1 ANNÉE N°8 25 JANVIER 1896
ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE
Tu es Petrus, et sn Spiritus Sanctus po- per hanc potram suit_episcopos ro
cclesiam gore Ecelosiam Doi.
meam ... ét tibi dabo claves ... ACT. KE. 38, Marat. XVI, 18419,
SOMMAIRE :
Lonp Harirax Autorité et Juridiction. — Lettre au Church Times. 338 W. Ucauéoox... Observations d'un théologien anglican ..: 339 A. Boupinon .. Primauté, schisme et juridictio: ss Chronique. 358 Livres et Revu 3ët
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W. Laud. — Registre de Parker. 369
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1896
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AUTORITÉ ET JURIDICTION
LerrRE DE LORD HALIFAX AU DIRECTEUR DU Church Times!
(n° du 13 décembre 1893)
Monsieur, une lettre de mon ami M. Greenwood publiée dans vos colonnes, il y a une quinzaine de jours, ainsi que d'autres lettres parues depuis, semblent exiger de moi quelques mots d'explication, bien que les expressions peu exactes dont lui et les autres se servent, quand ils parlent de la primauté du Saint-Siège, rendent difficile de répondre sans entrer dans une discussion complète, ou bien sans éluder le point capital. Le lerme équivoque primauté, voilà la difficulté. M. Greenwood semble bien l'avoir: senti car, pour amener l'objec- lion qu'il fait à ma théorie de la possession par le Pape d'une pri- mauté jure divine, il éprouve le besoin de donner une définition à lui de cette primauté et des conséquences qu'il lui attribue. Ce n’est pas ainsi que je comprends ces choses; ce n'était pas non plus la manière de voir de Sir Thomas More, du moins à certain moment, ni celle d'évèques, comme Warham, Gardiner, Tunstall ou des ecclé- Sistiques anglais qui ont rejeté au xvr siècle la juridiction d'appel de Rome. L'opinion de M. Greenwood est en opposition directe avec l'atti- tude des évêques espagnols au concile de Trente, et, bien qu'il puisse l'appuyer sur une école de théologiens de l'Église romaine, je ne pense pas que les conséquences qu'il juge à propos de rattacher à une primauté jure divino soient nécessairement contenues dans l'ensei- gnement officiel et explicite de l'Église romaine elle-même. Je m'explique. Le mot primauté, tel qu'il est employé dans la ter- minologie de l'organisation ecclésiastique, se rapporte simplement à un rang d'honneur. Les archevêques d'Arles, de Tolède et d'Armagh, en lant que primals des Gaules, d'Espagne ou d'Irlande, ont seule- ment une sorle de préséance sur les autres métropolitains de ces
Au sajet de la présente lettre de lord Halifax, un théologien anglican, qui signe Ucalégon, nous a adressé quelques observations fort intéressantes que l'on ivuvera plus loin. M. l'abbé Boudinhon a bien voulu à son tour nous commu- niquer quelques remarques sur la lettre de lord Halifax et sur l'article d’Ucalégon.
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contrées. Ce mot, déjà en usage, a été plus tard employé pour exprimer les prérogatives du Siège romain, prérogatives qui sont cependant d'un autre ordre. L'équivoque ainsi produite n'a pas été sans consé- quences. Une primauté du Saint-Siège sur le monde entier, si elle était de mémenature que celle de Tolède sur l'Espagne, ne serait guère niée par personne; mais le terme est assez vaste pour pouvoir signi- fier bien davantage : son élasticité fait que, d'un côté, il se prête ädes empiétements et, de l'autre, au rejet des justes revendications de Rome. Pour éviter l’un et l'autre écueil, il est nécessaire d'insister sur la distinction entre auctoritas et poteslas, que méconnaissent entiè- rement M. Greenwood etles autres. Auctoritas s'associe bien avec pri- mauté, dans le sens propre de ce mot, polesas avec juridiction. En réalité, la juridiction est essentiellement l'usage de la potestas. L'Aucte- ritas est clairement contenue dans la mission confiée à saint Pierre: « Fortifie tes frères », mission distincte du don de juridiction ou potestas. La plénitude de la potestas appartient à tous les évêques, collectivement el individuellement, suivant la célèbre parole de Cyprien : Æpiseo- patus unus cujus in solidum pars ab omnibus lenelur; la seule potestas supérieure à celle d’un seul évêque est celle des évêques pris collec- tivement, en totalité ou en partie. Et de même que les évêques d'une province pris collectivement ont certainement commis une portion de leur potestas collective au Métropolitain, commission confirmée par la loi ecclésiastique, si bien que le Métropolitain exerce ainsi une juridiction limitée sur chacun de ses suffragants, de même il est évi- dent que tout l'Épiscopat catholique pourrait commettre au Pape une juridiction similaire sur tous les évêques. Une telle juridiction, tou- tefois, serait de droit ecclésiastique. D'autre part, il est manifeste qu'entre les évêques il y aura bien des degrés différents d'aucboritas, soit en raison de leur science et de leur sainteté, soit à cause de la dignité de leurs sièges; cependant reste encore à prouver que l'Église d'Angleterre aurait refusé, par un acte officiel ou dans l'un de ses formulaires distinclifs, de reconnaitre à l'évêque qui occupe le Saint-Siège, une primauté d'autorité ex jure divine. Si donc il est nécessaire de faire une réponse à M. Greenwood et autres correspondants, je leur dirai: Le mot Primauté n'implique pas à proprement parler juridiction, mais honneur. Non pas qu'on veuille dire que l'évêque qui occupe le Saint-Siège n'a rien de plus qu'une primauté d'honneur. Sa primauté implique une autorité (auctoritas, en lant que distincte de pofestos plus grande que celle de n'importe quel autre évêque, une autorité qui se manifeste par l'envoi de lettres dérectires aux évèques dans les différentes parties de l'Église. Si c'est là ce qu'on désignerait comme primauté de juridiction, les membres de l'Église anglaise pourraient contester la stricte exactitude de l'expression ; mais, comme membres
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loyaux de cette Église, ils ne seraient pas obligés de faire d'autre objection. Certains trouveront sans doute que cette réponse accorde trop, d'autres qu'elle accorde trop peu; mais l'ensemble de l'histoire ecclé- sistique est un fait qu'on ne peut méconnaitre. Si, d'une part, les pré- lentions de la Papauté ont été exagérées, de l'autre, elles n'ont cer- lainement pas toujours reçu l'accueil auquel elles avaient droit. Si, dès les premiers siècles, on reconnait aux évêques de Rome, en lantque successeurs de saint Pierre et représentants du Prince des apôtres, le droit d'intervenir partout où les besoins de l’Église l'exi- geaient, il n'en est pas moins vrai que les Églises particulières et les divers évêques ne se sont jamais cru, pour cela, interdit de résister, l'oceasion donnée, à des empiélements de la part du Pontife Romain, et l'on ne supposait pas que l'interruption de la communion visible avec le siège de Rome, qui résulta plus d'une fois d'une telle résis- lance, dût aussitôt tarir toutes les sources de la vie spirituelle. Concilier les justes réclamations du Pape avec celles des Églises nationales est le problème du temps présent. La solution de ce pro- bième, dans l'intérêt duchef aussi bien que des membres, est, je crois, la grande œuvre à laquelle Dieu nous appelle tous. Combien grandes sont les difficultés qu'elle rencontre, personne ne le sait mieux que moi. Je dirai seulement qu'on ne commencera vraiment à les surmonter que lorsque les ecclésiastiques anglais, dans l'ensemble, auront appris à être plus rigoureux et plus exacts dans leur théologie, à ne plus traiter à la légère les principes les plus graves, à ne pas trier et choisir unignement ce qui sert leur manière de voir dans le domaine de l'histoire, de la doctrine et de la morale, et, par-dessus Lout, à se rapprocher d'abord eux-mêmes de la pratique et de l'enseignement primitifs, avant de se croire autorisés à juger les autres età con- damner tous ceux qui ne pensent pas comme eux.
HALIFAX.
19, Eaton-Square, S. W., 9 décembre 1895.
P.8.— J'ai écrit un peu longuement, car je n'ai pas l'intention d'entrer dans de nouvelles discussions à ce sujet.
OBSERVATIONS D'UN THÉOLOGIEN ANGLICAN
Plusieurs journaux anglais viennent de publier une lettre vrai- ment remarquable de Lord Halifax. Elle semble avoir pour but de présenter la primauté romaine sous une forme qui puisse être accep- table à l'opinion anglicane. Réussira-t-il? C'est une question sur laquelle je ne me hesarderai pas à formuler une opinion. Sa |
340 REVUE ANGLO-ROMAINE manière de voir est-elle réellement fondée? C'est une autre question qui réclame de la part des catholiques un sérieux examen, Lord Halifax prétend que le mot primauté n'implique à proprement parler aucune juridiction. Les primats des différents pays sont sim- plement des évêques ou archevêques d'un rang supérieur dans ces contrées. Mais la primauté du Saint-Siège signifie certainement plus que cela. Quoi donc alors? Lord Halifax croit pouvoir l'ex quer en distinguant entre aucforitus et potestas. La distinction est fon- dée, bien connue des auteurs, quoiqu'on ne la rencontre pas chezles Pères de l'Église. La po/estas implique naturellement la possession de la juridiction dans toute l'acception de ce mot. Aueforitas est un mot beaucoup plus vague, qu'il est difficile d'expliquer et dangereux de traduire en un autre langage. Quand on étudie le fonctionnement des anciennes institutions romaines, l'auctoritas semble être le régu- lateur. La pofestas est conférée aux différents magistrats; mais, dans l'exercice de leurs pouvoirs, ceux-ci sont soumis à l'influence de ln religion, des citoyens de marque et du Sénat. Cette influence est l'aucloritas : elle appartient aux pontifes, au rir pielate gravis et sur- Lout à l'assemblée des Pères. Elle ne leur est conférée ni par une loi positive ni par le consentement formel du peuple: elle apparait comme une sorte de phénomène naturel, elle agit comme une li naturelle. La mépriser ou s'y opposer n'est pas une illégalité, cest | une impiété. Cette idée, Lord Halifax voudrait la transporter dans la sphère du gouvernement ecclésiastique. 11 observe quel'auctoritas des différents évêques varie beaucoup, suivant la piété ou la science de chacun, êt aussi suivant la dignité de leur siège. 11 semble conclure delà que le Saint-Siège étant incomparablement supérieur en dignité à tous les autres, on peut justement lui reconnaitre une primauté d'œuctoritis, et l'Église anglicane n'a jamais refusé, dit-il, de reconnaitre celle primauté comme étant er jure divino. Je ne vois pas très clairement comment il arrive à la regarder comme conférée ex jure divine. Mais | je suppose qu'il la rattache aux privilèges accordés à saint Pierre, puisqu'il cite ces paroles: Fortifie lesfrères, comme indiquant la pos- ion par le Pape de l'influence dontil parle. Par conséquent, suivant Lord Halifax, le Pape possède dans l'Église catholique une influence régulatrice du même genre que celle qu'exerçait le Sénat dans l'État romain. Quant au mode d'exer- | cice qu'il lui attribue, il en parle très clairement : « Cette primauté implique une autorité ‘aucoritas en tant que distincte de pofstas) plus grande que celle d'aucun autre évêque et qui se manifeste par l'envoi de lettres directives aux évêques dans les diverses parties de l'Église. » Le droit du Pape à intervenir par le moyen de telles lettres a été reconnu depuis les premiers temps : Lord Halifax l'admet; AUTORITÉ ET JURIDICTION 3m
sion méconnaît ces lettres, si l'auctoritas du Pape est méprisée, que sensuivra-L-il ? Les évèques à qui elles sont adressées sont-ils libres de les ignorer ? Lord Halifax répond, en y mettant toutefois quelques réserves, qu'ils le sont. « Par la reconnaissance de cette prétention du Pape), les évêques pris individuellement ne se sont jamais cru interdit de résister, l'occasion donnée, à des empiélements de l part du Pontife romain. » L'histoire mentionne, en effet, des exemples nombreux d'une pareille résistance. IL n’est pas également certain qu'il s'agit alors d'empiétements abusifs ni que, dans ces occasions, la résistance s'imposät. Et même dans ke cas où elle étaitle moins fondée, lorsque l'évèque qui résistait était indubitablement dans son tort, comme saint Cyprien dans la question du baptème, cette opposition peut n'avoir été qu'une erreur de jugement et ne mériter qu'un verdict mitigé. Mais la question intéressante n'est pas de savoir jusqu'à quel point les évêques qui résistèrent ainsi étaient coupables ou téméraire elle a plutôt trait aux conséquences de leur opposition par rap- port à leur situation ecclésiastique. Il est évident qu'un simple acte de résistance ou de désobéissance ne pouvait produire de lui- même un tel effet, mais certaines conséquences pouvaient s'ensuivre, el c'est une de celles-Ià qu'envisage Lord Halifax. « On ne suppo- sait pas que l'interruption de la communion visible avec le Siège de Rome, qui résulta plus d'une fois d’une telle résistance, dût aussitôt larir toutes les sources de la vie spirituelle. »
Cette phrase est bien vague. Je fais abstraction de la question d'exactitude historique, et je suppose les faits établis. Mais énterrup= lion de la communion visible est une expression élastique. Elle peut Sétendre depuis un simple frottement portant sur les relations exté- rieures, tel qu'il eut lieu entre saint Cyprien et saint Étienne, tel qu'il s produisit pendant quelques années, au siècle dernier, entre les “ques portugais et le Saint-Siège, jusqu'au schisme plus ou moins complet. Et cependant on suppose que les conséquences en question
ne se produisent pas aussitôt. Mais alors, quelle aggravation, quelle continuation de l'offense première pourra causer celte stérilité spiri- telle? Enfin que signifient ces paroles : « Tarir toutes les sources de ie spirituelle? » Personne n'a jamais prétendu qu'un acte schisma-
fique, quelque odieux qu'il fût, pouvait priver un évêque du pouvoir de conférer les sacrements. Ce n'est donc pas à cela qu'on fait allu- Sion. Je crois plutôt que Lord Halifax veut parler de la perte de la juri- dietion. lei nous pouvons, ce me semble, saisir toute la portée de sa lettre, Bien des anglicans deviennent très impressionnables sur ce
point. Les lettres auxquelles celle du noble Lord est une réponse, Soccupaient toutes de la question de juridiction. Les auteurs com- laltaient sur ce point l'idée de la primauté romaine. Car, si celle
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idée était exacte, les évêques anglicans devraient tirer leur juridiction de celle du Pape, ce qu'ils ne font évidemment pas; ou bien, sils pouvaient la recevoir d'une autre source, le Pape pourrait les en priver, et l'on doit présumer qu'il l'aura fait. C'est pour dissiper celte crainte que Lord Halifax veut prouver que la caractéristique de ka primauté n'est pas la potestas, mais l'auctoritas. La conclusion est que les évêques (lisez : les évêques anglieans), en méconnaisant l'autorité directrice des Papes, ne perdent pas leur juridiction. Son argumen- tation, si nous en pouvons juger par les réponses publiées dans le Church Times, semble avoir satisfait ceux à qui elle s'adressait. On à done essayé de donner à l'idée de la primauté romaine une forme qui puisse cadrer avec la situation des anglicans et avec leurs pra- tiques. Jusqu'à quel point y a-t-on réussi ? On laisse de côté, comme il est facile de le voir, toute la juriditin papale proprement. dite. Sans doute, Lord Halifax ne la méconnait pas, mais il la sépare de la primauté, il regarde l'origine et la nature de la juridiction comme une question à part. Une telle séparation serait impossible en pratique : car quelle que soit la juridiction qu'on reconnait à la papauté, ilest évident qu'elle sera inévitablement mise en œuvre pour appuyer l'autorité directive qu'on lui suppose; mais, en théorie du moins, ces deux idées peuvent être considérées sépa- rément. Cette séparation pourra néanmoins conduire à des erreurs, si l'on ne se fait pas d'abord une idée exacte de la théorie la plus commune parmi les anglicans sur la juridiction. On ne saurait supposer qu'ils demeurent dans le vague sur ce point; ques'ils ne s'accordent pas parfaitement, la question n'est débattue entre eux que sur un seul point. Pour tous, l'épiscopat lui-même est la seule source de juridiction; mais ils expliquent différemment la manière dont elle est conférée. A la fin du xvr siècle, Whitgifl, archevêque de Cantorbéry, formula l'opinion que tous les évêques reçoivent leur juridiction immédiatement de Dieu. Elle leur serait conférée par l'opération du Saint-Esprit dans l'acte de leur consécration. C'était se rapprocher beaucoup de l'attitude prise par les Espagnols au Con- ile de Trente, mentionnée par Lord Halifax dans la lettre dontnous parlons. Cette opinion obtint beaucoup de faveur parmi les écrivains anglicans en général el fut énergiquement défendue par les Tratr- rians vers le milieu de ce siècle, Mais on pouvait lui plusieurs objections, dont la plus évidente est qu'elle n'explique pas la locali- sation de la juridiction sur les diocèses et les paroisses. Elle semblait plutôt conduire à une juridiction æcuménique comme celle du collège apostolique. Pour résoudre cette difficulté, le D' Pusey, dans un livre bien connu !, proposa une nouvelle théorie : la juridiction est en
1 Brochure inütulée « The church of England leaves her children free to whom 40 open their griefs ». Oxford, Parker, 1850.
