1 ANNÉE 2 MAL 1896
REVUE
ANGLO-ROMAINE
RECUEIL HEBDOMADAIRE
Siritus Sanctus po
uit opiscopos Fo
gore cclesiam Doi.
Ac. x. 4.
Cannixas Wisemas........
T'Eglise (184 193
E. Tavensiem...... Le Saint-Si as
Chronique. EU
Documexrs....
PARIS
RÉDACTION ET ADMINISTRATION
A7, RUE cassette
1806
il UNIVERS EDR AIGHIG AN mnns aeen PRIX DES ABONNEMENTS TARIF DES ANNONCES
A LA PAGE
:
Un an. 20 fr. La pag 30 fr. Six mois . fi fr. La 1/2 page 22 20 TROIS MOIS. 6 fr. Le 1/4 page. : 107.
A LA LIGNE
:
|. Sur 4/2 colonne: la ligne. 1fr.
25 fr
43 fr.
Tr.
Les annonces sont reçues
aux bureaux de la Revue.
LE NUMÉRO | ke 50 17, rue Cassette, Paris.
Les opinions émises dans les articles signés n'engagent que la responsabilité des auteurs.
MÉDAILLE DE JEANNE D'ARC
Jeanne terrassant la Franc Maçonnerie
À l'heure présente, un pou lement son étendard où brillent ls surtout en France, deux an nous de Jésus et Marie. De l'extrémité prises: l'arméo de Dieu et la hampe, elle frappe et traverse lo dr Éie francmaconnerie. gon représentant 1e Franc-Maconnerie. Le Souverain Pontite a dénoncé Le danger. oustre est revêtu des insignes maromni quimenace la société e pa : dans sa rage impieil renverse le ea Auo Le caractère criminel de la secte, ses lice et l'hostie,et il exhiale son cri de rate el ses artifices. Projets Ni Dieu ni Maître. Le cheval se cabre av Hire es ché ns à combattre et à dessus des profatés; son jus avec Àes ar faiblesse, en mes à simule ou Les 1énêl poussant lo eri de & re: De par le lu pleine Jumibre et de Ci On a voulu répondre a en On a su, avec un art parfait, renferner jue chacun dans les porter limites étroites d'une. médaii comme un signe sù oi el do susou tout ee drame religieux et patriotique L clef-d'œuvro do destin et 11 Cette méduille qui est une véritable aru- | 3
disposition de nos lecteurs,
Nous tenons cette médaïllo en argent à
TE
vro d'art, réunit Vamour de PÉvine et amour de la Franco sous les traits de Jeanne d'Arc torrassant I Frane-Maçoi lautit d'atreser, en° mandat-pra autant de fois 4 fre 25 que lon desire ont le mono connaît l'ordre venu. due aceoir d'oxemplai grand Maitre interdisant aux loges d'a soute @ fr, BO en sus pur EP fe mater de Jeanne ds bone nfation à la poste, Françaises et. l'oppost secte santé de 4 douane St au den emnihue de faireà la Pucello eu à s0ù et pourdes localités desservies par ke cat iriomyhe. min do fer, en don de la valeur déclar« Crea do IA que vient lidéo ou le dessin compter un minimum de deux francs do la médaillo. pour le porter l'emballage. Jeanne à € val, armée du secours de Envoyer les letres et mandats 8 M. l'al Dieu, ne porte ni sque ni épée; elle tient midistrateur de la Jievue, 47, rue Cassette LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE ADRESSÉE EN 1841
AU COMTE DE SHREWSBURY
PAR
LE CARDINAL WISEMAN,
ALORS ÉVÈQUE DE MÉLIPOTAMUS,
PLUS TARD_ ARCHBVÉQUE DE WESTMINSTER.
Londres, 4844.
Mox cuer LorD,
Votre Seigneurie m'a délicatement exprimé le désir d’être infor mée de tout ce qui peut présenter quelque intérêt dans la crise reli- gieuse actuelle de ce pays; c'est pour cela que j'ose vous adresser cette lettre. Si vous la recevez par la voie de la presse plutôt que par la poste, vous en trouverez facilement la raison dans mon désir de fire connaître à bien d'autres personnes mes sentiments sur ce sujel.
L'upparition de cette lettre à l'heure où nous sommes pourrait peut-être faire croire à un sentiment politique de ma part, ou être expliquée par les changements ministériels qui sont sur le point de se produire. de puis cependant affirmer à Votre Seigneurie, en toute sincérité, que rien ni dans mes intentions, ni dans mes sentiments, ne peut jus- tifer une pareille interprétâtion : « Deo et Ecclesiæ » est la seule devise que je voudrais mettre en tête des quelques considérations que je vais vous adresser. Mais en, même temps, je ne puis m'empé- cher de penser que pour un gouvernement nouveau, qui voudrait montrer sa capacité de présider aux destinées de l'empire, les cir- ‘onstances lui mettent en main un instrumentde paix capable de rétablir les harmonies détruites et dont il pourrait se servir avec des chances de succès inconnues jusqu'ici. La seule tentative de panser les plaies religieuses de ce noble pays REVUE ANOLO-ROMAINE, — 4 Me — 43 194 REVUE ANGLO-ROMAINE
immortaliserait l'homme d’État qui voudrait en prendre l'initiative, La-dessus Votre Seigneurie sera parfaitement d'accord avec moi Ne puis-je pas ajouter que si on néglige de soigner ces plaies, loute tentative de guérir les autres maux du pays sera vaine ? La désunion empoisonne actuellement notre sociélé. La majesté et la puissance d'une nation sont parfaites quand tous les éléments de la grandeur et de la puissance nationales tendent au même but et entrai- nent avec force, dans un même mouvement, le peuple et ceux qui le gouvernent; quand le clergé, l'aristocratie el les classes laborieuses travaillent sous l'influence des mêmes règles de conduite, se jugent d'après la même mesure, voient dans la même lumière les préroga- tives et les obligations d'un chacun, comprennent l'importance et la nécessité de sacrifices mutuels provenant d'un principe commun, en un mot agissent sous la même loi et pour les mêmes fins. Or quel est l'état actuel des choses parmi nous? Chaque classe reste isolée, considérant la prospérité et l'avantage des autres comme sa ruine et comme sa perte. Les différentes parties de ce grand État sont animées d'un esprit d'antagonisme et de désagrégation. Au lieu d'harmonies nous avons de criards désaccords; au lieu d'union, des intérêts opposés. Depuis longtemps il existe entre l'aristocratie et les classes laborieuses une froideur et un éloignement inconnus autrefois, dans les temps où le pays était catholique ; les modernes fanatiques du chartisme * el du socialisme font en ce moment Lout ce qui est en leur pouvoir pour rendre ces sentiments plus intenses et les transformer en une hosli- lité haineuse. Le clergé de l'Église établie est loin de posséder sur le peuple la grave influence nécessaire pour réprimer ses passions, lui inspirer la patience dans le malheur et le guider dans la prospérité. Dans les grandes villes, des foules immenses se sont placées en dehors de son action pastorale en négligeant complètement la reli- gion ou en passant aux dissidents. Ceux-ci, d'ailleurs, quel que soil leur nom, ne les honorent pas comme des ministres autorisés de Dieu ; ils les regardent, au contraire, avec animosilé et antipathie. Le clergé établi, de son côté, n'accorde aux ministres qui dirigentles communions dissidentes que des prétentions injustifiées et consi- dère leurs fidèles comme des schismatiques dans l'illusion. Le catho- lique se tient entre les deux, ne pouvant reconnaitre les prétentions ni des uns ni des autres, mais uni dans la foi et en communion avec la grande Église catholique par l'intermédiaire du Saint-Siège. Encore une fois, si nous regardons les divers éléments qui con- courent au bien-être temporel du pays, nous les trouvons divisés. Les
1 Mouvement ouvrier en faveur de la liberté d'association, qui a abouti à la for- mation des Trade Unions, mais menaçait alors de dégénérer en révolution violente.
riginal from
UNIVERSITY
OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 195
«intérêts » — comme on les appelle — agricoles et industriels sont entre eux à l'état de rivalité. Tout ce que l'on fait en faveur de l'une de ces deux classes est considéré par l'autre avec suspicion et jalousie, comme étant de nature à lui faire tort. Au lieu d'être deux forces unies pesant sur le même bout du levier, elles ressemblent aux plateaux d'une balance tellement sensible que l'un ne peut monter sans que l'autre nedescende, que l'impulsion donnée à l'un fait perdre s puissance à l'autre, et que l'un ne peut se mouvoir sans que l'autre se meuve dans une direction opposée. De lemps en temps, on voit apparaitre ce même conflit entre les propriétaires, toutes les fois que l'on propose d'augmenter le fardeau des taxes qui pèse sur ces derniers. L'esprit de désunion, il n'estpas nécessaire de l'ajouter, se manifeste d'une manière plus accentuée si on considère les différents pays qui composent l'empire. L'Angle- Lerre et l'Irlande sont entre elles à l'état d'inimitié à cause del'injus- tice et de la dureté de la première; et plusieurs de nos colonies nous vat donné des signes très clairs de l'instabilité de leur attachement à la mère patrie. Malgré nos divisions, dira-l-on peut-être, nous avons prospéré et aous prospérons encore. De même florissait la république romaine malgré les luttes des patriciens et des plébéiens, des Romains et des alliés. Cependant la fin arriva; et elle arrive d'une manière si effroyable que les plus sages et les meilleurs crurent l'unité de gou- vernement, bien qu'achetée à un prix terrible, préférable aux misères finalement engendrées par la désunion. Nous ne sommes pas, Dieu merci! arrivés à une telle crise. Cependant, il est manifeste que dans les âmes de beaucoup d'entre nous, s'agite la question de savoir s'il ne serait pas temps de chercher un remède pour un état de choses dont les conséquences se développent déjà tous les jours avec une réalité de plus en plus fatale. Aussi, certains diront-ils : Si nous avons prospéré jusqu'à présent et jusqu'à ces dernières années dans cet état de division intesline, à quel point aurions-nous prospéré, si Lous d'accord nous avions travaillé ensemble ! La résul- tante de nos forces, opposées les unes aux autres, ayant été si remar- quable, quelle aurait été la résultante de nos forces si elles avaient été dirigées dans le même sens? Généralement on n'est guère disposé à avoir confiance dans un remède proposé comme une panacée ou un remède capable de gué- rir tous les maux. Mais à coup sûr, si la maladie n'a qu'un prin- cipe, si les symptômes n'ont qu'un caractère, on ne nous lraitera pas d'illuminés si nous ne proposons qu'un remède. En outre, si, par des considérations meilleures et d'ordre plus élevé, ce remède est jugé indispensable, s'il est au-dessus des calculs utilitaires et intéressés, se recommandant par sa propre valeur, en dehors de nos besoins, 196 REVUE ANGLO-ROMAINE
si d'ailleurs il nous séduit par le manifestation toujours plus claire de son importance, de sa justice, de sa vérité, assurément nous n'hésiterons pas à réfléchir sur les possibilités qui se présentent de nous en rendre maîtres et sur les moyens d'arriver à nous en empa- rer. Aucune influence ne peut atteindre les causes lesplus cachées du mal ou les neutraliser avec efficacité plus facilement que la religion. En dehors de l'unité religieuse, rien ne peut pénétrèr avec une ps reille certitude jusqu'aux principes de la désunion et les faire dispe- raltre pour réunir ensuite les parties divisées. Elle produira le mème effet sur la désunion du noble et du plébéien, comme sur la désunion du prêtre et des laïques; sur les querelles de province à province comme sur les inimitiés d'homme à homme. Puis, quand elle aura enlevé l'élément mauvais, elle substituera bientôt l'élément bon et sain. L'unité religieuse s'enroulant autour des affections qui nous unissent, d'abord comme êtres sociaux, puis comme membres d'un seul État, enveloppant dans ses spirales notre humanité et notre patriotisme, formerait ce triple lien que l'Écriture nous représente comme bien difficile à rompre!. Si je parle ainsi de l'unité religieuse comme d’un grand bienfait moral et social, je ne désire pas pour cela, Votre Seigneurie le com- prend, laisser de côté ces autres motifs plus grands et plus élevés qui nous poussent à l'atteindre et qui se déduisent de considérations religieuses, c'est-à-dire de l'unité absolue de la vérité. Je ne veux pas laisser de côté ce principe évident que, parmi diverses opinions, toutes, une seule exceptée, doivent être fausses, et par suite qu'il est du devoir d'un chacun d'écarter ces dernières ou plutôt de les fondre toutes dans la seule vraie. Malheureusement beaucoup de personnes voient toutes ces choses à travers les expédients de ce monde beau- coup plus que dans la belle lumière de la simple évidence religieuse, et:il ne sera peut-être pas-hors de propos de convaincre même ces personnes que de très grands avantages publics doivent provenir de la restauration de l'unité religieuse. Ceux qui, pour des motifs plus grands, pleurent sur l'infortuné démembrement de l'ancienne Église catholique anglaise, n'auront pas besoin, pour les stimuler à nous aider, des réflexions que je me permets de faire. La réalisation de l'idée d'unir en une seule religion toute l’Angle- terre est incompatible. avec sa position actuelle, si elle persiste dans son isolement ecclésiastique et religieux, si elle ne veut qu'une Église « nationale » dans le sens strict et odieux du mot, c'est-à-dire sépa- rée de la communion religieuse du reste du monde. Nous, catho- liques, nous devons déplorer la séparation comme un mal moral grave, comme un état de schisme dont rien ne peut justifier la con-
