Divers (collection CIRS) · document-de-reference · 1 janvier 1896

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Post-Vatican II etude-privee
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1e ANNÉE LE 4 JANVIER 1896

                           REVUE

ANGLO-ROMAINE

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                           SOMMAIRE

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                    Livres et                                       23
          Docu | Ritus     Ordi




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  DANS LA CONSÉCRATION DES ÉVÈQUES

Travail Lu à l'Ecole de Théologie de Cambridge le lundiÀ nov. 1895

                parle rer. TA. Larey. M. A. Oxo.

Je me propose de vous présenter, pour les comparer ensemble, quelques-unes des diverses formes qui ont été en usage dans ln Sécration des évêques. Je ne soulèverai aucune question touchant l'origine du sacerdoce chrétien; je le prendrai tel que nous le trou sons finalement développé dans la pratique de l'Église. Mais, pour le but que je me propose, il ne sera pas possible non plus de remonter jusqu'à l'époque où, pour la première fois, ce développement fut atteint. En réalité, nous n'avons pas de preuves évidentes que la forme de l'ordination telle qu'on la pratique actuellement soit anté rieure au vr siècle. Mais un rite datant de cette époque, rite ayant atteint alors son développement complet, rite bien établi et n'ayant subi ni dans la matière ni dans la forme aucun changement récent, un tel rite nous sera venu à coup sûr et pratiquement, sans aucune modification appréciable, d'une époque bien antérieure. Cependant, il ne serait pas sage, en l'absence de toute preuve évidente, de lui attribuer une haute antiquité. Beaucoup de prudence est également requise lorsqu'on attribue couramment un semblable caract d'antiquité aux rites des Églises orientales séparées. Quelques-uns de ces rites, qui sont identiques avec ceux que l'on trouve dans les livres d'office de l'Église orthodoxe, sont quelquefois considérés comme étant nécessairement antérieurs à la séparation des Églises, ce qui nous reporterait ainsi au moins au v° siècle. Cette conclusion repose sur cette opinion que, dans aucune circons- lance et à aucun degré, les Églises orientales n'auraient consenti à faire d'emprunts mutuels; et celte opinion a son fondement dans l'histoire des églises d'Orient ainsi que dans cet antagonisme obstiné qui a prévalu durant le cours des siècles. Pendant les six premiers siècles de l'ère chrétienne, les rites de l'Église étaient dans leur période de formation, mais nous ne pou- RUE AXGLO-ROMAINE, — 7: 1, — 13.

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vons pas remonter beaucoup au delà des formes contenues dans les livres primitifs qui sont parvenus jusqu’à nous. Les divers rituels et liturgies n'étaient alors ni comparés ni édités, ils ne soulevaient aucun commentaire; aussi avons-nous seulement les copies qui ont survécu de livres d'office alors en usage et c'est la- dessus que nous désirons nous baser. Il ÿ a une importante exception à celle règle générale. Les huit livres des Constitutions apostoliques contiennent une courte description des ordinations pour les différents degrés du ministère sacré et une prière appropriée qui doit être dite. Dans sa forme existante, on ne peut pas dire que notre rituel an- glican soit original ;ila été édité avec une pensée littéraire et probable- ment dans un but de controverse. Mais ce dont personne, je pense, n'a jamais douté, c'est qu'il représente généralement avec exactitude les cérémonies et les rites d'une époque primitive mais indéterminée. A quelle époque et à quelle partie de l'Église ces rites se ratta- chent-ils? La complète diversité des rites actuellement en usage nous défend de supposer qu'il y eut à l'origine un rituel presque uniforme pour toute l'Église, rituel que les Constitutions apostoligues seraient censées représenter. Le seul rite existant qui renferme une prière analogue à celle qui est rapportée dans les Cons/ifutions est le rite en usage chez les Coptes. Est-ce là l'ancienne coutume d'Alexandrie et est-ce de là que l'auteur des Constitutions a tiré ses matériaux ? On peut considérer comme établi que cet auteur était grec syrien et vivait au 1v° siècle. Il est assez difficile de comprendre pourquoi il aurait plutôt choisi Alexandrie, En réalité, l'œuvre qu'il avait à faire devait le conduire à regarder un peu de divers côtés. Son intention était de faire passer son travail comme l'original écrit par saint Clément de Rome. Il avait certainement en main, ainsi que le remarque Lightfoot le travail original de saint Clément lui-même. L'attribution des Constitutions apostoliques à saint Clément, dit Lightfoot, peut venir de quelque tradition véridique qui le représentait comme ayant pris part à la formation du rituel de l'Église‘. Mais de quelle Église? De l'Église romaine. Désirant faire passer son travail pour celui de saint Clément, l'auteur y eût incorporé autant que possible les formules en usage dans l'Église romain. Les formules de bénédiction dont on se sert actuellement à Rome pour conférer les ordres n'étaient pas impossibles à trouver, el lors- que l'auteur les donne catégoriquement comme une tradition venue des apôtres et reprise par saint Clément, il est difficile de supposer que ce soit d'autres formules que celles-là ?. 1 Lightfoot, Saint Clément of Rome, p. 210. 2 J'avais déjà écrit ces lignes lorsque M. Brightman de Piusey Howse, Oxford, à appelé mon intention sur ce fait qu'une prière qui semble étre l'origine de celle que l'on trouve dans les Comtituions, est rapportée dans les Canons d'Hippolyte

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Je commencerai donc par les Constitutions apostoliques. Je ne trouve aucun autre document d'une authenticité bien élablie et qui sit antérieur au 1v° siècle. À partir de celle époque, les dreuments commencent à être nombreux. J'indiquerai ce que vaut le fuel des Conslitutions; quant aux autres, je m'en liendrai aux formes actuellement en usage, et comme j'ai plutôt en vue de faire une comparaison que de soulever un point d'histoire, je ne me sentirai pas obligé d'observer de près l'ordre chronologique. Suivant les Constitutions, après que l'assentiment du peuple tou- ant la dignité de l'élu, a été obtenu, un des premiers évêques (ais <üv sgrur Emoxéru) accompagné do deux autres, el se tenant prés de l'autel, ricie une formule de bénédiction, tandis que les diaeres tiennent le lire des Évangiles au-dessus de la tête de celui qui va être ordonné “5 jagrommére). De cette formule ou prière qui, telle qu'elle sise dans le texte reçu des Constitulions, est assez connue, on peut iouver dans certains livres une autre rédaction sous une forme dus courte !, Cee seconde rédaction peut indiquer ou que la prière a été rédigée à nouveau par le même auteur, ou au contraire que Cest la source première à laquelle l'auteur des Uonstitutions serait venu puiser. Dans les deux cas, l'existence de cette double rédaction implique ce fait indubitable, c'est qu'à l'époque où les ouvrages de sat Clément furent, pour la première fois, divulgués, les prières mliques de l'Église n'étaient pas encore fixées. Les principaux Piats étaient sans doute établis par la tradition, mais tout le reste

“tit sujet à changements. Quant à la teneur de cette prière, j'aurai äen parler plus loin.

Jobserve ici, tout d'abord, l'imposition des Évangiles par les dires. Dans tous les autres rituels connus de l'Église, et à part deux cxplions significatives, le livre des Évangiles, si toutefois l'on en fit usage, est tenu au-dessus de la lète de l'élu par les évêques

onsécrateurs eux-mêmes. Je note en second lieu qu'il n'est fait æeune mention de l'imposition des mains. Est-ce là un fait acciden- 1 Je pense que cette manière de voir ne peut être que diff simise. Dans les autres ordinations décrites dans les Conséitutions,

‘ele cérémonie est expressément ordonnée. Pourquoi, dans le cas

An). Mais ces canons représentent, suivant jinion généralement admise un dorament romain original, d'uno époque primitive. {le dois à M, Brighuman l'information suiranto La uste grec de cetio seconde rédaction est reproduit par Lagarde, dans l'argeintitulé Hippolyti Romani quæ feruntur omnia Græce (Lips. et Lond. 1858). Ce txt est contenu dans les. Aurrdteig rüv ärluv 'Amoorôer dx ‘Irmohisen 12. 1339. Une traduction d'ano version éthiopienne de la mème prière est donnée ‘ss Ladolfes, ad su Historiam æthiopicam Commentarius Francfort, 1691, parmi *Slatuta Apostolorum, pp. H4-358. Un autro texto grec est donné par Achelis, : Canones Hippolyti, dans l'ouvrage de Gebbard et Harnach, Ter£e und Uner- cllungen, VL 4, pA43. C'est de ce texte quo j'ai fait des extraits plus haut.

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196 REVUE ANGLO-ROMAINE qui nous oceupe, l'aurait-on passée sous silence? Plus loin, on va jusqu'à décrire la position même du eonsécrateur. Il devra se tenir debout près de l'autel (Rhnsier 35 Wusasrgieu), mais aucune mention n'est faite de la position de l'élu qui va être consacré. Nous avons en plus — en dehors des deux exceptions auxquelles j'ai fait allusion — un autre contraste saisissant dans la consécration des Papes de Rome et d'Alexandrie. Puis j'examinerai l'ancien rite romain, que nous arrivons à bien connaître en lisant attentivement l'Ordo romanus et le Sacramentaire grégorien. 11 semble pleinement établi que tous les évêques des sièges suburbicaires étaient consacrés par le Pontife romain seul, ce qui constitue une exception remarquable à l'usage admis partout ailleurs. Dans ces consécrations, on n'employait pas le livre des Évangiles. La consécration avait lieu lé dimanche, l'examen soleu- nel ayant été subi par l'élu la veille de la cérémonie. Après l'Épitre, l'archidiacre, assisté des sous-diacres et des acolytes, introduisait l'élu et le Pontife, annonçant et confirmant son élection, disait: « Oremus pro eodem viro ut Deus et Dominus Noster Jesus Christus tribuatei cathedram episcopalem ad regendum Ecelesiam suam et plebem wni- versam. » Puis suivait le Kyrie eleison. Alors le Pontife, posantsa main sur la tête de l'élu, récitait tout d'abord la collecte « Propitiare Domine », puis la longue bénédiction « Deus honorum omnium » qui a survéeu avec quelque modification dans le Pontifical romain en usa aujourd'hui. Cette prière terminée, le baiser de paix était donné el la Messe continuait. Le nouvel évêque, en recevant la communion, recevait aussi une certaine quantité d'espèces consacrées qu'il devait garder pour communier durant quarante jours. Telle était la consécration d'un évêque à Rome, par le Pape. Mais quand le Pontife romain était lui-même consacré, le rite était cousi- dérablement modifié. Aucune cérémonie de présentation de l'élu à un supérieur qui l'aurait reçu, n'était faite, Le futur Pontife venait près de l'autel, accompagné de tout l'ensemble du clergé et, après s'être prosterné en prière, il était conduit par les évêques présents et placé entre l'autel et le trône. Cette cérémonie, bien entendu, avait lieu dans l'abside. Alors tandis que les diacres* tenaient au-dessus de sa tête le livre des Évangiles, un premier évêque, s'approchait, récitait une prière et s'en allait. Un second répétait la même cérémonie. Enfin un troisième s'approchait et le consacrait. Nous pouvons difficilement penser que celte cérémonie signifiât autre chose que la récitation de Ja prière consécratoire qui, d'après les livres arrivés jusqu'à nous”, était le Deus lonorum omnium avec une modification vers la fin, appropriée à la prééminence toute spéciale du Pape. Alors le

! Mabillon, VIILIX.. 3 Il est fait mention de ceci dans le Liber diurnus.

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Pontife nouvellement consacré commençait lui-même la messe el donnait la communion à lous ceux qui étaient présents. Personne ne manquera d'être frappé de la ressemblance de ce rite avec celui des Constitutions. Aueune mention n'est faite de l'imposition des mains; les diacres imposent les Évangiles; la position qu'occupent les évêques consécrateurs parait être semblable. Avons-nous alors dans les Constitutions une représentation du rite romain tel qu'il était en usage dans la consécration du Pape? L'imposition des mains n'avait-elle pas lieu alors dans la consécration du Pontife romain? C'est là un intéressant problème. I ÿ a une diiculté dans l'essai d'assimilation des deux rites, c'est la différence iolale des prières employées. Je vais m'arrèter brièvement sur ce point.

Comme comparaison, je me servirai du rite d'Alexandrie que nous retrouvons presque intact encore aujourd'hui chez les Coptes. Dans la forme actuelle de la consécration du patriarche, telle qu'elle est décrite par Renaudot et Denzinger, la bénédiction qui, ainsi que je l'ai fait ressortir, se rapproche beaucoup de celle des Constitutions, est, pour ainsi dire, enfouie au milieu d'une série de prières, de leçons, de canons, avec l'imposition des mains souvent répétée. Le Livre des Évangiles est par trois fois élevé au-dessus de sa tête, immédiatement avant la bénédiction. D'après une autre description

de la cérémonie, le Patriarche, une fois consacré, lit dans l'Évangile de saint Jean le passage contenant ces mots : «Je suis le Bon Pasteur », etes paroles étant trois fois répétées, le doyen des évèques présents

pose à chaque fois le livre dés Évangiles sur la tête du nouveau consacré. Les divers récits que nous avons de ces cérémonies sont ès confus et il est probable que certains détails compliqués sont d'rigine récente. Mais l'Église Copte d'Alexandrie conserve encore une autre ancienne coutume. Le Patriarche seul est consacré avec l'imposition des Évangiles ; tous les autres évêques sont consacrés par le Patriarche avec imposition des mains seulement. C'est là un point qui rappelle l'usage romain, une circonstance qui n'est tullement surprenante, si l'on considère les étroites relations qui missaient les deux Églises jusqu'aux jours néfastes de Dioseurus, si Ton se souvient du parallèle déja établi entre elles par les Pères du Uncile de Nicée. Mais il existe des Lraces en Égyple d’une ressem- blance encore plus significative avec le rite romain. Certains canons cuples, dont l'antiquité ne saurait être mise en doute, parlent tout d'abord de la consécration des évêques par l'imposition des mains, et ensuite, traitant de la Consécration du Patriarche, ils ordonnent que les diacres tiennent au-dessus de sa tête le livre

des Évangiles, tandis qu'aucune mention n'est faite de l'imposition

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198 REVUE ANGLO-ROMAINE des mains!. Cela revient à dire que ces canons coptes indiquent une coutume répondant exactement à l'ancien cérémonial romain et au rituel des Constitutions. Considérons maintenant les usages des autres Églises. Les rites romains furent, pendant plusieurs siècles, locaux et particuliers. Dans la plus grande partie de l'Église d'Occident, on trouve comme ayant prévalu des rites divers et variant dans certains détails secon- daires, mais suffisamment semblables cependant pour pouvoir être groupés par les ritualistes sous le nom générique de « gallicans ». À ce groupe appartiennent les règles pour les ordinations que l'on attribua longtemps au quatrième Concile de Carthage et qui sont encore quelquefois cités sous le nom de canons pseudo-carthagi- nois?. Nous y trouvons un examen approfondi de l'évêque élu contenant pour ainsi dire les germes du Credo d'Athanase et une référencer à certaines opinions qui se propagèrent dans le sud de la Gaule, vers la première partie du vr' siècle. Vient ensuite une courte indication : Episcopus cüm ordinatur, duo. Episcopi ponant et teneant Erangeliorun codicem supra caput et cervicem ejus, el'una supra eum fundente benedictionen reliqui omnes Episcopi qui adsunt manibus suis caput ejus tangant. Nous trouvons là un cérémonial donnant une fonction à remplir à tous les vèques présents. Deux tiennent le livre, un troisième récit prières de la bénédiction, les autres imposent les mains, et je ne vois pas pourquoi nous n'aurions pas le droit de tenir pour certain que la chose se passait ainsi, Quant aux paroles de la bénédiction, nous devons nous reporter aux Sacramentaires. Mais aucun livre connu ne donne un rite purement gallican pour les ordinations. Le plus vieux est le Missalo Francorum que Morinus prit comme ayant été écrit pour l'Église de Poitiers vers le milieu du vi siècle.

1 Tattarm, Les Constitutions apostoliques et Les Canons des apôtres in Copli., pp. 3%, 829, où 114 4 39. On los trouvera également dans Lagarde + 4) Canones Ecelessiastci, xxxt, À, 2 Ægypliaca, p. %8, L'évêque sera ondonnt suivant la parolo que nous avons dite aupararant, aÿant 816 choisi parmi la mule titnde et étant exempt de toute faute, Quand cet homme # qu'il plait au peuple. Les prêtres et les diaeres se réunissent le jour du Seigneur, avec le consentement de tous les évéques; lorsque coux-ci ont posé leurs mains sur l'élu, les prêtres aussi so tenant debout et près de lui, tous alors devront rester silencieux et prier dans leur cœur que le Saint-Esprit descende sur lui. Et un des évêques étant choisi, tous se tenant debout, celui-ci devra posor ses mains sur celui qui va être fait évéque et prier sur lui. B) 1bid. LXIV, 6, ægypliaca, p. 214. Etun des principaux évêques prendra avec Jui deux autres évéques; tous les évéques se tenant debout présde l'autel, priant en silence avec les prêtres, tous les dincres aussi tenant les saints Évangilei qui doit être ordonné; et l’Évêque priert

Je suis redevable de la vérification et de la traduction de ces canons, à M Forbes Robinson de Chrisf's College Cam! ? Rapporté par Duchesne, Origines, ct Gasparri De sacror ord. comme Statula Ecclesiæ antiqua.