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effet universelle de sa nature, mais l'exercice en est restreint, par la loi ecclésiastique, entre certaines limites, el cette restriction est imposée en même temps que la juridiction est conférée, parce que * chaque évêque est consacré pour un siège parliculier. Ainsi la juri- diction se rattache par sa nature à la dignité épiscopale, par son exercice au siège. Une autre théorie qui a gagné du terrain pendant la seconde moitié de notre siècle, voit la source de la juridiction, pour chaque évêque en particulier, dans un acte formel de dévolution émané de l'épiscopat existant. Cet acte est séparable de la consécration: c'est celle acceptation formelle de l'élu, dont on peut retrouver les traces confuses dans les différentes manières usitées dès l'antiquité pour le choix des évêques et qui, dans la jurisprudence ecclésiastique du moyen âge encore soigneusement observée dans l'Église anglicane, devint la confirmation canonique de l'élection. Cette Lhéorie semble mieux que l'autre cadrer avec la procédure actuelle de l'Église angli- cane, d'après laquelle la juridiction est conférée même avant la consécration, aux évêques élus et confirmés, comme aussi avec l'usage très répandu maintenant de consacrer des évêques titulaires qui, relativement aux pouvoirs d'ordre, remplissent les fonctions de coadjuteurs, mais ne reçoivent ni n'exercent aucune sorte de juri- diction, si ce n'est parfois par commission de leur propre Ordinaire. Elle est aussi en rapport avec l'extrême importance que les angl cans attachent au système provincial et mélropolilain. C'est sur lui, en effet, que repose toute l'organisation de l'Église anglicane. Le sen- timent de l'anglicanisme peut être national, mais son organisation est provinciale. Les deux provinces de Cantorbéry et d'York sont absolument indépendantes l'une de l'autre. Partout où s'étend l'Église anglicane, dans les colonies anglaises, ou ailleurs, sauf aux États- Unis, le système provincial estune force vive. Dans l'Afrique du Sud, dans l'Amérique du Nord, en Australie, dans la Nouvelle-Zélande, les évêques et leur métropolitain gardent jalousement leur indépen- dance, ils regardent même avec quelque défiance l'influence prépon- dérante, — car on retrouve ici l'auctoritas — de l'archevêque de Can- torbéry, primat de toute l'Angleterre, Sous l'empire de celte préoccupation, les écrivains anglicans, sur- tout les historiens, insistent peut-être jusqu'à l'exagération sur l'ins- titution des provinces. Souvent ils glissent sur le développement lent et pénible de leur système en Occident, n'accordant aucune importance à ce fait que son introduction y fut l'œuvre des Papes, que toutes les métropoles de l'Occident font remonter leur origine à une décision papale; bien plus, ils y voient un exercice salutaire de l'influence papale insistant pour faire accepter une organisation qui dérive natu- rellement de la constitution de l'épiscopat. Car le système pro- 34 REVUE ANGLO-ROMAINE
vincial est dû, suivant eux, à une sorte de loi naturelle; aussi leur semble-t-il avoir une efficacité presque divine. C'est une sorte de représentation du pouvoir collectif de l'épiscopat. Pour citer une fois de plus Lord Halifax, « la seule potesias supérieure à celle d'un évêque isolé est celle de la collectivité des évêques, totale ou par- tielle. » On conçoit ce pouvoir collectif ou juridiction, comme confié, du moins en partie, au métropolitain, et de cette concession tacite ou expresse, il lire toute la supériorité qu'il possède. Une telle délégation étant nécessaire pour l'action pratique de l'épiscopat collectif, on doit la regarder comme une évolution naturelle de la mission primilive des apôtres. Appuyés sur cette conception excessive du système provincial, les anglicans sont naturellement amenés à faire dériver toute juridic- tion spirituelle de l'acte par lequel les évêques d'une même province contirment l'élection d'un évêque faile par le métropo- litain qui les représente. Bien plus : ils voient en cela le terme du développement de la hiérarchie. Ils admettront difficilement, par exemple, que le Pape puisse avoir une juridiction supé- rieure à celle d'un métropolitain; en tout cas, elle devra être de même nature, c'est-à-dire dériver semblablement d'une com- mission tacite ou expresse de l'épiscopat entier, en définitive, d’une juridiction de jure erclesiastico. D'ailleurs, ils trouvent dans le Synode provincial une plénitude de pouvoir à peu près illimitée. En matière de foi, le concile provincial peut porter des définitions, c'est à peine s'il est lié par les décrets des sept — certains diraient des quatre conciles æcuméniques. C'est ainsi qu'ils justifient les nouveautés en matière de foi contenues dans les trente-neuf articles. En matière de discipline, il n'y a même plus cette limite. Le concile provincial peut faire n'importe quelle innovation, même en ce qui concerne les coutumes universelles de l'Église; par conséquent, si elle pouvait se soumettre à une juridiction, comme celle de la Papauté, elle pourrait tout aussi bien s'y soustraire. Cet aperçu des opinions anglicanes sur la juridiction m'a entrainé un peu loin de mon sujet direct. Mais cela me permettra de formuler plus clairement la question que je propose, à laquelle d'ailleurs je n'essaierai pas de donner une réponse précise. L'auctoritas suppo- sée de la primauté romaine est-elle compatible avec cette théorie? Si on admet que cette autorité ait pour objet la surintendance générale et la direction des actes de l'Épiscopat, il est évident que tout évêque qui la méconnaitrait ou y résisterait, encourrait une grave responsabilité. Si on la fait remonter à une source divine, Si elle est l'exercice de cette autorité donnée par Jésus-Christ à saint Pierre par ces paroles : « Fortifie Les frères » ; alors la résistance — sauf le cas où l'on pourrait démontrer un véritable abus de pouvoir
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— serait un péché. Mais jusque-là il n'y a rien qui implique néces- sirement la perte de la juridiction. Un évêque, ou tout autre per- sonne investie d'une juridiction ecclésiastique, peut commettre un péché grave, vivre d’une façon scandaleuse, sans être pour cela déchu de sa juridiction. Alors, dira-t-on, le Saint-Siège userait de son pou- voir et déposerait ou excommunierait les évêques récalcitrants. Mais aus avons dit que nous meltions à part la question de la juridiction mpale; bien plus, dans l'hypothèse que nous considérons, une pro- vince pourrait se soustraire à celte juridiction. Pour serrer de plus près la question, supposons que le Saint-Siège n’use pas aussitôt de son pouvoir, que s'ensuivra-t-il? Tout au plus une interruption de communion entre les évêques de la province récalcitrante et le Pape. Quelle en sera la conséquence? Dans l'examen de cette question, il faut faire abstraction des préoe- eupations basées sur la discipline actuelle de l'Église latine, difficulté de renouveler les indults, impossibilité de recourir au Saint-Siège pour les eas réservés, ele., ete. Bref nous devons essayer de nous pla- cer dans la situation où se trouvaient les catholiques des temps passés, par exemple au x" siècle. Quelle sera done dans cette hypo- thèse la conséquence d'une interruption de communion avec le Saint-
je comprends bien une de ses remarques dans le
premier numéro de celte revue, répondrait que les évèques ainsi séparés de la communion du Saint-Siège ne pourraient pas exercer lgilimement leur juridiction. Mais jusqu'où s'étend la portée de cette remarque? Conserveraient-ils leur juridiction à un degré quelconque? Voici un exemple concret tiré de l'histoire ecclésiastique. La grande controverse relative au baptême des hérétiques se poursuit. Denys
d'Alexandrie, écrivant au Pape saint Xyste, parle en ces termes des actes de son prédécesseur saint Étienne : « IL écrivit au sujet d'Hélé-
- nus, de Firmilien et de ceux de Cilicie, de Cappadoce, de Galatie “el des peuples voisins, qu'il ne communiquerait pas avec eux, « parce que, disait-il, ils rebaptisent les héréliques *. » Ici c'était le Pape qui rejetait expressément la communion avec les
évèques de l'Asie Mineure. Peut-on dire que Lout l'exercice des pou- suirs de la juridiction de ces derniers devint pour cela nul et sans “let? Je sais bien qu'au m° siècle on ne distinguait pas encore bien chirement te pouvoir d'ordre et le pouvoir de juridiction; mais, si nous considérons aujourd'hui leur position à la lumière d’une analyse
Plus parfaite, que devrons-nous penser de leur situation? Voici un autre cas dans lequel la pratique actuelle de l'Église peut mus donner quelque lumière. Les évêques des Grecs non unis et autres Orientaux, étant donné que leur refus de communion avec
‘Eusebius, His. Ecel., VII, 5.
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Rome est coupable et contraire au Christianisme, sont-ils pour cela déchus de tout pouvoir de juridiction? Par exemple, les dispenses qu'ils accordent, ont-elles une valeur quelconque? Et, chose plus importante, les absolutions que reçoivent leurs sujets de bonne foi sont-elles sans effet par suite du défaut de juridiction? Lorsque des membres de ces Églises se réconcilient à l'Église romaine, leurs mariages contraclés avec les dispenses données par des évêques grecs, les absolutions que leur ont données des prêtres dépendant de ces évêques, tout cela est-il regardé de fait comme invalide? Beaucoup d'autres questions de même nature se présentent à l'esprit. L'interruption de la communion ne se produit pas toujours de la même manière, et le rétablissement de la communion ne se fait pas toujours d'une façon identique. On peut rappeler le cas des Irlandais au vi* siècle, sans communication d'aucune sorte avec Rome, différant de l'Église Romaine pour certaines observances auxquelles on attribuait alors une importance exagérée; ils furent mis en contact avec les envoyés de Rome par la conversion de l'Angleterre; ils résistèrent à l'enseignement des missionnaires, ils résistèrent même à la direction expresse de Rome; finalement, ils revinrent à l'obéissance. Quel fut le changement réel produit dans la situation des évêques northumbriens lorsque le génie el les fatigues de saint Wilfrid les eurent réconciliés à l'Église romaine? Ainsi donc on n'attribue pas toujours la même signification à toute résistance à l'autorité du successeur de saint Pierre; el peut-être ne faut-il pas toujours interpréter la soumission dans le même sens. Puisons encore une fois à la source de l'histoire ecclésiastique. Denys d'Alexandrie consultait saint Xyste sur l'attitude qu'il devait prendre à l'égard d'un hérélique converti qui demandait à être rebaptisé. « Mon frère », lui écrit-il, « j'ai vraiment besoin d'un avis « et je viens demander votre opinion, car il m'est arrivé une chose « étrange et j'ai peur de me tromper‘. » Il demande donc une direction au Saint-Siège. Mais jusqu'à quel point se croyait-il tenu de suivre la direction qu'il pourrait recevoir? La communion actuelle avec le Saint-Siège est nécessaire pour l'exercice légitime de toute juridiction. Et cependant nous trouvons dans la loi du Conclave cette étonnante disposition qui permet à tous les cardinaux, même ercommuniés, de prendre part à l'élection du Souverain Pontife ?, Existe-il un exercice de la juridiction plus élevé que celui-ci? Les votes de cardinaux excommuniés pourraient légitimement donner à l'Église son premier pasteur. Il ne suffit pas de dire, pour supprimer la difficulté, que cette exception est prévue dans une disposition spéciale de la loi positive : car alors il s'ensui-
1 Eusebius, Hist. Eccl., VII, 9.
* Lucins Loctor, Le Conclave, pp. 130, 431.
AUTORITÉ ET JURIDICTION 347 srait que la perte d'un état, qui peut ainsi disparaître grâce à une loi positive, est elle-même l'effet d'une loi positive : ce qui nous conduirait rapidement à cette conclusion, que tous les rapports de l'épiscopat avec la papauté sont une créalion de la loi positive, en sorle que la primauté serait de jure erclesinatico. La question que nous envisageons est une de celles qui touchent à l'essence constitutive de l'épiscopat. J'ai indiqué quelques questions auxquelles je ne propose aucune réponse. Elles m'ont été suggérées par la lecture attentive de la lettre de Lord Halifax. Ce sont des questions qu'il faut nécessaire ment étudier si l'on veut éclaircir le véritable sens de la Primauté pour la satisfaction et la réconciliation des anglicans. Ceux-ci se demandent avec une anxiété croissante si la primauté romaine est le point central de la foi et de la vie chrétiennes auquel ils peuvent, eux aussi, avoir à se rallier. Ils désirent savoir ce qu'est réellement la primauté et ce qu'elle comprend nécessairement. La réconeiliation parait encore bien lointaine; il y a encore beaucoup à faire, bien des préjugés à détruire, bien de fausses idées à redresser avant qu'elle ne devienne possible. Mais il nous faudrait, en même temps, une étude approfondie sur la primauté, afin que nous puissions comprendre ce qu'elle signifie réellement, non seulement pour ceux qui vivent sous la discipline actuelle de l'Église latine, mais aussi en vue de l'union totale de la chrétienté.
UCALÉGON.
PRIMAUTÉ, SCHISME ET JURIDICTION
Ce n’est pas en quelques lignes, pas même en quelques pages, que l'on peut étudier sérieusement les nombreuses et délicates questions soulevées par la lettre de Lord Halifax ; il faudrait de même un long traité pour épuiser les problèmes que pose comme à plaisir l'écrivain distingué qui signe UcaLéGox. Sans doute, ce dernier fait de la théorie de Lord Halifax, sur l'auctoritas et la potestas, une critique aussi fondée que pénétrant, et cela diminue d'autant ma tâche. D'ailleurs, j'ai eu moi-même l'occasion d'aborder, dans l'article sur Le pouvoir des clès Tépisropat, les principales deces questions. Il me sera plus facile d'être bref, sans rien omettre d'important. En définitive, il n'est question, dans ces deux articles, que d'une seule chose : la juridiction. Juridiction du Pape; est-elle un élément essentiel de la primauté? — juridiction des évêques; existe-t-elle sans la communion actuelle avec le Saint-Siège? Et c'est à bon droit que les anglicans se préoccupent anxieusement de l'une et de l'autre forme du problème. De la solution dépend en grande partie leur situation àl'égard de l'Église romaine. C'est un point qu'il ne sera pas inutile de mettre en lumière pour les catholiques français, nos lecteurs. Nous nous sommes habitués, en France (il faut en dire autant des autres pays catholiques), à désigner sous l'appellation commune de « protestants » lous ceux qui ne sont pas catholiques. Ce mot ne s'applique pas absolument aux chrétiens de l'Église anglicane, ou, s'il peut leur convenir sous certains rapports, il doit prendre à leur égard un tout autre sens que pour les luthériens et les calvinistes. Quoi qu'il en soit, l'Église d'Angleterre cherche àjustifier sa posi ecclésiastique par une thévrie qu'il importe de bien comprend: l'on veut se rendre un compte exact de la controverse générale, el, en particulier, des arguments développés par Lord Halifax aussi bien que par Ucalégon. Les membres de la Haute-Église, sinon tous les anglicans. se représentent la véritable Église de Jésus-Christ comme une sociélé composée de plusieurs communions, toutes légitimes. Ce sont: l'Église romaine, l'Église orthodoxe, enfin l'Église anglicane.
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PRIMAUTÉ, SCHISME ET JURIDICTION 349
Membres de la grande famille chrétienne, leurs adeptes peuvent légitimement revendiquer le nom de catholiques ; de fait, les membres de la Haute-Église se désignent couramment ainsi, réservant pour nous le nom de Romains. Ils ne peuvent se refuser à reconnaitre à l'évêque de Rome, au successeur de saint Pierre, une siluation exceptionnelle, une certaine primauté, attestée par les Évangiles, et surabondamment prouvée par l'histoire ecclésiastique. Si cette p: mauté, un peu vague et indécise, ne comporte pas nécessairement une vraie juridiction sur l'Église entière; si, pour réaliser les pro- messes évangéliques et donner satisfaction aux enseignements de l'histoire, il suffit d'admettre une primauté d'honneur, ou, comme le veut Lord Halifax, d'aurtoritas, distincte de la potestas ; si, enfin, la juridiction du Pape, qu'il faut bien reconnaître comme un fait existant, trouve son explication dans d’autres causes que la volonté de Jésus-Christ, et si, par suite, elle est susceptible de variations et de modifications, lant pour son objet que pour son exercice, la situation de l'Église anglicane est aussitôt légitime, ou du moins soutenable. Que si les anglicans se regardent comme membres de la véritable Église catholique, ilsne sauraient se considérer, par rapport à l'Église romaine, comme héréliques ni schismatiques. Laissons, pour le moment, la question d'hérésie. Quant au schisme, ils le réduiraient volontiers aux proportions d'une interruplion de la communion visible avee le Saint-Siège et l'Église romaine, comme celles que rapporte Ucalégon, d'après l'histoire ecclésiastique. De telles inter- ions ne seraient pas un obstacle à l'existence et à la transmission iction ecclésiastique; par suite, les évêques anglicans pos- séderaient une juridiction véritable, et la situation de l'Église d’An- gleterre serail encore consolidée sur ce point. Telles sont les con- clusions logiques des deux articles que l'on vient de lire : il faut les apprécier sommairement.