- Funiculus tripler difficile rumpitur, (Eccles. 1v, 12.) LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 197
linuation. Beaucoup de membres de l'Église anglicane voient comme mous un mal dans le schisme, tout en exeusant leur participalion individuelle par la nécessité inévitable de cette infortune. 11 suit de lâque nous sommes d'accord avec beaucoup d'entre eux sur ce point : que plus tôt on mettra fin à la triste situation actuelle de l'Église anglicane, mieux ce sera. Et nous pouvons être assurés d'une coopé- ration spontanée, puissante et très zélée, dans tout effort que nous ferions, ayant pour but de ramener celte Église à sa condition légi- lime, c'est-à-dire à l'union avec le Saint-Siège el les Églises de son obédience, en d'autres termes avec l'Église catholique. Est-ce là l'idée d'un visionnaire? Est-ce simplement l'expression d'un ardent désir? Beaucoup de personnes, je le sais, le croiront; et gi je ne regar- dis qu'a ma tranquillité personnelle, je n'oserais pas exprimer publiquement ma pensée à ce sujel. Pourtant je dois le dire en par- faite simplicité de cœur, j'espérerai toujours, encouragé par lant d'apparences que je crois favorables. Dans le passé, nous voyons un grand prélat comme « l'Aigle de Meaux » croire qu'il était de son devoir d'entrer en discussion sérieuse avec Leibnitz au sujet de la possibilité de réunir l'Allemagne a l'Église romaine, alors qu'il n'y avait rien d'encourageant, rien qui permit d'espérer la réussite, si ce n'est le désir de certains gouver- meurs civils et le zèle très éclairé du seul Molanus. Mais il n'y avait pas le sentiment d'une position défectueuse, il n'y: avait point d'em- pressement de la part de l'Église séparée elle-même, point d'aspi- ration vers l'unité, aucune révérence filiale pour l'Église mère de la part des ministres protestants. Si généralement on a pensé qu'une telle manière d'agir ne déshonore en rien un homme de l'infinie perspicacité et de la prudence de Bossuet, à coup sûr, on ne saurait me blamer avec sévérité, moi qui lui suis inférieur à lant d'égards, si j'atlache quelque importance au rapprochement graduel de beau- coup d'anglicans vers le même but désirable, et si je ne rejette pas de suite et complètement leurs désirs, manifestés à cetle heure très clairement, de voir leur Église reçue de nouveau dans la com- munion catholique. Encore Bossuet était-il un évêque étranger, wayant ni intérêt ni responsabilité en Allemagne; et cependant il croyait de son devoir — au lieu de repousser immédiatement et avec mépris loutes les propositions émises par la partie adverse — d'écou- er la plus petite proposition tendant à la restauration de l'unité, de la trailer avec empressement et bonté, et de consacrer son talent à la faire progresser et mûrir. Assurément, on ne regardera pas comme inconsidéré celui qui a un intérèt direct et sérieux dans la région où se trouve le centre et le foyer du mouvement, s'il prête l'oreille à des déclarations beaucoup plus frappantes et plus positives
exprimant le même désir, et s'il emploie ses humbles facultés à 198 REVUE ANGLO-ROMAINE chercher les meilleurs moyens de le réaliser. C'est pour cela que j'ose soumettre à l'attention empressée de Votre Seigneurie certains points dignes selon moi de sérieuse considération, bien qu'ils ne doivent être maintenant que de simples aperçus, de simples indica- tions des sujets qui seront peut-être bientôt développés d'une manière plus finie et plus détaillée.
- — Il est peut-être nécessaire, surtout en m'adressant à vous, My Lord, qui avez été pendant quelque temps hors de l'Angleterre, d'ex- poser les raisons pour lesquelles je vois ou, si on veut, j'imagine que
je vois un progrès non seulement vers les pratiques ou les doctrines catholiques des individus, mais aussi vers l'union en corps. Ilest souvent difficile de donner en forme la preuve spécifique qui pro- vient d'une grande combinaison de témoignages divers dont la force convergente entraine cependant la conviction. Mais il me parait impossible de lire les ouvrages des théologiens d'Oxford, surtout les suivant dans l'ordre chronologique, sans constater un rappro- chement de chaque jour vers notre sainte Église en matière de doc- trine et aussi en affection. Peu à peu, nos saints, nos papes, leur sont devenus chers; nos rites, nos cérémonies, nos offices, même nos rubriques sont précieuses à leurs yeux, beaucoup plus, malheu- reusement, qu'elles ne le sont à un nombre considérable des nôtres. De plus en plus, nos instituts monastiques, nos organisations diverses pour l'exercice de la charité et pour l'éducation sont deve- nus chez eux des objets d'études sérieuses. Enfin, tout ce qui louche à notre religion les intéresse. Certains diront, je le sais, que tout cet intérêt porte un caractère d'égoïsme, qu'ils désirent prendre de nous justement assez pour affermir la position de leur Église sans avoir l'idée d'aller plusavant, sans vouloir tendre vers l'union avec nous. À mon avis, ce soupçon est injuste et sans fondement, il est basé sur l'ignorance du vrai caractère, des vrais sentiments de ces écrivains. Leur admiration pour nos institutions et pour nos pratiques, leur regret de les avoir perdues, proviennent évidemment de la valeur qu'ilsattachent à tout ce qui est catholique. Aussi — abstraction faite d'un manque de fran- chise dont nous n'avons pas le droit de les accuser — leur attribuer d'aimer les parties d'un système et de di r pour eux-mêmes ces parties, el en même temps prétendre qu'ils rejettent le fondement et la base, c'est-à-dire le système lui-même, tout cela me paraît une contradiction révoltante. Mais ce n’est pas tout. Lisez, mon cher Lord, celte page qui a été publiée il y a deux ans « L'Église d'Angleterre, la gloire de la chrétienté, où Bède ensei- gna et d'où Boniface partit, s'assied solitaire parmi les nations. Qu'elle a souffert au milieu des passions humaines, la Reine des Iles! Qu'elle est resserrée entre ses mers, celle qui jadis possédait un con-
Original from
SITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 199
linent et qui avait les évêques de ce continent pour hôles ou pour convives! Mais il ne sert de rien de regarder le passé : le passé est, comme on dit, thème d'histoire, ct nous pouvons avoir sur son compte des opinions personnelles différentes. Ce qui apparait claire- ment, c'est le résultat. La chrétienté est en pièces et nous n'avons pas souffert moins que d'autres pays de la convulsion, Rome, la Grèce, l'Angleterre, toutes ont souffert; mais, en ce moment, il ne s'agit que de nous-mêmes. « Nous avons perdu la sympathie du monde, cela est évident; et
œux qui ont été la cause de ce malheur ont senti l'obligation de nous dédommager autant qu'il leur était possible : après nous avoir coupés du reste de la chrétienté, le pouvoir civil a fait de son mieux, il faut en convenir, pour nous réconcilier avec notre dégradation. « Naturellement, il a maintenu notre captivilé comme premier prin- cipe de la constitution, mais il s'est donné une peine infinie pour
nous éviler la moindre inquiétude. Si l'Église devait exister en Angleterre, c'était comme une loi des Mèdes et des Perses qu'elle devait exister pour l'Angleterre seule. S'il lui était permis d'y habi- er, ce devait être en captive. Mais, une fois ce principe admis, on a concédé à l'Église la plus honorable des captivités. « Rien ne lui a été refusé hormis la liberté, Le pouvoir, lesrichesses, l'influence, le rang, la considération, lui ont élé prodigués en abon- dance pour la rendre loujours aussi heureuse que possible. Elle a été comme Rasselas dans la vallée du bonheur ou comme le croisé dans le jardin d'Armide. Quel désir a-t-elle eu qu'on n'ait pas satisfait? Pourtant il a été dit de notre premier père, dans des circonstances beaucoup plus heureuses et beaucoup plus saintes : — « Pour Adam on n'a pas trouvé une aide digne de lui — aliguid desideravere oculi — parmi les bêtes caressantes, parmi les oiseaux aux brillantes cou- leurs. Une chose lui a manqué même dans le Paradis. Cette même infortune est venue fondre sur l'Église d'Angleterre qui n’est pas dans le Paradis : en dépit « des princes et des autres enfants des hommes, elle est restée comme une solitaire. Elle a vécu parmi des étrangers. Les hommes d'État, les légistes, les soldats lournaient et rüdaient autour d'elle avec des caresses ou des menaces. Il à été question d'elle dans les assemblées des bètes sauvages et des bêtes
apprivoisées; néanmoins, elle a désiré quelqu'un capable de l'entre- tenir et de lui donner conseil, digne de sa confiance et qu'elle pour- rait aimer. L'État, si on juge d'après ses actes, a trouvé déraison- nable que l'Église n'estimât pas comme suffisant à ses affeclions le lion et l'unicornet, »
1 Le lion et l'unicorne forment les supports des armoiries royales d'Angleterre. — Toute cette longue citation est empruntée à un article du British Crilic (octobre 1439) écrit par Newman, six ans avant sa conversion. 200 REVUE ANGLO-ROMAINE Je pourrais renvoyer Votre Seigneurie à un autre article de la même Revue, numéro de janvier 4840, qui a pour litre : « laCatholicité de l'Église d'Angleterre. » Si je ne me trompe, Newman est l'auteur reconnu de cet article. Je ne pourrais peut-être en citer aucun pas- sage avec une parfaite satisfaction ; mais personne, je crois, ne peut le lire sans être certain que la position isolée de l'Église anglicane et sa séparation du reste du monde sont une cause de regret profond et, de plus, que, si la possibilité de faire disparaître ce mal était pro- bable, on n'épargnerait rien pour y arriver. Je citerai comme une autre preuve de la vérité de mon opinion ce mécontentement général à l'égard du système de l'Église anglicane, clairement exprimé dans les œuvres des théologiens. On n'élève pas une objection contre tel ou tel article ou un blâme; on ne découvre pas seulement dans telle pratique une tache, dans telle autre un défaut de catholicisme et une excroissance protestante dans une troi- me, mais on éprouve des nausées à l'égard du tout. C'est la lassi- tude d'un homme qui porte un fardeau. Il ne se plaint pas à cause de telle ou telle bâche, c'est le fagot tout entier qui le fatigue et le tourmente. La dépendance de l'Église à l'égard de l'État, « son maître égyptien et son tyran », comme parlent ces auteurs; le défaut d'une influence convenable dans le clergé pour le choix des évêques; le défaut d'au- torité chez les évêques pour gouverner efficacement; la faiblesse de l'Église à faire valoir les censures spirituelles; l'abolition de toute autorité conciliaire dans la hiérarchie ; l'esprit protestant des articles considérés dans leur ensemble et leur intolérable hétérodoxie sur certains points particuliers ; la suppression de certaines cérémoni de certains sacrements, derites liturgiques; l'extinction du sentiment et des institutions monastiques et ascétiques; la diminution de « la crainte révérentielle, du goût des choses mystérieuses, de la ten- dresse, du zèle et d'autres sentiments qui peuvent être d'une façon spéciale appelés « catholiques »; la misérable sensation d'isolement que j'ai déjà décrite, tout cela ne forme qu'une partie des griefs au su- jet desquels nous entendons des plaintes à chaque instant. Supprimer les causes de ces griefs entrainerait un tel changement dans la condi tion essentielle de l'Église anglicane, qu'elle serait entrainée— ces au- teurs dont je parle doivent le comprendre — dans la sphère où s'exerce l'attraction absorbante de l'unité, et qu'elle en subirait l'influence au point de ne pas pouvoir rester longtemps sans être attirée vers le centre. Mais si nous voulons une déclaration prouvant que l'on regarde un tel événement comme la conséquence de l'amélioration qu'ils désirent, à mon avis, la conclusion de la seconde brochure de M. Ward sufira :
