the prayers.

                               The Litany and Suffrages,

O God the Father, of heaven : have merey upon us miserable sin- ners, ete.

Lvith this special suffrage, That it may please thee to bless these men, and send thy grace upon them, that they may duly execute the Office now to be committed unto them, to the edifying of thy Church, and to hy honour, praise and glory: Wese beseech the, ete.) Then shall be said also his (hat followcth.

Almighty God, which by thy divine providence hast appointed diverse orders of ministers in the chureh : and didst inspire thine holy Apostles t0 choose unto this order of Deacons the first martyr S. Stephen, with other: mercifully behold these thy servants, now called to the like oflice and administration : replenish them so with the truth of thy doctrine, and innocency of life, that both by word and good example they may faithfally serve thee in this ollice, to the glory of thy name, and profit of the congre- gation, through the merits of our Saviour Jesu Christ : who liveth and reignet with thee, and the Holy Ghost, now and ever. Amen.

Then shall be sung orsaid the Communion of thé day, saving the Epistle shall be raad out of Timothe, as followeth :

  Likewise must the Ministers... received up in glory.
  Or else this out of the sixth of the Acts.
            Then the twelve called... obedient unto the               faith.
  And before the Gospel, the Bishop, sitting in a chair, shall cause the Oath

of the Queen's supremacy, and against the power and authority of all foreign potentates, to be ministered unto every of them that are to be ordered.

                       The Oath of the Queen's sorereignty.
  1 A. B. do utterly festify      and déclare   in my conscience that the queen's

highness is the only supreme governour of this realm, and of all other

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                                                RSITY OF   MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS 484

                                     Episcopus

Vide ut ei quos nobis præsentas apti sint et digni, pro scientia et morum pietate, qui ministerium suum rite exsequantur, ad honorem Dei et ædifi- cationem Ecclesiæ ejus,

                         Respondeat Archidiaconus :

Inquisitione de eis habita, et examine facto, aptos et dignos esse cos existimo.

Deinde Episcopus populum alloquatur: Fratres, si quis vestrum scit ullum impedimentum aut notabile crimen, quod prohibet ne aliquis horum jam ad Diaconatus ordinem suscipiendum presentatorum ad id officium promoveatur, pro Deo exeat, et crimen aut impedimentum, quidquid sit, declaret Si autem aliquod grave crimen aut impedimentum obiciatur, Episcopus differat ordinationem aceusali, donec eriminis illius erpers esse visus fuerit. Deinde Episcopus, eos qui ordinatione digni visi fuerint congregationis pre- cibus commendans, cum Clero et populo præsente Litaniam cum orationibus, prout sequitur, dicat vel cantet.

                            Litania cum suffragis.

Pater de cælis Deus, Miserere nobis, ete. Icum hoc suffragio proprio, Ut istos benedicere et super eos gratiam tuam effundere digneris; qua- tenus Officium eis conferendum rite exsequantur, in ædificationem Ecclesiæ tuæ, et ad honorem, laudem et gloriam tuam: Te rogamus, audi n0s.] Deinde dicatur sequens Orati

Omnipotens Deus, qui divina providentia tua varios ministrorum ordines in Ecclesia constituisti, eL sanctos Apostolos tuos inspiratione tua docuisti iaconorum ordinem S. Stephanum protomartyrem eum aliis eligere; respice propitius hos famulos tuos, in idem officium et ministerium jam vocatos; et eos doctrinæ tuæ veritate et vitæ innocentia ita adimple, ut tam ore quam bono exemplo tibi in hoc officio fideliter deserviant, ad gloriam nominis tui, atque ad commodum congregationis; per merita Salvatoris nostri Jesu Christi, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spi- ritus Sancti, nunc et in omnie sæcula sæculorum. Amen. Deinde cantetur aut dicatur officium Communionis de tempore, ezcepto quod Fpistola ez Timotheo legatur, prout sequitur: Diaconos similiter pudicos.. assumptum est in gloria.

                           Aut hæc e sezto Actuum :

Convocantes autem duodecim.., obediebat fidei. Et ante Evangelium, Episcopus, in faldistorio sedens, juramentum de regia supremitate, contra omnium rectorum extraneorum potestatem et auetoritatem, unicuique ordinandorum præstandum curet.