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De plus récents critiques le placent à la fin du vi. Il n'est pas d'ailleurs sans quelque mélange des formes romaines, mais Le degré en est difficile à déterminer. Nous y trouvons tout d'abord une Eshorlatio ad populum dans laquelle la vacance du siège et la nomina- lion d'un nouvel évêque sont annoncées et où le peuple est invité à exprimer son assentiment en répondant : Dignus est. Viennent ensuite deux collectes, l'une étant le Propitiare Domine déjà mentionnée comme existant dans le rite romain, tandis que l'autre £raudi, Domine, Suyplicum preces, ete, a passé avec quelques modifications dans le Pontifical romain moderne. Ces collectes sont suivies d’une prière appelée. Coflectio qui est une sorte d'oremus prolongé, tel que ceux qui étaient si fréquents dans la liturgie gallieane et qui sont représentés dans les services du Ven- drdi Saint du Missel romain. Nous avons alors, sous le titre Conse- cat, la prière Deus honorum omnium, telle qu'elle existe dans le Sacramentaire grégorien mais ave un long passage en plus. Ce pas- sage commence ainsi : Sin£ speriosi munere tuo pedes eorun * ad erange- lmndum pacem. Que dirons-nous de cette addition? Elle s'enchaine si lien avee le reste de la prière que nous pouvons difficilement la regarder comme une intercalation. On la trouve dans le Sacramentaire gélasien bien qu'elle ne soit pas dans le grégorien. Dans les derniers livres, d'origine gallicane, tantôt elle est présente 4 lantôt absente. Fut-elle incorporée par hasard dans les livres ro- mains eux-mêmes et a-t-elle ainsi survécu dans le Pontÿical moderne? Alonsnous conclure que la plus longue des deux rédactions est l'ori- finale etque la plus courte, tirée du Sacramentaire grégorien, en est l'a brégé? Duchesne? incline vers cette conclusion,considérant que la plus longue rédaction est la forme romaine primitive. Je reviendrai brièvement sur ce point dans un but spécial. Il west pas dans mon sujet de tracer l'adoption graduelle du Filuel romain dans les Églises gallicanes. Le Sacramentaire grégorien fül envoyé par le pape Hadrien dans le but de compléter le premier, Mais il est à remarquer que le rite romain, à mesure qu'il se répan- ‘hit au delà des Alpes, adoptait certaines formes gallicanes, princi- lement dans les cérémonies de l'ordination, Il en résulta une fasion des deux rites, mais il est difficile de déterminer quand vumença celle fusion et quelles parties du Pontifical romain dhivent être considérées finalement comme ayant une origine gal- line.

 Le pluriel se retrouve partout comme s'il s'agissait de la consécration de

Hiasieurs évêques en même temps, co qui indiquerait, ainsi que le remarque Dachesne (Origines, p. 364), un usago romain plutôt que gallican. 4 Origines, p. 34:

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200 REVUE ANGLO-ROMATVE Tous les livres récents contiennent le Deus honorum omnium, soit dans la forme la plus longue, soit dans la forme la plus courte. Mais a une autre prière du même genre qui appelle l'attention, atten- tion qu'elle n'a pas encore oblenue, à ma connaissance du moins. Dans certains Pontificaux du 1x° et du x°siècle il y a une ronseeratin laissée au choix, commençant par Pater sante, omnipotens Deus‘. Quelle est celte prière et d'où est-elle dérivée?On la trouve, uniquement que je sache dans les livres suivants: le Missel de Robert de Jumièges: le Coder Reolli qui fut écrit pour l'abbaye de Corbie au x sièck un livre écrit pour l'abbaye du Bec imprimé par Martène avec sou ordo XI; un autre écrit pour Tarantaise qui est l'ordo XTZ4I de Martène et qui se trouve dans le Missel de Leofrie ?. Généralement celte prière suit le Deus honorum omnium et est intitulée simplement alia super episropum. . Ainsi intitulée, elle peut être soit une prière additionnelle, comme je l'ai appelée après Morin, une Conseeralio ad libitum. Le Missel de Leofric laisse celle question sans la résoudre. Le Pal Sancte y apparait comme la Conseratio, et le Deus honorum, vient ensuite comme Alix Conserratio. Quelle est l'origine de cette Conseeratio ad libitum? Les livres dans laquelle on la trouve appartiennent ous au rite romain. Le Missel de Leofric dans lequel elle occupe la première place est sous d'autres aspects un exemple d'une pureté remarquable du Sacramentaire grégorien. Que fait là celte prière comme alternative avec le Deus honorum emnium ? Tout en réfléchissant sur le sens de cette prière, je fus frappé par une certaine ressemblance qui existe entre certains de ses termes et ceux qui sont employés dans les Consécrations épiscopales selon les Constitutions apostoliques. C'est dans la première partie que les diverses prières consécra- toires d’un usage connu dans l'Église diffèrent le plus apparemment; la partie où se trouve la demande du secours de la grâce, bien que variant dans l'expression, est cependant toujours établie sur le même modèle. Mais, dans ces deux prières que je compare en ce moment, le commencement est basé chez l'une et chez l'autre sur les mêmes principes. Toutes les deux commencent par une allusion à la création, Le texte grec des Constitutions contient un long préambule sur le

1 Appendix, ÿ.

en 188

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lieu ineréé, source de loules choses et qui cependant, d'après la plus courte version est seulement représenté par ces mots € qui connait toutes choses avant leur origine ». Le texte latin se reporte à la promesse faite à Abraham, comme fondement de l'Église, de jouir de la compagnie des saints. Le texte grec parle de la race siinte qui est sortie d'Abraham. L'un et l'autre représentent les lois données à l'Église comme for- want partie intégränte de sa constitution! dans la demande du secours.

Qu'avons-nous là? Des ressemblances et des coïncidences qui, élls ne sont pas nombreuses, sont du moins significatives, étant donné qu'elles se trouvent dans ces deux prières landis qu'on en chercherait en vain dans toute autre formule employée pour la consécration des évêques. Comment expliquerons-nous celte ressem- lance entre l'ouvrage d'un grec syrien du quatrième siècle et ceriins rituels latins du J'ofre l'explication suivante. J'ai déjà mentionné quelques-unes des ns qu'il y a de considérer les ordinations clémentines e représentant l'usage de l'Église romaine, la principale difli- culté étant toutefois la différence qui existe entre les formules de

bénédiction. À mon avis, la prière Pater sancte omnipotens Deus est la ensaratio originale du pur rite romain, survivant dans quelques livres, à côté du Deus honorum. Quant à la dernière prière, je pense

quelle fut introduite postérieurement, ayant été empruntée, comme tant d'autres, au rite gallican. L'hypothèse que le Deus honorum est d'origine gallicane résoudra

1Je mettrai ici les deux textes en vis-à-vis. Le latin est tiré du Missel de Leofre. Le grec est celui de la courte version selon Achelis.

“0 Eu wat ravie +09 Kupiou fpüv Pater sancte, omnipotons Deus, Qui “he Xp, à mag tv obespquüs per Dominam nostrum Jesum Christum vai dei réone ragattioun, à &v mots ab initio cuncta formasti, et postmodum si al à rartiva égogä, 6 qwvdse in fine tomporum, secundum pol nu 1 mére mgir yévéssux, 5ù à Bobe tionem qua Abraham Patriarcha nos ns bndualas Ua ya Jépuihe su ler acceperat, Ecclesiam quoque sanc- éxrmpians à êm” ape Yo Blnaey torum congregatione fundasti, ordinatis 'MMpañs, épyorexe nai lapsïe xara- rebus por quas legibus a te datis, dis- né, 58e éyiagä gov ph rats ciplinæ religio regeretur; presta, etc. Barségreen, à né xarabodis xbapou Cas br le Agariau Botaobinas mad valu ne de

Je fais remarquer que le mot àgoue qui paraît avoir gêné certains traducteurs ‘st expliqué par les mots Leyibusa ée datis du textelatin, de la grâce qui estindiquée sasuite; je noterai une simple coïncidence do mots, mais ello est saisissant. Au même endroit et se correspondant exactement dans les deux textes le grec Sat Sy éyia o8u rom, le latin, pas cere oves fuas, c'est Là une manière do rappeler la mission confiée à saint Pierre que je ne trouve nulle part ailleurs si ce s'est dans ces deux prières et dans le rite copte.

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la difficulté émanant de sa double rédaction dont j'ai parlé plus haut. Si, avec Duchesne, nous supposons que la plus longue version est la forme romaine originale, comment expliquerons-nous sa rédaction dans les sacramentaires léoniens el grégoriens? Nous devrons alors conclure que les Églises gallicanes des sixième et septième siècles ayant adopté la formule romaine la conservèrent dans son intégrité avec plus de soin que l'Église romaine elle-même, et que l'Églis romaine, ayant perdu une partie intégrante de son propre sacramen- taire pour la consécration des évêques, le retrouva intact au-delà des Alpes. Supposez, au contraire, que la prière soit d'origine gallicane etil n'y aura plus aucune difficulté. Le rite romain l'aura emprun! tout d'abord sous sa forme abrégée, puis dans son entier. Est difficile de concevoir l'Église romaine empruntant ainsi à l'Église gallicane ? Mais pour les ordres mineurs, ÿ compris le sous-diaconat, toute la forme de l'ordination —rites et cérémonies — fut transférée du rite gallican au rile romain, remplaçant ainsi l'ancien usage romain. C'est peut-être plus surprenant, mais cependant pas impos- sible à supposer, que de faire remonter à une semblable origine les formules employées pour les ordres sacrés. Nous ne devons pas considérer comme une difficulté l'absence de la prière Pater sancle de la grande majorité des livres romains. À part le Sacramentaire léonien que les Ballerini ont démontré n'être qu'une simple compilation privée et d’une autorité contestable, Lous sont imprégnés d'éléments étrangers et sont d'une époque compa- rativement récente. Le Sacramentaire que l'on appelle gélasien est saturé d'éléments gallicans. Le Sacramentaire Grégorien du Pape Hadrien appartient à la fin même du huitième siècle. À celte époque le Deus honorum était incontestablement la véritable forme de consé- cration dans l'Église romaine. Je considère le Pater sancte comme datant d'une époque bien antérieure, du temps de saint Grégoire, au moins. Comment alors expliquerons-nous qu'il ait survécu dans des livres du dixième et du onzième siècle? Je rappelerai ce fait, c'est que le rite romain avait déjà fait une incursion par delà les monts avant la décadence définitive du rite gallican. La mission de saint Augustin de Cantorbéry l'eût certainement introduit en Angle- terre et, élant données les circonstances de la conversion de ce pays, il doit, en fait, avoir introduit certains éléments gallicans du type irlandais; cependant le triomphe des usages romains sous Wilfrid et Théodore était si complet que le rite de l'Église d'Angleterre se caractérisa comme entièrement romain. Partie d'Angleterre. la mission de saint Boniface et de ses compagnons répandit un esprit

4 Jci je traite seulement de l'épiscopat, mais si mon hypothèse est correcte, nous devrons trouver aussi bien dans les Constitutions apostoliques les bénédictions romaines originales pour la prétrise et le diaconat.

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romain très prononcé dans la Gaule orientale. Aussi la plupart des livres qui contiennent le Pater sancte ont-ils quelque connexion avec l'Angleterre. Le missel de Robert de Jumièges fut écrit à Win- chester. Le Codez Raloli fut probablement écrit en Angleterre. L'abbaye du Bec avait des relations étroites avec l'Angleterre. Le Missel de Léofric fut écrit dans la Lorraine orientale, alors que les traditions de «int Boniface étaient dominantes. Et, en m'aventurant plus loin dans le domaine des suppositions, j'émettrai celle idée que le Sacra- mentaire romain contenant la prière Pater sance fut importé en Angleterre au temps de la conversion de ce pays par saint Augustin, alors que partout ailleurs au nord des Alpes, le rite gallican était encore florissant; je dirai encore qu'à l'époque suivante, quand commença la diffusion du rite romain, la prière gallicane Deus hono- ram S'y introduisit et qu'enfin les autres Églises qui avaient reçu l'ancien rite le conservèrent avec un soin jaloux, pour un temps du moins eL pour s'en servir ad libitum. de vais maintenant rétablir mon hypothèse : je suppose tout d'abord que la forme qui existe dans les Constitutions apostoliques représente dans ses grandes lignes laconseeratio de l'Église romaine alors qu'elle “ait encore mal définie, peut-être pource motif que le grec. était encore le langage liturgique ; je suppose en outre que la prière Pater sancte représente la forme adoptée au temps de saint Grégoire, el je suppose enfin que la prière gallicane Deus honorum y a été substitué dans la suite. de me suis écarté bien loi de mon sujet mais dans le but de forti- fier l'identification que j'av s faite du rite des Constitutions avec celui de l'Église romaine, de jetterai maintenant un coup d'œil rapide sur les rites orientaux. Chez les Grees la consécration des évêques a peu ou point changé, depuisle vrr siècle au moins. Elle est si exactement semblable dans le rite slavonique que, ainsi que j'en fus informé il y a quelques jours par le chapelain de l'ambassade de Russie, les évèques grecs ‘russes peuvent prendre part simultanément à la cérémonie, en ofciant chacun dans leur propre langue. La consécration prend place après le Trisagion, avant la lecture de l'Épitre. La première cérémonie est celle qui est la plus aractéristique du rite grec et de plusieurs autres rites orientaux. Le métropolitain ou l'évêque qui_ préside reçoit du chartphyle, où de l'archidiacre, un mémoire qu'il lit à haute voix, annonçant officielle ment la promotion de l'élu dans les termes suivants: « Par les suf-

frages et le consentement des évêques chéris de Dieu et des saints Prètres, la divine grâce qui fortifie toujours ce qui est faible et

comble ce qui manque choisit le très religieux prêtre N... pour être

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à

204 REVUE ANGLO-ROMAINE évêque de la vil e de X... protégée de Dieu. En conséquence ‘prions pour lui afin que la grâce du très Saint Esprit descende sur lui. » Le Kigie éhérser est alors chanté trois fois. L'évêque qui préside place le Livre des Évangiles sur la tête et les épaules de l'élu et fait trois fois le signe de la croix. Alors, posant sa main surlui, il réciteles prières de la bénédiction qui sont au nombre de deux, séparées par une suite de 2ææri. Pendant que cette cérémonie s'accomplit, tous les autres évêques présents touchent le livre. Nous avons là l'imposition des mains par le principal consécrateur seul. Les autres peuvent dif- ficilement être considérés comme imposant les mains. Mais ils se mettent eux-mêmes en union avec la cérémonie par le moyen des Évangiles. Les monophysites syriens font usage d'un cérémonial très sem- blable à celui des Grees, bien que les prières qui l'accompagnent soient entièrement différentes. Tous les évêques présents tiennent le Livre des Évangiles ouvert au-dessus de la tête de l'élu, tandis que le Patriarche impose les mains par dessous du Livre !. Le ri e nesto-

rien, bien qu'il descende d'une même origine, d'Antioche, renferme une formule entièrement différente qui a ceci de particulier, qu'elle mentionne, parmi les pouvoirs de l'épiscopat, l'imposition des mains pour la guérison des malades, détail qui témoigne d'une haute anti- quité. Ce rite, parmi ses prescriptions, en contient une digne d'être notée, à savoir que celui qui va être ordonné doit se tenir debout près de l'autel, selon l'ordre auquel il appartient, le presbytérat ou le din conat. Après une suite considérable de prières et de canons, le Livre des Évangiles est placé sur son dos par l'évêque qui préside. Alors est lue, apparemment dans le livre ainsi placé, une leçon de saint Matthieu xv1, contenant la confession de saint Pierre, et une autre de saint Jean, xxt, contenant l'accusation de saint Pierre (ou le discours à saint Pierre, ou la charge confiée à saint Pierre). Pendant ce temps, lous les autres évêques présents imposent leurs mains non sur la tête mais de chaque côté de l'élu, celui-ci étant prosterné. Alors le consécrateur pose sa main droite sur la tête de l'élu, étend sa main gauche et récite la prière de bénédiction ?. de jelterai maintenant un coup d'œil sur les développements pos- térieurs du rite latin. Les additions purement extérieures qui y ont été faites : l'onction, l'anneau et la crosse, les ornements spéciaux et qui paraissent pour la plus part avoir pris naissance dans l'Église d'Angleterre, ne méritent pas d'arrêter notre attention. Les seuls changements importants datant du moyen âge sont l'addition de Accipe Spiritum sanctum et de la tradition des Évangiles à la fin du ser-

? Morin, p. 412

Morin, pp: 388 et 299.

