47 ANNÉE N°9 4* FÉVRIER 1896
REVUE
ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE
Tu es Potrus, et su. per hane_petram ædificabo Ecclosiam .. et db
Mar. xv, 1819,
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SOMMAIRE
F. Poras....... Des Conférences entre catholiques et
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Rev. F.-W. Purren..
Chronique. — Correspondance
Documexrs. ... egistre de Parker. Lettre de S.S.
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DISCOURS DE LORD HALIFAX
LETTRE DE S. ÉM. LE CARDINAL RAMPOLLA
Lord Halifax poursuit sa généreuse campagne en faveur de l'union. Dans un meeting de l'English Church Union, tenu ces jours derniers à l'Hôtel de Ville de Hackney, l'illustre promo- teur du mouvement, après avoir parlé des différents sujets inscrits au programme, aborde de nouveau la question qui lui tient tant à cœur. En quelques mots pleins de foi, il secoue les nonchalances, les indécisions, et pousse les siens à sortir de la période des discours et des bons désirs pour passer dans celle des actes. . L'union ne saurait se faire sans des conférences prépara- toires, de même qu'un traité n’est jamais conclu sans des négo- ciations parfois bien longues. C'est à ces conférences que le noble orateur pousse aujourd'hui les membres de son Église. Il le fait en termes excellents, bien capables de toucher un cœur chrétien, et de nature à faire comprendre aux chefs de la com- munion anglicane que, dans le gouvernement spirituel comme dans le gouvernement politique, la profonde sagesse veut que l'on profite de toutes les occasions favorables, Si les évêques anglicans se décidaient à entrer dans cette voie, on est sûr d'avance de l'accueil qui leur serait fait. J'ajoute même que les désirs de Rome auraient prévenu leur démarche. Pour justifier cette asserlion, après avoir donné le discours de Lord Halifax, je reproduirai le texte complet d'une lettre que S. Ém. le cardinal Rampolla voulut bien m'adresser au mois de septembre 1894, en la faisant précéder, pour sa plus parfaite intelligence, de la conclusion de mon travail sur les Ordint- tions anglicanes, qu'elle vise particulièrement. REVUE ANGLO-ROMAINE. — 7. 1. — 25.
A UNIVERSITY OF MICHIGAN 386 + REVUE ANGLO-ROMAINE
. Extrait du discours de Lord Halifax, prononcé à Hackney.
«Il y a enfin, a continué Sa Seigneurie, le grand sujet de laréu- nion de la chrétienté sur lequel je vous demanderai la permission de dire quelques mots avant de terminer. La véritable question que nous ayons à nous poser est celle- Désirons-nous réellement la paix, faisons-nous tous nos efforts pour y parvenir, si éloigné que cela puisse paraître, el du moins la préparons-nous dès maintenant? Quelle est notre attitude vis-à-vis de cette vision de la paix qui fut toujours présente à l'esprit des prophètes et qui fut la solennelle el suprême recommandation de Notre Maitre. Parmi les dernières pa- roles qui tombèrent des lèvres du doyen Church, le grand doyen de Saint-Paul, le plus parfait représentant et la fleur de tout le mouve- ment d'Oxford, on cite celui-ci :« Si quelque chose est certain, c'est qu'un tempérament qui désire, qui aime et qui honore la paix, cons- titue l'essence même du caractère chrétien. Il est vrai que non seule- mentle monde, mais l'Église elle-même paraissent ne pas avoir répondu aux espérances des apôtres et persisté dans des voies d'où le Prince de la Paix était venu nous lirer ; mais bien que Dieu puisse permettre que ses desseins soient entravés par la malice de l'homme, il n'en demeure pas moins vrai que la religion du Christ est une reli- gion de paix. » Nous enrendons-nous suflisamment compte ? Consi- dérons-nous assez ce que nous pouvons faire pour promouvoir lapais, ou bien sommes-nous si absorbés parnos affaires personnelles, si at- tentifs à ce quinous concerne, si aveuglés par notre propremanièrede voir, si indifférents et si indulgents envers nos propres fautes, si eui- geants vis-à-vis des erreurs et des fautes des autres, en un mot, avons nous si peu d'amour pour N.-S. et pour les âmes, que nous soyons pleinement satisfaits de continuer ainsi notre route séparément et remettant toute pensée et tout espoir de réunion à”un avenir éloi- gné,qui pourrait se réaliser au Ciel, mais qui n'aurait aucune chance de se réaliser sur la Terre. Ce n'est pas ainsi que Dieu nous avait donné sa Paix. Il n'est pas vrai qu'il nous l'ait promise seulement pour le Ciel et non pour la Terre. Il a voulu nous la donner pour le Temps comme pour l'Éternité. N'essaierons-nous pas de hâter l'ac- complissement de sa volonté? Pourquoi ne pas nous affranchir d'habitudes prises et toutes de convention ? où trouverions-nous une plus noble et meilleure inspiration? Celui auquel personne ne conles- tera du moins ce titre de premier évêque de la chrétienté a adressé DES CONFÉRENCES ENTRE CATHOLIQUES ET ANGLICANS 387
au peuple anglais une lettre qui, d'un bout à l'autre, n'est qu'une exhortation à prier pour la paix. Que lé plus sincère désir de Léon XIII soit l'accomplissement de cette paix, qu'il soit préparé à prendre les mesures les plus hardies etles plus généreuses pour en hâler la venue, c'est ce dont personne ne peut douter; mais il & depuis longtemps dépassé le nombre d'années de vie généralement accordées aux hommes et, humainement parlant, ses jours sont désormais comptés; c'est pourquoi, si une réponse doit être faite à son appel, il faudra se hâter. Nous rendons-nous suffisamment compte combien grande est l'occasion qui survient? Peut-être une semblable occasion ne se représentera jamais, du moing pendant notre vie. On a dit que la Lettre n'avait pas été adressée aux évêques anglais. Sans doute; mais elle est adressée au peuple anglais dont les évêques sont les pasteurs. Si vraiment on désire la paix, faut-il s'arrêter à des formalités ? « Ne sommes-nous pas à une époque où il faille oublier de sem blables bagatelles? Et n'est-ce pas le devoir des évêques anglais, oubliant tout, sauf les maux qui résultent de nos malheureuses divi- sions, ne se souvenant que de la perte des âmes qui en est la consé- quence, de leur ardent désir de voir la chrétienté à nouveau réunie et considérant enfin qu'une occasion se présente de faire quelque chose pour la réalisation de cette paix qui, d'autre part, leur a été offerte, n'est-ce pas leur devoir, dis-je, que d'adresser eux-mêmes une lettre à Léon XIII ? « Pensons seulement quel serait, dans les circonstances présentes, l'effet d'une semblable lettre où ils déclareraient que, eux aussi, déplo- rent avec lui du fond de leur cœur les misérables divisions qui sépa- rent la chrétienté en plusieurs camps hostiles; qu'il n’y a rien qu'ils ne soient prêts à faire, sauf toulefois de sacrifier la vérité, pour pro- mouvoir la réunion de la chrétienté,'et qu'enfin ils répondraient avec reconnaissance à toute invitation qui leur serait adressée de considé- rer, en commun avec des théologiens nommés par le Pape,les points de divergence qui séparent l'Angleterre du reste de la chrétienté d'Occident, dans l'espoir qu'avec la grâce de Dieu on trouverait un moyen de conciliation, et que, parde semblables conférences on pré- parerait les voies pour l'éventualité d'une paix réelle? Une semblable démarche ne serait-elle pas vraiment chrétienne? Ne serait-elle pas inspirée par l'Esprit de paix et d'amour ? Quels incalculables bienfaits ne produirait-elle pas pour tous les enfants de Dieu? En taus cas, quel mal pourrait en résulter? Le Concile du Vatican n'a été qu'ajourné. Pourquoi le dernier acte de Léon XIII ne serait-il pas de rassembler ce concile, y conviant les évêques orientaux comme ceux de la Communion anglicane dans le but d'aplanir les difficultés et d'éclairer les divers points qui divisent le monde chrétien ? Comment 388 REVUE ANGLO-ROMAINE d'ailleurs, y parviendraif-on si ceux qui sont séparés refusent la discussion? Vous diles que c'est là un rêve trop beau pour être réali- sable. Mais pourquoi serait-ce un rêve? Et pourquoi irréalisable? C'est un de ces rêves qui se réalisent. Et tout ce qui s’est produit en ces derniers temps sémble avoir préparé les voies. La discussion sur la validité des ordres anglicans n'est qu'un préliminaire. Et (out serait possible si nous avions seulement la foi. Ah! prions Dieu qu'il nous donne un plus grand amour, une plus grande foi et un plus sincère désir de la paix. Ayons toujours devant les yeux cet idéal d’une chrétientée unie, et faisons en sorte que nous n'ayons jamais la honte, la confusion, le remords, d'apprendre, quand il serail trop tard, que cet idéal eût pu être réalisé si, par notre manque de foi, nous n'avions contrecarré les miséricordieux desseins de Dieu, si nous avions eu des yeux pour vnir, des oreilles pour entendre et enfin des âmes si attentives aux manifestations de la Providence qu'elles eussent dà reconnaître que son heure était venue! »
Les ordinations anglicanes, par Fernand Dalbus (Portal.
CONCLESION
Le 6 juillet 1439, en présence de Jean Paléologue, empereur d'Orient, du patriarche de Constantinople, du métropolitain de Mos- cou et de nombreux évêques accourus de l'Orient; en présence des évêques d'Occident qui avaient répondu à l'appel du chef de l'Église. Eugène IV, le successeur de Pierre prononça, dans la cathédrale de Florence, le décret d'union des Églises grecque et latine : Zælentur ali et exullet terra : sublatus est enim de medio paries, qui occidentalem orienta- lemque dividebat Ecclesiam... Gaudeat et mater Ecclesia que filios suos har- tenus invicem dissidentes, jam v'idet in unitatem pacemque redüsse... A l'occasion de notre étude sur les ordres anglicans, nous avons relu ce décret. Et notre âme, au lieu de cette joie que ressentirentles Pères du concile de Florence, n’a pu se défendre d’un profond senli- ment de tristesse; car, nous le savons tous, ce jour plein de bonheur, plus riche encore d'espérances, n'eut pas de lendemain. L'Orient releva bientôt la muraille abattue. Vinrent ensuite les novateurs du xvi° siècle qui brisèrent l'unité religieuse de l'Occident et ravirent à l'Église romaine de grandes nations et de puissantes races. De ces sectes, de ces communions diverses, les unes s'émiel- tent à travers les siècles et vont à l'impiélé, comme vont au précipice DES CONFÉRENCES ENTRE CATHOLIQUES ET ANGLICANS 389
les blocs détachés de la montagne et à l'humus les feuilles jaunies; d'autres, ayant gardé au cœur la vie sacramentelle, luttent contre les parasites qui les rongent, mais ne possèdent pas la surabondance de sève, la luxuriante végétation, aux mille fleurs blanches et pures, aux fruits empourprés, effets merveilleux de la vie divine possédée dans toute sa plénitude. L'Église de Jésus-Christ a perdu, par ces divisions criminelles, une partie de sa puissance civilisatrice, de cette influence dans le monde, dont elle aurait besoin, plus que jamais, pour achever la conquéte des peuples, et garder ses vieilles positions en pays chrétiens. . I semble pourtant que nous n'en sommes plus aux époques des guerres fratricides. Au milieu des attaques dirigées contre Notre- Seigneur Jésus-Christ, les disciples du Sauveur sentent instinctive- ment le besoin de se rapprocher pour se soutenir dans la lutte suprème qui s'engagera entre les croyants et les impies. L'Église, elle aussi, participe au vaste travail d'unification qui s'opère dans le monde et on voit, de toute part, les signes avant-coureurs d'une paix reli- gieuse prochaine. Déjà Mgr Strossmayer a pudire que l'uniondel'Église grecque et latine serait l'œuvre du xx° siècle. En Angleterre les pré- jugés tombent, l'Église établie affirme son indépendance du pouvoir civil, et le mouvement d'Oxford se continue avec une intensité extra- ordinaire dans l'intérieur de l'Église anglicane. Cette Église, pour le moins froltée de protestantisme, se nettoie vigoureusement elle-même et, par un progrès continu depuis soixante ans, revient à la pureté de la doctrine. Le terme fatal, ou plutôt, providentiel de celte évolution est Rome. Les protestants le prévoient avec terreur, beaucoup d'an- flicans le désirent, tous les catholiques, vraiment dignes de ce nom, le souhaitent, Mais quand sonnera l'heure bénie de l'union? À quel moment l'Angleterre prendra-t-elle se place — une des meilleures — dans le concert de l'unité catholique? Dieu seul le sait; il nous semble à nous que l'Église grecque ne devancera pas de beaucoup l'Église anglicane, si elle la devance. Nous devons, par nos prières et no5 œuvres, hâter le jour et le moment qui donneront à tous les chrétiens la joie éprouvée par les évêques réunis dans la cathédrale de Florence. Mais, sûrement, la question des Ordres se posera au jour des pre mières négociations; elle devra être résolue soit avant, soit imméd lement après la question doctrinale. El, si elle doit être nécessaire- ment lraitée, il vaut mieux, selon nous, la traiter avant, en vertu de ce principe élémentaire de diplomatie que lorsque deux parties adverses veulent négocier, on doit rechercher, non pas ce qui divise, mais ce qui unit, non pas les oppositions, mais les points de contact. Pour engager les discussions, il faut chercher un terrain commun sur lequel chacune des parties puisse mettre le pied sans aliéner.ses 390 REVUE ANGLO-ROMAINE prétendus droits. Or, la question des Ordres nous paraît constituer un terrain excessivement favorable pour engager des négociations sans toucher aux questions irritantes. L'Église anglicane croit avoir des ordres réels, l'Église romaine agit comme si elle n'en avait pas. Cette conduite est dictée par la pru- dence et non par la passion. Mais si les anglicans ont une si grande confiance dans la validité de leurs ordinations, pourquoi ne pas offrir d’en faire la preuve? Ils n'ont pas de droit de se confiner dans leur dignité d'insulaires et de se contenter d'affirmer la réalité de leur hiérarchie. Qu'ils le:veuillent ou non, Rome est leur centre, àRome | se trouve leur chef. Nous ne voulons pas en appeler au concile de Florence, encore moins au concile du Vatican, mais il nous sera bien permis d'invoquer l'autorité d'un anglican, M. Cobb! : « Nous croyons tous que Rome est notre Église mère, que son évêque est le Patriarche de l'Occident... Nous tenons d'elle notre vie spirituelle; la chaire primatiale de saint Augustin n'est qu'un fragment du Siège aposlo- lique de saint Grégoire. Il ne nous est pas permis de lui refuser notre amour filial, sous prétexte qu'elle a pu provoquer la colère de fille... Avons-nous jamais daigné, en lant qu'Église, indiquer par un acte quelconque que nous reconnaissions celle primauté d'hon- neur que fout le monde avoue avoir été attribuée au Siège de Rome par les canons des quatre premiers conciles? Avons-nous jamais témoigné à celui qui occupe ce siège les égards dus au Patriarche d'Occident, je dirais presque à un simple évêque chrétien? Évidem- ment non. » Si tous les anglicans sincères et instruits doivent admettre une telle doctrine, la conclusion logique est que la question des Ordres doit être soumise au Patriarche de l'Occident et portée à Rome. Le jour où les évêques anglicans feront une telle démarche, ils prouveront à la face de toute l'Église que leur désir d'union est sincère. Et ce jour- 1à, Rome les recevra comme les mères ont coutume de recevoir leurs enfants. Nous l'affirmons, parce que nous connaissons le cœur de nolre Mère l'Église, et aussi parce que nous pouvons apporter une parole bien autorisée. Mgr Cecconi, archevêque de Florence, l'éminent historien du Concile du Vatican, dit : « Tous les catholiques, et, je ne crains pas de l'af- firmer, le Saint-Siège lui-même, seraient très heureux de voir entamer une sérieuse el loyale discussion sur une matière où M. Cobb montre tant d'assurance; ce serait là un avantage précieux pour la science historique, et, ce qui vaut mieux, pour le salut des âmes, car on met- trait fin à une discussion historico-dogmatique ouverte il y a plus de
4 À few words on reunion and the coming Council at Rome. — Cité ps Mgr Cecconi : Hisloire du Concile du Vatican, t. 1, L. Il, ch. m. DES CONFÉRENCES ENTRE CATHOLIQUES ET ANGLICANS 391 trois siècles. Alors tout anglican de bonne foi, lout ministre de ce culte, ne tarderaient pas à prendre une détermination, non pas con- forme à l'opinion de ceux qui pensent comme M. Cobb, mais de tout point d'accord avec la vérité. Que les anglicans produisent donc « les preuves authentiques (documentary evidence), plus que suffisantes pour faire casser le verdict traditionnel rendu contre la validité de leurs ordinations . » Les évêques anglicans seraient donc assurés d'être parfaitement accueillis à Rome, s'ils tentaient cette démarche de tous points fort honorable pour eux. En auront-ils le courage?.... Dieu le veuille! Encore un mot. Mgr William Stubbs, l'évêque anglican d'Oxford, disait il y a quelques mois : « Une seule chose manque à nos Ordres, aux yeux des catholiques romains, l'approbation papale; avec cette approbation, tous les autres défauts seraient suppléés et sans elle rien ne saurait être complet. » El il ajoute : « Pas un des contro- versistes qui attaquent la validité de nos ordinations par loue espèce d'objections et de querelles n'accepterait la démonstration, quand même on l'établirait par de nombreux arguments ?, » Sa Grâce nous permeltra-telle de luidire le plus respeclueuse- ment possible qu'elleest tout à fait injuste dans ses appréciations? Le moindre de nos élèves en théologie sait que l'approbation papale ne touche en rien au caractère conféré par le re du sacrement de l'Ordre. Quant aux controversistes dont il est parlé, nous n'en con- naissons ancun de celte nature. Nous connaissons, au contraire, un assez grand nombre de prètres romains qui ne demandent qu'à être éclairés, leurs sympathies étant acquises d'avance à lout ce qui pourra favoriser l'union. Ces prêtres, nous pouvons l'affirmer, sont décidés à mettre en œuvre lous les moyens qui mèneront au but désiré; ils souhaitent de toute leur âme que les évêques anglicans, de leur côté, tentent sans hésitetion une démarche un peu dure à l'amour-propre, peut-être, mais qui les grandira aux yeux de la pos- térité; ils souhaitent encore vivement de les voir renoncer un jour d'un cœur joyeux à une indépendance très chère, mais opposée à la parfaite constitution de l'Église établie par Nolre-Seigneur Jésus- Christ, notre Maître et notre Dieu à tous.