                    Juramentum de regia supremitate
                                                  :

Ego A. B. testor et ex mea conscientia afirmo regiam majestatem solam hujus regni omniumque aliarum regionum suæ ditioni subjectarum 182 REVCE ANGLO-ROMAINE

highnessdominions and countries. as well in all « ritual or ecelesiastieal things or causes, as temporal: and 1h rie, person, prelate, state. or poten ctio superio- rity. pre-eminenee or auth and therefore 1 do utterly renouner pawere, mperiorities and authoritire, and d0 promise chat front hencefanh 1 shall bear faith and true allegiance to the Queen's highness, her heirs and lawful suecessors, and to my power shall assist and defend all jurisdictions privileges, pre-eminences( and authorities granted or belonging to the Queens highness, her _heirs and successors, or united and annexed to the imperial erown of this realm, so help me Gon, and the contents of this book.

Then shall the Bishop examine every one of them that are (0 be ordered, in the presence of the people, after this manner following.

Do you trust that you are inwardly moved hy the Holy Ghost 10 take upon you this office and ministration, 10 serve God. for the promoting of his glory. and the edifying of his people? Anse. L'trust s0.

                                   The Bishop.

Do ye think that ve truly be called. according to the will of our Lord Jesus Christ, and the due order of this real, 10 the ministry of the Churel? Ansrer, À think so. The Bishop. Do ye unfeignedly believe all the Canonical seriptures of the old and new Testament ? Answer, I do believe. The Bishop.

Will you diligently read the same unto the people assembled in the charch, where you shall be appointed to serve? Ansier. 1 will.

                                   The Bishop.

It pertaineth 10 the office of a Deacon in the church where he shall be appointed, to assist the Priest in divine service, and specially when be ministereth the holy communion and_ to help him in butions thercof, and 10 read holy seriptures and Homilies in the congregation and 10 instruet the youth in the Catechism, 10 Baptize and to preach, if he be admitted thereto by the Bishop. And furthermore, it is his oflice, where provision is so made, 10 search for the sick, poor, and impotent people of the parish, and 10 intimate_ their estates, names, and places were thet dwell, to the eurate, that by his exhortation they may be relieved by the parish, or other convenient alms : will ou do this gladly and willingly? Answer. L wil so do by the help of God.

                                   The Bishop.

Will jou apply all your diligence to frame and fashion your own lives. and the lives of all your family, according t0 the doctrine of Christ, and to make both yourselves and them, as much as in you lieth_ wholesome examples of the flock of Christ? Answer. 1 will so do, the Lord being my helper.

                                                 Original from
                                                 RSITY OF MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS 483

gubernationem supremau, lun in rebus et causis spirituulibns erclesiast- disve quan in temporalibus, habere; nalli extranco principi, personæ, prlato. eivitati, aut rectori jurisdictionem, potestatem, superioritatem, primatum aut auctoritatem quamcumque ecclesiastican seu spiritualem intra hoc. regnum esse vel esse delere; quapropter ego omues jurixdi- etiones, potestates, superioritates et auctoritates extraueas tutaliter abre- auacio, et promitto me fidelitatem et veram obedientium regiæ majestati, bæredibus ejus et successoribus jure conatitutis, præstiturum, et omnes iurisdictiones, privilegia, primatus et auctoritates regiw majestati, bære- dibus ejus et successoribus datas et pertinentes, ut imperio hujus regni unitas et annexas, pro viribus defensurum, et eisdem suhventurum esse. Ita me adjuvet Deus, et quæ in hoc libro continentur.

Deinde Episcopus singulos ordinandos coram populo modo sequen! exa-

minet:

Confiditis vos n Spiritu Sancto interiux adductos esse, ut hoc ofliciun et ministerium suscipiatix, quo Deo serviatis ad ploriam ejux promo- sendam et populum wdificandum ? Resp. Ita confido. Episcopus.

Putatis vos ad Écclesi® ministerium secundum voluntatem Domini nostri Jesu Christi et disciplinam in hoc regno constitutam, revera voeatos esse? Resp. ta puto. Episropus. Croditix sincere omnes seripturas canonicas veleris et novi Testa- menti? Rep. Credo. Episcopus,

Valtix eas ad populum in vveles in qua ad ministrandum constituti fucritis congrogatum diligenter legere Resp. Volo. Episcopus.

Diaconum oportet, in ecelesia in qua constitutux fuerit, Sucerdoti servi dim divinum perageuti, el præcipue sacran communionem celebranti istere, et in eadem impertienda operam prwbere, eL Sacrus Seripturas, et Homilias in congregatione leger; juventuem Catechismo erudire: laptizare et prædicare, si ad il ab Episcopo admissus fuerit. Præterea oportet eu, ubi ita constitutum fuerit, ægrotos pauperes et infirmos intra parochiam habitantes exquirere, et corum conditionex nomina et domicilia parocho indicare, ut per hortationes ejus parochianorun aut aliorum cléemosynis convenienter reficiantur. Vultis hæc facere libenter et alacriter? Resp, Hoc, cum Dei auxilio, facere volo.