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    avecces paroles: Accipe Evangelium, ele. Cette dernière cérémonie
    e seulement
             que l'on s'y arrête en passant, et son intérêt             vient

de cette opinion scolastique formulée par Eugène IV dans le decret ad Armmos, à savoir que, dans toute ordination, il doit y avoir quelque raditio_ instrumentorum qui était la cérémonie essentielle où la matiere du sacrement de l'ordre. Il ÿ eut un petit nombre d'écrivains qui s'aventurèrent à trouver, dans cette remise des Évan- giles à l'évêque nouvellement consacré, la vraie nature de l'ordi- mation épiscopale. L'autre addition qui fut faite a plus d'impor- tance. Elle fut Lirée sans doute dela mission confiée aux apôtres par Notre-Seigneur et fut probablement introduite comme une cérémonie additionnelle ou ornementale rappelant l'institution du ministère sacré. L'Accipe Spiritum Sanctum fut inséré entre les deux collectes qui précèdent le Deus honorum omnéum et fut ainsi associé à l'imposition des Évangiles sur la tête de celui que l'on consacre. Mais une fois que cette cérémonie eut été ainsi introduite,un grand nombre de théologiens scolastiques, affirmant qu'une formule sacra- mentelle devait être toujours indicative ou impérative, considérèrent l'Acipe Spiritum comme la forme essentielle de l'ordination épiscopale. imposition des mains élant communément prise comme la matière du sacrement, et les doctrines courantes demandant une relation immédiate entre la matière et la forme, une modification s'ensuivit dans les cérémonies. Les évêques imposèrent les mains non plus comme autrefois au Deus honorum omnium, mais à l'Accipe Spiritun sanctum et l'ancienne prière de consécration fut dite désormais les mains étendues. L'opinion que l'Accipe Spiritum sanctum, bien que d'introduction si récente,était devenue la forme véritable de la consé- cration, prévalut jusqu'à une époque toute récente, et elle est encore soutenue par un grand nombre de théologiens. Les réformateurs de lürdinal anglais partageaient certainement cette manière de voir. lls conservèrent les deux additions faites au moyen àge, rattachèrent l'imposition des mains aux paroles : Rerevez le Suint-Esprit, les ren- forçant encore par l'addition qui y fut faite de ces paroles de saint

Paul à Timothée : « Rappelez-vous de faire revivre le don qui vous a lé donné par l'imposition dés mains », et ils réduisirent l'ancienne prière de la consécration à sa plus simple expression. Si maintenant nous adoptons cette opinion qui gagne actuellement du terrain parmi les théologiens, à savoir que la formule essentielle de l'ordination, doit consister dans une prière, que dirons-nous des rites romain et anglican, tels qu'ils existent aujourd'hui ? Une diffi- calté a été soulevée sur ce terrain que dans l'un comme dans l'au- te, l'imposition des mains n'accompagne pas les prières, mais la formule impérative. On répond généralement à cela qu'ily a une union morale suffisante entre la prière el l'imposition des mains, Je

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206 REVUE ANGLO-ROMAINE pense que personne ne trouvera rien à redire à cette opinion. Les auteurs de cette réponse la soutiennent peut-être même trop timide- ment. Ils s'appuient sur la relation qui existe entre les deux parties du rite. Il serait, je pense, plus salisfaisant morale du rite compris dans son entier. Tout s’y tient en effet d'un bout à l'autre. Il tend à un but défini; bien que chacune de ses parties puisse être isolée, il conserve cependant son unité. Il contient ces deux points essentiels : une prière appropriée et l'imposition des mains; aussi, quand bien même elles seraient séparées par la récita- tion de tout l'office, le rite ne renferme pas moins dans son unité tout ce qui est nécessaire à la validité d'une ordination. Il est même douteux que la formule de la bénédiction doive nécessairement être prononcée par celui-là même qui impose les mains. Les théologiens scolastiques insistent généralement sur ce point au nom de leur théorie de la matière et de la forme ; mais Morin! leur demande à dessein d'où ils font découler leur axiome que le même individu doit poser à la fois la matière et la forme du Sacrement. On ne trouve rien de semblable ni dans les Écritures, ni dans la Tradition,» Dans les canons pseudo-carthaginois du moins, il semble qu'il y ait une séparation des fonctions. Un seul évêque récite les prières lan- dis que les autres imposent les mains. Dans le rite grec, tandis que le principal consécrateur seul récite la prière, il fait allusion à l'im- position des mains par les autres évèques comme ayant son effet dans le sacrement — àà vhs peipés Euov +05 dyapr' ureÿ nai <üv cure pérur heeupyür ai ouwemosmüv. Nous sommes ramenés à ce seul principe fondamental, à savoir que le rite doit contenir la priere et T'imposition des mains. Mais il reste un doute que nous avons déjà indiqué et une nouvelle question se pose. Pouvons-nous maintenir l'absolue nécessité de l'imposition des mains au sens strict du mot, c'est-à-dire signifiant un contact corporel ? Je ne soulèverai aucune difficulté étymologique sur les mots yerprsvaet yerpedesiz. Je considéreraiseulementl'évidence qui ressort de l'usage actuel. Mais tout d'abord je me reporteraià une parole de saint Augustin : « quid aliud est manuum impositio quan oratio super hominem. » IL semble que saint Augustin ne considérait pas limpositio manuum au sens strict du mot, mais comme un terme général indi- quant toute bénédiction ou prière conférant la charge pastorale. Duchesne tire de là que toutes les fois que nous lrouvons dans un livre de rituel le titre oratio super aliquem, qui s'y rencontre d'ailleurs souvent, nous sommes obligés d'admettre qu'actuellement cette prière doit être accompagnée de l'imposition des thains, Maisde dire

1 Morin, De sacr. ordin, p. 3, Exereit. U, 1. Il, 8 IV.

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que l'imposition des mains n'est rien de plus qu'une orafio super damien n'est pas du tout la même chose que de direque l'imposition des mains doit accompagner d'une manière invariable l'oratio super homüem. Là du moins nous avons une parole qui semble afirmer bien que d'une manière peu précise, que l'imposition matérielle des mains tele qu'elle a lieu aujourd'hui n'est pas nécessaire au sacrement. Que trouvons-nous sur ce point dans la pratique de l'Église ? de rappéllerai ce que j'ai dit touchant la consécration des papes de Home el d'Alexandrie, ou du moins les points principaux. Dans les constitutions aposioliques qui probablement représentent l'usage romain, nous trouvons la consécration de l'Évêque ayant lieu au moyen du livre des Évangiles tenu au dessus de sa tête par des dires. Dans toutes les autres ordinations, l'imposition des mains ‘st expressément mentionnée. En conséquence il semble que l'imposition des Évangiles doive être considérée comme représentant l'imposition des mains !. A Rome et à Alexandrie, nous trouvons que tous lesévêques subor- donués (suffragants) étaient consacrés par le Pape avec l'imposition des mains, el que le Pape lui-même était consacré avec l'imposition des Évangiles per les diacres, aucune mention n'étant faite de l'im- position des mains. Là encoreil semble que l'imposition des Évangiles aitélé expressément substituée à l'imposition des mains. Plus lard, en dehors des provinces romaine et égyptienne nous trouvons tous les évêques consacrés par l'imposition à fois des mains etdes Évangiles, cette double imposition étant expressément men- tionnée. Sur ces faits, j'établis l'hypothèse suivante : La forme originale de h consécration était l'imposition des mains accompagnée d'une pire, À une époque donnée, antérieure au Concile de Nicée, les “ques de Rome et d'Alexandrie, et seulement dans le cas de leur

propre consécration, substituèrent à l'imposition des mains, l'impo- tion des Évangiles. Pendant le v* siècle, cette nouvelle cérémonie fl adoptée d'une manière générale dans les autres parties de l'Église avec cette circonstance qu’elle ne fut pas substituée à l'impo- “tion des mains, mais qu'elle y fut ajoutée.

Pouvons-nous arriver à justifier cette hypothèse ? Pouvons-nous donner des preuves rationnelles de ce développement que je viens de suggérer. Tout d'abord, il est évident que la cérémonie de l'imposi-

1On devra observer que les canons arabes d'Hippolyle ordonnent expressément Fiapostion des mains, mais ne parlont pas do l'imposition des Évangiles. Voir Actes ul supra p. 40. Dés lors, si les canons d'Hippolyle sont vraiment l' fil des Constitutions, lo changement de cérémonie que l'on trouve dans. ços denitres devient plus signifcatit.

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lion des Évangiles n’est pas une institution des premiers lemps de l'Église, tandis que l'imposition des mains fut incontestablement pratiquée au temps même des Apôtres'. Cette imposition des mains étai une sorte de bénédiction et « sans aucune contradiction celui qui est moins est béni par celui qui est plus ». Tout candidat à un des vrdres du ministère sacré était ainsi ordonné par son supérieur. Mais par qui alors un évèque devait-il être consacré? La seule était celle de tout l'épis- copat. C'est ainsi, dis à l'Apostolat par le corps des Apôtres. Mais il était impossible de réunir l'épiscopat tout entier pour consacrer chaque évêque en particulier. C'est pourquoi le corps de l'épiscopat fut représenté par les évêques voisins. C'est là, d'après l'opinion àla fois des théologiens orientaux et occiden- taux, l'origine primitive de celte règle de l'Église de beaucoup antérieure à l'institution des métropolitains qui prescrit l'assis- lance de trois ou au moins de deux évêques à chaque conséera- tion. Le nouvel évêque était consacré alors par une autorité supé- rieure, avec l'imposition des mains, Mais les papes de Rome et d'Alexandrie n'eussent certainement voulu reconnaitre aucun supé- rieur sur terre, ou bien, s'ils eussent admis la supériorité de l'épis- copat dans son entier, ils ne se fussent certainement pas soumis une assemblée composée d'évêques de leur propre circonscription. Ils étaient, en effet, supérieurs à toute assemblée de cette sorte. C'est en raison de celte supériorité que le Pontife romain, seul et sans co-consécrateurs, ordonnait les évêques des sièges suburbicai agissait seul, comme représentant en sa seule personne lout copat. Le pape d'Alexandrie jouissait probablement du même privi- lège ainsi qu'il semble ressorlir du sixième canon de Nicée. Il n'est pas nécessaire de s'enquérir ici des causes et des bases de celle orilé. Pour le but que nous poursuivons aujourd'hui, il sufit que cette supériorité ait été revendiquée et qu'on y ait acquiescé. Mais, si le Pape n'avait pas de supérieur, par qui eût-il pu être béni? Personne ne pouvait lui imposer les mains. C'est done pour cette raison, selon moi, qu'il n'était pas consacré par l'imposition des mains. Et pourquoi substituait-on alors à l'imposition des mains celle des Évangiles ? Je répondrai à cette question en rappelant ce qui fut fait à Éphèse et à Chalcédoïne. À ces deux conciles et probablement à d'autres également, le Livre des Évangiles fut placé sur une sorte de trône, comme représentant le Christ lui-même présidant son Église. Le Livre, enconséquence, est le symbole de la présence du divin Chef de l'Église au milieu des siens, et une ordination épiscopale avec im-

     ? Nixousxi, in De Hierarchid anglicana, n. 3. — Ducueswe, Origin. p. 363.




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position des Évangiles peut être considérée comme une ordination par le Christ lui-même. C'est pour celle raison, je crois, que les Papes de Rome et d'Alexandrie se faisaient ainsi consacrer. Je pense que nous pouvons ainsi expliquer l'introduction de celte nou- . velle cérémonie et son applicationà l'exclusion de toute autre, au Pape lui-même. IL reste à expliquer maintenant comment elle se répandit dans les autres parties de l'Église, non pour remplacer l'imposition des mains, mais comme cérémonie additionnelle. J'attribuerai au pre- mier abord ce fait au sentiment de jalousie vis-à-vis de Rome, qui prévalut sans aucun doute aux 1v* et v* siècles dans plusieurs Églises ne dépendant pas directement du siège apostolique. On trouve la souvelle cérémonie d'un usage général parmi les Église du rite gal- lican,à partir du commencement du vr siècle. Mais le rite gallican élit par excellence le rite de l'Église de Milan, et Duchesne a donné d'excellentes raisons pour que l'on attribue sa grande extension et un grand nombre de ses traits les plus caractéristiques à l'énergie d'Auxentius. Mais Auxentius durant tout le cours de son épiscopat fut en rivalité aiguë avec Rome. Sous saint Ambroise, larivalité, tout en étant plus amicale, fut presque aussi vive. Lesmèmes causes qui füisaiententrerle siège de Constantinopleen compétition avecsonainé, celui de Rome, se retrouvaient à Milan devenue la cité impériale de loecident. 11 n'était pas possible à ces deux sièges, devenus célèbres depuis peu, de revendiquer les privilèges apostoliques du siège de saint Pierre; mais il était possible du moins de ternir l'éclat de «es privilèges en répandant dans toute l'Église l'usage des céré- monies qui en étaient le symbole. Ce fut ainsi que la cérémonie de l'imposition des Évangiles fut introduite dans les consécrations épiscopales à la fois en Orientet en Occident. L'Egypte et les sièges süburbicaires furent les seuls qui ne le pratiquèrent point. Mais les évêques qui étaient consacrés avec l'imposition des Évangiles, a'ivaient paslesmêmes raisons que les Papesdedécliner l'imposition des mains et de plus on ne devait pas s'attendre à ce qu'ils fussent laissés libres de s'en dispenser. C'est ainsi que, dans les consécrations opales, l'imposition des Évangiles aurait été ajoutée à la céré- monie de l'imposition des mains. xposé et défendu celle hypothèse, el en raison de son intérêt historique, et aussi parce que si les arguments dont je me suis servi sont véridiques, nous ne pouvons pas affirmer que l'imposition des mains telle qu'elle a lieu actuellement soit absolument essentielle à l validité d'une ordination épiscopale. Imposition des mains devient alors synonyme de bénédiction solennelle et d'ailleurs la première de ces cérémonies est absolument naturelle en même temps qu'elle apparait comme la plus ancienne qui ait accompagné la bénédiction.

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Mais le pratique de l'Église nous fera admettre que toute autre céré- monie appropriée peut être substituée par l'autorilé de l'Église à l'imposition des main: En conséquence je conclus par cette courte définition, à savoir que : la consécration épiscopale consiste dans la récitation d'une prière de bénédiction accompagnée de l'imposition des mains, ou de loute autre cérémonie appropriée, qui aura été réglée par l'autorité de l'Église. T.-A. Lacs. Magdinley Vicsrage, Cambridge.

N. D. L. R. — Le Rév. T.A. Lacey, l'un des auteurs de la De Hierarchia anglicana, est un des théologiens les plus distingués de l'église anglicane. La Revue Anglo-Romaine espère bien donner assez souvent des travaux de ce savant distingué.

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DE LA PEINTURE AU MOYEN AGE

      L—     LES   PEINTURES DE        LA CATHÉDRALE DE                 CAUORS


 1 n'y a pas bien longtemps encore, il était entendu que la peinture

représentative des sujets n'avait pas existé, ou à peu près, en France, comme expression d'art digne de ce nom, de la fin du xu siècle jusqu'au milieu du xv*. Avant, il ÿ avait eu la peinture byzantine; après, la Renaissance ou ses précurseurs. Cette dernière époque était considérée comme l'aurore de la peinture moderne. Depuis — le cou- raat archéologique aidant — on a élé amené à une plus juste appré- cation des productions d'une époque durant laquelle l'architecture ella sculpture atteignirent une perfection inouïe et connue de tous. Ilétait pourtant bien naturel de supposer que deux arts comme la sauipture et l'architecture devaient exercer une influence de milieu sara peinture, de me propose de démontrer que la conception moderne de la pein- ture date de ces époques longtemps méconnues, la Renaissance ayant lé une période de l'évolution suivie et non son point initial. Je le

ferai, pour les lecteurs de la Rerue Anglo- Romaine, en quelques études des peintures anciennes, présentées dans leur cadre spécial; les lec- leurs y trouveront des points de repère à l'aide desquels ils pourront

“ablir comme une trajectoire de la marche suivie, d'une manière le que par de simples digressions. Je commence aujour- d'hui par un spécimen très important des premières années du a siècle ou des dernières années du xm° représentant bien — à

mon sens — les tendances « artielles » de leur époque; ce spécimen, ji eu le grand avantage de pouvoir l'étudier de très près et pen- dat un temps assez long pour être à même de bien le connaitre. Qu'il me soit permis, avant de commencer, de rappeler en quelques mots les conditions générales de la peinture architecturale aux époques qui ont précédé la nôtre, depuis la formation de la France actuelle, é Comme un foyer qui s'éteint, l'Art antique avait lentement, et à intervalles irréguliers, jeté quelques lueurs dans les Gaules. Les églises et les palais — constructions hybrides peu en rapport avec cells que ee mot évoque de nos jours — étaient ornés de peinture, dans le goût gallo-romain, Charlemagne avait essayé une Renais-

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sance antique. La civilisation romaine venait de finir, mais son pres- tige était encore intact. Les efforts du puissant empereur furent sans résultat appréciable, après sa mort le mouvement avorta tout à fait. Lorsque les artistes pratiquant l'art byzantin vinrent d'Italie, leur art, cependant si parfait en lui-même, ne prit pas de profondes ra- cines dans notre sol, malgré la su ité de leurs productions, for- mulées en une technique savante et précieuse ; mais il servit comme de fumure seulement à la plante nouvelle qui allait surgir en France, à la fin du xHr° siècle. A l'avènement de la nouvelle architecture un esprit lout nouveau anima les arts qui se développent à ses côtés, la seulpture et la peinture. Leur esthétique changea aussi de dires $ D'ailleurs la composition de la peinture architecturale comprenait l'ornementation autant que les sujets. La spécialisation moderne, pro- duit de l’utilitarisme, a établi une ligne de démarcation profonde entre les deux manières de produire des harmonies expressives, seul but à atteindre, c'est là une aberration déplorable à lous les points de vue. Mais ceci pourrait faire l'objet d'une étude particulière sur la peinture monumentale, je laisse donc ces considérations et j'entre tout de suite dans mon sujet.