1 Novembre 1893.
- Cecconi, Hist. du Con. du Vatican, loc. cit. 2 The bishop of Oxford's Second charge, 1893, p. 49. es
392 REVUE ANGLO-ROMAINE
Lettre de S. Em. le cardinal Rampolla à M: Portal, prêtre de la Missim, professeur au grand séminaire de Cahors (auteur des Ordinations an- glicanes).
Rome, 19 septembre 1894,
Révérend monsieur,
Vous avez été bien aimable de penser à m'offrir l'opuscule sur les ordinations anglicanes paru depuis peu ‘sous le nom de Fernand Dalbus,et vous avez rendu votre don d'autant plus agréable que vous l'avez accompagné de nouvelles fort intéressantes relativement à la culture théologique et aux dispositions actuelles des membres les plus remarquables de l'Église anglicane, lesquels, comme vous le dites, en faisant des vœux pour l'union soupirent avec impatience après le jour où tous ceux qui croient à la rédemption seront unis comme des frères dans une seule communion. Je suis heureux de vous dire que, malgré les graves occupations de ma charge, j'ai parcouru avec beaucoup d'intérêt ce travail, dont on a beaucoup parlé. Et je dois avouer que j'ai ressenti un grand plaisir à voir une question si délicate traitée avec une sereine impar- tialité de jugement et dans un esprit uniquement porté à faire res plendir la vérité dans la charité. Tout en m'abstenant d'entrer dans la question as are il ne m'est pas possible de ne pas approuver la conclusion de l'auteur, puisqu'elle est entièrement conforme aux sentiments exprimés il y 2 peu de temps par le Saint-Père dans sa lettre apostolique adressée aux princes et aux peuples de l'univers. Dalbus croit que le mouvement intellectuel commencé à Osford, et qui va se développant dans la communion anglicene parmi des hommes d'un esprit élevé, très érudits daus la science des antiquités chrétiennes et chercheurs loyaux du vrai, fera disparaître enfin les vieux préjugés, et, les ombres étant dissipées, ramènera à l'unité visible de l'Eglise de Jésus-Christ la fille de Rome, la noble race des Anglais, que Grégoire le Grand initia par le baptême à la vie chré- tienne et politique. Par là, le peuple anglais deviendrait complèle- ment digne des hauts destins que la Providence lui réserve. Aucun doute ne peut s'élever sur l'accueil affectueux que celle nation trouverait auprès de son antique mère et maîtresse, si ‘cel DES CONFÉRENCES ENTRE CATHOLIQUES ET ANGLICANS 393
heureux retour se produisait; car rien ne saurait égaler l'ardeur avec laquelle le Souverain Pontife qui gouverne aujourd'hui l'Eglise de Dieu, désire rétablir la paix et l'unité dans la grande famille chré- lienne,et réunir comme en un seul faisceau toutes les forces du chris- lianisme, pour les opposer efficacement au torrent d'impiété et de corruption qui déborde aujourd'hui de toute part. Certainement, Sa Sainteté n'épargnerait ni travail, ni sollicitude, ni effort pour apla- sir le chemin, pour apporter, où cela serait nécessaire, la lumière, et fortifier les volontés qui, Lout en aimant le bien qu'elles connaissent, 2e sauraient pas encore se résoudre à l'embrasser. Un échange amical d'idées et une étude plus soignée et plus appro- fondie des anciennes eroyances et pratiques du culte serait on ne peut plus utile pour préparer la voie à cette union désirée. Tout cela de- vrait se faire sans aucun mélange d'amertume el de récrimination ou
de préoccupation d'intérêt terrestre, se Lenant dans une sphère où l'on respirerait uniquement l'esprit d'humilité et de charité chrétienne avee un sincère désir de paixeL d'ardent amour pour l'œuvre immor- telle de l'Amour d'un Dieu qui pria pour que les siens fu
Que les membres de la communion anglicane aient la conviction, ive et profonde, comme elle doit l'être, que l'unité de l'Église est la volonté expresse de Jésus-Christ, que les divisions et la variété des croyances religieuses sont l'origine d'un état dechoses qui répugne à la raison et déplait à Dieu, et que ceux qui concourent à maintenir un pareil état de choses se rendent coupables devant Dieu et devant la société du plus grand bien dont ils la privent,et l'espérance du re- tour de l'Angleterre au centre unique de l'unité ne sera point vaine. «Une nation, comme dit Bossuet, une nation si savante, ne demeurera pas longtemps dans cet éblouissement : le respect qu'elle conserve pour les Pères, el ses curieuses et continuelles recherches sur l'antiquité la ramèneront à la doctrine des premiers siècles. Je croire qu'elle persiste dans la haine qu'elle a conçue contre la Chaire de Pierre, d'où elle a reçu le christianisme. » Dieu veuille que ces paroles d'un homme illustre aient été prophétiques! Et on pourrait ÿ ajouter maintenant, après deux siècles que, ci- loyens d'un pays libre, les Anglais ne peuvent pas ne pas désirer que le règne de la justice, de l'ordre et de la paix soit rétabli dans tout l'univers, et tel est justement le vœu très ardent du Souverain Pontife Léon XIII. Puisse ce vœu, accueilli avec ferveur et secondé avec sincérité, montrer l'aurore d'une renaissance reli- gieuse générale, dont la société moderne a un si grand besoin, et mettre la nation anglaise à la Lète de ce salutaire retour du monde à la vie chrétienne.
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Mél _ dé
394 REVUE ANGLO-ROMAINE
Recevez, révérend monsieur, mes remerciements pour voire gracieux envoi de la brochure, avec l'assurance de mon estime distinguée,
M. CanpiNaL RamroLLa.
Cette lettre me fut donnée à Rome même, où j'avais été ap- pelé, le 19 septembre 1894. Je ne la publiai pas alors, bien que j'y fusse autorisé, pour des raisons personnelles, et plus tard pour ces mêmes raisons je n’en ai publié qu'une partie. Ces raisons n'existent plus aujourd'hui. Il n’est pas besoin de faire remarquer l'importance de celle lettre. Je tiens cependant à signalerla phrase suivante à l'at- tention des lecteurs: « Un échange amical d'idées, et une étude plus soignée et plus approfondie des anciennes croyances et pratiques du culteserait on ne peut plus utile pour préparer la voie à cette union désirée. Tout cela devrait se faire sans aucun mélange d'amertune et de récrimination, ou de préocupation d'intérêt terrestre, se tenant dans une sphère où l'on respirerait uniquement l'esprit de pair d'ardent amour pour l'euvreimmortelle de l'Amour d'un Dieu qu pria pour que lex siens fussent tous une seule chose en lui et n'h- sita pas à cimenter cette union de tout son sang. Cet échange amicald'idées, en d'autres termes, ces conférences faites dans un esprit chrétien et sur les bases antiques de nos croyances auront lieu quand les autorités de l'Église anglicane voudront bien y consentir.
F. Porta.
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LES ORDINATIONS ANGLICANES
ET LE SACRIFICE DE LA MESSE
Quelques théologiens ont essayé de démontrer la nullité des ordi-
nations anglicanes en s'appuyant sur les modifications apportées au Prayer-Book en ce qui touche au sacrifice de la Messe. Leur argu- mentation peut, je crois, se résumer ainsi : Un sacrement est nul si le ministre a l'intention ps tive d'exclure un effet nécessaire de ce sacrement. Or, pour les ordinations anglicanes, le ministre a, ou du moins ila eu, dans le principe, l'intention positive d'exclure un effet nécessair le pouvoir de sacrifier. Done les ordinations anglicanes sont nulles.
La majeure est certaine, disent-ils, parce qu'elle implique une con-
tradiction dans l'intention du ministre : un oui el un non qui se neutra- lisent. Poser une eause, c'est vouloir ses effets nécessaires; ne pas vouloir les effets nécessaires, c'est ne pas vouloir la cause. Mais vou- loir une cause et ne pas vouloir un effet nécessaire de cette cause, dans le même acte, c'est poser une contradiction qui annule l'acte. Dans le mariage, par exemple, si les contractants ont, avec l'inten- tion de se marier, l'intention formelle positive de ne pas contracter un mariage indissoluble, le mariage est nul. La mineure se prouve par les modifications apportées au Prayer Book. Dans l'ordinal tout ce qui se rapporte au sacrifice de la messe : la porrection des instruments, ete., est supprimé. Le premier ?rayer- Book portait : La Cène du Seigneur et la Sainte Communion communé- ment appelée la Messe. Le second, celui qui est en discussion, a remplacé ce titre par celui-ci : Ordre pour l'administration de la Cène du Seigneur ou Sainte Communion. Le mot « Messe » est supprimé; on supprime également l'autel : Lorsqu'on célébrera la Sainte Cène, la Table sera dans la Nef de l'Eglise, ou dans le chœur. Ces preuves et d'autres qu'il serait facile de trouver dans l'Ordre pour l'administration de la Cène du Sei- gneur ou Sainte Communion établissent la mineure. Tous ces faits prouvent l'intention de ne pas vouloir un effet nécessaire du sacre- ment de l'Ordre, qui est de faire des prêtres doués du pouvoir de
Rs. UNIVERSITY OF MICHIGAN 396 REVUE ANGLO-ROMAINE sacrifier. Ils suffisent du moins pour permettre de présumer au for externe cette intention. De là, si, comme dans le cas rapporté par le cardinal Vaughan !, l'intention du consécrateur d'exclure un eff nécessaire du sacrement de l'Ordre est clairement manifestée, l'ordi- nation est nulle ; si l'intention n'est pas clairement manifestée, on est en droit de la présumer à cause des modifications apportées au livre officiel de l'Église d'Angleterre, et dans ce cas les ordinations angli- canes sont au moins douteuses.
11 me semble avoir donné l'objection déns toute sa force, je vais essayer d'y répondre en reprenant chaque partie de l'argument.
I
Un sacrement est nul si le ministre « l'intention positive d'erclure un effet nécessaire de ce sacrement. Voyons ce que vaut cette majeure. Citons d’abord un des maitres modernes de la Théologie : le car- dinal Franzelin. Dans son Traité de Sacramentis in genere (Thesis VU, pp. 227, 298, edit. 1873), il cite la phrase suivante du pape Inno- cent IV « Non est necesse quod baplizans sciat quid sit Ecclesia, quid bap- tismus, vel unde sit, nec quod gerat in mente facere quod facit Ecclesia: imo, si contrarium gererel in mente, scilicet non facere quod facit Ecclesia, sed tamen facit, quia formam serval, nihilominus baptizatus esl, dummollo baptizars intendat. » Puis, le Cardinal continue en ces termes : «Ex his patet aliud doctrinæ caput necessarium ad mullas difi- cultates removendas. Quando scilicet ipse effectus actionis sacramen- talis a Christo elevatus est ad rationem sacramenti, ut sacramentum est Eucharistia et legitimus contractus matrimonialis, minisler intendens hunc effectum, licet nesriat esse sacramentum vel etiamsi nolitdl sit sacramentum, non potest impedire rationem sacramenti. Sic qui vall consecrare Eucharistiam, simulque habeat intentionem expressam ut Eucharistia a se consecrata non sit sacrumentum, vel ut per cons® crationem, quam supponitur velle, non fiat sacrificium, hac sua per versa intentione nec rationem sacramenli, nec sacrificii impedil. Pariter sponsi baptizati, qui volunt verum inire contractum matrine- nialem (servatis conditionibus necessariis ad valorem contractusi, €
1 « Un ami m's assuré, il y a quelque temps, que, lorsqu'il fut ordonné comme anglicon, l'évêque préluda à l'ordination par cot avertissement: « Maintenant, À faites attention jo ne vais pas ce i, monsieur, que vous ordonner pour élre u® prêtre sacriflant, » L'avertissement pouvait être inusité, mais l'intention etla doc= rine qui y étaient contenues n'étaient-elles pas communes? Et n'y a-t-il pas aujour- d’hui des prélats anglicans qui déclareraient solennelloment qu'en ordonnantils n'ont pas l'intention de faire des prêtres sacrifiants? » (Lettre du card. Vaughan à M. I.-D. Howel) jé. ‘ici
LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 397
ipso efficiunt sacramentum eliamsi expresse vellent rationem sacramenti aludere. Ratio horum est, quia ab intentione ministri pendet quidem sum actionem, institutam a Christo ad effectionem Sacramenti, ponere mere materialiter, ita ut nullum habeat effectum, puta si proferens verba molit consecrare, et proferentes verba aut signa consensus, nolint consentire in matrimonüum ; at si adsit intentio sufficiens 44 producendum detum Eucharistie aut matrimonü, effectus positus independenter a qurvis ministri voluntate habet necessario eas omnes rationes el pro- prielates, quæ ei sunt ex Christi inslitutione in Le, »
Un trait historique montrera la signification et la force de l'asser- lion de Franzelin, et je crois que nous pourrions difficilement en diler un meilleur que celui des évêques anglais à l'époque de la Réformation. Pour que l'on en comprenne bien le sens, il est néces- siire de rappeler que l'Église d'Angleterre, dans les deux ordinaux d'Édouard VI, a marqué dans quelle intention ses rites d'ordination ont été composés et autorisés.
Voici Ja préface qui est d'ailleurs la même dans les deux ordinaux : « Manifestum est omnibus, sacram Scripturam et veteres auctores diligenter perlegentibus, extitisse in Ecclesia Christi ex Apostolorum temporibus hosce Ministrorum ordines, Episcopos, Presbyleros et Diaconos. Quæ quidem munera ita magni semper æslimabantur ut nemo propria auctoritate ullo eorum fungi auderet, nisi qui jam vocatus essel, probatus, examinatus, el eidem suslinendo par esse silis cognitus; et præterea per preces publicas cum impositione manuum ad id approbatus et admissus. Igitur, quo isli ordines in Exksia Anglicana conservari possint, et reverentia debita usurpari él æstimari, sancitum est ut nemo (nondum Episcopus, Presbyter, Diacmusve eristens) ullum eorum exsequatur nisi qui secundum rilum sequentem vocatus, probatus, examinatus et admissus fuerit. » Dans cette préface, l'Église indique clairement qu'elle ne se pro- pose pas de faire revivre un sacerdoce conforme à la sainte Écriture el qui aurait pris fin depuis longtemps. Elle se propose de continuer
un sacerdoce qui a commencé au temps même des apôtres, qui a lujours été conservé dans l'Église et qui était alors en usage en Angleterre. Ceux qui étaient évêques, prètres ou diacres à cette époque, n'eurent pas besoin d'être ordonnés de nouveau. L'intention de l'Église en en ordonnant d'autres, suivant le rite nouveau, fut d'admettre ceux qu'elle ordonnait aux différents ordres tels qu'ils crislaient alors, afin que les ordres pussent étre confinuës. Cette
préface prouve d'une manière évidente que l'intention générale de l'Église d'Angleterre exprimée ainsi ofliciellement ne dif- fère pas de l'intention de l'Église romaine. Il sera juste dès lors de raisonner pour ses ministres comme raisonne Franzelin. Il ne dépendra pas d'un évêque anglican, ou romain, d'empêcher les effets
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398 REVUE ANGLO-ROMAINE d'une cause qu'il veut premièrement. Ces effets ne dépendent pas de sa volonté, mais de celle de Notre-Seigneur. Ils sont, d'ailleurs, vir- tuellement contenus dans l'intention de vouloir la cause !. On peut cependant faire une hypothèse d'après laquelle la majeure pourrait être discutable. Si les ordres étaient conférés avec l'in- tention d'exclure tout pouvoir de sacrifier au point que le ministre, tout en gardant le rite supposé valide,ne voudrait pas donner l'ordre si ce sacrement renfermait le pouvoir de sacrifier, dans ce cas chimé- rique il pourrait y avoir controverse, Franzelin admeltrait que le sacrement n'est pas conféré. (7racf. de Sacram. in genere, p. 228.) Maïs il a soin d'ajouter : « Generatim loquendo talis exclusio efficax sacra- menti non potest locum habere nisi ex reflexa, obstinala el rarissime in animis humanis occurrente malitia. (Cf. Suarez, disp. XIII, sect. ?; de Lugo, disp. VIII, sect. 8). » Il y aurait controverse, disons-nous, parce qu'il faudrait se demander jusqu'à quel point un prètre agissant officiellement et se servant d'un rite exprimant une intention peut, par son intention privée, détruire cette intention générale et officielle. Je crois inutile de m'arrèter davantage sur ce point, parce qu'il me semble avoir établi que la majeure ne peut être admise dans son sens naturel et envisagée selon la conduite ordinaire des hommes. Quant à l'hypothèse particulière, admettant qu'elle soit sujelleà controverse, je nie qu'un fait quelconque puisse permettre de l'éta- blir pour les évêques anglicans anciens ou modernes. En tout cas l'onus probandi revient à nos adversaires. Celte preuve n'a jamais été faite. J'en viens tout de suite à la mineure, dont j'espère démontrer la complète fausseté.
Il
Or,pour les ordinalions anglicanes, la ministre a, ou du moins a eu, dans Le principe, l'intention positive d'exelure un effet nécessaire : le pouvoir de sacrifier. Telle est la mineure. Avant d'entrer dans la discussion sur les opinions et les inten- tions des évêques anglais du xvr' siècle qui furent les chefs de la Ré- forme, je désirerais appeler l'attention sur les faits et principes sui- vants : 4° Je ne cherche pas présentement à prouver que Cranmer et les autres réformateurs professaient des opinions saines ou même tolé- rables sur lesacrifice eucharistique. Je me propose seulement de dé- montrer qu'il n'y a pas lieu desupposer :1° qu'ils eurent cette inten-
4 Il est important de noter que l'argument quej iens d'exposer est bon non seulement pour les évêques anglicans moderne: cussi pour Cranmer et Bar- low et les autres évêques réformateurs du xvi® si Le
LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 399
tion bien arrêtée de refuser à ceux qu'ils ordonnèrent le pouvoir de sacrifier, et 2 que leur intention ne fut pas de ne pasles ordonner si, en les ordonnant, ils devaient nécessairement leur conférer le pou- voir de sacrifier, leur désir ayant été dans ce cas derendre non valide l'ordination dont ils accomplissaient extérieurement le rite.