                                Episcopus.

Vltis ad hoc omnem operam conferre, ut vestri ipsorum et familiarum vestrarum mores secundum doctrinam Christi conformetis, et tam vos quam eus, quod ex vobis erit, exemplaria gregi Christi salutaria red- datis? Resp. Hoc, Domino adjuvante, facere volo. 184 REVUE ANGLO-ROMAINE The Bishop. Will you reverently obey your ordinary, and other chief Ministers of the chureh, and them to whom the goverament and chargeis committed over you, following with a glad mind and will their godly admonitions? Answer. 1 will thus endeavour my self, the Lord being my helper. Then the Bishop, laying his hands severally upon the head of every of them, shall say. Take thou authority to execute the office of a Deacon in the chureh of God committed unto the : in the name of the Father, the Son, and the Holy Ghost. Amen Then shall the Bishop deliver to every one of them the new Testament, saying. Take [thou authority 10 read the gospel in the chureh of God, and to preach the same, if thou be thereunto ordinarily commanded #. Then one of them appointed by the Bishop ® shall read the goïpel of that day. Then shall the Bishop proreded to the Communion, and all that be ordere shall tarry and receive the holy Communion the same day with the Bishop. The Communion ended, after the last Collect, and immediately before bene- diction, shall be said this Collect following. Almighty God giver of all good things, which of thy great goodness hast vouchsafed to aecept and take these thy servants unto the office of Deacous ty ehureh : make them we beseech thee (0 Lord) to be modest, humble. and constant in their ministration, Lo have a ready will to observe all spi- ritual discipline, that they having always the testimony of a good cons- cience, and continuing ever stable, and strong in thy Son Christ, may so well use them selves in this inferior office, that they may be found worthy tobe called unto the higher ministries in {y church, through the same th our Saviour Christ : 10 whom be glory and honour, world without end. Amen. And here it must be sheved unto the Deacon, that the must continue in that office of a Deacon the space of a whole year at the least (except fur reasonable causes it Le otherwise seen to hs ordinary) to the intent he may Le perfect, and well expert in the things appertaining to the Ecclesiastical administration : in executing whereof if he be found faithful and diligent, he may be admitted by his Diocesan to ther order of Priesthood.

                      TUE FORM OF ORDERING PRIESTS.

 When the exhortation is ended then shall follon the Communion. And for the

Epistle shall be read out of the twenty Chapter of the Acts of the Apostles, as followet From Mileto Paul sent. to give, than to receive. Or else this Chird Chapter of the first Epistle Lo Timothe. This is a true saying..... received up in glory. After this shall be read for the gospel a piece of the last Chapter of Mathew, as followeth. Jesus came and spake..... the end of the world. Ur else this that folloeth out of the tenth chapter of John. Verily, verily, L say. one fold, and one shepherd. Or else this of the æ2. Chapter of John. The same day at nigt.... they are retained, When the Gospel is ended, then shall be said or sung.

1 4662, licensed by the Bishop himself. ? 1530, putting on a tunicle.

                                              Original from
                                              RSITY OF   MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS 185

                                          Episropus,

                    vestro, et als     superioribus ccclesiæ Ministris, quibus

eura vestri regimenque committetur, reverenter obedire, pis eorum moni- Givnibus omni mentis et voluntatis alacritate ohtemperantes? esp. Ad hoc dabo operam, adjuvante Domino. Dinde Episcopus, super capita singulorum manus imponens, dieat, Arcipe potestatem exsequendi oflicium Diuconi in Ecelesia Dei tit com- missum; in nomine Patris, et Fili, et Spiritus Sancti. Amen, Dinde Episcopus singulis Norum Testamentum tradat. dicens, Accipe potes ù an in Ecelesia Dei, idque el m pra

audi, si tibi hoc ordinate Dinde unus ex eis, ab Episcopo designatus evangelium de tempore lyal. Dinde Episcopus ad Communionem procedat, et omnes_ordinati maneant, at sacram Communionem eodem die cum Episcopo percipiant. Communione perfecta, post ullimam Orationem, et immediate ante Lenedi- ctionem dieatur hæc sequens Oratio.