La cathédrale de Cahors, considérée dans son ensemble, appartient à cette variété d'architecture romane caractérisée par la couverture en coupole sur pendentifs, c'est-à-dire au style roman byzantin qui a été fort en honneur pendant près de deux siècles, le xi° el le xr', dans une partie du sud-ouest de la France, L'église était primitivempnt couverte par trois coupoles : celle correspondant à l'entrée ou coupole Ouest, la coupole centrale où coupole Word et à l'extrémité opposée à la première, la coupole Est au-dessus du maitre-autel. Vers la fin du x siècle, cette dernière menaçait ruine à la suile il — d'un tremblement de terre qui venait d'avoir lieu. Sa reconstruction fut résolue. L'évèque Raymond de Cornil, occupant alors le siège épiscopal, 1285, créa une caisse destinée à subvenir aux frais. La moitié de la première année des divers bénéfices vacants fut dévolue à l'ali- mentation de celle caisse; de plus, sur l'instance de ce prélat, le pape Nicolas IV accorda des indulgences à lous ceux qui feraient un don pourles travaux de la cathédrale. Ce fut le point de départ d'une nouvelle ère de travaux dont le cercle dépassa même la cathédrale, car le fameux pont Valeniré fut commencé avec ces mêmes ressources par l'évêque Raymond Panchel, où Panchelli (Raymond Il) qui exécutait un projet déjà conçu par un de ses prédécesseurs, Barthélemy de Roux, 1250-1973.

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hi. 1iéil

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  La coupole fut démolie et, à sa place, on éleva l'abside actuelle

suitée en arète sur plan polygonal

Cest pendant cette période d'activité que furent faites les peintures des coupoles, celles dont on voit encore les traces dans différentes qarties de la cathédrale et celles de l'abside et de la nef dont les vesliges ont été remplacés de nos jours par des réfections. Plusieurs

   «es réfections ont été faites d'après les peintures anciennes et

êlls les rappellent dans leur disposition et leur coloration. Les évêques dont les noms suivent furent les instigateurs de ces eubellissements : Raymond de Cornil ou Raymond 1:* nommé en 133; Sicard de Montaigu; Raymond Panchel où Panchelli, où laymond IL; Hugues Géraud où Hugo Géraldi dont les commen- ements furent si brillants et qui mourut par la main du bour- van, brûlé vif à Avignon; enfin Guillaume Labroue, où Labroa, rent du pape eardureien Jean XXII et Quercynois lui-même. Cet

 ique dut s'intéresser grandement aux travaux de la cathédrale

slgré son absence eontinuelle et un séjour constant à Avignon. Daprès le style et les costumes, c'est à lui qu'il faudrait attribuer les intures de l'abside aujourd'hui refaites. Las successeurs de Guillaume de Labroue, jusqu'à Jean de Castel- mu, 1420-1450, furent exclusivement occupés par leur lutte contre à domination anglaise. 1] n'est nullement question de travaux durant ur épiscopat. Padant les xvn et xvme siècles, la réaction contre l'art dit rthique avait atteint son apogée. On était arrivé à un terrible exclu- Sisme en matière de peinture surtout, la paroi nue était préférée à

Ps expressions esthétiques auxquelles on n'était plus sensible, et qui Kissaient barbares. Sous prétexte de propreté, — sans plus de mcëdure la cause était ainsi jugée, — le badigeon banal était spitoyablement passé sur les peintures anciennes; ne les goûtant us, il était plus facile de les supprimer que de chercher à les mprendre. Nème en constatant la sci entre l'idéal ancien lenouveau, on se demande par quelle aberration intellectuelle, et

  D'après l'ingénicuso ot très rationnelle théorie de M. Ed.      Corroyer, architecte,
  sue général des Édiices           diocésains (voir l'Architecture romane et l'Archi=
 ur gothique, deux volumes           de la Bibliothèque do l'Enseignement des Beaux:
 su, maison:    Quantin, éditour; ouvrages qu'il suffi de lire pour avoir des idées
 €s sur notre architecture nationale), c'est        dans la coupole sur pendent

le germe de rave la voûte d'arète, principo constructif essentiel de «+ dite gothique, et qui la ceractérise. Quoi qu'il en soit, si vers la fs 2x sie, à Cahors, on eut l'idée de reconstraire la coupole dans son ancienne commo il a 668 dit, on a dû en reconnaître bien vite l'impossibilité, Com- “ ursiton pa trouver un malire d'uuvre et des ouvriers capables d'ent: Lx ce besogn alors que le mode nouveau avait pris l'extension exclusive os?

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214 REVUE ANGLO-ROMAINE même sentimentale, l'unité blanche par trop simple, par trop facile, par trop vide, a pu être préférée à l'aspect d'anciennes peintures. En dehors de leur signification, en la supposant incomprise, celles-ci sont évidemment plus agréables à l'œil par la variété de leurs tons, cet amusement oculaire, sorte d'intérêt instinetif qu'offrent de simples marbrures. Mais la facilité et le nombre sont les vertus propres de ces sortes de pratiques à la portée de tous comme com- préhension et comme exécution, et elles possèdent par là une force immense dont l'infériorité favorise la tyrannie. Les peintures de la cathédrale furent donc couvertes de badigeon. Cinq ou six couches avaient été passées sur celles de ln coupole ouest lorsqu'elles furent découvertes en 1890, à l'occasion d'une réparation constructive. Un « décroûtement » sommaire ayant été opéré, on put avoir une idée de l'ensemble, il était complet à quelques fragments près; ln conservation de cette peinture fut résolue !. I n'est pas inutile d'ouvrir ici une parenthèse qui nous permettra une explication du terme « conservation » relativement à celui de « restauration » plus généralement employé, autrefois, en cas semblable. Le mouvement archéologique qui a produit une véritable renais- sance de notre art national — si improprement appelé Gothique — a été servi dès son commencement par des hommes de haute valeur?. Il se créa alors une école gothique et, mal inévitable, des formules. En peinture, on a été souvent porté à considérer un certain maniérisme, caractéristique d’une époque, pour la représentation exclusive et complète de cette époque ; souvent la grimace a été prise pour l'expression normale, parce qu'on avait plus particulièrement étudié les verrières, dans la technique desquelles l'exagération a été une nécessité, Or, quand est venue la fièvre des restaurations, qui&

1 « Après un premier travail suffisant pour donner une idée exacte de la dispo-

sition générale de cette décoration ancienne, M. Deménieux, architecte diocésain, ayant signalé le fait à l'administration supérieure, M. Corroyer, inspecteur général des Édifices diocésains, fut délégué pour l'examen de la découverte. À la suite du rapport qu'il fit à ce sujet, M. Marc Gaïda, artiste peintre décorateur, fut chargt: 1° de relever les peintures, c'est-à-dire d'en faire des dessins exacts et en cou leurs et 2 de procéder à leur conservation par une suite d'opérations compliquées dans le détail desquelles nous n'entrerons pas ici. Ce travail a eu pour résultst de montrer, dans son authenticité, lo superbe spécimen de l'art pictural des xin® et xive siècles que possède la Cathédrale de Cahors. » {Notes sur les anciennes peintures de la cathédrale de Cahors, pour servirà l'intelligence des dessins exposés au Salon des Champs-Élysées, section d'archi- tecture, par Marc Gaïda, Cahors 18 = Les noms de Caumont, de Didron, du R. P. Martin, de Lassus, de Violletle Duc, de Quicherat, — combien d'autres encore parmi Les très méritants! — viennent imnédiatement à l'esprit quand on pense aux belles études qui ont été faites sur l'Art au Moyen-Age, mais il faut reconnaitre que Viollet-le-Duc en a été le prota- goniste le plus efficace par la publication de son « Dictionnaire de l'Architecture française du xt au xvi° siècle », et par la richesse extraordinaire de sa production

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LA PEINTURE AU MOYEN AGE 25

é la conséquence de la juste appréciation de nos richesses en art dumoyen âge, dans un zèle peu raisonné, on n'a pas hésité à détruire des vestiges qui auraient pu être conservés. Après en avoir pris un calque avec indications des tons — relevé trop sommaire — on se crogait assuré de pouvoir les reproduire puisqu'on en possédait In formule. La réfection faite était généralement louée; les points de comparaison n'existant plus, le morceau neuf était jugé parfait. Bien des restaurations ont été ainsi comprises. Cependant, à mesure qu'on a été à même d'étudier plus profondé- ment les peintures anciennes, on s'est aperçu qu'à travers un mode général, celui de leur temps, les artistes y ont montré leur person- malité, de valeur plus ou moins grande, comme on peut le présumer. On y a vu, pour un même temps, la pratique de plusieurs techniques ton y a constaté le courant esthétique qu'elles ont suivi. Ces cons lalations ont établi ici encore la loi commune de l'évolution, et banni Là formul En conséquence la manière de procéder à l'égard des restaurations a été changée, Aujourd'hui, lorsqu'on découvre un de ces restes de l'art ancien, témoin authentique d'une manière d'être disparue, frag- ment d'histoire de la civilisation plus authentique que toutes les listoires écrites, si la conservation est résolue, en application d'un principe dont la logique aurait dû s'imposer plus Lt, rien n'est détruit, et on se livre à une suite d'opérations demandant du savoir et de la conscience pour être menées à bien. Généralement, l'ancienne peinture a été trouvée sous le badigeon. , il faut faire disparaitre la leinte grise qui la voile et rendre appréciables à l'œil les anciens vestiges, et comme traits, et mme coloration. On n'arrive aux réfections véritables qu'avec la tius extrême prudence. Dans les parties irrémédiablement détruites, aseule fin de ne pas nuire à l'intelligence du sujet représenté et à

l'unité d'aspect, l'artiste doit suppléer ce qui manque. Ainsi a-t-on été conduit à l'emploi du terme de « Conservation », le sens de celui de « restauration » ayant été oblitéré par une pra- lique défectueuse. Revenons à notre sujet. La coupole. Ouest a, environ, cinquante mètres de pourtour à sa lase; sa courbe n'est pas engendrée par un arc de cercle, c'est une sorte d'ovoïde.

La décoration de cette vaste paroi a dà être un problème à résoudre

qour les artistes du temps. Ils ne pouvaient la considérer comme indivise, ni la diviser en entier horizontalement : c'eût été en dehors du courant esthétique dans lequel ils se trouvaient, et ce courant 3 dé l'un des plus forts qui aient jamais existé, Voici l'économie décorative adoptée : il a été créé une partie circulaire centrale Supérieure, de trois mètres de diamètre, Autour de celle-ci se déroule

  PF:                                             UNIVERS 0

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une frise annulaire de deux mètres de hauteur, appuyée à sa base sur une bande horizontale quatrilobée, d'environ vingt centimètres. Immédiatement au-dessous, la disposition change, les divisions deviennent longitudinales. La voûte est partagée en huit secteurs, tronqués à leur partie supérieure par la rencontre de la frise annu- laire ou en couronne, ils sont déterminés par de larges litres mon- tantes qui n'ont pas moins d'un mètre à la base de la coupole, et qui laissent huit grands panneaux. En résumé, une partie supérieure, relativement petite, coupée horizontalement, et la plus grande partie de la coupole ayant ses divisions dans le sens de la hauteur. La partie supérieure, le disque et la frise, sont dévolus à la repré- sentation du martyre de saint Étienne. Dans le disque, une seule figure, celle du saint, à genoux", priant pour ses bourreaux au moment de sa mort. Il vient d'être atteint au front par une pierre, d'autres sont sur ses vêtements. La figure estun peu plus grande que nature, elle se détache sur un fond d'étoiles nimbées formant diagramme. Dans la frise annulaire qui entoure cette première partie décora- tive, on voit les scènes très animées d’un jugement, de la lapidation et un épisode qui s'y rattache. Les personnages ainsi que les acces- soires, arbres, outils, terrains, se détachent sur un fond clair couvert de rinceaux jaunâtres, relevés, çà et là, de petits fleurons rouge clair; le louttrès doux et peu perceptible à distance. Ces rinceaux ne touchent pas aux figures et aux autres éléments de la représentation qui sont entourés d'un liséré vide, de seize millimètres environ, bordé d'un léger filet de même ton que les rinceaux, Cette partie supérieure centrale de la coupole raconte le martyre du saint patron de la cathédrale. On peut ÿ voir une illustration de l'une de ces pièces dramatiqueset religieuses, de quelque « mystère », fort en vogue à l'époque de la peinture et dans la région où le culte de saint Étienne a été particulièrement populaire. On y remarque les personnalités morales mises habituellement en jeu dans ces sortes de drames, et tout ce monde, selon l'usage, est en costume du temps :le juge est un jeune seigneur suzerain, il est assis sur un trône, l'épée nue dans la dextre, écoutant attentivement mais d'un air sévère, deux assesseurs, hommes nobles, dont l'un semble charger et l'autre dé- fendre l'accusé. Le juge n'est autre que Saul — plus tard saint Paul — dont le zèle pour l'ancienne loi contre la foi nouvelle allait jusqu'à la persécution. Le peintre a mis les habits des témoins au pied du trône. IL exprime ainsi très heureusement la fonction de mandataire de la Loi que Saul

 1 Is lapidaïent donc   Étienne qui priaît et disait : « Seigneur Jésus, recerez

mon esprit ». Et s'étant mis à genoux, il eria d'une voix forte : Seigneur, ne leur imputez point ce péché. Actes, VII, 58.

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LA PEINTURE AU MOYEN AGE 247

remplit au supplice du premier martyr !. Puis, à droite et à gauche, des gens qui bèchent le terrain rocailleux pour se procurer des pierres. Plus loin, à droite, un épisode à deux personnages, deux seigneurs, reconnaissables à leur costume et à leur épée : l’un à mine basse etcruelle, dans une attitude sinueuse, féline, présente une pierre à l'autre qui la refuse. L'attitudede ce dernier est en contraste frappant avec celle du premier, sa physionomie est noble, droite, empreinte de tristesse ; il faudrait peut-être y voir. Barnabé qui fut condisciple de Saul auprès de Gamaliel et qui devint, un apôtre, de la foi nouvelle; ce genre d'adaptation était bien dans la tournure d'es- prit du moment, Puis viennent les lapidateurs dont aucun n'est per- sonnage noble, et un garde armé d'une lance. En tout quatorze figures suisant bien à représenter une action dans un senssymbolique, carles faits illustrés sont d'ordre général, et éternel dans l'humanité. L'épi- sdedes deux seigneurs, dont l'un invite l'autre à une action qu'il sait être mauvaise, c'est la méchanceté lâche et cruelle s'exercant gratui- lement, par impulsion propre et avec tous ses moyens: il n'est pas possible de s'y tromper, cet homme, par son profil et par son atti- lude, dit qu'il serait heureux de frapper la victime, non seulement tar luimaisencore par un être dont il met la valeur morale au-dessus de la sienne, et il se livre à un véritable travail pour arriver au résul- lat malfaisant qu'il voudrait atteindre. Dans le jugement, Saul, c'est l'esprit d'erreur, l'aveuglement, sé sutdansles sphèresintellectuelles supérieures comme dansles milieux férieursfigurés par les lapidateurs. Ceux-ci représentent bien la force stupide du nombre, c'est la foule capable des meilleures et des pires actions. Parmi ces lanceurs de pierre les expressions de visage comme Ls attitudes sont diverses, et on y remarque plus de physionomies mïves ou sottes que de figures véritablement féroces. Une d'elles, pendant, est bien caractéristique, c'est un bomme qui jette, à deux mains, une grosse pierre; ilexprime parfaitement la brutalité bes- lake, L'artiste lui a donné un costume particulier, celui du Juif

‘lu Moyen âge. En se plaçant au point de vue de la technique décorative, la pein- ve n'est pas moins remarquable : la disposition par laquelle le disque central se rattache directement à la frise annulaire, d'échelle ‘ide tonalité différentes, dans un même sujet, est une de ces heu-

ses trouvailles qui dépassent la valeur des combinaisons ing sieuses.

A noter également le procédé employé pour mettre les igures de la frise dans une sorte d'atmosphère, le liséré vide qui les ole d'un nd ouvragé et vibrant.

Et les témoins déposérent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Sul ‘Actes, VI. 57).

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#18 REVUE ANGLO-ROMAINE

La partie de la coupole succédant à celle que nous venons de voir est de beaucoup la plus grande et sa division, nous l'avons déjà dit, est longitudinale. La tonalité en est, aussi, bien différente. Les litres séparatives sont à bordure comme godronnée, leur fond est brun rouge, riche et chaud, chargé d'élégants rinceaux en ceps dé vigne avec des raisins. Le gris, jaune, vert jaune, vert bleu et vert froid sont la coloration de l'ornement qui se détachent sur le fond rouge. Toutes ces litres sont semblables entre elles, mais aucune n'est pareille à une autre.

Les panneaux en secteurs tronqués déterminés par les litres sont occupés par des édicules sur bases, avec gables à meneaux de division principale géminée, à pinacles latéraux, dans le style de la fin du x siècle, ou du commencement du xIv*, mais ayant leurs rampants. ornés de crochets d'une forme assez particulière qui, pourrait, de prime abord, les faire croire du xv* siècle. Celle archilecture, blanche, à filets noirs la dessinant, occupe toute la partie supérieure du panneau et laisse de chaque côté un triangle vide. Ces triangles sont décorés par une coupe de pierre à double filet et à fleurons rou- geâtres sur fond jaunâtre. Les édicules ont près de dix mètres de hauteur, de leur base à leur fleuron de gable; ils abritent chacun une figure de prophète, de 4 m. 50 de hauteur environ, dont les pieds reposent sur un animal symbolique. Chacun de ces personnages tient une banderole où son nom se lrouve inscrit en beaux carac- tères du x siècle. Le fond de chaque édicule, de chaque figure, est alternativement brun rouge et orangé, el à semis de gros motifs en quatrilobes nimbés jaunâtres. Toutes ces figures sont drapées avec grand art, leur tonalité est brillante et chaude, elle est wbtenne par diverses variétes de rougeet de gris plusou moins bleus ou verdâtres, des jaunes et l'orangé avec le gris blanc de l'architecture et des banderoles . Voici les noms des personnages, lous qualifiés « pro- phète » sur leur banderole : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel, David, Esdras, Habaeue, Jonas'. Leurs costumes, selon l'usage du temps dans la peinture des saints personnages, est un peu conventionnel et beaucoup en représentation de la manière de se vêtir des doctes personnages de l'époque. Isaïe a sous ses pieds une chèvre, ou un bouc. Dans les bestiaires contemporains des peintures, ces animaux, qui aiment à gravir les hauteurs, symbolisent les_méditations célestes, la suprême sagesse, l'éloquence sacrée et sublime, les vues élevées. Or, Isaïe peut être con- sidéré comme le premier et le plus grand des prophètes; sa prophé- tie commence par le mot : « Visio ». 1 Peut-être pourrait-on trouver la raison du choix des prophètes dans cos re- proches adressés aux Juifs par saint Etienne : « Lequel des Prophètes vos Pères n'ont-ils pas persécuté? Ils ont tué ceux qui prédisaient l'avénement du Juste, que vous venez, vous, de trahir et de mettre à mort» (Acées, VII, 52).