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 201
« Non! ceux qui ont, au sujet de la corruption el de la dégrada- tion de notre Église les idées les plus arrêtées, quelle que soit la peine qu'ils causent à d'autres en faisant celaveu, quelle que soit leur peine à eux d'entendre les louanges décernées à cette Église, en particulier de l'entendre appeler clairement et distinctement « pure et aposto- lique», du moins ils jouissent plus que d'autres d'une consolation — je veux dire: « l'amour et la sympathie de ceux du dehors ». Plus nous nous lamentons au sujel de notre état intérieur, plus nous con- essons humblement que les signes qui démontrent que nous appar- tenons au royaume du Christ — ces signes dont la disparition com- plète dans toutes les parties de ce royaume est impossible — sont obscurcis et faiblement marqués dans l'Église anglicane, mieux nous sommes en mesure d'excuser plus complètement ceux qui ne l'ont pas comprise. « Quand une sainteté visible se manifeste en dehors de l'Église, ou au dedans parmi ceux qui ne subissent pas son influence, deux solu- tions se présentent pour lesfidèles : ou la sainteté n'est qu'extérieure, ou l'Église n'est pas ce qu'elle devrait être. Dieu veuille qu'en pré- sence d'une sainteté réelle, soutenue par une abnégation durable, nous puissions toujours choisir la dernière alternative. Puissions- nous regarder les fruits de la grâce qui existent en si grande abon- dance parmi les Protestants comme un reproche à notre égard, cou- pables de n'avoir pas fait paraitre au dehors avec ses véritables ca- ractères ce qui est vraiment évangélique. «Puissions-nous, catholiques de l'Église anglicane, nous jeter avec empressement vers les pensées de pureté, d'abnégation et de renon- cement au monde partout où nous pouvons les trouver. C'est la seule manière d'établir notre propre Église dans une forme vraiment catho- lue (c'est-à-dire qui en appelle à la nature entière de personnes de caractères et de goûts divers), et d'en faire une gardienne vigilante de la vérité, une dépositaire fidèle de la charité. Ainsi, lorsque notre Église aura gagné Lous ceux d'entre nous qui servent Dieu, elle pourra légitimement espérer d'agir en pays étrangers, par son influence vers le bien sur les Églises ses sœurs, dont elle a été si lon- guement et si malheureusement séparée. Lorsque, par suite d'une altraclion pour ainsi dire spontanée, elle aura été remise en union aclive avec le reste de la chrétienté, encore une fois, si Dieu le per- met, l'Église catholique réunie marchera contre le monde luttant contre lui sans paix ni trève. » Votre Seigneurie connait également, selon toute probabilité, le livre de « Prières pour l'Union! », publié à Oxford. On y a inséré plu- sieurs des mêmes psaumes et des mêmes versels choisis pour le
Ces prières devaient être récitées le jeudi matin. 202 REVUE ANGLO-ROMAINE petit livre de prières catholique qui a été publié il y a deux ansà Londres. Une autre prière pour « l'Unité de la sainte Église » a été égale- ment imprimée à Lichfield, en latin et en anglais, par le Rev. F. Wac- kerbarth. Enfin la belle lettre écrite par un jeune membre de l'Univer- sité d'Oxford, et qui parut, il y a un certain temps, dans l'Univers, fait connaitre, au nom de plusieurs , que ce même ardent désir est l'objet de prières et de jeünes durant l'époque la plus solennelle de l'année. Voilà quelques-unes des manifestations publiques de désirs sincères en faveur de l'unité, produites par des hommes influents dans l'Église d'Angleterre. IL n'est pas nécessaire de vous demander si on doit répondre par d'autres sentiments que la sympa- thie, la bonté, et d'une autre manière, par l'assurance de notre cor- diale coopération. Devrions-nous rester assis avec indifférence quand de tels sentiments sont exprimés auprès de nous? Nous devrions, au contraire, nous lever, aller au-devant de ceux qui souffrent et les permis, à nous qui vivons dans la pleine lu- mière, de voir nos amis chercher à tâtons leur route vers nous à tra- vers les länèbres dont ils sont enveloppés, de les voir chanceler parce que pas une main ne se tend vers eux, deles voir sortir du droit che- min faute d'une voix qui les guide, et de rester dans le repos, de nous taire, nous amusant peut-être de leurs pénibles efforts, ou leur laissant parfois entendre le rire comprimé de ceux qui triomphent de leur détresse? À Dieu ne plaise! Si nous devons nous tromper; si, comme tribut à la faiblesse hu- maine, nous devons nécessairement faire un faux pas, la chute sera plus commode en tombant du côté de deux vertus théologales que sur le froid terrain de la prudence humaine. Si j'ai eu trop de con fiance dans mes motifs d'espérer et trop de charité dans mes ma- nières d'agir, j'accepte le danger de voir sourire de ma simplicité et sur la terre et dans le ciel. La-haut, du moins, il n'y aura point de dé- dain dans les sourires.
- — Ces divers sentiments à l'égard de l'unité s'étendent tous les jours de plus en plus et pénètrent dans une plus grande profondeur au sein de l'Église anglicane. Toute personne en état de juger ne peut avoir le moindre doute à ce sujet. Ces sentiments se répereu- tent sans bruit dans bien des cœurs sympathiques, et ceux qui les reçoivent comme des voix aimées, ne tardent pas à communiquer leurs impressions aux personnes sur qui elles ont de l'influence. De celte manière la conscience de l'état actuel de la religion s'est réveillée d'une façon beaucoup plus générale qu'on ne l'aurait espéré tout d'abord. Il y aurait des inconvénients certains à prouver par des indications trop particulières combien les sentiments catholiques ont
pénétré plus profondément qu'on ne l'eût espéré tout d'abord.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 203
Des paroisses entières ont reçu le levain, et actuellement il fer-
mente. 11 a pénétré par des moyens plus secrets et plus mystérieux en bien des lieux où on n'aurait jamais espéré le trouver. IL. — La situation ainsi constatée, il faut naturellement en venir à considérer quels devoirs en découlent. Et tout d'abord, pour ceux qui en général s'arrêtent le moins aux motifs purement religieux de ces devoirs, que doivent faire les autorités civiles? La question me parait presque inutile. Tout disciple sincère de l'Église anglicane doit reconnaitre, en vertu de ses propres principes, que, si la chose était possible, l'unité devrait régner parmi les chré- tiens et que l'Église divisée, et maintenue dans cet état de division, souffre violence. 11 doit déplorer les circonstances malheureuses qui ont été cause de nos divisions, et éprouver le désir, les circonstances ayant changé, de voir notre état actuel changer aussi, et l'unité reli- gieuse des temps primitifs de nouveau restaurée. Si on envisage le sujet dans la réalité des choses, il faut dire : Tant que l'Église établie a gardé le silence, lant qu'il n'y a eu aucune indication du désir et de l'opportunité d'essayer un retour à l'unité religieus, les hommes d'État n'ont pas eu à s'occuper de la question. Personne ne se plai- gnait jadis de la nature des lois se rapportant à ce point spécial, excepté nous, dont les doléances étaient trop peu de chose pour être prises en considéralion. Mais la question est soulevée dans l'Église elle-même, elle excite l'intérêt de ses meilleurs membres etde ses premiers sujets, el commence à agiter et à passionner le peuple. Cela étant ainsi, lorsqu'on s'apercevra — et la chose ne pent tarder — que toute tentative d'étouffer la question par l'autorité ecclésias- tique doit nécessairement échouer, alors l'homme d'État devra se décider entre deux alternatives. Ou il doit croire que le Christ a insti- tué des Églises insulaires, qu'il a interdit lacommunion active à dif- férentes branches comparées par lui-même aux membres d'un même corps, que l'État est au-dessus de l'Église, et qu'il peut à sa fantaisie étouffer ses pensées el annhiler ses sentiments; ou, au contraire, il doit commencer à se demander s'il n'y a pas pour lui un devoir solen- nel envers Dieu et envers ce qu'il regarde comme son Église de dé- charger sa conscience de la culpabilité qu'il encourt en empêchant l'unité et en se mettant entre son Église nationale et l'Église catho- lique. En effet, si l'union n'est rendue impossible que par des obs- tacles qu'il est en son pouvoir d'enlever, la responsabilité de la sépa-
ration retomberait sur lui s'il refusait d'exercer ce pouvoir. Par exemple, les odieux statuts de Præmunire sont toujours en vigueur, et toutes relations amicales entre ceux qui sont regardés comme évêques par l'État et l'Église de Rome sont empéchées. Et pourtant, si on doit espérer de voir l'unité rétablie, c'est uniquement par le moyen de ces relations. 204 REVUE ANGLO-ROMAINE Ces statuts, dira peut-être l'homme d'État, ont un caractère civilel touchent à des intérêts temporel; en d'autres termes, ils ont été éta- blis, plusieurs même avant la Réforme, en vue d'empêcher ou de ré- primer les empiétements du Pape sur les droits de la couronne ou de la nation, et il importe de conserver avec un soin jaloux de telles sau- vegardes constitutionnelles. Admettons cet argument : que s'ensuit-il? Tout au plus que la puissance restrictive doit être admise autant que les prétendues nécessités politiques l'exigent, mais pas davantage. Si les statuts ont un double objet, comme cela est certain, s'ils affectent l'influence temporelle du Saint-Siège d'un côté, et de l'autre ses droits spirituels découlant de son titre apostolique de chaire de Pierre, la législation peut, si elle l'estime prudent, garder les parties de la loi qui se rapportent au premier objet, mais rien ne l'autorise à con- server ce qui se rapporte au second. Assurément, l'autorité civile n'a pas le droit de se constituer juge dans les questions religieuses. Si l'État reconnait l'existence d'une Église, il doit nécessairement appré- cier ses besoins et ses intérêts spirituels. S'il est admis par lout le monde que l'union de tous les chrétiens, supposée pratique, est une chose à désirer, pour ne pas dire plus, il est de devoir strict el rigoureux de ne pas empêcher cette Église de tendre vers l'union, landis que par ailleurs l'État s'occupera des dangers politiques réels ouimaginaires, nequid detrimenti respublica rapiat. Quant à savoir si les deux actions peuvent être séparées, et si la communion active avec des Églises étrangères peut exister sans créer un danger pour l'État, les exemples de la France et de l'Allemagne suflisent à le prouver. Dans ces deux pays, on ne croit pas que la parfaite unité religieuse fasse courir le moindre danger aux droits constitutionnels d'un peu- ple, aux prérogatives souveraines d'un Empereur. Et si le gouverne- ment, par sa législation, prétendait empêcher, non pour des raisons politiques, mais pour des motifs religieux, loute espèce de relations entre son Église et nos évêques, alors la grave question pourrait être immédiatement posée : est-ce que l'autorité civile a le droit [abstrac- tion faite du droit qui vient seulement du pouvoir et de la tyrannie) de décider une question religiense d'une telle grandeur et de décré- ler lout d'un coup que l'Église de ce pays ne devra jamais être en communion avec l'Orbis terrarum, l'Église universelle ? Si l'autorité civile est compétente en la matière, c’est elle et non l'Église qui est le juge ecclésiastique suprême : que celte Eglise, dès lors, réfléchisse sur la position qui lui est faite. EL si l'État ne possède pas une telle juridiction, de facto il l'usurpe : que l'Église songe à ses droits. IV. — Quel est donc le devoir de ceux qui ont entrepris la défense decette Église ? Et d'abord quelle est leur intention? Newman écrit: «Si Rome se réforme. alors, il sera du devoir de notre Église d'entrer aussitôt en communionavec les Églises du continent, quels que soient,