Omnipotens Deus, omnium bonorum dator, qui pro magna honitate tua bos fumulos tuos ad ofMicum Diaconatus in Ecelesia tua assumere et sascipere dignatus es : Fac eos, quæsumus Domine, modestos esse, bumiles, in ministerio constantes, et promptos ad spiritualis ohservantiam dsciplinæ : ut semper honum estimonium preferentes, in Christo Filio tuo frmi et st el in hoe_ inferiori gradu tam eue se gerant, ut digni inveri potiora in Ecelesia tua ministeria vocentur ; per eumdem Filium tuum Salvatorem nostrum Christum, cui sit gloria et honor per omuia swcula sweulorum. Amen.

He autem indicandum est Diacono, quodoporteit eum in Diaconatu per env integrum (nisi ob causam sufficientem aliter Ordinario visum fuerit) praanere; quatenus in omnibus, quæ ad ministeria evelesiastica pertinent, perfetus sit et satis exercitatus : in quibus exsequendis si fidelis et diligens inentus fuerit, ad ordinem Presbyteratus ab Episcopo proprio admitti poerit, RITUS AD ORDIN DOS PRESBYTEROS

tu echortatione, sequatur Communio. Pro Epistola ex capite vicesimo

Acham Apostolorum hæc legantur : A Mileto autem mittens.. magis dare quam accipere. Aut hoc tertium caput Epistolæ ad Timotheum prima: Fidelis sermo.... assumptum est in ghoria. Postea pro Evangelio legatur pars ullimi capitis Matthæi, prout seguitur: Et accedens Jesus locutus.... ad consummationem sæculi. Aut quod sequitur e decimo enpite Johannis Amen, amen, dico vobis n vile, et unus pastor. Aut hoc e eapite vicesimo Johannis Cum ergo sero esset... retenta sunt. Fiito Evangelio deinde dicatur aut cantetur:

1182, si ad hoc ab ipso Episcopo facultatem susceperis.

SP

186 REVUE ANGLO-ROMAINE

Come, Holy Ghost, ete.

And then the Archdeacon shull present unto the Bishop all them that shal receive the order of Priesthood that day. The Arehdeacon saying.

Reverend father in God, L present unto you these persons present, 10 be admitted to the Order of Priesthood.

Cum interrogation et respontione, ut in Ordine Diaronatus. And then the Bishop shall say to the people.

 où people, these be they whom we purpose,         God willing, 10 r

this day unto the holy office of Priesthood. For after due examination, we lin not the contrary but that they be lawfully called to their function and ministry, and that they be persons meet for the same : but yet if there be any of vou which knoweth any impediment, or notable crime in any of them, for the which he oughtnot to be received into this holy minisiry : now in the name of God declare the same, And if any great crime or impediment be objected, ete. Ut supra in Ordine Diaconatus usque ad finem Litanie cum hae Collecta,

Almighty God, giver of all good things, which by thy Holy Spirit hast appointed diverse orders of Ministers in thy chureh, mercifully behold these thy servants, now called to the oflice of Priesthood, and replenish them so th the truth of thy doctrine, and innoceney of life, that both by word, and good example, the may faithfally serve theein this oflice, to the glory of thy name, and profit of thy congregation, through the merits of our Saviour Jesu Christ : who liveth and reigneth with thee, and the Holy Ghost, world without end. Amen.

Then the Bishop shall minister unto every one of them the oath concerning he Queen's supremaey,as it is set out in the order of Deacons. And that done, he shall say unto them rhich are appvinted to receire the said Ofice, as here- after followeth.

You have heard, brethren, as well in your private examination, as in the exhortation, and in the holy lessons taken out of the Gospel, and of the writings of the Apostles, of what dignity, and of how great importance this office is (whereunto ye be called). And now we exhort you, in the name of our Lord Jesus Christ, t0 have in remembrance, into how high a dignity, and to how chargeable an office ye be called, that is to say, 10 be the mes- sengers, the watchmen, the Pastors, and the stewards of the Lord : 10 teach, 10 premonish, to feed, and provide for the Lord's family : t0 seek for Ch sheep that be dispersed abroad, and for his children which be in the midst of this naughty world, to be saved through Christ for ever. Have always therefore printed in your remembrance, how great a treasure is commited to your charge : for they be the sheep of Christ, which be bought with his death, and for whom lie shed his blood. The church and congregation whom you must serve, is his spouse and his body. And if it shall chance the same church or anÿ member thereof to take any hurt or hinderance, by reason of your negigence, ye know the greatness of the fault, and also of the horrible punishment which will ensue. Wherefore consider with yourselves the end of your ministry, towards the children of God, towards îhe spouse and body of Christ, and see that you never cease our labour, ur care and diligence, until you have done all that lieth in you, according

1 4662, cantatur post examen. 2 1662, Hac tota sectio aliquot tantum verbis in rubrica mutatis ante missam inchoatam adhibetur,

                                            iginal from
                                       UNIVERSITY
                                               OF   MICHIGAN

RITES ORDINATIONUM ANGLICANUS 487

   Veni Creator, ete, !