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LA PEINTURE AU MOYEN AGE 219

Jérémie, qui fut jeté dans une fosse de boue est la figure de la prophétie que les Juifs rejetèrent en la méconnaissant. L'animal fan- taslique qui est sous ses pieds, à deux extrémités caudales et à tête anthropoïde, peut être assimilé à une « mandicore » des bestiaires ; habitant les parties inférieures de la Lerre etne pouvant s'en déta- cher, il peut être pris pour un symbole de l'erreur et du « lacum » où fosse de boue. !1 est à remarquer que, jusqu'au xvn siècle, pa: ement dans les représentations ésotériques du xvr, les puis- sances souterraines malfaisantes sont représentées par des animaux à face à peu près humaine et à désinence en queue ou queues de ser- pent.

Éxéchiel a un chien sous ses pieds. Le chien, gardien du troupeau «te symbole des prélats et des prédicateurs gardant le troupeau du Christ. Ézéchiel, « dont le Seigneur ouvrit la bouche » (Ézéch. xxx1n) après la ruine de Jérusalem par Nabuchodonosor, est le type de la prédication chrétienne qui se répandit dans le monde après la des- traction définitive de la ville sainte par Titus et Adrien. Daniel fit mourir le dragon que les Babyloniens adoraient comme un Dieu (Daniel chap. xv1, 22). Un dragon vaineu est sous ses pieds et symbolise la défaite de l'Esprit du mal. David a le lion représentatif de la Tribu de Juda: « Voici que le liou de la tribu de Juda, le fils de David a vaincu. » (Apoc. v, 5.) Esdras a sous ses pieds un dragon à tête relevée. Le nom d'Esdras ifie : « Aide. » Aide dans la lutte contre le mal, toujours person- par le dragon. Esdras fut le restaurateur du peuple juif après la captivité de Babylone; il est le type du secours divin dans le combat continuel contre l'Esprit du Mal.

Habacuc a, lui aussi, un lion sous les pieds. Très anciennement il Sest établi une confusion entre le prophète de ce nom et un autre Habaeue qui portait la nourriture à Daniel dans la fosse aux lions doute que le symbole représenté ne résulte de cette erreur rec- tifiée depuis.

Le peintre fait encore reposer Jonas sur un lion. Jonas est consi déré comme une figure de la Résurrection de N.-S. Jésus-Christ.

le sein de la terre. » (Matth. xir, 40.) Or, d'après les bestiaires de l'é poque des peintures, la lionne mettait bas ses petits mort-nés, m trois jours après, le lion leur donnait la vie en soufllant dessus ‘le particularité, qui était dans la croyance générale et n'ét d'ailleurs, plus étrange que bien d'autres de cette époque très fantai- Sisle en histoire naturelle, le lion était un symbole de la Résurrection de Notre-Scigneur. Le lion symbolisait aussi : « la voix puissante des propl s qui

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220 REVUE ANGLO-ROMAINE rugit contre les pécheurs ». Jonasprophétisa contre Ninive : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite. » Ces significations doivent être prises seulement pour les peintures dont nous nous occupons, chacun sait qu'elles ont varié avec le temps et les auteurs qui ont employé ces sortes de symboles; nous en avons de nombreux exemples. Ala coupole, les figures des prophètes ne se trouvent pas dans l'ordre dans lequel nous venons de les passer en revue. Voici com- ment ellessont réellement placées en partant d'Isaïe qui est à la droile de l'axe du vaisseau en regardant dans la direction du maître-autel: Isaïe, Ezéchiel, Habacuc, Esdras, Jonas, Daniel, David, Jérémie. L'aspect général de la voûte est clair et chaud avec parties très intenses, les litres montantes, les figures des prophètes, par exemple. Les « dessous » yont élé systématiquement employés pour oblenir un maximum d'éclat dans les Lons rouges et bruns, rouges notamment. Ainsi une couche de mine orange était d'abord passée en assielle. Sur cette couche on posait, en épaisseur variable, un autre ton, soit un brun rouge, et celui-ci participaittinalement de l'éclatsous-jacent; ainsi opérait-on pour d'autres tons et pour obtenir des effets ana- logues. Cetle manièrede procéder avait, comme on le voit, des points de ressemblance avec l'aquarelle, telle que nous la pratiquons. Ces peintures ne sont pas des fresques, leur gluten n'est pas rés neux, la cire ou l'huile n'y ont pas été employées ; elles ont été failes, eroyons-nous, soit à la caséine, soit à l'œuf, plus probablement à l'œuf. L'artiste n'a pas procédé par à-plats; au contraire, le modelé a élé recherché, mais en évitant les grandes parties sombres pour laisser à la paroi sa valeur architecturale. La direction unique de la lumière n'y existant pas, le résullat obtenu se rapprocherail d'une manière inattendue des recherches modernes d'éclairage diffus, si ce n'était l'emploi systématique du trait noir, pour exprimer le dessin, qui se trouvait dans le tréfond de la technique du moyen âge et est lrès accusé ici. Ce « redessiné » avait de grands avantages, — on y revient aujour- d'hui dans tout une classe de productions arlistiques visant la syn- thèse — de plus il appartenait alors aux moyens employés. La pein- ture byzantine qui avait été la grande institutrice des artistes de l'époque en avait fait son plus grand moyen. L'idéal de cetle pein- ture était tout artificiel, spirilualiste, mais très étroit, el quoique les tendances nouvelles fussent en réaction avec elle, sur la plu- part des points, on ne pouvait songer à se priver de ses pro- cédés. L'esprit d'observation directe, — l'espril naturaliste, comme on a dit depuis — poussait à l'étude d'après nature, on étudiait comme ou pouvait, par morceaux et par le trait mais . : Sd li..

                          LA PEINTURE AC MONEN AGE                                ET

 on étudiait    réellement.   Nous avons     sous les    yeux,      en    écrivant
 evci, ane reproduction des « Casseurs de pierre » de Courbet et un
 calque de l'un des ramasseurs de pierre de la frise annulaire: si, par
 la pensée, on met un trait noir pour déterminer le dessin de la main
 qui   dent La bèche (ou instrument analogue) du personnage de la pein-
 lure moderne, où qu'on diminue le redessiné de la main qui                      tient
 un instrument semblable dans la peinture ancienne,             il s'établit       un
 rapprochement singulier dans les deux productions sur le terrain
 commun d'une observation           très précise.   Le dessin de la fin du
 sur siècle ne peut avoir été fait que d'après nature; on peut en dire
 autant de beaucoup d'autres morceaux.
   D'ailleurs, la délinéation ne fut écartée que peu à peu, et ce fut en
 suite naturelle de l'évolution, déjà commencée, qu'on              est arrivé      à

 la conception moderne de la peinture.
   Dans l'ensemble dé la coupole, les scènes du martyre représentent,
 plutôt que les grandes figures de prophètes, la         nouvelle        école ; les
 mains et les têtes des prophètes,
                                les mainssurtout, sont faites d'après
 les formules byzantines.
   En terminant nous devons répondre à une demande qui nous a été
 souvent faite :     En dehors de leur rareté, de leur côté curieux, ces
 sortes de peintures anciennes ont-elles un réel mérite ?.. La réponse
 peut être aisément déduite de tout ce qui précède. Ces              échantillons
 anciens sont    des témoins irrécusables, des points de            repère       pour
 l'intelligence de    milieux qui   se dérobent à nous, là-dessus tout le
 monde peut être d'accord ; quant àleur valeur comme produits d'art,
 endehors des différences aélablirentrechaque morceau, Lous n'ayant
 pas été faits par desartistesde méme capacité,      il faut, pours'en rendre
 compte, se rappeler les      conditions générales de     l'œuvre d'art. Une

 production n'est bien appréciée de lous que lorsqu'elle se trouve en
 accordavecles sentiments de tous; lorsqu'elle peut réveiller des
 tendances latentes, faire entrevoir un idéal qui était voilé, être une
 sorte de      réalisation d'arrière-rève confus si cet idéal estquelque peu
 complexe, la production est œuvre d'art de haute valeur.

   Les moyens employés, on en conviendra, ne peuvent pas entrer en
 première ligne dans l'appréciation. Or que reproche-t-onaux artistes
 du moyen âge ? Qu'ils     n'ont pas peint
                                         à la façon des Lebrun, que leur
 métier n’est pas compliqué comme le nôtre ; au fond pointautre chose.

 En vérité ce n'estpas assezraisonnable; ilserait plusjuste d'apprécier
 leurs grandes qualités, qui sont essentielles, en faisant un effort pour
 «e dégager de notre milieu et se reporter dans le leur, seule manière
 de les juger sérieusement : on ne peut faire un reproche àdes artistes
 duXIIP et du XIV* siècle de ne pas avoir travaillé pour le public du
 XX: ils ne pouvaient ÿ penser.

                                                              Marc GaïDa.

| UNIVERSITY OF MICHIGAN CHRONIQUE

ROME

    De commissione pontificia ad reconciliationem
         dissidentium cum ecclesia fovendam
                        LEO    PP. XIII
                         MOT PROPRIO

Optatissimæ in una fide reconciliationis earum genlium, quæ a romana Ecclesia matre non uno tempore nec una de causa secesse- runt, nova quodammodo Nos ponere inilia et plena caritatis admovere invilamenta, jam inde ab apostolica epistola Præclara, studiose con- tendimus. — Ad rem quidem eam sumus aggressi, quæ, ut alias monuimus, diuturni sit laboriosique operis, eademque utilitatis non ita proxime eventuræ. At vero, præter summam divinæ opis fiduciam qua maxime sustentamur, oplima quæque sunt Nobis adjumenta in id quæsita; in primisque visum est pro gravitate et amplitudine causæ opportunum, aliquot ex Dilectis Filiis Nostris S. R. E. Cardi- nalibus in communionem consiliorum adsciscere. Tales reapse insti- tutas apud Nos congressiones, principio ad rationes ecelesiarum orientalium spectare voluimus; placuitque propterea advocare et audire præsentes Venerabiles quoque Fratres, earumdem nationum vario rilu Patriarchas. Ita factum feliciter, ut quædem rerum capita sint a Nobis, edità haud multo ante constitutione Orientalium dignitas ecclesiarum, definita et decreta : quæ, lametsi per se ad veterem eatholicorum legitimam per Orientem disciplinam conservandam luendamque propius pertinent, æque tamen unitati allis in gentibus edintegrandæ posse conducere manifestum est. — lamvero hune primum reputantes inilarum congressionum fructum, eisque coninuandis probe intelligentes quantum præsidii ad ceteras etiam propositorum partes jure liceat expectari, idcirco induximus animurñ illud providere ut huiusmodi institutum certiore quodam pacto cer- tque constantia, quamdiu ipsa postulaverit res, permaneal vigeatque secundum vota perutile laque sententiam Nostram litteris his tradentes, peculiare esse ac stabile Consilium, quuntur, Commissionem decernimus atque edicimus, proprio munere et cura deditam reconeiliationi dissi- dentium fovendæ. Ea constabit ex nonnulli R. E. Cardinalibus, quos Pontifex nominatim designet, quibus ipse præsit, quique coram eo statos habeant conventus. Primosque ex inslituto nominamus :

MiecisLavu Lenocnowskr BexEniervM MaRIAM LANGÉNIEUX ManianvM RAMPOLLA DEL TINDARO VINCENTIVM VANNVTELLI ALOISIEM GALIMBERTI HERWERTVM VAVGNAN Josepnvu MARIAM CRANNIELLO CaMILLVM MAZZELLA.

                                 UNIVERSITY 0     UCHIGAN

LIVRES ET REVUES 223

mt præterea, ut sacris in Consiliis urbanis assolet, convenienti

œumero Consultores, item a Pontifice designandi : in quibus pari eoi habebuntur quos Patriarchæ catholici orientales, tamquam legs suos in Urbe consistentes, singuli singulos, destinaverint. Cnsaltorum sit, doctrinam suam, prudentiam, rerum usum naviter conferre cognoscendis instruendisque eausis quæin deliberationem Pontlicis et Cardinalium, quos supra diximus, deferantur : deferet autem ille ex Consultoribus, eui Pontifex mandaverit cjusdem missions esse ab actis; cui propterea licebit eis ipsis ponti cmgressionibus ex oflicio interesse. Hec vero consilia et decreta, quorum exitum auspiciis providen- fissimi Dei præcipue commendamus, rata firmaque consistere auclô- riale Nostra volumus et jubemus. Datum Romæ apud Sanctum Petrum die xiX marlii anno MDCCCYE, Punticatus Nostri decimo octav LEO PP. XUL. — Il est d'usage à Rome, pendant l'octave de l'Épiphanie, de faire célébrer en l'église Sant’ Andrea della Valle, des fonctions suivant les diférents rites catholiques. Le soir, un sermon est donné dans une des principales langues de l'Earope. Les deux orateurs français devaient être, cette année, Mer Bouvier, évêque de Tarantaise, et M. l'abbé Duchesne. On avait mème demandé à l'éminent directeur de l'École française de parler sur l'Union des Églises. Malheureusement, l'abbé Duchesne a souffert, "temps derniers, d'une indisposition assez grave, qui l'a em- thé d'accepter une si honorable invitation. Tous les amis de la Revue Anglo-Romaine, en particulier, le regret- lervnt vivement.

Décorations. — Dans la liste des décorations parue à l'occasion du premier de l'an, nous avons remarqué les noms : de Mgr Wil iez, le vénéré évêque d'Arras; de l'abbé Armand David, prêtre de la Mis- un, correspondant de l'académie des Sciences; de M. Germain, curé dk Saint-Baudile, à Nimes; de Mme Manise, en religion sœur Saint- Rémi, attachée à l'hospice mixte de Reims

                    LIVRES ET REVUES

Dinossaime GREC-FRANÇAIS DES NOMS LITURGIQUES en usage dans l'Église grecque, par Léon Clugnet, licencié ès lettres, Paris, Alphonse Picard, 1895. In-8°, X-186 pp. Celivre répond à un besoin réel de la société chrétienne dans nos js occidentaux. En général dans l'Église latine, — el c'est là une

                                                       riginal fn

                                                 UNIVERSITY 0       ICHIGAN

22 LIVRES ET REVUES

négligence que je ne puis, pour ma part, m'empêcher de blèmer, — nous nous intéressons trop peu aux Églises orientales. Nous devrions pourtant nous rappeler que le christianisme nous vient d'Orient et qu'en Orient aussi il a connu autrefois des époques d'une incompa- rable splendeur. — Pour ce qui regarde spécialement la liturgie grecque, il est une autre raison qui devrait nous porter à nous en occuper davantage : c'est que, dans notre liturgie latine, nous avons conservé pas mal de termes grecs, dont les fidèles devraient com- prendre la signification, Prenons un exemple familier. Nous faisons un usage très fréquent du mot Derologie, notamment dans les grandes fêtes. Cependant combien y a-t-il de fidèles, même assez instruits, qui seraient très embarrassés pour donner l'exacte signification de ce mot ? M. Léon Clugnet a eu done une excellente inspiration en voulant nous initier à la connaissance des termes si nombreux de cette belle liturgie grecque. Son cadre est,à ma connaissance, assez bien rempli. Son livre se lit avec aisance, je dirai même, avec un certain plaisir, et accuse de sérieuses recherches. Je ne pourrais du reste mieux faire connaitre la marche de l'auteur qu'en citant un exemple. Je l'emprunte au temps que nous traversons : nous sommes dans la huitaine de Noël. Or voici ce que je lis par rapport à cette fête: l'évans, aus,à (class. génération, naissance), 1° UK Xporc l'émm, la naissance du Christ, dont la fête est célébrée le 23 décembre. On dit aussi à Xererems. Celle fèle est appelée également [és ou mieux ar Ilézza, par opposition à Îa grande solennité, de résurrection, ’Avéstaze, ou de Pâques, proprement dit, “Aer Hécys. — Narivrras Doux, Mativilé de Notre-Seimneur, Noël. — 2 FH l'évrqne vhs Oeeréreu, la naissance de la Mère de Dieu, dont la fête est célébrée le 8 septembre, — Nanivrras B. M. V. Mabvité dela Sainte Vierge. — 3° "M L'évrqns re recpénes nai Baruetd ‘ludmes, la Naissance du Précurseur. On en fête l'anniversaire, le 24 juin. — Nariviras S. JoanniS BaPristx, N'afivilé de saint Jean-Baptiste. Au lieu de +éwñas on emploie souvent l'un des mols yevduev, yes, evéauy et yevésta (page 29). L'auteur me permettra-t-il de lui adresser quelques légères cri- tiques? Je ne sais pas si M. Léon Clugnet a une idée très claire de la science liturgique. En tout cas, il semble que, de ce côté, sescon- naissances soient, je me garderai bien de dire fausses,mais inexactes. Ainsi, rien que sur le titre de son livre, je relève deux inexactitudes. Pourquoi mettre Dictionnaire des Nos liturgiques, quand il y a beau- coup de mots qui ne sont pas des noms ? Si M. Léon Clugnet fait une seconde édition de son livre, je lui conseillerais de mettre Dirlion- uaire des TERMES liturgiques ele... L'autre inexactitude est peut-être plus nde. L'auteur parait se faire une idée trop large de la liturgie. Voilà pourquoi il insère dans son Dictionnaire un certain nombre de mots qui n'appartiennent pas slrictement à la liturgie. Ex. colonne (Kré, terme d'architecture), dignité, ('Aëwuz, lerme de hiérarchie), légut (ÉEsgyes, terme de fonctions). Mais ce ne sont là que des imperfe l'auteur de faire disparaitre, quand il le voudra. Son grande valeur. Il ne tient qu'à lui d'en faire un livre parfait.

