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Post-Vatican II etude-privee
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4 ANNÉE 11 JANVIER 1896

                                REVUE

ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE

Te es Potras, où su Spiritus Sanctus po per hane petram suit opiseopos ro

xdifabo Éeclesian gore Ecclesiam Dei. mem... 08 bi Ac xx. #8, ésbo elayos ...

Marne xt, 140.

                                SOMMAIRE :
      Lot...             La Prière pour les«     15 dus l'antiquité
                           ébréticane

Eux Bauruen..... | Pourquoi la Franco est-el e rest aigue = Acsnx Ricmanpson. 254 Chronique 25

                        Livres ot                                             EN
           Documxxrs ... Ritus catholi
                           em Pol p                                           #3



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       RÉDACTION                    ET    ADMINISTRATION
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                                         LRU




                                                          riginal fn
                                                     UN   SITY OF M     (CHIGAN

PRIX DES ABONNEMENTS TARIF DES ANNONCES

             FRANCE                 ,                             A   LA PAGE:
                                -       201.
                                                                                              30 tr.
                                .       HMtr.
                                                                                              20 fr.
                                         Gfr.
                                                                                 esvnve       10 fe.

          ÉTRANGER                                                A      LA LIGNE :

UN AN. ...... 25fr. Sur 4/2 colonne: la ligne. 1 fr. Six mois. 43 fr. TROIS MOIS. Tfr. Les annonces sont reçues + Ofr. 50 aux bureaux de la Revue 17, LE NUMÉRO ÉrRancen.. 4 fr. » rue Cassette, Paris.

Les opinions émises dans les articles signés n'engagent que la responsabilité des auteurs.

      MÉDAILLE DE JEANNE D'ARC
             Jeanne        terrassant la Franc-Maçonnerie

A l'heure présente, un peu nartout, mais seulement son étendard où brillent les surtout en France, deux armées sont aux noms de Jésus et Marie. De l'extrémité de prises : l’arméo de Dieu et do la religion, la harpe, elle frappe ct traverse lo dra- ei la franemaconneric. son représentant la Franc-Maconneric. Le Le Souverain Pontife a dénoncé le danger inonstre est revêtu dos insiynes maçonni- qui menace la société civile, en méme temps ques; dans sa rage impioil renverse lo ca= que Le caractère criminel de lu secte, sex lice et l'hostie, ei] exhale son cri de rage ; Prajels el ses artifices. Ni Dieu ni Maitre. Lo che If invite les chrétiens à combattre ct à Saints Mystères repousser l'ennemi, non pas avec des an Jeanne triomphe dans sa faiblesse, en ines dissimulées ou dans les ténèbres, poi ant le cri de guerro: De par Le Hos en pleine lumière et bien ouvertement, du Ciel! On à voulu répondre à la voix du P. Ona su, avec un art parfait, renfermer- par une médaille que chacun porte dans les limites étroites d'une médaille comme un signe do sa foi et de sa soumis fout ce drame religieux et patriotique. sion. C'est un petit chef-d'œuvre de dessin et de. Cette médaille qu vre d'art, réunit l'amour de gl SNous tenons cette médaille on argent à l'amour dé la Franco sous les traits de | di tion de nos lecteurs Jeanne d'Arc terrassant aine-Maro: 1 suit d'adresser. en. mandat-poste. rie. autant de fois 4 fr. 25 que l’on désire re- “out 1e monde con l'ordre venu du grand Maitre interlisant aux loues d'accep 30 en sus pour fer la féte mationdle de Jeune la bonr Française, el, l'opposition que e 4 duusaine et : continue de faire à la Pucelle et à son et pour les localités desservies par le ch: triomphe. min de fer. en raison de la valeur déclarve. C'est do IA que vient l'idée ou le dessin compigr un minimum de deux francs de ia müdaile, pour Le pure l'emballa Jeanne à cheval, armée du secours de Envoyer les lettres ot mandats à M. l'ade Dieu, ne porte ni casque ni Imiistrutcur de la Hevue. ép e; elle tient eue Cassette

           SEUR
                          licencié és lettres     DAMES            {5e nononmblen la mére er lu

PROFES liéres de lin, grec, Lerons _ particu- littérature et ph ro eu BAS fille, habitant entre le Trnca- le bois de Boulogne, prendraiont spécialement recommandé. S dames besinnnaires, Confurt ei pris. mo s hureaux de la Rerue. dérés. LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE

Le culte des morts est aussi ancien que l'humanité. Partout il atteste, sous diverses formes, la croyance commune en la survivance de l'âme et en la vie future, Il ne serait même pas difficile de retrou- ver, dans les différents rites funéraires des peuples, l'idée d'une intercession des vivants pour les morts, Toutefois, le peuple juif était seul, avant le christianisme, à invoquer directement Dieu en faveur de ses défunts. La Bible témoigne de la coutume d'Israël. Le Livre saint déclare que « c'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés »!, Ce pieux usage a passé dans l'Église catholique. Il est vrai qu'on ne trouve mentionnée en aucun des livres cano- niques du Nouveau Testament, ni dans aucune des œuvres authen- tiques des Pères du premier siècle, la prière pour les morts. Mais la tradition supplée à ce silence, Dans l'Église elle est d'une autorité égale à celle des écrits évangéliques; elle est l'expression de la doctrine chrétienne, aussi bien que la parole conservée dans les Livres Saints, « Lors même, dit saint Augustin, que nous ne trouverions dans l'Écriture aucune parole relative à la prière pour les morts, nous devrions tenir grand compte de la coutume établie par l'autorité de l'Église universelle : c'est elle, en effet, qui a placé la recommanda- tion des défunts parmi les prières que le prêtre offre à Dieu pendant le sacrifice de l'autel. » Comme le constate le grand évêque d'Hippone, et avant lui Tertullien?, parmi les saintes pratiques dont l'origine remonte aux temps de la primitive Église, figure la coutume d'offrir pour les morts le sacrifice eucharistique. De temps immémo- rial, l'antiquité chrétienne a demandé à Dieu pour eux « le rafrai- chissement, la lumière et la paix », suivant la formule même consa- crée par la liturgie romaine de la messe. Toutes les liturgies, le texte des constitutions apostoliques, # dix

1 II Macch, x, 43. 2 De cura pro morluis, $3. 5 De monog., c. x; De cor. milit., cut.

VII, 44 et 42.

 REVUE   ANGLO-ROMAINE, — Te 1

Æ UNIVERSITY OF MICHIGAN 242 REVUE ANGLO-ROMAINE

passages des écrits des Pères des n°, me el iv siècles montrent que l'Église tout entière avait coutume de prier pour les morts, d'offrir à leur intention le saint sacrifice de la messe. Les témoignages authentiques de cette pieuse et salutaire coutume se sont tellement multipliés avec les découvertes archéologiques modernes, qu'il devient impossible aujourd'hui de la mettre en doute sans contester les documents originaux eux-mêmes qui l'attestent. Les plus importants, ce sont les inscriptions chrétiennes, latines et grecques, recuellies à Rome et dans toutes les parties de l'ancien monde romain. Ce que les Pères des premiers siècles, Tertullien, saint Cyprien, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Ambroise, saint Augustin, affirment dans leurs écrits, les épitaphes des tombeaux chrétiens nous le montrent en pratique. Plus de cinquante textes lapidaires des pre- miers âges provenant de l'Italie, de la Syrie, de l'Égypte, de l'Afrique, des Gaules, de l'Espagne, de la Germanie, témoignent que, dans toutes les chrétientés primitives, on priait pourles morts et qu'on les invoquait aussi. Ils confirment ce que disait saint Paulin de Nole au commencement du nv siècle : « L'Église universelle a coutume de prier pour les défunts » ?, Un grand nombre de ces textes sont connus et ont été cités çà el la ?, Il ne sera pas sans intérêt d'en rappeler les principaux et de les grouper ici pour en faire ressortir l'enseignement.

Dans les inscriptions funéraires, l'intercession pour les morts se présente sous différentes formes. Tantôt, ce sont les défunts qui, du fond de leur tombeau, se recom- mandent eux-mêmes aux prières des vivants :il en est ainsi dans les inscriptions suivantes de provenance romaine :

                    OMNS QI. INTRATIS

                  IN HANG AVLAM DEL

                  ORATIONE ORATE PR. ME
                  PECCATORE

Vous tous qui entrez dans le temple de Dieu, intercédez dans vos prières pour moi, pécheur.

                               ROGO VOS ONNS QVI RINC

                  TRANSITIS ORAE PRO ME ©

Je vous supplie, vous tous qui passez ici, priez pour moi.

1 CLS. Aug. de cura pro mortuis $ 3. « Universa pro defunctis Ecclesia supplie care consuovit. » k 2 En particulier, par M. Tourret, Étude épigraphique sur un traité de saint Augustin, dans Revue archéologique. Mars-Mai"1818.

                                            RSITY OF   MICHIGAN

LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ GHRÉTIENNE 243

                        ++   ROGO VOS HO

                        NES QI LEGITIS HORATE PRO                           x

                        ME PECCATORE....... !

Je vous supplie, vous tous qui lisez ceci, priez pour moi, pécheur.

Tautôt les parents, les amis, qui ont élevé le tombeau et fait gra- wrl'épitaphe, sollicitent eux-mêmes les prières des fidèles en faveur de leurs chers défunts. Un des plus remarquables exemples de ce genre est celui que four- si l'inscription du tombeau de la chrétienne Lucifera de Rome, dont son mari fait le plus touchant éloge. On y lit :

   PR

   IKSCRIBL VT QVISOVIS DE FRATRINVS LEGERIT      ROGET   DEV.

   VT SANCTO ET INNOCENTE SPIRITO AD DEVM SVSGIPIATVRŸ

.. Elle a mérité que cette épitaphe fut gravée à sa mémoire, afin que Charun des frères qui la léra prie Dieu pour qu'elle soit regue avez une âme sainte innocente dans le sein de Dieu.

On ne saurait voir exprimer plus nettement que dans cette antique épitaphe, d'une authenticité certaine, le souvenir des morts, le soin de prier pour eux. L'Espagne chrétienne nous fait lire cette vieille inscription qu'on crait moderne, tant elle ressemble aux pieuses formules dont on

«sert encore aujourd'hui pour recommander les morts aux prières des chrétiens :

          OBTESTOR VOS OMNES QV MAC LEC-

          TVR ESTIS VT PRO REQVIE ILLIVS ORARE)
                                      {non esters*

Je vous supplie, vous tous qu lisez ceci, de ne pas manquer de prier pour va rep os.

Cest la même formule perpétuée dans une inscription du midi de k France :

             2e ORATE OMS PRO ANIMA TRASEMIRIÉ

Priez tous pour l'âme de Trasemère.

D'autrefois, la prière des parents ou amis s'adresse directement à

! Jacoris, De Bonusæ el Mennæ tilulo, p. 14. Meraront, Nov. fhes ver, inseripl., p. MeaLt, n° 11. ? Le, Disser£. ad Severæ epitaph: p. 167; Fabretü, Inse. dom, vut, 110; Ode- Sa Sylloge, p. 205. “Hcuxen, Inser. Hisp. christ. n° 248. ? Le Braxr, Jascr. chret. de la Gaule, 621, B.

                                                       iginal from
                                                 UNIVERSITY
                                                         OF      MICHIGAN

244 REVUE ANGLO-ROMAINE

Dieu. Sous ce rapport, l'épigraphie fournit des invocations analogues à celles de la liturgie. Une inscription d'Italie conservée dans la basilique de saint Ambroise, à Milan, contient les mots suivants :

                            e                   + OMNIPOTENS

              DEVS TE DEPRECOR VT PARADISVX LVCIS POS
              sn vous,     «      .   «    .!

Dieu lout-puissant, je vous supplie qu'elle puisse voir le paradis de la Lumière.

C'est la prière d'un mari à Dieu pour sa femme. Parfois, le défunt implore lui-même la miséricorde de Dieu, avec l'espoir que les fidèles qui passeront devant sa tombe feront pour lui la même prière :

              KE (Koge) MNHZHOTEI TOY AOY
              AOY ZOY AIGEPIKOY 2

Svigneur, souvenez-vous de votre Ethérieus..

Telle est encore la formule très fréquente :

              KYPIOE MNHEOH THE KOIMHZEQZ XQY :

Ou celle-ci :

              YO! O 6E0Z THN WYXEN YMON

On invoquait aussi les saints et les martyrs pour les morts :

        SANCTE LAVRENTE SVSCEPTA (m) (h) ABEro
               AxDMA (im ejus)®

Saint Laurent, recevez son âme.

                MARTYRES   SANCT      IN   MENTE DA

                VITE MARIA (m)

Saints Martyrs pensez à Marie.

On élevait des monuments en leur honneur pour se les rendre favo-

Auuæamaxza, De Sepuleris christianis, p. 36. 2 Corpus. inscr. græc., n° 868. 3 Ibid, 9461

         Inser. regni Neapolit. 6136.
                  V, n° 1636.




                                      UNIVERSITY OF MICHIGAN

LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE 245

rables après la mort, comme le montre l'inscriplion suivante de Ravenne qui existe à la fois en latin et en grec : SCO IOANNI. THEODORVS CONSTANTINA

           IMPOSVERVAT PRO QYIETE ANIMAE?

Théodore et Constantine ont élevé co monument à saint Jean pour le repos de leur âme.

Les invocations aux martyrs et aux saints abondent dans les inscrip- tions funéraires. Les Catacombes fournissent maints exemples comme ceux-ci :

                   SANTE SVSTE IN MENTE HABEAS

                   IN HORATIONES    AVRELIV (1) REPENTINY (m)

Saint Sixte souvenez-vous dans vos prières d'Aurelius Repentinus.

                         MARCIANV SVCCESSVM SEVERVM

                         SPIRITA SANCTA IN MENTE HAVETE

                         ET OMNES FRARES NOSTROS

Ames saintes, souvenéz-vous de Marcien, de Successus, de Sévère et de Lou nos frères.

Si les fidèles désiraient tant être inhumés auprès de la tombe des martyrs et des saints, c'est qu'ils avaient confiance en leur inter- esssion après la vie. Les monuments épigraphiques fournissent de nombreux témoi- gages de confiance dans l'intercession des saints pour les morts comme pour les vivants. En résumé, il serait facile de relever dans les recueils épigraphi- ques un grand nombre d'inscription analogues aux précédentes, qui altestent l'usage universel d'invoquer Dieu pour les morts.

On objectera, il est vrai, que ces textes ne remontent peut-être pas au delà du 1v* siècle; or, à celte époque, bien avant Lutheret Calvin, l'hérétique Aérius protestait déjà contre la coutume en vigueur de son temps. D'après saint Épiphane, il prétendait que la prière pour ls morts, aussi bien que l'invocation des élus, était une nouveauté des temps postérieurs aux apôtres. Son témoignage en atteste évidem- ment l'existence à son époque; mais il ne suffit pas à convaincre cœux qui nient, depuis lui, que la pratique de la prière pour les morts soit d'institution apostolique. Cest déjà, pourtant, un sérieux argument contre l'objection d'Aé- rius que de constater de son temps l'universalité d'un usage qu'il Monaront, MMCXLVHIIX, n°8 7 et 4. *Dz Ross, Rom, Soblerr, Il, p. 17, 18, 383, 383, 385, 396.

                                                               UNIVERSITY OF MICHIGAN

nn |

246 REVUE ANGLO-ROMAINE prétendait être d'invention humaine. Car, comment expliquer que la Syrie et l'Égypte, Rome et l'Afrique, l'Espagne et la Gaule, l'Occident comme l'Orient, eussent dès lors adopté simultanément une pratique qui n'aurait point eu sa source dans la tradition ? Comment rendre compte de ces nombreux textes épigraphiques de tous pays, qui attestent que c'était déjà une habitude établie partout d'intercéder en faveur des défunts, d'offrir le saint sacrifice de la messe, de faire des prières et des aumônes pour le salut de leur âme? Mais on peut remonter sûrement plus haut que l'époque d'Aérius et retrouver des témoignages semblables dans les siècles antérieurs. Il y a une classe d'inscriptions funéraires, très communes dans les eatacombes de Rome et ailleurs, qui par leur brièveté et leur caractère simple, décèlent une haute antiquité. Ce sont les acclamations et les vœux des chrétiens pour ceux qui ont quitté cette vie etauxquels on souhaite le bonheur éternel. Telles sont les formules, latines et grec- ques, VIVAS, VIVAS IN DEO. ZHÈH, ZHÈAIS, ZHE EN 6EQ, avec leurs variantes, VIVAS CVM SANCTIS, INTER SANCTOS, VIVE ou en latin populaire, VIBE IN AETERNO, ë Quel est au juste, l'âge de ces inscriptions sépulerales ? Il y en a une qui peut servir à dater approximativement les autres, Un très beau marbre, gravé l'an 268, sous le consulat de Paternus, offre cette acclamation en latin grossier :

                           VIBAS INTER SANCTIS !

Les vingt autres épitaphes catacombaires qui font lire des souhaits ou prières analogues, doivent être rapportées à une époque voisine. On peut rapprocher de ces pieuses acclamations des expressions de

LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE 247

de l'âme du défunt en Dieu. Quelle qu'en soit la teneur, le vœu ainsi déposé sur la tombe d'un frère décédé est une prière, dans sa forme antique et simple. Il témoigne incontestablement de l'usage chrétien. L'épitaphe d'une néophyte romaine, du nom de Stralonice, exhumée du cimetière de Saturnin, mentionne ainsi son ensev ment par son mari : ET DEPOSVI EAM IN MARTYRIO PRECATYS

                                                    [eva Pace !

L'idée de la prière est formellement exprimée dans cette locution incorrecte PRECATYS CvA PACE, qu'il faut traduire avee Lupi, par PRE- CATVS LUI PACEM. Cette paix demandée par le mari pour sa femme, c'est la paix en Dieu, la paix éternelle dans l'autre vie, De là cette expression si touchante de xATvS 1x PAGE, employée dans 'épitaphe ci-dessous, pour indiquer le jour de la mort, qui était celui de la naissance à la paix bienheureuse :

                 PARENTES FILIO MERCVRIO            FECE

                 RYAT QUI VIXIT ANN.     V.    ET    MESES VIII

                 NATVS IN PACE QVINTV IDVS FEBRV. À

Les parents de Mercurius ont élevé ce monument à leur fils, qui a vécu cing ans et huit mois. Il est né dans la paix le cinquième des ides de février.