Deinde Archidiaronus ones qui illo die Presbytevatus ordinem suscepturi sunt, Episropo præsentet, Archidiacono dicente : Reverende in Deo Pater, presento tibi hosce praxentes in Ordinem Preshyteratus assumendos. Cum interrogatione et responsione, ut in Ordine Diaconatus. Deinde Episcopus populum alloquatur Adsunt, dilectissimi, ques in sacrum Sacerdotit officium, Deo volente, hodie assumere statuimus. Nam post debitum exumen factum nibil nobis compertum est, nisi quod in munus illud et ministerium legitime vocantur, et digni sunt qui id suscipiant : sed tamen, si quis vestrum seit ullum impedimentum aut notbile crimen, quod prohibet ne aliquis horum in hoc sacrum ministerium assumatur, nune pro Deo idem declaret. Si autem aliquod grave crimen aut impedimentum obiciatur, etc. ut supra in Ordine Diaconatus usque ad finem Litaniæ cum hac collecta

Omnipotens Deus, omnium bonorum dator, qui per Spiritum Sanctum tuum varios Ministrorum ordines in Ecclesia constituiati : Respice propi- tius hos famulos tuos, in oificium Sucerdotii jum vocatos : et eus doctrinæ tue veritate et vit innocentia ita adimple, ut tam ore quam bono exemplo tibi in hoc ofcio fideliter dexerviant, ad gloriam tui nominis, et ad com- modum congregationis tuæ; per merita Salvatoris nostri Jesu Christi, qui ecum vivit et regnat in uuitate Spiritus Sancti, per omnia wecula spcu- lorum. Amen,

Deinde Episcopus unicuique eorum juramentum de regia supremitate, ut in ordine Diaconatus ezhibelur, præstet. Quo fnito, Ordinandos verbis sequentibus alloquatur

   Audivistis, fratres, tam in private vestri examine, quum in exhorta

tione et in sacris lectionibus ex Evangelio et scriptis Apostolurum desumptis, quanta sit dignitas, quanta gravitax istiux muneris ad quant vocamini, Nune autem iterum hortamur vos, in Nomine Domini nostri Jesu Christi, ut dignitatis ad quam vocamini exeellentiam, curæ et officii onus, in memoria habeatis, Domini enim eritis_nuntit, «peculatores, Pastores eu dispensatores. Vestri rit familim Domini docere, monerr, pascere. curare; Christi etiam oves dispersas, et filiox ejux in medio mun- dan pravitatis habitantes requirere, quetenus per Christum salutem æternan consequantur. Sit ergo vestre semper memoriæ impressum, quantus sit thesaurux vobis commissus. Sunt enim oves Christi, quan morte sua acquisivit, el pro quibus sanguinem suum effudit, Ecclesia et congregatio cui servituri estis sponsa ejus est et corpus. Et si quando eidem ecclesiæ, eut cui ejus membro, damni aliquid aut impedimenti negligentia vestra attulerit, delicti ejusmodi gravitatem satis nostis, et pænam quæ id insecutura est horribilem. Quemobrem vobis conside- randum est, quid spectet ministerium vestrum quond filios Dei, et sponsam atque corpus Christi. Imo videte ne quid laboris, cure, et diligentiw omit- tatis, donec omnem operam pro viribus, sicut vos oportet, dederitis, quo omnes qui curæ vestre aut sint eut fuerint commissi, ad cam in Dei fide

   4 4662, cantatur post examen.