Il me semble que Lord Halifax a pris, dans sa lettre, une position qu'il lui sera peut-être très difficile de maintenir. Le mot primauté, dit-il, n'implique pas nécessairement l'idée de juridiction. Étymo- bgiquement, c'est incontestable: primauté signifie seulement le privilège ou la situation de qui est premier, et l'on peut être pre- mier de bien des manières. Dans l'Afrique chrétienne, au 1v° siècle,
le doyen d'agé de l'épiscopat de chaque province, sauf la Proconsu- laire, s'appelait primas: l'évêque de Carthage, vrai primat, dont l'autorité incontestée s'exerçait sur tout l'épiscopat de l'Afrique romaine, n'avait d'autre nom officiel que celui d'évêque de Carthage. Aussi bien ne s'agit-il pas de mots, mais de choses; on ne résout pas la question en la remettant; or la question est celle-ci: Quel que
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soit le sens étymologique du mot primauté, quelle que soit la nature de la primauté exercée, autrefois ou aujourd'hui, par les évêques de certains sièges, que signifie et que comporte la primauté du Pape? A cette question précise, Lord Halifax répond que l'on peut consi- dérer dans la primauté papale deux choses : l'autorité directrice (auctoritas), et le pouvoir proprement dit (poteséas), en d'autres termes la juridiction, De celle-ci on fait pour le moment abstraction: c'est une question à part. De la première on accorde qu'elle est plus qu'un privilège honorifique, bien plus, qu'elle est de droit divin. Ce qu'on accorde est exact; est-ce suffisant? Les paroles de l'Évangile, les faits attestés par l'histoire y trouvent-ils une explication saisfai- sante ? En premier lieu, on pourrait se refuser à suivre l'auteur sur le terrain qu'il s'est choisi et exciper contre la manière dont il pose le problème. Est-il possible, en parlant de la primauté du Pape, de faire abstraction de la juridiction ? C'est précisément là le nœud de la question. Lorsque j'aurai admis, et il faut bien l'admettre, l'exi tence de cette primauté de direction conférée au Pape de dro la difficulté sera simplement déplacée ; il restera à se demander si le Pape ne possède pas, en outre, une primauté de juridiction; où encore, puisque l'on admet l'existence d'une certaine juridiction, si elle n'a pas sa source dans la primauté de droit divin. De fait, les deux aspects de la question sont étroitement liés, non seulement en pratique, comme le fait remarquer Ucalégon, mais aussi en théorie. Car l'observation de ce dernier est parfaitement juste: il serait bien difficile d'étayer sur des textes des Pères de l'Eglise el des an- ciens écrivains ecclésiastiques, la distinction entre auctoritas el poles- tas, qu'on l'applique au pouvoir du Pape ou à celui des évêques. J'ajoute qu'il serait plus difficile encore de l'établir sur l'enseigne- ment et sur les actes des évêques de Rome. De quelque nature que soit leur intervention dans les affaires de l'Église, qu'ils donnent une direction ou un ordre, un conseil où une décision ; qu'ils confirment une sentence ou qu'ils se réservent l'examen de certaines causes, ils s'appuient sur le même pouvoir, ils invoquent le même privilège d'origine divine, ils agissent toujours en qualité de suecesseurs de saint Pierre, sans qu'on puisse distinguer dans leurs paroles l'exer- cice de deux primautés diverses, ni même deux aspects bien tran- chés de la même primauté. Tout comme les papes, les théologiens catholiques invoquent formément, à l'appui de leur enseignement sur la primauté pontif- cale, tous les textes bien connus de l'Évangile. Après avoir établi l'origine divine et l'existence de la primauté, ils en examinent les aspects divers et les multiples applications; mais, pour eux tous, il n'y a qu'une seule primauté.
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Si done les textes de l'Évangile obligent à adinettre comme de droit divin la primeuté de direction (aworitæs), il est. bien difficile de ne pas reconnaître la même origine à la primauté de juridiction, à moins de nier celle-ci. Mais, pour la nier, il faut méconnattre le des- sein et le but de Notre-Seigneur instituant un pouvoir central dans son Église, c'est-à-dire que l'on aura bien de la peine à sauvegarder celle primauté directive admise précédemment, et admise comme älablie de droit divin. de pourrais refaire ici l'argumentation de M. Everest pour démon- ter que la primauté symbolisée par la garde des clefs, confiées par disus-Christ à saint Pierre et à ses successeurs, impliqueun véritable pouvoir de gouvernement et d'administration; que ce pouvoir ne saurait être suffisant, qu'il ne répondrait pas aux intentions de Notre-Seigneur, s'il n'était que directif; il faut donc qu'il soit aussi iuridictionnel, sous peine de demeurer, sinon inutile, du moins insuffisant et inefficace. Je renvoie à l'essai sur la Dation des clefs. J'ajoute cependant une dernière observation. On connaît les textes éangéliques sur lesquels la théologie romaine fait reposer le privi- lège unique de saint Pierre et de ses successeurs: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église... Tout ce-que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, » etc. Mais je remarque que ce dernier texte est absolument semblable à celui sur lequel on s'appuie de préférence pour conclure à l'institution divine de l'épiscopat: « Tout ce que vous lierez sur la terre, etc. » Mais si ces dernières paroles, adressées à Pierre aussi bien qu'à ses collègues dans l'apostolat, suffisent aux anglicans pour admettre l'épiscopat de droit divin et l juridiction de droit divin dans l'épiscopat, comment se refuser à interpréter de la même manière les paroles semblables dites au prince des apôtres? Comment se refuser à y voir une disposition du droit divin, le don exprès d'une véritable juridiction ? Telles sont les réflexions que m'a suggérées la théorie de la pri- mauté d'auctoritas, distincte de la juridiction; telles sont les raisons qui me permettent de dire qu'elle est difficile à maintenir. — Je passe sans transition à la question que l'auteur du second article a greffée sur celle-là, je veux dire la permanence de la juridiction épiscopale malgré la cessation de communion visible avec le Saint- Siège.
lei je n'aurai guère qu'à reprendre et à développer quelques-unes des idées formulées duns mon précédent article, en particulier ce que j'ai dit sur la légitimité de la juridiction épiscopale. Il importe de bien préciser les termes de la difficulté soulevée par Ucalégon. 332 REVUE ANGLO-ROMAINE Supposons admise, dit-il, la primauté d'auctoritas du pontife romain; supposons que cetle primauté s'exerce légitimement, suivant les pa- roles de Lord Halifax, « par l'envoi de lettres directives aux évêques dans les différentes parties de l'Église ». Et, bien que cette direction soit obligatoire pour les évêques, supposons que tel évêque ou lel groupe d'évêques ne s'y soumette pas, y résiste même ouvertement. Quelles seront les conséquences de cette attitude pour la situation ecclésiastique des évêques récalcitrants? Perdront-ils leur juridic- tion el à quel moment ? Cet épiscopat, qui ne sera plus en commu- nion avec le Saint-Siège, conservera-t-il ses pouvoirs? Pourra-t-il les transmettre, c'est-à-dire se recruter par l'adjonction valable de nouveaux évêques? Qu'en sera-t-il en particulier, si nous supposons une organisation ecclésiastique où l'épiscopat de chaque province se recrute lui-même sans recourir à l'intervention personnelle du Pape? Telle est la question que l'auteur pose sans y répondre. J'ajoute qu'elle ne serait guère modifiée, même en admettant la primauté de juridiction du Pape, si l'on reconnait à l'épiscopat local le droit de se recruter, comme cela s'est pratiqué pendant de longs siècles. IL est d'abord bien évident que des froissements plus où moins graves entre le Pape et certains évêques ne rompent pas l'unilé ecclésiastique, ne constituent pas un schisme. Des divergences de vues théoriques et d'observances pratiques peuvent se maintenir pendant un temps plus ou moinslongsans que les évêques opposants se refusent à reconnaitre la suprématie papale, ce qui est pourtant requis pour constituer un schisme, Dans ce cas, l'interruption de la communion visible entre ces évêques et le Saint-Siège n'a pas néces- sairement la portée d'une exclusion de l'Église, de l'anathème solen- nel. Je ne puis admettre, par exemple, que saint Cyprien ait été schismatique, ait été exclu ou se soit regardé comme exclu de l'Église. J'en dirai autant de certaines autres interruptions momen- tanées de la communion ecclésiastique attestées par l'histoire. Dis- euter avec un supérieur, résister même à son autorité, ce n'est pas loujours ni du premier coup nier son autorité ni s'y soustraire . Si nité ecclésiastique n'est pas rompue, s'il n'y a pas schisme iles évêques sont demeurés dans l'unique et véritable Église, ils ont gardé tous leurs pouvoirs, etil n'ya pas lieu de se poser de question sur le maintien où la perte de leur juridiction. Lorsque la résistance aura cessé, lorsque l'accord sera fait, lorsque les évêques opposants auront fait acte de soumission, la communion sera rélablie, et les choses reprendront leur cours normal sans qu'il soit besoin de rendre à ces évêques une juridiction que rien n'avait
1 C£. Suarez, De fide, disp. IX, sect, 1, n. 13-16.
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PRIMAUTÉ, SCHISME ET JURIDICTION 353
pu leur faire perdre. Il est même possible que la communion soit éablie avant qu'on soit arrivé à une uniformité parfaite. Nous savons, par exemple, que la persécution interrompit la discussion surle baptême des hérétiques; la communion fut bien vile rétablie entre Rome et Carthage ; et cependant la pratiqueafricaine de rebap- lier les hérétiques ne fut définitivement abandonnée par l'Église d'Afrique qu'au concile d'Arles de 344. E ni saint Sylvestre au con- cile d'Arles, ni les successeurs de saint Étienne ou de saint Syxte ne se sont préoccupés, que nous sachions, de rendre à saint Cyprien et aux évèques rebaplisants une juridiction que personne ne supposait perdue. Mais la rupture peut aussi être un schisme; certains évêques, avec des fidèles plus ou moins nombreux, peuvent se séparer de l'Église, refuser de reconnaître l'autorité au siège apostolique, el former une société distincte. Nous en avons des exemples faciles à étudier dans laatiquité; par exemple, au temps de saint Cyprien, les Novatiens ; plus lard, en Afrique encore, les Donatistes. Sur les uns et les autres, sur les derniers surtout, les documents abondent. Nous savons quelles luttes violentes le Donatisme a suscitées dans toute l'Afrique chrélienne, au prix de quels travaux, dequelssacrifices, des évêques comme Aurélius de Carthage, comme saint Augnstin, avaient réussi à éteindre presque entièrement le schisme, lorsque l'invasion des Yandales vint rouvrir pour ce malheureux pays l'ère des persécutions. Nais pour les Donatistes comme pour les Novatiens, comme pour les schismatiques d'aujourd'hui, le retour dans l'Église supposait et sup- pose une réconciliation expresse, Qu'était done la juridiction chez les schismatiques d'autrefois ? quest-elle encore chez les schismatiques d'aujourd'hui, comme les vrlhodoxes d'Orient :? Ont-ils perdu, per le fait du schisme, toute autorité spirituelle? L'Église ’et le Pape, au nom de l’Église, leur ont-ils retiré la juridiction? Que faut-il penser de leur administra- lions, de leurs élections épiscopales, de leurs mariages, de leurs aolutions sacramentelles? Et, à supposer que les anglicans saillent faire à leur Église l'application de ces questions, que pen- serde la juridiction des évêques anglicans? D'ailleurs, pourquoi ne
pas parler clairement? L'auteur de l'article précédent nous dit en propres termes l'anxiété où ces difficultés jettent les anglicans jaloux de trouver dans leur Église une vraie juridiction: « Si cette idée élit exacte, dit-il (à savoir l'idée de la primauté de juridiction du Pape), les évêques anglicans devraient tirer leur juridiction de celle du Pape, ce qu'ils ne font évidemment pas; ou bien, s'ils pouvaient
! Aujourd'hai il est pratiquement impossible de concevoir un schismo formel sans hérésie ; cependant, pour plus de clarté, je discuterai uniquement l’hypo- thèse du schisme pur. ° AEVUR ANGLO-ROMAINE, — T, 1. — 23. 354 REVUE ANGLO-ROMAINE la recevoir d'une autre source, le Pape pourrait les en priver, d l'on doit présumer qu'il l'aura fait. » J'ose dire que la difficulté sub- siste, même en faisant abstraction de la primauté de juridiction et en admettant seulement la primauté de direction. Si Notre-Seigneur n'a fondé qu'une seule Église, s'il l'a voulue unie dans la commu- nion à une même foi, aux mêmes sacrements, à une même charité; s'il a placé au centre de cette Église un évêque, successeur de Pierre, chargé, en vertu de son auctorilas supérieure, d'intervenir pour « con- firmer ses frères » dans la foi etl'unité, il est bien permis de se demander ce que pourra devenir le pouvoir des évêques, — je ne dis pas qui auront résisté à telle direction venue de Rome ou l'a- ront discutée, — mais se seront délibérément et totalement sous- rails à cette souveraine direction. Seront-ils encore dans lavéritable Église? et, s'ils n’y sont pas, quelle juridiction pourre être la leur? En parlant ainsi, je ne fais aucune différence directe et essentielle entre les deux modes qui ont été successivement en usage pour le recrutement du corps épiscopal. Que les évêques d'une provinte ecclésiastique pourvoient à eux seuls aux sièges devenus vacants, comme cela se faisait dans l'antiquité, ou que chaque évêque doie recevoir du Pape sa nomination par préconisation en consistoire où autrement, comme cela se pratique de nos jours, il en résulter eer- lainement des conséquences importantes; le schisme, par exemple. sera plus aisément constaté et formel; mais, en définitive, la cause essentielle demeurera identiquement la même. La situation irrégu- lière, anti-ecclésiastique de l'épiscopat schismatique aura pour eflet de vicier, je ne dis pas absolument l'existence, mais la légitimilé de sa juridiction. En d'autres termes, il n'est pas nécessaire de recourir à la primauté de juridiction du Pape pour expliquer le schisme et le condamner; il suffit d'admettre la nécessité de l'unité de l'Église, unité dont la caractéristique est le groupement de toutes les commu- nautés chrétiennes en une seule société spirituelle, au centre de laquelle est placé le siège de Pierre. Voilà pourquoi, dans mon étude sur «le pouvoir des clefs etl'épis- copat », j'ai tenu à apprécier la juridiction des évêques, non d'après sa source immédiate, non pas même d'après son existence, mais d'après sa légitimité. Je ne pense pas, et je n'aurais pas affirmé qu'il n'existe aucune juridiction, sauf celle que le Pape confère; il m'a semblé plus exact de dire « que le Pape est le centre nécessaire de tout épiscopat légitime », par suite, de toute juridiction épiscopale légitime. Qu'est-ce, en effet, que lajuridiction, abstraction faite de sa légili- mité? C'est, au sens le plus large, le pouvoir de gouverner, d'admi nistrer, de juger, de diriger, de punir. 1l ne peut y avoir de société sans gouvernement, sans autorité, sans que certaines personnes, PRIMAUTÉ, SCUISME ET JURIDICTION 335
quel que soit pour l'instant le mode employé pour les désigner, soient élevées au-dessus des autres, sans qu'il s’y trouve des supé- rieurs et des inférieurs; autrement il n'y aurait pas de société. De plus, dans toute société l'autorité, sans pour cela changer de nature, pourra s'exercer de bien des manières; par exemple, le pouvoir suprême, quel qu'il soit, pourra d'abord n’intervenir qu'en des cir- constances assez rares et indéterminées; plus lard, son intervention deviendra plus fréquente et les affaires qu'il se réservera seront chirement spécifiées; enfin il pourra rétrocéder aux magistrats inférieurs certaines des attributions qu'il avait centralisées. Pas plus qu'une autre, la société spirituelle établie par Jésus-Christ parmi les hommes ne peut exister et atteindre sa fin sans organ lion et sans pouvoir de gouvernement. L'autorité, dans l'Église, s'appelle juridiction. L'Église ayant pour fondateur l'Homme-Dieu, poursuivant une fin surnaturelle, son autorité doit venir d'en haut plus encore que celle des sociétés temporelles; sa juridiction sera donc d'origine divine, de droit divin. Mais l'exercice de cette même juridiction sera soumis aux conditions de la nature humaine, puis- qu'après tout elle a des hommes pour sujets. Aussi, sans cesser d'être divine, la juridiction ecclésiastique pourra-t-elle subir, dans son exercice, d'importantes variations. Les relations entre l'épisco- patetle pouvoir central seront plus ou moins fréquentes, plus ou moins détaillées; pourvu que l'unilé nécessaire soit sauvegardée, tout sera dans l'ordre et toute la juridiction épiscopale sera légitime. Mais supposons qu'une partie plus ou moins notable de la société ecclésiastique se sépare pour former un corps nouveau, sans commu- nion avec le reste de l'Église. Les évêques schismatiques cesseront- ils d'avoir une certaine juridiction? Évidemment non. A moins de prétendre que les Églises schismatiques ne sont rien, il faut bien reconnaitre, au moins comme un fait, leur organisation, leur division sn diocèses et provinces ecclésiastiques, leur vie chrétienne, parfois intense; ce sont des sociétés auxquelles on peut reprocher leur altitude à l'égard du Saint-Siège ; mais ce sont des sociétés, ce qu'elles ne seraient pas si elles n'avaient aucune autorité ni personne pour la détenir. Bref, elles ont une juridiction, puisqu'elles ont un gouver- nement et une vie sociale organisée. , Mais celte juridiction, qu'il faut bien admettre comme un fait, que ‘aut-elle aux yeux de l’Église dont le schisme a séparé ces groupes
plus où moins nombreux? Je réponds sans hésiter que la situation irrégulière, contraire à l'unité chrétienne, dans laquelle s'est placée la société schismatique ne peut pas ne pas affecter la légitimité de sn pouvoir, de sa juridiction. L'Église, ne pouvant reconnaitre les communions schismatiques, ne peut davantage accorder une valeur légitime à leur juridiction, à leurs actes administratifs, disciplinaires ——.—
356 REVUE ANGLO-ROMAINE ou autres. Elle les rejette et les tient pour émanés d'une autorité incompétente. Est-ce à dire qu'elle les regarde tous comme non | existants, comme viciés par une nullité radicale et inguérissable?le | crois pouvoir dire que non. Elle ne peut pas faire entièrement abs- traction des faits. Pour prouver cette assertion, que plusieurs calho- liques trouveront peut-être excessive ou même fausse, je ne puis invoquer directement des théologiens ou des canonistes de notre école. Aucun, que je sache, n'envisage formellement la question du point de vue où la présente controverse m'a fait placer. Pour eux, ils considèrent le schisme in ieri; ils se demandent si l'évêque ou tel autre dignitaire ecclésiastique qui devient schismatique perd aussitôt sa juridiction, c'est-à-dire l'autorité dont il jouissait comme prélat catholique; il est clair que, s'il tombe seul dans le schisme, son trou- peau restant fidèle, il ne saurait guère se maintenir longtemps dans une situation fausse et insoutenable. Cependant nos auteurs liennent pour plus probable que la juridiction ne leur est enlevée que par un acte du législateur suprême, bien qu'ils ajoutent que cette privation est prévue par le droit ecclésiastique!. Que pensent-ils du pouvoir qui existe dans les communions séparées? 11 ne m'a pas été possible de le découvrir. Mais il me semble que ma conclusion peut aisément se justifier, Supposons qu'une province entière d'un grand État se sépare des autres et proclame son indépendance. Elle conservera, en se séparan!, ses divisions territoriales, administratives, militaires, ete; elle gardera ses tribunaux, ses juges, ses magistrats, ele. Elle ne sera pas sans autorité, elsi celle autorité, sous ses différentes formes, s'appelait juridiction, nous devrions dire que cette nouvelle sociélé, démembrée de l'ancienne, possède une réelle juridiction. Mais, aux yeux de l'État menacé de perdre une province, aux yeux de son chef, quelle sera la valeur de cette nouvelle autorité ? Dira-t-on qu'elle n'existe aucunement? Elle existe, sans doute, mais elle est illégi- time, et le roi fera même appel aux armes pour réduire à l'obéi sance la partie de son royaume révollee. Supposons qu'après un certain nombre d'années, il soit victorieux et que la province fasse retour à la couronne. Le roi tiendra-t-il pour nuls et non existanis tous les actes de gouvernement et d'administration, tous les jugè- ments, loutes les nominations de fonctionnaires, qui ont eu lieu pendant ce schisme national ? Pas le moins du monde : il cassera seu- lement ce qui était contraire à l'unité nationale, réclamera de Lous le serment de fidélité et légitimera tout le reste. Sans doute, ce sera celte ratification qui en assurera la valeur; mais on ne peut légiti- mer ni régulariser ce qui n'existe pas; ce qui démontre Lout à la fois,