Go Original from
Se SITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATROLIQUE 205
en Angleterre, les dires des hommes d'État et quelles que soient les dispositions prises par le pouvoir civil!. » Permeltez-moi d'interpréter ainsi le sens conditionnel des premiers mots: « Quand le temps sera venu, quand nous sentirons que nous devons. » Je prouverai plus tard l'exactitude de mon interprétation, Du moins nous trouvons ici exprimée la résolution évidente de ne pas se laisser détourner par des lois politiques et des conséquences civiles de la communion active, quand les obstacles religieux actuels ‘réels ou apparents) auront été enlevés. Et maintenant quels sont les
devoirs de ceux qui, délibérément, sont dans de telles résolutions? D'après moi, les voi 4° A l'égard de l'Église du Christ.— Le devoir des membres du clergé anglican qui ont entrepris de défendre la cause de leur Église doit être de remédier au déplorable schisme actuel. Ils ne doivent se laisser décourager ni par les échecs du passé, ni par les difficultés du temps présent, ni par les souffrances à venir. Ils doivent com- mencer immédiatement à agir, et persévérer avec énergie dans toutes les entreprises qui tendraient directement à l'œuvre de la réunion religieuse. Ils ne doivent pas dire que le Lemps n'est pas encore venu, mais le hâter, au contraire, et entrer en lutte avec la Providence pour que les jours d'épreuve soient abrégés. ® À l'égard du peuple. — Les membres du clergé anglican se sou- viendront que leurs prédécesseurs dans le ministère ont beaucoup contribué à induire en erreur la population de ce pays au sujet de la religion, spécialement en ce qui regarde l'Église romaine el les points qui la rendent différente de l'Église anglicane. Les préjugés engendrés per cette manière d'agir se sont opposés dans le passé et s'opposent encore à la réconciliation. Il est par conséquent du devoir des membres actuels de ce mème clergé de réparer le Lort de leurs prédécesseurs, d'écarter l'obstacle, et, par tous les moyens, de ramener le peuple à des appréciations plus bienveillantes, plus justes et plus vraies. 3° A l'égard de l'État. — Les membres du clergé anglican sont obligés de tirer une ligne de démarcation très évidente entre les fonctions du pouvoir civil el celles de l'Église. lls sont tenus de s'adresser immédiatement à ceux qui gouvernent, les priant de reviser toute loi nuisible à la vraie liberté religieuse, c'est-à-dire à la faculté de réclamer tousles privilèges du système chrétien, l'unité, la charité, la communion catholique dont le pays est actuellement exclu par des ordonnances restrictives d'un âge d'oppression. À cer- lains moments marqués non seulement par l'histoire, mais encore par la prophétie, les hommes sont obligés de dire : Si justum est in
1_Briish Crite, janvier 4840, p. 80. 206 REVUE ANGLO-ROMAINE conspectu Dei vos polius audire quam Deum, judicate*, 1 ya des moments où c'est leur devoir d'examiner, avec plus, d'attention qu'on n'en met généralement, ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, et de veiller soigneusement à ne pas attribuer à l'un ce qui devait être attribué à l'autre. Le regale et le pontificale ne vont pas toujours ensemble, et il peut se présenter des occasions où il faudra choisir entre les deux; non pas avec l'intention de dérober au pre- mier un iota des droits du second, mais avec le désir de protéger celui-ci contre tout empiétement de celui-là. A l'égard de ces événe- ments qui peuvent survenir, la conduite la plus sûre c'est de se préparer à les recevoir. 4 A l'égard de leur propre Église. Les membres du clergé anglican, s'ils l'aiment, ne doivent pas s'arrêter dans leurs tentatives de la rendre telle qu'ils la désirent. C'est à eux,avec une importunité con- tinuelle, de presser leurs supérieurs de mettre la main à l'œuvre où de permettre que d'autres le fassent. Ils doivent employer leur science, leur jugement, leur prudence à influencer le cœur de leurs frères. Et dans tout ce que je viens de dire, il ne devrait y avoir ni délai ni relâche. V.— Considérons maintenant ce qui nous regarde. Quel est notre devoir au sujet de la réunion ? Avant de répondre, je dois dire quel- ques mots sur une chose à laquelle j'ai déjà fait allusion, parce qu'elle constitue un des éléments des demandes qu'on nous adresse : je veux parler des dénonciations violentes dirigées par les écrivains de l'école d'Oxford contre la Rome actuelle. Pour ne pas mulliplier les exemples trop nombreux qu'ils nous fournissent, je citerai les paroles placées immédiatement avant ma dernière citation tirée du British Critie: « Jusqu'à ce qu'elle (Rome; cesse d'être ce qu'elle est aujourd'hui, en pratique l'union entre Rome et l'Angleterre est impossible; mais si elle se réforme, ete. » On dirait au premier abord que ces mols fer- ment la porte à toute espérance présente, et d'une certaine manière à tout espoir pourl'avenir. Votre Seigneurie se rappellera sans doute que j'ai donné à ces paroles un sens moins absolu. Je vais maintenant justifier mon interprétation. Ce désir si souvent répété de voir Rome changer, se prête à des réalisations différentes, et bien que voulu dans un sens, il pourrait se réaliser dans un autre. Par exemple on peut purifier un objet en purifiant le medium à travers lequel on le voi et dont les souillures semblent avoir passé à l'objet même, De cette manière, Rome pourra bientôt se modifier aux yeux sin- cères de ceux qui la regardent aujourd'hui à travers des imputations fausses, des couleurs trop vives ou des malentendus de moindre im- portance. De plus, une peinture peut paraître obscure elaide, non pas à cause de la couleur même, mais parce que la lumière manque; ainsi 1 Actes, 1v, 19.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L ITÉ CATHOLIQUE 207
bien des choses paraissent pénibles et dures, non pas parce qu'elles le sont en réalité, mais parce que, faute de lumière, elles ne sont pas soumises à des explications raisonnables. La faute peut se trouver aussi dans la distraction même du specta- teur. Une personne pieuse et fort intelligente me faisait remarquer ces jours derniers que.nos dévolions vis-à-vis des sainls peuvent être comparées aux représentations de ces mêmes saints dans les beaux vitraux de nos vieilleséglises. En les regardant du dehors, on ne voit quedes surfaces noires et des esquisses de mauvais dessins, mais, vues de l'intérieur, elles s'illuminent de la lumière splendide et multicolore du ciel, et il en résulte de pures et majestueuses figures. Pour cette raison, je n'éprouve ni peur ni désespoir quand je vois insister bien des fois et avec vigueur sur celte condition de l'unité. Cela dépend, j'en suis sûr, beaucoup plus de la manière de regarder les choses que des choses elles-mêmes. Votre Seigneurie et moi, nous avons connu bien des personnes dont les préjugés les plus violents contre Rome ont disparu à Rome, vaincus par Rome elle-même. Je devrais peut-être revenir là-dessus. Mais à présent il est ques- tion de nos devoirs, et c'est à cause d'eux que j'ai parlé de ce sujel. Nous devons done, nousautres, aller au-devant de ceux qui viennent vers nous, même quand ils se plaignent de dévotions ou de pra- tiques approuvées ou Lolérées pour les pays catholiques. Est-ce que nous devrions agir ainsi, quand même nous ne voudrions pas propo- ser ces dévotions aux pauvres et aux ignorants? Je pose celte question parce que dans beaucoup décrits on & paru vouloir conclure que nous ne blämons pas assez nos frères étran- gers. Sans vouloir parler demoi, ce blâme, je puis le dire, m'afrappé personnellement, et on m'a témoigné du regret, en public et en parti- eulier, de me voir essayer, par exemple, d'expliquer et défendre cer- taines phrases qui se rapportent à des dévolions populaires. À cela ie réponds : En défendant ces phrases je me suis borné à dire que, malgré leur exagération, elles sont susceptibles d'une interprétation orthodoxe, catholique et pieuse. Jamais, à ma connaissance, je n'ai soutenu que de telles phrases soient convenables ou utiles, surtout au point de vue de l'impression produite sur les autres. Il n'y a rien la d'illogique. Je puis soutenir fermement que des marques de res- pecl données à une image saine ne constituent pas une idolâtrie, et je puis en même temps désirer qu'on ne les donne pas dans certaines circonstances, si elles doivent être cause de malentendus. Quand il s'agit de phrases interprétées, ceux qui posentouvertement le principe que pourl'interprétation de leurs Articles il faut tout d'abordadmettre que leur enseignement est catholique, et puis Lourmenter les mots jusqu'à ce qu'on les mette en accord avec cet enseignement, ne peuvent certes pas nous refuser le droit de faire concorder nos formules de 208 REVUE ANGLO-ROMAINE dévotion avec nos formules de croyance et d'expliquer les phrases de l'Encyclique du Pape d'après les décisions de son propre Siège. En me fondant sur ce principe, je réponds : On ne doit pas nous demander de nous unir aux condamnations dirigées contre cerlaines pratiques — j'entends les pratiques approuvées — qui nous parais- sent être compatibles avec la saine doctrine. Nous devons employer tous nos effortsà nous expliquer, nous devons insister sur le point de vue le plus favorable, nous devons interpréter les pratiques par nos actes et par nos sentiments. Tout ce que l'Église & approuvé ou évidemment toléré peut être expliqué en raison ; j'en suis sûr comme tout catholique doit l'être. S'il s'agit au contraire d'un cas individuel, ou bien de quelques pra- tiques locales mauvaises, ou dece qui découle de la corruption et de la faiblesse humaines, avouons celte cause de douleur ou de honte; mais notre aveu ne doit pas ressembler cependant à une mise en accusation. Que la communion des saints ici-bas se réalise dans les douleurs, dans la confusion et la pénitence aussi bien que dans de joyeux témoignages de sympathie. Aidons-nous mutuellement à porter nos fardeaux, mais sans mesurer avec trop de soin ce quedoivent porter les autres. En refusant de nous unir à une condamnation quelconque vis-à-vis de Rome, nous ne voulons pas prétendre que ce saint territoire soit exempt de toute tentation humaine, de tout péché ou de tout crime. Nous avons, les uns et les autres, entendu trop souvent tonner contre les vices de la société ou des individus par l'éloquence élevée de la chaire romaine, pour songerà cela. Cependant, pourquoi se faire l'accusateur ou le censeur de sa propre mère, elle si aimée el à qui nous devons tant? Pourquoi ne pas laisser à Dieu le soin de juger les mauvais qui s'y trouvent et ne pas se tourner au contraire vers les nombreux exemples d'abnégaion, de zèle, de charité, de haute piété qu'on ne trouve pas ailleurs avec tant de perfection ? Que ceux qui veulent ju- ger, se jugent d'abord eux-mêmes el