- En considérant les opinions des réformateurs anglais surlaques- tion du sacrifice, on doit se rappeler queles définitions du Concile de Trente touchant cette question ne furent pas autorisées, ni promul- guées avant la 22° session du Concile, qui se tint le 17 septembre 1362, environ trois ans après la consécration de l'archevêque Parker et plus de neuf ans après la mort d'Edouard VI. Lescatholiques romains, je le pense, admettront qu'avant les délinitions du Concile il était per- mis d'avoir sur la question du sacrifice des opinions qui après la pro- mulgation des définitions eussent été regardées comme défendues. 3 Afin de bien interpréter à leur juste valeur le langage et les actes de Cranmer et de ses disciples, il est absolument nécessaire de pren- dre en considération qu'à cette époque, des opinions erronées et exagérées sur la question du sacrifice avaient cours un peu partout en Europe, et particulièrement en Angleterre. 4 Si nous voulons arriver à une conclusion équitable et véridique sur l'intention de l'Église d'Angleterre et sur la signification de ses formules liturgiques et dogmatiques, il est absolument nécessaire d'établir une distinction entre ce que Cranmer et ses disciples firent où enseignèrent en tant qu'évêques de leurs propres diocèses et ce qu'ils firent et enseignèrentlorsque, réunis en synode, ou de toute autre manière, ils parlèrent et agirent avec les autres évêques comme des législateurs et des docteurs dont les décisions engageaient à la fois toute l'Église d'Angleterre. Il n'est pas nécessaire je pense, d'expliquer le premier etle second point. En conséquence je passerai aussitôt au troisième, Au sujet des opinions erronées sur la doctrine du sacrifice, qui avaient cours en Europe et spécialement en Angleterre avant et pen- dant la Réforme, il est nécessaire, je crois,de faire des citations assez nombreuses.
Vasquez dit ! : « Nolat igitur Catharinus ? in eodem opuseulo superius citato (De cerilate incruenti sacrifici) : $ Primum igitur, duo esse genera peccatorum expianda per sacerdotium, et sacrificium : alterum est originalis pec- «ali, et eorum, quæ cum eo conjuncta sunt : et hæc vocat ipse peccata,
! Vasquez, Comment. in terl. part. S. Thom... 3, quest. 83, art. l, ch. 1v, disp. 2%, édit. Anvers, 1644, t. III, p. 529. * Catharin naquit à Sienne en 1487, entra chez les Dominicains en 1524 et se dis- ‘ingua au concile de Trente. Il occupa l'évêché de Minori en 1547, l'archevêché de Coma en 4551 et mourut en 1553 au moment où il se rendait à Rome pour ÿ être nommé cardinal,
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400 REVUE ANGLO-ROMAINE que erant sub priori testamento nempe sub veteri, juxta modum lo- quendi Pauli ad Hebræos, 1x. Alterum vero peccatorum que post Baptismum committuntur, et hæc vocal ipse peccala quæ sub novo Testamento admittuntur; et pro quovis genere suum assignat sacrifi- cium : quia putat fore ut sine suo peculiari sacrificio Sacramenta pro quovis illo genere peccatorum expiando non consisterent, sicut aitin $ Cum ergo pecrala. Pro peccato ilaque originali, et aliis cum eo con- junctis, quæ ipse vocat peccata sub priori testament, assignat Chris- tum, et Sacramentum Baptismi quod virtute illius sacrificii ea remit- tat : et quia hæe omnia reputantur {inquit) unum peccatum ratione unius originalis, a quo oriuntur, et cum quo conjuncta sunt, ideo pro illorum remissione satis fuit una ipsius oblatio, quæ nunquam esset repetenda. Atque hoc modo explicat Paulum ad Hebræos, x, cum ait : Una enim oblatione consummavit in sempiternum sanctificatos : ubi reddit causam, ob quam antiquasacrificia in dies repeterentur, sacri- ficium autem crucissemel tantum fuerit oblatum, At vero pro peccalis commissis post Baptismum pro quibus inquit, non relinqui hostiam Christi cruentam quod voluntarie committantur, juxta illud ad Hebræos, x, soluntarieenim peccantibus nobis post arceptam nolitiam veril- És, jam nonrelinguitur propeccatis hostia,nempe utipseintelligit, cruenta, que iterum repetatur, assignat sacrificium incruentum Missæ, quod ideo asserit, quotidie repeti, et iterari; quia offertur pro peceatis, quæ jam sub novo lestamento committuntur; nam cum hæc, inqui! plura sint neque ab uno originali derivata, sed singula per se eon derentur, quodlibet etiam suam expiationem sacrificii postulat, ac proinde sacrificium incruentum repetendum est pro his peccati sub novo testamento committuntur, quocirea in $ Dénigue ronsiderm- dum, addit, ad expiationem horum peccatorum non applicari nobis cruentum Christi sacrificium sed ineruentum per sacramentum Pœni- tentiæ. » : Voici un passage qu'on a attribué souventà saint Thomas et souvent aussi à Albert le Grand : « Secunda causa institutionis hujus saers- menti est Sacrilicium allaris, contra quandam quotidianam deli- torum nostrorum rapinam. Ut sicut corpus Domini semel oblalun est in cruce pro debito originali; sic offeratur jugiter pro nostri quotidianis deliclis inaltari, et habeat in hoc Ecelesia munus ad pl- candum sibi Deum super omnia legis sacramenta vel sacrificin pre- tiosum et acceptum !. » Au mois d'août 1538 ce passage fut cité dans un document présenté à Henri VIII par les ambassadeurs envoyés à la cour d'Angleterre par les princes protestants de l'Allemagne. Dans ce document le passage est attribué à saint Thomas ?,
1 ALsært LE GrawD, Serm. de Sacram. Euch.;t. XII, p. 250. Edit. Lugd. 2 Voir Collier, Ecel. Hist. vol. IV, p. 445, éd. 4840. LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 404
de citerai maintenant un autre passage de Vasquez, dans lequel il sous montre un autre aspect de la doctrine populaire pré-tridentine. Il dit: — « Recentiores nonnulli asserle docuerunt per Sacramentum Eucharistiæ quatenus est sacrificium Patri oblatum, non solum veniale, sed etiam mortale peccatum eorum, pro quibus offertur, juxta ipsorum dispositionem ex opere operato, sicut per Sacramen- lum pœnitentiæ, deleri, nempe ila ut ad hune effeclum in 6o,pro quo ofertur, sola altritio suficiat, et virtute scrifcii, sicut Sacramenti, absque alio effectu voluntatis gralia remissionis peceatorum semper proxime conferatur !. » Célait la doctrine populaire pré-tridentine qui aflligeait tellement les évèques et lesthéologiens de l'Église anglicane au xvrsiècle. Même Gardiner, évêque de Winchester et chef de ce que l'on appelait alors le parti de l'OUZ lenrning, le vieux savoir, la vieille doctrine, déplorait l'enseignement populaire sur ce sujet. Le savant historien Dixon donne en ces termes un abrégé du fa- meux sermon de l'évêque Gardiner prêché le jour de la fête de saint Pierre, 1548: « Gardiner était d'accord avec le Parlement en retenant la messe el en prescrivant la réception du Saint-Sacrement sous les deux espèces. Définissant la messe comme un sacrifice commandé à deux fins, c'est-à-dire: 4° Fortifier les âmes par le souvenir de la Passion de J.-C., et & recommander à Dieu les fidèles trépassés, il ajouta que toutes idées supplémentaires sur la messe étaient des abus qui devaient être supprimés. Il approuvait conséquemment la dissolution des «chantries», sil'on en abusait en se servantde la messe comme satisfaction pour le péché, c'est-à dire pour effacer le péché
et conduire les hommes au paradis : car, rsgw'on ajoutail à le messe une idée de satisfaction ou d'une rédemption nouvelle, on donnait à
ce sacrifice un autre but que celui pour lequel il fut institué *. » Deux ans après l'évêque Gardiner écrivit un livre intitulé Une erplication et ne assertion de la véritable foi catholique, touchant le saint Sacrement de autel; et dans ce livre on trouve le passage suivant. — « Le sacrifice quotidien, dans ce qui concerne l'action du prêtre, ne peut être appelé satisfaction; à vrai dire ce mot ne parait pas bien en place ici, quoique l'on puisse Le conserver en lui donnant une signification spéciale; je trouve donc que ce mot devrait être plutôl dislinelement expliqué que captieusement et calomnieusement perverti, et que l'expression suivante soit plutôt employée : Que l'immola- tion de Jésus-Christ une fois accomplie sur l'autel de la croix est l'unique sacrifice de satisfaction pour la réadmission de l'humanité àla faveur de Dieu. Et je n'ai pas lu que le sacri î Corps très précieux du Christ puisse être appelé une salisfaction...
! Vasquez, Op. cit., disp. 298, t. III, p. 593. ? Dixox, History of the Church of England, vol. III, pp. 263, 264. REVUE ANGLO-ROMAINE. — TL — COS|
402 REVUE ANGLO-ROMAINE Enfin l'idée que l'homme puisse oser, par une action quelconque, enter de satisfaire Dieu par voie de compensation est un blasphème insensé !, » À ce livre de Gardiner, Cranmer écrivit une réponse; et en parlant du passage cité lout à l'heure, il dit: — « Si vous n'avez pas entendu parler de messes de satisfaction, il paraît que vous connais- sez très peu les scolastiques. Æ cependant il n'y & pas si longtemps que vous auriez pu en entendre parler toutes les fois qu'on préchait le indulgences. Mais, puisque vous ignorez ces choses, lisez le livre du docteur Smith sur le sacrifice de la messe, et vos oreilles et vos yeux seront également remplis de ces blasphèmes insensés que vous avez en une phrase totalement rejetés *. » Les mots soi démontrent,je pense, que la doctrine populaire pré-tridentine, qui répugnait avec justice à Gardiner même, était prêchée constamment au peuple, surtout quand il s'agissait de trafiquer des indulgences. Il faut noler que Latimer, évêque de Worcester, préchant, le 9 juin 1536, à l'ouverture de la convocation (ou Synode provincial) de la province de Cantorbéry composée des évêques, des abbés, des doyens, des archidiacres, et des procurateurs, soit des chapitrés des cathédrales, soit du clergé des paroisses, employa ee langage: « Mes Frères... examinez bien cette question. Nos évêques el abbés, prélats et curés, ont-ils été, oui ou non, jusqu'ici des pasteurs fidèles à leurs devoirs envers leurs ouailles ? — Réfléchissez si le plus grand nombre est ce qu'il devrait être! — Allez, allez, dites-moi d'après la direction de votre conscience, n'a-l-on pas vu ceux qui, méprisant le trésor du Seigneur comme métal inférieur, et non espèce courante, frappèrent à leur guise une autre monnaie, où bien se servirent de celle qui avait été nouvellement frappée par d'autres;... quelquefois même déclamant les idées des hommes à la place de la parole de Dieu! préchant en même temps au peuple que rédemption accomplie par la mort du Christ ne doit profiter qu'à ceux qui sont morts antérieurement à son Incarnation; et que conséquemment pardon des péchés et la rédemption achetée avec de l'argent, et inventée par les hommes, est la seule eficace, et non la rédemption qui nous a été procure par le Christ,» Ce sermon fut prêché en latin, après la messe du Saint-Esprit. ll aurait élé impossible pour l'évêque d'adresser de telles paroles à un tel auditoire, si elles n'avaient pas été vraies. Évidemment, la doc- trine contraire était bien connue en Angleterre. Et il est impossible de supposer que Latimer et le Synode auquel il s'adressait profes- saient la doctrine protestante à l'égard de la sainte Eucharistie. Ce \
2 Voyez Cuaxuen, On the Lord's Supper, edit. Parker Soc., p. 361.
2 Craxuer, Op. eit., p. 362.
edit. Parker Soc., p. 36.
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LES ORDIRATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 403
Synode au contraire publia une série de dix articles, dans lesquels on trouve ce qui suit : (1) « Sous la forme el la figure de pain et de vin, que nous voyons et apercevons présentement per nos sens, est véritablement, substan- tiellement, et actuellement contenu et compris le véritablement identique Corps et Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui naquit de la Vierge Marie et souffrit sur la Croix pour notre Rédemption; et que sous la même forme de pain et de vin le véritable Corps et Sang du Christ est corporellement, véritablement, et en substance présenté, et il est reçu de tous ceux qui communient!. » (1) « I est selon le véritable ordre de la charité qu'un chrétien prie pour les âmes des trépassés et.les confie dans ses prières à la miséricorde de Dieu, et aussi qu'il fasse prier pour eux, dans des messes et des obsèques, et qu'il donne l'aumône à d'autres pour obtenir leurs prières, afin que ‘ces Ames puissent être secourues et délivrées d'une partie de leurs tourments*. » Latimer prit part à la rédaction de ces articles et les signa lors- qu'ils furent rédigés. Les articles furent également signés par lès deux archevêques, quinze évêques, vingt-neuf abbé et onze prieurs, ainsi que par les doyens, les archidiacres et les représen- tants du bas clergé. Ces articles contiennent évidemment la vraie doctrine catholique; et l'on devrait attacher une grande importance à la déclaration de l'évêque Latimer dans le sermon qu'il prêcha à l'ouverture du Synode. . 11 est clairement démontré dans ce sermon et prouvé ailleurs, comme je l'ai dit, qu'une doctrine monstrueuse touchant le Sacrifice Eucharistique avait été populairement répandue en Angleterre durant la première partie du xvi* siècle. Le trente et unième article De Unies Chrisli oblations in crucs perfecta fut rédigé exprès pour répudier cette doctrine. Dans cet article, premièrement adopté en 4553 et placé parmi les quarante-deux articles publiés cette année, et plus tard sous la reine Élisabeth replacé parmi les trente-neuf articles qui furent autorisés par les convocations des deux provinces, en 1562, l'Église anglicane parle ainsi : — « Oblatio Christi semel facta, per- fecta est redemptio, propitiatio et satisfactio pro omnibus peccalis totius mundi, tam originalibus quam actuelibus ; neque præler illam unicam est ulla alia pro peccatis expiatio : UXDE missarum sacrificis, quibus vulgo dicebatur sacerdotem offerre Christum in remissionem pœnæ, aut culpæ, pro vivis et defunctis, blasphema figmenta sunt, et perniciosæ imposturæ. » Il est parfaitement évident que le rédacteur de cet article avait en
! Burwer, History of the Reformation, edit. Pocock, vol. IV, p. 280.
2 Bumxer, Op. cil., p. 288,
404 REVUE ANGLO-ROMAINE
vue les thèses exposées dans la Confession d'Augsbourg: etla consi
dération de ces thèses fortifle l'opinion que je veux avancer, sur la
signification de cet article. —.Dans la Confession d'Augsbourg, nous
lisons ce qui suit : — « Accessit opinio, quæ auxit privatas missas in
infinitum videlicet quod Christus suâ Passione satisfeceril pro pec-
cato originis, et instituerit Missam in quà fieret oblatio pro quoti-
dianis delictis mortalibus et venialibus. Hine manavit publica opinio
quod Missa sit opus delens peccata vivorum et mortuorum ex operr
operato... De his opinionibus nostri admonuerunt, quod dissentiant
a Scriptüris Sanclis et lædant gloriam Passionis Christi. Nam Passio
Christi fuit oblatio et satisfactio non solum pro culpà originis sed
etiam pro omnibus reliquis peccalis. »
Nil'article ni la Confession d'Augsbourg n'avaient
été rédigés pour
engager ceux qui souscrivaient à ces formulaires, à une répudiation
quelronque de l'usage primitif et catholique d'offrir le Saint Sacrilier
pour les vivants et les morts, avec l'intention d'implorer pour eux ln
off
r,voic de supplication. de
par
miséricorde de Dieu, et de leur procure
telles bénédictions et consolations qui pourraient leur être salutaires.
pe DCE
Mais l'article et la Confession avaient également pour but de
répudier la doctrine monstrueuse, déjà si répandue et soutenue
par
les théologiens el les prédicateurs, qui faisait du sacrifice de
Messe une rédemption nouvelle, parallèle à la rédemption accom-
plie par Notre-Seigneur sur la Croix, et effectuant ez opere operuto
rémission de la coulpe et de la peine en faveur de ceux pour lesquels
ce sacrifice était offert. Dans l'apologie de la Confession d'Augsbuurs
citée par Bossuet, on trouve l'interprélation suivante : — « Quantä
ce qu'on nous objecle de l'oblation pour les morts, pratiquée par
les Pères, nousavouons qu'ils ont prié pour les morts, et nous n'empé-
chons pas qu'on le fasse; mais nous n'approuvons pas l'applic-
tion de la Cène de Notre-Seigneur pour les morts, en vertu de l'action
ex opere operato*. » — En considérant les paroles du XXXI° article. il
est nécessaire d'appuyer spécialement sur l'emploi du mot « Lx».
qui lie ensemble les deux parlies de l'article. L'article ne fait que
rejeter telle explication du Sacrifice de la Messe qui serait en désa-
cord avec le « perfecla redemplio, propitiatio et salisfactio pr
omnibus peccatis totius mundi, tam originalibus quam actualibus r.