La formule si fréquente dans les inscriptions chrétiennes des pre- miers âges, REGESSIT IN PACE, OU PRAECESSIT IN PACE, où simplement 1x PACE, à la suite du nom du défunt? avec cette variante postérieure ixsomxo PAcIS, fait évidemment allusion à la prière qui accompagnait les funérailles chrétiennes et par laquelle on demandait à Dieu pour le défunt la paix. Quelle qu'en soit l'origine, soit qu'elle ait été empruntée au Eanon de la messe : « Memento etiam, Domine, famulorum famularum que tua- rum, qui nos præcesserunt cum signo fideï et dorméunt in somno pacis », soit qu'elle ait fourni, au contraire, le modèle de la prière définitivement consacrée pour 16 Memento des morts, cette formule antique et géné- rale aiteste un usage uniforme de prier à l' k C'est la conclusion de M. Edmond Le Blant, qui s'exprime ain à propos de la locution QvAE rRECESSIT 1N PACE, gravée sur une épi- taphe de Trèves, et de celte autre 1x souxo PAG : « Retrouvée àla fois, en Gaule, en Afrique et sur divers points del'Italie, cette double trace de la formule liturgique me -parait lémoigner de l'existence

1 Lupi, Dissert., ad Severæ epilaph., p. 35. 3 Mar. Acta S. Viet., p. 88. 3 On la trouve partout. Le cimetière gallo-romain de Saint-Eloi en a fourni deux exemples. Le Blant, 1, 209 et 248, 248 REVUE ANGLO-ROMAINE d'un texte de prière unique et arrêté, adoplé dans tout le monde chrétien dès les premiers siècles de l'Église 1, » IL faut, en effet, le faire remonter à la première antiquité, car l'expression PREGESSIT NOS 19 PAGE se rencontre déjà sur un marbre d'Afrique gravé en 403*; l'autre formule, DORMIT IN SOMXO PAC, tirée des Constitutions apostoliques , paraît également dans une inscription des catacombes de Rome, encore antérieure à celle-ci 4, Plusieurs des inscriptions qui contiennent l'une ou l'autre, quoique non datées, peuvent certainement être rapportées aux ru et 1v° siècles, Celle de Trèves mentionnée plus haut est relative à la femme d'un fonctionnaire du palais, Bonifacius, qualifié de À VESTE SAcRA, c'est à-dire préposé au vestiaire impérial. Les empereurs ayant cessé de résider à Trèves à la fin du 1v siècle, l'épitaphe de Maura est certai- nement antérieure, comme le fait observer M. Le Blant, à celle époque®.

A côté de ces pieuses supplications, contenant des souhaits ou des espérances pour les défunts, et que leur caractère ou leur date per- met d'attribuer à l'époque primitive du christianisme, se placent des inscriptions d'une antiquité aussi haute, rédigées en forme de prière expresse pour les morts. On connaît depuis longtemps la suivante quiremonte, sans contre dit, aux premiers siècles :

                        XALEMERE       DEVS    REFRI
                         GERET SPIRITVM TVVA

             vxA cv (spiritu) SORORIS TVAE HILARAE #,

« .... Que Dieu rafratchisse ton âme avec l'âme de ta sœur Hilara. »

En voici une autre semblable, provenant aussi des/catacombes, que l'on s'accorde à regarder comme appartenant au n° siècle de l'ère chrétienne :

   DEVS OMNIPOTENS REFRIGERET SPIRITVM TVVM 7.

« Que la Dieu tout puissant donne à ton âme le rafratchissement. »

Cette autre, plus précieuse encore, récemment exhumée du cime- tière de Priscille à Rome, n'est pas moins ancienne :

! Inser. Chrét. de la Gaule, 1, 385. 2 Revue archéol. t, IV, pe 662. S VIT 4 Lu BLawr. Inser, chrêt., I, n° 442. 5 0. c. 1, pp. 382-383. 8 Lupi. o. cp. 437 et pl. XVII. 7 Autan», Rome souterraine, p. 119,

                                     UNIVERSITY OF MICHIGAN

LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE 249

                        POSVIT IPERECHIVS

   -                      COIVGL ALBINVLE

                         BENEMERENTI   SIC

                       NT SPIRITYM TVVM DE

                          VS REPRIGERET‘

« Jperechius @ élevé ce monument à toi Albinula, sa très digne épouse, af que Disurafratchisse ton âme. »

Le mot réfriÿerium, réfrigerare figure maintes fois dans les épi- taphes des premiers chrétiens. Dans le langage de l'épigraphie chré- lienne, comme dans celui de la liturgie, il estemployé pour exprimer le soulagement et le bonheur des âmes qui ont obtenu la béatitude éternelle au sein de Dieu. Sous la forme où il se présemie dans les deux inscriptions précédentes et dans les autres semblables, il implique l'idée de suffrages pour les âmes des défunts. Celle idée est formellement exprimée dans la seconde, puisqu'il yest dit que la pierre fut posée pour que Dieu accordât « le rafrai- chissement » à l'âme d'Albinule. L'inscription du cimetière de Priscille se rapproche naturellement decette autre inscription des catacombes citée plus haut, où se lisent cs mots: Ut quisquis de fratribus logerit roget Deum ut sanclo et inno- tenls spiritu a Deo suscipiatur. Le sens de l'une et de l'autre se dégage clairement. Elles signifient toutes deux qu'elles ont été mises sur le tombeau pour solliciter des fidèles qui les lisaient, aussi bien que de ceux qui les ont fait graver, une prière dans le but d'obtenir le rufralchissement de l'âme du défunt. Il est impossible de se méprendre sur la signification primitive du motre/nigersum pour désigner la félicité du ciel, si l'on rapproche des

inscriptions qui le contiennent un document “célèbre de l'antiquité chrélienne. Les actes de sainte Perpétue rapportent une vision dans laquelle la sainte martyre vit apparaltre son frère Dinocrate jouissant du ryhigerium dans le jardin mystique, et d'où elle conclut que ce frère aimé était parvenu à la jouissance du bonheur éternel. On ne peut douter que les deux idées du refrigerium et de la béatitude céleste 2e 8e correspondent ici.

Comme les expression lux et par, employées à la fois dans le Sacra- uentaire gélasien et dans les inscriptions sépulcrales des Catacombes, pour indiquer le ciel ou le bonheur éternel, que l'on souhaite ou que lon demande à Dieu pour les défunts, le mot rérigerium appartient à l langue liturgique et aussi à la langue dogmatique primitives. llremonte plus haut encore avec son sens chrétien de repos et de félicité dans l'autre vie. On lit, en effet, dans Le Livre de la Sages

  1. le Moniteur de Rome, {4 juin 1893. REVUE ANGLO-ROMAINE

« Justus si morte præoccupatus fuerit, in REFRIGERIO erit. »! C'est le même mot, la même idée.

De même qu'on priait pour les morts, on les invoquait aussi. Les fidèles de la terre imploraient les suffrages de leurs frères décédés qu'ils se plaisaient à voir au sein de Dieu. Nombre d'inscriptions constatent ce pieux usage. Il en est parmi elles qui remontent aussi à une époque antérieure à Aérius, Selon toute apparence, l'inscription suivante, récemment décou- verte, appartient, comme le croit M. de Rossi, au commencement du 1v* siècle ; ATTICE

                                   DORMI IN PACE

                                DE TVA INCOLVMITATE

                            SECVRVS ET PRO NOSTRIS

                        PECCATIS       PETE    SOLLICITVS?

Attious, dors en pair, assuré de lon salut, et prie avec sollicitude pour nos péchés. |

On voit ici les parents d’Atticus implorer de leur enfant défunt, qu'ils supposent en possession de la béatitude éternelle, son inter- cession pour obtenir le pardon de leurs fautes. Comme pendant à ce touchant témoignage de piété paternelle, on peut citer cette inscription d'un fils unique orphelin qui réclame les prières de son père :

                     PRO HVNE VNYM ORAS SYBOLEM

                   QVEM SYPERSTITEM RE (li) QVISTI*

«_ Prie pour cet unique rejeton que tu as laissé survivant. »

Et celle-ci encore qui nous montre probablement des parents invoquant leur fils défunt :

                            GENTIANYS FIDELIS QVI VIX

                    IT ANNIS XXI MENSS VIIL DIES
                   XVI ET IN ORATIONIS TVIS

                   ROGES PRO NOBIS QVIA SCIMVS TE IN CHRISTO®

Gentianus, fidèle, qui a vécu XXI ans, VIT mois, XVI jours. Et dans Les prières, intercéde pour nous, car nous te savons dans le Christ.

Un autre chrétien formule cette demande :

1 Lib. Sapient., Sap. # 2 Le Moniteur de Rome, Mai, 1893. 5 Mami. Inser. Alb., p. 189. Ab. p. 37.

                        ;                  Original from
                            <         UNIVERSITY OF MICHIGAN

Re. .jiees

      LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE           251

                         ORO SCIO NAMQVE BEATAM
                                              !
Priez pour moi, car je vous sais bienleureuse.

                          PETE HRO FILUS TVis?

Priez pour vos fils,
Disent des fils à leur père.

                       PETE PRO CELSINVM CONIVGEM*

Prie pour Celsinus ton époux,

Dil un mari à sa femme.
La plus précieuse peut-être de celle classe d'inscription est une

charmante épitaphe grecque du cimelière de Sainte-Agnès, qui n'a pas été jugée postérieure au commencement du II siècle :

«   Denys, enfant innocent, repose ici avec les saints.
« Souvenez-vous
              de nous dans vos prières et du graveur et del'écrivain. » 4

Cette réciprocité de la prière entrè les vivants et les morts, attestée

par des documents aussi anciens, montre que, dans la primitive Église, le dogme de la communion des saints était entendu comme comportant un échange de mérites et de suffrages entre les fidèles de la terre et les chrétiens passés dans l'autre vie,

Il faut mettre à part, en raison de leur importance et de leur âge,

deux inscriptions, des plus célèbres aujourd'hui, qui toutes deux offrent l'expression de l'antique croyance de l'Église en l'eMcacité de la prière pour les morts. La première est la fameuse inscription d'Autun sur l'Hêxs; elle contient, après de pieuses effusions du chrétien Pectorius sur l'ali- ment mystérieux du divin Poisson qu'il va recevoir, la double prière que voici :

             ES (2380: # pi] mp, ae Arrdteue, qûe <d Oavévruv
             Aogavdie [ra] tp, tà up xeyapiopéve Oui
             En p [nrpk Thuxepr, ab sobre] fouctv dpolerr
             “H [ueves êv BE] pvhaso Ilextopiou 5.

        Que ma mère, je vous en supplie, ait le bonheur de
                  contempler la lumière des morts!
        Aschanduès, père bien-aimé de mon cœur,
        Avec vous, mère très douce, el tous mes proches
        Établis dans la gloire, souvenez-vous de Pectorius.
Plusieurs mots effacés de l'inscription donnentlieu à des conjec-
? Mami, Aroali Il, p. 266.
3 Ooæmicus, Sylloge, p. 262.
3 Ibid, p. 269.
4 Mancær. Monumenli, p. 404.
+ Au Séminaire d'Autun,

-252 REVUE ANGLO-ROMAINE tures différentes; mais, à travers les divergences de restitution, le sens général est clair et certain.‘ Pectorius assiste aux divins mystères qui se célèbrent, selon l'usage primitif, dans la chapelle du cimetière où reposent ses parents, où peut-être même dans un mausolée de famille. Dans ses mains il tient l'aliment divin, le mystérieux Poisson qu'il s'apprête à manger. Avant de le porter à ses lèvres, il lui adresse une ardente prière pour ses parents défunts, dont les corps sont là : pour sa mère, d'abord, nou- vellement déposée dans le tombeau, et à l'occasion de laquelle se célébrait probablement le sacrifice eucharistique mentionné dans l'épigraphe : « Que ma mère, je vous en supplie, ait le bonheur de contempler la lumière des morts! » ou, d'après une autre version, «Que ma mère repose heureusement, je l'en supplie, Lumière des morts! » Cette « Lumière des morts », appelée lumière d'en haut, dans une insenption française de Vaison : BONIS POSITIS IN LYCE SUPERNA ?, C'est Dieu, c'est Jésus-Christ, lumière du monde, c'est le séjour de la gloire et de la félicité éternelles. Après avoir prié pour sa mère, Peclorius se souvient de son père, mort depuis plus longtemps, de Lous les membres de sa famille, pour lesquels il a prié aussi durant le saint sacrifice, et il leur demande, à leur tour, du sein de la béatitude éternelle, de se souvenir de lui. L'inscription d'Autun, que les critiques les plus autorisés ont attribuée au second ou au troisième siècle, ne saurait être reportée plus bas que la première moitié du quatrième. Celte dernière épi- laphe est done un témoin irrécusable de la foi des chrétiens aux pre- miers âges de l'Église. Elle atteste le double usage de la prière pour les morts et de l'invocation des élus dans la primitive Église : A ce témoignage s'en ajoute un autre plus précieux encore, et de découverte loute récente, celui de l'épitaphe de saint Abercius, évêque d'Hiéropolis en Phrygie, au commencement du n° siècle. Ce marbre funéraire, que M. de Rossi a appelé « la reine des inscrip- tions chrétiennes », et qui a passé au musée du Vatican par la muni- ficence du sultan Abdul-Hamid, est l'inscription composée par le saint évêque lui-même pour être gravée surson Lombeau après sa mort. Abercius y rapporte qu'il a visité Rome, la cité reine, puis la Syrie et le pays au delà de l'Euphrate, qu'il a trouvé partout la foi et des confrères, et partout, sous la figure de lle divin, la nourriture céleste du pain el du vin euchark Il termine ainsi son épitaphe, intelligible seulement pour les initiés des mystères chrétiens :

1 On peut conjecturer, avec M. l'abbé Davin, qu'il ÿ avait le nom de la mbre SERRES Peel pese 3 Lu Branc, I, 43,

                                   UNIVERSITY OF MICHIGAN

de ro. |

   LA PRIÈRE POUR LES MORTS DANS L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE                  253
           Tara napersie elrov ’Afépnios dde yeagivar
           “EbBopnonsor Eros noi cirepor Mryov dan dGs
           Taëd” à vôv ebEarto Urèp Afepulou #8 E oupèés 1

« J'ai fait écrire ceci, moi Abercius, de mon vivant, étant âgé de wirante-douze ans. Que tout confrère dans la foi, qui a l'intelligence de ces dou, prie pour Abercius. »

Saint Abercius vivait au commencement du n° siècle de l'ère chré- tienne, L'inscription composée par lui pour sa sépulture, se rattache done aux dernières années de saint Jean l'évangéliste. Ce vieillard de soixante-douze ans, ce contemporain des premiers disciples des apôtres, qui demande à ses frères dans la foi de prier pour lui après sa mort, est le témoin le plus sûr de la tradition apos- lolique. Et ce n’est point la un témoignage isolé ou simplement local. Abercius, après avoir visité Rome, l'Italie, la Grèce, l'Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie, atteste la foi commune de toutes les chré- lientés naissantes. En lui, on entend la primitive Église, Après cela, il n’y a plus qu'à conclure. Toute celte série de textes lapidaires, qui remontent du 1v° siècle ai commencement du n°, prouvent que, dès les premiers temps un priait pour les morts, el que l'on croyait au Purgatoire, Devant des témoignages d'une si haute antiquité, il faudrait res- lreindre à l'espace de quelques années, entre l'âge proprement apos- wlique et les premières années du nr siècle, le Lemps de l'invention de la prière pour les défunts. Autant dire que les deux dogmes du Purgaloire et de la Communion des saints auraient été fabriqués sous les yeux des apôtres. Mais qui ne voit l'impossibilité flagrante d'une telle supposition? Un dogme qui remonte au temps des apôtres est un dogme d'institution apostolique. L'inscription d'Abe- ricus nous reporte, au plus tard, à la seconde génératlon chrétienne, Acelle époque on a pu créer des hér en dehors de l'Eglise; un n'a pas pu inventer, au sein de l'Eglise, des croyances et des praliques qui eussent été en contradiction avec l'enseignement apostolique.

Cette vénérable inscription n'est pas elle-même le premier monu- ment de la foi chrétienne. L'expression Xgrigerium qui a passé du lxte hébraïque de la Bible dans la langue liturgique primitive de l'Eglise relie l'antiquité chrétienne à l'antiquité judaïque. Et ainsi l'on peut dire que la tradition est ininterrompue entre l'Ancien et le Nouveau Testament; la croyance au bonheur céleste, à l'efficacité de l prière pour les morts s'est perpétuée de l'un à l’autre, avec les mémes idées, les mêmes mots. C'est la même foi, la même piété.

‘Au musée du Vatican.

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254 REVUE ANGLO-ROMAINE

 La réforme protestante du xvr' siècle s'est donnée comine un retour

à la foi orthodoxe des quatre premiers siècles. Les chrétiens qui s'y rattachent sont donc obligés d'admettre les croyances et les pratiques en usage à cette époque. Il résulte incontestablement des documents de l'épigraphie chrétienne, antérieurs à l'hérétique Aérius, que le purgatoire, la communion des saints, la prière pour les morts, l'invo- cation des élus, font partie de ces croyances et de ces praliques pri- mitives. L'Église anglicane doit admettre aujourd'hui ce qu'admettait l'Église catholique romaine des premiers siècles. C'est en ce sens qu'il faut entendre l'article XXII de ces fameux « Trente-neuf articles » qui contiennent sa profession de foi « La doctrine de Rome louchant le Purgatoire, les indulgences, la vénération et l'adoration tant des images que des reliques el sembla- blement l'invocation des saints, est une chose folle, de vaine invention et qui n'est fondée sur aucune autorité de l'Écriture, mais plutôt est contraire à le parole de Dieu. » En ce qui concerne le Purgatoire et, par conséquent, la prière pour les morts, de même que l'invocation des saints et des élus, ce que réprouve ce XXII article, ce ne peut être le dogme et l'usage primitifs, tels que l'Église catholique romaine les a retenus, mais seulement les croyances contraires à ce dogme, les pratiques abusives, les opi- nions erronées de certains écrivains, comme celles qui suppose- raient un Purgatoire dans lequel notre état serait changé et où le jugement de Dieu serait révoqué. ‘ Or, la doctrine de l'Église de Rome ou de l'Église catholique sur le Purgatoire, telle qu'elle est enseignée par les docteurs autorisés, telle qu'elle a été établie par le Concile de Trente, ne renferme stric- tement comme articles de foi que ces deux points : premièrement, qu'il existe un état de purification temporaire pour les âmes des justes défunts, qui n'ont pas suffisamment expié leurs fautes en ce monde ; secondement, que les prières, les suffrages de l'Église et des fidèles vivants leur sont utiles. Rome n'a point et n'a jamais eu d'autre doctrine que celle-là. La doctrine condamnée par le Ie article, ne peut être la sienne, pas plus qu'elle n'est celle de l'Église grecque: c'en est une autre, c'est une doctrine faussement supposée ou prise chez des écrivains sans autorité. Rien ne s'oppose donc à ce que l'Église anglicane s'entende sur ce point avec l'Église romaine, qui n’a pas réellement d'autre croyance ni d'autre pratique touchant le Purgatoire, que celles que les monu- ments de l'épigraphie chrélienne, aussi bien que les textes des Pères des premiers siècles, nous prouvent être de tradition apostolique.

                                                Arthur Loru.

POURQUOI LA FRANCE EST-ELLE RESTÉE CATHOLIQUE AU XVI* SIÈCLE ?

       PAR LE R. P. ALFRED BAUDRILLARD, DE L'ORATOIRE
                                                    !