examinent leurs voisins avec affection el charité. S'il s'agit de nous, catholiques anglais, pleurons notre lâcheté à remplir nos devoirs, notre froideur dans les œuvres de zèle. EL nous, prêtres anglais, déplorons notre manque d'esprit ecclésiastique et de formation sacerdotale, qui, dans les autres pays, perfectionne le ministère, pénètre les actes et les habitudes les plus ordinaires du prêtre. De leur côté, que nos amis anglicans son- gent, ainsi qu'il parait juste, aux maux de leur propre condition tant parmi les laïques que parmi les ecclésiastiques. Nous ne pénétrerons pas chez eux, mais nous leur demandons de se restreindre dans l'office présomptueux de juge et de censeur de l'Église apostolique et de permettre que nous nous en abstenions complètement. Plus tard, lorsque la Providence nous aura réunis, nous pourrons alors mêler LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 209 nos larmes dans un deuil commun. Nous aurons des douleurs de famille. IL se produira des révélations domestiques qui soulèveront une répulsion générale. On découvrira peut-être des faiblesses dont tous les catholiques devront s'occuper avec sympathie. Quand après une querelle frères el sœurs s'embrassent en signe de réconciliation, chacun désire s'imputer le plus de torts possible et diminuer ceux des autres. Du moins nous serons tous contents d'oublier que nous avons été divisés et pourquoi nous l'avons été . J'ai dit indirectement ce que nous devions faire tout d'abord. Il faut nous employer le plus possible à donner des explications et à les donner avec bonne grâce et bonne volonté. Nous devons expli- quer les malentendus au sujet de nos doctrines, montrer le point exact où on les confond avec des pratiques simplement permises et comment elles peuvent être une source d'abus. Le plus tôt que l'on pourra arriver à un accord clair el net sur ces malières, soit par des conférences personnelles, soit par correspondance, mieux ce sera. Il existe, j'en suis sûr, en ce moment, dans les esprits d'hommes sérieux mélés au nouveau mouvement, de graves méprises sur ce point et, à mon avis, elles seraient écartées par des relations plus directes el plus amicales dirigées dans ce sens. J'avais d'abord songé, pour me faire mieux comprendre, à faire quelques citations particulières, mais cela m'entrainerail, je crois, dans une discus- sion complexe et qui serait peut-être prématurée. L'indication d'un second devoir parait sortir de ce qui a été déjà dit. Je fais allusion à l'amélioration personnelle, et si cela est néces- saire, à une complète transformation individuelle parmi les nôtres, Je laisse à des gens mieux qualifiés pour le faire la tâche d'indiquer les points particuliers qui doivent attirer notre attention. Que chacun se juge en se comparant aux chrétiens des premiers siècles, el il aura assezà faire pour s'élever à leur niveau. Maisil est certain que si notre pays doit aimer un jour notre religion, il ÿ sera amené si nous la lui faisons connaître — nous par qui la majorité de nos concitoyens peut seulement en juger —revêtue de tous ses charmes célestes, pleine de majesté dans le temple, dévote à l'autel, pure et sublime dans la chaire morale, disciplinée au collège, chrétienne et pieuse à l'école,
*. Ainsi pensait le profond et pieux M6 ler. Nul catholique, selon lui, ne peut
refuser d'admettre humblement les corruptions du passé, dont l'existence mêmo du Protestantisme est la prouve évidente: car celui-ci n'aurait pas pu naltro si elles n'avaient pus existé. Puis il arrive à cetto conclusion : « Apprenez donc, une fois, 6 Protestants, à mesurer la grandeur do vos propres égarements. Voilà Le terrain sur Lequel les deux Églises se rencontreront un jour et se donneront la main. Dans lesentiment de nos faules communes nous devens nous écrier, et Les uns et Les autres : Nous avons tous manqué, l'Eglise seule ne peut faillir: nous avons tous péché, l'Église seule est pure ‘de toute souillure. » (Symbolique, $ xxxv tone 11, REVUE ANOLO-ROMAINE, — 4 210 REVUE ANGLO-ROMAINE.
sévère et morlifiée dans les monastères, modèle des organisations charitables, généreuse et zélée chez les grands, éditiante chez tous les nobles, humble et résignée parmi les pauvres, charitable dans la richesse, joyeuse et soumise dans la pauvreté, chaste et honnête dans la jeunesse, sainte et vénérable dans la vieillesse. Présentons notre religion comme renouvelant les institutionseatholiques, faisant pous- ser sous ses pas les fleurs de la paix el du contentement, bénissante et bénie à cause du bonheur qu'elle donne et des consolalions qu'elle répand en abondance. Pour arriver à ce résultat il y a place aux efforts de tous, à ceux du prêtre et des fidèles, à ceux des riches et des pauvres. De plus, on peut bien dire sans présomption à tous ceux qui désirent contribuer au progrès de cete œuvre bonne et glorieuse que la violence, de quelque manière qu'elle se cache sous les dehors du zèle, ne s'attirera pas les bénédictions promises à la mansuétude et à la charité. La dureté, le sarcasme, l'aigreur ne convaineront jamais les intelligences et ne gagneront jamais les cœurs. Au con- traire, la confiance dans la sincérité des autres et dans leur bonne foi, le bon espoir dans l'heureux résultat de nos efforts, malgré des échecs fréquents, la patience dans des insuccès réitérés, la bonté et la charité qui ne se lassent pas malgré tous les rebuts, le zèle toi jours aussi ardent bien qu'il ne rencontre que froideur, enfin l'esprit du Christ et de son Église ne manqueront pas tôt ou lard de triom- pher des obstacles qui paraissaient insurmontables et d'obtenir des résultats jugés tout d'abord irréalisables. VI. — lei se présentenaturellement la question suivante: Dans l'état actuel des choses les circonstances sont-elles plus favorables que dans le passé, par exemple au temps de l'archevêque Laud ou de l'ar- chevêque Wake, pour faire aboutir l'événement si heureux de la réunion de l’Angleterre avec l'Église catholique? Il me semble que oui.
1° Autrefois les esprits s'éloignaient plutôt qu'ilsne se rapprochaient de la vérité catholique et de l'Église du Christ. L'aversion du principe d'autorité allait toujours croissant, au lieu de diminuer, La marée de la Réforme montait encore, et n'avait pas commencé à se retirer lente- ment et à rendre à l'Église le terrain qu'elle lui avait enlevé. Ceux qui ont essayé de faire quelque chose dans le sens de la paix ne s'étaient pas emparés de l'opinion publique. Ilsne marchaient pas de concert avec les énergies de la nation, qui s'exerçaient plutôt en sens contraire. Maintenant tout cela est bien changé. L'anarchie reli- gieuse s’est développée dans toutes ses phases el l'on commence à interroger l'horizon et à chercher un phare el un port assuré. Pendant un temps assez long la nudité du culte et l'indépendance personnelle en matière de religion avaient leurs charmes. Ce temps-là est passé,
Original from
Google UNIVERSITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE ai cs mêmes hommes demandent aujourd'hui à leur religion de les consoler autant que de les guider. Ils veulent trouver en elle un soulagement autant qu’un devoir, un baume pour le cœur autant qu'un aiguillon pour la conscience. Plusieurs d'entre eux envient celte piété tendre et cette habitude de lacontemplation que l'Église catholique seule peut inspirer. Ils dési- rent pour chaque jour des consolalions, pour chaque heure de divi- nes aspirations, afin que les ennuis du pénible chemin de la vie soient dissipés.
Autrefois encore, la protection de l'État, en tenant l'Église établie dans ses bras, l'étouffait au lieu de la réchauffer et de lui servir de soutien. On ne songeait guère à aucune action ecclésiastique indé- pendante du contrôle civil; le gouvernement était considéré comme l'ami et l'allié le plus intime de cette Église. A vrai dire, lousles deux semblaient être unis pour jamais dans les liens d'un mariage indisso- luble. Une certaine froideur existe maintenant entre eux, et la sépara- lion ou le divorce pourra facilement se produire, si toutefoisla pui sance civile entre dans la voie que semble lui indiquer nécessaire- ment le bien-être du pays. 3 Et si je me rapproche davantage du cœur de la question, je puis dire que je crois voir dans les avances qu'on nous fait aujourd'hui un caractère moins humain. Elles s'éloignent de l'esprit marchand, ou si je dois adoucir mestermes, on ne donne pas aux conditions autant d'importance qu'autrefois. D'un côté,des promesses libérales à l'égard de ses enfants opprimés dans ce pays ne peuvent plus être une tenta- ion pour l'Église romaine de sacrifier une partie de sa dignité; de l'autre, l'Église d'Angleterre n'est plus dans les angoisses qui pour- raient obliger ses membres à chercher par l'union religieuse une alliance étrangère contre es ennemis domestiques. Les parlisans de l'unité désirent pour l'Église anglicane un profit purement spirituel, elau-dessus de tout l'unité elle-même avec toutes les consolations qui en découlent: c'est pourquoi il y aura, j'en suis convaincu, dans larecherche de l'unité, un empressement et un zèle bien supérieurs à Lout ce que nous avons vu jusqu'ici.
4 En outre, la forme même dans laquelle le désir d'union se ma- nifeste peut servir de garantie contre les vieilles entraves, car elle est empreinte de l'esprit d'humilité etde la disposition à avouer ses torts. Ces amis de la paix ne demandent pas qu'on traite avec eux comme avec des égaux. Ils ont conscience de leur malheureuse posi- on. Lls avouent leur espoir de reconquérir par l'union les grands biens qu'ils ont perdus. Ils sont convaincus que la séparation les montre sous un jour défectueux et que la réunion avec le Saint-Siège les transformer et fortifiera leur conslitution énervée et maladive‘.
1 Voir la lettre bien connue adresséo à l'Univers. a REVUE ANGLO-ROMAINE
De tels hommes doivent être prêts à sacrifier Lout à fait leurs senti-
ments personnels autant qu'il sera nécessaire pour la réalisation de
leur saintprojet. Mais je m'arrète et je ne veux pas publier des preuves;
ce pourrait être prématuré.
8. Votre Seigneurie conviendra avec moi que le plan proposé dans
le remarquable Zract 90, admis par M. Ward, M. Oakley et même par
le D° Pusey, est encore plus encourageant. Je veux parler de le
s
méthode d'établir l'accord entre leurs propres doctrines et la nôtre
par des explications. Un prêtre étranger nous asignalé un document
de la plus grande importance et bien digne de notre attention. C'estla
réponse de Bossuet au Pape, écrite pour donner un renseignement
sur le mode de réconcilier les adhérents de la confession d'Augs-
bourg avec le Saint-Siège.
Le savant évêque observe que l'on doit profiter de ce que, grâce à
Ér
la Providence, il reste dans celte confession tant de vérité catholique.
D'après lui, il ne faut demander aucune rétractation, mais seulement
une explication conforme aux doctrines catholiques. Or, pour suivre
DR
cette méthode, on a déjà préparé le chemin en démontrant qu'on
peut expliquer les Articles les plus difficiles de manière à faire dis
paraître tout sens contraire aux décrets du Concile de Trente. La
même méthode servira pour d'autres questions et l'on pourra ainsi
épargner aux individus de grands troubles et à l'Église beaucoup de
difficultés.
VIL. — Dans celle esquisse, je ne ferai pas allusion aux difficultés
qu'on pourra ou plutôt qu'on devra rencontrer dans la réalisation de
ce grand dessein, si je ne craignais en les passant sous silence de
me faire traiter par beaucoup de personnes d'illuminé ou d'enthou-
siaste. On croirait que je veux fermer les yeux sur le côlé pratique.
11 se présentera, c’est absolument certain, je le reconnais, de grands
obstacles au progrès de cette œuvre si sainte. L'ennemi du bien ne
voudra pas laisser finir la désunion et la dissension sans faire des
efforts réitérés pour y mettre obstacle.