accomplie par N.-S. sur la Croi
Les opinions erronées dont ces cilalions attestent l'existence
peuvent se résumer à deux points principaux :
4° Certains croyaient que le sacrifice de la Croix rachète du péché
originel ainsi que des fautes commises au temps de l'Ancien Testa-
1 Bossuxr, Histoire des Variations, liv. UI, chap. uv., Œuvres, édit. Ver-
sailles, 1816, tome XIX, pp. 204, 202. ë
LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 405
ment, tandis que le Sacrifice de la Messe rachète des péchés commis après le baptème. % Certains autres croyaient que si le Sacrifice de la Messe était offert pour une personne baptisée, vivant en état de péché mortel, mais aussi d'attrition, le Sacrifice procurait et communiquait à cette personne la grâce du pardon et de la justification, si bien qu'elle n'avait plus besoin de l'absolution dans le Sacrement de pénitence. Quelques réflexions sur chacun de ces deux poinls. 4° On adiscuté dernièrement le texte de Catharin cité par Vasquez. Faut-il lui attribuer les opinions erronées que je viens d'exposer sous mon premier chef? A propos de cette discussion, je désirerais appeler l'altention sur ce fait que Melchior Cano, qui était contem- porain de Catharin et mourut alors que Vasquez avait seulement neuf ans, se trouve être d'accord avec ce dernier dans l'exposé qu'il fait de la doctrine de Catharin. Voici ce que dit Melchior Cano : « Ex quo Ambrosii Catharini deliratio patet, peccata ante baptismum admissa per crucis sacrificium remilli, post baptismum vero omnia per sacrificium allaris !. » Cependant, dans ce même traité, Catharin s'exprime ainsi : « Hoc ergo sacrificium novum et incruentum suam habet efficaciam ab illo cruento, cujus commemoratio sit. Nam ut hoc esset, per illud obtentum est, sicut diximus. » ù Par conséquent, sous un certain rapport, Melhior Cano et Vas- quez n'ont pas donné un exposé exact de la doctrine de Catharin. Sans doute, il admit dans un certain sens que le Sacrifice dela messe et le Sacrifice de la Croix sont pour ainsi dire parallèles. 11 pense que le Sacrifice de la Croix est la source immédiate de la vertu du sacre- ment de Baptème, tandis que le Sacrifice de la messe et non le Sacri- fice de la Croix est la source immédiate de la vertu du Sacrement de Pénitence. Mais il faut observer qu'il fait du Sacrifice de la Croix le premier fondement du Sacrifice de la messe. Le chanoine Moyes, le premier, mit en évidence que l'exposé fait par Vasquez de la doctrine de Catharin n'était pas absolument exact ?. Ma propre étude m'amène à soutenir les affirmations du chanoine Moyes sur ce point. Peut-être, si j'avais le temps et l'espace, pourrais-je montrer que néanmoins on aurait le droit de faire appel à l'enseignement de Catharin en confirmation de l'opinion que la doctrine erronée résu- mée au 4° avai cours au xvi‘ siècle; mais comme ce témoignage pour- rait se discuter, je l'écarte. Toutefois celui du sermon communé- ment attribué à Albert le Grand doit être maintenu.
lib. XIl;cap. xx. — Theologiæ cursus completus, tom. 1,
Suarez, in {erliam partem S. Thomæ disp. LXXIX;
Paris, 4864.
col. 450. L'exemplaire de Lambeth
il 1552, par Ant. Bladus.
406 REVUE ANGLO-ROMAINE A propos de ce passage qui se trouve en têle d'un recueil de trente-deux sermons sur l'Eucharistie, l'abbé Vacant, professeur au grand séminaire de Nancy, a récemment écrit ce qui suit « Le premier discours contient une erreur théologique considé- rable, savoir que Jésus-Christ s'est offert sur la Croix pour le péché originel et qu'il s'offre à la messe pour les péchés actuels, erreur absolument opposée à la doctrine d'Albert le Grand, mais attribuée plus tard à Catharinus par Vasquez »-’. Dans la note d'où j'ai extrait ce passage, M. Vacant démontre très bien que lestrente-deux sèrmons nesont certainement pas d'Albert le Grand ou quesi, originairement. ilsfurent écrits par lui, ils ont subi en tous cas desallérations considé- rables. « La théorie d'Albert le Grand, dit-il, sur le sacrifice de la messe est fort caractéristique, etelle se retrouve bien marquée et bien homogène dans les trois ouvrages authentiques que nous avons cités en tête de cet article; or il n'en existe aueune trace dans les discours sur l'Eucharistie, où c'élait pourtant l'occasion de l'exploi- ter, car elle se prète bien aux développements oratoires 2.» M. Va- eant montre en outre que les sermons ne sont pas de saint Thomas d'Aquin, et je mentionne ce fait parce qu'au xvr' siècle, comme je l'ai déjà fait remarquer, eès sermons étaient très communément attribués à saint Thomas. M. Vacant donne les raisons qu'il y a de penser que, dansleur forme actuelle, ces sermons datent du xv° siècle et sont probable- ment postérieurs au Concile de Constance, Si ces sermons ne sont pas d'Albert le Grand, l'argument du chanoine Moyes ?, au moyen duquel il se persuade que le passage cité ne veut pas dire réellement ce qu'il dit en fait, tombe de lui-même. Évidemment dans ce passage on rencontre la doctrine faussement attribuée à Catha- rin par Vasquez. Nous ne savons pas quel en est l'auteur, mais celui-ci, en lous cas, ne peut pas manquer d'avoir eu une grande influence aux xv* et xvr' siècles, puisque les sermons dans lesquels il se trouve sont attribués soit à Albert le Grand, soit à saint Thomas et sont insérés encore aujourd'hui dans le plus grand nombre des édi- tions des ouvrages de ces deux docteurs. La confession d'Augsbourg. le sermon de l'évêque Latimer préché devant la convocation de Can- torbéry en 1536, le sermon de l'évêque Gardiner préché le jourjde Saint- Pierre en 1548 allestent que les opinions erronées renfermées dans le passage cité plus haut s'étaient répandues au loin. Le deuxième et le trente et unième de nos Zrenfe-neuf articles font l'un etl'autre allusion à ces opinions erronées et les répudient également. Tous
1 Hist. de la Conception du Sacrifice de la messe dans l'Eglise latine,par3- A. Vacant, p. 41. 1894. 2 Voir le Tablet des 18 et 25 mai 1895, pp. 164-166 et 804-805. 8 Voir le Tablet du 25 mai 1895, pp. 805-806.
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les catholiques instruits doivent certainement admettre que cette doc- Wine, bien qu'enseignée sous le patronage de grands noms comme saint Thomas et Albert le Grand, doit être absolument rejetée par l'Église. C'est avec raison que le chanoine Moyes! parle de celte théorie comme d’une « détestable doctrine », d'une « infâme hérésie ». Les évêques de l'Église d'Angleterre furent dans la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles pour extirper cette Lhéori Quant à savoir si les mesures employées furent bonnes et prudentes, c'est une autre affaire; mais personne ne les condamnera pour s'être opposés de tout leur pouvoir à une doctrine qui corrompait la foi catholique sur le point peut-être le plus essentiel. 2 Je passerai maintenant au second point que j'ai résumé plus haut?, Vasquez s'est exprimé ainsi: « Recentiores nonnulli PERTE DocuERCAT per Sacramentum Eucha- stiæ quatenus est sacrificium Patri oblatum, non solum veniale, sed elam mortale peccatum eorum, ‘pro quibus offertur, juxta ipsorum dispositionem ez opere opera, Sicut per sacramentum pœnitentiæ, deleri, nempe ila ut ad hune effectum in eo, pro quo offertur, sola attritio_sufliciat, et virlute sacrificii, sicut Sacramenti, absque alio effectu voluntatis gratia remissionis peccalorum semper proxime con- feratur, »
Vasquez dit plus loin que les écrivains qui « enseignaient ouverte- ment » cette doctrine avaient coutume de citer à son appui un passage de saint Thomas (in 4, distinet. 12; quæst. 2, arlic. 1, ad quartum). J'ai la conviction qu'ils avaient mal compris saint Thomas. Cepen- dant ils revendiquaient en outre comme partisans de leur manière de voir : Gabriel Biel, Albert Pighius, Franciscus Turrianus, Canisius et Gasparus Cassalius. IL est bon d'observer que Suarez * nie qu'aucun deces écrivains ait été réellement coupable d'avoir professé une si détestable erreur. J'espère que ce qu'il dit en leur faveur est vrai. lln'en demeure pas moins certain que celte doctrine fut enseignée par de ræcentiores nonnulli. Nous avons sur ce point le témoignage de Vasquez et de même celui de Suarez, car ce dernier, parlant des effets du sacrifice de l'Eucharistie s'exprime en ces termes « Inter quos effectus, primus ac præcipuus esse potest primaæ gra- le infusio, et remissio mortalis culpæ; de quo variæ fuerunt hac nostra ætate sententiæ. Prima est, hoc sacrificium immediale per se, ratione rei
! L'argament du chanoine Moyes peut se résumer ainsi, à savoir qu'Albert le ant enseigné dans plusieurs de ses écrits que la rémission des péchi après le baptéme a sa source première dans le sacrifice de la Croix, il faut lire Ia même chose dans le passage que j'ai extrait du premier des 32 sermons qui lui sont attribués. M. Vacant ayant démontré maintenant d’une manière é dente que ces sermons ne sont pas d'Albert le Grand, l'argument du chanoine Moyes tombe de lui-même. 2 Voie le Tablet du 25 mars 1895, pp. 806-807.
Suanez, Jn tert. partem, disp. LXXIX, sect. nt.
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408 REVUE ANGLO-ROMAINE oblatæ, conferre primam graliam et remissionem culpæ morlalis ez apart operato. » Ici Suarez nous dit que parmi les diverses opinions qui avaient <oûrs en son temps au sujet de l'effet du sacrifice, la première esl celte erreur même que nous considérons 1. D'ailleurs il pensa qu'il était à propos de ne pas consacrer moins de neuf pages aux divers arguments dont il se sert pour réfuter cette opinion. Nous avons encore un plus ancien témoin de l'existence de cette fausse doctrine dans la personne de Melchior Cano. Ils'exprime ainsi : « Vis sacrificii in pecealo remittendo quæritur, culpaans remillal, an pœnas; an utrasque polius et culpas el pænae. De qua re tres video sen- tentias ferri, quarum nullam probo. Unam ut oblatio sacra culpas elim morlales remittere possit aique adeo gratiam conferre. » Il mentionne ensuite deux autres opinions qu'il désapprouve et il consacre près de cinq colonnes à la réfutation de l'erreur qu'il avait mentionnée en premier lieu et dont nous nous occupons en ce moment. Pour moi je n'ai pas de doute sur ce point, à savoir que, notre trente et unième article déclarant que les : « Missarum sacrificia quibus vulgo dicbatur sacerdotem offerre Christum in romissionem pere aut culpæ, pro vivis et defunctis, blasphema figmenta sunt, el perni- ciosæ imposturæ », a élé conçu avec l'intention de condamner là misérable erreur dont nous venons de parler, que j'ai résumée au pare- graphe second, et dont l'existence est prouvée par le témoignage d'un grand nombre d'auteurs et spécialement de ces trois illustres Lhéolo- giens, Vasquez, Suarez et Mclchior Cano. Et de même n'ai-je aucun doute que les auteurs du trente et unième article, en écrivant css mots : — « Oblatio Christi semel facta perfecta esl redemplio, propi- tiatio et satisfactio pro omnibus peccalis Lotius mundi, fam originalia quam actualibus; neque prater illem unicam est ullaalia pro perealis expiatio », avaient l'intention de saper par la base « l'infame hérésies qui avait été propagée sous le patronage de noms respectés comme ceux d'Albert le Grand et de saint Thomas. Je crois avoir démontré maintenant combien fâcheuses étaient les erreurs qui avaient cours au xvi° siècle touchant le sacrifice de la Sainte Eucharistie; et je dis que l'existence de ‘ces erreurs doit être prise en considération si l'on veut juger équitablement les
1 Suarez. Op. LXXIX, sect. ur. ne 1er; app. tom. XXI, pe 120,4 Paris, 4861. Îl y a lieu aussi do citer les du cardinal Cajetan. 01 verra ainsi combien les erreurs do ce genre étaient répandues. Dans son ouvrit Quæst. el Quodl. Ven. 4531. De Celebr Miss. Quest n, tom I, fol.36, Cajetan dit: «In hoc videtur communis mullorum error quod putant hoc sacrifcium e +0 opere operato habere certum meritum vel certam satisfactionem que applialtr huic, vel ill. » “Voir aussi le plan d'un article de Missd privatd, rédigé apparemment part professeurs de théologie anglais et allemands assemblés à Londres en 1538. Craxwe, Remains and Lelters, p. 481. Edit. Paker s0c.). LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 409 actes et les paroles de Cranmer et de ses collègues et apprécier à leur juste valeur les formulaires liturgiques et dogmatiques qui furent autorisés par l'Église d'Angleterre au temps de la Réforme.
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Au point où nous en sommes, il semble bien à propos de consi: dérer quelle était le doctrine des réformateurs anglais sur le sacri- fice de l'Eucharistie. Ont-ils rejeté totalement l'idée d'un sacri- fice dans l'Eucharistie ? À cette question je donne sans hésiter une réponse négalive. En 1551, l'année qui suivit la publication du premier Ordinal &'Edouard VI, Cranmer, probablement occupé à cetle époque à préparer le second Ordinal, écrivit ce qui suit dans sa réponse à la préface de Smith: « La controverse ne porte pas sur le point de savoir si, dans la Sainte Communion, il y a sacrifice ou non (car à ce sujet le D" Smith et moi sommes d'accord avec le Concile d'Ephèse), mais s'il y a sacrifice propiliaoire ou non, et si le prêtre seul accomplit ledit sacrifice; et ce sont là les points sur lesquels nous différons. Et moi je dis de même, el autant que le dit le Concile, qu'il y a sacrifices; mais quant à dire que ce sacrifice est pro- pitiatoire pour la rémission des péchés, ou que le prêtre seul offre ce sacrifice, c'est ce que ni le Concile ni moi n'avons jamais soutenu, mais le D'Smith l'a ajouté et tiré de son cerveau frivole !. » On doit remarquer que ce fut en 1550 que les autels furent renver- sés; aussi devient-il évident, d'après le passage que nous venons de citer, que lerenversement des autels, du moins dans l'esprit de Cran- mer, n'était pas dirigé contre l'idée de sacrifice prise dans un sens général, mais contre cette idée particulière d'un sacrifice propifiaoire dans le sens qu'attachait Cranmer à cetle expression. Nous verrons tout de suite quel était le sens de ce mot. Mais premièrement il faut observer que dans sa réponse à Gardiner qui fut aussi écrite en 1551, Cranmer tient un langage en grande partie semblable: « Quant à Denis, Irénée, Tertullien et tous vos autres auteurs, je leur ai répondu dans le treizième chapitre de mon dernier livre. El qu'avez-vous besoin d'entamer une discussion sur ce point qui n'est pas controversé et que j'afirms dans tout mon dernier livre? Le point dont ils'agit, c'est celui du sacrifices propitialoire; et vous discutez sur le sacrifice d'une manière générale. »
+1 Craræn, On the Lord's Super, p. 169, edit. Parker Soc.
Caanuxs, On the Lords Supper, p. 351 ; edit. Parker 200.
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Ici, l'explication exacte donnée par Cranmer de la manière
dont il nie que le sacrifice de l'Eucharistie soit propitiatoire. Il dit dans sa réponse à Gardiner: « En défendant l'erreur papiste qui fait du sacrifice offert chaque jour par le prêtre {dans h messe un sacrifice propitiatoire, vous faites du mot propifiation un usage autrement étendu que n’en faisaient les apôtres quand ils traitaient cette question. Je déclare nettement, d'après saint Paul et saint Jean, que le Christ par sa mort est la seule propitiation de nos fautes. D'après les Ecritures, j'appelle propitiatoire un sacrifice qui calme l'indignation de Dieu envers nous, qui nous obtient le par- don pour tous nos péchés et qu est notre rachat et notre rédemption de la damnation éternelle. » Cranmer dit ensuite que Gardiner interprète faussement le mot « propiliatoire » pour défendre « le sacrifice propitiatoire des prêtres dans la messe d'après lequel ils pourraient remettre les péchés ét racheter les âmes du purgatoire. ! » On peut mettre en évidence la différence entre Cranmer et Gardiner dans l'emploi qu'ils font du mot propitintoire, en citant un passage du célèbre traité de Véron De regula Jfidei Catholicæ, traité qui reçut l'approbation officielle du clergé de France. Véron s'exprime ainsi: « Longe abestut sacrificium missæ sit propitiatorium sirut sacrifieiun crucis. Nam istud meritorium fuit redemptionis, seu remissionis peceatorum et gratiarum omnium, quæ nobis conferuntur, et omne_ merilum Chrisli in eo fuit consummatum, ef hoc sensu fuit propitiatorium: illud vero esse voluit Christus, veluti instrumentum, inquit bene Vasquez, disp. 229, cap. 2, quo meritum passionis suæ nobis applicaretur. » Quelques lignes plus loin, Véron dit encore: « Non nisi per impe- trationem hoc conferre, et proinde non nisi per impetrationem et mediate esse propiliatorium docet bene Vasquez, disp. 228, cap. 2 el 3 » ?. ILest évident que ce que Cranmer refusait d'admettre dans le sacrifice de la messe, c'est qu'il était propitiatoire dans le sens de « meritorinm remissionis peceatorum », doctrine qui est exactement celle contenue dans le passage communément attribué à Albert le Grand. Tandis que Gardiner: aflirma que le sacrifice de la messe était propi- tiatoire dans le sens de mediate propitiatorium, ou en d'autres termes qu'il réclamait de Dieu l'application des mérites de la passion du Christ. Or Cranmer ne nia jamais que la messe fût propitiatoire dans ce dernier sens. Gardiner, dans le livre auquel s'adressait la réponse de Cranmer, avait cité la discussion de Pierre Lombard sur cette question desavoir
1 Craxster, On {he Lord's Supper, p. 361 ; ed. Parker soc.
2 Vinox, De regula fidei Ca‘holicæ; cap. n, 814; Migne, Theol. Curs. comple
1; 1396.