Au début de cette année scolaire, le R. P. Alfred Baudrillart, de lratoire de France, a soutenu, devant la faculté de Théologie de l'institut catholique de Paris, une thèse de doctorat dont le sujet est de nature à intéresser vivement les lecteurs de la Revue anglo-romaine. Le problème dont il cherche la solution dans ce travail est le suivant : Pourquoi la France est-elle restée catholique au xvr° siècle? Pour- quoi le protestantisme a-t-il été vaincu dans notre pays, alors que ant d'autres nationshbandonnaient leur foi traditionnelle, poursuivre les doctrines d'un novateur, Luther, Zwingle ou Calvin? la seule réponse à cette question est « l'énoncé d’un fait qui ressort avec évidence des documents contemporains : la France est ratée catholique par ce qu'elle l'a voulu. Le maintien! de la vraie religion fut chez nous l'œuvre et le triomphe de la volonté nationale. « Tandis que partout ailleurs en Europe, la masse du peuple se lhissa vaincre et reçut par indifférence, par surprise ou par force, la Wiormation de la main avide et brutale de ses chefs, la'masse du peuple français ne se laissa ni séduire ni dompter. Elle défendit sa hi contre tout ennemi, par tout moyen, etl'imposa même à son roi. » Le protestantisme apparait à l'historien, dit le P. Baudrillart, comme la résultante d'un triple courant : le courant religieux et mys- lique qui entraine tous ceux qu'offusquent les désordres du clergé et qui n'espèrent plus le salut de l'Église elle-même; le courant intel- lectuel qui aboutira plus tard à la négation de toute vérité révélée, mais qui, pour l'instant, ramène à l'étude directe de l'Écriture; enfin k courant national, fait de défiance et de haine contre Rome. Ce triple courant existait en France. Chez nous aussi, pour de bonnes raisons, on voulait la réforme religieuse. En France, plus “core qu'en Allemagne, les tendances réformatrices avaient. pour Farlisans les humanistes. Enfin l'Église gallicane, presque autant que le pouvoir civil, tenait à ses franchises nationales. Il; avait done des éléments favorables à la réforme et, de fait, il ÿ cul de très bonne heure des protestants. Les premiers furent des lommes généreux qui, « saisis de dégoût au spectacle des œuvres de l'omme, adoptèrent avec passion le dogme de la justification par

! Cette thèse a été reproduite dans le livre qui a pour titre: La France chré- fienne à travers l'Histoire. (1 vol, gr. in-80. Paris, Didot.) Liv, VII, ch. 1, p.348-318.

                                                           UNIVERSITY OF MICHIGAN

256 REVUE ANGLO-ROMAINE la foi scale ». S'ils se trompèrent, ils n'en méritent pas moins notre respect « parce que l'intérêt n'eut point de part à leur résolution et notre pilié, parce qu'ils ont souffert ». Il n'en est pas de même des grands seigneurs, à peu près entièrement étrangers au sentiment religieux, et qui ne voyaient dans le protestantisme qu'un prétexte à s'emparer des biens du clergé. n somme, les protestants furent toujours en France une mino- rité peu considérable. Calvin présentait sa doctrine sous une forme qui ne pouvait la rendre populaire. Elle apparaissait comme la néga- tion de la liberté humaine et de la bonté divine. La logique de l'esprit français ne lui permeltait pas de rester à mi-chemin. Le libre examen ne pouvait qu'aboutir au rationalisme. D'autre part, sila France, n'avait pas pour le Saint-Siège tout l'attachement désirable, elle le croyait nécessaire à l'Église. De plus, le Concordat de François I avait donné à la royauté tous les droits qu'elle pouvait dési l'ambition de certains prélats n'avait que faire d'un schisme. Quant à l'immense majorité de la population, elle avait la même manière de concevoir les formes extérieures du culle que le reste des peuples de race latine. D'instinct, la France sentit dans le protestan- tisme l'adversaire de son génie national. Aussi, dès qu'elle eut com- pris que les doctrines de Calvin aboutissaient « à une révolution religieuse » à la rupture totale avec la tradition, elle se reprit, rassembla ses forces et se leva presque tout entière pour sauvegarder sa foi. La lutte fut cependant longue et douloureuse. La royauté était indigne et incapable de défendre une noble cause. Après la mort d'Henri IL surtout, les souverains n'eurent plus une ligne de conduite suivie, Une lalienne dénuée de scrupules gouverna le royaume par l'intrigue et, au besoin, par le crime, Maintes fois, Catherine de Mé- dicis fut sur le point de se jeter dans les bras des protestants, et le massacre dela Saint-Barthélemy n'eut pas même pour excuse Je fana- tisme religieux. L'avènement d'Henri de Bourbon sembla assurerà tout jamais le triomphe des réformés. Les catholiques avaient-ils du moins des chefs? I1 faut constater que non. Beaucoup d'évêques vivaient en grands seigneurs, très

de T'Église et la fidélité monarchique. Les Parlements qui, à l'origine, négligents de leurs devoirs de pasteurs. Ils hésitaient entre l'intérêt

avaient poursuivi avec ardeur l'hérésie, s'étaient lassés de lutter. En présence d'une pareille désorganisation des forces catholiques, on comprend comment, malgré leur petit nombre, les réformés ont pu espérer qu'ils deviendraient les maitres. Les catholiques ne reprirent avantage que du jour où, eux aussi, ils se conslituèrent en parli. Le clergé séculier el plus encore les Jésuites et les Capucins comprirent qu'il fallait soulever l'opinion. A l'exemple des prédicateurs protestants, ils allèrent par les villes et les villages, excitant les catholiques à défendre vigoureusement leur foi. Leur vie exemplaire donna crédit à leur parole et le zèle de la nation se réveilla. Qu'il y eût çà et là des excès dans ces discours

                                UNIVERSITY OF MICHIGAN

POURQUOI LA FRANCE EST-ELLF RESTÉE CATHOLIQUE AU XVI° SIÈCLE 257

passionnés, on ne saurait en disconvenir, mi    le résultat fut, dans
son ensemble, excellent. Des catholiques formè:    Ldes Unions «pour
défendre l'honneur de Dieu et de la Sainte Égli: e », et ces unions,
en se rapprochant, constituèrent la Ligue.
  On vit alors un singulier revirementdans
                                        les doctrines. Les protes-
lants, quasi républicains sous Henri 11 et sous Charles IX, se                firent
les champions du droit divin et du pouvoir absolu,     et les catholiques
reprirent les doctrines que les protestants laissaient tomber. Ils pro-
clamèrent hautement que la coutume traditionnelle du royaume exi-
geait que le roi fût catholique, et que l'opposition religieuse entre le
 peuple et l'héritier du trône autorisait le transfert de la couronne.
Auxvur siècle, l'Angleterre a appliqué cette règle etlesécrivains
                                                              pro-
lants n'y ont pas trouvé à redire. À moins d'avoir deux poids etdeux
mesures,   ils doivent reconnaitre que la Ligue était dans son              droit en
agissant de même.

. On sait comment se termina la lutte. Paris, qui faisait alors l'ad- niration des étrangers par sa charité et sa piété, soutint vaillamment les assauts de l'armée royale. « Les gentilshommes qui entouraient leroi de Navarre ne s'expliquaient pas, dit le P. Baudrillart, qu'une troupe de portefaix, de manouvriers, de goujals et de femmelettes, savisät de leur tenir tête ». Cette troupe méprisée, ridiculisée par les bourgeois fatigués qui écrivirent la Satire ménippée, n'en força pas moins le roi à céder. Henri IV s'inclina devant la volonté nationale. 11 se fit instruire «labjura solennellement le calvinisme. Celte conversion élait-elle sincère, était-ce l'acte intéressé d'un homme qui préfère la couronne ä sa foi? Il est difficile de répondre à cette question avec une absolue «rlitude. Le P. Baudrillart pense que, chez Ilenri IV, « le sentiment national avait réveillé le sentiment catholique comme il avait ranimé le sentiment monarchique chez les ligueurs ». Cependant le Saint- Siège n'ouvrit définitivement au roi la porte de l'Eglise qu'apri qu'il eut donné de sérieux gages de sa sincériti Telle est, dans ses grandes lignes, la thèse du P. Baudrillart. Ainsi que l'a démontré la soutenance publique, ces quelques pages sont les conclusions d’une étude approfondie des documents origi maux. Il n'est pas une des assertions qu'elles renferment qui ne puisse étreappuyée de textes nombreux. Aussi croyons-nous que l'auteur rendrait un véritable service en publiant à part cette disser- lation et en y ajoutant des références qui mettraient le lecteur à mème de se rendre mieux compte dela valeur historique de cet sxeellent travail.

                                                   Emile BEURLER.




      MEYUE ANOLO-ROMAINE, — Te 1.   — 11.

RU UNIVERSITY OF MICHIGAN to

                UN PRÊTRE ANGIICAN'
                               (vorrrarr)

Afin d'arriver au noble but que se propose la Revue Anglo-Romaine. il faut travailler d'abord à l'union des cœurs. Mais, pour exciter en nous une affection plus tendre à l'égard de nos frères séparés, il est nécessaire de mieux les connaître. Avec une connaissance plus intime viendra l'époque des explications mutuelles; les malentendus ces seront, et plus tôt qu'on ne pense : c'est là du moins ma conviction. De part et d'autre on sera élonné de voir combien il est petit, le ler- rain qui reste à franchir. Sous l'inspiration de ces sentiments je me suis proposé, dans l'in- térèt surtout des lecteurs français, de donner le portrait d'un homme qui constitue un type des plusremarquables parmi les prêtres anglicans du parti « High Church ». Je ne puis avoir la prétention de peindre des hommes exceptionnels comme le D'Pusey, M. Keble oule D' Li don : non, mon but est plus humble, et je le crois plus utile. Le sujet | de cette petite étude est, grâce à Dieu, le type d'une classe nom- breuse; j'ai lout raison de croire que, d'année en année, la quantité des « clergymen » aussi pieux, aussi charitables, aussi studieux que | lui va en augmentant. J'en ai connu plusieurs, j'avais donc l'em- | barras du choix, mais un sentiment de délicatesse, que mes lecteurs | comprendront facilement, m'a fait choisir un homme qui n'est plus de ce monde, bien que sa mémoire reste toujours chère à ses amis, et soit bien vivante. M. Le Geyt, le clergyman en question, avait, lorsque je fis ss connaissance, une quarantaine d'années. Dans sa jeunesse il avait été officier. Il étail marié, et il avait eu un enfant, une fille, avant d'entrer dans les Ordres. Si je rappelle ce fait c'est parce que mon ami était favorable au célibat ecclésiastique, et j'ai toute raison de croire qu'à partir de son ordination il pratiquait ce qu'il préchail. Il avait le diplôme de M.A. (Magister Artium) du collège de la Made- leine de l'Université d'Oxford. Il avait été l'élève et l'ami du Prési- dent, le D' Routh, cet homme extraordinaire, qui vécut jusqu'a cent | ans et dont la science de l'antiquité chrétienne était remarquable. Il était aussi l'ami intime du D° Pusey, du D' Liddon et de toutes les sommités du parti High Church. C'est même à lui que je dois d'avoir

  1. 11 va sans diro qu'en me servant du mot « prêtre » je ne voux en aucune mi nière toucher À la question dos Ordres anglicans, je ne me sers que d'an tit

usuel dans le parti «High Church », qu'il soit légitime ou non.

                                  JIVERSITOF
                                          Y      MICHI

PE

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élé introduit auprès de ces messieurs. Lorsque je fis sa connaissance, il était déjà recteur de l'église de Saint-Mathias à Stoke Newington, un faubourg de Londres, un des postes les plus avancés de l'armée du « High Church movement ». Les catholiques français parlent souvent de la richesse de l'Église élablie. Il y a certes du vrai dans ces dires. Les revenus annuels des Évèques varient entre 375,000 et 450,000 fr. Il y a de simples curés ayant un revenu de 50,000 fr., mais ces chiffres sont une exception par rapport à l'ensemble du cler ILest pourtant vrai que, comparaison faite avec les pauvres béné* fices du clergé français, même les plus peliles places de curé el de sicaire paraissent riches. Il faut cependant se souvenir que la plu- part des clergymen sont mariés et ont de nombreuses familles. De plus qu'étant ordinairement des « gentlemen », ils tâchent de vivre romme tels.

  En tout cas, je puis l'assurer, le clergé du parti High Church jouit

bien peu de ces richesses. Presque lous ses membres, comme mon ami M. Le Geyt, dépendent absolument de la générosité de leurs fidèles. Ainsi la belle église de Saint-Mathias ne devait rien à la libéralité de l'État, rien aux biens de l'Église établie. Elle fut batie par la générosité debienfaiteurs privés. La cure n'avait aucune fondation. Toutes les phces à l'église {the sittings) étaient libres, et tous les frais du alle, l'entretien du clergé eL des écoles, étaient couverts par des collectes faites pendant les oflices et les dons privés. M. Le Geyt, comme tous les clergymen du parti High Church, considérait comme une doctrine fondamentale que l’aumône est une partie essentielle de la religion chrétienne, que tous les fidèles sont tenus, chacun d'après ses moyens, de contribuer aux besoins du culte, et, qu'une bénédiction spéciale est accordée à ces aumônes données publique- ment pendant les oflices. N'est-ce pas là une doctrine vraie et admirable ? Si elle était acceptée partout, si elle était la règle maintenant, comme elle l'était dans l'Église primitive, comme elle l'est aujourd'hui dans la catho- lique Irlande, ne fournirait-elle pas la clef d'un des plus grands problèmes de notre temps ? Ne rendrait-elle pas partout l'Église indé- pendante du pouvoir civil? La France est la plus généreuse de toutes les nations catholiques, et ne peut-on pas dire que si, en France, us les catholiques faisaient leur devoir, l'Église n'aurait guère à redouter la menace inique de la suppression du budgel des culles? Dans l'église de Saint-Mathias, comme du reste dans toutes les églises ritualistes, les hommes sont d'un côté et les femmes de l'autre, suivant l'ancien usage; mais toutes les classes de la société sont mélangées, les messieurs sont assis à côté des ouvriers, les dames à côté des plus humbles servantes. Chacun prend la place qu'il veut( frst come, first served ). À Saint-Mathias les offices se faisaient selon le mode le plus rap- proché de l'Église romaine. Les ministres portaient les ornements ttholiques, de forme gothique. La célébration de la communion 260 REVUE ANGLO-ROMAINE avait tout l'xjérieur de la messe. L'aûtel était orné de cierges et de fleurs, l'encens brâlait comme chez nous. Il n'est pas dans mon intention de décrire ces offices, les lecteurs peuvent en voir de pareils, s'ils visitent n'importe quelle é: rilualiste en Angleterre. Ils doivent seulement s'assurer qu'ils visi tent une église ritualiste, car dans les autres églises du culte établi les ornements ne sont pas les mêmes et les cérémonies ne se font pas de la même manière. Le clergyman ne porte qu'un surplis avec une écharpe noire autour du cou, ressemblant de loin à une étole, mais plus large. M. Le Geyt était un curé modèle et dévoué. Il passait plusieurs heures chaque jour à donner l'instruction religieuse dans ses écoles à visiter les pauvres et les malades, et à d'autres bonnes œuvres. 11 était aussi zélé que le sont nos prêtres pour visiter les moribonds à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. C'était aussi un homme d'étude. Tous les jours, sauf cas d'empêchement majeur, il donnait plusieurs heures au travail. Il regrettait vivement le peu de connais- sances théologiques qu'on donne dans les Universités anglicanes, el il se mettait de tout cœur à racheter le temps perdu. Il étudiait en grande partie nos auteurs Gury et Ballerini pour la morale ; son au- teur dogmatique favori était Franzelin. C'est par des conversations tenues avec lui en Angleterre et pen- dant des voyages sur le Continent que j'ai appris à connaître ses opinions théologiques. D'abord, voici quelles étaient ses idées sur la « position anglicane ». La réforme, qu'il appelait toujours « the Deformation », était jugée par lui comme un châtiment permis par Dieu, en punition des péchés de l'Église d'Angleterre : sa trop grande richesse et son esprit mondain. Il ne pouvait admettre que Cranmer et ses disciples eussent eu en vue une véritable réforme, lelle que les catholiques vertueux, les Morus, les Fisher, les Saint-Charles, la désiraient; au contraire, la « réforme »_ n’a fait qu'augmenter les abus. Il soutenait que, malgré les abus réels, l'Église d'alors faisait bien plus pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes que n'a fait depuis l'Ég réformée. Ce n'était pas, disait-il, les abus de la vieille Église qui excitaient la colère et les convoitises de Henry VIII, de Cranmer et d'Élisabeth, mais au contraire ses vertus, Son indépendance du pouvoir civil et sa volonté inébranlable d'être à elle seule le juge suprême dans toutes les questions doctrinales et ecclésiastiques. Pour lui la séparation était un malheur et un péché tenant de la nature du schisme, bien que selon lui ce schisme ne supprimät point toute vie surnaturelle dans l'Église anglicane. Comme M. le chanoine Everest, Lord Halifax, M. Allies (lorsqu'il était encore anglican), et tant d'autres, il considérait la primauté des successeurs de saint Pierre comme une institution divine, voulue par Notre- Seigneur pour assurer l'unité visible de son Église, cette primauté étant, d'après lui, essentielle au bien de l'Église, sans être essen- tielle à son existence. Il croyait avoir découvert dans l'his

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UX PRÈTRE ANGLICAN 261

ecclésiastique des exemples d'Églises séparées pendant un certain temps de la communion du centre de l'Unité, et qui cependant res- laient tout le temps de leur séparation des parties de l'Église catho- lique. L'Église grecque ainsi que l'Église anglicane se trouvaient, d'après lui, dans cette position. Ce n’est pas le moment de réfuter celle doctrine, j'écris une simple biographie. À cause de cette conviction, il se croyait obligé, en conscience, de resler altaché à l'Église anglicane. D'après lui encore, l'Église anglicane n'était pas formellement hérétique, malgré le langage regrettable de plusieurs des trente- neuf articles et de certaines parties du Prayer Book. Il croyait avec Newman {alors encore anglican) que les trente-neuf articles, pris dans leur sens grammatical, par conséquent sans chicane, étaient susceptibles d'un sens catholique et ne contredisaient pas un seul aricle de foi défini de l'Église romaine. Ilavouait, comme du reste le font tous les « le ton des articles révoltait ses sentiments de piété et de mais il s'excusait de les avoir signés par la raison suivante : Le parti protestant avait fabriqué ces articles contre le parti atholique et, si ces derniers avaient suivi l'exemple de tous les évêques sous Élisabeth, sauf Kitchin, c'était le triomphe du pro- lstantisme et la destruction de l'Église à courte échéance. Mais, par la grâce de Dieu et toujours d'après lui, par une intervention spéciale de la Providence, ces articles étaient composés de façon à pouvoir recevoir un sens orthodoxe. Refuser de les signer, c'était faire le jeu des adversaires (play into the enemies hand) tandis que les accepter sans blesser la conscience, c'était tourner les armes de l'ennemi contre lui-même (turn the tables on them). La Providence semblait avoir béni cet acle de sow n, ajoutait M. le Geyt, puisque actuellement le parti « High Church » gagnait de jour en jour, el bientôt il serait possible d'abroger ou de modifier les articles, les «forty stripes save one », les quarante coups moins un, comme on les appelle. Encore une fois je ne prétends pas justifier une conduite que per- snellement je n'ai pas cru pouvoir suivre. J'expose uniquement les motifs qui ont déterminé celle de M. Le Geyt. J'ai dit que, M. Le Geyt était studieux. Après la théologie, son étude favorite était l'histoire. Son désir était loujours d'aller à la recherche des documents contemporains, car il n'avait qu'une piètre opinion des historiens modernes, qui ont presque loujours en vue, dans leurs écrits, un but autre que la vérité historique. Il n'avait aucune sympathie avec ses coreligionnaires qui niaient l'union, tant en fait de dogme qu'en fait de discipline, de l'ancienne Eglise de l'Angleterre avec Rome. « Sans doute, nous étions romains, » disait il, «et c'était notre gloire. Quoi de plus romain que l'ancienne pro- vince romaine qu'on appelait la Grande-Bretagne, jusqu'au V: siècle? Quoi de plus romain que ces missionnaires celles et irlandais, les disciples de saint Patrice, l'envoyé du Pape en Irlande? Quoi de plus