188 REVUE ANGLO-ROMAINE to your bounden duty, to bring all such as are, or shall be commited to your charge, unto that agreement in faith, and knowledge of God, and 1 hat ripeness and perfectness of age in Christ, that there be no place left among you, either for error in religion, or for viciousness in life. Then forasmuch as your office is hoth of so great excellency, and of s0 great difficulty, ye see with how great care and study ye ought to appls vour selves, as Kell that you may shew yourselves kind to that Lord, who hath placed you in so high a dignity, as aiso to beware that neither you çour selves offend, neither be occasion that other offend. Howbeit, ye can not bave a mind and a will thereto of your selves, for that power and ability is given of God alone. Therefore ye see how ve ought and have nerd earnesily to praÿ for his Holy Spirit. And secing that you can not by any other means compass the doing uf so weight a work pertaining to the salvation of man but with doctrine and exhortation taken out of holy Scripture, and with a life agreeahle unto the same; ye perceive how studious ye ought 10 be in reading and in learning the Scriptures, and in framing the manners, both of our selves, and of them that specially pertain unto you, according ta the rule of the same Scriptures. And for this self same cause, ye see how you ought 10 forsake and set aside (ax much as you may) all worldly cars and studies We have good hope. that you luve well weighed and pondered these things with your selves long before this time, and that you have clears determined, by God's grace to give your selves wholly to this vocation, wlereunto it hath pleased Go to call you, so that (as much as lieth in you you apply your selves wholly to this one thing, and draw: all your care and studies this way and to this end : and that you will continuallÿ pr for the heavenly assistance of the Holy Ghost from God the Father, by the mediation of our only mediator and Saviour Jesus Christ, thathy daily res ding and veighing of the Scripture ye may wax riper and strongerin your miuistry; and that ve may so endeavour your selves from time 1 time 10 sanetify the lives of you and yours, and 10 fashion them after the rule ad doctrine of Christ:and that ye may be wholesome and Godly examples and patterns for the rest of the congregation to follow. And that this present congregation of Christ here assembled may also understand your minds and will in those things : and that this y se shall more move you to do your duties, ye shall answer plaialy to these things, which we, in the mame of the congregation, shall demand of you, touching the same. Do you think in your heart that you be trul called according to the will of our Lord Jesus Christ, and the order of this Church of England, to the ministry of Priesthood Ansicer. L'éhink it. The Bishop.

Be you persuaded that the holÿ Scriptures contain sufficiently all doc- trine required of necessity for eternal salvation, through faith in Jesus Christ: And are you determined with the said scriptures to instruct the peuple committed to your charge, and to teach nothing (as required of ne- cessity to eternal salvation) but that you shall be persuaded may be con- cluded and proved by the scripture? Answer, Lam so pérsuaded, and have so determined by God's grace.

                               Thè Bishop.

Will you then give your taithful diligence always, so to minister tbe doctrine and Sacrameuts, and the discipline of Christ, as the Lord bah

                                  UNIVERSITY   OF   MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS ° 189 et cognitione unitatem, et eam ætatis in Christo perfectam maturitatem perducatis, quæ nec erroribus in religione, nec in moribus pravitati, ullum apud vos relinquat locum. Cum igitur ofMicii vestri tanta sit excellentia, tanta difficultas, videtis quantum studi et operæ a vobis adhibendum sit, ut et Domino qui vos in tam alto dignitatis gradu collocavit, gratos vos exhibeatis, et caventis ne ille per vos, nec vobis auctoribus per alios, offendatur. Cum tamen ex vobismetipsis id propositum eamque voluntatem hahere non valetis (a Deo enim solo datur id posse), debetis, quod et ipa necessitas requirit, Sanctum Dei Spiritum studiosius postulare. Preerea, cum non alia ratione tantum opus, ad hominun salutem pertinens, perficere valeatis, nisi doctrina et hortationihus ex Sacra Seriptura desumptis, et rationc quæ cis congruat vivendi, videtis quam diligenter vobis legende sint et ediscendæ Scripture, et mores tam vestri ipsorum quam eorum qui ad vos proxime pertineant, ad Seripturarum normam conformandi : quam necessario etiam, hane camdem ob eausam, oporteat vos studia et sollicitu- dines, quæ de mundo sunt, quantum in vohis erit, prorsus deponere. Magnam profecto spem habemus, vos jamdudur hæc omunia satis animo perpendisse, et certo statuisse vos totos, favente Deo, huic muneri dedi- care, ad quod Deus vos vocare dignatus est: adeo ut, quantum ex vobis erit, ad hoc solum omnem diligentiem adhibere velitis, in hoc omnes curas, omnia studia conferre; et a Deo Patre, per Mediatorrm Jesum Christum, umieum nostrum Salvatore, ca‘leste Sancti Spiritus auxilium indesinenter petere : quatenus, maturitatem in ministerio et vigorem per quotidianam Scripturarum lectionem ct meditationem consecuti, ita enita- mini vestras vestrorumque etiam atque etiam purificare vitas, et ad nognam doctrinamque Christi conformare, ut vestræ pietatis exemplo imitationem plebs acquirat salutarem. Jam vero, quatenus Christi populus hic congregatus quid in hac re sentiatis, quid velitis, intelligat, et promissio jam a vois facienda ad præstandum officièm vestrum eflicacius vos adducat, ad quæstiones quas de his in nomine congregationis vobis proponemus, diserte a vobix est respondendum. Greditis in corde vos vere vocari, secundum voluntatem Domini nostri Jesu Christi, et consuetudinem hujus Ecclesir Anglicanæ, ad ministerium Presbyteratus? Resp. Credo.