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LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE A11
si ce que le prêtre fait à l'autel est à proprement parler un sacrifice. Pierre Lombard, d’après la citation de Gardiner s'exprime ainsi : « Post hoc quæritur, si quod gerit sacerdos proprie dicatur sacri- ficium vel immolatio, et si Christus quotidie immoletur, vel semel lntum immolatus sil. Ad hoc breviter dici potest, illud quod offer- ur et consecratur a sacerdole, vocari sacrificium et oblationem, quia memoria est et repræsentatio veri sacrificï el sanctæ immolationis factæ in ara crucis; et semel Christus mortuus in cruce est, ibique immo- latus est in semetipso, quotidie autem immolatur in sacramento, quia in sacramento recordalio fil illius, quod factum estsemel,ete. !. » Cranmer dans sa réponse à Gardiner fait bon accueil à ce passage de Pierre Lombard, comme représentant en somme sa manière de voir: « Comment est-il possible, dit-il, d'exposer plus clairement que ne l'a fait Lombard la différence qu'il y a entre le vrai sacrifice du Christ, fait sur l'autel de la Croix, qui fut la propitiation du péché, et lesacrifice accompli dans le sacrement? Car le premier il l'appelle « le vrai sacrifice », le second, seulement une commémoration ou une représentation du premier ». Puis, après avoir poursuivi la dis cus- sion de ce passage, il s'exprime ainsi : « Maintenant j'ai rendu ce point évident, à savoir que Pierre Lombard ne contredit en rien ce que j'ai dit du sacrifice, mais qu'il confirme pleinement ma doctrine, aüssi bien celle du sacrifice propitiatoire fait par le Christ seul, que celle du sacrifice commémoratif et en actions de grâce fait par les prêtres et le peuple. » J'espère avoir maintenant prouvé clairement que Cranmer ne niait aucunement que l'Eucharistie fût un sacrifice. Toujours el toujours il admet cette vérité. Ce qu'il niait, c'est que l'Eucharistie fût un sa- crifice dans le même sens que la mort de Notre-Seigneur sur la croix en estun,ou que ce sacrifice de la messe fût propitiatoire au même sens que l'est la mort de Notre-Seigneur sur la Croix. Certains objecteront peut-être que Cranmer parle du Sacrifice de la Messe comme offert par le peuple aussi bien que par le prètre; mais Cranmer n'enseigne nulle part, autant que je le sache, que le peuple offre le sacrifice sans le prêtre ou séparément de lui. Quant à ce fait que Cranmer accorde au peuple une certaine participation à l'action du sacrifice, il n’est pas probable que ce point le rende suspect aux catholiques romains. Le Canon de la messe, tel qu'on le trouve dans le Missel romain, ne fait-il pas de même ? : « Memento, Domine, famu-
1 Cramer, On the Lord's Supper, p. 357, ed. Parker soc. ; cf. Perret Lomsannt.
lib. IV Sententiarum, distinct. XII, $ 7. Patrol. lat, tom. CXCII, col. 866. Je pense moi-même quel'assertion de Pierre Lombard est insuffisante. Il semble oublier l'action sacrificatoire du Christ au Ciel, et l'action sacrificatoire corres- pondante, à la fois du Christ et de l'Eglise, dans le Sacrifice de l'Eucharistie. Et malgré cela, Pierre Lombard n'a jamais été considéré comme hérétique sur la doctrine du sacrifice de l'Eucharistie, et Cranmer doit jouir du méme traitement, aril tombo d'accord avec le Maitre des Sentences sur ce point.
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lorum femularumque tuarum N. el N., et omnium cireumstan- tium..... pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrifiium laudis, pro se, suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, » elc. De même, dans une partie antérieure de la messe, le Prêtre dit: «— Orate, fratres, ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiatapud Deum Patrem omnipotentem. » De même trouve-t-on dans saint Cyprien: « Quando in unum cum fratribus convenimus ef saerifiit divina cum Dei sacerdote celebramus, verecundiæ el disciplinæ memores esse debemus . » Et pour prendre un exemple dans le moyen âgt, Guerric d'Igniae, l'ami et le disciple de saint Bernard, s'exprime ainsi : « Neque enim credere debemus quod soli sacerdoti supra- dictæ virtutes sint necessariæ, quasi solus consecret, et sacrificet corpus Christi. Non solus sacrificat, non solus consecrat, sed lotus conven- lus fidelium qui astat, cum illo consecrat, cum illo sacrificat * » On pourrait multiplier ad infinitum ces sortes de citations. Mais il est suffisant de citer les paroles de Suarez : « De fidelibus autem concors est Catholi- corum sententia, eos esse pose offerentes in hoc sacrificio 3. » On devra observer qu'il est enjoint par les rubriques à la fois dans le premier et dans le second Prayer-Book d'Édouard VI que, dans le Sacrement de l'Eucharistie, la prière de consécration doit être dite par le prêtre. De plus, dans l'un et l'autre Ordinal d'Édouard VI, l'évêque, en rappelant à l'ordinand quelles sont les obligations atla- chées à l'office de diacre, fait une distinction marquée entre le baptême et l'Eucharistie. Au sujet du baptême, l'évêque dit: « Il appartient à la charge du diacre de bapliser et de prècher si l'évêque le lui commande » {ou « s'ily est admis par l'évêque », d'après le second Ordinal), tandis que, pour ce qui concerne l'Eucharislie, l'évêque s'exprime ainsi: « Il appartient à la charge du diacre d'assister la Prêtre. quand il administre la sainte Communion el de l'aider dans cette fonction. » Il est clair que, pour l'Eucharistie, le diacre est seulement autorisé à assister le prêtre dans l'administra- tion de ce Sacrement, tandis qu'il lui est permis, dans certaines cir- le seul ou le principal officiant dans l'administration constances, d'être du baptême. En somme, je ne pense pas qu'aucune objection sérieuse puisse être soulevée contre la doctrine de Cranmer, pour avoir dans cer- lains passages uni le peuple au prêtre en parlant de l'oblation du sacrifice. Je pense que les opinions de Cranmer peuvent être considérées comme un spécimen exact des opinions que soutenaient ‘alors les membres les plus influents du parti de la Réforme. Cependant, pour
1 Sawr Cvpr, De domimica oratione, cap. 1v. Opp. tom. 1, p. 269; edit. Hartel. 2 Gueraict lowtac, de Purif. B Mariæ Serm. v, $ 46, Patrol. Lat, cuxxxv, 81. 3 Suarez in {ertiam partem disp. Lxxvn, soct. LIL. Opp. XXI, p. 696, édit. 1861. LES ORDINATIONS ANGLICANES ET LE SACRIFICE DE LA MESSE 413
que les bases sur lesquelles j'appuierai ma conclusion ne soient pas
trop étroites, je citerai deux ou trois passages de Ridley qui fut, sans
aucun doute, le plus influent des évéques de la Réforme après Cranmer.
Dans la discussion publique qu'il soulint à Oxford six mois avant
d'être brûlé, Ridley, après avoir cité divers passages de l'Épitre aux
Hébreux, en faveur de la doctrine qui considère la mort de
Notre-Seigneur sur la croix comme le seul sacrifice propitialoire
et expiatoire, s'exprima ainsi
: « Je sais que l'on évite ces deux
passages au moyen de deux expédients sublils dont l'un est la dis-
tinction que l'on fait entre le sacrifice sanglant et le sacrifice non san-
. ant, comme si /e sacrifice non sanglant que nous avons dans l'Église était autre chose qu'un sacrifice de louange et d'actions de grâces, une commémoration, un symbole extérieur el sacramentel de ce seul sacrifice sanglant, offert une fois pour toutes sur le Calvaire ?. » Ici Ridley dit clairement que nous avons un sacrifice non sanglant dans l'Église, qu'il ne considère pas comme un sacrifice propiliatoire au sens strict du mot, mais comme un sacrifcium laudis el yratiarum actionis et aussi une commemoratio et une repræsentatio du sacrifice de la Croix. Sans aucun doute Ridley aflirme ainsi deux grandes vérités qui sont admises partous les catholiques. Au Canon de lamesse d'après le Missel romain, l'Eucharistie est appelée sucrificium laudis; j'ai déjà cité ce passage. Et Benoît XIV dit en propres termes : « Sacrificium Missar latreuticum est et eucharisticum, id est, Sacrifrium laudis et yralia- rum actionis pro acceptis benefciis?. » Et de même nôus trouvons dans saint Thomas : « Celebratio autem hujus sacramenti, sicut supra dictum est, imago quædam est repræsentativa passionis Chrisli, quæ est vera ejus immolatio. Et ideo celebratio hujus sacramenti dicitur Christi immolatio. Unde Ambrosius [ ? Chrysostomus; dicit (sup. epist. ad Heb. sup. illud cap. x. « Umbram enim», ete.) : — « In Chrislo semel oblala est hostia, ad salutem sempiternam potens; quid ergo nos? nonne per singulos dies offerimus? sed ad recordalionem mortis jus.» Par là, saint Thomas enseigne que le Sacrifice de la Messe est un symbole représentatif de la Passion, offert « ad recordationem mortis ejus ». C'est là, sans aucun doute, ce que veut dire l'évèque Ridley quand il décrit « le sacrifice non sanglant que nous avons dans l'Église » comme une commémoration, un symbole extérieur el sacramentel de ce seul sacrifice sanglant, offert une fois pour Loutes sur le Calvaire. Dans la même discussion, on demanda à Ridley : «Que répondrez- 1 Riocsv's Works, pp. 240, 214 Parker 50€. + Bexwo. XIV, de Missæ Sacrificio, Bb. II, cap. x,$ 16. Migne Theol, Curs. com- plet. om. XXII, col. 998. 3 Sum. Theol., pars tent, quest. LXXXIU, art, 1. T7
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vous à ce Concile où il est dit que le prêtre offre un sacrifice non sanglant du corps du Christ? » Il répondit : « Je pense que le Concile a bien parlé, si on sait bien le comprendre. » Son interlocuteur reprit : « Mais le sacrifice offert par le prètre est un sacrifice non sanglant. » Ridley répondit : « On l'appelle sacrifice non sanglant, et il est offert d'une certaine manière, sous forme de mystère et comme un symbole du sacrifice sanglant; et celui-là ne ment pas qui dit quele Christ est réellement offert. » de pense qu'il eston ne peut plus clair que Cranmer et Ridley croyaient réellement que dans la Sainte Eucharistie il y avait un sacrifice offert à Dieu. Il est vrai que ce furent eux, principalement parmi les évêques, qui poussèrent à la réforme de la liturgie, réforme qui retranchait certaines expressions sacrificatoires de la liturgie touchant l'Eucharistie, ainsi que la porrection des instru- ments avec les paroles qui l'accompagnaient pour l'ordination des prêtres. IL est vrai aussi qu'en 1550 ils étaient partisans de la substitution des tables aux autels. Mais ils semblent y avoir été poussés par celle idée que les termes sacrificatoires, bien que capables d'une juste explication, amenaient le peuple d'Angleterre à la notion d'une pro- piliation et d'un sacrifice indépendants pouvant prendre rang à côlé du sacrifice et de la propitiation de la Croix, de telle sorte que l'Eucharistie était considérée comme un sacrifice absolu et non comme un sacrifice relatif, comme un sacrifice apportant une nou- velle rémission de nosyfautes plutôt que tirant ses mérites de la rédemption qui nous a été value par la mort du Christ. Et sans aucun doute leurs craintes n'étaient pas sans fondement et étaient autre chose que de vaines illusions. Il n'est pas douteux non plus que l'erreur qu'ils combattaient était une détestable hérésie. Cependant il est difficile de mettre en doute que Cranmer et Ridley se permirent d'assumer une atlitude exagérée el furent très mal és dans plusieurs des mesures importantes qu'ils prirent alors. La vérité cependant m'oblige d'aller plus loin. Je ne pense pas qu'en 4550 Cranmer et Ridley croyaient à la vraie doctrine de la présence réelle du corps et du sang de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucha- ristie. F.-W. PuLoen.
(4 suivre)
Y'Rwcev's Works, p. 250,ed. Parker soc.
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CHRONIQUE
Le Rev. F.-W. Puller, l'auteur du très remarquable travail : Les ordinations anglicanes et le sacrifice de la Messe, dont nous commen- çons aujourd'hui la publication, appartient à la communauté angli- cane de Saint-Jean l'Évangéliste (Mission house, Cowley Saint-John, Oxford). Cette communauté se voue aux missions étrangères et à la prédication des retraites et des missions paroissiales. Le Rév. W. Puller est maitre des novices de la communauté. Il est très connu en Angleterre comme prédicateur, comme savant et comme apologiste de son Église. Il est l'auteur de l'ouvrage The primitive saints andthe 200 of Rome (Cf. Revue Anglo-Romaine, p. T4).
Les Trappistes à Madagascar. — Le Père Louis de Gonzague, abbé de la Trappe de Staouëli, n'a pris encore aucune décision relativement à la lettre qu'il a reçue de M. Laroche, résident général à Madagascar, et que nous avons signalée. Il a transmis celte lettre à l'abbé de Sept-Fonds, qui a sous sa direction tous les élablissements trappistes de France el d'Algérie. Il est probable que ce dernier, à son tour, en référera au Père procureur de l'ordre de la Trappe, à Rome. On voit que la solution de cette question qui semble alarmer grandement le monde radical ne parait pas prochaine,
Le Chant des femmes dans les églises. — Parmi les extraits des règlements et statuts du diocèse de Paris mentionnés dans l'Ordo pour 1896, page XIV, nous relevons le suivant : « Chant des femmes dans les églises. — D'après les règlements et l'usage constant du diocèse, conformes aux décisions répétées de la Sacrée Congrégation des Rites, il est interdit aux femmes de chanter dans les églises, soit en solo, soit avec le chœur de chant ou mal- trise ; celte règle est commune à tous les offices liturgiques eLs'étend aux messes des mariages et des convois ; toutefois, sont admis, pour les exercices du mois de Marie et à titre d'exception, les chœurs composés de jeunes filles de la confrérie de la Sainte Vierge.
Correspondance : Au Directeur de la Revue anglo-romaine. Monsieur, je vous demanderai la permission d'ajouter un seul mot de commentaire à l'article de M. Boudinhon, Primauté, Sehisme et Juridiclion. Cet article renferme une appréciation du point de vue anglican qu'il est rare de trouver en dehors de chez nous, et cepen- CRT|
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dant je ne crois pas que l'auteur ait saisi pleinement le point de vue auquel nous nous plaçons. « Les anglieans, dit-il, se représentent la véritable Église de Jésus-Christ comme une sociélé composée de plusieurs communions toutes légitimes. Ce sont : l'Église romaine, l'Église orthodoxe et enfin l'Église anglicane. » Si cela veut dire que les anglicans considèrent l'Église de Jésus- Christ commeétanten fait divisée par de regrellables malentendus, au point que ses diverses parties ne soient pas en parfaile communion entre elles, la remarque de M. Boudinhon est juste. C'est exactement la théorie anglicane, que l'on exprime quelquefois brièvement, en parlant de rois communions, ou de trois branches. Mais, si M. Bou- dintion suppose que les anglicans considèrent ces trois communions comme constituant trois parties distinctes de l'Église et concourant à sa formation par une sorte d'union fédérale, il se trompe complète ment sur notre manière de voir. Je ne dirai pas qu'il soit impossible de trouver, chez certains de nos écrivains, des expressions parais- ” sent impliquer cette idée : car il arrive souvent qu'on soit dominé par des mots d'un-usage courant au lieu de contrôler, comme on le devrait, leur signification; c'est ainsi que ceux qui parlent de #rir communions peuvent tomber facilement dan quelque inexactitude de langage et même de pensée; cela surtout chez des gens peu ferrés sur la logique comme nous le sommes en Angleterre. Maisj'oserai dire qu'il n'y a pas d'anglican instruit qui se serve des lermes Église romaine, Église anglicane, Éylise grecque dans un sens autre qu'on sens géographique, ou qui considère les Églises ainsi désignées comme autre chose que trois parties d'une seule communion, celle de l'Église catholique, bien que la parfaite communion entre elles suit présentement suspendue. J'insisle sur ce point, peut-être sans néces- sité, parce que, si j'ai bien compris ce qu’a dit M. Boudinhon, ilcom- parerait celle distinction en « communions » au schisme entre les Novatiens et les Donatistes par exemple et les catholiques. Mais les Novatiens et les Donatistes n'étaient pas au point de vue géogra- phique séparés du reste de l'Église. Novatius était un intrus schis- matique sur le siège de Rome légitimement occupé par Comelius. La position de Donat à Carthage vis-à-vis de Cæcilien était à peu près analogué. Chacun d'eux fonda une nouvelle communion séparée du reste de l'Église, en rivalité avec elle,et revendiquant la suprématie sur lout le peuple chrétien. Mais le terme Aglise anglicane est une expression purement géographique qui n'a d'autre signification que de vouloir dire qu'une partie de l'Église dans son élat d'isolement s'est développée avec un caractère, une manière d'envisager les choses et des procédés d'action qui lui sont propres. Je suis, Monsieur, elc.
UcaLÉGon.