                                                        V. Ermont.




                               UNIVERSITY OF MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS 225

Doctores, et Pastores : per quorum luborem et ministerium in omni regione mundi magnum gregem collegit, quo Nominis sancti tui laus æterna celebraretur : Pro his tantis æternw twæ bonitatis benefciis, et propterea quod hos præsentes famulos iuos vocare dignatus es ad idem officium et ministerium in salutem humani generis institutum, gratias üibi ex animo referimus, laudmnus et adoramus te : suppliciter rogentes per eundem Filiura tuum, ut omnibus aut hic aut alibi nomen tuum invo- cantibus tribuas gratum tibi animum pro his et ceteris beneñciis tuis exhibere, et in cognitione et fie tui et Filii tui per Spiritum Sanctum quotidie erescere et proficere : adeo ut tam per bos ministros tuos, quam per eos super quos constituti fuerint ministri, «anctum Nomen tuum in æteraum glorificetur, et amplificetur benedictum regnum tuum; per eundem Filium tuun Jesum Christum Dominum nostrum, qui tecum vivit et regnat in unitaie ejusdem ancti, per omnin sæcula Ræcu- lorum. Amen.

Hac cratione perfecta, Episcopus cum Presbyteris qui prasentes sunt manus imponat super capita singulorum ordinandorum; suscipientibus humiliter genulezis, Episcopo œutem dicente :

Accipe Spiritum Sanctum! : quorum remixeris peccata, remittuntur vis; et quorum retinueris, retenta sunt : esto etiam fidelis verbi Dei, et sanctorum ejus Sacramentorum dispensator : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

Episcopus unicuique eorum tradat in manus Biblia, dicens ?, Accipe potestatem prædicandi verbum Dei, el administrandi ancta Kucramenta in ista congregatione, in qua fueris ad hoc constitutus. Quibus peractis populus Credo cantet, et exinde ad Communionem per- yalur, quam omnes qui ordinantur simul percipere debrnt, et in eodem loco in quo manus sibi impositæ sunt permanere, donec perceperint Commu- nionem.

Peracta Communione, post ultimam Orationem, et immediate ante bene- dictionem, recitetur hæc Oratio.

Super hos famulos tuos, quæsumus, Pater misericors, cælestem tuum “ffunde benedictionem : ut omni justitia induantur, et verbum tuum per ipsorum ora prædicatum tum beue succedat, ut nunquam frustra profe- ratur. Nobis etiam, rogamus, eam gratiam tribue, ut idem sanctissimum verbum tuum pro instrumento salutis nostre audiamus et amplectamur, quatenus in omnibux dictis operibusque nostris gloriam tuam queramus, ® regni tui augmentum, per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen.

Si autem uno eodemque die Diaconatus et Presbyteratus conferantur, omnia ad sacram Communionem fiant sicut in vrdinatione Presbyterorum habentur, Ezceplo quod pro Epistola tertium caput primæ ad Timotheum lotum legatur, sicut in ritu de Presbyteris adhibetur, Post Epistolam statim Diaconi'ordinentur. Et sufficiat ut Litania semel tantum dicatur 3,

226 REVUE ANGLO-ROMAINE THE FORM OF CONSEGRATING UF AN ARCHBISHOP, OR BISHOP. At the Communion. The Epistle. This is a true saying..... «are Of the evil speaker. The Gospel. Jesus said 10 Simon. Feed my sheep. Or else out of the tenth chapter of John, as before in the order of Priest. After the Gospel und Creed ended, first the elected Bishop shall be presente hy tro Bishops ? unto the Archbishop of that provinee, or Lo some other Bishop appointed by his commission 3, The Bishops that present him saying. Most reverend father in God, we present unto vou this godllé and well learned man, 10 be consecrated Bish Then shall the Archbishop demand the Queen's mandate for Lhe consecration and eause it to be read. And the oath touching the knowledge of the Queen's supremacy shall be ministered to the person elected, as it is set out in the Order of Deacons. And then shall be ministered also the oath of due obediener unto the Archbishop, as followreth. The Oath of due Obedience Lo the Archbishop. In the name of God, Amen. I N, chosen Bishop of e Church and see of N. do profess and promise all due reverence and obedis bishop, and to the Metropolitica l Church of N. and 10 their successors : help me God through Jesus Christ This oath shall not be made at the consecration of an Archbishop. Then the Archbishop shall more the congregation present 10 pray : sayivy thus unto them. Brethren, it is written in the Gospel of saint Lul , that our Saviour Christ couté ed the whole night iu prayer, or ever that he did choose and send forth his .xü. Apostles. It is written also in the Acts of the Apostles that the Dixciples which were at Antioch did fast and pray, or ever they Jaid hands upon, or sent forth Paul and Barnabas. Let us therefore, follov- ing the example of our Saviour Christ and his Apostles, first fall 10 prayer or that we admit and seud forth this person presented nnto us 0 the work whereunto we trust the Holy Ghost hath called him. And then shall be said the Litany, as afore in the order of Deacons, And after this plare : That it may please thee to illuminate all Bishops, ete. Me shall say. Tha please he 10 bless this our brother elected, and t0 send ty grace upon him, Chat he may duly exeeute the office where unto he is called; Lo the edifying of thy Church, and t6 the houour, praise, and glorr ofthy name. Answer. We besceeh thee to hear us, good Lori Concluding the Litany in the end with this prayer. Almighty God, giver of all good things, which by thy Holy Spirit bast appointed diverse orders of ministers in (hy Church, mercifully beold this thy servant, now called to the work iministry of a Bishop. and reple- nish him so with the truth of thy doctrine and innoceney of life, chat both by word and deed he may faithfully serve thee in this office, 10 the glors of thy name, and profit of thy cougregation : Through the_merits of our Saviour Jesu Christ : who liveth and reigneth with thee and the Holy Ghost, world without end. Amen, 1 1550, having upon him a Surplice and a Cope. 1682 (vested with his rochel)

1550, (being also in Surplices and Copes, and having their Pastoral Slaves in

their hands). 34662, /he Archbishop sitling in his chair near the Holy Table.

                                      Original from
                                  UNIVERSITY OF MICHIGAN

REFUS ONDINATIONUM ANGLICANCS 227

      BITES    AD CONSECRANDUME           ARCHIEPISCOPEM        AU     EPISCOPUM

                                  A4 Communionem.
                                         Epistola.
 Fidetis    ermo :              jueum diaboli.
                                  Evungelium,
 Dicit Simoni Petro...      Pasee oves meas.

Sice ee decimo eupite Johannis sieut antea in ritu pro Preshyteris orli- nandis Post Ecangelium et Credo primo Episcopum Electun* Arrhiepiscop pro rinci, ut ali Episcopo ejus commissione munito ?, præsentent duo Episeopis, dents

 Reveremdissime in De Pater, presentamus tb li                      1e pium doctumqu

Sirum, ut in Episcopum eonseeretur.

 Dinde Archiepiscopus regium de consecratione præceplum deposcat, et

lyendum curet. Et juramentum de regia supremitate ab Electo exigatur, ut in ordinatione Diaconorum habetur. Postea juramentum obedientiæ Archie- vécapo debitæ, prout sequitur esigatur. dramentum obedientiæ Arehiepiscope debitæ, ln Dei Nomiue, Amen. Ego N. Ecclesi et Sedis N. Episcopus electts. dekitam reverentiam et obedientiam Archiepiscopo et E tropoli- Be X. et suecessoribus eorum, me per omuia exh profitear et prnitio. Sie me Deux adjuvet, per Jesum Christ

 He juramentum in Archiepiscopi consecratione non præstetur
 inde Archiepiscopus populum sic alloquens ad orandum ehortetur :

Fratres, Seriptum est in Evangelio secundum sanctum Lucam. quo Cinstus Salvator erat_pernoctans in orationc. priusquam duodecim Aestolos suos eligeretet emitterer. Seriptum est etiam in Actilis Apost um, quod discipuli qui eraut Antiochie jejunahant et orahant, prins- jam Paulo et Barualxe mauus imponerent, eosque emittereut. Nos Patur. Christ Salvatoris et Apostolorum exemplum sequentes, priusà rationem nos conferam mamus, et ad opus illud emi sratum esse confidimus.

 Deinde dicatur Litania. sicut supra in ordinatione Diuconorum. Post he

tem rerba + Ut omues Episcopos, ete., dicatur: ‘ Ut hune fratrem nostrum electum benedicere digneris, et super cum satiam tam mittere, ut munus ad quod vocatur rite sustineat; ad ædifi- tionem Ecclesiæ te, et ad houorem, laudem, et gloriam Nominis ui

le. Te rogamus, audi nos. ln fne Litaniæ dicatur he sequens Oratio:

Omnipotens Deus, omninm bonorum dator, qui per Spiritum Sanetum vum varios ministrorum ordines in Ecclesia tua constituisti : Respice hune famulum tuum, ad opus et ministerium Episcopale un

a pere quamore tibi in hoc officio fdeliter du Nominis, et ad”eommodum congregationis tu; per. meril mstri Jesu Christ, qui tecum vivit et reguat in unitate Spiritus Sa veromnia sweula séeulorum, Amen,

! 1550, Superpellicio el capa indutum. 1662, rochelo indutum. 21662, im sede sua jurta Sacram Mensam sedenti 315%, Superpelliciis eb e duti, el bacula pastoralia in manibus tenentes.

                                                                    Original from
     PS                                                        UNIVERSITY OF MICHIGAN

REVUE ANGLO-ROMAINE

Then the Arehbishop sitting in a chair, shall say Chis 40° him thaE 4 to) consec rated. Brother, forasmueh as holy-seripture and the old Canons commaideth, that we should not be hasty in laying on hands, and admittingofs person to the government of the. congregation of Christ, which he purchased with no less price than the efusion of his own hloodzafore that L'admit jou to this admpistration whereunto ye are called, Dwill ext mine you in certain articles, to the end the present may have à trial and bear witness, how ye be minded to behavé yourself the chureh of God. Are you persuaded that you be truly called 10 this ministration, AGDE ding 10 the will of our Lord Jesus Christ, and the order of this real Ansier, Lam so persuaded. The Archbishop.

re vou persuaded that the holy seriptures contain xuificiéntiy allie
   required of necessity for eternal salvation, through  the faidh/in est

Christ? Aud are you determined, with the same holy seriptaires Most he people committed 10 your charge, and to teach or mantain RotHinEA required of necessity Lo eternal salvation, but that You shall persidel may be concluded and proved by the same? Answer. Lam so persuaded and determined by God's grace.

                               The Archbishop.
 Will vou then faithfully exercise your self in the said holÿ Sérptures,
 d call upon God by   prayer for the true understanding of the Kamé/SOAs

ÿe may be able by them 10 teach and exhort with wholesome dbétriés and to withstand and convince the gainsayer? Answer. 1 will s0 do, by the help of God. The Archbishop.

 Be you    ready with all faithful diligence to banish and drive away ALES
                   ge doctrine   contrary to God's word, and hoth private
   openly to call upon and encourage other Lo the same?
  nswer. Lam ready, the      Lord being my helper.

                                 The Archbishop.

 ill you deny all ungodliness and worldlÿ              lusts,   and ivélsoleris
                            this world, that       you may shew your seal

things an example of good works unto other, that the adversar ati ashamed, having nothing to lay against you? Answer, 1 will so do, the Lord being my helpér.

                                 The Archbishop.

 Will you maintain
                and          set forward (as much
                                                as shall lie in You) (uit

ness, pence and love, among all men: «éd ai 24e SN and ériminous within your diocese, correct and punish according authority as ve have by God’ word, and as to you «hall be comitielis the ordinanee of this realm? Answer. À will so do, by the help of God#

 VA62,                               The Archbishop.
 Will you be       fuithfal in ordaining, sending, or laying hands pou elherst
 Answer, 1 will do so by the help of Go

MITCS ORDINATIONUM ANGLICANCS 229

Dinde Archiepiscopus. in faldistorin sedens consecrandum alloquatur, diem Frater, quoniam Sacra Seriptura et antiqui Canoues precipiunt, ne que cito manuum impositione admittamus ad regendam congregationenr Christ. quam nou alio pretio nisi proprio sanguine efTuso acquisivit riusquam te ad hoc ministerium,ad quod vocaris, admittam, examninabo te in quibusdam articulis, ut probatione habita populüs testari possit, qua- luer velis in Ecclesia Dei conversari. Persuasum est tihi, te ad hoc ministerium vere vocari, secundum volun- tem Domini nostri Jesu Christi, et disciplinam in hoc regno cons utam? Resp. lin mihi persuasum est.

                                     Archiepiseopus.

Persuasum est tibi,in Seripturis sacris suficienter contineri omuem dctrioam, ad ætervam per fidem in Jesu Christo salutem necessario susoi- ivudam? Et decrevisti en quæ ex eisdem sacris Seripturis intelligis, Hebem tuæ euræ commissam docere, et nihil tradere, uihil affirmare, unquam ad salutem æternam necessarium, nisi de quo bi persuasum fuert per easdem concludi et probari pose? Rap. Gratia Dei ita mihi persuasm est, et ita decrevi.

                                     Archiepiscopus.

Visigitur teipsum in eisdem sacris Seripturis fideliter exercere, et Deum rsorare ut eus recte valeas intelligere : quatenus per eas potens sis docere a vxhortari in doctrina sana, et vis qui contradicunt resistere eosque arguere hp. Volo hoc facere, eumi Dei auxilio.

                                     Archiepiseopus,

Paratux es amovere aique depellere, omni fidelitate et diligentia, vmueux fan et alienam doctrinam, verho Dei contrariam; et alios ad id hcendum tam privatim quam publice adhortari et incitare? Rep. Ad hoc, adjuvante Domino, paratus sum.

                                     Archiepiscopus.

Vis abnégare omnem impietatem et sæcularia desideria, et sobrie, juste,

Vis, quantum ex te erit, inter omnes tranquillitatem, caritatem, atque ace conservare et promovere; et eos qui intra Diccesim tuam sedi- ‘se, contumaciter, et nefarie <e gesserint, ea potestate corrigere et

punire, quam ex Dei verbo habes, quæque per hujus regni leges tibi com- aitietur?

Rep. Volo hoc facere, cum Dei auxilio t.

! lt, Archiepiscopus. Vis at mittendo alios, ixque manus lis esce in ordinando imponend® Hp. Volo hoc facrre, ï

                                                                        riginal from
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210 REVUE ANGLO-ROMAINE The Arehbishop. à

               shew your self gentle, and he imereiful for ChisPs sake                 (on
                       . and 10 all strangers déstitute f hélp#

Answer,À WU so shewe my self by God's help, The Archtishop.

Almighty God our‘heavenly Father, who hath given you a good Mill té do all these things, grant also unto yon. strength and power 40 pero the same : that he accomplishing in you the good work which he hat Legun, ye may be found perfect and irreprehensible/at the-latter daÿ” through Jesu Christ our Lord. Amen. Then shall be sung or said. Come Holy Ghost, ete. as it is set out in the of, of Priests 1. That ended, the Arehbishop shall say. Lord hear our pr Ansier, And let ry com toÜ

                                         Let us praÿ.

Almighty God, and most merciful Father, which of thy infinite goodness us ihy only and most dear belveod Son Jésus Olrist, Ko be ner and author of everlasting life : Who, after that he had inade, perfect our redemption by his death, and was ascended into heaven, pôuréll down his gifts abundantis upon men, making some Apostles, sonic PRE phets, some Evangelists, some Pastors, and Doetors, 10 the edifying an inaking re of his congregation : grant, we beseech thée, 10 this Mhÿa servant 8 te may rer be reaty SE Gopel and glnd tidingsof reconcilement 10 God, and to use he given unto him, not to destroy, but 10 save; not to hurt, but 10 Helen that be as a wise and faithful servant, giving to thy family) meatii due, the Inst daybe received in to joy, through désu ChrisQour + who with tee, and the Holy Ghost, liveth and reignetlr mc M without end, Amen.