1 Cf. Suanmz, Cle.; card. Auurrius, De inconslanlia in fide, c. x, etles vélé- rences qu'ils donnent.
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PRIMAUTÉ, SCISME ET JURIDICTION 337
el qu'il y avait une autorité, puisqu'on en reconnait certains actes, et que celle autorité n'était pas régulière, puisqu'il fallait en légi- timer les actes. Celle comparaison cloche en plus d'un point. Car s’il n'y a aucune loi supérieure qui limite le nombre des sociétés temporelles, il n'existe, de droit divin, qu'une seule société spirituelle; en sorte que l'ilégalité d'une séparation territoriale pourra disparaitre lorsque le territoire séparé sera reconnu indépendant; au lieu que le schisme demeurera toujours illégilime, parce qu'il sera toujours opposé à l'unité divine de l'Église. EL que telle soit bien la pensée intime de l'Église romaine sur les sociétés chrétiennes séparées de leur centre et sur l'existence de leur juridiction, bien qu'illégitime, j'en vois la preuve certaine dans sa conduite à l'égard des communautés qui reviennent à l'unité. Il n'est pas nécessaire d'aller bien loin chercher un exemple. Que l'on relise seulement les documents relatifs à la légation du cardinal Pole pour la réconciliation de l'Église d'Angleterre sous le règne de la reine Marie. Si, pour le passé, certaines choses sont modifiées et rétractées, ils'en faut de beaucoup que tout soit déclaré sans valeur. Au con- traire, la plupart des actes qui requièrent une juridiction sont sim- plement ratifiés et validés. On a, pendant le schisme, érigé des sièges épiscopaux et des cathédrales, ils seront maintenus; on a fondé des hpilaux et.des écoles, on les conservera; des mariages ont été télébrés malgré l'existence d'empêchements de droit commun, ils sont revalidés; toutes les sentences des tribunaux sont confirmées; toutes les nominations aux bénéfices ratifiées; il n'est fait exception que pour les actes qu’une telle sanafio ne saurait atteindre, à savoir ceux qui sont viciés par une cause de nullité intrinsèque, et ceux qui échappent à l'action de Ja juridiction ecclésiastique, comme les ordres; aussi les ecclésiastiques validement ordonnés sont-ils sim- plement autorisés à exercer à nouveau leurs ordres, tandis que les autres doivent être préalablement ordonnés. Je rappelle encore une fois que je fais abstration, dans cette étude, de l'hérésie et de ses conséquences pour l'état des Églises et leur retour à la foi. Ces éclaircissements suffiront, je l'espère, à répondre aux questions soulevées par Ucalégon; rien de p lus facile que d'en faire l'application äla juridiction, quelle qu'elle soit, des évêques anglicans.
A. BOUDINHON
CHRONIQUE
Prières publiques pour l'ouverture de la session par- lementaire. — Dimanche matin, à neuf heures, a eu lieu à Notre- Dame de Paris la célébration de la messe prescrite par le cardinal Richard à l'occasion de la reprise des travaux parlementaires. Un grand nombre de sénateurs et de députés y assisteront.
Em. le cardinal Meignan, archevêque de Tours, a été trouvé mort dans son lit, le lundi matin 20 janvier. Cette mort inattendue sera vivement ressentie par toute l'Église de France, déjà si cruellement éprouvée depuis quelque temps. Le cardinal Meignan est né à Denazé (Mayenne) le 14 avril 1817. Il fit ses études classiques et théologiquesà Angers, où il fut ordonné prètre le 43 juin 1840. Il fut professeur au collège de Tessé, fondé au Mans par Mgr Bouvier. Les qualités de son enseignement le firent remarquer et il fut choisi comme directeur du petit séminaire de Notre-Dame des Champs à Paris. Il remplit successivement les fonctions d'aumônier de la maison de la Légion d'honneur à Saint- Denis, de vicaire à Saint-Joseph, à Saint-André, à Sainte-Clotilde, où il resta cinq ans, de 1857 à 1862. Nommé alors professeur d'Écrilure Sainte à la Sorbonne, il devint bientôt, en 1863, vicaire général de Paris. Dès l'année suivante, en 1864, l'abbé Meignan était nommé, par un décret en date du 17 décembre, évêque de Châlons. Préconisé le 21 mars 1865, il fut sacré le 1° mai suivant, transféré au siège d'Arras le 20 septembre 1882 et promu à l'archevéché de Tours le 25 mars 1884. Léon XIII le créa cardinal-prêtre du litre de la Trinité- du-Mont, dans le Consistoire du 19 janvier 1893. S. Em. le cardinal Meignan ne s’est pas moins fait remarquer par ses sentiments de conciliation que par ses qualités d'écrivain el d'érudit. On lui doit plusieurs ouvrages appréciés, notamment les Prophéties messianiques (1858), les Deux premiers livres des Rois (1818), David roi, psalmiste, rphèe (1889), 2. Renan réfuté par les rationalistes allemands (1863), les Évangiles et la critique au XTX° siècle (1864), la Crise protestante en Angleterre et en France (1864), le Monde et l'homme primitif selon la Bible (1869), Instructions aux familles chrétiennes (1815), “Léon XIII pacificateur (1886), Salomon, son règne, ses écrits (1890), le Christ et l'Ancien Testament (1892) ; enfin, l'Ancien Testament dans s rapports avec le Nouveau et la critique moderne, de Moïse à David, dont nous faisions récemment l'éloge. La mort du cardinal Meignan porte à huit le nombre des arche- vêchés el évèchés vacants.
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GHRONIQUE 359
M. Bryceet la Réunion de la Chrétienté. — Dans une réunion tenue ces jours derniers à Aberdey et à laquelle assistaient plus de 3.000 personnes, M. Bryce, ancien ministre des travaux publics dansle cabinet Rosebery et historien distingué (citons parmi ses ouvrages l'Hisoire du Saint-Empire romain et la Constitution des Etats-Unis) a prononcé un important discours sur la réunion de la Chrétienté. Selon lui, l'esprit de tolérance quis'est manifesté dans ce siècle permettra d'atteindre ce but. « Nous avons fini par reconnaître, dit-il, que l'erreur spéculative peut coexister avec la perfection morale, de même que l'orthodoxie spéculalive coexiste souvent avec de sérieuses fautes morales. » Puis, passant à la situation religieuse de l'Angleterre, il constate les progrès faits par l'esprit de tolérance depuis cinquante ans. Il rap- pelle ces grands noms deNewmannetde Manning également respectés de tous, protestants, catholiques et anglicans. « On ne saurait, dit-il, désespérer de la réunion; mais, si elle doit se faire, ce ne sera ni par la conversion des proteslants au catholi cisme romain, ni par celle des catholiques au protestantisme, mai par une révolution complète dans l'ordre intellectuel, révolution qui rendra à la fois catholiques etprotestants différents de ce qu'ils sont aujourd'hui et créera pour ainsi dire un nouveau type de christi nisme. »
Le Guardian, l'un des organes les plus importants de l'Eglise d'Angleterre a fêté son jubilé ces jours derniers. 11 compta parmi ces premiers collaborateurs le cardinal Manning, alors archidiacre de Chi- chester. Comme le fait remarquer le Tablet peu de journaux ont montré autant d'esprit de justice et de modération dans la contro- verse. Nous avons eu nous-même l'occasion de constater déjà la courtoisie de notre confrère anglican. Nous nous associons cordiale- * ment aux félicitations et aux vœux de ses amis,
Le Vénérable ouré d'Ars. — L'une des premièresséances de la Congrégation des Rites, pendantla nouvelle année, va être consacrée à l'une des causes de Béatification qui intéressent le plus vivement la France. Il s'agira de l'examen et du vote en deuxième instancesur l'héroïcité des vertus du Vénérable Jean-Baptiste Vianney, curé d'Ars. Cetle séance, qui porte le titre de préparatoire et qui est fixée au 38 janvier, sera suivie en dernière instance de la séance générale à tenir devant le Souverain Pontife, et après laquelle seulement pourra être rendu le décret sur l'héroïcité des vertus.
Les écoles des Frères Maristes en Orient. — Les Frères Meristes viennent de fonder deux nouvelles écoles françaises en Orient : une à Makri-Keui, près de Constantinople; l'autre à Sam soun, en Arménie. Ils possédaient déjà une école française à Scutari. Les trois écoles de Seutari, Makri-Keui et Samsoun comptent dans leur ensemble douze professeurs. REVUE ANGLO-ROMAINE
Les Frères Maristes sont, en outre, attachés comme auxilliaires au collège Saint-Benoît, de Constantinople, et à celui d'Antoura (Syri qui sont dirigés/par les prêtres de la Mission.
Les Trappistes à Madagascar. — La lettre suivante a été adressée par M. Laroche, résident de France à Tananarive, au R. P. abbé de la Trappe de Staouéli :
Monsieur l'abbé,
Ancien préfet d'Alger,j'ai gardé le vifsouvenir des religieux de la Trappe; j'ai vu de mes yeux les exemplesqu'ils donnent, leur travail, le magnifique domaine qu'ils ont créé, les sympathies que, par leur hospilalité, par leurs bienfaits, ils savent s’atlirer de la part de tous les gens qui ont élé en contact avec eux. Chargé de la grande mission de fonder à Madagascar la coloni tion française, je souhaite des alliés d'élite comme les Trappistes pour conduire à bonne fin celle mission. Seriez-vous disposé à envoyer quelques-uns de vos Pères dans notre ile lointaine? de suis prêt, quantà moi, à leur attribuer telle concession de terre qu'ils voudront, — à leur chercher ce qu'il y a de mieux et à le leur offrir, — à leur garantir ensuite, cela va de soi, une sécurité absolue comme à les autoriser à compter sur la plus affectueuse et particu- lière protection du résident général. Nous leur assurerions, tout d'abord, la gratuité du transport depuis l'Europe jusqu'à leur établissement projeté à Madagascar. Les Trappistes rendraient à la nouvelle colonie, à la civilisation, un service signalé, et coopéreraient au premier rang à la conquête morale et pacifique d'un pays dont nous ne sommes encore que les conquérants militaires J'espère recevoir une réponse favorable. — Et, dans cette attente, je vous prie d'agréer, monsieur l'abbé, l'expression de ma haute considération. Le résident général, Hippolyte LarocRE.
Les progrès du catholicisme en Danemark ressortent de cefait, qu'en 1860 il n'y avaitpas plus de 800catholiques, avec 5 prêtres et 2 églises, dans tout le royaume ; aujourd'hui leur nombre s'élève à 6,000, chiffre rond, et les écoles catholiques sont fréquentées par plus de 1.000 enfants; le nombre des églises et des chapelles s'est élevé à 18, et l'on commencera sous peu la construction de deux nouvelles églises. Les prêtres sont maintenant au nombre de 30, dont 15 jésuites, et dans les couvents il ÿ a 170 religieuses qui s'occupent de l'enseigne- ment ou des soins à donner aux malades.
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Un monument à Louis Veuillot.—On annonce qu'un monu- ment rendant hommage à l'œuvre de Louis Veuillot va être élevé à la Basilique du Sacré-Cœur, suivant le désir exprimé par de nom- breux catholiques au lendemain de la mort de l'illustre défenseur de l'Eglise. La proposition en avait été faite alors à S. Ém. le cardinal Guibert, qui l'approuva, disant qu'il « s'associait de tout cœur aux éclatants et très justes hommages rendus à Louis Veuillot ». L'exé- cution du monument, qui sera placé dans la chapelle de Saint-Benoit- Labre, est confiée à M. Fagel, grand prix de Rome. On peut croire que l’œuvre sera digne du modèle.