DE REGISTRO PARKERANO MT
Cum lamen fidem huius recognilionis quidam ex adversariis de- treclare voluerint, haud otiosum erit Lingardum ilerum citare; quo iudiee, vel ea, quae illi reçortarunt, ad verilatem Registri vindican- dam planius eveniunt. “ Rev. P. Laithwaite nihil aliud aflirmare po- uit quamquod sententiam certam ferre nequieral. AL si lalia res- pondit is eui contra documentum, quod lanti sua interesset adulle- rinum evincere, opinio praeiudicatissima foret, pro certo habemus nihil in 60 fuisse quod suspiciones ingerere seu falsarii operam indi- care posset ” (Birm. Cath. Mag. v. TH). Verumenimvero a disputaloribus hodiernis communiter concessum est nec Masonum neque alium quempiam eodem tempore florentem Registrum falsare potuisse. Attamen quo fidem ei etiamnune avel- at, quidam ex eis dubium novum insinuarunt utrum ipse Liber, qui exstat, acta authentica ac contemporanea contineat. Estcourt op. cit. p. 101 segg.) ‘* cireumstantias quasdam grandem suspicionem ei inferentes ” addue it. Has circumstantias proinde aestimabimus. {a) Ac primo quidem obicit actu minutius erarata (its extreme minuleness ”). Quorsüm hace? Plane in volis erat prae rerum di mine ea quae gerebantur exactius memorare. Parkerum et confra- tres suos omnia quae necessaria essent adhiberi, idque factum omnibus innotescere voluisse liquido apparet ex verbis statuti 8 Eliz. ep. 1, quibus explanatur wniversa ad electiones confirmationes eonsecra= tiones spectantia tam exquisita diligentia, sinon erquisitiore, ac unquam an- ta, fuisse peracta, prout archive regum priorum temporibus atque ipsius Elisabethae lempore composita luculentius testarentur alque ostendereat* Quid mirum igitur, si Parker acta suaë promotionis solito exactius et fusius digerenda curavit ? 5) Item ostendit duo exslare documenta, eum extante Registro parum convenientia, quae lamen ex originali Registro transeripta fuisse dicantur; haec sunt! in Chartophylacio Publico{Zhe State Paper Of? et? apud Collegium Gorporis Christi Cantabrigiense € dono ipsius Parkeri asservala. Alqui neutrum horum 6 Reistro transeripti ftulum prae sé fert, Primum quidem prolusionem fuisse verisimile est, que Willelms Cecil, seeretario regio, euius inter cartas reperta est eximinandacommissa fuerit, antequam in ipso Registro'finaliter red geretur. Ille quidem de modo procedendi, ut supra {n. 11) rettulimus cum Parkero discussioneminierat, ideoque natum erat eum in const lium vocari quo cautius et exactius processus et factum in Registris iuxta normam legalem describerentur. Itaque si qua verborum varie- late documentum istiusmodi ab exstante Registro dissideat, nullum prorsus dubium exinde adoritur quin hoc sit originale atque authen- lieu. Alterum vero nec transeriptum est nec nisi in aliquot minutiis borum rem geslam minime attingentibus eum Registro diserepat.
1 Everything requisite and material for that purpose, hath been made and
done as perfectly, and with as great care and diligence. rather more, as ever the like was done before her Majesties’ time, as tho Records of her Majesties said Fathers and Brothers time, and also of her own time, will more plainly testify and declare (8 Eliz. c.1, » 2 and. fin.
Dom. Eliz. Oct. Dec, vol. iii REVUE ANGLO-NOMAINE. — T. 1. — 27.
riginal from UNIVERSITY OF MICHIGAN
Ms REVUE ANGLO-ROMALNE
Ut exemplum adducamus, formam consecratoriam cum impositione manuum impensam Latine refert, Acoipe Spiritum Sanctum, ele. Quod autem Estcourt (p. 403) putat hoc pro Registro originali scriptum fuisse, nemo inspectione facta credere poterit. In folio enim perga- meno lato, quod nulli volumini aplari posset, ad instar Instrument formalis redactum est, ct post consecrationem descriptam sequiur immediate Commissio pro Waltero Haddon ad praesidendum Curiae Praerogativac. Huius causa statim post consecrationem (nam W. Had- don istam commissionem mense Decembri 1839 reccpit, vide n. % nstrumentum redactum fuisse, postmodum vero penes Collegium tanquam consecrationis memoriale a Parkero depositum putamus. (Cf. n. 22 supra.) In eadem capsa continetur et aliud instrumentumde Parkeri Inthronisatione. (c) Exinde notat in exstante Registro a norma usitala insigniter variatum esse. In actis consecrationum lam Henrici VIII quam Edwardi VI tempore factarum, conslanter memoratur quod aul Archiepiscopus aut alius ab co constitutus principalis consecrator Eleclo munus consecrationis fmpendebat eumque benedirit; quae formula in actis consecrationum ab ipso Parkero faclarum rursus exhibetur, Parkeri consecrationis nullubi invenitur. Cur issa? Estcourt opinionem insinuat hoc post Bonneri actionem in Curia Regia contra Hornum {de qua n. 44) de industria factun esse quominus appareret Barlovum partes principalis consecraloris sisse. At vero ecquid inde proventurum erat? In isla actione non Se solo Barlovo agebatur. Obiectum erat nullos ex episcopis,[qui regnante Elizabetha consecrationibus inlerfuerant, legitime promo- tos fuisse. Cuinam igilur bono foret Parkero, si uno consecratore illegitimo celato quattuor illegitimos consecratores prae se ferret? Restat ut veram huius omissionis eausam paucis absolvamus. Et primo quidem necessario sequebatur ex eo quod, nullo archiepiscopo sedem metropoliticam in Anglia id temporis occupante, quattur episcopi iuxta statutum 25 Henri VIIL. c. 20 (supr. n. 40;, ad conse- crandum Parkerum nominali sunt, quibus aequo iure ministrantibus nemo prorsus erat qui singulariler mwnus consocrationts impenderel. Quocirea neque in actis caulissime digestis huiusmodi verba repe- iuntur. Drinde notandum est hunc modum procedendi allernatum nunquam antea adhibitum fuisse; nunquam! enim post latum slatu- tum defccerat archiepiscopus qui vel perse vel per delegalum mms consecrationis impenderet. Quapropter minime mirandum est nullum huiusmodi omissionis exemplum aliunde afferri posse. Cortra in Registro memorautur passim in plurali episcopi quibus munus conat- crandiArchispiscopi deleabatur, vel qui eius consecrations inservirent, vel gui eum consecraverant. Denique consecratores ipsi in mandalo suo ad inthronizandum his verbis usi sun: —‘ Munus consecrationis impeu- dimus. ”
{@) Denique documentum adducit, e MSS. Foxiisin Museo Britan- nico asservalis (anleian ASS. 449, fol. 149), quod acta consecraliv- nis in Registro extantia, cum ab éis dissonum videatur, potius sur- DE REGISTRO PARKERANO M9
replitia esse quam originalia demonstrare praetendit. Quid ergo inter haec documenta discrepantiae? Hoc potissimum, quod in Foxio haec verba leguntur; — “* Qui quidem conserrator et asvistentes manibus archie- piscopo imposilis direrunt Anglice, Take Holy Ghost, ek.. casleraque omnia descripta per quemdam libellum editum pro consecralione episcoporum aucto- rilate per parliamentum anno V et VI Edwardi VI exerwrunt;" in Registro aulem; — “ post oraliones et sufragia quaedam iucla formam libré auetoritale parliamenti editi apud deum habita C'iceslrensis, Herefor- denis, suffraganeus Bedfordensis, et Milo Coverdallus manibus archiepis- copo impositis dérerunt Anglice vis. Take the hollis gost, ele. ”. Foxium gitur cum Registro ita discrepal ut (1) Barlovum conseratorem, alios assistentes perhibeat, et (2) ritum in consecrando usurpatum Ædrar- dinum fuisse plane declaret. His innixus auctor demonstrare conatur
- Foxium ex authentico Registro transcriptum esse, *. Registrum autem illud, flagrantibus et aclione Bonneri et aliüs oppugnatorum , aut totum aut saltem ex parte fuisse renovatum, adulteratis
his locis qui vel Barlovum principalem consecratorem fuisse oslen- derent, vel foritem unde rilus derivatus esset expressius quam pru- dentius indicarent (1. «. p. 408. Quibus perpensis, de Barlovo quid respondendum sit iam antea explicavimus. De ritu autem quaeren- dum est quidnam Bonner aliique obiecerint. Nempe id solum ut ritus adhibitus legum auctoritate careret. Hoc Estcourt concedit (1. «. p. 104). At quidem nullus consecrandi ritus reformatus eis temporibus auctorilate parliamenti sancilus erat. Quorsum igitur spectasset omis- sio verborum quae nomen Edwardi referrent? Nihil inde proventurum erat. Quod restat, Foxium et Registrum de summa rerum oplime inter se congruunt, — scilicet quattuor episcopos omnes et materiam et formam consecrationis posuisse, cum non modo manus impone- rent sed etiam verba simul una pronuntiarent. Porro Foxium frans- cripti litulum nusquam sibi vindicat. Titulo quidem omnino caret, nisi quod Slrype in capite scripserit { The Conserralion of Bp Boner, Aëp Parker, els.” Verisimile est scriplorem ex Registro facta desump- sisse, quac pro suo arbitriv denuo redigeret, Barlovum, qui partes principales evidenter gessisset, conseeratorem, alios assislentes more il nuncupasse, et librum, quem usurpalum fuisse nosset, expres- sius insignisse !
1 Forsitan haec quoque de Estcourti argumentoaecedere lubebit. Cum in Foxio primum referantur extracta quaedam e Registro de Bonneri promotione, opinic- nem insinuat hoc faisse instrumentum ad Horni defensionem paratum, quo accu- satio Bonneri in ipsum actorem roicerotur, quippe qui et ipso a quattuor episco- pis iuxta 25 Hen, VIII, c. 20 non csset consecratus, medianti- bus litioris Cranmeri commissionalibus. At ista clausula piscopum consecrandum spectat, Bonner non erat archiepiscopus. Ergo haec clau- sula eius casum nequaquam attigit. De episcopo autem confirmando et conse- crando statatum expresso providebat ut Litterao patentes ‘ Archiepiscopo et Metcopolitano eiusdem Provinciae infra quam sodes pracfati cpiscopatus vacaret, si modo sedes Metropolitica ab archiepiscopo occuparetur, sin minus libet Archieplscopo intra hoc regnum vel alias sub regis ditione sedem occupant diri- gerentur ; * quibus receptis Archiepiscopo licuit commissionem ad consecrandum &ibus episcopis iure metropolitico emittere, id quod in praxi communiter fe! 420 REVUE ANGLU-ROMAINE Talia de Registro frustra cavillantur oppugnatores. Quae ut sum- marie dirimantur, animadvertendum est acla quae foliis 3—{1 de Parkeri promolione exstant evdem chirographo ac Registra Cranmeri et Cardinalis Poli seripta esse". Cranmero autem et Polo primarius registrarius erat Antonius Huse, qui et Parkero usquedum vivebal itidem inserviens, siglas sui nominis “ A. A. ” registris et Cranmeri el Parkeri aliquotiens appusuit. Unde liquide apparet Antonium Huse cadem manu, aut sua aut scribac cuiusdam officialis, haec omnia scribenda euravisse. Atqui Antonius Huse mortem obiit die 4° Junï, 4560. Ergo acta consecrationis Parkeri in Registro extantia antr illum diem iem tum digesta erant. Quid amplius? Paragraphus de morte Antonii Huse Registro additus in loco ad imem pagina vacu altera vel tertia manu, ut supra (n. 292) memoravimus, inserlus esl. Ergo textum actorum iam antea completum fuisse liquet. His claris atque apertis argumentis adversae partes quid habent obiciendum? Estcourt, Williams, ct quidam ex antiquioribus Clerv- philus Alethes* animadverterunt in Titulo Registri, quem superius (n. 287) rettulimus, verba de Antonio Huse ‘ func Registrario Prima- rio”; quocirea Registrum illo adhuc vivente redactum fuisse nolunl. At registrum Custodum Spiritualitatis, sede per mortem Card. Poli vacante, eodem ‘ Antonio Huse fre Registrario principal, "ul patet per tilulum quem supra (n. 29) perlegere licuit, accommuda- tum est. Hoc aulem authenticum et contemporaneum, id quod nemo negare conatus est, a mense Novembri anni 1538 in adie 8° De- cembris 1559 cessat. Num ergo Antonius Huse iam tum vita defunc- tus erat? Imo usque ad 1"* Junii 1560 superstes fuit. Ergo ex his verbis usitatis nullum de vcritate Registri dubium insinuari po- test. Omnibus ita perpensis pro teslalissimo habemus Registrum quod exslat, neque totum neque in parte falsatum vel adulleralum, post ipsas res gestas quac memorantur, citra semestre redactum et scrip- tum fuisse. Sane contempranea testimonia.
HI. Ercerpta 6 registro.
Huc accedent excerpla quaedam e Registre quae ad argumentum nostrum in capite primo exaratum maxime spectant. Ac primo dabi-
la testatur Sanders (De schismate Anglicano, 1. iii, p. 348) neminew reguantt Henrico VIII episcopum fuise agnitumnisi a ribus episcopis assentiete Met politano consecratus fuisset. Imo Constat antistites ad minus decem, suffragances quinque, per commissiones a Cranmero datas post latum statutum adhuc regnante Henrico fuisse promotos. (Stubbs, Registrum Sacrum Anglicanum, pp. 1-8 Itaque cum nibil huiusmodi Bonnero obici potuerit, Escourti argumentum er#
de litteras certifcatorias Bibliothecarii Lambothani et historici eminentis
simi Joh. Ric, Greon, qui archicpiscopo a libris honorarius erat, die 8° Novembris 4869 datas, ettypis editas in Lee, Validity of lhe Holy Orders, etc., p. 429. 2 Estcourt, op. cit, p. 108; Williams, Letters on Anglican Orders, p. 84; Clerr- philus Aleues, Hemarks upon F. le Courayers Book. elc., p.125. DE REGISTRO PARKERANO Au
mus Processum electionis (ef. n. 415), dinde Literas patentes de Par- kero confirmando, quas nn. 41—48 traclavimus, postremo autem ea quae de ipsa Consecratione narrantur.
A.
Proressus electionis.