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262 REVUE ANGLO-ROMAINE romain que celle admirable Eglise saxonne, l' de saint Boni- face et de saint Wilfrid? Et enfin, quoi de plus romain que l'Angle- terre sous les Plantagenets, à tel point qu'Édouard III, un des plus grands de nos rois, rappelle, dans une de ses lettres au Pape, le dé- vouement remarquable au Saint-Siège qui avait, de tout Lemps, en Angleterre, distingué l'Église et l'État ? » J'admirais surtout chez mon ami sa loyauté, la fac quelle il admettait son erreur en matière il avait donné des preuves en sens contraire, Voici un exemple qui frappa beaucoup et qui m'assura de sa parfaite bonne foi. 11 me dit un jour : « Je m'étonne loujours que les catholiques romains aceu- sent le « Book of common prayer» d'être rempli d'hérésies. Comment, à leur point de vue, peuvent-ils c© onsi comme hérélique un r?—

tour. reine sabelh. » " ui demandai une éférence pour une asserlion aussi étrange. Il me dit l'avoir lue dans un discours du célèbre juge anglais Lord Coke, discours fait aux assises tenues à Norwich, l'an 1606, 11 me montra le discours rapporté dans pl s livres d'apo- logistes anglicans. Comme mon ami, en fait d'histoire, je n'aime que les sources, les documents; le lendemain, je me rends au « British Museum » où mon ami le D' Garnett était alors bibliothé- caire en chef. Avant de chercher les œuvres de Lord Coke, je con- sulte un livre bien connu, le « Biographia Britannica », éd. 1748, afin de connaitre les meilleures éditions des œuvres du savant juriseon- sulle. Jugez de mon étonnement de trouver sous la rubrique « Coke », que le discours en question était une pièce fausse, composée par un certain Pricket et rejetée avec indignalion par Lord Coke, Dans la préface de son livre, il parle de ce faussaire avec le plus grand mépris, et ajoute qu'il n'y avait pas une seule phrase dans lout ce faux discours conforme au discours véritable. e There is no one periode therein expressed in hat sort an sense hat 1 delivered it. » Voici le litre du livre en question, dans le français juridique de l'époque. « La sept part des reports Sr Edw Coke Chivaler, chief Justice del Common Banke... Publiés en le size an del tres haut et tres illustre Jacques Roy Dengl. Fret rel, et de Escoce le 42. Le foun- laine de tout Pietie et Justice et la vie de la ley... Printed for the So- ietie of Stationers 1629. » J'ai copié le litre mot par mot. Il n'existe qu'une seule lettre à la reine Elisabeth attribuée à Pie IV. Est-elle authentique? Je l'ignore, je n'ai jamais pu trouver le manuserit. Le titre de cette lettre fut cité dans le numéro de la « Revue Anglo-Romaine » du 24 décembre. « Carissimæ in Christo filiæ Elisabeth, Reginæ Angliæ ». Elle se trouve reproduite dans l'histoire de Camden. London, Ed. 1674, dans celle de Fuller citée par Dodd, éd. 1839. Or cette lettre, qui est un appel touchant à la reine de relourner à l'Unité catholique, ne contient pas ur seul mot du

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UN PRÊTRE ANGLICAN 263

« Prayer Book », ni de l'oflre en question. M. Le Geyt était entière ment convaincu par ces preuves, mais il voulut donner d'autres preuves de sa bonne foi: il écrivit à plusieurs de ses amis qui avaient reproduit cette fausse pièce, entre autres au célèbre D* Litllcdale. Celui-ci, tout en acceptant le démenti qu'il reconnut dans le « Church-Times », ne jugea pas à propos de corriger, même les der- nières éditions de son livre « Plain Reasons ». M. Le Geyt était un partisan convaineu de la réunion en corps de l'Église anglicane avec le Saint-Siège (Corporate Reunion). C'était alors, comme aujourd'hui, l'habitude de la presse anglaise catho- lique de rejeter cette idée comme impossible et absurde, et de soute- nir que le seul moyen de convertir l'Angleterre était de procéder par des conversions individuelles. M. Le Geyt me dit souvent: « Pour- quoi la réunion en corps serait-elle impossible? Ab esse ad posse valet consequentia. » Le fait de la réunion des Eglises orientales au centre de l'unité après des siècles de séparation lout en conservant des différences très grandes en matière de discipline avec le rit romain, est une preuve que « Corporate Reunion » est lout au moins possible. aurait voulu préconiser. Efforcons-nous, il, de faire connaitre parmi nous plus parfaitement les doctrines ca- tholiques, surtout quant à la question de la primauté ; travaillonsà faire sentir les exagérations que les ennemis de l'unité ont ajoutées à la vérité, afin de la rendre odieuse, démontrons que la primauté, telle qu’elle est comprise par la théologie catholique, est loin de blesser en quoi que ce soit les droits des évêques, qu'au contraire, les évêques n'ont nulle part la puissance et l'indépendance dont ils jouissent dans la Communion romaine, et démontrons surtout que celle primauté est nécessaire, et d'institution divine. Bientôt, croyait-il, une forte opinion publique en faveur de l'unité serait formée. Alors, pour Rome, le moment favorable d'agir serait venu. Supposons, disaitil, quelque Pape doué d'un génie extraordinaire, un Léon XIII, un saint Grégoire le Grand, serait-il impossible à un pareil Pontife, « a born king of men », de faire un appel à la convocation des évêques anglicans ? Sur la question du dogme, M. Le Geyt comprenait bien l'impossibi- lité d'une concession, « in necessariis unilas »; mais, d'après lui, cette unité essentielle existait déjà « in radice », nos différences n'élaient que des malentendus; en dehors du dogme, le Saint-Siège n'était-il pas libre de tolérer et même d'approuver d'importantes différences en matière de discipline et de travailler ainsi à la forma- tion d'une Eglise Uniate anglicane? D'après lui la race anglo-saxonne avait un caractère aussi parti- culier que celui des nations orientales et slavoniques, qui serait la justification de l'existence d'un rite à part. Celte tolérance pourrait s'étendre jusqu'à l'existence d'une liturgie en langue vulgaire, un clergé marié, la communion sous les deux espèces et une plus grande autonomie de gouvernement. En tout cas la tolérance d'une pareille 264 REV ANGLO-ROMAINE

Église Uniate pourrait se justifier, ne fût-ce qu'à titre provisoire, afin d'atteindre sûrement un but aussi important que la réunion. L'expé- rience du temps prouverait bien si cet essai devrait devenir définitifou rester provisoire. Si, après quelques années, les membres de l'Égl Uniate abandonnaient volontairement leurs particularités pour se conformer de plein gré aux usages du rite romain, l'essai cesserait d’être nécessaire, il n'aurait été qu'une transition. Si au contraire l'expérience venailà démontrer que ces parlicularités répondaient à cerlaines tendances innées dans la race, le Saint-Siège pourrait peut- être se décider à les étendre à toutes les Églises d'origine anglo- saxonne dans le monde entier. Voilà en quelques mots le caractère el les opinions de ce digne et sympathique clergyman. Il est mort comme il a vécu sans se croire Lenu à se soumettre entièrement au Pape. Ce fut pour moi un sujet de grande douleur, comme pendant sa vie son éloignement de l'Église de Rome avait été pour moi une cause de tristesse. Du reste M. Le Geyt était le plus tolérant des hommes. Il n'en voulait pas aux prêtres catholiques pour leur zèle à faire des prosélytes. « À votre point de vue, » me disait-il, « vous êtes tenus de le faire, à votre place j'en ferais autant, seulement, croyez-moi, par cet unique moyen des conversions individuelles, vous n'arriverez jamais à la conversion de l'Angleterre. » En terminant ce mémoire je tiens à faire deux restrictions : 1° je suis loin de partager toutes les opinions de M. Le Geyt. J'ai rap- porté ses opinions et non les miennes; ® ce serait tromper mes lecteurs français de les induire à croire que tous les ministres du parti High Chureh pensent comme M. Le Geyt. Il yen a encore beaucoup, hélas! de l'école anti romaine. « Plain Reasons», l'attaque la plus dan- gereuse qui existe contre l'Église catholique romaine, esL l'œuvre du D' Litledale, un ultra-ritualiste, mais il est aussi vrai de dire que la nuance charitable et unioniste tend de jour en jour à prendre le dessus. Prions done le Dieu de paix et d'unité qu'au jour marqué par sa Providence pour l'action conciliatrice du Saint-Siège, nous puis- sions trouver chez nos chers frères anglicans, non seulement des prêtres mais surlout des évêques aussi pieux, aussi savants, el aussi charitables que mon cher et regretté ami M. Le Geyt. Fiat! fiat!

                                      AUSTIN RICHARDSON, Prêtre
  Lubbeck, près Louvain (Belgique).

CHRONIQUE

Le Catholic Times du 3 janvier consacre de nouveau à notre œuvre les quelques lignes suivantes : En reproduisant notre notice sur la Rerue qu'il vient de publier pour amener le triomphe de la Réunion, l'abbé Portal, nous remercie de nos vœux amicaux, et déclare que nous pouvons étre certains qu'il s'efor- cera de garder toute la modération et la éirconspection que nous lui avons conseillée. Maintenant que plusieurs numéros de la Revue ont paru, nous sommes heureux d'attester qu'il s'est constamment inspiré de cet esprit. Sans doute, dans une notice nécrologique sur le cardinal Persico, il fities plus irritantes imputations contre le clergé et le peuple irlandais, imputations d'ailleurs sans fondement; mais, en dehors de cela — et il faut y voir selon toute probabilité la conséquence d'informations de source tory dont il ne s'est pas pleinement défié — le ton qu'il a adopté et lex assertions qu'ila faites méritent les plus grands éloges. La Revue anglo- romaine est éditée avec un soin judicieux et une singulière compétence. En reconnaissance de la valeur de son œuvre, l'abbé Portal a recu de divers côtés d'importants témoignages. Mgr Grimardias, le vénérable évêque de Cahors, s'est joint au cardinal de Rodez en lui exprimant de tout cœur son approbation; un prêtre anglais, converti, adresse à la nou- velle publication les vœux de succès les plus enthousiastes; et du côté des Anglicans, le Guardian lui fait un sincère et cordial accueil. . . . .

Nous avons tenu à reproduire celle sympathique appréciation, car, si tous les encouragements qui nous arrivent de différents côtés nous sont précieux, nous avons en particulière estime ceux qui nous vien nent des catholiques anglais. Dans la belle lettre Ad Angles, Léon XIII, après avoir parlé à tous les Anglais le plus magnifique langage sur l'union, s'adresse spécia- lement aux catholiques de ce pays, leur disant: « Dans une si grande cause, Nous appelons d'abord à notre aide, comme nos alliés, les catholiques d'Angleterre dont Nous connais- sons la foi et la piété. » Placés tout près de nos frères séparés, leur action pacifique peut, en effet, exercer une influence plus forte et plus directe. Et cette influence serait d'autant plus efficace que tout homme impartial devrait reconnaitre plus de mérite aux catholiques anglais si longtemps persécutés. Nous, catholiques français, nous mettons au service de Léon XIII et de tous les catholiques la science de nos théologiens et de nos savants, et notre belle langue, si répandue partout. Quand l'Église catholique, a dit un homme éminent, parlera an- glais et français, elle sera la maîtresse du monde. Quand les idées chrétiennes d'union seront exprimées en anglais et en français, l'union sera bien près de se faire. Que tous en soient profondément convaincus, Anglais et Français, catholiques et anglicans. —F. P.

Les études ecclésiastiques. — S. Em. le cardinal Bourret publie unelettre circulaire qui porte à la connaissance du clergé de Rodez le résul- tat des examens des jeunes prêtres pour l'année 4895 et donnant la liste des di- 266 REVUE ANGLO-ROMAINE vers grades obtenus pendant la mémeannée dans les univers catholiques et les universités de l'État. Cette cireu ire contient des indications et des recommandations importantes, qui témoignent du zèle éclairé avec lequel Son Éminence veille au progrès des hautes études parmi les ecclésiastiques: Rodez, le 8 décembre, en la fête de l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge.

      Messieurs et chers Coopérateurs,

La session annuelle des examens de nos jeunes prètres s'est lente à Rodez dans la troisième semaine de septembre, avant le commen cement de la retraite ecclésiastique, que beaucoup des examinés devaient suivre. Quelques jours plus tard, c'est-à-dire la seconde semaine d'oclobre, la session s'est terminée à Vabres pour ceux qui sont voisins de notre second évêché. 182 jeunes prêtres ont pris part à ces examens et comme toujours l'ordre et la fidélité à se rendre ont été parfaits. L'épreuve écrite consistait, celle année, em un sermon que nous avons pris soin de choisir dans la grande dogmatique de saint Paul. Nous avons imposé aux concurrents une division uniforme, pour que chacun ne püt se perdre ou se divertir à son gré dans une expo fantaisiste, ou rallacher le sujet à un Lhème par lui préparé à l'avance. Les examinateurs ont dû vérifier si ce point important, qui justifii de l'originalité de l'épreuve, avait élé bien observé, e il en est un bon nombre, en effet, qui ont rigoureusement et heureusement suivi le programme. Quelques-uns, cependant, s'en sont écartés, même parfois assez notablement, et il n'a pas été difficile de découvrir, par-ci, par-, des morceaux relenus de mémoire et empruntés à d'anciens sermons, ou à des allocutions que l'on avait déjà prononcées. Somme toute, cette épreuve a été satisfaisante dans sa généralité; sauf la forme, peut-être, qui s'est montrée assez souvent défectueuse, par suile de la nécessité de l'improviser en partie et de faire son travail assez hâtivement. Ah ! que nous devons lous, professeurs de séminaire et séminarisles, appuyer sur la formation oratoire beaucoup trop en souffrance vrai- ment dans le clergé! Ne nous lassons pas de le dire : il faut arriver au simple et au naturel dans le ton, soutenir sa voix sans cris el sans élancements mal amenés, être vraiment passionné et ému pour inlé- resser et émouvoir les autres. L'épreuve orale avait cette année une importance particulière, en raison de la matière et des difficultés spéciales qu'elle représentait. C'est l'année des résumés historiques des diverses parties de la science ecclésiastique que l'on a déjà étudiées les années précédentes. C'est le côté de l'érudition, ce quej'appelle parfois l'année allemande. On y viendra aussi, car c'est forcé, à ces études historiques de notre Cursus ecclesiasticus des séminaires, et l'on finira, si l'on veut être complet et intéressant, par faire marcher l'explication positive du dogme et de la morale tout aussi bien que l'exposition de la sainte Écriture et des autres parties des sciences sacrées avec l'histoire de leur développement dans le monde. Je dis plus: on ne les comprendra Le

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bien, les unes et les autres, qu'en les traitant de cette manière,car le déroulement progressif des choses apporte presque loujours avec lni la raison des erreurs quiles ont déparées ou des illuminations qui les ont éclairée Le programme de cette année n'est pas fait pour les esprits sans étendue et pour les bibliothèques sans livres. Les matières histo- riques et critiques ne s'improvisent pas. Tous ceux qui n'avaient nsullé que quelques notices insuffisantes où quelques abrégés de circonstance, n'ont pu naturellement lémoigner ni d'un grand savoir ni d'une grande connaissance de. ces mal ine supportent ni les faux développements de l'espritni les inventions de l'imagination. Par contre, ilen est plusieurs qui ont vraiment fait preuve d'une érudition et d'un travail remarquables. Les Revues, nombreus aujourd'hui sur les diverses branches de la science ecelésiastiqu é avaientpassé par leurs mains. Ils avaient su trouver el se procurer les ouvrages aussi ont-ils étonné leurs examinateurs et obtenu L s plus él de notre échelle de gradation. Conti- mer, mes chers amis, dans cette voie : elle est la bonne, elle est la Srieuse, elle est celle qui forme des prêtres instruits el vertueux, Nous voulons, à ce propos, vous recommander l'Æistoire de l'Église du docteur Kraus, professeur d'histoire ecclésiastique à l'Université de Fribourg, traduite en français par deux savants prêtres de l'Ora- Wire, Les trois volumes qui la composent sont d'une érudition vrai- Toutes les découvertes modernes y son! indiquées; ement et très sûrement exposés; les écrivains de chaque époque appréciés et analysés. Avec cet ouvrage on répondra très compétemment aux questions de l'examen et des conférences ecclé- siasliques. L'année prochaine, on reprendra le commencement du programme, el l'épreuve écrite sera une composition dogmatique, tirée de la première partie de la Somme de saint Thomas.

La mème lettre contient les indications suivantes sur le recrutement du dergé dans le diocèse de Rodez :

Le cours entré en philosophie en 1890 est celui qui sera ordonné, celle année, à la Trinité.

1° 39 élèves se sont présentés cette année-là au grand séminaire. 2 3 sont décédés; quelques autres se sont retirés après la retraite de probation, ou ont renoncé à l’état ecclésiastique, et ne se sont point engagés dans les ordres sacrés. 3 9 se sont incorporés dans d'autres diocèses el 7 sont allés dans diverses congrégation. 4 39 restent encore pour le service du diocèse. En tout 55 prêtres.

Le nouveau poète lauréat d'Angleterre.— C'est un catholi- queromain, M. Alfred Austin, qui vient d'être élevéau poste très honora- ble et très envié de poète-lauréat d'Angleterre, poste demeuré vacant depuis plus de trois ans par la mort de lord Tennyson. Il y avait deux

                                                             riginal fn

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268 REVUE ANGLO-ROMAINE siècles que le poète officiel de l'Angleterre n'avait été un eatholique. C'était au temps de la Restauration : Charles Il, avant de mourir, s'était réconeilié avec l'Église romaine, et Dryden, qui était alors le poète-lauréat, suivit peu après l'exemple de Son maitre. Pour revenir à M. Alfred Austin, rappelons qu'il fut élevé à Sion Yhurst et à Oscott, puis suivit les cours de l'Université de Londres et fit quelque temps partie du barreau londonnien. Mais ses goûts l'entrainaient vers la carrière lilléraire : à dix-huit ans, il écrivait son premier poème, et à vingt et un son premier roman. Ses principales œuvres poétiques sont : 4 Zragédie humaine, T Age d'or,el son grand drame Savonarole. M. Austin a également collaboré à plusieurs revues et journaux. 11 fut notamment le correspondant du Standard durant le Concile du Vatican et la guerre franco-allemande En 1893, il fonda la National review; en politique, il appartient au parti conservateur.