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ÉTUDES RELIGIEUSES, PHILOSOPHIQUES ET LITTÉRAIRES
Nous trouvons dans le n° des Études du 15 janvier, un travail inté- ressant sur le mouvement vers l'union religieuse en Angleterre. Nous en détachons les passages suivants où l'auteur, le R. P. TourNEnZze, étudie la propagande des catholiques et des anglicans en faveur de l'union et les derniers débats sur les ordinations anglicanes,
Les catholiques poursuivent leur pacifique croisade en vue de l'union, toujours ardemment souhaitée par Notre Saint Père Léon XIII. Depuis plusieurs mois, ils organisent dans les principaux centres des conférences où sont débattus les sujets qui divisent les deux communions. La primauté de saint Pierre et de ses succosveure, le culte de la sainte Vierge et des saints, la prière pour les morts, tels sont les principaux points discutés. Voici, d'ordinaire, la marche de ces conférences. L'orateur, dont la thèse & été annoncée plusieurs jours avant la réunion, et dont l'auditoire est mêlé d'anglicans et de catholiques, développe d'abord ses preuves tout à son aise, visant surtout à être clair, intéressant et persuasif. De son mieux, il s'abstient de toute attaque directe, violente surtout, contre les dissidents. Ceux-ci, quand la démonstration est achevée, sont invités à proposer le doutes et leurs objections, par écrit d'abord, et de vive voix vers la fin de la séance. Parfois, l'orateur traverse alors des moments critiques ; mais en controversiste bien avisé, soucieux avant tout du résultat pratique, il à fait placer près de lui des aswesseurs, prêtres et laïques, qui l'aideront à se tirer des difficultés imprévues. 4 Près de cinquante mille anglicans ont ainsi entendu exposer, pour la première fois, les principaux dogmes sur lesquels ils sont en désaccord avec les catholiques. De là, on ne saurait conclure à leur future conver- sion; mais, ce qui n'est pas à dédaigner, les objections dont beaucoup étaient armés s’usent et tombent peu à peu; des préjugés qui, depuis des siècles, ont pesé sur la masse du peuple, se dissipent; et l'aumosphère de RL. dt
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l'anglicanisme, longtemps impénétrable, s'ouvre par degrés au rayonne- ment de l'enseignement catholique. On aurait tort de se représenter ces réunions comme une sorte de con grès de religions. En France, du moins, un congrès général des religions apparait aux personnages les plus autorisés por leur caractère et leur situation dans l'Eglise, comme un événement gros de périls. Quel avan- tage en espérer? Est-ce de voir admises par toutes les confessions reli- gieuses la foi en l'existence de Dieu et la croyance en la survivance de l'âme ? Mais à quel prix cette constatation, si toutefois on y arrivait, erait- elle obtenue? En mettant, extérieurement du moins, au méme niveau là Révélation dont l'Église catholique a la garde et les superstitions paiennes où musulmanes: en détrônant notre foi du rang suprême que non seule- ment de droit, mais en fait, elle occupe chez la plupart des Français, accé- lérant ainsi dans notre pays les progrès de l'indifférentisme religieux. Nous avons hâte de le dire, les associations qui poursuivent l'union de l'Eglise anglicane avec l'Eglise romaine n'impliquent du côté des cathali- ques aucun compromis. Léon XIII, qui n'approuverait certes pas le Con- grès des religions projeté par l'abbé Charbonnel!, encourage, au contrair. en Angleterre comme en Amérique, les réunions où l'on travaille à r#- mener les dissidents au centre de l'unité. Plus près de nous, un prètre de la Mission, M. l'abbé Portal, était naguère félicité par le cardinal Ran- polla d'avoir songé à fonder une association et un Bulletin spécial pour promouvoir la réconciliation de l'Eglise anglicane. Nous savons qu'en Angleterre surtout, des personnes incomplôtement renseignées opposent, sur ces questione, la tactique de Léon XIII à cell de Pie IX ; elles prétendent que le premier approuve ce que le second ceu- surait en 1863. À cette date, il est vrai, « l'association formée pour pn- mouvoir l'union de la chrétienté (A. P. U. C.) fut condamnée par un décret du Saint-Office et interdite aux catholiques » : mais, pourquoi ? parce que les catholiques, du moment qu'ils entraient dans cette association, se plaçaient sous la direction des anglicans et souscrivaient implicitement, au moins, à ces deux principes hérétiques qui lui servaient de base: « L'Eglise du-Christ a cessé d'être visible; et les trois communions chrétiennes romaine cotholique, grecque schismatique e1 anglicane, bien que séparées l'une de l'autre, ont un égal titre à revendiquer le nom de catholique. Ce ne sont pas les associations mixtes où se confondent des croyances et des rites opposés que préconise Léon XIII, non plus que Pie IX. Î bénit seulement les réunions catholiques, bien qu'il voie avec plaisir se former, parallélement aux précédentes, des associations anglicanes, qui tendent, elles aussi, au rapprochement des deux Eglises. Ainsi, de part et d'autre, sans péril pour le dogme catholique, on travaille à l'anion par la prière, les conférences et une large diffusion de journaux. et de « tracts ». De loin en loin, chaque parti a ses assemblées plus extraordinaires ou congrès; il est rare qu'on n'y parle pas des avantages de la « réconciliation », des obstæ | cles qui s'y opposent et des conditions qui permettraient de la réaliser: et le lendemain, l'écho de ces discussions retentissant dans toute l'Angleterre enfonce plus avant dans l'âme du peuple laquestion qui est à l'ordre dujour. La presse catholique anglaise a relevé en des termes, parfois un peu sévères, d'autres faits inexacts avancés par lord Halifax, et qui n'avaient 1 Voir dans la chronique des Etudes, 15 décembre 1895, la lettro de Léon XII Mgr Satolli. .
Cf. The Anglican Theory of union de l'archerèque Ullathorne; nous citons,
d'après le R. P. Luke Rivington, M. A. Anglican Fallacies of lord Halifar 00 reunion. London, Catholic Truth Society, 1895. In-16 de 144 p. | LIVRES ET REVUES 363
d'ailleurs-rien de bien déplaisant pour l'Eglise romaine !. On a remarqué que son récit des tentatives d'union au dix-septième et au dix-huitième siècle est d'un optimiste, dont au reste nul catholique ne conteste la bonne foi. On tombe d'accord avec lui que, sous Charles Ie, de hauts person nages anglicans comme Montagu, évêque de Chichester et Goodman, évêque de Gloucester, souhaitaient de voir l'Angleterre réconciliée avec Rome. Mais on fait observer que si l'entreprise échous, ce ne fut point par le mauvais vouloir du clergé catholique anglais; en réalité, c'est Rome qui juges inecceptables les conditions proposées. Les négociations ne furent pourtant rompues que le jour où les puritains triomphèrent des cavaliers et firent tomber, avec le trône, la tête de l'infortuné Charles I®'. — Quant au projet de conciliation débattu de 1747 à 4749 sous le patronage du cardinal de Noailles, entre le janoéniste Ellies Dupin et Wake, arche- vêque de Cantorbéry, c'était beaucoup moins, comme le fait remarquer le P. Rivington, une tentative d'union à l'Eglise romaine qu'une conspiration contre la suprématie du Pape; car, tout en le plaçant à la tête des trois Eglises romaine, grecque et anglicane, on ne lui laissait qu'un vain titre d'honneur,
C'est encore une opinion prédominante parmi les catholiques anglais que la validité des ordinations anglicanes, füt-elle reconnue, l'union à l'Église romaine n'en serait pas plus avancée. Aussi persévèrent-ils, sans inquiétude, dans leur ancienne conviction. Le R. P. Sidney Smith, qui vient de publier à part les articles insérés, il y a quelques mots, dans le Month, déclare qu'il attend, plein de confiance, le jugement de Rome et qu'il espère n'avoir point à se déjuger2. Et voici, en résumé, les motifs pour lesquels il maintient sa décision contre les ordres conférés dans l'Église anglicane. L'ordinal fabriqué, de leur autorité privée, par les réformateurs anglais du xvi* siècle, diffère très notablement de ceux qui étaient en vigueur depuis longtemps dans l'Église catholique, surtout en Occident; et cela seul suffirait à nous faire douter de sa valeur. De plus, il est assez vraisem- blable que l'Église ait reçu du Christ le pouvoir de déterminer dans ses derniers traits (in éndividuo) ce qui est de l'essence de l'ordination presby- térale et épiscopale; et, dans ce cas, les rebelles qui mutilent ses rites même les plus anciens, qui altérent, par leurs suppressions ou leurs chan- gements, le sens qu'elle avait principalement en vue, risquent fort d'enle- ver à un ordinal, ainsi transformé, son ancienne efficacité. D'après une autre hypothèse, l'Église ne peut modifier les conditions qui, à un moment donné, ont suffi pour la validité des ordres sacrés, conditions qui auraient êté arrêtées par le Christ ou les apôtres à l'origine du christianisme; nous croyons que, même en nous plaçant à ce point de vue, nous pouvons déduire de l'examen des anciens monuments liturgiques et de la nature du sacrement de l'Ordre une règle que nous formulerons ainsi : Comme semble l'exiger la nature de la grâce et des pouvoirs transmis par l'ordina- tion, il a été d'un usage constant, dans l'ancienne Église catholique, d'exprimer, implicitement au moins, la fonction principale du sacerdoce: celle de sacrifier ou d'ordonner des prêtres sacrificateurs. Or, les anglicans ont éliminé de leur ordinal et de tout leur culte chacun des rites, chacune
1 Cf. Angican Fallacies, ouvrage cité. 3 Anglican Fallacies, chapter VI. 3 Reasons for rejecting Anglican Orders, by the Rev. Syäney Smith, 8. J. — London, Catholic Truth Society. In-16 do 460 p. Prix : { fe. 25. cc
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des expressions qui figuraient le saint sacrifice de nos autels, En bonne foi, que penseraient aujourd'hui les ministres de la Haute Eglise des ordi- nations faites par trois de leurs évêques, qui auraient, hier, modifié et mutilé de nouveau, dans un sens calviniste, l'ordinal légué par Cranmer? Cette raison, qui, d'ailleurs, n'est pas la seule développée par le P. Smith, parait, selon nous, la meilleure !! Sa force n'a pont échappé aux théologiens catholiques, qui, en Angleterre,en Italie et en Allemagne, ont traité cette délicate questions, et ce n'est pas, croyons-nous, l'un des moindres motifs qui ont déterminé l'Eglise catholique à ne pas reconnaitre | pratiquement les ordres anglicans, Sur ce dernier point, les prescriptions venues de Rome n'ont jamais varié. On discute beaucoup, depuis quelques mois, sur la bulle et le bref de Paul IV, récemment découverts par Dom Gasquet dans les archives du | Vatican. Dans ces pièces. adressées au cardinal Polus, son légat, au temps de Marie Tudor, le Pape déclare « invalides » « les ordres qui n'ont pas été conférés par des évêques consacrés selon la forme de l'Église». | Comme ce dernier terme désigne, sans aucun doute, les formules et les rites essentiels prescrits dans l'Eghse catholique, on est ef droit de con- elure que la transmission des ordres anglicans ext arrêtée dans sa source. Paul IV, il est vrai, ne condamne pas, au moins expressément, le rite anglican de l'ordination presbytérale; il dit même, dans le bref explicaüf de la bulle, que les ordres reçus des évêques consacrés selon la forme de | l'Église, sont valides. Mais on ne saurait voir dans ces paroles une appro bation du rite employé chez les anglicans pour l'ordination des prêtres d'autant qu'il différe plus encore que le rite de l'ordination épiscopale des prières et des cérémonies correspondantes dans le pontifical romain Paul IV ne vise ici que l'une des conditions requises dans l'ordination. Il est vraisemblable que les autres, en ce qui touche à l'intention du consé- crateur et au rite qu'il emploie, étaient ou sous-entendues ou réglées pri- cédemment. Ce qui nous confirme dans cette idée, c'est une lettre du car- dinal_Polus, écrite le 10 février 1556, trois mois seulement après l réception du bret apostolique, et dans laquelle il ne regarde comme lides que les ordinations faites d'après la forme usitée dans l'Église? De tous ces débats qui menacent de se poursuivre fort longtemps encore dans la presse religieuse anglaise, nous sommes en droit de tirer cette conclusion : La plus extrême concession que puissent espérer les anglicans, c'est d'obtenir, qu'en entrant dans l'Église catholique ils soient ordounés, non plus absolument, mais seulement sous condition; ce qui dénoterait un simple doute sur la valeur das ordinations, et non la certitude morale de de leur nullité. — F. TOURNEBIZE.
Dans le même numéro des Études le R. P. Bremond a publié un intéressant portrait du D' Pusey, duquel nous détachons les passages suivants:
1 On nous pormettra de rappeler deux articles publiés dans les Études sur € sujet, en mars et avril 1895. ? Quelques théologiens ou canonistes francais se séparent, à divers degrés, de | pinion commune. ; 5 The Fablel, october 5, 1895, p. 541. — Cf. Reformatio Angliæ ex decreis, B. card. Poli, Romæ MDLXII.
Original from
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Le D' Pusey!
Tout le monde connait le nom de Pusey. Dans beaucoup de souveni d'enfants, ce nom est resté comme celui d'un célébre vieillard anglican, sympathique à l'Église romaine, et qui sûrement devait se convertir avant de mourir, Il attend, il attend, disait-on, il a quelques derniers do: résoudre, mais il va venir à nous et sa conversion cutrainera la moi l'Église anglicane. Hélas, il n'es t pas venu, il est mort dans l'hérésie, el on escompte encore chez les anglicans le prestige de sa longue et sainto vie.
Le chanoine Liddon, disciple préféré de Puséy, avait commencé à écrire l'histoire de son maitre, et il est mort à la besogne après dix ans de travai Deux autres clergymen d'Oxford ont repris l'œuvre interrompue et la mène- ront, j'espère, à bonne fin. Nous avons déjà trois gros volumes, lourds de toute façon. Le quatrième va paraitre bientôt et achèvera l'édifice. À de pareilles proportions, en comprend qu'il ait fallu quinze ans pour élever ce monument, réclamé et attendu avec une pieuse impatience par les nom- breux fidèles du D' Pusey. Voilà plus de quinze ans qu'il est mort! N'est-ce pas bien tard pour parler encore de lui? Oui, ce serait peiue perdu si l'on n'avait d'autre but que de rechercher curieusement les souvenirs de sa vie; mais n'est-il pas intéressant d'essayer de résoudre le probléme qu'éveille le spectacle de cette existence manquée? Cet homme que nous avions cru si près de Rome, quel spécieux argument ou quelle secrète faiblesse l'ont-ils arrêté sur le seuil de la vérité? Quand ses moilleurs amis passaient les uns après les autresà l'sglise romaine, comment lui s'est-il acharné à son impossible rêve d'infuser une nouvelle sève à la branche séparée dutronc?....
Faisons rapidement le tour de la vieille Université dont le D' Pusey n'est presque jamais sorti pendant les soixante dernières années de sa vie. Dans cette ville du passé chaque pierre a son histoire ; je doute pourtant qu'aucun des souvenirs d'Oxford égale en intérêt ceux qui nous parlent, à chaque pas, de Pusey et de Newman. Voici le collège de la Trinité. Là, vers 4820, le fils d'un banquier de Londres se préparait aux grades académiques, fuyait les parties fines des étudiants, faisait connaissance, dans Gibbon, avec les Pères de l'uglise et se reposait d'Ilérodote et de Thucydide en lisant les romans de Walter Scott. Voici la chapelle aux colonnes torses, où le jeune homme écoutait avidement la musique de la Bible anglaise, et récitait, sans éprouver le moindre doute sur la divinité de son Église, les formules du Prayer-Book. Voici le large hall où, perdu dans la foule des étudiants, Newman prenait ses repas. Quand il regardait les portraits pendus à la muraille, qui lui eût dit qu'il devait figurer un jour, en costume de cardinal et à la place d'hon- neur, dans cette galerie des gloires de Trinity?
3 Life of Édouard Bouverie Pusey, by H. S. LÂdon, late canon of « St Paul's », — Edited by the RR. Johnston et Wilson. Londres, Longmans, 3 vol., 1893-1894. 366 REVUE ANGLO-ROMAINE Au méme moment, Édouard Bouverie Pusey, d'un an plus âgé que Newman, achevait ses études au collège de Christ-Church. Les deux éwu- diants ne sont pes encore en relations, ils se rencontreront bientôt à Oriel, où tous deux obtiendront, presque en même temps, une place d'agrégé. Oriel! collège modeste et sans apparence, et qui pourtant va voir naître et grandirle Mouvement d'Oxford ! Oriel, oû vont s'aimer et s'unir les plus brillantes et les plus généreuses natures que la vieille ville universitaire ait jamais connues, Keble et Pusey, Froude et Newman! Le plus âgé de cot admirable groupe venait de publier un petit livre de poésies religieuses : L'Année chrétienne, qui tranchait sur le formalisme vide et froid de la littérature anglicane et faisait jaillir des sources vives de dévotion, de chaque ligne du Prayer-Book. Newman, Fronde et Pu sous le charme de cette âme et de ce livre, se mettent, au milieu de cette jeunesse frivole, à ambitionner la sainteté : ils travaillent à l'acquérir, ils s’examinent, ils se jugent, ils se condamnent, ils se transforment. Vienne l'heure — et elle va sonner — où leur mglise, menacée au dehors parles exigences de l'État et au dedans par la contagion libérale, se verra près de la ruiue, ces quatre hommes seront prêts à se lever pour la défendre: ik travailleront, de toute les forces de leur jeune enthousiasme, à ressusciter cette Église mourante de richesses, de vie commode et de bien-être, en essayant de lui rendre la ferveur des premiers temps. Or, c'est Oriel qui a vu éclore ces beaux rêves, c'est dans Oriel que les premiers éracis ont été écrits, c'est là que Keble a formé Newman, et que ewman a élevé ses nombreux disciples. Si Froude n'était pas mort si jeune, si Keble et Pugey ne s'étaient pas arrêtés en chemin, Oriel ferait naturellement penser à ce collège de l'ancienne Sorbonne où la Providence avait réuni une poignée d'âmes d'élite autour d'Ignace de Loyola. Entre Oriel et Christ-Church, cette église couverte de lierre, basse et massive avec sa tour carrée, c'est Sainte-Marie. Les plus beaux sermons anglais ont été prononcés dans la chaire de cette église. C'estlà que New- man, curé de Saint-Mary's, enthousiasmera bientôt la jeune Université. La route n'est pas longue d'Oriel à Crist-Church, du collège de Newman aux appartements que Pusey occupa lorsqu'il fut nommé professeur d'hé- breu. Que de fois ils ont fait ce chemin pour se rendre l'un chez l'autre! Que de fois ils l'ont parcouru côte à côte dans ces dix années de leur int , depuis la belle espérance et l'ardeur de leurs débuts d'apostolat jur- qu'au jour où les deux amis, prévoyant la séparation suprème. n'eurent plus le courage de se parler. Le royal professeur d'hébreu est, de droit, chanoine de Christ-Church. la cathédrale d'Oxford. Les maisons des chanoines, à côté les unes des autres, forment un immense rectangle, dont la ligne austère ne manque pas de majesté. La maison que Puseÿ vint habiter, lorsqu'il fut nommé pro- fessour d'hébreu, est à un des coins de ce rectangle. Je voudrais vous intro- duire dans cette maison que les anglicans regardaient comme un sanc- tuaire, vous montrer cette chambre de travail, cette table basse, cet autel pour la cène quotidienne, et entre deux chandeliers cette image de le sainte Face, devant laquelle il s'est agenouillé tant de fois. Mais ces souvenirs, ces reliques, ne sont plusà Christ-Church faire place nette pour installer le successeur de Pasey. Tout a été trans- porté à Pusey-House, sorte de presbytère à quelques pas de la résidence des jésuites, où quelques clergymen se sont réunis pour garder la mémoir® du maître et continuer à Oxford son apostolat. C'est là qu'il faut aller pour se faire une idée de la dévétion profonde qui entoure ce saint angli- can. On a placé ce beau tableau de la sainte Face au-dessus de l'autel LIVRES ET REVUES 367
d'une modeste chapelle,à peu de distance d'un autre tableau qui repr sente Pusey sur son lit de mort. Comme je quittais cette chapelle, l'ai- mable clergpman qui m'avait introduit à Pusey-House me montra une photographie qui représentait la chambre de Pusey, et me ft remarquer, parmi les rares tableaux de cette chambre, le portrait de Newman. Newman et Pusey! Pusey et Newman! cex deux noms reviennent sans cesse aux lèvres, quand on se promène dans lex rues d'Oxford. Tout parle de leur amitié, tout évoque la pensée de leurs relations si douloureusement brisées. Étudions l'origine de ces relations plus tard si intimes, et l'une des meilleures, l'une des seules joies de la vie de Pusey.