EXCELLENTISSIME SERENISSIME, et Inuiclissime jin Xpo. Prin- cipi, et d'ne n're, d'ne Elizabethe Dei gr'a Anglie, flrancie, et Hiber- nie Regine, lidei defens. ete., Vestri humiles el deuoti Subditi Ni- cholaus Wotton viriusq; luris Doctor, decanus eccl'ie cath. et Metro- politice Xpi. Cantuarien., ‘el eiusdem eccl'ie CapTlm., omnimodas ob'iam, fidem, et Subiectionem, gra'm perpetuam et felicitatem in eo per quem reges regnant et principes dominantur. AD vestre Serenissime Regie Maiestatis Noticia. deducimus et deduci volumus per p'ntes Q'd vacante nuper Side Archie'pali Cantuarien. predict. per obitum bone memorie R'#* in Xpo. p'ris et d'ni, d'ni Reginaldi Pole Cardinalis, vitimi et immediati Archiepresulis el pastoris eius- dem, Nos decanus et Cap't'lm. antedict. habita prius L'nia v're excel- lentissime Maiestatis, ne eadem eccl'ia cath'is et Metropolilica per sua. diutina. vacationem grauia pateretur Incommoda, ad electionem futuri Archie’pi et pasloris eiusdem procedere volentes, vicesimo secundo die mensis lulij vllimi preterit. in domo n'ra Cap l'lari ecel'ic memorate cap'llariter congregati et Cap'tlm. ib'm facientes diem Martis viz. primu. Diem p'ntismensis Augusli, ac hor. nona. et deci- mam ante meridiem eiusdem dici, ae domu. Cap'llarem predict. cum Continuatione et prorogatione Dierum el hor. exlune sequen. et Locorum (si oporteat) in ea parte fiend, nobismetip'is lune ib'm p'atibus, etalijs einsdem eccl'ie Canonicis et prebendarijs absentibus lus, voces, aul Interesse in electione fuluri Archie'pi eccl'ie memo- rate habentibus seu habere pretendentibus ad electionem futuri Archie'pi et pastoris prefate eccl'ic (diuina fauente Clementia) cele- brand. pro Termino et Loco competen. prefiximus et assignauimus, Ad quos quidem diem hor. et domu, Cap't'larem an'dicl. omnes el sing'los Canonicos pred'ce eccl'ie us, voces, aut Interesse in h'm'oi electione et electionis negocio habentes in Specie, ceterosq; omnes alios et sing'los {Si qui essent) qui de lure seu Consuetudine in hac parte lus et interesse habere pretenderent in genere, ad proccdend. el procedi vidend. nobiscum in eodem electionis negocio, ac in omni bus et sing'lis Actis vsq; ad finalem expedic'o'em ciusdem, iuxla morem anliquu. et laudabile. Consuetudine. sccl'ie pred'ce in hac parte ab Antiquo visitat. et inconcusse observa. l'lime et peremp- torie, citandos, et euocandos, el monendos fore decreuimus, et in ca parte l'ras Citatorias fieri in forma efMicaci valida, et assuela, fecimus, Nec non p'tatem et Mandatum dil'co nobis in Xpo. Nicholao Simpson in ea parle commisimus, Cum intimatione, Quod siue ip'i sie citali in h'mo'i electionis negocio die hor. et Loco pred'eis comparuerint 422 REVUE ANGLO-ROMAINE
siue non, Nos nihilominus in eodem negociu procederemus et proce- dere intenderemus, ip'orum citatorum ab'ia siue Contumacia in aliquo non obstan. QUO quidem die Martis viz. primo die mensis Augusti adueniente, inter horas prius assignatas, Nos decanus el Cap'lm. an'dict. (Campana ad Capllm. celebrand. primius pulsata domum Cap{larem eccl'ie cath'is pred'ce ingressi et Cap'tlm. ibm celebrantes, in Dilecti nobis in Xpo. lohannis Incent Nolarij pu” ac Testium inferius no'ï'atorum p'ntijs, L'niam v're Serenissime Regie Mat supradict., Necnon l'ras Cilatorias de quibus supra fit Mentio, vnacu. Cerlificalorio super executione earundem per Nicholau. Simpson Mandatarium n'rum an'd'cum, coram nobis tune et ibm introductas el exhibitas pu° perlegi fecimus, Quarum quidem L'nie, l'rarum Citatoriarum, et Certificatorij Tenores de verbo ad verbum sequuntur et sunt tales, — ELIZABETH Dei gr'a Anglie, ffrancie, et Hibernie Regina. ffidei Defens. etc. Delectis nobis in Xpo. Decano et Cap't'lo eccl'ie Metropolitice Cantuar. Salutem. Et parte v’ra nobis esl humil'r Supplicatum, Vieum eccl'ia predicta, per mortem naturs- lem Reuerendissimi in Xpo. patris et d'ni, d'ni Reginaldi Pole, Car- dinalis vltimi Archie'pi eiusdem iam vacat, et pastoris sit Solalio destituta, alium vobis eligend. in Archiepum et pastorem, L' n’ram fundatoriam, vobis concedere dignaremur, Nos precibus v' in hac parte fauorabil'r inclinati, L'niam illam vobis duximus conce- dend., Rogantes, Q'd talem vobis eligalis in Archie'pum et pastorem qui deo deuotus nobisq; et Regno n'ro vtilis et fidelis existal. In euius Rei Testimonium has l'ras [n'ras] fieri fecimus patentes, Teste meip'a apud Westm. decimo oclauo die lulij, Anno Regni n'ri primo. NICHOLAUS WOTTON vtriusq; luris Doctor, decanus eecl'ie calh'is et Metropolitice Xpi. Cant. et eiusdem eccl'ie Cap'l'1m., Dilecto nobis in Xpo. Nicholao Simpson cl'ico Sal'tm. Cum Sedes Archie Cantur. predict. per obitum Reuerendissimi in Xpo. p'ris et d'i, d'ni Reginaldi Pole Cardinalis vllimi Archie'pi eiusdem iam vacat, el Archiepresulis siue Pastoris Solatio destituta existit, Nos decanns el Cap'tlm. predict. in Domo Cap'l'lari ecel'ie anted'ce die subscripl. atq; ad effectum infrascriptum, (L'nia Regia primitus habits et obtenta) Cap'l'lariter congregati et Cap'tlm facien., ne Archie'palus predict. sue vacationis diutius deploraret Incommoda, nobismeüpis pro tune p'ntibus, Ac omnibus alijs Canonicis eiusdem eccl'ie tunc absentibus, lus et voces in electione futuri Archie'pi eiusdem eccl'it habentibus, diem Martis vi. primum Diem prox. sequentis Mensis Augusti ac hor. nonam et decimam ante meridiem eiusdem diei, ët domum Cap'tlarem prediet. cum Continuatione et prorogatione die- rum et horarum extune sequen. (Si oporteat) in ea parte flenda, ad electionem futuri Archic'pi prefate eccl'ie (deo fauente) celebrand.. pro Termino et Loco competen. prefiximus et assignauimus, Necoun ad diem, hor. et locum predict. omnes et sing'los ip'ius ecel'ie calh's et Metropolitice Xpi. Cantuar. Canonicos et prebendarios tam pales quam ab'entes Jus et voce: h'mo’i electione et electionis negociv h'entes, ad faciend. exercend. et expediend. omnia et Sing'la qu DE REGISTRO PARKERANO 423
sirea electionem h’mo' ea parte n'cc'ria fuerint, seu de Jure aut Consuetudine eccl'ie pred’ce vel huius incliti Regni Anglie Statul qu'mo'l't requisita, vsq; ad finalem eiusdem negotij expedic'o'em inclusiue, per Citation. l'ras siue Schedulus in Stallis Prebendarum suar. iuxta morem preterili Temporis ac Slatuta et laudabiles Con- suetudines ecel'ie pred’ce hactenus ab antiquo in ea parte vsitat. el ubservat. afligend., et ibm dimittend. peremptorie citandos et mo- nendos fore decreuimus lusticia mediante, Tibi ig'r commiltimus et wandamus Tenore p'atium, Qualenus ciles seu citari facias peremp- trie omnes et Sing'los prefale eccl'ie cath'is et Melropolitice Xpi. Cant. Canonicos prebendatos in Slallis corum in Choro eiusdem ecel'ie (Citation. l'ris et Schedulis in ip'is Slallis puce affixis et ibm dimissis) Quos nos etiam Tenore p'atium sic citamus, Q'd compareant et euru. Quilibet compareat, coram nobis pred'eo primo die mensis Augusti, in Domo Cap't'lari pred'ca, ct inter hor. nonam et decima. ante meridiem eiusdem Diei, eum Contiñuatione et prorogatione Vierum et horarum extune Sequentinm (Si opurleat) in ea parte fend. in prefate eleclionis negocio, et in sing'lis Aclis eiusdem, vsq; ad finalem d'ci Negocij expedic'o'em inclusiue fiend., l'lime proces- sur. et procedi visur, Ceteraq; omnia el sing'lu alia factur. subitur. étauditur, que h'mo'i electionis negocij Natura et Qualitas, de se exigunt etrequirunt, Intimando nihilominus citatis pred'cis omnibus et Sing'lis harum Serie, Q'd siue ip'i iuxta efectum Citationis h'mo'i die, hor. et loco pred'cis nobiscum comparuerint siue non, Nos la- men eisdem die hor. ét loco in dict. electionis negocio, vsq; ad fina- lem expedic'o'em eiusdem inclusiue procedemus, prout de lure et Consuetudine fuerit, procedend., eorum sic citatorum absentijs siue Contumacijs in aliquo non obstan. Et quid in premissis feceritis, Nos dictis die hor. et loco debite cerlificare cures vnacu. p'atibus. Dat. in Domo n'ra Cap't'lari vicesimo sccundo die mensis lulij Anno d'ai Mill'imo, Quingen®, Quinquagesimo Nono. VENERABILIBUS et eximijs viris mag'ris Nicholao Wolton utriusq; luris Doctori, decano eæcl'ie cath’ et Metropolitice Xpi. Cantuarien. et eiusdem eccl'ie Capo, Vester humilis etdenotus, Nicholaus Simpson cl'icus, vester ad Infrascripta Mandatarius rite et l'time deputalus, omni'odas Reueren. et ob'iam. cum obsequij exhibitione, tantis viris debit. Mandatum v'rum Reuerendum p'ntibus annex. xxij° die mensis Iulij vltimi preteriti humil'r. recepi exequend., Cuius auc'te el vigore, d'co xxij' die lulij per affixionem d'ci v'ri Mandat in Stallo v'ri pre- fali d'ni decani infra Chorum eiusdem eccl'ie cath'is et Metropolitice, atq; per affixionem Citationum Schedularu. in sing'lis Stallis Cano- nicoram et prebendariorum d'ce eccl'ie iuxta vim, forma. et effectum Mandati vri Citatorij h'mo'i pu‘ affixarum, et ib'm dimissarum omnes et sing'los Canonicos Prebendas in d'ea eccl'ia obtinentes, in dlectione futuri Archie'pi eiusdem cccl'ie, lus, voces, et Interesse Wentes, aut habere pretendentes p'emptorie citari feci, Q'd compare- rent et eorum Quilibet compareret coram vubis, die, hor. et Loco in Mandato Vro Reuerendo predicto specificatis vnacum Continuatione 424 MEVUE ANGLO-ROMAINE
procedi visur. vsq: ad “nelem expediionem siusd.L'indasie Vie riusq; factur. in ea parte quod Tenor et ell'eus d'ei v'ri Mandati de se exigunt et requirunt, Inlimando insuper, et intimari feci, eisdem sic citatis, Q'd siue ip'i dictis die, ho. et loco vobiscum comparae-
nuatione, et prorogatione dierum et horaru. h'mo'i, extunc sequen., iuxta Juris Exigentiam et preterili Temporis Obseruantia. in h'moi electionis negocio procedere intenditis, ip'orum Citatorum Contume- cia ab'iaq; siue Negligentia in aliquo non obstan. Et sic Mandat. v'rum pred'eum in forma mihi demandata, debite exequi feci el cau- saui. Nora vero el cognoï'a pred'corum Canonicorum {vL premit- litur) citatorum inferius deseribuntur, In cuius Rei Testimoninm Sigillum venerabilisviri Officialis d'ni Arch'ni Cent. p'atibus apponi procuraui. Et nos Officialis antedictus ad Sp'ialem Rogatum d'ei Cer- tificanlis Sigillu. n'rum h'mo'i p'aibus apposuimus: dat. quoad Sigilli Appensionem primo die mensis Augusti Anno d'ni Mill'ime Quingene, Quinquagesimo, Nono. Mr. lohes Milles, Mr. Arthurus Sentleger, Mr. Hugo Turnebull, Mr. Richardus flawcet, Mr. Rad'us Jackson, Mr. Robertus Collins, Mr. loh'es Knight, Mr. Will'mus Dar- rell, Mr. Thomas Wood, Mr, Nicholaus Harpesfeld, M. loh'es Butler. QUIBUS omnibus et Sing lis premissis sic gestis el 'expedi
electione et electionis negocio habentibus seu habere pretendentibus l'time et peremptorie ad eosdem diem, hor. et Locum citalis ad foras d'ee Domus Cap l'laris pu‘® preconizatis Comparentibus p'sonalr va um d'eo decano, mag'ris loh'e Milles, Arthuro Senlleger, mo Darrell, el loh'e Butler, prefate eccl'ie cath. et Metropoliti Xpi. Cantuar. Canonicis et Prebendurijs Nos decanus et Cap'tim. antedict. sie cap'llariter congregat. preno'i'atum Loh'em Incent Nota- rium publieum in Aclorum Scribam electionis pred'ce assumpsimus, Necnon mag'rum Ioh'em Armerar cl'icum et Gilbertum Hide gener. in Testes eiusdem electionis negocij et agendorum in codem p's0- nal'rtune p'nteselegimus, el eos rogauimus nobiscum ib'm remanere. Et mox Nos Nicholaus Wotton decanus an'dict. de Consensu d'eorum Canonicoru. el Prebendariorum predict. tune p'ntiu: h'mo'i elec- tionis negocio procedentes, omnes el sing'los alios Canonicos et Prebendarios, ad eosdem Diem, hor. et locu. citatos, put alta vore uLsupra preconizalos, diu expectatos, et nullo modo comparentes pronunciauimus Contumaces, et in pena. Contumaciaru. suarum h'mo'i, ad vlleriora ‘in d'eo electionis negôcio procedend. fore de- creuimus, eorum ab'ia sie Contumacia in aliquo non obstante — in Scriptis per nos sub h'mo'i verborum tenore leclis. IN DEI NOTE AMEN Nos Nicholaus Wolton vtriusq; luris Doctor, decanus eccl'ie cath'is el Metropolitice Xpi. Canluaricn. de vnanimi Assensu et Con- sensu Cap'{'li eiusdem eccl'ie omnes el sing'los Canonicos el Pre: DE REGISTRO PARKERANO 425
bendarios eecl'ie memorate ad diem et locum ad procedend. in negocio electionis futuri Archie’pi et pastoris eccl'ie cath. predicte iuxia morem preteriti Temporis in eadem eccl'ia vsitat. et observat., l'üme et peremptorie citatos, pu® preconizatos din viz. in hor. locum et Tempus rite assignat. expectatos, et nullo modo comparentes pro- nunciamus Contumaces, et in pena. Contumaciarum suarum h’mo eteorum cuiuslibet decernimus Jus et p'atem procedend, in h'mo electionis negocio ad alios Canonicos comparentes spectare et perti- mere, et ad vlteriora in eodem electionis negocio procedend. fore iporum citatorum et non Comparentium ab'ia siue. Contumac aliquo non obstante. HIJS EXPEDITIS Nos Nicholaus Wotton decanus antedictus de consimilibus consensu, assensu, el voluntate eorundem Canonicorum et Prebendariorum tune p'atium, quasdam Monitionem et proteslationem in Seriplis simul redact. el concept. fecimus et pu” legebamus tune et ibm sub h'mo'i sequitur verborum tenore. INDEI NOTE AMEN Nos Nicholaus Wotton vtriusq; luris doctor, decanus eeel'ie cath. el Metropolitice Xpi. Cantuarien, vice n’ra, ac vice et no’ÿe omniu. et Sing'lorum Canonicorum et Confratrvm n’ro- run hic jam p'atium monemus omnes et Sing'los Suspensos, exco’ calos, et interdictos (Si qui forsan inter nos hic iam sinl) qui de lure seu Consuetudine aut quauis alia occasione, seu causa, in p'nti elec- lionis negocio interesse non debent, Q'd de hac domo Cap'l'Iari sta- lim jam recedant, ae nos et alios de p'nti Cap'tlo, ad quos lus et p’las eligendi pertinet libere eligere permiltant, protestando o’ibus via modo et Juris forma melioribus et efficacioribus quibus melius et éficatius possumus et debemus no'i’e n'ro ac vice et no'ï'e o'ium et singlorum Canonicorum, Prebendariorum, et confratrum n'rorum prediet. hic iam p'ntium, Q'd non est n’ra nec eorum voluntas lales admittere tanq; lus, voces, et Interesse in h'mo'i electione habentes, aut procedere vel eligere cum eisdem, Immo volumus et volunt qu'd voces Taliu. (Si que postmodu. reperiantur) quod absit, in h'mo'i cleelione interuenisse, nulli prestent auxiliu., nec afferant alicui nocumentum, Sed prorsus pro non receptis, et non habitis nullisq; elinualidis penitus et omnino habeantur et censeantur, Canonicos xero omnes p'ntes pro pleno Cap'{lo eccl'ie pred'ce habendos et cen- sendos fore debere pronu'eiamus el declaramus in hiis Scripti: CONSEQUENTER vero declarat. pu per nos Nicholau. Wotton an- led'eum decanu. Capllo (Quia propter diuersas ete.) Expositisq : per nos Tribus modis electionis, Cunctisq; Canonicis tune p'ntibus pu* percontatis, secundu. quem modn. sine quam viam fillarum lrium in d'eo Cap't'lo (Quia propter diuersas ele.) comprehensarum
electionis negocio procedere voluerint, Nos decanus et
L. de et super forma electionis h'mo’i, ac per quam
na. fuerit nobis procedend. ad electionem futuri
Archie’pi ecel'ie cath'is et Metropolitice Xpi. Cantuarien. predict. diligenter tractauimus, et landem nobis decano et Canonicis antedi
(st prefertur) tune ib'm p'atibus, et Caplm. in ea parte faci visum est et placuit nobis decano, ac omnibus et sing'lis suprad'cis,
UNIVERS
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nullo n'rum discrepante seu contradicente per viam seu formam Compromissi in h'mo'i eleclionis negocio procedere, ac tunc et ibm in Venerabilem virum mag'rum Nicholau. Wotton decanu. anted'eum sub certis expressalis Legibus et Conditionibus, Ita q'd d'eus Cum- promissarius priusq'; e domo Cap'L'lari predicl. recederet, et ante- quam Cap'tlm. h'mo'i solueretur, vnum virum idoneum in Archie- pum et pastorem eccl'ie memorate eligeret compromisimus, Promit- tentes nos bona fide illum acceptatur. in nrum el d'cæ ecclie Archie'pum, quem ip'e Compromissarius sub modo et forma preno- ‘ tatis duxerit eligend. et prouidend. HIISQ; in hunc modum dispositis prefatus mag'r Nicholaus Wotton Compromissarius anted'cus, Onus Compromissi h'mo'i in Se acceptans, Vota sua in Venerabilem virum mag'rum Mattheum Parker Sacre Theologie Professorem iuxta el secundu. p'latem sibi in hac parte factam el concessam ac Compro- missionem pred'cam direxit, Ip'umque in Archie'pum et pastorem eiusdem eccl'ie elegil, et eccl'ie pred'ce de eodem prouidebat, prout in Schedula Tenorem et forma. Compromissi electionis et prouisionis predict. conlin., per eundem mag'rum Nicholau. Wotton pu lecl. (Cuius tenor de verbo in verbum sequitur) dilucidius continetur. IN DEI NO'TE AMEN. Cum vacante nuper Sede Archie’pali Cantuar. per obitum bone memorie Reuerendissimi in Xpo. p'ris D'ni Reginaldi Pole Cardinalis vltimi Archie'pi et pastoris eiusdem vocatis el l'lime premonitis ad elcctionem futuri Archiepresulis d'ce Sedis omnibus el Sing'lis, qui de lure vel Consuetudine d'ce eccl'ie ad electionem h'mo'i fuerint euocandi ac omnibus qui debuerint aut potuerint h'mo'i electionis negocio commode interesse, in Domo Capl'lari an- tefacte eccl'ie, Termino ad d'cam electionem celebrand. prefixo el assignato, p'ntibus et capllariter congregalis, placueril Decano, omnibusq; et Sing'lis ciusdem eccl'ie Cap{li nemine contradicente vel discrepante, per via. seu formam Compromissi, de futuro Sedis predict. Archie'po prouidere, ac mihi Nicholao Wotton ecel'ie cath'is et Metropolitice Xpi. Cantuar. predicte decano, lus et vocem in h'mo'i electionis negocio habenli, Compromissario in hac parte special" el l'time electo plenam et liberam dederint et concesserint, p'latem. auc'iem, et mandatu. Speciale die isto antequam ab hac dome Cap't'lari recederem, ac recederent, et Cap t'lo durante, p'sona. habi- lem et idoneam in Archie'pum et pastorem d'ee eccl'ie et eidem prouidendi prout ex Tenore dicti Compromissi manifeste liquet et apparet: Ego Nicholaus Wolton Decanus an'd'cus, Onus compn- missi h'mo'i acceptans in vencrabilem virum meg'rum Mattheun Parker, Sacre Theologie professorem vola mea dirigens, virum vlique prouidum el discretum, l'rarnm Scientia, vila, et moribus merio in commendatu., liberu. et de l'timo m'rimonio procrealum, atq; etate l'tima el ordine Sacerdotali constitutu, in Sp'ualibus et Tem- poralibus plurimu. cireumspectum, scientem, volentem et valentem, Tura et Libertates d'ce eccl'ie tueri, et defendere, vice mei, viceq: Loco, et no'ie, totius Cap'tli eiusdem eccl'ie, pred'eum vencrabilen virum, magrum Mattheu. Parker permissorum meritorum suorun DE REGISTRO PARKERANO 421
intuita in Archie'pum et pastorum eiusdem eccl'ie cah'is et Metropo- litice Xpi. Cantuar., infra Tempus mihi ad hoc datu. et assignatum eligo in communi, et eidem ecel'ie prouideo de codem in hiis Scrip- tis: DEINDE Nos decanus, et Cap'llm. antedict. prefatam electionem et p'sonam electam, vipote rite factam, et celebratam objuijs vinis amplexantes, ac eam, ratam, gratam, ct firma. habentes, eundem margrum Mattheu. Parker, electum in Archie’pum et paslorem pre- fate ecel'ie, quatenus in nobis fuit, aut est acceptauimus, et electio- nem h'mo'i approbauimus. CONSEQUENTER vero, Nos decanus et Capt'im. antedict., prefato mag'ro Will mo Darrell p'latem dedimus et concessimus, electionem n'ram h'mo'i et p'sona. electam, Clero et populo ublicand. declarand. el manifestand. prout moris est, ay; in Similibus de vsu laudabili fieri assolet. POSTREMO vero Nos decanus et Cap'Im. antedict. domu. n'ram Cap'l'larem antedict. egrediéntes, et Chorum eccl'ie memorateintrantes, hymnu, Te deum laudamus, in Sermone Anglico per ministros Chori solemniter decan- tari fecimus, Quo p'acto, prefatus mag'r Will'mus Darrel iuxta p'ta- tem sibi clargitam ministris einsdem eccl'ie ac plebi tunc coadunate electionem n'ram h'mo’'i et p'sona. electam iverbo tenus publicauit, et denuneiauit, ac delarauit: QUE O'IA et sing'la Nos decanus et Cap'l'im. an'dict. pro offcij n'ri debito v're Serenissime maieslati sub Serie in hoc processu inserla, duximus significand., Eidem ma v're humil'r el obnixe supplicantes, Quatenus electioni n're h'mo’i sie (ut premittitur) facle, et celebrate, Consensu. et assensu. v'ros regios adhibere, et eandem confirmari facere et mandare dignetur vra excellentissima maiestas. VL (deo oplimo maximo Bonorum o'ium Largitore fauente et opitulante) d'eus electus et confirmatus nobis preesse valeat, vtiliter pariter el prodesse. Ac nos sub eo el eius Regimine bono possumus deo in d'a eccl'in militare. ET VT de premissoru, verilate, v're Clementissime Maiestati abunde constare it, Nos Decanus et Cap'l'lm. an'diel. p’tem Electionis n're pro cessum, Signo, Nomine, et Cognomine ac Subscriplione Notarij pu“ subseripti signari et subscribi, n'rig; Sigilli co'is appensione, iussi- mus et fecimus communiri. Act. in Domo n'ra Caplari predict. primo die mensis Augusti, Anno d'ni Mill'imo, Quingen*, Q gesimo, Nono.