                       LIVRES ET REVUES

                            LA   QUINZAINE :

Sous le litre: Catholiques et romains, V'abbé DucnEsnE, publie une Lès solide et très spirituelle réfutation de l'encyclique du pa- triarche Anthime dans la Quinzaine du 1*janvier. En voici quelques extraits : Permettez-moi d'abord de me plaindre du ton général de l'eneyclique patriarcale et synodale. Ses auteurs, le patriarche {Anthime et les dou évèques de son synode, avaient à répondre à une exhortation des plus pa- ternelles. IL est impossible de concevoir un langage plus doux, plus ami- cal, que celui de la lettre Præclara. Le Saint-Père y avait mis tout son cœur, je dirais presque qu'il n'y avait mis que son cœur, Aucune expression blessante, pas un mot de reproche, pas un grief articulé avec cette préci- sion qui ne se sépare pas aisément de l'aigreur, Qu'a-t-on trouvé à lui dire? — Des injures, dès les premières lignes. On s'est empressé de déclarer que « le diable a inspiré aux évêques de Rome « des sentiments d'orgueil intolérable, d'où sont nées nombre d'innova- « tions impies, contraires à l'Évangile ». Un peu plus loin, on lui reproche de réclamer non seulement la suprématie spirituelle, mais encore la supré- matie temporelle(!!!) sur l'Église entière, de se poser en unique représen- tant du Christ sur la terre, en dispensateur de toutes les grâces. Non seu- lement on refuse de se laisser étreindre dans les bras qu'il tend, mais on lui fait sentir qu'il a interverti les rôles et que, s'il désire vraiment l'union il doit d'abord rétracter tout ce que lui et ses prédécesseurs ont introduit de nouveautés dans la tradition. Cette rétractation, c'estl'Église une, sainte catholique et apostolique des sept conciles æcuméniques qui l'impose et li réclame; c'est elle qui en trace le programme, en termes d'une sèche ét dure solennité. Chacun des articles est rédigé dans le formulaire suivant : L'Église des sept synodes œcuméniques, une, sainte, catholique et apostolique croit et professe que. L'Église papique, au contraire, ete. Parlons d'abord de cette formule. On nous reproche d'avoir ajouté un LIVRES ET REVUES 269

mot au symbole; mais je constate que l'on ajoute ici une cinquième note caractéristique aux quatre par lesquelles le symbole définit la vraie Églis L'Église n'est pas seulement une, sainte, catholique et apostolique: elle est encore l'Église des sept synodes wcuméniques. Pourquoi cette qualifi- cation? Y at-il quelque part dans l'Évangile ou dans l'Apocalypse une prescription en vertu de laquelle l'Église future pourrait ou devrait se qua- lier ainsi? Le septième concile æcuménique a-t-il fermé la porte der- rière lui, prohibé toute autre assemblée similaire, prescrit de s'en tenir à li, de se dénommer d'après lui? Non, n'est-ce pas Veut-on dire que l'Église romaine ne reconnait pas les sept conciles ou que l'sglise grecque ait des droits particuliers sur eux? Ah! c'est bien le cas d'employer le style de saint Paul : « Ils sont israélites, moi aussi; en- «fants d'Abraham, moi aussi; serviteurs du Christ, moi plus qu'eux » Ces conciles sont à nous comme à eux, plus qu'à eux... Je vois bien qu'ils ont été tenus en Orient, que ce sont des empereurs résidant en Orient ou y régnant qui en ont procuré la réunion. Mais, dans la plupart des cas, ils 2e représentent autre chose qu'un succès de l'orthodoxie romaine remporté surl'hérésie orientale, ou, pour parler plus charitablement, qu'un remède apporté par l'Église latine à sa sœur grecque infectée de quelque maladie doctrinale. Faisons le compte. Arius a été condamné à Nicée. Était-ce un Latin? Non, c'était un prêtre d'Alexandrie. Qui a pris sa défense, avant le concile et depuis? Entre tous, Eusèhe, évêque de Nicomédie, puis de Constanti- nople. Deux des signataires de l'encyclique patriarcale doivent se recon- naître successeurs de cet Eusèbe. Où le concile de Nicée a-t-il trouvé ses vartisans. ses défenseurs les plus nombreux et les plus solides? En Égypte et en Occident. — D'où vient le fameux terme d'omoousios, qui a - servi de tessère à l'orthodoxie nicéenne? De Rome, très vraisemblable ment 4. Pourquoi s'est tenu le deuxième concile æcuménique? Pour faire pré- valoir la foi de Nicée, sans cesse combattue en Orient pendant plus d'un demi-siècle. Qui l'a convoqué ? L'empereur Théodose, un Latin, lequel déclare ne connaitre d'autre foi que celle qui fut préchée aux Romains par l'apôtre Pierre et qu'enseignent, à Rome, le pape Damase, à Alexandrie, l'évêque Pierre, successeur d'Athanase %. — Quels ont été les hérétiques condamnés à ce concile? Eudoxe et Macédonius, de Constantinople; Apol- linaire, de Laodicée, en Syrie; Eunomius, Aétius et autres membres du clergé grec. Pas un Latin ne figure parmi eux. Contre qui s'est tenu le troisième concile œcuménique, celui d'Éphèse ? Contre Nestorius, patriarche de Constantinople, quatrième prédécesseur hérétique de Sa Béatitude Anthime. Eutychès, moine de Constantinople, et Dioscore, patriarche d'Alexan- drie, ont, par leurs excès de doctrine ou de juridiction, provoqué la réu- nion du quatrième concile, celui de Chalcédoine. Qu'a fait ce concile? Il a déposé Dioscore et puni ses complices, sous la direction effective des légats du Pape, en vertu des ordres apportés par ceux-ci. Il a, de plus, rédigé une profession de foi où se trouve la fameuse expression in duabus naturis. D'où est venu ce terme dogmatique, cette nouvelle tessère d'orthodoxie?

! Voir là-dessus Hanwacr, Dogmengeschichte, t. I, p. 228, note.

Cunelos populos quos clementis nostræ regil lemperamentum in tali volu-

mus religione versari, quam divinum Petrum aposlolum tradidisse Romani re que nunc ab ipso insinuata declarat, quamque pontificem Damasum sequi claret gt Peirum Alesandris episcopu virus aposlolien anclilatis. (Cod. Tagoo, x, 2) 270 REVUE ANGLO-ROMAINE

D'Orient ? Non : la plupart des membres du concile y répuguaient. Elle venait dé Rome; elle figuré comme chose essentielle dans l'exposition de foi adressée par le pape Léon au patriarche Flavien, c'est-à-dire dans une e dont l'ecthèse de Chalcëdoine n'est qu'une rédaction grecque. Le cinquième concile marque, il est vrai, une victoire temporaire rem portée sur le pape Vigile par l'empereur Justinien et l'épiscopat grec. Du reste, aucun point de doctrine n'y fut mis en débat. 11 s'agissait de savoir si la coudamnation de certains livres était ou non opportune, Le paye Vigile était pour l'inopportunité, le concile pour l'opportunité. Vigile se rallia au décret de condamnation, pour le bien de la paix. Mais la preuve qu'il avait raison, c'est que cette condamaation, mal comprise en Occident, Ÿ causa des troubles sérieux et de longs schismes !, quelle figure font les légats romains ? Is arrivent avec des lettres du Pape où la doctrine orthodoxe est exposée et inculpée contre l'hérésie monothélite, Celle-ci a prévalu depuis plus de quarante an» dans tous les patriareats d'Orient, sauf celui de Jérusalem. Au moment du coneile et dans cette assemblée, elle est représentée ouvertement par le patriarche d'Antioche, hypocritement par celui de Constantinople. Ce der- nier, voyant les légats romains soutenus parl'Empereur, se décida à pas er de leur eôté, Dans la condamnation finale, outre le patriarche d'Autioche et quelques autres monothélites de Constantinople, on voit figurer plusieurs noms d'anciens patriarches, dont quatre de Constantinople. I est vrai qu'on y trouve aussi celui du pape Honorius, qui avait eu le tort, tout à fait au début de l'affaire, de se laisser mener par le patriarehe Serge, et d'écrire, sous son inspiration, des lettres imprudentes sur lesquelles sou clergé et ses successeurs se hâtérent de revenir. Et le septième concile, celui des images! En 734, l'épiscopat grec, tou- jours docile à la direction de la cour, condamnait daus une assemblée presque plénière 2 le culte des images, proserit du reste par le gouverment, dlepuis une vingtaine d'années, À Rome, depuis le même temps, on mai tenait le eulte des images, non sans souffrir persécution. Enfin ce culie triompha — pas cependant pour toujours — au concile aeuménique de Constantinople (787). De tout ceci il résulte, semble-t-il, que, s'il y a un lieu au monde où l'on peut se réclamer des sept coneiles æcuméniques, c'est Rome; que, silx a un lieu au monde où leur souvenir peut éveiller des idées sombres, c'est le patriareat de Constantinople. Comptez avec moi les patriarches dont li inémoire a été condamnée dans ces coneiles, ou qui se sont montrés ouver- tement les adversaires de leurs décisions. Eusèbe, — Macédonius, — Eudoxe, — Démophile, — Nestorius, — Acace, — Timothée, — Anthime, — Serge, — Pyrrhus, — Paul, — Pierre, — Jean VI, — Anastase,— Constantin, — Nicétas, — Théodote, — Antoine. — Jean VII. Dis-neuf patriarches hérétiques, et cela dans une période de cinq cents ans seulement. Encore n'ai-je mentionné iei que les sommités du genre, les hérétiques notoires. La liste s'allongerait singulièrement s'il fallait} donner place aux patriarches à qui l'on peut reprocher des hésitations, des fautes de conduite, comme celles dont on fait trophée contre les papes Libère, Vigile, Honorius,

    J'ai traité longuement de cette question dans mon mémoire intitulé Vigile el
 ‘lage (Revue des questions historiques, octobre 1884).

, 11 ÿ out au concile iconoclaste trois cent trente-six évêques. Eu égard au limites do l'empire, à cette époque, ce chiffre représente beaucoup plus que là inajorité des sièges occupés.

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LIVRES ET REVUES ou

Mais, me dira-t-on, s'il est vrai que, pour l'ensemble! les sept premiers cnciles æcuméniques représentent une orthodoxie défendue contre nous par l'Eglise romaine, au moins pouvons-nous dire que cette orthodoxie, mous l'avons maintenue, tandis que l'Église romaine l'a abandonnée ou currompue. — Abandonnée? En quoi ? Quel est le dogme défini dans ces coneiles que l'Eglise romaine ait répudié depuis? Quelle est la formule établie par eux qui ne figure expressément dans ses professions de foi? Corrompue ?. Ici se placent les revendications énumérées ci-dessus, le Silique, le baptème par infusion, les azymes, ete. On devrait bien nous muntrer dans les anciens conailes un décret, un canon, un mot, qui repré- sente une prohibition relative à l'un quelconque de ces points. Quel est le wncile œcuménique où l'on a réglé la procession du Saint-Esprit, le mode d'administration du baptême, l'eflicacité de telle ou telle partie de la liturgi sucharistique, le choix entre le pain levé et le pain azyme, les conditions de l'expiation d'outre-tombe, le rapport entre la loi du péché origi situation spéciale de la Vierge-Mére ? Mais, en précisant, nous aurions ajouté. — Et vous? — En niant nos précisions, en les traitant, non seulement comme choses douteuses, mais rumme des erreurs, ne précisez-vous pas autant que nous, ne dogmalisez- Vous pas tout comme nous ?. Venons maintenant aux deux points de dogme sur lesquels on nous fait ds objections. - « L'Eglise des sept conciles æcuméniques, sainte, catholique, et vant l'enseignement inspiré de la sainte Écriture ct la tradition apostolique, pre et invoque la miséricorde de Dieu pour en obtenir pardon et repos ämes des fidèles endormis dans le Seigneur; mais l'Église papique, dep k x siècle, a inventé et entassé dans la personne du Pape, comme unique dispensateur, une foule de nouveautés sur le feu du purgatoire, surles mérites surabondants des justes et leur distribution à ceux qui en manquent, et ainsi de suite, promettant aussi aux justes une entière reompense avant la résurrection générale et le dernier jugement. » , Sa Béatitude impute à l'Eglise romaine beaucoup de choses dont ‘lle ne saurait accepter la responsabilité, En ce qui regarde le purgatoire eules indulgences, la doctriue de l'Eglise romaine doit être cherchée dans les deux décrets annexés à la vingt-cinquième session du concile de Trente. Crs décrets mentionnent et proscrivent beaucoup d'abus, beaucoup d'excès de langage et de pratique. Îl serait sans doute à désirer que ces sages rserves eussent été mieux appliquées; je ne crains pas de dire que, dans & domaine, il ÿ aurait encore à réformer. Il n'est pas toujours facile d'avoir raison de l'indiscrète curiosité des théologiens et de l'indiserète dévotion des âmes pieuses. N'ayant pas qualité pour dire ce qu'il convien- drait de faire contre tel ou tel abus, je puis au moins (et ici je dois) mettre ea lumière la différence qu'il y a entre l'enseignement officiel de l'Eglise et les systèmes ou fantaisies qui remplissent les petits livres de piété ou qui se faufilent, quoique toujours comme opinions privées, dans les ou- vrages de théologie. L'Eglise enseigne « qu'il y a un purgatoire et que les âmes qui s'y trouvent sont soulagées par les suffrages des fidèles, prin- « cipalement par le sacrifice de l'autel ». C'est exactement, sous une autre forme, ce que Sa Béatitude déclare être la croyance de l'Eglise des sept conciles wcuméniques. En effet, si cette Eglise a toujours prié pour les morts endormis dans le Seigneur, c'est qu'elle juge que ces morts ont besoin de prières. Ce ne sont pas des damnés, ce ne sont pas des élus déj entrés en possession de la béatitude céleste. Ce sont des fidèles qui, sus être irrémissiblement condamnés par la justice divine, ont cependant ar £ REVUE ANGLO-ROMAINE

quelques comptes à régler avec elle. C'est exactement la catégorie classée dans le purgatoire par le décret du concile de Trente. Ces âmes doivent se trouver quelque part; cependant, quand il s'agit de purs esprits, l'idée de lieu ne peut être introduite qu'avec beaucoup de réserve. Le purgatoire peut ausei bien être considéré comme un état que comme un. lieu. Quant au feu du purgatoire, il n'en est pas question dans le décret du concile de ‘Trente ; jamais l'Eglise n'a canonisé ce détail. Du reste, les auteurs qui parlent ici de feu ne sauraient être pris au pied de la lettre. On ne conçoit guère ce que le feu ordinaire, matériel, pourrait faire à de purs esprits. poètes, depuis Homère jusqu'à Dante, savent beaucoup de choses sur l'autre monde ; leurs imaginations, comme celles des artistes, des orateurs. des philosophes eux-mêmes, peuvent avoir leur utilité pour fixer les idées et les faire mieux entrer dans certaines têtes. Toutefois, même avi simples, le conale de Trente défend d'user de ces procédés d'enseigne- ment. I prescrit « d'éviter, dans les sermons prêchés au populaire, les « questions dificiles et subtiles, dépourvues d'intérèt pour l'édification et « a piété »; il interdit à qui que ce soit d'écrire ou de disserter sur les points incertains ou contestables. Quant aux pratiques où ne sont intéres- que la vaine curiosité, la passion du gain, la superstition, il les recommande spécialement à la sévérité des évêques. IL est trop clair que ces sages prescriptions sont souvent violées. J'ai entendu, pour ma part, plus d'un sermon où elles étaient mises en oubli. Ceux qui sont chargés d'appliquer le déeretdu coneile de Trente auraient fort à faire s'ils devaient châtier tous les excès de langage que se permet- tent des prédicateurs imprudents. Mais ces intempérances ne sont pas ui mal spécial à l'Eglise latine, Je ne pense pas que Sa Béatitude Anthime consentit à faire siens tous les propos qui se tiennent dans les chaires de « l'Église des sept coneiles œcuméniques » ou qui circulent dans les petits écrits destinés au populaire grec. Ce que je viens de dire du purgatoire, on peut le dire aussi des indul- gences. Le concile de Trente, dans son décret, consacre quelques mois ment à la doctrine officielle, qu'il ramène à deux, points obligatoires l'utilité des indulgences, le droit qu'a l'Eglise de les concéder. Le reste du décret n'est qu'une longue protestation contre les exagérations et les abus qui se sont produits à ce propos.

RÉPERTOIRE DES SOURCES HISTORIQUES DU MOYEN-AGE. — Zopo-biblié- graphie — Angleterre — par M. le chanoine Ulysse Chevalier. Nous n'avons pas à faire l'éloge des travaux deM. Ulysse Chevalier; ils sont connus de tous les amis de la science, et tous les chercheurs les apprécient grandement. Signalons d'une façon toute particulière à nos lecteurs, le sixième fascicule: Angleterre. Le mot fopo-bibliogra phie n'a été adopté « que faute d'un terme plus <ompréhensif pour désigner lout ce qui n'est pas personnage ». Voici la table de ce fascicule:

        cadémies — Archéologie — Bibliographie — Bibliothèques — Conciles
         ‘onquête — Constitution — Détails — Droit —     Économ — Eglise
                                                                     ie
      ités — Géographie — Hagiographie — Héraldique — Imprime-

rie— Littérature — Liturgie — Numismatique — Périodiques — Rel- tions — Sigillographie — Sources — Anglo- Normands — Anglo-Sazons Archéologie — Concile — Détails — Droit — Église — Généralités — Li térature — Liturgie — Sources.

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PRIÈRES EMPLOYÉES OU APPROUVÉES PAR L'ÉGLISE COMME FORMES D'ORDINATION

                                         (Suite)




                                          it

            FORMES DE LA CONSÉCRATION ÉPISCOPALE.


                       I. Ancienne liturgie Romaine !.

Deus honorum omnium, Deus omnium dignitatum, que gloriæ tu sac! üs famulantur ordinibus, Deus, qui Moysen famulum tuum, secreti fami Bars affatu, inter cetera cœlestis documenta culturæ, de habitu quoque indumenti sacerdotalis instituens, electum Aaron mystico amictu vestiri inter sacra jussisti, ut intelligentiæ sensum de exemplis priorum eaperet seutura posteritas : ne eruditio doctrinæ tuæ ulli deesset ætati ; eum et apud veteres reverentiam ipsa significationum species obtineret, et apud us certiora essent experimenta rerum quam ænigmata figurarum. Ilius ramque sacerdotiiïi anterioris habitus nostræ mentis ornatus st, et pontifi= calem gloriam non jam nobis honorcommendat vestium, sed splendoranima- run ; quia et illa quæ tune carnalibus blandiebantur obtutibus, ea potius que in ipsis erant intelligenda poscebant. Et idcirco his famulis tuis, quos ad sammi sacerdotii ministerium delegisti, hane, quæsumus, Domine, gra- diam largiaris, ut quidquid illa velamina in fulgore auri, in nitore gemma- run, in multimodi operis varietate signabant, hoc in horum motibus acti- lusque clarescat. Comple in sacerdotibus tuis mysterii tui summam, et omamentis totius glorificationis instructos, cælestis unguenti fluore sanc- fiica Hoe, Domine, copiose in eorum caput influat ; hoc in oris subjecta decurrat; hoc in totius corporis extrema descendat ; ut tui Spiritus virtus et iueriora horum repleat, et exteriora circumtegat. Abundet in his constan- Ga fidei, puritas dilectionis, sinceritas pacis, Tribuas eis cathedram episco-

telem ad regendam Ecclesiam tuam et plebem universam. Sis eis auctori- hs, sis eis potestas, sis eis firmitas. Multiplices super eos benedictionen € gratiam tuam, ut ad exorandam semper misericordiam {uam, tuo munere idonei, tua gratin possint esse devoti. Per, ete.

                       IL. Ancienne liturgie Gallicane.

{ll est très difficile de dire quelle était la forme de la consécration épiseo qale dans l'ancienne liturgie Gallicane, Je ne puis donner que le passage intercalé à la prière romaine, comme il se trouve dans le Missale Francorum “tensuite dans le Pontifical romain. Probablement il est d'origine galli:

Cette prière est tirée du Sacramentarium Leonianum, dans lo Missale Francorum on ÿ a inséré un long passage probablement d'origine gallicane et le Ponüfcal romain a pris le tout du Missale Fran corum.

REVUE   ANGLO-ROM AINE,      — T1.        —    18.