                                Episcopus.

Persuasum est vobis,in Scripturis sacris suflicienter contineri omnem doctrinam, ad æternam per fidem in Jesu Christo salutem necessario suscipiendam? Et decrevistis ea quæ ex eisdem Scripturis intelligitis plebem vestræ curæ commissam docere, et nihil tradere tanquam ad salutem æternam necessarium, nisi de quo vobis persuasum fuerit, per Scripturas concludi et probari posse? Resp. a mihi persuasum est, et ita grati Dei decrevi.

                                Episcopus.

Vultis igitur diligentiam semper fideliter adhibere in Christi doctrina, Sacramentis, et disciplina ita administrandis, sicut Dominus præcepit, et 190 REVUE ANGLO-ROMAINE commanded, and as this realm hath received the same, according to the commandments of God, s0 that you may teach the people committed 10 vour eure and charge with all diligence to keep and observe the same? Answer, 1 will so do, by the help of the Lord. The Bishop.

Will vou be ready with all faithful diligence to banish and drive away all rroneous and strange doctrines, contrary to God's word, and to use both publie and private monitions and exhortations, as well Lo the sick, as 10 the whole within your cures, as need shall require and occasion be given? Answer. 1 will, the Lord being my helper. The Bishop. Will you be diligent in prayers, and in reading of thé holy seriptures, and in such studies as help to the knowledge of the same, laying aside the study of the world and the flesh? Answer. 1 will endeavour my self so to do, the Lord bei my helpe The Bishop. Will you he diligent to fi me and fashion our owu self and to the doctrine of Christ, and 10 make both your sel das much as in jou lieth) wholesome examples and spectacles 10 the Mock Of Christ? Ansirer. 1 will apply myself, the Lord being my helper.

                                         The Bishop.

    Will çou mai        and set forwards (ax much as lieth                     à jou) quictness,
                        mg all Christian people; and «pee                      Al among them
      are, or «hall be, committed to your charge?
    Answer. 1 will so do. the Lord being my helper.

                                          The Bishop.

Will you reverently obey your Ordinary, aud other chief ministers, unto whomthe government and charge is committed over you, following with a glad mind and will their godiy admonitions, and submitting your self 10 their godly judgments? Answer. L will so do, the Lord being my help Then shall the Bishop say. Almighty God, who hath given jou this will 10 do all these things, grant also unto You strength and power 10 perform the same, that he may complish his work, which he hath begun in you, until the time he shall come at the latter day, 10 judge the quick and the dead.

After the congregation shall be desired, secret in their prayers, to make humble supplications to God for the foresaid things : for Che which prayers theve shall be a certain space kept in silence 1.

    That done, the Bishop shall pray in this rise.

                                         Let us pray.

Almighty God ad heavenly Father, hich of thine infinite love and goodness toward us hast given to us thy only and most dear beloved Son desus Christ. 10 be our redeemer and author 6f everlasting life : who, after he had made perfect our redemption by his death, and was ascended into heaven, sent abroad into the world his Apostles, Prophets, Evangelists,

    1662, Hoc loco        cantatur Hymnus Veui L'reutos.




                                                         Original from
                                                         RSITY OF   MICHIGAN

lc regnum eadem suscepit, secundum manda! cure vestre rommiseum doceatis eadem omnià Rep. Volo hoc facere, cum Domini auxili

                                              Episeupus.                                     :

Part ertis amovere atque depellere, vmni fidelitate et diligentia, es falsas et alienas doetrinns, verbo Dei contrarias; et Lam sgrotantes sam bene valentes, intra parochias vestras habitantes, si quand res pstulet, ant occasio data sit, monitionibus et publicis et priv adhortari? Rep. Ad hoc, adjuvante Domino, paratus er0. Episcopus. Yulis instare orationi, et lectioni sacrarum Seripturarum, eisque stu- dis que cognitioni earum inserviunt, studio mundi caruisque seposito? Rap. Ad hoc, adjuvante Domino, adhibebo diligentiam. ;

                                              Episcopus.

Yalis operum dare ut vosmetipsos et familias vestras seeundum Christi setrinam conformetis, et quod ex vohis erit,exemplaria gregi Christi salue lai reddere? Rep. Ad hoc, adjuvante Domino, operam dabo.