Nos propres défauts et nos ardentes passions entraveront souvent
nos efforts. La considération inopportune d'intérêts plus terrestres
se présentera certainement.
Des personnes aux vues moins pures et moins élevées s'engage-
ront dans le mouvement.
Le monde, qui toujours s'empresse de ternir les desseins nobles et
religieux avec sa froideur
et son indifférence, avec ses sarcasmes el
ses dédains, avec ses mauvaises maximes, son faux libéralisme, sa
peur de nouvelles chaînes et sa haine pour les vertus austères, ce
monde s'emparer d'un parti puissant et d'une armée ennemie.
Il y aura, en outre, des entraves plus sérieuses, des scrupules sin-
cères à l'égard de quelques pratiques, des hésitations à renoncer
à
Original from
SITY OF MICHIGAN
LETTRE SUR L'UNITÉ CATHOLIQUE 243
cerlaines formules, des questions compliquées sur des détails hié- rarchiques, sur les ordres, sur la discipline cléricale. Il y en aura beaucoup d'autres; inutile de les faire surgir par avance, elles ne se présenteront que trop Lol. Ceci suffira pour montrer que je ne regarde pas l'avenir avec des yeux d'enthousiaste. Le chemin est plein d'ennuis et de fatigues. La terre promise se trouve de l'autre côté du désert. Dans le désert nous rencontrerons de durs rochers et des plaines de sable, également difficiles à traverser pour des causes différentes. 11 faudra de l'énergie pour les uns, une persévérance infatigable pour les autres. II ÿ aura des serpents enflammés et des séducteurs qui tendront des pièges. Il y aura des prophètes de mal- heur et des géants guerriers. Il y aura de vastes solitudes sans eau, des sources amères, des découragements, des murmures el des infi- dilités. Les tables seront plus d'une fois jetées à terre et brisées, puis écrites de nouveau. Enfin on pourra mourir sur le Nébo, tout en regardant avec de lendres regrets la Lerre où surabondent le lait el le miel, sans espoir d'y entrer. Grâce à Dieu, ni la manne ne nous manquera, ni l'espérance, ni la confiance dans le Seigneur d'Israël. Nous travaillerons et nous suc- <omberons avec nos frères. Nous combattrons et nous prierons avec l'Église de Dieu, et en toute tranquillité nous laisserons à ses mains bienheureuses de donner le résultat et la récompense. Notre voie ne peut être ni plus difficile ni plus décourageante que celle des apôtres. Elle ne peut être plus épineuse que celle de Notre- Seigneur. « Le disciple n'est pas au-dessus du Maître. » Le retour de notre nation à l'unité catholique par le moyen de l'E- glise établie mettrait fin aux sectes dissidentes et aux querelles intes- lines. Je n'ai aucun doute à ce sujet. La population subirait deux in- Auences tendant à l'amélioration des mœurs : àla campagne par les œuvres de paroisse, dans les grandes villes et les régions industrielles par des communautés religieuses. On a récemment appris que la popu- lation des campagnes est toute prête à recevoir sans colère ou même avec plaisir les idées catholiques qui partent d'Oxford. Elle est mème mieux disposée quand ces idées lui viennent par la voie régulière des instructions paroissiales. Qu'on ajoute à cela la splendeur et la ma- jesté de la liturgie catholique, la variété de ses sublimes offices, les solennités si touchantes de chaque saison sainte, les nombreuses ins- litations de charité, toutes ces humbles pratiques de piété qui Sänctifient la vie domestique, et les sectes dissidentes seront brisées par l'activité silencieuse de cet attrait universel qui réunira les fragments épars autour d'un principe tout-puissant. Et puis, si Ton envoie des hommes au visage mortifié et paisible, des hommes <eints de la corde de saint François, ou marqués sur la poitrine du sceau de la passion du Christ, comme au visage des stigmates de sa 244 REVUE ANGLO-ROMAINE
mortification, tels les disciples de Paul de la Croix, dont l'habit ne soulève pas de comparaison avec celui des pauvres qui les entourent, ni par sa richesse, ni par une pauvreté affectée; que ces hommes en vêtements à la fois majestueux et grossiers, la lêle et les pieds nus, ayant en main le signe de la Rédemption, préchent le jugement, là mort, les peines éternelles, la pénitence, la justice el la charité: alors des milliers de chrétiens les entendront avec une crainte respec- lueuse, et nous verronsdes amendements merveilleux, nous verrons renaitre une foi plus sincère, une vie plus morale et enfin l'intel- ligence se convertir par la conversion du cœur.
de finis en priant Votre Seigneurie d'excuser, et la longueur de cette lettre, et l'état imparfait des idées que j'ai développées. Il estune chose en laquelle, j'espère, personne ne refusera de se joindre à moi, quand même on serait bien peu dans mes vues : c’est la pri quotidienne et fervente auprès du Dieu de la paix, afin qu'il dirige nos cœurs et nos actes vers l'accomplissement de ce but si noble. Intéres- sons toute l'Église à cette œuvre. Le gage le plus sûr que nous pui sions avoir de la faveur et de la bénédiction de Dieu, c'est qu'il ins- pire à son Épouse l'envie de lui adresser ses vœux. Il étendra le sceptre d'orsurelle lorsqu'elle se mettra à prier « pour sa vie el pour son peuple ! ».
de suis toujours, mon cher Lord, avec les sentiments d'estime les plus sincères,
Vôtre dans le Christ,
Nicouas, évêque de Melipotamus.
Collège Sainte-Marie, fôte de S, Matthieu, 4841.
1 Est. y, 2 : Dona mihi animam meam pro qua rogo et populum meum, pro quo obseero (Vu, 3).
Original from
Google UNIVERSITY
OF MICHIGAN
LE SAINT-SIÈGE ET LA RUSSIE A PROPOS D'UN LIVRE RÉCENT
Depuis que les Archives du Vatican ont été ouvertes au public des érudits, le R. P. Pierling, de la Compagnie de Jésus, a fait paraître une série d'études sur les épisodes principaux des relations qui ont existé entre la Russie et le Saint-Siège. Naturellement de tels travaux ne pouvaient suivre l'ordre chro- nologique : ils étaient subordonnés aux découvertes qui s'accomplis- aient, lesquelles subissent la loi de l'imprévu. Aujourd'hui le savant religieux présente un travail fort important composé de ces diverses monographies. Bien des indications nouvelles ont été aus i rassem- Llées. Une refonte générale a élé faite pour « réunir en un seul tableau les traits épars de divers côtés! ». Quand on parle des relations de la Russie avec le Saint-Siège, on semble, au premier abord, forcer la signification des mots. Ces deux puissances, plus éloignées l'une de l'autre par le contraste des mœurs et des doctrines que par l'élendue géographique, se sont-elles rencontrées autrement que dans des circonstances fortuites? L'œuvre du R. P. Pierling fournit une réponse aflirmative el péremploire. Si le problème a pu se poser et pendant longtemps, c'est par suite du défaut de connaissances suffisantes. En réalité, les documents abon- dent. Il y a là une collection de faits digne d'oceuper les chercheurs, les théologiens et les hommes politiques. En une période relative- ment restreinte, on a groupé des matériaux nombreux et d'un grand prix. L'éminent auteur a sa part personnelle dans celte récolle, qui est le fruit de la sagacité autant que de la persévérance. À certains
passages où il enregistre les résullats oblenus par les investigations répétées, on sent la noble joie qui trahit la modestie du vrai savant. Il a exploré les bibliothèques d'Italie, d'Angleterre et de France. Il a correspondu, pour ainsi dire continuellement, avec les archivistes d'Allemagne, d'Espagne, de Danemark et de Suède. Doué, comme tous les Slaves, d'une aplitude supérieure pour les langues, il pos- sède l'avantage immense de pouvoir vérifier les documents dans leur lexte original. Les vieux mémoires russes, inabordables pour la
\ La Russie et Le Saint-Siège, Études diplomatiques, par le R.-P. Preruino. 8. J. Tome L. Paris, Librairie Plon. 246 REVUE ANGLO-ROMAINE
plupart des écrivains, lui sont familiers comme les pièces rédigées dans le latin de la chancellerie valicane, et il manie le style français avec une élégance et une pureté parfaites; très habile à composer des narrations pleines de mouvement et de couleur, des portraits d'un reliefsaisissant. L'introduction indique les jalons qui permettent de se frayer une route à travers les espaces déserls ou les carrefours encombrés. Elle résume les traditions et les données historiques qui remontent jus- qu'au baptême du grand Kniez Vladimir, « le Clovis des Russes ». Une observation capitale est mise tout de suite en lumière : c'est qu'il n'y & pas de date précise ni de fait important qui signale la séparation d'avec Rome. Cette lacune n'a rien qui doive étonner, car la rupture « s'est faite implicitement, sans secousse, sans motif appa- < rent, en vertu de la soumission hiérarchique au patriarche de « Constantinople. Lorsque celui-ci rompit totalement avec Rome, « tous les fidèles de son ressort furent censés l'avoir suivi ». À par- tir du déplorable événement de 1054, on n'aperçoit plus que de loin en loin, pendant longtemps, certaines relations individuelles très passagères. Pourtant les Papes n'ont jamais pris leur parti de cette scisson; et même, aussitôt qu'elle s'est consommée, s'éveille à Rome le projet de la revanche pacificatrice. Il ne sera jamais abandonné. Maintes fois les Souverains Pontifes prendront l'initiative, et les échecs répé- tés feront de la perséverance un impérieux devoir. Les petiles cir- constances fournies par les combinaisons personnelles des Tsars seront utilisées, comme les grandes occasions où se trouve en cause le salut de la chrélienté menacée par l'Islam. La croisade est pour longtemps à l'ordre du jour : c'est le moyen d'action préféré. Réunir les esprits en réalisant politiquement la solidarité des peuples contre l'ennemi commun, les deux objectifs sont inséparables. Avec le concile de Florence s'ouvre une période qui semble devoir se terminer par le succès décisif. Ainsi que le dit le R. P. Pierling, l'histoire de cette assemblée est encore à faire. On connaît bien cependant et en détail le rôle joué alors par l'évêque Isidore, métro- polite de Kiew. On possède le récit des démarches auxquelles il dut se soumettre pour obtenir de Vasili I la liberté de répondre à l'appel du Pape. Tous les incidents du voyage sont enregistrés. À Florence, Isidore se montre l’homme des entretiens familiers plutôt que des « grandes luttes oratoires », bien qu'il eût un esprit cultivé. Ilest résolument partisan de l'union et presse les autres évêques grecs qui cherchent souvent à se dérober. Les espérances suscitées par les travaux du concile sont bientôt démenties; mais Isidore est demeuré fidèle et, rentré à Moscou, s'attire la disgrâce complète de Vasili et subit la prison. C'est près du Saint-Siège que, devenu cardinal, lié LE SAINT-SIÈGE ET LA RUSSIE 247
avec Bessarion, il termine sa vie laborieuse après avoir assisté à la chute de Constantinople et lutté jusqu'au bout. Nous avons dans le ivre la Russie et le Saint-Siège Lous les détails de cette physionomie intéressante,
Puis Rome est Lémoin d'un événement bien inattendu : le mariage, par procuration, d'Ivan Ill avec Zoé Paléologue, nièce de Dragasès, réfugiée dans la Ville éternelle. C'est un aventurier italien, Gian- Batista della Volpe, fixé à Moscou, qui vient, pour celle circonstance, les fonctions d'ambassadeur. C'est le moment même où le Pape Sixte IV signe, avec Naples et Venise, une ligue contre les Türes. Le représentant d'ivan a prodigué les raisons d'espérer le concours de la Moscovie pour l'entreprise militaire; la jeune prin- cesse a lémoigné un vif désir de travailler à la réunion des Églises. Toute une cour, composée de Grecs et d'Italiens, sans compter les envoyés russes, a été formée pour accompagner la nouvelle épousée jusqu'à Moscou. Le livre nous met sous les yeux, entre autres incidents, ceux qui se produisirent lorsque Bonumbre, évêque d'Accia, représentant du Souverain Pontife, voulut arborer la croix latine devant ie métropolite de la capitale. Bonumbre obtint gain de cause sur ce point. Mais des projets de croisade et d'union re- ligieuse rien ne resta. La princesse Zoé, qui avait pris le nom de Sophie, parait avoir oublié toutes les promesses faites par elle spon- tanément, à l'heure où la protection du Pape était sa seule ressource. Un chapitre très pitioresque, intitulé : la Renaissance à Moscou, retrace le mouvement provoqué par l'arrivée des Grecs etdes lialiens qui avaient servi d'escrte à Zoé Paléologue. Un assez grand nombre de leurs compatriotes vinrent les rejoindre el ouvrirent la Moscovie aux influences qui se développaient en Europe. Ivan Il! comprenait la nécessité de se mettre en contact suivi avec les nations d'Occi- dent. Le R. P. Pierling le considère comme le « vrai fondateur de la diplomatie moscovite ». À plusieurs reprises, quelqu'un de ces aliens vint à Rome faire des démarches intéressées, apportant des objets curieux et demandant des services. Ces services concernent souvent l'anlagonisme qui se perpétue entre la Russie et la Pologne. On voit aussi des aventuriers concevoir des combinaisons à la fois commerciales, poliliques et religieuses. L'une d'elles à faligué la perspicacité des érudits. Elle est l'œuvre d'un Allemand, nommé Hans Schlitte, qui avait reçu d'Ivan IV la mis- sion d'embaucher des savans el des artistes. Ce n'était qu'un agent subalterne. Il prit le titre d'ambassadeur, pénêtra près de Charles- Quint auquel il en imposa et, chemin faisant, recueillant des rensei- gnements et des idées, imagina d'introduire le christianisme à Mos- eou. Il inventa au jour le jour tout ce qui était nécessaire el ilamena l'empereur àintervenir près du Pape Jules III, Tout un ensemble de 218 REVUE ANGLO-ROMAINE
négociations s'organisa ainsi sur un thème qui n'avait aucune bas sérieuse. Le R. P. Pierling a débrouillé cette intrigue, qui lient du roman.