                                     (                            riginal from
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21à REVUE ANGLO-ROMAINE

cane; probablement il faisait partie de la forme de la liturgie gallicane: mais certainement il n'est pas la forme entière. Voyez le même traité, p. 369.1. Deus honorum omnium...... sinceritas pacis. Sint speciosi munere tuo pedes horum ad evangelizandam pacem, ad evangelizandum bona tua. Da Domine, ministerium reconciliationis in verbo et in factis, et in viriute jgnorum et prodigiorum. Sit sermo eorum et prædicatio, non in persuasi- bilibus humanæ sapientiæ verbis, sed in ostensione spiritus et virtutis. Da eis, Domine, claves regni cœlorum ; utantur nec glorientur potestate quam tribues, in ædificationem, non in destructionem. Quodcumque ligaverint super terram sit ligatum et in cælis, Quorum detinuerint peccata, detenta sint, et quorum remiserint, tu remittas. Qui benedixerit eis, sit benedictus. qui meledixerit eis, maledictionibus repleatur. Sint servi fideles et pru- dentes, quos constituastu, Domine, super familiam tuam, ut dent ilis cibum in tempore necessario, ut exhibeant omnem hominem perfectum. Sint sollicitudine impigri; sint epiritu ferventes; oderint superbiam; diligant veritatem; nec eam unquam deserant aut lassitudine aut timore superati. Non ponant lucem tenebras, nec tenebras lucem. Non dicantmalum bonum, nec bonum malum. Sint sapientibus et insipientibus debitores; et fructum de profectu omnium consequantur. Tribuas eis, etc.

                       UT. Liturgie Grecque 1.

Dominator, Domine Deus noster, qui per celeberrimum Apostolum Pau- lum graduum et ordinum seriem ad subserviendum et ministrandum veue- randis et illihatis mysteriis tuis, in sancto altari tuo constitutis primo Apostolis, secundo Prophetis, tertio Doctoribus, sanxisti; ipse omnium Do- mine, hunc etiam suffragiis electum et evangelicum jugum dignitatemque pontificalem subire dignum habitum, per meam peccatoris et stantium ministrorum et coepiscoporum manum, adventu et virtute et gratia Sancti tui Spiritus corrobora, sicut sanctos Apostolos et Prophetas corroborast, sicut reges unxisti, sicut pontifices sanctificasti; et irreprehensum ejus pontifcatum ostende: et omni honestate illum exornans, sanctum illum renuncia; ut quæ populi saluti expediunt, postulet, et a te exaudiri digoum fiat. Quia sanctificatum est nomen tuum, et glorificatum est regnum. Domine Deus noster, qui humana natura deitatis tuæ præsentiam nulls- tenus ferente, tua dispensatione doctores simili nobiscum ratione passibiles thronum tuum obtinentes, hostiam et oblationem pro cuncto populo tuo sacrificaturos constituisti; tu, Domine, etiam hunc pontificalis gratiæ dis- pensatorem renunciatum, tui veri pastoris imitatorem, animam pro tuis ovibus ponentem, cæcorum ducem, in tenebris lucem, insipientinm pre- ceptorem, infantium doctorem, in mundo luminare eflice; ut animas sibi creditas reparans tribunali tuo inconfuse in præsenti vita astet, et magnam mercedem pro evangelii tai prwdicatione decertaturis a te præparatam reportet. Tuum enim est misereri et salvare, Deus.

                         IV. Liturgie Copte ?.                     =

Domiuator Domine Deus omnipoteus, Pater Domini nostri et Dei nostri et Salvatoris nostri Jesu Christi, une sole ingenite, sine principio, nullum regem habens superte, qui es semper et es ante sæcula, infinite et sole altissime, sole sapiens, sole bone, invisibilisin natura tua, principii expers

1 Comme pour les ordres précédents, nous trouvons ici deux oraisons. 2 Denanour op., cil.. ps 3

                                 JHIVERSITY   OF   MICHIGAN

RITUS CATHULICI 275

et apud quem est scientia incomprehensibilisetincomparabilis, cognoscens oeulta, cognoscens omnia antequam fiant, qui es in altissimis et respicix humiles, qui dedisti statuta ecclesiastica per unigenitum Filium tuum Do- minum nostrum Jesum Christum ; qui constituisti sacerdotes ab initio, ut adsisterent populo tuo; qui non reliquisti locum tuum sanctum sine minis- terio: qui complacuisti tibi glorificari in is quos elegisti: tu iterum nunc infunde virtutem Spiritus tui hegemonici, quem donasti Apostolis sanctis tuis in nomine tuo. Da igitur hanc eamdem gratiam super servum tuum X., quem elegistiin episcopum, ut pasceret gregem tuum sanctum, et ut tihi esset in ministrum irreprehensibilem, orans ante benignitatem tuam die ac nocte, congregans uumerum salvandorum, olfereñs tibi dona in sanctis ecclesiis. Ita, Pater omnipotens, per Christum tuum da ci unitatem yiritus Sancti tui, ut sit ipei potestas dimittendi peccata sccundum manda- um unigeniti tui Filii Jesu Christi Domini nostri, constituendi cleros seundum mandatum ejus ad sanctuarium, et solvendi vincula omnia eccle- siastica, faciendi domos novas orationis, et sanctificandi altaria; et placeat bi ansuetudine et corde humili, offerens tibi in innocentia et irrepre- hensibilitate sacrificium sanctum incruentum, mysterium hujus Testa- menti novi, in odorem suavitatis. .... Dignare, Domine, implere eum donis salutaribus et verbo scientiæ, utsit ductor cæcorum in via, et lumen eorum qui in tenebris sunt, ut erudiat indoctos, sit illuminator in mundo, dispensans verbum veritatis, imitans pastorem verum, ponentem animam suam pro ovibus suis ut hoc modo dirigat animas sibi commixsas, et ipse quoque sit paratus ad facien- dum secundum voluntatem tuam sanctam, ut inveniat ratiouem standi #cure ante tribunal tremendum, accipiens magnam mercedem quam pu- rasti is qui certaveruntin pradicatione Evangelii. Me autem etinm purifica ah omnibus peccatis alienis, et libera me ab iis quæ mea ipsius sunt, per mediationem unigeniti tui ü Domini nostri et Salvatoris nostri Jesu Uhristi cum que, ete.

                 1V bis. Liturgie des Syriens Jarobites.

Les Syriens Jucobites ont aussi, d'après Renaudot (ap. Denxinger, op. ‘il. p. 97), une formule de consécration épiscopale très remarquable: hieu que relativement courte, c'est celle qui renferme l'énumération la plus compte des fonctions épiscopales. Aussi ai-je cru bien faire de la repro- luire.]

Deus qui omnia fecisti per potentiam tuam, et fundasti orbem per voluu- tem Unigeniti tui, qui largitus es nobis intelligentiam veritatis, quique maifestasti nobis Spiritum tuum beniguum, Spiritum Sanctum principa- lem; qui dilectum Filium tuum VerbumJesum Christum Dominum glorin dedisti pastorem et sanatorem animarum nostrarum; quique per sangui- tem ejus pretiosum constituisti Écclesiam tuam, omnemque ordinem sæcerdotalem in ea instituisti: dedistique nobis qui nos dirigerent ad pla- . cendum tibi per cognitionem nominis Christi tui; illa vero multiplicata est « glorificata per orbem universum : tu mitte super servum tuum istum : Spiritum tuum Sanctum et principalem, eo fine ut pascat et administret à Ecclesiam tuam, quæ ejus fidei commendata est; sacerdotes constituat, diaconos ungat : consecret altaria et ecclesias: domibus benedicat : voca- tiones ad opus (ecclesiasticum) faciat: sanet et judicet; salvet et liberet: slvat, liget, exuat et segreget; omnem denique potestatem sanctorum tuorum da illi, eam scilicet quam dedisti Apostolis unigeniti Filii tui, ut sitpontifex gloriosus eum honore Moysis, in gradu Aaron, in virtute distipulorum tuorum; in operibus Jacobi sancti tui, in solio patriar- 216 REVUE ANGLO-ROMAINE charum; ut stabiliatur et confirmetur populus tuus, oves hæreditatis tue, per istum verbum tuum. Da illi sapientiam et intelligentiam, ut doceat voluntatem majestatis tuie; ut agnoscat peccata, sciatque regulam justitiæ et judicia ; res difficiles solvendimodum inveniatet dissolvat omnia vincula iniquitatis. Quia tu es dator honorum, largitor scientiarum maximarum donorumque divinoram, tihique gloriam referimus Patri, Filio, et Spirit sancto, etc.

                       V. Liturgie Maronite 1.

Deus deorum et Dominus dominantium, qui sedes super currum glorir tue in altissimis, et voluntas tua in infimis abyssis perficitur, qui conjun- xisti ad honorem ministerii tui cœtus ardentes flammæ mirabiles aspecti- bus et similitudinibus stupendos etconstituisti mundos lucis innumerabiles et agmiue spiritus indefinita, que sanctificationes proferunt et laudes mittunt atque glorificationes attollunt tibi, Domine, ad locum in quo taber- naculum tuum commoratur, et quia multw tuæ insunt miserationes, terre- nos quoque infrmos et humiles effecisti participes glorificationis majestatis tuæ et ministerii divinitatis tuæ, et ex his constituisti Prophetas et deinde Apostolos, post hos doctores et patratores virtutum, ut participes essent ministerii magnitudinis tuxæ et conjuncti cætibus lucis et myeteriis divini- tatis tuæ. Et nos etiam infirmi et peccatores servi tui, qui suscepimus gra- dum sacerdotii sublimissimi, cum digni non essemus ut calcaremus limen tui sancti templi, supplices tibi fundimus preces teque rogamus per on- tiones Deiparæ Mari, ut inclines clementiam divinitatis tuæ ad nos, et acceptes hoc ministerium et chirotomiam hanc, quæ facta est super servum tuum istum per paupertatem nostram. Eia, Domine, esto nobis rector die ac nocte et omnibus momentis et liberator ac redemptor a fraudibus adversarii; concede tibi sit placens in omnibus moribus suis, neque declinet ad dexteram neque ad sinistram & via tua, quæ ad vitam indefectibilem ducit; nullo pacto contristet Spiritum tuum sanctum; verum gratia tua. Domine, stabiliatur et confirmetur, et consummet cursum agonis sui pie ac juste cunctis diebus vitæ su, atque etiam in novissimo die adventus tui terribilis et tremendi letus tibi occurrat, portans lampades lucis opera sua honeet ingrediatur tecum ad accubitum cnnatque gloriam nomini tuo venerabili . Benedictus es, Domine Deus, qui es super omnia, qui varüs doni exornas filios hominum et exaltas Ecclesiam tuam sanctam, quam elegisti ex populo in Testamento primo et antiquo septuaginta senum et implevisti eos spiritu prophetiæ, et per hoc novum Testamentum Christi tui posuisti, Domine, in Ecclesia tua sancta primum Apostolos, et post hoc Prophetas. deinde Doctores et rectores et episcopos; qui implerent ministe- rium altaris tui sancti. Etiam nunc, Domine Deus. perfice nobiscum gra- tiam tuam, tuumque donum et eum servo tuo hoc N. episcopo, et concede ei. Domine Deus, cum impositione manus ista, quam hodie a te suscipi illapsam Spiritus Sancti, dignumque illum presta qui misericordiam a te obtineat, et sueerdotio fungatur offeratque tibi sacrificin pura cum votis #1 primitiis ac thura bona et odoramenta suavia quæ placeant voluntati tu et satisfaciunt divinitati tu. Concede etiam ill, Domine, gratiam verbiet eloquentiam in scientia, ut reprehendat, corripiat et increpet omnes ill ui a cognitione veritatis aberrarunt: sit visitator pupillorum, sustentator duarum, reductor errantium; provideat egenis, consoletur advenas, cus- todiat mandata tua divina, adimpleat leges tuas apostolicas et adhæreat tibi tuæque voluntati cunctis dichus vite suæ in conspectu tuo ea omnia

1 Dexzworn, op. cit. pe 106. Même observation que pour le diaconat. RITUS CATHOLICI 277

faciens et exsequens qua congruu sunt et justa; atque per tuas miseratio- nes æternas dignos nos redde qui lætemur et exultemus cum eo in regno wo cælesti per orationes et supplicationes Genitricis lucis et omnium facientium voluntatem tuam.

                         VI. Liturgie Nestorienne *.

Deus magne, qui & swculo oceultorum cognitor, ille, qui creavit omnia virtute verbi sui; et tenet ac regit omnia nutu placido voluntatis suæ : qui omni tempore præstat nobis multo plura, quam petimus et cogitamus. seundum virtutem suam magnam, quæ perficitur in nobis; Ille, qui tanguine pretioso D. N. J. Christi possedisti Ecclesiam tuam sanctam, et eomstituisti in ea Prophetas,et Apostolos et Doctores et Sacerdotes, quorum manibus multiplicaretur scientia veritatis, quam Filius tuus unigenitus dedit generi hominum; Tu, Domine, etiam nunc illumine faciem tuem super banc servum tuur, et elige eum elections sancta per Spiritus Sancti actionem, ut sit tibi sacerdos perfectus, qui æmuletur summum pontificem seritatis, qui animam sum posuit pro nobis; et confirma eum per Spiritum Sanctum in ministerio hoc sancto, ad quod ascendit. Tu, Pater sancte et udabilis, da illi, ut visitet grages tuos cum rectitudine cordis sui, cum Hingua ejus prædicet verbum rectum veritatis, ut sit lumen is, qui in tene- bis sedent, et correptor insipientium, et doctor puerorum. Et indue eum, Domine, virtute ex alto, ut ligetet solvat in cælo, et in terra : et per manus ejus impositionem curentur infrmi, flantque per eum virtutes in nomine tu0 sancto ad laudem divinitatis tu : et faciat virtute doni tui presbyteros, et diaconos, et diaconissas, et hypodiaconos, et lectores in ministeriur Ecclesiæ tuæ sanctæ secundum voluntatem divinitatis tu : et congreget, paseat et augeat populum tuum, et oves gregis tui, perficiatque animas sibi creditas in omni timore Dei et castitate : stetque confidenter coram tibunali tuo tremendo, dignusque fiat mercedem illam recipere, que promissa est œconomis diligentibus, gratia et miserationibus unigeniti Filii ti œuf et tibi et Spiritui Sancto laus, honor, confesaio et adoratio.

                         VIL. Liturgie Arménienne.

[Densinger ne reproduit pas in eztenso les cérémonies de la consécration tiscopale d'après cette liturgie; il se contente d'en donner une sorte de résumé, Voici ce qui se rapporte à la prière consécratoire, L. cit., p. 361.] Patriarcha etiam alta voce dicit : Divina et cælestis gratia, que semper swpplet indigentiam sancti ministerii apostolicæ Ecclesiæ, vocat hune N. sacerdotio ad episcopatum in sanctæ Ecclesiæ ministerium juta testificationem ndipeius totiusque populi. Kgo impono manus; omnes orate, ut dignus hic fiat radum episcopatus sui immaculatum cuslodire in sanctuario Dei. Hic ft longissima oratio ad divioum Redemptorem, ut super hunc movellum episcopum mittere dignetur sanctum et divinissimum Spiritum älum, quo pleni fuerunt sancti Apostoli, ut ipeo confortatus possit sustinere ame pondus sui gradus, prædicare inconcusse orthodoxam doctrinam. convincens incredulos, catechizans catechumenos, in vera fide et virtuu sabiliens fideles, reducens ad pœnitentiam peccatores; consilium bonum prebeus üis qui dubii sunt, confortans afflictos, sanans infirmos, se vene- blem exhibens omnibus prudentia, cantate, mansuetudine, patientin, ‘ratione, castitate, etc.

“Dmuxosn, op. cil., p. I. 278 REVUE ANGLO-ROMAINE

           VIT. Liturgie des Constitulions Apostoliques 1

Here Domine Deus omnipotens, qui solus es ingenitus, et non subjectus nullius regis imperio : qui semper es, et ante swcula existis : qui nullius unquam rei indiges : qui mullam tui causam aut ortum habere poles; qui solus es verus, et sapiens, qui solus altissimus; qui natura es invisiblis: eujus cognitio non habet ullam originem; qui solus es bonus, et cum ne- mine conferri potes; qui omnia nosti antequam fiant; cui oeculta sunt cogrita ; ad quem accedi non potest; qui non potes habere Dominum; Deus et Pater unigeniti Fili tui, Dei et Salvatoris nostri; Effector omnium per ipsum, Providens et Procurator; Pater miserationum, et Deus totius consolationis; qui in altis habitas, et humilia respicis. Tu es qui dedisti leges Ecclesiæ per adventum Christi tui in carne, testante Paracleto per Apostolos tuos, et per nos qui gratia tua adsumus Episcopi; qui a principio cerdotes providisti, qui populo tuo pressent : in primis Abel, Seth, Enos et Enoch; Noe, Melchisedech, et Job; qui declarasti Abraham et reliquos Patriarchas cum fidelibus famulis Moyse et Araon, Eleazaro et Phinees : qui ex ipsis instituisti Principes et Sacerdotes in tabernculo Lestimonii: qui elegisti Samuelem in Sacerdotem et Prophetam ; qui sanctus- rium tuum non reliquisti sine ministerio ; qui complacuisti in iis quos elegisi ad te glorificandum: ipse etiam une intercessione Christi tui per noi infunde virtutem Spiritus tui principalis, qui a dilecto Filio tuo Jesu Christ ministratur, quem, Le volente, qui es æternus Deus, donavit sanctis Apos- tolis tuis. Da in nomine tuo, cognitor cordis Deus, huic famulo tuo quem ad Episcopatum elegisti, ut pascat sanctum gregem tuum, atque ut Pon- tificatu tibi sancte fungatur et sine reprehensione, ministrans die ac nocte: ut propitiando vultum tuum, congreget numerum eorum qui salvandi sunt, et offerat tibi dona Ecclesiæ tuæ sance. Da ipsi, Domine omnipotens, per Christum tuum participationem Spiritus Sancti, ut habeat potestatem remittendi peccata secundum mandatum tuum; item dandi cleros, ut tu jussisti, ac solvendi omne vinculum secundum potestatem quam Apostolis dedisti, placendique tibi in mansuetudine, et corde mundo, offerendo tibi sine culpa semper, et sine crimine sacrificium mundum et incruentum, quod per Christum constituisti mysterium novi Testamenti, in odorm suavitatis per sanctum Filium tuum Jesum Christum, Deum et Salvatorem uostrum; per quem tibi gloria, honor et veneratio in Sancto Spiritu nune at semper, et in swcula sæculorum.

1 Moun, op, cil., p. 19.

                                 UNIVERSITY   OF     MICHIGAN

INSTRUMENTA AD POLI LEGATIONEM PERTINENTIA 219

  INSTRUMENTA AD POLI LEGATIONEM PERTINENTIA.




                         Breve de Facultatibus Legatinis.