Valts, quantum ex vohis eri os, cusque pi pue

si cure vestræ sint aut fuerint commissi, tranquillitat n, pacem, e4 cha tatem couservare et promovere ? lp, Volo, adjuvante Domino. Episropus. Yaltis Ordinario vestro, et aliïs superiorihus Ecclesiæ ministris, quibus à vestri regimenque committetur, reverenter obedire, plis eorum, moni- Gnaibus omni mentis et voluntatis alacritate obtemperantes, vosque piis «orum judiciis submittentes ? Rap. Volo, adjuvante Domino.

                                 Deinde Episcopus dieut :

Ouvipotens Deus, de eujus munere venit ut luc omnia facere velitis, Sirutem etiam ad ea exsequenda vobis concedat, ut opus suum quod it bis cwpit perfciat, donec novissimo die advenerit ad judicandum vivos “tmortuos.

Dinde rogandus est populus, ut he omnia secreto orationibus suis a Deo

plier exposeat. Quod ut faciat, per aliquantum temporis sileatur !.

Ltée, Hoc loco cantatur Hymnus Veni Creator.

                                Posteu sie oret Episeopus:

                                              Orenr

Onuipoiens Deus, Pater cuslestis, qui ex infinita tua caritate et honitatee

192 REVUE ANGLO-ROMAINE

Doctors, and Pastors, by whose labour and ministry he gathered together a great flock in all the parts of the world, to set forth the ctrrnal praise of ty holy name : for these so great benefits of thy eternal goodness, and for that thou hast vouchsafed Lo call these thy servants here present to the same office and ministry of the salvation of mankind, we render unto tee most hearty thanks, we worship and praise thee. and we humbly be- scech thee by the same fhy Son, 10 grant unto all of us. which either here or else where call upon thy name, that we may shew our selves thankful to thee for these and all other thy benefits, and that we may daily increase and go forwards in the knowledge and faith of thee, and thy Son, by the Holy Spirit: so that as well by these thy ministers, as by them 10 whom they shall be appointed ministers, thy holy name may be always glorified, blessed kingdom enlarged, through the same thy Son our Lord Jesus Christ à while Tiveth and relgneth with thee, in he unity of the same Holy Spirit. world without end. Amen. When this prayer is done, the Bishop with the Priests present shall lay their hands severally upon the head of overy one that receiveth orders; (he receivers humbly Hneeling upon their knees, and the Bishop saying. Receive the Holy Ghost ! : whose sins thou dost forgive, they are for- given; and whose sins thou dost retain, they are retained : and be thou a faithful dispenser of the word of God, and of his holy Sacraments : In the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Ghost. Amen. The Bishop shall deliver to every one of them the Bible in his and, saying Take thou authority to preach the word of God, and 10 minister the holy sacraments in (his congrégation, where thou shalt be s0 appointed. When this is done, the congregation shall sing the Creed, and also they shall 90 lo the Communion, irhich all they thut receive orders shall take together, and remain in the same place where the hands were laid upon them, until such time as they have rereived the Communion. The Communion being done. after tke last Collect, and immediately before the benediction, shall be said this Collert. Most mereiful Father, we besoch thee 0 to send upon these thy ser- vants thy heavenly hle hat they may be clad about with all justice, and that thy word spoken hy their mouths may have such success, that it may uever be spoken in vain, Grant also that we may have grace (0 hear, and reveive the same as ty most holy word, and the mean of our sal tion, that in all our words and deeds we may seck thy glory, and the in- creuse of thy kingdom. through Jesu Christ our Lord. Amen. And if the Orders of a Deacon and Priesthood be given both upon one day then shall all things at the holy Communion be used as they are appointed at the ordering of Priests. Saving that for the Episile, the wohole third Chapter of Le first to Timothe shall be read as it is set out before in the order of Priest. And immediately after the Epistle, the Deacons shall be ordered. And it shall sufice (he Litany to Le said once !.

14662, Receive the Holy Ghost, for the Office and Work ofa Priest in he Church of God, now committed unto thee by the imposition of our hands. 2 1550, The Bishop shall deliver lo every one of them the Bible in (he one hand, and the Chalice or Cup with the Bread, in the othe and, and say. 1 4662, Haec plenius et accuratius oxplanantur.

        (A suivre.)

                             Le Directeur-Gérant: FERNAND PORTAL.
             PARIS,   — IMPRIMERIE F, LEVÉ, RUE CASSETTE, 7