il
Newman fut longtemps un des admirateurs enthousiastes de Pusey avant de devenir son ami. Une naissance et des maniëres de gentilhomme, une réputation déjà très répandue de vie austère rt fervente, une précoce éru: dition augmentée pendant deux longs séjours en Allemagne, tout contri- buait à donner un réel prestige au futur chanoine de Christ-Church. Quoi qu'ayant à Oriel la même position que lui, Newman, timide, presque négligé dans ses manières, incapable de se faire valoir au dehors, très réservé et défiant de lui-même, mit beaucoup de temps à entrer dans la familiarité de son collègue et, même après sa liaison avec lui, il était loin de Le regarder comme un égal. « Je l'avais surnommé 4 péyes, raconte-til; son érudition, son activité prodigieuse, son dévouement à la religion me subjuguaient. » Aussi lorsque, pour réveiller l'idée religieuse dans les con: ciencex assoupies, Newman commenra, avec l'aide de ses meilleurs am écrire et à répandre les tracts, il n'avait pas osé compter, pour cette œuvre, sur le concours de Pusey. Quelle’ apparence qu'un homme, déjà considéré dans Oxford, sinon par «on âge, du moins par sa situation et son caractère, allàt se compromettre en donnant son nom à une bande de volontaires et en consentant à mener avec eux une guerre de partisans. Car c'était bien de cela qu'il s'agissait. Ces jeunes gens s'étaient jetés dans la mélée sans aucune mission. Leurs chefs naturels, les évêques, avaient, depuis longtemps, perdu l'habitude du combat, et, sans inquiétude en face du danger pressant, il n'avaient pas même songé à chercher des défenseurs. Eux alors, les jeunes, s'étaient levés à la voix d'un curé de campagne et d'un agrégé de trente ans: ils en avaient appelé à leurs frères dans le sacerdoce, comme ils disaient: ils leur avaient remis en mémoire leurs droits et leurs devoirs, et l'impulsion avait été si puissante et si vibrante que de tous les côtés on avait répondu. Les étudiants portaient les tracts de presbytère en presbytère, et ces courtes feuilles, animées d'une passion communicative, allumaient partout l'incendie. Tout ce qui avait encore un peu de foi et de cœur relevait la tête: on se prenait à espérer pour cette Eglise trop confortable des jours d'héroïsme et de sainteté. Ce plan de campagne simple et hardi avait eu, sans doute, l'approbation de Pusey; mais le savant chanoine restait encore en dehors du mouvement. Au bout de deux ans, gagné par cette contagion de dévouement, il consentit 368 REVUE ANGLO-ROMAINE généreusement à faire davantage, il entra résolument dans la bataille en signant un tract sur le baptème et en commençant avec Newman à publier la Bibliothèquedes Pères. Certes, ce n'était pas là une recrue vulgaire. « Il donna du même coup, raconte encore Newman, une position et un nom. 1l avait une grande influence due à ses convictions solides, aux munificences de ses aumônes, à son titre de professeur, à ses alliances de famille, à ses rapports familiers avec les autorités universitaires, » Surle conseil de Pusey, on résolut d'agrandir les tracts, de remplacer par de véritables livres ces petits fascicules qui jusqu'alors n'étaient pas plus lourds que nos journaux. Le grave professeur aurait eu trop de peine à plier son esprit à cette alerte hesogne et d'ailleurs les petites feuilles avaient, pour ainsi dire, ouvert un chemin à des ouvrages plus complets. Maintenant que les deux amis travaillent définitivement côte à côte, je voudrais les suivre de plus près, et entrer dans le secret de leur intimité. On verra bientôt que cette curiosité n'est pas inutile et que, en la satsfa- sant, nous préparons des éléments de réponse au problème que nous nous sommes proposé d'élucider.
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LA CONGRÉGATION DU SAINT-OFFICE er
LES ORDINATIONS SCHISMATIQUES DES ABYSSINS
La Collectio Lacensis, 1. II, col. 503, reproduit, d'après le P. Philippe de Carboneano, une réponse du Saint-Office relative à des orinations assez étranges faites par l'archovèque schiematique des Abyssins. « De ordina- il nostra ætate in Anglia multum disputatum est. Locum , qui harum dixputationum ansa fuit, primum dabi- ms, deihde responsum 8. Offcii addemus ». La citation de Ph. de Carbo- neano 88 trouve dans les additions à la théologie morale du P. Antoine, édition de Milan, 1835, IL, 424, édition d'Avignon, 1818, t. V. p. 409. D'après Gasparri, Tract. can. de sacra Ordin., t. II, n. 4067, co texte 8e trouverait aussi en appendice au traité de l'ordre dans la Théologie morale du P. Concina. Nous empruntons ces documents au Canoniste contemporain, qui «publié sur cette matière une érès intéressante étude de l'abbé Bou- 0.
Ex dubiis proposilis sac. Congr. a fr. Josepho de Hierusalem, ord. min. etrict. observ. præf. missionum in Æthiopa, constat Archiepis- copun illius netionis non solere ordines conferre, nisi dum octo aut decam mille ordinandi sint ex diversis partibus congregati; e08 vero ita ordinare solere : Dispositis per ecclosiam ordinandis, Archiepis- copus per eam celeriter discurrendo, manus imponendo singulis pres- byleris, dicit: « Accipe Spiritum sanctum »; diaconis vero non manus, sed crucem patriarchalem super caput imponit. Ad hæc Supremæ Inquisitionis consultores, 10 Aprilis 1104, ita responderunt: « Ordinatio presbyteri cum manuum impositione et formæ prola tione, proutin dubio, est valida: sed diaconi ordinatio cum simplici crucis patriarchalis impositione omnino invalide est : quo vero ad praxim admittendi presbyteros et diaconos ad exercitium suorum ordinum, postquam catholicam fidem susceperint, sequentia obser- vanda sunt : « Si sacerdos absolute dicat se ordinatum fuisse cum manuum impositione et verborum prolatione, et nihil aliud obstet, poterit missionarius, postquam cum illo super irregularitate dispensaverit, eumque ab excommunicatione absolverit, eumdem ad exercitium suorum ordinam admittere juxta ritum approbatum el expurgatum in quo fuerit ordinatus. < Si vero idem sacerdos ingenue fateatur se non recordari de mate-
REVUE ANGLO-ROMAINE, — 7. 1 — 94.
| CUONRT
370 REVUE ANGLO-ROMAINE
ria et forma suæ ordinationis, vel de una-aut altera dubitare, mn potest admitti ad exercitium suorum ordinum, donec sub conditione fuerit reordinatus. « Tandem si absolute asserat vel manuum imposilionem, vel for- mæ prolationem, sive utramque omissam fuisse, reordinandus eril absolute antequam ad exercitium suorum ordinum admittatur. « Quia vero quilibet sacerdos, etiam valide ad sacerdotium ordi- matus, fuit invalide ad diaconatum promotus, idcirco, ut possit suos ardines exercere, debet, si Sanctissimo placuerit facultatem [Gasranat: corrige : facultas] dispensandi missionaris impertiri, cum illo tanquam per saltum ordinato ac jam suspenso propter subsequens suorum ordinum exercitium super irregularitate déspensari el ab officio [Gas- Pari : adde, ipse debet] cessare, quousque per Episcopum catholicum
ad diaconatus ordinem promoveatur. »
Les Anglicans crurent pouvoir tirer parti de cette réponse en faveur et
de leur Ordinal qui renferme l'Accipe Spiritum sanctum et de leurs ordi- nations. Aussi le Cardinal Archevèque de Westinster, par une lettre du 24 août 1874, dont nous trouvons le sens dans la réponse suivante, eruti! devoir consulter à ce sujet le Saint-Ofice. Voici la réponse que lui fit l« Cardinal Patrizi en date du 30 avril 4875. La Collectio Lacencis, 1. e., l'em- prunte à la Revue The Month, 1875, V, p. 495 ; elle est reproduite dans Gasparri, op. cit., n. 4058.
Eme ac Rme Domine Observantissime, Litteris diei 24 Augusli anni nuper elapsi, referebat Eminentià Vestra quæstionem istic exortam inter aliquos scriplores circa ser- sum cujusdam, ut appelant, decreti, ab hac suprema Congregationt Universalis Inquisitionis die 40 Aprilis a. 1704 editi, quod valorem respicit ordinationis in quodam casu Abissinorum expletæ per verba: « Accipe Spiritum sanclum » manuum imposilioni conjunela ex coque Anglicanos præsumere ac jactitare nullum jam pose à catholicis moveri dubium de eorum ordinum validitate. Proinde al anxietates eliminandas, veritatemque securius defendendam, quert- bat Eminentia Vestra sequentis dubii declarationem, scilicet: an in supra asserlo decreto, explicite vel implicite, contineatur doctrins ad validitatem ordinis presbyteratus sufficere impositionem manuun cum iis dumtaxat verbis: « Accipe Spiritum sanctum ? » | Jam vero Emi PP. Cardinales una mecum Inquisitores Generales. | articulo formaliter ac mature discusso, in feria IV, d. 24 labentis mensis, rogationi ejusmodi respondendum duxerunt : Maui. Atque ad hujusce decreti justitiam protuendam, pauca, ex ment Sacri Ordinis, Eminentiæ Vestræ innuisse sufficiat : scilicet ex ips Coptorum ritu, ut in eorum libris pontificalibus habetur, manifestun esse illa verba: « Accipe Spiritum sanctum », non integram formam conslitucre, nee sensum documenti, quod ex anno 4704 profertr, quodque non est decretum S. Congregationis, uli ex ejus tabalari palet, alio modo intelligendum esse nisi quod penes Coptos ordim- | tio presbyteri cum imposilione manuum Episcopi et prolatione for me in antiquo eorum ritu præscripte, valida sit habenda, nunquan M... sit
LES ORDINATIONS SCHISMATIQUES DES ABYSSINS 371
vero sanctam Supremam Congregationem sive explicite, sive impli- cite, deelarasse ad validitatem ordinis presbyleralus suflicere ma muum impositionem cum his dumtaxat verbis: « Accipe Spiritum sanctum. » Post he, cum me jam muneris mei parles implevisse sciam, superest ut eo, quo par est, obsequie, Eminentiæ Vestræ manus humillime deosculer. Eminentiæ Vestræ Humillimus et devotissimus servus.
C. Card, ParRrzr.
Romæ, die 30 Aprilis 1875.
Domino Cardinal Archiepiscopo Weslmonasteriensi.
Un doute se posa alors sur la valeur de la réponse de 4704. Et cepen- dant le document est bien authentique. Il est reproduit pour une bonne part, à savoir les phrases: « Si sacerdos ». jusqu'à « admittatur » inclu sivement, et comme une sorte de décret général, dans la Collectanea de la Propagande, publiée à Rome en 4893 et dont toutes les pièces sont dé- chrées authentiques (n. 1170 avec la date du 9 avril 170). Le compilateur, discrètement interrogé au sujet de ce document, en à positivement affirmé l'authenticité. Mais il y a plus encore : la Congrégation du Saint-Ofice l'a communiqué elle-même au Vicaire Apostolique d'Abyssinie, en 1860. Le chanoine Estcourt avait écrit à ee sujet à Mgr Bel, qui lui répondit par la leure suivante, à laquelle était jointe la décision de 1860, que je reproduis pueillement, d'après l'ouvrage « De Hierarchia Anglicana», App. VI, p.245. La version latine qui est en note est de M. l'abhé Boudinhon.
Ludovieus Petrus Joannes Bel, Episcopus Agathopolitanus et Vi- «rius Apostolieus Abyssinæ, Reverendo Domino Edgari Estcourt, Sacerdoti ac Canonico Diœcesis Birminghamiensis in Anglia, Salu- em et Benedictionem in Christo Jesu Domino Nostro. Magnam animi jucunditatem attulit nobis Littera tua mensis Junii, 8 qua audivimus tua studia ac tuum zelum pro gloria Dei atque Ec- desiæ; tuas quæstiones quas accepimus lantum die decima quarta hnjus mensis, maximi momenti invenimus pro Ecclesia et fide catho- liea per omnes regiones Britannicas; quapropter statim ad quæsita respondere cupientes, exemplum ritus cum versione latina, sicut, deficiente nobis ecclesiæ Æthiopicæ Pontificali, in aliislibris legitur, sine mora tibi mandamus. Tua Reverentia non ignorat apud Mono- Physitas in Abyssinia, in sacris Ordinibus conferendis, (heoriam a praxi longe dissimilem esse, præsertim in nostris temporibus, sieut Palet ex dubiis S. C. Inquisilionis in anno 1704, atque iterum in anno 1860 submissis ; hodierna praxis lacrimabilisest: theoria, sicut mortua littera, in antiquioribus libris inveniiur. Nos autem, sive pro
baptismo neophytorum, sive pro Ordine iterandis, cum omni obe- dentia, S. C. de Propaganda Fide recentiores regulas et decisiones nostris Præedecessoribus traditas sequimur et semper observabimus. Ex domo nostra insulæ Massouah die 24 Novembris 1867.
L. P. Bez,
SITY OF MICHIGAN
372 REVUE ANGLO-ROMAINE
Responsum S. Officii die 9 maiï 4860.
Nell'anno 4860 due preti monofsiti dimandarono d'abiurare i luro
errori ed essere ricevuti nella Chiesa. Questa istanza diede oceasione a far delle ricerche sul modo prattico di cui si servono i odofsiti nella collazione dei Sacramenti. E tra gli altri sorsero dubbi assai gravi sulla validitadelle loro ordinazioni. 11 fondamento di tali dubbi e il seguente : Due disordini hanno luogo nel conferir che essi famno gli ordini saeri. Il primo e che spesso ordinano de’ soggetti rilutian- di a questo, sicchè la loro promozione è violenta; l'altro che l'ordi- nante non impone le manisull'ordinando, ma solamente una croce d'argento che egli tiene pel manico o asta inferiore. Più i Monoflsiti credono l'essenza dell'ordinazione consista nell'insuflazione che fa l'ordinante nell'atto che dice: « Accipe Spiritum sanctum . Percid volendo degradare aleuno, rilirano da lui l'insuflazione, sebbene di questa insuflazione non si faccin menzione nelrituale. Dietro queste riflessioni il Vic. Apostolico pei Copti proponeva circa l'ordinazione de’ Monofsili i segguenti dubbi, sotto i numeri 2, 8, 4,3. 2. La collazione degli ordini sacri de’ Monofsili esposta sopraà assolutamente nulla, sia per la collazione forzata, sia pel defetlo dell'imposizionc delle mani, oppure à assolutamente dubbia? 3. Deve percid reiterarsi solto condizione 0 assolutamente? 4. Gli ordinali in sacris nella guisa suddetta, possono perd pren- dere moglie, e restar laici, oppure cid non lice? 8. Che cosa si deve far riguardo e quei preti che, ordinati dai Mo- nofisiti nella guisa suddetla, hanno sostenuto l'ufficio di parrochi per molti anni dopo l'abiura, senza essere riordinati, ne assolula- mente, ne sotto condizione? À questi dubbi la S. C. del S. O. risposc il 9 Maggio 4860 nella maniera che segue ! :
4 Versio latins. — Anno 1860, duo presbyteri monophysitæ petierunt pro at ratione crrorum et receptionoin Ecclesiam. Quorum instantia occasionem pret invostigationibus cirea modum practicum-quo utuntur Monophysitæ in conferen- dis Sacramentis. Gravissima, inter cetera, oxorta sunt dubia de ipsorum ordins- tionum validitate. Horum autem dubiorum fundamentum est sequens: Duo contra regulam occurruntin modo quo sacros ordines conferant. Quorum prius estquod frequenter ordinent personas contra huc reluctantes, undeipsarum promolio est violenta;alterum autem, quod ordinans super ordinandos non imponat mans, sed tantum crucem argenteam, quam ipse hasta aut inferiori parte manu Unel. Amplius: Monophysitæ credunt essentiam ordinationis co: quam facit ordinans eo ipso actu quo dicit : « Accipe Spiritum sanctam dum volunt aliquem degradare, insufllationem ab ipso retrahunt, etai insuflatio- nis hujusmodi mentio nulla occurrat in rituali, Hisce præbabitis animadversioni- bus, Vicarius Apostolieus pro Coptis circa Monophysitarum ordinationes sequen- ia proponebat dubia, sub numeris 2, 3, 4, 6: 2, An sacrorum ordinum collatio a Monophysitis facta, prout supra expoaitur, sit absolute nulla, tum ob collationem coactam, tum ob dofectum impositionis manuum, an vero absolute dubia? 3. An idcirco debeat reiterari sub conditione vel absolute? 4. An ordinati in sacris juxta prædictum modum possint ideo uxorem ducere et inter laicos remanere, an vero id non liceat? 5 Quid agendum circa illos presbyteros qui, a Monophysitis supradicto modo LES ORDINATIONS SCHISMATIQUES DES ABYSSINS 373
Ad 2% : Quoad primam partem hujus postulati, juxta ea quæ tradit Innocentius III, cap, Mjoris, ille qui nunquam consenti, sed eliam in actu ordinstionis penitus contradicit, nec rem nec characterem suscipit Sacramenti. Quod vero spectat ad secundam partom ejusdem postulati, juxta exposita, ordinationem esse invalidam, et delur res ponsio hajus S. C. Supremæ Inquisitionis fer. iv 9 Apirilis 4104. Ad 3= : Provisum in secundo, et quatenus ordinalio repeti debeat, Bat secrelissime. Ad 4 : Quatenus legitime constet de invaliditate ordinallonis, à quovis clericali oner soluti censeantur. Si vero ordinationes fuerint dubiæ, recurret in casibus particularibus. Ad 5% : Circa valorem ordinationis cujuscumque ex hisce parochis, jem provisum in præcedentibus; parochianos vero eorum curæ conereditos non esse inquietandos et relinquendos esse.in bona fide,
Risoluoione della 8. C. delS. O. data feria 19 9 Apr. 1108, od accen- nala nella risoluzione data a Mons. Vic. Apostolico de Copli nella feria 1 9 Maggio 1860. Nel l'Etiopica essendo necessità che gli ordinandi si portino da parti anche rimote alla Città nella quale risiede l'Arcivescovo scisma- lieo per essere ordinati, e questi non facendo l'ordinazione, se non quando si sono congregati ofto o dieci mila vrdinandi nella città sud- detta di sua residenza, percid gli avviene tal volta ordinare tre o quat- tro o più mils al giorno. Facendosi schierare nella chiesa gli ordi- nandi al secerdozio, nel passare avanti di loro frettolosamente impone a ciascuno le mani sul capo, dicendo : « Accipe Spiritum sanctum »; € agli ordinandi al diaconato impone simplicemente la croce patriar- cale sul capo dei medesimi; e perchè per la gran molitudine e confu- sione, e per la frelta nel caminare, succede che l'Arcivescovo ad aleuni non impone le mani, ed ad altri non proferisce le parole della forma, 6 non pochi ancora sono pessati senza l'une el'alira; 6 perci se cerca se i sacerdoti 8 diaconi in tal modo e forma ordinati, sanio validamente ordinati, e conseguentemente se uno di questi sacerdoti fatlo cattolico possa e debba essere ammesso all'esercizio de’ suoi ordini, 6 come in queste circostanse debba regolarsi il Missionario®.