     (Willins,     vol. iv. p. 9;
                                of. Burnet, ed. Pocock, vol, vi.
                                                               p. 322.)
                     (Œuvres de M. Emers, Migne, p. 1530.)

sus papa III. — Dilecte fili noster, salutem et apostolicam benedic- tionem. Dudum eum charissima in Christo flia nostra Maria, Angliæ tune princeps, regina declarata fuisset, et speraretur rognum Angliæ, quod sæva ffrannide ab unione sanctæ ecclesiæ catholicæ separatum fuerat, ad ovile gregis Domini, et ciusdem ecclesiæ unionem, ipsa Maria primum regnante, redire posse : Nos te præstanti virtute, singulari pietate, ac multa doctrina insignem, ad eandem Mariam reginam, et universum Angliæ regnum, de fatum nostrorum consilio et unanimi consensu, nostrum et apostolicæ sedis legatum de latere destinavimus; tibique inter cætera, omnes et sin- gs utriusque sexus, tam laicus quam ecclesiasticas, seculares, et quo- runvis ordinum regulares personas, in quibusvis etiam sacris ordinibus eslitutas, cuiuscunque status, gradus, conditionis et qualitatis extite- rit; a6 quacunque ecclesiastica etiam episcopali, archiepiscopali, et atriarchali, eut mundana, etiam marchionali, ducali, aut regia dignitate prefalgerent, etiamsi capitulum, collegium, universitas, seu communitas fret, querumeunque hæresium aut novarum sectarum professores, aut in és culpabiles vel suspectas, ac credentes, receptatores et fautores tou, etiamsi relapsæ fuissent, eorum errorem cognoscentes et de ill dolentes, ac ad orthodoxam fidem recipi humiliter postulantes, cognita in és vera et non ficta aut simulata pœnitentia, ab omnibus et singulis per & perpetratis (hæreses et ab eadem fide apostasias, blasphemias, et alios gokunque errores etiam sub generali sermone non venientes sapientibus) cas, criminibus, excessibus et delictis, neenon excommunicationum, “upensionum, interdictorum, et aliis ecclesiasticis ac temporalibus, etiam corporis affictivis, et capitalibus sententiis, censuris et pænis in eos, præ- missorum occasione, a iure vel ab homine latis vel promulgatis, etiami in fs viginti et plus annis insorduissent, et eorum absolutio nobis et aposto- lice sedi, et per literas in die cœnæ Domini legi consuetas reservata 0; wa, in utroque conscientiæ videlicet et contentioso foro, plenarie absol- vendi et liberandi, ac aliorum Christifidelium consortio aggregandi : necnon cum eis super irregularitate per eos præmissorum occasione, etiam quia Si ligati missas et alia divine officia, etiam contra ritus et ceremonias ab eccleia eatenus probatas et usitatas celebrassent, aut illis alias se miscuis- sent, contracta; necnon bigamia per eosdem ecclesiasticos, seculares vel reulares, vere ant ficte, seu alias qualitercunque incursa (etismsi ex eo quod clerici in sacris conslituti cum viduis vel allis corruptis matrimonium contraxissent prætenderetur), reiectis et expulsis tamen prius uxoribus sic facto copulatis : quodque bigamia et irregularitate, 8e aliis præmissis mon obstantibus, in eorum ordinibus, dummodo ante eorum lapsum in 280 REVUE ANGLO-ROMAINE hæresin huiusmodi rite et legitime promoti fuissent, etiam in altaris minis- terio ministrare, ac quæcunque et qualitercunque etiam curata beneñcia secularia vel regularia, ut prius, dummodo super eis alteri jus quæsitum non existeret, retinere; eL non promoti ad omnes etiam sacros et presbyteratus ordines ab eorum ordinariis, si digni et idonei reperti fuissent, promoveri, ac benefñcia ecclesiastica, si eis alias canonice conferrentur, recipere et retinere valerent, dispensandi et indulgendi; ac omnem infamiæ et inhabi- litatis maculam sive notam, ex præmissis quomodolibet insurgentem, penitus et omnino abolendi, necnon ad pristinos honores, dignitates, famam, et patriam, et bone étiam confiscata, in pristinumque, et eum in quo ante præmissa quomodolibet erant, statum restituendi, reponendi, et redintegrandi; ac eis, dummodo corde contriti eorum errata et excessus alicui per eos eligendo catholico confessori sacramentaliter confiterentur, ac pænitentiam salutarem eis per ipsum confessorem propterea iniungen- dam omnino adimplerent, omnem publicam confessionem, abiurationem, renunciationem, et pœnitentiam iure debitam, arbitrio tuo moderandi vel in totum remittendi : Necnon communitates et universitates, ac singulares personas quas- cunque, a quibusvis illicitis pactionibus et conventionibus per eos cum dominis aberrantibus, seu in eorum favorem quomodolibet initis, et ei prestitis iuramentis et homagiis, illorumque omnium observatione, et si quem eatenus occasipne eorum ineurrissent periurii reatum, etiam absol- vendi et iuramenta ipsa relaxandi. Ac quoscunque regulares et religiosos, etiam in hæresin huiusmodi, ut præfertur, lapsos, extra eorum regularia loca absque dictæ sedis licentia vagantes, ab apostasiæ reatu et. excommu- nicationis, aliisque censuris ac pœnis ecclesiasticis, per eos propterea etiam iuxta suorum ordinum instituta incursis, pariter absolvendi: ac cum eis ut alicui beneficio ecclesiastico curato de illud obtinentis consensu. etiam in habitu clerici secularis, habitum suum regularem sub honesta toga presbyteri secularis deferendo, deservire, et extra eadem regularit loca remanere libere et licite possint, dispensandi Necnou quibusvis personis, etiam ecclesiasticis, ut quadragesimalibus et aliis anni temporibus et diebus, quibus usus ovorum et carnium est de iure prohibitus, butyro, et caseo, et aliis lacticiniis, ac dictis ovis et car- nibus, de utriusque seu alterius spiritualis, qui catholicus existeret, medici consilio, aut si locorum et personarum qualitate inspecta ex defectu pis- cium aut olei, vel indispositione personarum earundem, seu alia causa legitima, id tibi faciendum videretur, ut tuo arbitrio uti et vesci possint, indulgendi et concedendi : Necnon per te in præteritis duntaxat casibus, aliquos clericos seculares, tantum preshyteros, diaconos, aut subdiaconos, qui matrimonium cum aliquibus virginibus, vel corruptis secularibus, etiam mulieribus, de facto eatenus contraxissent, considerata aliqua ipsorum singulari qualitate, et cognita eorum vera ad Christi fidem conversione, ac aliüis circumstantis ac modificationibus tuo tantum arbitrio adbibendis, ex quibus aliis præ- sertim clericis in sacris ordinibus huiusmodi constitutis, quibus non licel uxores habere, scandalum omnino non generetur; citra tamen altaris a alia_sucerdotum ministeria, et titulos beneficiorum ecclesiasticorum. at omni ipsorum ordinum exercitio sublato, ab excommunicationis sentent. et aliis reatibus propterea incursis, iniuncta inde eis etiam tuo arl pasnitentia salutari, absolvendi, ac cum eis, dummodo alter eorum supersies remaneret, de cwtero sine spe coniugii, quod inter se matrimonium legi- time contrahere, et in eo, postquam contractum foret, licite remanere posent, prolem exinde legitimam decernendo, misericorditer dispensandi :

                                   JNIVERSITY   OF   MICHIGAN

ANSTRUMENTA AD POLI LEGATIONEM PERTINENTIA 281

ac quæcumque benificia ecclesiastica, tam secularia quam regularia, et que per rectores catholicos possidebantur, de ipsorum tamen rectorum catholicorum consensu, seu absque rorum præiudicio, cuicunque alteri beneñcio ecclesiastico oh eius fructus tenuitatem, aut_hospitali jam erecto vel erigendo, seu studio universali, vel scholis literariüis, uniendi, annec- tendi, et incorporandi, aut fructus, reditus, et proventus, «eu Lonorum benefciorum dividendi, separandi et dismembrandi, ac eorum sic divi- sorum, separatorum, et dismembratorum partem aliis benefciis seu hospi- talibus, vel studiis aut scholis, seu pis usibus similiter arbitrio tuo per- petuo applicandi et appropriandi : ac cum possessoribus bonorum ecclo- siasticorum (restitutis prius, si tibi expedire videretur, immobilibus per eos indebite detentis) super fructibus male perceptis, ac bonis mobilibus consumptis, concordandi et transigendi, ac eos desuper liberandi et quie- tandi : ac quicquid concordiis et transactionibus buiusmodi proveniret in ecclesiæ cuius essent bona, vel in studiorum universalium aut scholarum buiusmodi, seu alios pios usus, convertendi, omniaque et singula alia, que in præmissis et circa ea quomodolibet necessaria et opportuna esse cognosceres, faciendi, dicendi, gerendi et exercendi : Necnon catholicos locorum ordinarios, aut alias personas Deum timentes, fide insignes, et literarum scientia præditas, nc gravitate morum cons- picuas, et ætate veneranda, de quarum probitate et cireumspectione nc charitatis zelo plena fiducia conspici posect, ad præmissa omnia, cum simli vel limitata potestate (absolutione et dispensatione clericorum circa connubia, ac unione beneficiorum, «eu eorum fructuum et bonorum sepa- ratione et applicatione, ac concordia cum possessoribus bonorum eccle siasticoram et eorum liberatorum, duntaxat exceptis) substituendi et sub delegandi : ac diversas alias facultates per diversas alias nostras tam sub plumbo quam in forma brevis confectas literas, concessimus, prout in illis plenius continetur. Verum cum tu ad partes Flandriæ, ex quibus brevissima ad regnum transfretatio existit, te contuleris, ac ex certis rationibus nobis notis inibi aliquamdiu subsistere habeas, ac a nonnulis nimium forsan scrupolosis, hæsitetur, an tu in partibus ‘huiusmodi subsistens, prædictis ac aliis tibi concessis facultatibus uti, ac in eodem regno locorum ordinarios aut alias personas, ut præmittitur, qualificatas, que facultatibus per te juxta dictram literarum continentiem pro tempore concessis utantur, alias iuxta earundem literarum tenorem substituere et delegare possis : Nos causam tuæ subsistentiæ in eisdem partibus approbantes, et singularum literarum prædictarum tenores præsentibus pro suficienter expressis ac de verbo ad verbum insertis habentes, circumspectioni tuæ quod quamdiu in isdem partibus de licentia nostra moram traxeris, legatione tua prædicta durante, etiam extra ipsum regaum existens, omnibus et singulis præ- dictis et quibusvis aliis tibi concessis, et quæ per præsentes tibi conce- duntur, facultatibus, etiam erga quoscunque archiepiscopos, episcopos, ac abbates, aliosque ecclesiarum tem secularium quam quorumvis ordinum regularium, necnon monasteriorum et aliorum regularium locorum præ- latos, non secus ac erga alios inferiores clericos, uti possis; necnon erga alias personas in singulis literis prædictis quovismodo nominatas, ad te pro tempore recurrentes vel mittentes, etiam circa ordines quos nunquam aut male susceperunt, et munus consecrationis quod eis ab aliis episcopis vel archiepiscopis etiam hæreticis et schismaticis, aut alias minus rite et non servata forma ecclesiæ consueta, impensum fuit, etiamsi ordines et munus huiusmodi etiam circa altaris ministerium temere executi sint, per te ipsum vel alios, ad id & te pro tempore deputatos, libere uti; ac in 282 REVUE ANGLO-ROMAINE sodem regno tot quot tibi videbuntur locorum ordinarios, vel alias per- sonas, ut præmittitur, qualificatas, que facultatibus per te eis pro tempore concessis (citra tamen eus qu solum tibi, ut præfertur, concessæ exis- tnt), etiam te in partibus Flandriæ huiusmodi subsistente, libere utantur, el eas exercent et exequantur, alias iuxta ipsarum literarum continentiam ac tenorem substituere et subdelagare : Necnon de personis quorumeunque episcoporum vel archiepiscoporum, qui metropolitanam aut alias cathedrales ecelesias de manu laicorum etiam sehismaticorum, et præsertim qui de Henrici regis et Edwardi éius nati receperunt, et eorum regimini et administrationi se ingesserunt, et eorum fructus, reditus et proventus etiam longissimo tempore tanquam veri archiepiscopi aut episcopi temere et de facto usurpando, etiamsi in hæresin, ut præfertur, inciderint, seu antea hæretici fuerint, postquem per te unitati Sante Matris Ecclesiæ restituti extiterint, tuque eos reha- bilitandos esse censueris, si tibi alias digni et idonei videbuntur, eisdem metropolitanis et aliis cathedralibus ecclesiis denuo, neenon quibusvis als eathedralibus etiam metropolitanis ecclesiis per obitum vel priva- tionem illarum præsulum, seu alias quovismodo pro tempore vacantibus, de personis idoneis, pro quibus ipsa Maria regina iuxta consuetudines ipsius regni tibi supplicarent, auctoritate nostra providere, ipsasque personas eisdem ecclesiis in episcopos aut archiepiscopos præficere : ac eum eis qui ecclesias eathedrales et metropolitanas de manu laicorum etiam schismaticorum, ut præfertur, receperunt, quod eisdem seu aliis, ad quas eas alias rite transferri contigerit, cathedralibus etiam metropo- litanis ecclesiis, in episcopos vel archiepiscopos præesse, ipsasque eccle- sias in spiritualibus et temporalibus regere et gubernare, ac munere con- secrationis eis hactenus impenso uti; vel si ullud eis nondum impensum extiterit, ah episcopis vel archiepiscopis catholicis per te nominandis suscipere libere et licite possint : neenon cum quibusvis per te, ut pre- mittitur, pro tempore absolutis et rehabilitatis, ut eorum erroribus et excessibus præteritis non obstantibus quibusvis cathedralibus etiam metropolitanis eeclesiis in episcopos et archiepiscopos præfici et præesse, illasque in eisdem spiritualibus et temporalibus regere et gubernare, ac ad quoscunque etiam sacros et presbyteratus ordines promoveri, et in illis aut per eos jam licet minus rite susceptis ordinibus etiam in altaris ministerio ministrare, necnon munus consecrationis suscipere, et illo uti libere et licite valeant, dispensare etiam libere et licite possis, plenam et liberam apostolieam auctoritatem per præsentes concedimus facultatem et potestatem : non obstantibus constitutionibus et ordinationibus aposto- licis, ae omnibus illis quæ in singulis literis præteritis voluimus non obstare, cæterisque contrariis quibuscunque. Datum Romæ apud sanctum Petrum sub aunulo piscatoris die 8 Marti 4654, pontificatus nostri anno 5.

                                    il


                         Dispensatio Generalis.

     {Æ Statuto { et 2 Philippi et Mariæ, c. 8. Gibson, Codex, p. 41.)

Reginaldus miseratione divina Sanctw Mariæ in Cosmodin, sanctæ Ro- manæ Ecclesiæ Dinconus, Cardinalis Polus nuncupatus, ad Serenissimos Philippum et Mariam, Angliæ Reges, fidei defensores, et universum Angie regnum, sanctissimi Domini nostri Papæ, et sedis Apostolicæ de latere

                                            iginal from
                                     UNIVERSITY
                                             OF     MICHIGAN

INSTRUMENTA AD POLE LHGATIONEM PERTINENTIA 283

legatus, eisdem Serenissimis PAiippo et Mariæ Regibus salutem in Domino sempiternam, Cum supremum Concilium istius Regni, Parliamentum nuncupatum, Maiestetibus vestris per suos supplices libellos exposuisset, quod perniciosissimo «chismate in hoc regno alias vigente, quod nune Dei misericordia, et Maiestatum vestrerum pietate extinctum est authoritate ipsius Parliament, nonnulli Episcopatux divisi, et ox hisaliquæ inferiores Éeclesiæin Cathedrales erectæ, et scholæ atque hospitalie fundate, nec non plurimeæ dispensationes et beneficiorum"provisiones factæ fuerunt, ac multe parsonæ quibus persuasum fuerat, iuris canonici dispositiones hoc in regno amplius locum non habere, inter se in gradibus consanguinitatin vel affinitatis de jure prohibitis, et impedimentis Canonicis sibl obstntibus, matrimonis per verba de prasenti contraxerunt, et multi et processus, tam in primis quem ulerioribus instanti super rebus spiritualibun et Ecclesiasticis coram Judicibus tam Ordinariis quam Delegatis, qui authoritate laicali procedebant, habiti et sorvati, ac super eis etiam rntentiæ latæ, et promulgats fuerunt, et bona Ecclesiastica per diversax elusdem regni personas occupata, et apprehense fuerunt : Quæ quidem licet ex sacrorum Canonum institutis irrita declareri possent, tamen sad alium statum, quam in quo nunc sunt, révocarentur, publics pax et quies univers regni turbaretur, et maxima confusio oriretur, præsertim si dictoram bonorum possessores molestarentur; et propteren Maiestatious cestris humiliter supplicaverint, ut apud nos intercedere dignentur, ut premissarum rorum frmitaii, et stabilitati, et simul huius regni quieti, et tranquillitati, de benignitate Apostolica providere velimus; Cumqua Episcopi quoque deinde, ac reliquus provinciw Cantueriensis Clerus ttum fere corpus Ecclesiasticorum regni repræsentans, ad quos hæc bonorum Ecclesiasticorum eausa maxime pertinet, exposuérint, quod bæc bona ad ius Ecclesticorum revocare non possunt, quin pax universalis, et quies huius regni turbetur, et causa fidei atque unitatis Ecclesiæ, iam toto omnium consensu hoc in regno iatroducta, in maximum periculum adducatur; et propterea ipsi quoque supplicaverint, ut apud nos inter- cedere velint, ut in his bonis Ecclesiasticis possessoribus relaxandis restricti et difficiles esse nollemus; Maiestates eutem vestræ, ad quas maxime spectat providere, ut regnum isparum potentati, regimini, ét curæ commissure, in pace et tranquillitato conservetur, his supplication{bus et postulatis cognitis et mature consideratis, iudicaverint ea omnia, et maxime illa que in bonorum Écclesiasticorum causa petuntur, pro causa dei, et pro pace publica, per nos debere fine ulla dilatione concedi, et quemadmodum rogatm fuerunt, apud nos intercedere digat fuerint, prout in supplicationibus per idem supremum Coucilium et Episcopos ac Clerum prefatum Maiestatibus vestris porrectis, atque libello interces- sonis per easdem Maiéstates vestras nobis simul cum aliis supplicatio- nibus exhibito, latius epparet. Idcireo, nos qui ad Maiesiates vatres et hoc nobilissimum vestram Regnum, « Sanctisimo Domino nostro Julio Papa tertio, ipaius et sedis Apostolicæ de latere legati missi sumus, ut regoum istud, quod jam diu ab Ecclesiw Catholicæ unitate separatum futrat, Deo et Ecclesiæ Chris, eiusque in terris Vicario reconciliaremus, etut es omnia quæ ad pacem et tranquillitatem huius regni pertinerent, omni studio procuraremus, postquam Dei benignitate, et Maiestatum restrarum pietae, per authoritatem eiusdem Sanctissimi Domini nostri Papæ, cuius vices hic sustinemus, reconciliatio iam facta ent, ut paci et tranquiltat regni prafet consulamus : Atque ut unitas Ecclesie ex qua salu animer pretioso Chrsti sanguine redemptarum dependet, hoc in regno iam introducta, corroboretur, et salva permaneat; cum utriusque 284 REVUE ANGLO-ROMAINE rei stahilitatem in eo maxime consistere, si horum Ecclesiasticorum bo- norum possessoribus molestia nulla infératur quo minus ea teneant, tot ettam gravia testimonia nobis fidem faciant, et Maiestatum vestrarum intercessio@quæ pro unit. Éeclesiæ, et sedis Apostolieæ authoritate hoc in regno iMfauranda, tam studiose, et tam pie elaborarunt, eam quan par est adfhoritatem, apud nos habeat, et ut universum hoc regnum sedis Apostolicæ maternam vere indulgentiam, et charitatem erga se agnosc' et re ipsa experiatur; Quoseunque ad quos infra seripta pertinent, a quibusvis exeommunication’ suspension” et interdictis, aliisque Eccles ticis sententiis, censuris et pænis a jure vel ab homine quavis oecasione vel causa latis, si quibus quomodolibet innodati existunt, ad effectum præsentium duntaxat consequendum, harum serie absolventes et abso- lutos fore censentes, authoritate Apostolica, per litteras sanctissimi Domini nostri Dom. Julii Papæ tertii nobis concessa, et qua fungimur in hac parte, tenore præsentium dispensamus, Quod omnes et singulæ Ca- thedralium Ecclesiarum erectiones, hospitalium et scholarum fundationes tempore præterit” schismatis, licet de facto et nulliter attentatæ, in eo statu in quo nunc sunt, perpetuo firmæ et stabiles permaneant, illisque Apostolicæ firmitatis robur adiicimus, ita ut non ea authoritate, qui prius, sed ea quam nunc ei tribuimus fact ab omnibus censeantur. Et cum omnibus et singulis personis regni prædicti quæ in aliquo consan- guinitatis vel aflinitatis gradu etiam multiplici vel cognationis spiritualis seu publicæ honest’ iustitia impedimento de iure positivo introduetis, et in quibus Sanctissim. Domin. noster Papa dispensare consuevit, matrimonia scienter vel ignoranter de facto contraxerint; ut aliquo impedimentorum præmissorum non obstante, in eorum matrimon. sic eontractis, libere et licite remanere, seu illa de novo contrahere possint, misericorditer in Dom. dispensamus, prolem susceptam, suscipiendan, legitimam decernentes; ita tamen ut qui scienter et maliciose contraxe- rint, a sententia excommnnication’ et ab incestus seu sacrilegii reatu. absolution' a suo Ordinario vel Curato, quibus id faciendi facultatem concedimus, obtineant : Ac omnes Ecclesiasticas, seculares, seu quo- rumvis ordinum regulares personas quæ aliquas impetrationes, dispensa- tiones, concessiones, gratias et indulta, tam ordines quam benefcin Ecclesiastica, seu alias spiritual' materias, prætensa authoritate Supremi- tatis Ecclesiæ Anglicanæ, licet nulliter et de facto obtinuerint, et ad cor reversæ Ecclesiæ unitati restitutæ fuerint, in suis, ordinih” et beneñc' per nos ipsos, seu a nobis ad id deputatos, misericorditer recipiemus, prout iam multæ receptæ fuerunt, secumque super his opportune in domino dispensabimus. Ac omnes process’ in quibusvis instantiis coram quibustis Judicibus tam ordinar” quam delegatis etiam laicis super mater spin tualibus habitos et formatos, et sententias super eis latas, lice nulliter et de facto, quo ad nullitatem ex defectu iurisdiet præf” tantum insur- gentem, sanamus, illosque et illas authoritate Apostolica confirmamus : Ac quibusvis huius regoi personis ad quarum manus bona Ecclesiastien ex quocunque contractu seu titulo oneroso vel lucrativo jam devenerint, illaque tenuerint, seu etiam teneant, omnes, et quoscunque fructus ex eiusdem bonis, licet indebite perceptos, in totum re us et relaxamtx Volentes ac decernentes, quod dictorum bonorum Ecclesiasticorum tam mobilium quam immobilium possessores præf” non possint in present nec in posterum, seu per conciliorum generalium vel provincialium dis- positiones, seu decretales Romanorum Pontificum Epistolas, seu aliam quameunque censuram Ecclesiasticam, in dictis bonis, seu eorundem possession molestari, inquietari vel perturbari, nec eis aliquæ censurt