   Then the Archbishop and Bishops present shall lay their hands upon the

of the elected Bishop, the Archbishop sayinÿ. Take the Holy Ghost, anber that thou.stir up thé grace of GO aihee by imposition of bands: for God hath not given ts Ale : but of power, and love, ande soberness 1 Then Ike Archbishop shall deliver him the Bible, sayirg *. à unto “reading, exhortation and doctrine, Think upon lise itained in this book : be diligent in them, that Lie inerte ge thereby may be manifest untd - Take heed unto thy#elf

   1 1662, Tien shall he Bishop elect put «on the. rest
                                                     af. Le rest of te Ep

habit : and neeling down, Veni Creator Spirits, +hal be sung of said oberhime he Arehbishop beginning, and the Bishopr, with others Ua are present} 41e ring by verses, as followelh VAS Rent /ine ai Ohost, for ibe Office 208 Wok ol A RE committed unto {he by the Imposition of oùrliandsÿ.Inibe Name of the and of the Son, and of the Holy Ghost. Amen,And that thou stir up the grace of God which is given thec by this Impoaitiont one hands : for God hath not given us 1be spirit of fear, but of power and IOtS nl soberness, Then le Archbishop shall tay lhe Bible npon His Neek, nine RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS

                             Archiepiscopus,

Vis paup eribus et indigentibus et omnibus peregrinis auxilio destitutis, 1e propter Christum affabilem et misericordem præestare

                           e, cum Dei auxilio.
                             Archiepiscopus.

Umnipotens Deux, Pater noster cælestis, de cujux munere venit ut wc ounia facere velis, virtutem etiam ad ea exxequenda tibi concedat: ut, im in te honum opus quod cæpit perfciente, in novissimo die perfectus « inveniaris: per Jesum Christum Dominum nostrum.

Dinde cantetur aut dicatur Veui Creato ; etc., sieut in ordinatione Pres- bytrrorum exhibetur +.

                   Quo fnito, dicat Archiepiscopus :

Domine, exaudi orationem nostram, Resp. Et clamor noster ad te veniat.

                                  Oremus.

Omnipotens Deus, Puter misericors, qui ex infinita onitate tua dedisti unieum et dilectissimum Filiur tuum Jesum Christum, ut sit Redemptor nuster, et auctor vite sempiternæ : qui post redemptionen nostram morte sua perfectam, et ascensionem suam in cœlos, dona sua super hominex abundanter effudit, faciens quosdam Apostolos, quosdam autem Propletas, alios vero Evangelistas, alios autem Pastores et Doctores, ad ædificationem et cousummationem congregationis suæ : Da, quesumus, eam gratiam huic famulo tuo, qua semper paratus sit ad evangelizandum bona tua, ad prædicandum reconciliationem : et potestate quam tribuis non in destru- ciiouem, sed in salutem, nou ad injuriam, sed ad auxilium utatur : qua- tenus, ut fidelis servux et prudens, familiæ tue dans cibum in tempore opportuno, in gaudium tandem suscipiatur; per Jesum Christum Dominum nostrum, qui teeum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per umnia sæcula «æculorum. Amen.

Tune Archivpiscopus el Episcopi qui adsunt super caput Electi manus impo- mnt, dicente Archiepiscopoà

Accipe Spiritum Sanetum, at memento ut resuscitex gratiam Dei, quæ in te ext per impositionem manuum : non enim dedit nobis Deux piritum timoris, sed virtutis, et dilectionis, et sobrietatis #.

Déinde tradat Archiepiscopus ei Biblia, dicens 3 :

Attende lectioni, exhortationi, et doctrine. Meditare ea quæ in hoc libro continentur : in his exto, ut profectus tuus manifestus «it omnibus.

14662, Deinde asumat Episcopus eleclus celera veslimenta Æpiscopalia; el super eum genuflezum canfetur aut dicalur Veni Creator Spiritus : incipiente Archiepiscopo, Episcopis aulem, aliisque qui adaunl, per alternos versus respon- dentibus, prout requitur. 34662, Accipe Spiritum Sanctum in Oficium et Opus Episcopi in Ecolesia Dei, per impésitionem manuum nostrarum jam tibi commissum : In Nomine Patris, of Fil, et Spiritus Sancti. Amen, Et memento ut resuscites gratiam Dei, que tibi datur per banc impositionem manuum nostrarum : non enim dedit nobis Deus spiritum timoris, sed virtutis, et dilectionis, et sobrietatis. *4550, Deinde Archiepiscopus Biblia super cervicem ejus ponat, dicens: 2: 2 REVUE ANGLO-ROMAINE.

and unto teaching, and be diligent in doing chem : for by doing this thou shalt save thy self, and them that hear fhee !. Be 10 the (lock of Christ a shepherd, not a wolf: feed them, devour them not : hold up the weak, heal the sick, bind together the broken, bring again the outeasts, seek the lost. Be s0 merciful, that you be not t00 remis :s0 minister discipline, that you forget not merey : that when the chief Shepherd shall come, ye may receive the immarceseible erown of glory, through Jesus Christ our Lonl Amen, Then the Archbishop shall procsed to the communion, with whom the new consecrated Bishop with other shall also communieate. And the last Collet, immediately before the benediction, shall be said this prayer. Most merciful Father, we beseech thee to send down upon this thy ser- vantthy heavenly blessing, and so endue him with thy Holy Spirit, thai he, preaching thy word. may not only be earnest 10 reprove, beseech, and rebuke with all patience and doctrine, but also may be to such as believe an wholesome example, in word, in conversation, in love, in faith, in chas- y, and purity : that faithfully fulfilling his course, at the lattér day he may receive the erown of righteousness, laid up by the Lord the righieous judge : who liveth hand reigneth, one God with the Father and the Holy Ghost, world without end. Amen.

1 1550, through Jesas Christ our Lord. Then shall the Archbishop put into his hand the Pastoral Staff, saying : Be to the Rock, te.

                                       Original from
                                         SITY OF MICHIGAN

RITUS ORDINATIONUM ANGLICANUS 233

Attende tibi, et doctrine : insta in illis : hoc enim faciens, et teipsum salvum facies et eos qui te audiunt 1. Esto gregi Christ pastor, non lupus: pasce eum, noli devorare. Quod intirmum est, consalida: quod ægrotum, frac alla quolahectum st, rue; and peci roquire remissior : ita disciplinum exhibeas, ut mixe ricordiæ non obliviscaris : quatenus, cum venerit Princeps pastorun cipias immarcescibilem gloriæ coronam: per Jesum Christum Dot uostrum, Amen.

Deinde Archiepiscopus ad Communionem pergat, eum quo Episcopus jam consecratus una cu alüis communicare debet. Et pro ultima Oratione, imme- diate ante benedictionem hæe divatur :

Super hune famulum tuum, quesumus, Pater misericors, cælestem tuam effunde benedictionem; et eum Saneto Spiritu tuo it adorna, ut verbum tuum prædicans, non solum studeat arguere, ohsecrare, increpare in omni patientia et doctrina, sedexemplum sit salutare fidelium. in verbo, in conversatione, in charitate, in fide, in castitate et_in puritate; quatenus cursum suum fideliter consummans, accipiat in die novissimo coronam justitiæ, a Domino justo judice repositam : qui cum Patre vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia stcula seculorum. Amen.

11550, per Jesum Christum Dominum nostrum. Deinde Archiepiscopus ei in manu tradat Baculum Pastorale, dicens: Esto gregi, ete.

                                                  riginal from
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REVUE ANGLO-ROMAINE

      PRIÈRES EMPLOYÉES OÙ APPROUVÉES PAR L'ÉGLISE
                       COMME FORMES D'ORDINATION
                                               {
                                       1
                      FORMES DE L'ORDINATION DES DIACRES.
                            1. Ancienne liturgie Romaine ?.
  Adesto quæsumus, omnipotens Deus, honorum dater, ordinum distri
butor officiorumque dispositor; qui in te manens innovas Omnia, et cuneta
disponens per Verbum. Virtutem, Sapientiamque tua, Jesum Christum,
Filium tuum, Dominum nostrum, sempiterna providentiapræparas ei
   agulis quibusque temporibus aptanda dispensas; Cujus corpus, Ecelesium
tuam, cwlestium gratiarum varietate distinctam, suorumque connexam
distinctione membrorum, per legem totius mirabilem compagis unitam, in
augmentum templi tui crescere dilatarique largiris, sacri muneris servi-
tutem trinis gradibus ministrorum, nomine tuo militare constituens; electis
 ab initio Levi fliis qui mysticis operationibus domus tuæ fidelibus exeu-
Dis   permanentes, lwreditatem beuedictionis             æternæ sorte perpetua possi-
derent. Super hos quoque famulos tuos, quæsumus, Domine, placatus
intende, quos tuis saeris altaribus servituros
                                             in officium diaconi, suppliciter
dedicumus. Et nos quidem, tanquam homines, divini sensus et summer
rationis ignari, horum vitum, quantum possumus, æstimamus. Te autem
       1e, quæ nobis sunt ignota non transeunt, te oceulta non fallunt.
                                                                     Tu

potes adhibere judicium et vel indignis donare qu poseimus. Emitte      in
cos, Domine, quæsumus, Spiritum sanctum,  quo in opus ministerii fideliter
                ñ munere septiformi tuæ gratiæ rohorentur, Abundet in eis totius
                utis, auctoritas modesta, pudor constans, innocentiæ puritas et
                     disciplinæ, In moribus eorun præcepta tua fulgeant,
ut su eastitatis exemplo imitationem   sanetæ plebis acquirant, et bonum
conscientiæ testimonium præferentes in Christ firmi et stabiles perseve-
rent, dignisque successibus de inferiori gradu per gratiam tuam capere
potiora mereantur.
                          11. Ancienne liturgie   Gallieane 9.
    Domine sancte, spei, fidei, gratiæ et profectuum munerator, qui in
cwlestibus et terrenis angelorum ministeris ubique dispositis per omni
elementa voluntatis tuæ defendis affectum, hunc quoque famulum tuum
illum special dignare inlustrare aspectu, ut tuis obsequis expeditus
sanctis     altaribus minister purus aderescaf, et indulgentia purior, eorum
gradu quos Apostoli tui in septenario numero, beato Stephano duce ac
pravio, Saneto Spiritu auctore, elegerunt, dignus existat et virtutibus uni
versis quibus servire tibi oportet instructus compleat.
                                IL. Liturgie Grecque +.
  Domine    Deus noster, qui in præscientia       tua,   super destinatos al   imper-
 crutabili virtute tua ut ministri fiant et ilibatis mysteriis tuis deserviant.
      ti tui Spiritus copiam efundis; ipse, Domine,          et hune quem tibia   me
promoveri       complaeuit in diaconi ministerium in omni honestate fidei sacra-

  Canoniste contemporain,        septembre-octobre 1895.
       ‘e prière est tirée du Sacramentarium Leonianum. Elle se trouve aussi mot
à mot dans le Pontifical romain.
  © Cette prière est tirée du Sacramentarium Gelasianum et du Missale Franco
rum. Dans le Pontifieal romain, elle se trouve à la fin de lordination diaconale.
   “liy a deux oraisons dans la liturgie grecque : l'une et l'autre peuvent étre

ñ sardées comme suffisantes, L'opinion commune fait consister la matière de l'or ation diaconale grecque dans une première imposition des mains et la forme ns les paroles qui l'accompagnent: Divina gralia qui semper infirma curat

                                                   riginal from
            £            Goog                UNIVERSITY OF MICHIGAN

HETUS GATHOLICE 235

mentum in pura conscientin tenentem conserva; sgratiam vero Stephano protonartyri tuo in opus minister hujus a 1e primum vocato concesaum largire, et gradum a honitate tu xihi prestitum secundum beneplacitum tuuin administrare prebe: recte namque ininistrantes gradum sibi bonum acquirunt; et perfectum ostende servo tuo, Quia tuum est regnum et vir- tus et gloria, Patris et Fil et Spiritus Sancti, nunc et semper et in surcula swculorum. Amen. Deus, Salvator noster, qui incorrupla tua voce miniterii legem Apostolis tuis sanxisti et protomartyrem Stephanum ejusmodi renuncineti, pri- vumque teipsum diaconi opus adimplentem predicasti, sicut in Evangelio to scriptumn est : Si quis vult in vobis prior fieri, eslo minister vester ; line, Domine, servum tuum hune, quem diaconi ministerium subire voluisti, saneti et vivifici tui Spiritus adventu. omni fide et charitate et virtute et sanctificatione adimple. Non eoim in manuum mearum impositione, sed in abundantium miserationum tuarum visitatione, gratin te dignus exhi- betur : ut et hie omni peccato alienus factus. inculpate tibi astet, et sin- ceram promissionis tur mercedem reportet. Tu enim’es Deus noster et bi gloriam referimus, Patri, et Filio, et Sancto Spiritui, nunc et semper et in sæeula sæculorum. IV. Liturgie Copte 1. Dominater Domine Deus 01 ipotens, verus, verax in repromissionibus tuis, dives in omnihus invocantibux té, exaudi nos, rogamus t« : illumine faciem tuam super servum tuum N... qui promovetur ad dinconatum per sufragtum et judicium eorum qui eum in medium duxerunt; imple eum #piritu Sancto et sapientia et virtute, quemadmodum implevisti Stepha- num Protodiaconum et Protomartyrem, similem pasxionibus Christi tui. Orna eum gratia tua, constitne eum ministrum nltaris tui sancti, ut minis- iret secundum heneplacitum tuum in officium diaconi, quod ipsi commis sum est, sine opprobrio et peccato, ut dignus evadat gradu altiore. Non enim data est gratia per impositionem manuum nostrarum, qui utique peceatores sumus, sed per visitationem misericordierum tuarum uberum conecduntur que ei conveniunt. Me quoque purifiea ab immunditiis omnibus ab omnibus peccatis alienis, libera me ab üis que mea ipsiux sunt, por mediationen_unigeniti tui Filii Domini nostri et Dei nostri et Salvatorix nostri, Jesu Christi, per quem. cie. V. Liturgie Maronite 2. Deus qui ædificax Ecclesinm tam illamque fuudas, qui auges et implex defectus ipsius per manus sanclorum tuorum, qui in omnibus generatio- nibus ad illius gubernationem ordinati fuere; tu, Domine, in hac hora aspice servum luum et demitte in eum gratiam Spiritus tui Sancti, reple el ea quæ desunt adimplet, promovet X. piissimum subdiaconum in diaconum: oremus pro eo ul venial auper eum gratia Sanctissimi Spirilus, 1\ n'est pas proba- ble que ces paroles soient la forme de l'ordination diaconale : elles ne sont que le décret d'élection, qui correspond à celui du Pontiflcal romain : Auziliante, etc. De même pour le presbyiérat ei lépiscppai. Mo, p. 3, exeret, [cap ni.

en prières, accompagnées de l'imposition des mains, et dont chacune pourrait À bon droit paraitre suffisanto pour l'ordination. Toutefois les rubriques et céré- monies acgostoires qui préchdent la priére : Deus qui ædificas, supposent claire. ment que le diacre nest pas encore ordonné, tandis que les rubriques suivantes indiquent non moins évidemment que la partie essentielle de l'ordination est accomplie, est permis do penser que lOrdinal maronite aura reçu des accros sements successifs empruntés aux liturgies voisines, 236 REVUE. ANGLO-ROMAINE. eum tua fide, charitate, virtute et sanctitaie et quemadmodum gratiam dedisti Stephano, quem primum vocasti ad hoc ministerium, ita coneede ut super lune quoque servum tuum veniat auxilium de caælo : nou enim per impositionem manuum nostrarum_ peccatricium, sed per operationem uberum tüarum misericordiarum datur gratia üis qui illa digni sunt. Hdcireo rogamus et obsecramus te, lihera nos à participatione peeratorum ali norum, quia tu es qui retribuis unicuique homini secundum opera su Tribue itaque nobis, Domine, ut nihil agamus inordinate, sed concede nobis scientiam ad eligendum eos qui idonei sunt, et ut admoveamus illos altari tuo sancto, ut irreprehensibiliter ministerium suum expleant ad pro- fectum et incrementum populi toi, neque sint offendiculum Ecclesiæ tue et ipsi liberentur à reatu æterno, nos autem evadamus retributionem timendam eorum qui peccant in altaria tua. Et conversus ad altare extollit vocem suam a dicit : Ut puro corde stantes coram altari tuo saneto inve- mus misericordiam una um hoc servo tuo in die justæ retributionis quia Deus misericors et benignus es, tihique convenit gloria, et honor, potestas, ete. VL. Liturgie Nestorienne 1. Domine Deus, fortis, omuipotens, sanctus et gloriosus, qui servas pa tum et gratiam, et veritatem timentibus um, et custodientibus mandata ipsius; Tu, qui dedisti per gratiam tuam cognitionem veritatis omnibus hominibusin manifestatione Filii tui unigeniti, Domini nostri Jesu Christ quæ in carne facta est; et elegisti Ecclesiam tuam sanctam, et constituist iu ea prophetas et apostolos et sacerdotes et doctoresin consummationt sanctorum, ae posuisti iu ea etiam diaconos puros ad. ministerium myste- riorum tuorum gloriosorum et sanetorum; et quemadmodum elegisti Ste- phanum et socios ejus, ita nune quoque, Domine, secundum misericordiam tuum da servis tuis istis gratiam Spiritus Sancti, ut sint diaconi elec in Ecclesia tua sancta, et ministrent altari tuo puro cum corde mundo et conscientia bona; et splendeant in operibus justitiæ ad ministerium myste- riorum tuorum vivificorum et divinorum, ac mereantur accipere a te hona cullestia in die retributionis pro ministerio hoc puro et sancto, quo minis- tant coram te, per gratiam et miserationes Unigeniti tui, cui et uibi. et Spiritui Sancto, gloriam, honorem, confessionem et adorationem referamus. nune, etc.