odines, parochoram oflciam sustinnerant per multos ‘annos post abjurationem, qain sab conditione aut absolute reordinati fuerint? Quibes dubiisS. C. 8. Offcli die 9 Mali 1860 reposuit prout soqaitur: 1 Versio Latina. — Resolutio S. C. S. Offieit data feria 1V9 Aprilis 410$, alle- gala in reslutione data ad Rmum Vicarium Apostolicum pro Coptis feria IV D Mai 1890. Cum in Æthiopia debeant ordinenäi e partibus etiam dissitis se conferre ad ciritatem in qua residet Arcbiepiscopus schismaticus ad recipiendam ordinationem; eumque hic ordines non conferat nisi quando convenerint octo vel decem millia crdinandorum in civitato prædicta in qua residot, contingit proinde ipsum quan- doque tria vel quatuor millia ordinandorom vel amplius, una die ordinare. Dispo- sitis per ecclesiam ordinandis ad sacerdotium, archiepiscopus, transions celeriter ante 608, singulis manus imponit super caput dicens : « Accipe Spiritum sanc- tum »; ordinandis autem ad diaconatum simpliciter imponit cracem patriarchalem super ipsoram caput, At ob nimiam multitudinem et confusionem, et transeuntis festinstionem, accidit ut Archiepiscopus quibusdam manus non imponat, quibus- 374 REVUE ANGLO-ROMAINE
Resolutio. Ordinatio presbyteri cum manuum impositione et forme prolatione, prout in dubio, est valida, sed diaconi ordinatio eun simplici crucis patriarchalis impositione, omnino invalida est. Quo vero ad praxim admittendi presbyteros el diaconos ad exereitium suorum ordinum præterquam® catholicam fidem susceperunt, sequentia observanda sunt : Si sacerdos absolute dicat se ordinatum esse cum manuum impo- silione ac verborum prolatione, et nihil aliud obstet, poterit missio- narius, posiquam eum illo super irregularitate dispensaverit, eumque ab excommunicatione absolverit, eum ad exercitium suorum ordinum admittere, juxta ritum approbatum et expurgatum in quo fuit ordi- natus. Si vero is sacerdos ingenue fateatur se non recordari de materia et forma suæ ordinationis, vel de una aut altera dubitare, non polest admitti ad exercitium suorum ordinum, donec sub conditione fuerit ordinatus. Tandem si absolute asserat vel manuum impositionem vel formæ prolationem sive utramque omissam fuisse, reordinandus ést absolute antequam ad exercitium suorum ordinum admittatur. Quia vero quibibet sacerdos, elsi valide ad sacerdotium, fuit inva- lide ad diacomatum promotus, idcireo, ut possit sos ordines exer- cere, debet, si SSmo placuerit, facultatem missionariis impertiri, cum illo tanquam per saltum ordinato ae etiam supensio propter subse- quens saerorum ordinum exercitium, super irregularitate dispensari, donec et quousque per Episcopum Catholicum ad diaconatus ordinem | valide promoveatur. Si aggiunse poi nella risoluzione del 9 Maggio 1860. Dovrà darsi una dichiarazione istruttiva della riposta, al 5° postu- lato, in eui à detto non doversi inquietar, e potersi lasciare in buona fede coloro chehanno ricevuto i Sacramenti dai parrochi la eui ordi- nazione presbiterale sia dubbiao certamente invalida. In tale istru- zione dovrà avvertirsi quel Vicario che, se i fedeli da cui tratlasi sono in buona fede sulla mancanza di podestà dei loro parrochi, debe bono lasciarsi nella loro buona fede anche in ordine alle confessione sacramentali ed all'assoluzione che hanno ricevuta da essi, giacchè l'ignoranza invincibile cirea il defetto di podestà nel confessore sup | pone che siansi avvicinati alla s. Comunione senza la coscienza del peccato mortale, e che abbiano integrato moralmente le loro confes- sioni anteriori colle pesteriori che avran falte presso qualche vero sacerdote approvato. Che se poi quesli fedeli, non fossero in buona fede, sara somma eura del Vic. Apostolico d’indurli con ogni cautelt a ripeter le loro confessioni nulle. In oltre dovra significarglisi che
dam autem non proferat verba formæ, non paucis tandem absque utroque pr termissis; itaque quæritur num sacerdotes et diaconi, juxta modum et formam hujusmodi ordinati, sint valide ordinati, et consequenter, num aliquis ex bis presbyteris eatholicus effectus, possit et debeat ad exercitium suorum ordi admitti, et quomodo hisce in circumstantiis se gerere debeat Missionarius 1 Forse deve leggersi, in vece di « præterquam », « postquam » (Nota del Mins- tante). [Forsan legendum est, loco « præterquam », « postquam » (Nota ama- nuensis)}. En effet, lo texte du P. de Garboneano porte « postquam ». |
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Lu mit
TABULA CONSECRATIONIS WILLELMT LAUD 375
la Santità di N. S. si à degnata provvedere col tesoro della Chiesa agli obblighi di Messe non soddisfatti da tali parrochi per non essere veri sacerdoti; che perd il S. Padre ingiunge loro l'obbigo, tosto che sar uno validamente ordinati, di eelebrare almeno una messa in compenso delle tante che avranno invalidamente applicato !.
Rarraëze Moxaco Lavauerra, Assessore dél 8. 0.
TABULA CONSECRATIONIS WILLELMI LAUD.
Hic in Tabula reposuimus nomina episcoporum a quibus Willelmus Laud, Archiepiscopus Cantuariensis, slirpem sua spiritualem ha- buit, quo facilius appareat eum non modo a Parkero ejusque conse- cratoribus characterem episcopalem derivasse; sed etiam (1°) a Marco Antonio de Dominis, qui in sedem Siniensem in Dalmalia consecratus, deinde in Spalatensem translatus, aliquot annos regnante Jacobo Ï in Anglia profugus demorabatur, et decanatum Windesorensem obti nuit; et (2) ab episcopis Hibernicis qui per Hugonem Curwen, Ar- chiepiscopum Dubliniensem, ab Edmundo Bonner, Thoma Thirlby, et Mauritio Griffin, Lempore Mariae Reginae consecratum, antiquam suc cessionem Anglicana in alia quoque linea continuarunt. Omnia quae de episcopis Anglicamis hic narrantur ARegistro Sarro Anglicano eruditissimi dom. Willelmi Stubbs, in Universitate Oxo= niensi olim Historiae Modernae Professoris, nune autem Oxoniensis episcopi, desumpsimus. De consecrationibus episcoporum Hibernicorum consuluimus Cot- on : Fasti Beclesiae Hibernieae. N.B, Nomina qua allera vice apparent litteris Italicis sine ulla personae descriptione exprimuntur. Nomina eorum quorum stemmala non ulterius sequemur litteris uncialibus exprimuntur.
! Versio Latina. — Præterea in resolutione 9 maii 1860 additum est : Danda erit instructio ad declarandam responsionem ad quintum postulaturn, in qua dicitur non inquietandos esse et in bona fide relinqui posse eos qui sacra- menta receperunt ab iis parochis quorum presbyteralis ordinatio sit dubia aut certe invalida. In qua instructione commonendus erit iste Vicarius quod, si fideles ili, de quibus agitur, versentur in bona fide circa defoctum potestatis suorum Parochorum, relinquendi sint in sua bona fide etiam in ordine ad sacramentales confsssiones et ad absolutionem a talibus parochis acceptam; ignorantia enim iavincibilis circa defectum potestatis in confessario supponit eos ad sacram commu- sionem accessisse absque conscientia peccati mortalis, eosque suas anteriores confessiones moraliter conjunxisse cum posterioribus quas apud aliquem verum sscerdotem approbatum peregerint. Quod si tamem fideles hujusmodi in bona fide 2oa fuerint, summa cura erit Vicarii Apostolici eos cautissime adducendi ad repe- lendas suas confessiones nulliter peractas. Præterea ipsi notum flat Sanctitatem Suam thesauro Ecclesiæ providere dignatam esse obligationibus um quibus parochi hujusmodi non satisfecerunt, eo quod non essent veri sacerdotes; ipsis vero SSmum onus imponere, statim ac valide ordinati fuerint, unam saliem missam celebrandi in compensationem tot missarum quas invalide applicaverint.
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RSITY OF MICHIGAN
376 REVUE ANGLO-ROMAINE
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es in Licefelden. 3/Ric. Banerof,
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Londin, 1610, infic. Neil, ride I
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IGoorgius Monteigne es in Sinien. in Dal-
Londinien. es” in] matia, 1600; trs in
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RSITY OF MICHIGAN
TABULA CONSECRATIONIS WILLELMI LAUD 371
Il
[WiLLELMUS BanLow,
es in Menevien.
Eämundus _ Grindal,] 15965,trs in Batho
Cantuarien.
“
es in] mon. 1543, in Cices
tren. 13559
Londinien: 21 Dec jonixxes Sconv, cs
1559; trs in Ebora-|lS
gen, 1510, in Cant.| in, Rofon. 30 08e”
198 ja carumt | 13615 ques in Cicos
1% ten. 1552, in Here-
forden. 1559
Jomaxxes Honor:
{xrx, Bedforden. es
| 9 Dec. 1537.
rb
Péninerten eus du Johannes Aylmer (fm. Grfndu
0] Vhitgiftr
Vigorn SL Ap.1517;| Londinien. es 24)Hfiinus Sand
trs in Cantuarien.| Matt. 16775 qe.) piess 1794
4583; q. cscrunt
[Matthaeus Parker
IRobertus Horn, Win: Edm. Grinda
l
onen. cs, 16 Feb. homas Young, vide
15615 q cscrunt Miomas Bontham,
[vide X
Ricardus Curtgis, Ci-fMaft Parker
costron. cs 25 Mai
s. Robertus Horn
45105 q. csrunt |Edm. Gheast, vide X
Re mundus fEtmund Grindal ü
craft, Cantau: Pohannes Young Rat PT A NEdi de 58; vob.Fiers, Grindal ren, a, es in)a) fen. cs cearunt à] Hin-c in PR csona Ron, 45] Eum À risb. 1571; q. €. fhoserts Horn trs in Sa-)Eduinus Sandys 3 Ap. 1576; Mai. 1507; tes ia Cantuarien. 1604. Eum con secraverunt Joh. Whitgif oh: Young ntonius Rudd, Me-)Ric. Fletcher, Vigor- Joh. Whitgift Mevens es 9” Jun.{ nien.csin Bristolien. (Joh. Aylmer 1593; q. escrunt ) 14 Dec. 1589; trs in\Joh. Young Vigorn. 1593;que Bullingham, vide consecraverunt di] Ricardus Vaughan.{ Bangoren. es 1(Joh. Whitgift Aug. 1396; trs in Ric. Fletcher Cicéstren. 1597, infJuh. Young Lond. 1604; q-
(os Whitgift
n Rie. Fletcher 'hilai
Antonius Watson, Vases do Why
cestren. 15 ntdE. Bilson, _vi-Jfic.
csescru WiiL.
Fletc/
Day, oi
1396,
h q. gornien. cs 13 Jun.)
Y696; q. cscrunt (ie. Fauy
Original rom
RSITY OF MICHIGAN
378 REVUE ANGLO-ROMAINE
TT
fi ile (Aie. Bancroft Ric. Banero Ricurdus Noïle Tomas Heris, Lon (Tobias Meileew, Du-(Marruaees Her. Sur ns] dinien. cs in Gloces.\f nelmen. es 13 Ap.) inr°%yDunelm. e sie) tren, 17 Mart, 4604; 4695 ; 27 Julcs Éboricen. q. cscrunt ts in Lond. 1607; 4589; trs in Ebors. 1610.Eum con: a 1595; quem consecrarunt secraverunt Lanc. Andrewes |Ant. Watson et ait
IV
Geo. Abbott Joh. Whitgi
HJohannes Bridges, (Aie. Banero)
Oxonien. es 42 Feb. Tob. Matthew
1606; qe escrunt JJoh. Young
(ant. Watson
Fm es JUnALanc, Andrewes ... |Ric. Bancroft Joh. Whitgift Thomas Ravis tic. Bancroft secraverünt Uac. Montagu, Batho-|Henricus Cotton, Sa-\Wil’mus Overton, nen, cs 17 Ap. 1608; risburien, cs 12 Nov.) vide XI quem cscrunt 1598; q. cscrunt (Anton. Watson
Rice. Neile Will. Barlow, Roffen.
nc. Andrewes
Honricus Parry, Glo-{Aic. Bancroft
cestren. es 12 Jul.)Thom. Ravis
| 4607; q. escrunt ) Will. Barlow,
Lanc. Andrewes.
La VI
Johannes ... Jegon, { Joh. Whitgift Willelmus Barlow, | Aie. Baneroft Norvicen. cs 20 | Ric. Baneroft Roffen. cs 30 Jun. | Ric. Vaughan Feb. 1603. Eum } John, Young 4605. Eum conse- } An£. Waison consecraverunt (Ant. Watson craverunt Thomas Ravis
VII
Thomas Jones, Du-
blinien. cs in Moden.{Adam Loftus, Dubli-
in Hibernia, 1584; nien.csin Armachen Huco Curwex, Du-
Christophorus | 13, in Dublinien:! 1562; trs in Dub blinien. es 8 Sep. . cscrunt ©) nion. 4661; q. c. | 1555; tre in Oxonien. Hampton, Ar JGwonorts Moxrao-leta à 4567; Magnon- 58 muy, Meden, juem Consecrarerunt Fan ct] Wiusiuus à Puis. MUNDUS BON craverunt | WORTE, Kildaren. Londiniensis cs 11 Sept. 1604 Taoas Tan. Joaxes River Eliensis Aladen. cs 42 Jan. Maures G 162 rix, Roffensis,
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nn ss
TABULA CONSECRATIONIS WILLELMI LAUD 379
VIT
Ediunus Sandys, cs in Vigor- [ Matthaeus Parker
mien. 91 Dec, 1559: trs in | Willelmus Barlow
Londinien. 4570,
in Eboracen. | Jok. Scory
4577. Eum consecraverunt | Joh. Hodgekyn
IX
Matt. Parker Matt. Parker
Tomas Young, cs in Mene- | Edm. Grindat WilËmus Barlow vien. 31 Jan. 4560. Eum con- | Ricardus Cox, Elien. cs 21 | Joh. Sci Le Dec. 1589; q. cscrunt Joh. odyekyn x
Maté. Parker
Thomas Bentham, cs in Lice- | Nicoïaus Bullingham, Lin- felden, et Edmundus Gheast, . cs 21 Jan. 1560; | yat. Parker cs in Roffen, 24 Mart. 1560 } quem consecrarerunt Fan: Grimdal Eos consecraverunt Johannes Juell, Sarisburien Ricardus Cox cs % Jan, 4560; q. c. Jo. Hodgekyn
XI
Vans Ouen, Len,es 48 | Her . Edmundus Grindal Willelmus Overton, Licefelden. es 18
XII
Edmundus Grindal
Sept. 138. Eu consecraverunt Johannes Bullingham, Glocestren. cs 3 {ie FL —d XII
Wil'mus Day, Wintonen. cs 25 Jan. | 20k AMI ‘596. Eum consecraverunt Joh. Young
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DE REGISTRO PARKERANO.