D'autres pourparlers, vraiment diplomatiques ceux-là, furent enga- gés. Ils émanaient de l'initiative du Saint-Siège et se rapportaientà la réouverture du eoneile de Trente, Canobio s'efforça vainement de pénétrer jusqu'au Tsar Ivan IV. L'occasionétait la lutte déplorable qui se poursuivit entre la Pologne et Moscou. Comme l'événement devait se produire plus d'une fois ensuite, le roi de Pologne suscita des difficultés insurmontables. Lors de la mission de Porlico, c'était le ‘Tsar qui témoignait des dispositions les plus décourageantes. Apris. c'est de Vienne que surgissent les obstacles. Le R. P. Pierling relate les incidents eurieux des démarches infructueuses tentées par Clenke. Plus tard, nous verrons la grande ambassade et le succès de Possevino, auxquels le savant jésuite a consacré plusieurs monogri- phies qui doivent entrer dans cet ouvrage. Le premier volume donne une idée complète de la entre la Russie et le Saint-Siège par une longue s Il montre aussi que le désir de la réunion est loujours demeuré pri- sent à l'esprit des Papes.
EUGÈNE TAVERNIER.
Original from
Google UNIVERSITY OFMICHIGAN
CHRONIQUE
La lettre du cardinal Wiseman à Lord Shrewsbury. — Nous publions en téle de ce numéro la remarquable leltre que le cardinal Wiseman, alors qu'il était évèque de Mélipolamus, écrivit en 4841, à Lord Shrewsbury. Celle lettre, très difficile à trouver aujourd'hui en Angleterre, n'a jamais été publiée en France. Elle mérite bien cependant d'être connue à cause du grand esprit chré- tien qui l'anime et des belles pensées qu'elle développe. En ce mo- ment surtout, il nous a paru opportun de la faire connaitre. On aimera, nous en sommes sûrs, entendre le célèbre cardinal ex- primer ses espérances pour l'avenir et constater que lui aussi croit à l'union. Chacun pourra recevoir de sa bouche des conseils autorisés et se pénétrer de son esprit si évangélique. Cette lettre, le lecteur voudra bien se le rappeler, a été écrite il y a cinquante-cinq ans; depuis, bien des transformations se sont pro duites dans l'Église d'Angleterre, et la description qu'il donne de 'élat d'alors n'estplus Loujours exacte aujourd'hui ; ces inexactitudes relatives ne doiv. ent pas troubler le lecteur et l'empêcher de conclure avec le cardinal : car loutes les transformations ont été des perfection. nements. Si de l lise anglicane de 1844 l'éminent écrivain tirait de puissants motifs d'espérer, à plus forte raison devons-nous espérer aujourd'hui. Il nous parait bon cependant de signaler quel- ques-unes de ces transformations. 1.— Wiseman parle {p. 200; de la disparition dans l'Église angli- cane des institutions monastiques et ascétiques. Cela n'est plus exact aujourd'hui. De nombreuses communautés religieuses pratiquant les vœux de chastelé, de pauvreté el d'obéissance existent dans l'Eglise d'Angleterre el vont se développant. De même bien des prêtres an- &licans mènent une vie vraiment ascélique. IL. — L'influence du clergé s'est beaucoup développée. On pourrait citer, par exemple, son action heureuse dans plusieurs grèves el les réconciliations opérées dans des conflits entre patrons et ouvriers. 11, — Depuis 1841, les assemblées régulières des convocations ou conciles provinciaux n'ont pas été seulement autorisées légalement; mais elles se sont tenues en fait dans les deux provinces de Cantor- béry et d'York. Dernièrement, on a jugé nécessaire de bâtir à Londres la Church House. une immense et belle construction, destinée à ces réunions. Les offrandes des fidèles ont fourni les sommes nécessaire: IV. — La situation dépendante de l'Église à l'égard de l'État, peut- être un peu exagérée, même pour cette époque, n'a plus ce caractère dégradant. La conception de l'Église anglicane n'implique pas d'une façon nécessaire la servitude de l'autorité ecclésiastique vis-à-vis du pouvoir civil. En Amérique, en Australie, etc. l'Eglise est parfaite- ment libre. Et en Angleterre, bien que sa qualité de religion d'État lui crée une situation particulière, l'Église n'est plus dans la même dépendance qu'autrefois. Le procès de l'évêque de Lincoln el la con- duite de l'archevêque de Cantorbéry en cette affaire le prouvent. Tou- 220 REVUE ANGLO-ROMAINE tefois bien peu d'anglicans se refuseront à reconnaitre que le pou- voir civil intervient encore trop dans les affaires de l'Église. V. — Depais 1841, un grand nombre d'églises ont été bâties par la générosité des fidèles. La pratique de la confession et de la commu- nion fréquente s'est beaucoup développée. Des œuvres de zèle, de TER
piété,ont
été créées qui n'existaient pas alors. Des retraites sont pré-
chées aux prêtres et aux laïques, des missions sont données dans les
villes et les campagnes. En un mot la situation de l'Église d’Angle-
POTE E
terre a grandement changé. Si Wiseman espérait malgré lout el
DNS
quand même, à plus forte raison devons-nous espérer,nous qui avons
en face de nous une Église plus pure et mieux disposée.
RE
Les ordinations anglicanes et les conversions indivi-
J'ai dit précédemment que la question de la validité
ah
ions, comme elle a été traitée autrefois, n'avait eu que
nfuence sur l'ensemble des conversions individuelles.
On peut bien se demander maintenant quel sera, au même point de
RER
vue, l'effet d'une décision rendue par le Saint-Siège à la suite des
Lravaux de la commission.
Au risque d'élonner beaucoup, je crois pouvoir dire qu'une déci-
sion, quelle qu'elle soit, amènera des conversions individuelles, et
je vais essayer de le faire comprendre.
Ceux d'entre nous qui ont été en rapport avec des anglicans dési-
reux de devenir catholiques savent à quel point il faut respecter
leurs anciennes convictions au sujet des sacrements. Pour un grand
nombre, le premier obstacle à une conversion est la réitération cou-
ditionnelle du baptême, beaucoup trop généralement usitée peut-être.
Je me souviens avoir reçu à ce sujet, de la part d'une anglicane, yne
véritable thèse appuyée sur le concile de Trente et sur nos théolo-
giens pour me prouver que nous n'avions pas le droit de baptiser de
nouveau ses coreligionnaires. EL lorsque des circonstances spéciales
permelent au préire catholique de ne pas insister sur ce point, une
grande difficulté est aplanie. Il en est de même pour les ordres. Des
clergymen, en devenant catholiques, demandent à être prètres et se
soumettent à une réordination. Mais on ignore généralement que
beaucoup trouvent cette obligation bien dure et que certains, Lout en
acceptant la nécessité de se convertir, refusent une nouvelle ordina-
tion parce qu'ils sont convaincus de la réalité de leur sacerdoce. Ils
se condamnent bien malgré eux à la vie laïque. Pour ceux-là, il est
aisé de comprendre à quel point ils ont souffert en suivant l'inspi-
ration de leur conscience. La même conviction se retrouve naturelle-
ment chez les simples fidèles. Un prêtre vénérable qui venait de
recevoir l'abjuration d'une anglicane crut pouvoir parler après la
cérémonie de la nullité des ordres. 11 fut bien suppris d'entendre la
nouvelle catholique lui répondre avec émotion : « Mais, mon Père,
je crois à la validité des Ordinationsanglicanes, etaujourd'hui comme
hier, je suis convaincue d'avoir reçu Notre-Seigneur quand j'ai com-
munié. »
Cet état d'esprit est général, on peut le dire, parmi les membres
de la Haute-Église. Pour tous ceux-là un adoucissement dans la
pratique de l'Église catholique enlèverait un obstacle et favoriserait
les conversions.
D'un autre côté, bie es âmes, inquiètes déjà, poussées par les
différents motifs quej indiqués, seraient ébranlées complètement
riginal from
UNIVERSITY
OF MICHIGAN
CHRONIQUE 224
par une décision qui rejetterail. les ordinalions. Ce effet se produi raiten particulier chez les anglicans moins instruits. Mais inutile d'insister là-dessus. Tous nos lecteurs comprennent qu'en ce moment la question n'est pas là. ILne s'agit pas de savoir, à la commission d'enquêle, si telle décision produira des conversions individuelles ou n'en produiræ pas, si lelle décision produira plus de conversions que lelle autre. Il ne s'agit pas, dans une affaire aussi grave, de calculs ou d'appré- cations plus où moins justes, plus où moins opportunes. 11 s'agit de vérité el de justice. Nos frères séparés, quels que soient leurs torts, ont droit à être jugés selon les lois élernelles de la vérité el de la justice, et non pas d'après la contingence des appréciations humaines trop souvent faussées par les passions. Les catholiques sont assurés d'avance que la solution s'inspirera uniquement de ces principes. Lechoix des membres de la commission fait par le Saint-Père en donne la certitude, même aux angli- cans. Si des conversions individuelles nous passons à l'union en corps, nous n'aurons plus ici un effet également bon, produit par n'importe quelle sentence. Il est évident pour tous qu'une condamnation détruirait les bons effets du rapprochement qui s’est accompli dans ces dernières années. Le fossé serait creusé plus profond que jamais entre les eatholiques et les anglicans, et l'espérance d'une union ajournée à une époque lointaine, sinon entièrement détruite. On est convaincu de celle vérité quand on sait à quel point est vive chez eux la foi dans leurs sacrements, et combien ils aiment leur « chère vieille Église d'Angleterre ». Une décision de Rome danscesensn'influeraitcertaine- mentpas d'une manière appréciable sur la marche actuelle de l'Église glicane. Certains disent le contraire, nous le savons, ce sont les mêmes qui soutenaient que les décrets du Concile du Vatican devaient luer tout de suite l'anglicanisme. Ils oublient tout simplement que pour porter coup un projectile doit pénétrer. L'Église d'Angleterre se trouve en ce moment dans une période de vitalité puissante, c'est incontestable. Elle est malheureusement, dans son ensemble, envi- ronnée d'une ceinture de préjugés qui la rend très difficilement accessible. Cela aussi est certain. Dès lors, pourquoi assigner un objectif particulier à des mesures que la vérité ou la justice peuvent réclamer à cause de nécessités plus générales? Mieux vaut se con- soler auprès de Dieu des inéluctables exigences, el attendre des temps meilleurs. Mais croire que les seules conversions individuelles amèneront le retour de l'Angleterre à l'Église catholique nous est impossible. Met- lez-vous en face de l'Église établie, puissante par sa fortune et ses traditions, par les racines profondes qu'elle projelleau cœur du pays, par la foi et l'énergie d'un grand nombre de ses membres, par la Science d’un clergé tout à fait uni au mouvement intellectuel de la nation, etdemandez-vous si elle peut être absorbée par l'Église catho- lique anglaise. Le cardinal Manning, dans Les obstacles à la propagation de la religion catholiqueen Angleterre, évalue à 200.000 le nombre des catholiques anglais. Tous les autres catholiques habitant l'Angleterre sont Irlan- dais. La très grande majorité des prêtres catholiques résidant en Angleterre sont aussi Irlandais. Or, les Irlandais, malgré leur nombre, 222 HEVUE A!