                     VIL. Liturgie Arménienne ?.
   Domine Deus fortis et glorificate ab omnibus, magnæ et tremendæ

voluntatis tue famuli funt creaturæ ewlestes et terrestres prompta obe- dientia; magis etiam intellectuales et rationales, dispositi tua voluntate ad ministerium Ecclesiæ tuæ perfciunt magno cum gaudio mandata tua. Gri- tas agimus tibi, qui in omnibus fortis es et non indigens, qui tu cle mentia respexisti gemus humanum et elegisti tibi Ecclesiam a nobis. templum habitationis sanctissimæ gloriosæ Trinitatis tuæ, et disposuisti in ea diaconos ad ministerium sanctæ Ecclesiæ tuæ. Deprecamur te. Domine, ac petimus a bonitate tua, respice oculo propitio de præparata habitatione tua super bune famulum tuum, qui ordinatus est nune ad minis terium Ecclesiæ tuæ sanctæ. Constantem conserva eum in vocatione ad quam vocatus est. Remove eum ab omnibus rebus malis, Corrobora eum in omnibus operibus bonis, et adauge in eo caritatem et fidem. Da ei vir- tutem et gratiam sancti Stephani, protomartyris tui et primi diaconi, ut repletus Spirit tuo Sancto permancat immaculatus in ministerio_meusæ lu sanctæ, Incensando moribus bene olentibus et bonis operibus in sancta

! Dexzoun, op. cit. p. eu. 3 Ex Danone, 0p. cils p. 288

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RITUS CATHOLICI 237

  tua Ecclesia, lætificet seipsum et omnes vicinos et remolos, et dignus eff"
 ciatur tempore convenienti adipisci magnum gradum presbyteratus, per
 gratiem et clementiam Domini nostri Jesu Christi, qui invilavit nos ad
 suum regnum   et gloriam. Et tihi Patri omnipotenti et Filio tuo unigenito
 et Sancto Spiritui tuo vero gloria,          potestas, etc.
              VIN.         Liturgie des Constitutions Apostoliques +.
   Deus omnipotens,         qui verax es, qui non mentiris,           qui              tuas
 effundis in omnes qui te invocant in veritate, qui terribilis in coneilüis,            qui
 sapiens cogitatione, qui  validus et magnus, exaudi orationem nostram, et

; auribus percipe preces nostras, Domine, et ostende faciem tuam super |. hunc servum tuum electum tibi in ministerium, et imple eum Spiritu ! Sancto et virtute, sicut implevisti Stephanum Protomartyrem et im torem passionum Christi tui: et concede ei, ut ministerio sibi commisso, ad voluntatem tuam constanter extra querelam et crimen administrato, majore deinceps gradu dignus habeatur, per mediatorem Christum et uni- genitum Filium tuum, cum quo tibi gloria, honor et veneratio, nunc et semper, et in sæecula sæculorum. Amen.

                      FORMES DE L'UNDINATION DES PRÊTR
                            1. Ancienne liturgie Romaine *.
  Domine sencte, later omnipotens,  æterue Deus, honorum omuium et
 omnium dignitatum quæ tihi militant, distributor, per quem proficiunt
 universa, per quem cuncta frmantur, amplificatis semper in melius naturæ
 rationabilis incrementis per ordinem congrua ratione dispositum; unde
 sacerdotales gradus et officia levitarum sacramentis mysticis instituta cre-
 verunt, ut eum Pontifices summos regendis populis præfecisses, ad eorum
 societatis et operis adjumentum sequentis ordinis viros et secundæ digni-
 ttis eligeres. Sic in eremo per septuaginta virorum prudentum mentes Moysi
 spiritum propagesti, quibus ille adjutoribus usus in populo, innumeras mul.
 titudines facile gubernavit. Sic in Eleazaro et Ithamar, filiis Aaron, paternæ
 plenitudinis    abundantiam transfudisti, ut ad hostias salutares et frequen-
 tioris officii sacramenta sufliceret  meritum ? sacerdotum. Hac providentia,
 Domine, Apostolis  Fili tui doctores fidei comites addidisti, quibus illi orhem
 lotum secundis prædieatoribus impleverunt. Quapropter infirmitati quoque
 nostræ, Domine, quæsumus, hæc adjumenta largire, qui quanto magis fra-
 giliores samus, tanto his pluribus indigemus. Da, quæsumus, Pater, in hos
 famulos tuos presbyteri dignitatem. Innova in visceribus eorum spiritum
 sanctitatis. Acceptum a te, Deus, secundi meriti munus obtineant, censu-
 remque morum exemplo suæ conversationis insinuent. Sint probi coopera-
 tores ordinis nostri. Éluceatin eis totius forma justitiæ, ut bonam rationem
 dispensationis sibi creditæ reddituri, æternæ beatitudinis præmia couse-
 quantur. Per, etc.
                        IL. Ancienne liturgie Gallicane 4.
   Santificationum omnium auctor, cujus vera consccratiu, cujus plena
 benedictio est: Tu, Domine, super hos famulos tuos, quos presbyteri
 honore dedicamus, manum tuæ benedictionis his infunde : ut gri
 actaum, et censure vivendi probent we. esse seniores, his instituti disci-
 plinis, quas Tito et Timotheo Paulus exposuit : ut in lege tua die ac nocte,
 Omnipotens, meditantes, quod elegerint et credant; quod crediderint,
  { Mon, De sacr. ordin., p. 38.
  + Cette   "prière est   ürée du    Sacramentarium Leonianum. Elle s0 trouve aussi
 dass le Pontifcal romain.
   3 Pontificale, rectius : minislerium.
   4 Voyez le même traité, p. 360, 367. Cotte prière est tirée du Sacramentarium
 Gelarianum e% du Misale            Prancorum. Elle est égulement dans Le Pontfical romain.

238 REVUE ANGLO-ROMAINE doceant: quod_ docuerint, imitentur : justitinn, constantiam. misericor- diam, fortitudinem in se ostendant, et exemplo probent, admonitione con- irment : ut purum atque immaculatum ministerii tui donum custodiant: et per obsequium plebis tuæ [panem et vinum in] corpus et sanguinem Filii tui immaculata benedictione transforment : et inviolabili eharitate in tis_plenitudinis Christi, in die justitier eterme judicii, constantia (conseientia] pura, fide plena, Spirit Sancto pleui persolvant. Per, ete. TT. Liturgie Grecqne !. Deus principio et fine carens, omni ereatura autiquior. qui preshyteri appellation dignos in gradu isto veritatis tr verbum sanctificare habitos decorasti ; ipse_omnium Domine, istum quem tibia me promoveri com- ñ tione_ineulpata et fide indeliciente ingentem etiam gratiam Sancti tui Spiritus recipere complaceat, et perfectum servum tu in omnihus tihi placentem, concesso sibi à præsciente ua virtute maguo hoc sacerdotali honore, digne conversaturum renuntia, Quia tua est potentia, ettuum est regnum et virtus et gloria. Patris, et Filii,et Sancti iritus, nune et semper etin secula sæeulorum. Deus in virtute magaus, intellectu investigalibis et mirabilis in consilis super filios hominum, ipse, Domine, etiam et_istum quem tibi preshyteri gradum subire complacuit, dono Sancti tni Spiritus adimple, ut inculpate Saucto tuo altari assistere diguus fiat, regni tui evangelium annuntiar. veritatis tu verbum sanctificare, dona et hosüas spirituales tibi offerre populumque tuum per lavacram regenerationis innoyare, ut et ipse in seeundo magni Del ot Ralvatoris mostri Jesu Chrini unigeniti adventu occurreus, rect administrationis, propri ordinis. in multitudine bonitatis tu mercedem accipiat. Quia benedictum et glori- ficatum est venerandum et magnificum nomen tuum.

                                  IV. Liturgie Maronite ?
 Deus magne et admirabilis, per doua et miracula gloriosa qua operaris

et facis, quorum non est numerus, qui es magnus virtute et. magnus sapientia, stupendus in mirabilibus et magnus ac gloriosus in relus stu- lis, qui oceultorum es cognitor et cordis ac renum serutator, atque hominum cogitationum penetrator; tu etiam nune, Domine Deus, qui nosti occulta et manifesta hujus servi tui et omnia que fecit et facit in onspectu tuo, item et nostra occulta, quoniam omnium vita in men- mn posuisti; tu, inquam, Domine Deus, qui in omnibus generationibus clegisti tibi sanctos et_perfectos ae facientes bona eosque constiti ministerium tuæ divinitatis et altaris tui sancti, modo ergo, Domine Deus, lice eum per gratiam et promove per misericordiam tuam hunc tuum serv N., qui propter multam tuam beniguitatem ac donum divine tuir sratie presentatus est hodie ex ordine diaconorum ad _gradum altum ti sublimem_presbyterorum. Tu, Domine, concede ei mores honos et pre- süntes, ut stet coram te sine maeula et ministret coram altari tuo sine reatu; concede etian ill ut digaus fiat, qui nitide ministerium exhibeat tu0 saucto evangelio et honoret thronum tuum sanctum ibique offerat sacri- licia perfecta et dona spiritualia atque renovet populum fidelem per la crum spirituale regenerationis sancti baptismatis: omnibus opera lucis osteudat; et dignum ipsum redde, Domine, ut quiseumque facit, recte et

srue peragat, Écclesiam sanctam prclaris suis operibus ornet, bon etur et justitiam exerceat per donum hoc sanctæ manus impositionis quum a te accepit, ut custodiat verbum tuum evangelicum, et glorificetur !'Ici encore nous trouvons deux oraisons. Toutes les deux sontune forme suffisante. Dexanoer, op. ei, pe 133, — Méme obserration que pour le diaconat..

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Be. HS L L

                              RITUS CATROLICI                            230

vomen tuum sanctuin in cælo et in terra, et ita, Domine, in ecclesia sancta, quæ commissa est servo tuo N., cuique seipsum is devovit et ad nomen ejus presbyter ordinatur; et præsta ill ut cum gaudio tibi ohviam procedat in magno die adventus tui gloriosi eu angelis tuis in ordine præclaro presbyterorum recipiaique a te mercedem œconomatus cum lucro talent, quod negotiatus est per miserationes tuas perpelues. Quoniam Deus misericors es, etc. V. Liturgie Copte !. Dominator Domine Deus omnipotens, qui creasti umnia per Verbum luum cowternum, provideus omnibus per temelipsum secundumr benc- vlacitum tuum, qui respicis omni tempore super Ecclesiam tuum sanctam. facienx eam crescere et eos qui sunt antistites in ea (faciens eos) aueri, et dans virtutem cis ut lahorent verho et opere : respice super servum tuunr N....., qui promovetur ad presbyteratum secundum suffragium et judicium eorum qui eum in medium duxerunt; imple eum Spiritu Sancto et gratia timentem ante faciem tuam, ut præsit ct regat populum in corde puro,quem- almolum respexisti super populum tuum quem elegisti, et. mandasti servo tuo Moysi, ut eligat sibi presbyteros eos quos tu replevisti Spiritu Sancto non manufacto (inereato), qui a te procedit. Diaconus dicit : Orate! Sacerdos [Episcopus prosequitur] : Ita, Domine, exaudi nos, quesumus te, st eustodi in nobis etiam Spiritum Sanctum gratie tu non manufactum fincreatum); concede ei & ntiæ tuæ, ut sit plenus virtutibus salutaribus et verbo doctrinæ, ut erudiat populuin tuum in mansuetudine et serviat tibi in sanctitate et mente pura et anima candida, ut perficiat opera sucerdotii super populum tium, qui pro debito prodent miseriam sum ei, ut regeneret eos per regeuérationem lavacri. Me vero etium muuda ab omnibus peccatis alienis, et libera me ab iis quæ ipsius sunt, per mediationem unigeniti Filii ti Domini nostri et Dej nstri et Salvatori uostri Jesu Christi, per quem, etc. VI. Liturgie Nestorienne ?. Domine Deus fortis omnipotens, factor cæli et terre, et omnium, qui ineis sunt; qui elegisti Ecclesiam tuam sanctam, et coustituisti in ea Pro- phetas, Apostolos, Doctores, Sncerdotes ad consummationem etad opus ministeri, et in ædificationem corporis ecclesiastic Deus magne virtutum, rex omnium sæculorum, respice e servos tuos, et elige illos electione sancta per inhabitationem Spiritus $ et daillis in aperitione oris sui sermonem veritatis, et elige illos ad sacerdo- tum, Domine Deus fortis, ut ponant manus suas super infrmos et curen- tur: et corde puro, conscientiaque bona inserviant altari tuo sancto, offe- rentes libi oblationes orationum, et sacrificia confessionum in Écclesia tua rancta, et virtute doni tui ministrent, ac sanctificent sinum propitiantem in renerationem mysticam eorum, qui a gratia tua Vocantur ad participatio- nem adoptionis filiorum dominationis tue: operibus quoque justi filios Ecclesiæ sanctæ catholieæ ad laudem nominis tui sancti; et sit vis fiduciain sæculo novo pro ministerio hoc puro, quod coram te præstant, stentque confidenter coram tremendo majestatis tue solio, per gratiant et misericordiam Unigeniti tui, eui et tibi et Spiritui Sancto gloriam, hono- rem, confessionem et adorationem referamus. Nune, etc. VII. Liturgie Arménienne 3. Domine Deus omuipotens, piissime, providenti me, creator Omnium ! Dxwznums, op. cil., pe 24. 2 DexaNoer, op. cit., p. 296. 8 Dexainoen, op. cit, p. SUR. 240 REVUE ANGLO-ROMAI' creaturarum, visibilium et invisibilium, tu habits in terrihili et inacces: hili luce et abyssi profunditatum apertæ sunt coram oculis tuis. Te cir- eumstant exercitus eælestes, Angeli, Archangeli, Potestates, Principatus, Throni, Dominatioues, Seraphim et Cherubim omnesque incorporeæ vir- tutes, et epinicio hymno semper te glorifeant. Tu, Domine, virtutum omnium, in omnibus fortis et non indigens, clementissima voluntate tu misertus humiliationis generis humani, segregasti tibi ab omnibus homi- vibus populum peculiarem, Ecclesiam tuam sanctam, quam corpus et mem- bra tua nominasti, et constituisti in ea sacerdotes pascere populum tuum. Exaudi, Domine, et nune vocem deprecationum nostrarum, et quem ele- gisti et ad presbyteratum recepisti famulum hunc tuum N., nune ordina- tum, immobile conserva in hoc sacerdotio ad quod vocatus est. Concede ei cor rectum ut diligenter observet omnia mandata tua; diligat te ex tota mente sua : incedat inculpate in viis justitæ puro corde et sincera fide ; abundet in honis operihus, juxta voluntatem tuam rectissimam ;_stet co Stanter et immaculate in sacerdotio coram te in catholica Ecelesia, sdificatus et confirmatus super petram fidei Apostolorum et Prophetarum; seminabit enim vivificam et orthodoxam fidem apostolicæ Ecclesiæ in omnibus se audientibus. Concede_illi gratiam apostolicam ad fugandos et repellendos omnes languores exitiales et spiritus immundos ab hominibus, impouente eo manus, et invocante omuipoteus nomen_tuum super eos. Dignus sit vo- irituin Sanctum de cælis ad spiritualem vitam regeneratorum, inno- acro lavacro, quo consequentur magnam gratiam adoptionis tua, credes regni cælorum templumque Spiritus Sancti, baptizati cum le. Peragat terribile et sanctum sacramentum corporis sanguinisque Do- mini et Salvatoris nostri Jesu Christi in remissionem culparum digne com- municatarum: quin et omr um sacerdotii sui integre et sanct adimpleat, et sit glorifieator sanctissimæ Trinitatis, et premium cum beatis Apostolis recipiat in vita æterna, dupliei honore dignus effectus. Per gra- liam et misericordiam Domini nostri et Salvatoris Jesus Christi, qui invi- tavit nos et vocavit ad suum regnum et gloriam; cum quo te Patrem omni potentem, una cum vivifico et emundante Spiritu Sancto, decet gloria, potestas, etc.

             VIIL. Liturgie des Constitutions Apostoliques +.

Domine omnipotens Deus noster, qui cuncta per Christum condidisti, et universa per ipsum providentia, ut cuique naturæ convenit, euras : qui enim potest varia elficere, hic etiam potest varis modis providere. Propter hoc enim immortalibus quidem sola conservatione prospicis: mortalibus autem successione ; animæ, studio legum; corpori, expletione. indigentiæ. Ipsr igitur et nune respice Ecclesiam tuam sanctam, eamque auge, et eos qui in ea præsunt, multiplica. Da illis virtutem ut verbo et opere ad ædifica- tionem populi tui laborent. Ipse etiam nune respice super hunc. famulum tuum suffragio_et judicio_totius Cleri ordini Presbyterorum ascriptum : et imple eum spiritu gratiæ et consilii ad opitulandum populo tuo, ad eum- que corde mundo gubernandum ; sicut respexisti populum tuum electum, et sicut Moysi jussisti Seniores eligere quos spiritu implevisti. Idem nunc. Domine, præsta, servans in nobis spiritum gratiw tuæ non deficientem, ut plenus operationibus ad sanandum aptis, sermone ad docendum idoneo, populum tuum mansuete erudiat, serviatque tibi sincere, ac mente pura. animoque libenti, ac pro populo to sara rite et sine vitio operetur ; per Christum tuum, eum quo bi gloria, honor, cultus, et Saneto Spiritui sæcula. Amen. ! Morun, op. ci pa Le Direcleur-Gérant : FERNAND PORTAL. PARIS. IPRINERIE FL VÉQRCE casser. 17.

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