L. Descriplio Critica.
Registrum Parkeri duobus voluminibus continetur, quorun in priore, paginas 411 amplectente, plurima de variis negoliis acta mi- nutius memorantur. In folio primo describuntur coloribus aplis insi- gnia heraldica archiepiscopi; in secundo adhibetur litteris Golhicis titulus totius voluminis, qui his verbis exponitur: — « Registrum Reuerendissimi in Christo Patris et D'ni D'ni Matthei Par- Her, in Archis'pum Cantuarien. per Decanu. et Cup'fim. Eecl'ias Cab, et Helropolitics X Pi Cantuarien. p'dict. vigore et auc'te Licentis Rage in hac p'le fact, primo die Mensis Auguati anno D'ni millesimo quingendesino simo nono electi, ac p'. reuerendos p'res D'nos Will'um Barlice nup. Bathon. et Wellen. Epum,nu'celectum Cicastren., Joh'em Scory dudu. Cistren. Epum, nue Electu. Hereforden., Milme Coverdale quo'da. Eron. E'pum; et Joh'em Hodgeskyn E'pum suffraganeu. Bodforden., vigore L'ro- ru. Commissionalu. Regiaru. Paten. eis directaru nono!die mensis !Dece'bris tuncproz, sequen. confirmati, neno, p'. ip'os Reuerendes P'resauc'te p'dile decimo septimo die eiusdem me'sis Decs'bris co'secrati, Anthonio Huss armi- gero tunc Regrario Primario dicti Reuerendissimi Pris. » In ima pagina, haec verba alia manu accesserunt :— « Primo die mansis J'unit ano D'ni 1560 praefatus Anthonius Huss mortem obiit, cui suecessit Johannes Incent in officio_Reg'rariatus praditt. Diclus Reuerendissimus Mattheus Parker Archie'pus Cantuarien. avi. die mensis Mais anno D'ni 1315 in aurora, apud Lambehith mortem ob et diem suum clausit extrem. » Exinde sequuntur documenta de ipsius Parkeri confirmatione ac consecratione redacta, quae foliis 3—14 continentur. Ila se habent:— () Acra uaBiTa BT FACTA IN NEGOCIO CONFIRMAC'O'IS ELEc-fionit venerabilis ot eximit virimag'ri Matthei Parker Sacre Thaologie_professoris in Archis'pum Cantuarien. electi te. :a Franciseo Clerke, notario publico, propter absentiam Antonii Huse registrari digesta ; quibus per mo- dum narrationis fusius explanatur dominos commissionarios in Ecclesia parochiali Beatae Marise de Arcubus sedentes, facta trina publica prat- conizatione omnium ac singulorum. oppositorum ad foras ecclesia, et mule eorum comparente, nec aliquid in hac parte opponente, post alia omnia at antique consuetudine Ecclesiac facta, tandem tulisse el promulgasse sententiam diffinitioum confirmationis; postremo autem decrevisse ig'um Rewrendissimu. d'nm. electum et confirmatum consecrandum el denadiendw® fore, cum aliis eiusmodi quae in usu fuerunt. (2) Deinde verbatim referuntur instrumenta sequentia. (a) L're patentes de assensu regio electiont adhibit. (b) Procuratoriu. Decani et Cup't là Cantur.quo ostensum est decanun eLcanonicos Ecclesiae Cathedralis capitulariter congregalos, de wu- 3 “4 DE REGISTRO PARKERANO 384 3
nimiassensu el consensu suo, quattuor viros procuralores nominasse ad omnia expedienda, quae iure necessaria essent, ut electio rata À fieret. (e) Procur. dieti d'ni electi, sc. Parkeri. (d) Citatiocontra oppositores ele., sexto die Decembris 1889 edita et promulgata, qua omnes ar singuli, (si qui essenf) qui contra dictam electionem, seu formam eiuadem, personamve electam, dicere, vel opponere roluerint, evocali el citati fuerunt, ut nono die ejusdem mensis coram commissionariis comparerent. (e) Prima schedula lerta contra oppositores, quos lime et peremploris citrtos'sepius pu*® preconizalos, diug; et sufficienter erpectatos, et nullo modo comparentes. (f) Summaria petitio Decani et Capituli ad iv episcopos commissio- narios, in duodecim articulos: digesta, quibus ostensum est sedem archiepiscopalem per obitum bone memorie d'ni Reginaldi Cardinalis Pole nueupati ultimi Archie pi Cantuarien. nuper vacasse; decanum vero et capitulum capitulariter congregatos el plenu. Cap'l'lm facientes servatis primitus per eos de ure et d're Eccl'ie ronsueludine servandis, unanimiter et concorditer nullo eorum contradirente ad electionem futuri Archiepis- copi per viam seu forma. compromissi processisse; Matthaeum Parker hoc modo electum acceptunret approbatum fuisse; electionem coram clero et populo in ecclesia Metropolitica debito more publicatam et declaratam fuisse; omnia denique que in hujusmodi electione usi- tata forent rite ac legilime facta esse; quapropter petitum est ut eleclio cum effectu confirmaretur, ete. (&) Processus electionis à Johanne Incent nolario publico accuratis- sime ac minutissime digestus, ex quo liquet omnia facla esse iurlæ #lectionis iuzta morem preleriti temporis as statula et laudabiles consue- tudines Eccl'ie pred'ce hactenus ab anliquo in ea parte usitat. el observat. (h) Znstrumentu. super consensu D'ni electi. (i) Depositiones testiu., Johannis Baker et Willelmi Tolwyn, de eis quæ in summaria pelilione memorala erant. (k) Sc da achedula contra oppositores, pœnam contumaciæ contra oppo= sitores non comparentes eisdem fere verbis ac prima schedula decer- nens.
(1) Juramentu, de agnoscend. suprema. p'latem Regia. quo fidem suam reginæ obstrinxerat Électus. Anglice scriptum est. (m) &'a'ia Diffinitiva confirmationis. (3) RrruUM ET CEREMONIARUM ORDO 1N CONSECRATIONE REUER-andéssims D'ni Matthei Parker, Archië'pi Cantur. in Capela infra Manerium suu. de Lambehith dis d'nico viz. decimo septimo die mensis Decembris, anno D'ni mill'imo quingen® quinquagesimo nono. Ritus cum omnibus et minulis circumstantiis accurate describitur. Forma consecralionis ipsis verbis quibus prolata est Anglice refertur. (4) Mandatu. directu. Archÿno Cantuarien. ad inthronizand. dictu. dnm Archie'pum, datum Londini ultimo die Decembris 4539, quo Arel nus, ad quem id munus ex antiqua consuetudine perti- nebat, iussus estinducere, investir, installare et inthronizare Archie- 382 REVUE ANGLO-ROMAINE piscopum iam pleno iure consecratum. Nom. qualtuor episcoporim consecrantium datum est. (5) Atud mandatu. factu. p. dicti. Archidiaconu. ad effectu. p'éitu., nempe ad inthronizandum Parkerum, quod cum ipse adesse nequirel per commissionem faciendum euravit. Hoc datum est primo die Januarii, anno D'ni iuxta compulalionem Eecl'iæ Anglicanæ 1559, scilicet iuxta computationem hodiernam 1560. (6) Procuratoriu. d'ni Archis'pi ad petend. et obtinend. introniaations. Talia se habent acta de ipsius Parkeri promotione. E priore volu- mine kegistri quod restat in hos titulos dividitur : (Gi) Confirmationes et consecrationss episcoporum usque ad Edmundum Freake, Roffensem (3 et 9 Marti, 1573) inclusive, folsés 12 a — 1454. Acta vero de Edmundo Freake inferius fois 243 b — 244 b, loco hic deficiente, adimplentur. (ii) Znductiones, etc. ab Archiepiscopo per totam provinciam sedibus vacantibus intra annos 4559 — 1572 factæ; fol. 445 a — 149. (iii) Comméssiones sub eisdem annis datæ, quibuscum ordinationes memorantur (1°) usque ad 28 Mai, 4568 Antonio Huse primario regis trario. fol. 247 a — 221 a; el (2*) inde ab 2 Junii 1360, Johanne Incent hoc munere fungente, fol. 224 5 —299 b. (iv) Visitationes, fol. 301 — 339 a. (+) Inductiones in propria Archiepiscopi diœcesi sub eisdem annis factæ, fol. 340 a — MA a. N altero volumine sub eisdem quinque titulis acta memorantur usque ad Parkeri mortem. Accedit et Registrum Sedis vacantis usque dum Grindal in primatum promotus fuerit. Volumina ab initio integre fuisse, neque ex foliis post mortem Archiepiscopi religeis (id quod constat de Cranmeri Registro) compo- sita, liquet ex eis quæ de actis consecrationis Edmundi Freake supe- rius rettulimus. Hanc Registri descriptionem a viro doctissimo A. W. Haddan accu- ratissime elaboratam ex annotationibus eius in Bramhall (Works, ed. 4844, vol. ü i. p.173) desumpsimus !. Idem post annos viginti quinque de huius Registri falsandi accusatione his fere verbis disseruit (Apos- tolicat. Succession, pp. 198-9): « Falsarius eo præstigiarum pervenisse videtur, ut intra annos 4604-43 plurima documenta serie inter se connexa, per multes ambages ibimet atque omni notitiæ rerum ad amussim congruentia, primum quidem finxerit, deinde in propria tabularia Cantuariæ, Lambethæ, Londini, Cantabrigiæ, Tiguri, quo- rum ne unum quidem administrarit, nonnulla prorsus ignorarit, atque in archiva episcopalia et capitularia totius Angliæ, omnibus insciis introduxerit ; quæ omnia tam exquisita arte perfecerit, ut figmenta quæ Parkeri Registro alia alibi inseruit non modo cum ceteris actis ibidem relatis perinde ac si genuina fuissent cohærere,
{ Notandum est jtranscripto horum actorum in Op. Bramhall asp. 16161 escuso plurimos typographorum errores irrepsisse, quos in editione anni 14, quam ia manibes Babeinns, rodactor doctiselmus A. W. Haddan corrigendos cars Le dé
DE REGISTRO PARKERANO 383
sed etiam (quod mirabilius) eum alia multitudine documentorum, que ne inspicere quidem potuisset, sigillatim convenire docuerit. » Porro amovetur suspicio quin hæe acta de ipso Parkero digesta volumini quo continentur pro veris supposita fuerhl; namque, ut docet idem Haddan in Bramhall (be. eit.), totum integrum esse liquet ex hisee inter alia argumentis :
Quod istine referendæ dicentur minutiæ rerum in duodecim consecrationibus sequentibus gestarum, quarum ultimo fol. 80 & memoratur; (2) Quod scripta sunt eodem chirographo ea quæ immediate sequuntur; allera manu accesserunt in margine tituli instrumentorum ques supra cilavimus; et £rtia manu tum aliquot verba (decem ad plus) corrigenda notantur, tum paragraphi de mortibus Antonni Huse ipsiusque Parkeri (sur. n. 288) scripti fuerunt); (3) Quod pa continua adhibetur. Nihil tandem esse fatetur Lingard, quod suspicionem falsandi com probet. « Indagator peritissimus neque in ipsus actis neque in cha- racteribus litterarum neque in colore atramenti vestigium impos- ture vel minutissimum invenire potuit» (ist. Eng. vol. vi. pp. 328-9). «An vero eredere possumus auctorem huius documenti [sc. actorum de Parkeri consecratione], si adulterinum sit, narrationis {am pro- lixe fusæque periculo se commissurum fuisse, cum præsertim per brève quoddam de tempore et loco et ministris consecrationis memo- randum proposito suo suflicere potuisset? Nescire vix potuit præ linea unaquaque citra necessitatem addita fore ut falsum faciltius detegeretur. Quid amplis? Nempe laborem difficiliorem susceperat quam ut documentum simpliciter adulterinum fingeret, quippe, cum seribæ qui cetera acta ante quinquaginta annos redegis- set! chirographum aceuratius imitari deberet euius si litteris vel modico charactere discrepantes litteras adhibuisset, fraudem suam ipse prodidisset. Attamen res ita se habet; acta consecrationis eodem chirographo ac cetero, necnon atramento eiusdem coloris facturæque conscripla sunt. Contuleris omnia, nullo discrimine notata invenies. Ecqua testimonia his ampliora intrinsecus adhiberi vel concipi pote- run? » Idem in The Birmingham Cath. Mag. vol, v, pp. 174-5).
IL. Zxaminatio Objectionum.
Yeritatem Registri tam certis argumentis fulcilam adversarii ta- men impugnarunt, qui librum adulterinum esse ex eo ratiocinabant quod doctoribus ex sua parte testimonia de Parkeri consecratione ngitantibus nunquam prolatus fuisset (Bramhall, vol. ii. p. 90). Huic cavillationi suffciet ut verba Lingardi opponamus : —“ Curnam auctores protestantes Registrum regnante Elizabetha testificari de- buerunt, quo tempore controversia (velim lectores hoc animadver- tant) nondum de facto sed potius de valore consecrationis Parkeri agi-
1 Contra eos disputat qui Rogistrum a Masono post annum 4612 falsatum fase suspicabantur,
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384 REVUE ANGLO-ROMAINE tabatur? Huic vero quaestioni Kegistrum nihil facit. At regnante Jacobo, postquam rumor de ordinatione in diversorio facta inter Catholicos sparsus iam typis vulgatus erat, protestantes ad Regis- trum naturaliter recurrebant ut demonstrarent quonam modo conse- cratio confecta fuisset ” (7he Birmingham Cath. Mag. vol. v. p. A1. Ideoque Fitzherberto contra Registrum a Masono prolatum grai- dem erceptionem tantisper obtentum iri reclamante done aliquot eruditis, prudentibus, sinceris Calholicis ostenderetur, qui eodem suis oculis pelustrato et rite perpenso, de eiusdem verilnte et validitate sententiam et testimoniun ferrent , Georgius Abbot Archiepiscopus Cantuariensis, , cum haëc apud Fitzherbertum perlegisset, ut eius volo salisfaceret, illico (qua est aequilate) istos viros pontificios accersendos curavit, nempe Ma- gistrum Collintonum, quem eo tempore nonnulli arehipresbyterum indigitabant, Magistrum Laithwait, et Magistrum Faircloth, Jesuitas, et Magistrum Leakum, sacerdotem secularem ”’; et coram quatuor cpiscopis, die 12 Maï, 1614, ipsum Registrum in medium produit, atque, ‘ut oeulis diligenter perlustrarent, admonuit. ” Illi vero co- dice quantum libuit spectato contrectatoque “ ac volumine, charac- tere, argumento ceterisque rebus omnibus aceurate ac sedulo per- pensis, landem aliquando de libri veritate et validitate ferunt testi- monium, fatentes sibi quidem videri codicem omni exceptione maio- m ” (Mason, Vindie. iii. 18, p. 415) ?, Hos tamen, in carcere id lem- poris detentos, postmodum rogantes ‘ ut copia illis fieret praefalum codicem liberius aique diligentius inspiciendi, ” repulsam passos fuisse testatur Champnaeus (de Voeat, Ministr. p. 597). Qualem vero repulsam? Nempe ‘ librum illum, de rebus Ruiusmodé unicum instrumentum, ut appellamus, authenticum, rogarunt et postularunt non modo inspiciendum denuo, sed_secum deportandum et privatis scriniis manibusque credendum. Aperte candideque responsum est à reverendissimo Archiepiscopo : Adirent pro arbitrio ipsum in pro- pinquo chartophylacum, sive domum, in qua huiusmodi autographa asservantur: ibi licere illis, inspectante eustode instrumentorum, monumenta inspicere, penitusque perscrutari : libros autem ipsos sede sua dimoveri, ac privatorum eliam oplime affectorum manibus arbitrioque permitli, nefas. ” Haec Masonus (op. ci. p. M7), his in margine additis; Huic ipsorum petitioni hoc modo iam tum a se responsum probe meminit, ac hodie coram testibus fide dignis reco- lit dignissimus integerrimusque Dominus Archiepiscopus. ” Porro notatu dignum est haec testimonia adhuc vivente Archiepiscopo, id quod Le Quien negare voluit, anno 1625 id lucem prodiisse. Abbot enim diem supremum 4 Augusli 1633, obiit. (4 suivre.)
1 Fitcherbert; Appendis, n. 43. Cit. a Maesono in Vindiciis Eccl. Angl. iü. 18, D 45. 2 Conferre licet Godvin, de Præsulibus Angl., p. 353.
Le Direcleur-Gérant: FERNAND Porta.
PARIS, — IMPRIMERIE F, LEVÉ, RUE CASSETTE, 17,
SITY OF MICHIGAN a