                                        riginal from
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ANSTRUMENTA AD POLI LEGATIONEM PERTINENTIA 285

vel penæ Ecclesiasticæ propter huïusmodi detentionem, seu non restitu- fionem irrogari vel infligi; et sic per quoscunque Judices, et auditores, sublata eis quavis aliter iudicandi et interpretandi facult et authorit inditari et definiri debere, et quicquid secus attemptari contigerit, irritum et imane fore decernimus, non obstantibus præmissis defectibus, et œibusvis Apostolicis, ac in provincialibus, et synodalibus conciliis editis, spécilibus vel generalibus, constitutionibus et ordinationibus, cæterisque contrariis quibuscunque. Admonemus tamen, cum divisio Episcopatuum

erectio Cathedralium Ecclesiarum sint de maioribus causis, quæ

summo Pontifici sunt reservatæ, recurrendum esse ad suam sanctitatem, . tab ea suppliciter postulandum, ut hæc coufrmare, seu de novo facere digretur. Et licet omnes res mobiles Ecclesiarum indistincte cis qui eas tement, relexaverimus, eos tamen admonitos esse volumus, ut ante oculos tabentes divini judicii severitatem contra Belthasarem Regem Babylonis, qui vasa sacra non a se, sed a patre e templo ablata in prophanos usus convertit, ea propriis Kcclesiis si extant, vel aliis restituant. Hortantes eliam, et per viscera misericordiæ Jesu Christi obtestantes eos omnes quos bæe res tangit, ut salutis suæ non omnino immemores, hoc saltem elfciant, ut ex bonis Ecclesiasticis, maxime ils quæ ratione parsonatuum #vieariatuum populi ministrorum sustentationi fuerint specialiter desti- mat, seu Cathedralibus, et aliis quæ nune extant, inferioribus Ecelesiis curam animarum exercentibus, ita provideatur, ut earum pas- tres, parsonæ et vicarii, commode et honeste iuxla earum qualitatem statum sustentari possint, et curam animarum laudabiliter exercere, et wera incumbentia congrue supportare. Datum Lambeth. prope Lon- dinum, Wintonien. Dioces. Anno Nativit. Dom. MDLIV. Nono Cal. , Pontif. Sanctiss.in Christo patris, et Domini nostri, Domini na providentia, Fapæ tertii, anno quinto. Roginaldus Cardinalis Polus Legatus.

                                  ul

                     Facultates pro Bpiscopis.

                (Burnet, ed. Pocock, vol, vi. p. 864.)

Reginaldus, miseratione divina Sanctæ Mariæ in Cosmedin sanctæ Romanæ ecclesiæ diaconus cardinalis Polus nuncupatus, sanctissini domini nostri papæ, et sedis apostolicw, ad serenissimos Philippum et Mariam, Anglie reges, et universum Angliæ regnum, de latere legatus; venerabili, ac nobisin Christo dilecto, episcopoNorwicensi, seu eius in spiritualibus icario generali salutemin Domino sempiternam. Cum sanctissimus in Christo pater dominus noster, dominus Julius divina rovidentia papa tertius, inter alias facultates pro huius regni omniumque lersonarum in eo existentium sanctæ ecclesiæ catholicæ reconciliatione facienda necessarias nobisin nostra hac legatione concessas hanc specia- liter indulserit, ut quoscunque in hæresium et schismatis errores lapeos ah ét et a quibuscunque censuris et pœnis propterea incursis absolvere, et cum eis super irregularitate præemissorum occasione contracta dispeusare, “dia multa ad hæc necessaria seu quomodolibet opportuna facere; et hoc idem munus catholicis locorum ordinariis et aliis personis Deum timen- tibus, fide insignibus et literarum scientia præditis, demandare possimus; prout in eius literis tam sub plumbo quam in forma hrevis expeditis plenius 286 REVUE ANGLO-ROMAINE continetur; Cumque Dei benignitate et serenissimorum regum pietats regnum hoc universaliter, et omnes domini spirituales et temporales. aliæque persons communitatum, in eo quo proxime celebratum et parlit- mento congregate singulariter primo, et deinde universum corpus cleri provincie Cantuariensis, et omnes fere personæ singulæ dictum corpus repræsentantes, coram nohis existentes, aliæque pleræque fuerint sanciæ ecclesiæ catholicæ per nos ipsos reconciliatæ; speremusque fore ut omnes alie quæ reconciliatæ adhuc non sunt reconciliari debeant; difficileque et potius impossibile sit, ut tam numerosa multitudo per nos ipsos reconci- lietur; Ideo vices nostras, in hoc, locorum ordinaris et aliis personis ut supra qualificatis delegandas duximus. Circumspectioni igitur vestræ, de cuius probitate et charitatis zelo plenam in Domino fiduciam obtinemus, auctoritate apostolica nobis per literas eiusdem sanctissimi domini nostri papæ concessa, et per nos vobis mune impensa, omnes et singulas utriusque sexus, tam laicas quem ecclesiasticas, seculares et quorumvis ordinum regulares vestræ civitatis et diocesis personas, in quibusvis eliam sacris ordinibus constitutas, cuiuscumque status et qualitatis existant, ctim si capitulum, collegium, univerëitas, seu communitas fuerit, quarumvis hære- sium aut novarum sectarum professores aut in eis culpabiles vel suspectas, ac credentes receptatores et fautores eorum, suos errores agnoscentes, ac de illis dolentes, et ad orthodoxam fidem recipi humiliter postulantes, cognit in ipsis vera et non fcta aut simulata pœnitentia, ab omnibus et singulis hæresium, schismatis, et ab orthodoxa fide apostasiarum et bla phemiarum et aliorum quorumcunque similium errorum etiam sub generali sermone non venientium peccatis, eriminibus, excessibus et delicis, (de quibus tamen iam inquisiti vel accusati seu condemnati non fuerint) et qui- busvis excommunicationis, suspensionis ct interdictorum, et aliis eccle- siasticis et temporalibus censuris et penis, in eas præmissorum et infra- scriptorum occasione a iure vel ab homine latis vel promulgatis, etiam si in eis pluribus annis insorduerint, et earum absolutio dicue sedi etiam per literasin cœna Domini legi consuetas reservata existat, in utroque cons- cientiæ scilicet et contentioso foro, eos vero qui iam inquisiti vel accusati aut condemnati fuerint, ut præfertur, ad cor revertentes in foro conscientir tantum plenarie absolvendi et liberandi : Necnon cum eis super irreguli- ritate par eos præmissorum occasione contracta, etiam quia sic ligati missas et alia divine officia, etiam contra ritus el ceremonins hactenu* probatas et usitatas, celebraverint, aut illis alias se immiscuerint, contrac! quodque irrigularitate et alis præmissis non obstantibus in suis ordinibu etiam ab hæreticis et schismaticis episcopis etiam minus rite, dummode in eorum collatione ecelesiæ forma et intentio sit servata, per eos susceptis. | etin eorum susceptione etiamsi iuramentum contra papatum Romanun præstiterint, etiam in altaris ministerio ministrare, ac quæcunque quot- cunque et qualiacunque eliam curata, invicem tamen se compatientia, beneficia secularie vel regularia (dignitatibus in collegiatis ecclesiir principalibus et in cathedralibus etiam metropolitanis post pontifiealem maioribus exceptis), etiam a schixmaticis episcopis seu aliis collatoribus | etiam laicalis-potestatis prætextu habita, auctoritate apostolica relinere. | dummodo alteri ius quæsitum non sit, et non promoti ad omnesetiam | sacros et preshiteratus ordines a suis ordinariis, si digni etidoneireperti | fuerint, rite et legitime promoveri, ac beneficia ecclesiastica etiam curata. si eis alins canonice conferantur, recipere et retinere valeant, qualitate temporis, ministrorum defectu, eL ecclesiæ necessitatibus utilitatibusque itt poscentihus, dispensandi et indulendi, ac omnem inhabilitatis et infamir maculam sive nolam ex præmissis quomodolibet insurgentem penitus

                                 JNIVERSITL   OF   MICHIGAN

INSTRUMENTA AD PULL LEGATIONEM PÉRTINENTIA 281 et omnino abolendi : Necnon in pristinum, et eum in quo ante præmissa quomodolibet erant, statum, ita ut omnibus et singulis gratis, privilegiis, favoribus et indultis, quibus cæteri Christi fideles gaudent, et gaudere quomodolibet possunt, uti et gaudere valeant in omnibus et per omnia, perinde ac si a fide catholica in aliquo nunquam defecissent, restituendi et reponendi et redintegrandi, ac eis (dummodo corde contriti sua errata et exceseus circumspectioni vestræ seu alicui alteri per eos eligendo catho- lico confessori sacramentaliter confiteantur, ac pœuitentiam salutarem eis pro præmissis iniungendem omnino adimpleant), omnem publicam confes- sionem, abiurationem, renunciationem et pœnitentiam iure debitas arbitrio vestro moderandi vel in totum remittendi : Necnon quoscunque regularex et religiosos, extra eorum regularia loca absque sedis apostolicæ licentia errantes, ab apostasiæ reatu et excommunicationis aliisque censuris et pœnis ecclesiasticis per eos propterea ctiam iuxta suorum ordinum insti- tuta incursis, iniuncta eis pro modo culpæ pænitentia salutari, pariter absolvendi : et super quacunque irregularitate propteren per eos contracta, ac cum eis ut alicui curato beneñcio de illud obtinentis consensu, etiem in babitu elerici secularis, babitum suum regularem sub honesta toga presbi- teri secularis deferentes, deservire, et extra eadem loca regularia remanere ad beneplacitum nostrum libere et licite possint, eadem auctoritaie ap tolica, ob defectum ministrorum et alias prædictas causas, dispensandi: Ac quoscunque qui in sacris ordinibus constituti matrimonia etiam cum viduis et corruptis mulieribus de facto contraxerint, postquam mulieres sic copulatas reiecerint, illisque abiuraverint, ab huiuemodi excessibus et excommunicationis sententia, imposita eis pro modo culpæ pænitentia salutari, in forma Ecclesiæ consueta ahsolveudi : Ac cum eis, postquam pœnitentiam peregerint et continenter ac laudabiliter vivere cogniti fuerint, super bigamia propterea per eos contracta, ita ut ea non obstante in q busvis susceptis et suscipiendis ordinibus etiam in altaris ministerio min: trare, ac alicui beneñcio ecclesiastico, de illud obtinentis consensu, deser- vire, et extra tamen diocesim in qua fuit copulatus, eisdem de causix dispensandi ; Necnon parochialium ecclesiarum tuæ diocesis rectores sive curatos, de quorum fide, probitate, circumspectione ac charitatis zelo plena fiducia conspici possit, ad querumeunque utriusque sexus suæ parochigr personarum laicarum tantum absolutionem, et ecclesiæ catholicæ reconci lationem, ut prefertur, auctoritate apostolica faciendam : Et «i qui ex euratis prædictis ad id idonei non fuerint, in eorum defectum alias idoneas et suffcientes persones qui eorum vices suppleant nominandi et deputan quas sic per cas nominatas et deputatas in locum nostrum in præmissis absolutionibus et reconciliationibus substituimus, eisque vices nostran subdelegamus, plenam et liberam auctoritate apostolica nobis ut premit- titur concessa tenore presentium concedimus facultatem, vosque in præ- missis omnibus in nostrum locum substituimus, premissis ac regula de insordescentibus et ordinationibus apostolicis et omnibus illis, quæ in literis prædictis sanctitas sua voluit non obstare, contrariis non obstan- tibus quibascunque, presentibus in preteritis casibus locum habentibus, et ad beneplacitum nostrum duraturis. Det Lambehith prope Londinum Wintoniensis diocesis anno a nativitate Domini millesimo quingentesimo quinquagesimo quinto, quarto calendas Februarii pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Julii divina providentia papa tertii anno quinto. Reg. Cart Polus, leg. M. Antoniux Faîta, secr 288 REVUE ANGLO-ROMAINE

                            BULLE DE PAUL IV

Dès le début de son pontificat, Paul IV, successeur de Jules Ill, s'empressa de confirmer par la Bulle du 19 juin 1555 tous les pou- voirs du Légat et de ratifier Lous ses actes. Relativement aux ordres, il approuve ce qui avait été fait, mais il y ajoute une clause nouvelle: La tamen ut qui a ordines tam sacros quam non saeros ab alio quam epi- sc0po aut archiepiscopo rito ae recle ordinato promoti fuerint, eosdem ordi nes ab eodem Ordinario de novo percipere teneantur nec interim in sde ordinibus ministrent. Naturellement on demanda au Saint-Siège quels étaient ces évêques rite ac recte ordinati, et le Pape, désirant hesitationem hujusmodi tollere et serenitati conscientiæ eorum qui, schismate prædicto durante, ad ordines consulere, répondit, par un Bref du 30 octobre de la même année, que les évèques rite ef recte ordinali étaient les évêques ordinati in forma Ecclesiæ, Nous donnerons ce Bref dans notre prochain numéro.

Voicila partie de cette Bulle qui se rapporte aux ordre Nos iudicantes reductionem regni hujusmodi a qua tet animarum pretiosissino Domini nostri Jesu Christi sanguine redemptarum salus dependet ac ipsius regni in confessione vere fidei et unitate catholice ecclesiae pacem et tranquillitatem nullis ter- renarum rerum aflectibus perturbari debere, premissis omnibus cum nonvullis es cisdem fratribus nostris ipsius Romane Ecclesie Cardinalibus propositis et diligenter discussis habitaque desuper deliberatione matura, singula dispensationes, decrela adiectionem, sanationem, remissionem, relaxationen et voluntatem Reginaldi Cardi- nalis et Legati hujusmodi ac prout illa concernunt omnia et singula per eumdem Reginaldum Cardinalem et Legatum in premissis gesta et facta ac in eisdem literis contenta, ita tamen ut qui ad ordines tam sacros quam non sacros ab alio quan episcopo_aut archiepiscopo rite et recte ordinato promoti fuerunt, eosdem ordines ab eorum Ordinario de novo suscipere teneantur nec interim in eisdem ordinibus ministrent, prefata auctoritate apostolica ex certa scientia approbamus et confirmamts et illis plenum et perpetuunni firmitatis robur adjicimus, supplentes omnes et singulosjuris et facti defectus, si qui forsan intervenerint in eisdem, eaque omis valida et eicacia fore suosque plenarios effectus sortiri debere decernimus. Et nihilo- minus pro potiori cautela eum his omnibus eu quibus idem Reginaldus Cardinalis et Legatus, ut prefertur, dispensavit modo et forma predictis, ia tamen utad ordines predic- osab alio quam episcopo aut archiepiscopoqut prefertur, ordinato promoti, crdinesipsos. ut premittitur, de novo suscipere teneantur, ctinterim, ut prefertur, non ministrenteadem apostolica auctoritate de specialis dono gratie de novo dispensamus ac ea. omnia que prefatus Reginaldus Cardinalis et Legatus decrevit, decernimus, necnonomnibus his quibus ipse robur apostolice firmitatis adiecit, nos quoque roburipsum adiicimus, ac processus et sententins quos et quas ipse, ut prefertur, sanavit, modo et forma pre- missis sanamus fructusque ex eisdem bonisecclesiasticis, ut prefertur, perceptis,proûi per ipsum Reginaldum Cardinalem et Legatum remissi et relaxati fuerunt personis que Îlos perceperunt, remittimus et relaxamus, Ac demum ea omnia que idem Regiral- dus Cardinalis et Legatusin eisdem literis voluit nos quoque volumus ac per eum. ut prefertur, admonitos admonemus, aliasque et alia agimus et facimus que et prout ipse in prefatis litteris egisse et focisse dignoscitur.

                               Le Directeur-Gérant: FERNAND PorTaAL.
             PARIS,    — INPRIMERIE F, LEVÉ, RUE CASSETTE, 17,




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