B.
Litterae Patentes de assensu regio electioni adhibito.
ELIZABETH Dei g'ra Anglie flrancie et Hibernie Regina, fidei defensor etc. Reuerendis in Xpo. p'ribus Anthonio Landaven. e'po Will'mo Barlo quondam Balhon. e‘po nunc Cicestren. eleclo, Ioanni Scory quondam Cicestren. epo, nunc electo Hereforden., Miloni Cover- dale quondam Exon. "po, Iohanni Bedforden, lohanni Thetforden. e'pis Suffraganeis, loh'i Bale Osseren. e'po Sal'im. Cum vacante nuper Sede |
428 REVUE ANGLO-ROMAINE Archie'pali Cantuar. per mortem naturalem d'ni Reginaldi Pole Car. dinalis vltimi et Immediati Archi'epi et pastoris eiusdem, ad humilem petic’o'em Decani et Cap'Uli ecel'ie n're cath’is et Metropolitice Xpi Cantuarien., eisdem per l'ras n'ras patentes L'niam concesserimus, alium sibi eligend. in Archiepum el pastorem Sedis pred'ce, AC ijdem decanus et Capllm. vigore [et) obtent. l'nie n're pred'ee dil'em. nobis in Xpo. mag'rum Mattheum Parker Sacre Theologie Profeesorem sibi et eccl'ie pred'ce elegerunt in Archie’pum et pas- torem, prout per l'ras suas patentes Sigillo eorum communi sigilat. nobis inde directas plenius liquet et apparet, Nos electionem illam acceptantes, eidem Electioni Regiu. n'rum Assensu. adhibuimus parier et fauorem Et hoe vobis Tenore p'atium significamus, Rogantes ac in fide et dilectione quibus nobis tenemini firmiter pre- cipiendo mandantes, Quatenus vos aut ad minus Quatuor vrum eundem Mattheum Parker in Archie'pum et pastorem eccl'ie cath'is et Metropolitice Xpi. Cantuar. predicte (sicut prefertur) electum, electionemq; pred'cam confirmare, et eundem mag'rum Mattheun Parker in Archie'pum et pastorem eccl'ie pred'ce consecrare, Celeraq: omnia el singula peragere que v'ro in hac parte ineumbunt Officio Pastorali, iuxta formam Statutorum in ea parte editorum et proui- sorum velitis eum effectu. Supplentes nihilominus Suprema auc'te n'ra Regia ex mero motu et certa Scienia n'risSi quid aut in hijs que iuxta Mandatum n'rum pred'eum per vos fient, aut in vobis aut v'rum aliquo, Conditione, Statu, facultate, v'ris, ad Premissa p'ficiend. desit, aut deerit, éorum que per Slatuta huius Regni n'ri, aut per Leges eccl'iasticas in hac parte requiruntur, aut n'ec'ria sunt, Temporis Ratione et rerum necessilate id postulante IN cuius Rei Testimonium has l'ras n’ras fieri fecimus patentes. T. meip'a apud Westm. sexto Die Decembris Anno Regni n’ri Secundo. Ha. Cordell. —
Lee sohose names be heare subscribid, thinke in our Judgementes, hit dy this Commission in this forme pennid as well the Quenes Ma“: may lar- fully auctorize the p'sons within namid to theffecte specified as the sail p'sons maye exercise lhe acte of confirminge and consecratinge in the same le them committid. Will'am Maye, Henry Harvey, Robert Weston, Thomas Yale, Edward Leedes, Nicholas Bullinglurm.] |
c.
RITUUM ET CEREMONTARUM ORDO IN CONSErratione Rew- rendissimi D'ni Mallheï Parker, Archie'pi Cantur. in Capella infra Man- rium suu. de Lambehith die d'nico viz. decimo Septimo Die mensis decembris, Anno D'ni Mill'imo, Quingen’, Quinquagesimo, Nono.
PRINCIPIO Sacellu. Tapetibus ad orientem adornabatur, solu, ver
panno rubro insternebatur, Mensa quog; sacris peragendis n'et'rit, Tapeto puluinariq; ornala, ad Orientem sita erat.
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QUATUOR preterea Cathedre, quatuor e'pis quibus Munus Conse- crandi Archie’pi delegabatur ad Austrum Orientalis Sacelli partis erant posite. SCAMNU. preterea Tapeto, pulvinaribusq; instratum, Cui e'pigeni- bus flexis inniterentur, ante cathedras ponebatur. PARI quoq; modo Cathedra, Scamau'q; Tapeto, pulvinariq; or- natu. Arehie’po, ad borealem Orientalis eiusdem Sacelli partis pla- ganx posita erant. HUS REBUS ita ordine suo instructis. Mane circiter quintam aut Sextam, per Occidentalem portam ingreditur Sacellu. Archiepus, toga Talari Coccinea, Caputioq; indutus, quetuor precedentibus funalibus, et quatuor comitatus c'pis, qui eius Consecrationi inser- virent. viz. will'mo Barloe quondam Bathon. et wellen. e'po, nunc electo Cicestren., loh'e Scory quonda. Cicestren. e'po, nunc Here- forden. electo, Milone Coverdale quondam Exon. e’po, et Iohanne Bedforden. Suffraganco, Qui omnes postq'; Sedes sibi paratas ordine singuli suo occupassent, preces continuo Matutine per Andrea. Peerson Archic'pi Capellanum clara voce recitabantur, Quibus ‘peractis loh’es Scory de quo supra diximus, Suggestum conscendit, atq ; inde assumpto sibiin Thema Seniores argo qui in vobis sunt obsecro consenior, etc. non ineleganter concionabatur, FINITA Concione, egrediuntur simul Archie'pus, reliquiq quatuor e’pi Sacellu., se ad Sacram Communione. paraturi; neq ; More confes- m per Borealem portam ad hune modum vestiti redeunt, Archie'pus nimirum Linteo superpelliceo (quod vocant} induebatur, Cicestren. electus Capa Serica ad Sacra peragenda peratus vtebatar, Cui minis- trabant, operamq; suam ptebebant, duo Archie'pi Capellani vi Nicholaus Bullingh'm Lincoln. Et Edmundus Gest Cantuarien. res- pectiue Archi'ni, capis Sericis simil'r vestiti, Hereforden. electus et Bedforden. Suffraganeus Linteis superpelliceis induebantur, MILO vero Coverdallus non nisi Toga Lanea Talari vtebatur. ATQ; huncin modum vestiti et instructi ad Co'ionem celebrandam porrexerant, Archie'po genibus flexis ad infimu. Sacelli gradu. sedente. FFINITO tandem Evangelio, Hereforden. electus, Bedforden. Suf- freganeus, et Milo Coverdale (de quibus supra) Archie'pum coram Cicestren. electo, apud Mensam in Cathedra sedente hijs verbis ad- duxerunt, Reuerunde in deo pater, hune virum piu. pariter atq ; dé tum, Tibi offerimus atq ; p'atamus, ut Archie'pus consecretur, postq'; hec dixisset, profercbatur illico Regium diploma siue Mandatum pro Consecratione Archie’pi=, Quo per D. Thomem Yale Legum docto- rem perlecto, Sacramentu. de regio primatu siue Syprems eius auc’te tuende, iuxta Slatuta primo Anno Regni Serenissime Regine n're Elizabethe edita et promulgata, ab eodem Archiepo'exigebatur,quod cum ille solemniter Tactis corporal'r sacris Evangelijs conceplis ver- bis prestitisset, Cicestren. Electus populu. ad orationem hortatus, ad Letanias decantandas choro r'ondente se accinxit, Quibus finitis post po' per Cicestren. electum propositas. et Questiones aliquot Archie |
430 REVUE ANGLO-ROMAINE post Orationes et Suffragia quedam iuxta formam libri auc'te parlia- menti editi apud deum habita. Cicestren., Hereforden., Suffraganeus Bedforden. et Milo Coverdallus Manibus Archie'po impositis dixerunt Anglice viz. ‘* Take the hollie gost, and remember that hou stirre upp the grace of god, which ys in the by Imposicon of handes, for god hath not giuen us the Spirite of feare, But of Power, and Low, and Sobernes, ” Hijs dictis, Biblia Sacra illi in Manibus tradiderant. h'mo'i apud eum verba h'entes, “ Gyve hede unto the readinge, exhortacon, and Doctrine, thinke uppon thes thinges, conteyned in thys Booke, be diligent in them that the increase comminge therbye may be manifest unto all men; Take hede unto thy self, and unto thy Teachinge, and be diligent in Doinge them for by doinge lhys thou shalt saue thy self, and them that hearthee through Jesus X our Lord. ” Postq'; hec dixissent, ad reliqua Communionis solemoia pergit Cicestren., nullu. Archie'po tradens pastorale bacculum, cum quo co'icabant Archic'pus, et quatuor illi c‘pi supra no'i'ati, cum alis etiam nonnullis. FFINITIS tandem peractisq; Sacris egreditur per Borealem Orien- talis Sacelli partis porta. Archie'pus, quatuor illis comitatus epis qui eum consecraucrant, et confestim eisdem ip'is stipatus e'pis per eandem reuertitur portam, albo e'pali Superpelliceo, Crimeraq ; [ut vocant) ex nigro Serico indutus, circa collu. vero Collare quoddam ex preciosis pellibus Sabellinis (vulgo Sables vocant) consutu, gesta- bat. Pari quoq ; modo Cicestren. et Hereforden. suis E'palibus amic- tibus, Superpelliceo et Crimera, vlerq; induebatur. Coverdallus vero et Bedforden. Suffraganeus togis solum modo talaribus viebaar. Pergens deinde Occidentalem portam versus, Archie'pus. Thome Doyle Iconimo, Joanni Baker, Thesaurario, el Joh'i March Compulo. rolulario, Sing'lis sing'los albos dedit Bacculos, hoc scz modo eos muneribus et Oficijs suis ornans. HUS ilaq; hune ad modum ordine suo (vt jam ante d'eum esl peractis, per Occidetalem portam Sacellu. egreditur Archiepus gene- rosioribus quibusq; Sanguine ex eius familia eum preceden. reliquis vero eum a Tergo Sequentibus. ACTA, gestaq; hec crant omnia et Sing'la in p'ntia Reuerendor. in Xpo. patrum, Edmundi Grindall London e'pi electi, Richardi Cockes Elien. clecti, Edwini Sandes Wigorn. electi, Anthonii Huse Armigeri principalis ct primari Reg'rarii d'ei Archie’pi, Thome Argall armigeri Reg'rarii Curie Prerogative Cantur., Thome Willelt et Joh'is Incent notariorum publicoru., et aliorum nonnullorum. Lettre aux évêques et aux catholiques de Hollande, à l'oc- casion de la consécration d’un nouvel archevêque schis- matique d'Utrecht.
VexeRABILIBUs FrarriBus Petro MATulE ARCRIEPISCOPO ULTRAIEC- TENSI EJUSQUE SUFFRAGANEIS ET DILECTIS FiLIIS CATROLICIS UNIVERSIS 1X HOLLANDIA COMMORANTIBUS.
LEO PP. XIII
Vonerabiles Fratreset Dilecti Filii, Salutem et Apostolicam
Benedictionem.
Dolentes equidem animo, sed Apostolico_munere impulsi, hasco ad vos litteras mittendascensuimus, in gravissima causa, de qua vos- met, ut æquum est, Nobiscum deploratis. Nimis elenim nostis quem- admodun istie, superiore anno, in locum pseudo-archiepiscopi Jan- senislæ, Joannis Heykamp, misere in schismate suo demortui, a cupitulo æque schismatico, die xxun februarii, electus sit Gerardus quidam Gul, e gremio canonieus, isque præterea, die x1 mai, per manus Gasparis Rinkel, pseudo-episcopi, consecrationem episcopa- lem sacrilego ausu susceperit. Ulraque Nos de re idem capitulum idemque ita electusconsecratusque episcopuscertiores fecerunt, datis litteris in quibus cum simulatione obsequii despectus certabat. — Turm Nobis qui facto opus esset et conscientia ofllcii et Decessorum acta monebant. Altamen pro ea quæ urgebat animum carilate paterna, re tota aliquamdiu prolata, devios homines benignitate divinæ, que ad pænitentiam adducit, enixe commendavimus, siforte cordibus tacti ovile male desertum requirerent. Id Nobis, qui Christi Pestoris boni fungimur vice, erat maxime oplatum, spesque affulge- bat animo, id ipsum forein præcipuis gratissimisque pielatis mune- ribus quæ Nobis, annum episcopatus quinquagesimum jamjam ele- braturis, letitiæ sancte coronam augeret : ob eamdemque causam quædanm etiam apud illosoficia visumest interponere. — Nunc vero. quandoquidem sese illi Nobis insanabiles præbuerunt, vocem Nos- tram et Dei audire obfrmatis animis renuerunt, Spiritui sancto ingrate contumaciterque restiterunt, resistunt, nibil jam rali sumus cunctandum, quominus quæ in istiusmodi crimina sacris Canonum legibus præscripla sancilaque sunt, ea Nos secundum Decessorum exempla, restricte observaremus, et qua pollemus a Deo potestale edictis pœnis præstaremus ; quo fleret etiam ut rite per Nos el domi- 432 REVUE ANGLO-ROMAINE nici gregis incolumitati et Ecclesiæ catholicæ dignitati foret con: sultum. Itaque electionem Gerardi Gul in archiepiscopum Ultrajectensem a pseudo-canonicis Ullrajectensibus actam, Nos illegitimam, nefa- rian, irritam, prorsus nullam, Apostolica auctoritate declaramus, eamque rescindimus, delemus, abrogamus; item ejusdem episcops- lem consecralionem illicilam, illegitimam. sacrilegam, contra sacra- | rum legum sanctionem faclam declaramus, rejicimus, detestamur, | Quapropter eumdem Gerardum Gul, archiepiscopum ila electum el consecralum eosdemque canonicos electores, parilerque eumipsum | Gasparem Rinkel, qui partes egit consecratoris, atque una quotquot operam suam utrilibet isti execrabili facto commodarunt, quotquot præterea illis adhæserunt, opemque vel consensum vel consilium præslilerunt, eos omnes et singulos excommunicamus, anathemati- zamus, atque ab Ecclesiæ communione segregatos et prorsus schis- maticos habendos et evitandos esse constiluimus, edicimus, pronun- liamus. Idem porro Gerardus Gulomnino sciat graviterque animadvertat sibi jam, nisi novis se pœnis obligatum velit, jis omnibus fungendis esse interdictum quæ sunt jurisdictionis et ordinis : ita ut ipsi sit usquequaque nefas Lum quemquam ad animarum curam el sacra- mentorum adrministrationem, quovis eliam necessilatis prælextu, conslituereet deputare, tum chrisma sacrum conficere, sacramenti confirmalioniset ordinis administrare el alia quæcumque agere vel ad jurisdictionem, qua omnino carel, vél ad episcopalem ordinem, quem licite exercerenequaquam polest, quomodoeumque spectantia. Hæc omnia, Venerabiles Fratres et dilecti Filii, eo vos animoacti- pite quo Nosmetipsi denuntiamus, cum summa nimirum et tanlo- rum criminum detestatione et sacrarum legum reverent æcilatem reorum et duritiam Nobiseum vehementer commis preces conjungite apud misericordiam divinam ad pœnitentiæ spi lum eis implorandum, dum tempus est. Vos autem qui materno in sinu Ecclesiæ catholicæ omni fidelilate conquiescitis, quique huic Apostolicæ Sedi obsequium et amorem vestrum egregie probali crescite usque in proposito sancto, mulliplicatisque fidei et justitiæ fructibus, dolores matris affectu pio sarcire contendite, Ejus rei gra- tia et in pignus peculiaris benevolentiæ Nostræ, Apostolicam bent- | dictionem vobis omnibus peramanter in Domino impertimu Datum Romæ apud $. Petrum die xxvi Februarii Mpccx , Pon- üificatus Nostri anno decimo sexto,
LEO PP. XIII
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Le Directeur-Gérant: Kerxaxv Pourat.
PARIS, — IMPRIMER F, LEVÉ, RUE CASSETTE, 17,
iginal rom
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