leur valeur personnelle el leur dévouement, ne constiluent pas en réalité pour l'Église catholique en Angleterre une force, mais une faiblesse. Le clergé, dit le cardinal Manning, ne peut avoir une véi table influence que 'ilestà la fois coll et civile. 1] ne peut être cérile que s'il aime son pays, el en vérité on ne peut pas demander aux lrlan- dais d'aimer l'Angleterre. ll y a donedans l'Église catholique anglaise, outre les difficultés inhérentes à l'œuvre, outre son petit nombre, des éléments adverses qui puralysent son action. Si déjà il est bieu dif le d'entrevoir la possibilité d'amener un à un Lots les membres de l'Église d'Angleterre, de les détacher individuellement du corps auquel ils adhèrent ‘par les mille racines de leur patriolisme et de leur foi, l'impossibilité apparait manifeste quand, pour arriver àce résultai, on ne dispose en grande partie que d'éléments qui par leur nature tendent à produire l'effet contraire. — F. P.
Un discours de Lord Halifax. — Au dernier mecting de
V'English Chureh Union, lenu le 20 avril, à Londres, Lord Halifaxa prononcé le discours suivant «Il y a deux sujets sur lesquels j'aimerais dire quelques mots avant de commencer le travail que nous avons à faire ce soir, car ee sont deux sujets d'un intérêt tout spécial pour les membres de cette union. Vous avez peul-ètre vu la semaine passée deux remarqua- bles lettres de Rome dans les colonnes du Daily Chronicle; on dit que l'auteur de ces lettres est l'éditeur du Daily Chronicle lui-même: quoi qu'il en soil, il est certain que celui qui en est l'auteur est extraordinairement bien informé et que ses communications ont une importance qui ne s'attache pas toujours aux correspondances de journaux. Il ÿ a cependant une sérieuse erreur de fail el une sérieuse méprise quant aux motifs qui, je pense, doivent être corrigés; el. comme elles sont l'une et l'autre associées à mon nom, il semble n° turel que je les fasse moi-même, bien qu'en agissant ainsi je re me mettre à l'abri de loute supposition qui me ferait endosser assertions contenues dans les lettres en question. « L'écrivain du Duily Chronicle, en parlant de la commi par le désir du Pape, siège actuellement à Rome pour étudier la stion de la validité des ordres conférés par l'Église d'Angleterre fait entendre que celte commission est due à l'insislance passionnée avec laquelle Lord Halifax et une partie de l'Église d'Angleterre ont essayé d'obtenir une reconnaissance de la validité de ces ordres par le Saint-Siège; et les motifs qui nous sont imputés pour une telle action de notre part sunt le désir d'obtenir d'uneautorité telle que celle de Rome, une affirmation que le clergé anglais est en possession du pouvoir inhérent à lout sacerdoce valide, celui de consacrer la sainte Eucharistie eL d'offrir le sacrilice eucharistique. Nous désirons certes la réunion de la chrétienté el nous la désirons avec ardeur et avec passion; nous la désirons parce que nous aimons Notre-Seigneur, imparfaitement sans doute, et que nous ne pouvons pas supporter le déskonneur fait à son saint nom par les divisions qui existent parmi ses disciples: nous la désirons avec ardeur parce que, bien que d'une manière imparfaile, nous aimons nos frères el que nous voyons combien d'entre eux sont tenus éloignés de Celui qui est la seule source de vie et de lumière, comme aussi de bonheur.par nos malheu- reuses divi et parce que nous désirons cela, el parce que nous avons constaté que par suite de l'ignorance eldes préjugés qui obseur- CHRONIQUE 23
cissent la question, si Rome etl'Angleterre doivent jamais étreréunies de nouveau, ce ne sera que si l'on trouve Lout d'abord un Lerrain com mu, terrain sur lequel, sans aucun compromis de principe, les deux parties peuvent être mises en contact, terrain qui nous est fourni par laquestion des ordres sur laquelle l'Église d'Angleterre a tout à gagner à une franche et entière discussion : — pour toutes ces raisons, nous avons élé heureux de voir que la question à été soulevée comme elle a été en France et posée de nouveau à Rome. Qui peut douter que si, comme conséquence d'un entier exposé des faits, l'Église romaine allait reconnaitre l'injustice dont elle a été coupable,etadmet- ire la validité de nos ordres, un grand obstacle à la réunion serait ainsi enlevé? C'est donc comme un moyen de parvenir à ce but, la réu- nion de la chrétienté, but que le Pape désire, et nullement parce que nous avions quelques doutes, même les plus légers,quant à la va- lidilé des ordres de l'Église d'Angleterre ou parce que nous deman- dions une reconnaissance de la part de Rome à ajouter à notre com- plète assurance de leur parfaite validité, que la question des ordres anglicans vient d'être soulevée en France et qu'elle est actuellement en discussion à Rome. + « Combien complètement le Pape comprend la question, c'est ce qui est prouvé par l'ensemble de son action, par ce fait qu'il a lui-même fait entrer dans la commission l'abbé Duchesne, Mgr Gasparri, le Père Sannell et le Père de Augustinis, jésuite, professeur au Collège romain, théologiens qu'il sait les uns et les autres favorables aux revendications de l'Église d'Angleterre. « A coup sûr, il ÿ en a d'autres, et parmi ceux-ci certains de nus emmpatriotes, qui désirent une condamnation et qui s'en réjouiraient. « Je désireraisque cela ne fût pas, à la fois pour eux el pour la cause de la paix et dela vérité; mais le tort qui serait fait, si leurs vœux x réalisaient, ne nous serait pas fai à nous ni à l'Église d'Angleterre. Nolre amour pour notre Église et la confiance que nous avons en elle restera ce qu'il est el même ne fera qu'augmenter si une condamna- ion survient: mais le coup serait porté aux plus larges es que Léon XII à tant fait pour encourager et dont la réalisation lui lent tant à cœur. Bien plus, cela sera pour Rome même une source de grandes difficultés pour le maintien général du sacerdoce chrétien et de tout le principe sacramentel. Qu'il plaise à Dieu dont la souveraine Providence est apparue presque visiblement à ceux qui out été mélés aux événements de ces trois dernières années, qu'il plaise, dis-je, d'empêcher un si grand malheur et de guider les esprits de ious, soit à Rome, soit en Angleterre, et spécialement les esprits de ceux qui détiennent l'autorité, qu'il lui plaise de se servir de ces recherches qui sont faites actuellement, et cela dans l'intérêt de la paix et de la vérité, pour l'établissement de confé- reuces entre théologiens autorisés des deux parties, conférences propres à une discussion soigneuse, patiente el charilable de tous les malentendus et de toutes les difficultés qui nous tiennent présen- lement séparés! »
Au sujet de ce discours et des commentaires qu'il a soulevés, dans divers journaux, et nolamment, dans le Catholie Times, Lord Halifax vient d'adresser au directeur de ce dernier journal la lettre sui- vante: 224 REVUE ANGLO-ROMAINE
« Monsieur,
« L'attitude du Cufholic Times a élé si sympathique à la cause de k réunion et si amicale pour moi-même, que je ne veux pas laisser ser sans commentaires les appréciations que je viens seulement e lire dans son numéro du 24. « Je n'ai jamais eu aucun doute, pas même le moindre, quan validité des ordres conférés par l'Église anglicane. Si ï bien qu'absolue est encore susceptible de s'aceroitre, la mienne se serait accrue à la suite de l'étude soïgneuse et sans parti pris que j'ai faite du procès de nos ordres tel qu'il a été élabli sous diverses formes dans le Tablet. « Cen'est donc pas poureux el en leur faveur que j'eusse pu désirer voir faire une enquêle. « C'est entièrement parce que je suis convaineu qu’une injustice a été commise par Rome à l'égard de l'Église d'Angleterre en celle matière, et que celle injustice barre la route à toutes les chances de réunion, que j'ai insisté pour que la question fût reprise. Un chan- gement d'attilude sur ce point de la part de Rome serait un pas vers la paix et ferait plus que toute autre chose — c'est là ma conviction pour amener également un changement d'attitude de la part des membres de l'Église d'Angleterre, changement qui rendrait beau- coup plus possible que ne l'est actuellement, un examen loyal et su ère des revendications que l'Église romaine a le droit de faire valoir. « Je désire voir rendre justice à ces revendications, je souhaite ardemment de voir les droits du Saint-Siège reconnus; comment alors ne serais-je pas peiné et désappointé, alors que je travaille pour la paix, de voir les autres se préparer à la lutte? «Est-il si difficile d'admettre qu'un profond el dévoué attachement à l'Eglise d'Angleterre est compatible avec un ardent désir de v renouer les anciens liens entre Rome et Cantorbéry, ou de se rendre compte qu'un refus de reconnaitre légitimes des revendications qui sont considérées comme admises par des théologiens aussi distingués que le savant jésuite, le Père de Auguslinis, pour ne ciler qu'un nom, — est-il si diflicile, dis-je, de se rendre compte que ce refus, au milieu de tous les regrets accompagnant forcément un tel coup porté aux espérances croissantes de paix, doit augmenter l'attache- ment el la fidélité, déjà nourris par ses membres, pour une Eglise qui, quelles que puissent être ses faiblesses, est intimement liée à fout ce qu'il ya de plus noble et de meilleur dans l'histoire de la ma- tion anglaise? « Le sentiment de l'injure fait croitre l'attachement : c'est tout ce que j'ai dit et rien de plus.
« Vôtre, ele.
€ Haurax. »
19, Eaton Square S. W.,
26 avril 1896.
DOCUMENTS
CŒNA DOMINICA ET SACRA COMMUNIO
QUEÆ VULGO NOMINATUR
MISSA
(Suite)
He verba præcedenlia dicat Sucerdes, usque ud Altare conversus, sine ulla elevatione vel monstratione Sacramenti ad populum.
Uno et humiles, Domine Pater culestis, nos Lui servi, secundum instilutionem dilecti Filii tui Salvatoris nostri Jesu Chrisli, hic corum divina Majeslate tua, de his Luis sanctis donis ac datis memoriam celebramus et facimus quam nobis Filius tuus facere præcepit : memores ejusdem lam bealæ Passionis, necnon et ab inferis Resur- reclionis, sed et in cœælos gloriosæ Resurrectionis : libi grains ex animo agentes propter innumerabilia beneficia nobis inde collata; suppliciter rogantes palernam tuam bonitalem ut hoc nostrum laudis et gratiarum sacrificium benignus accipias; humillime supplicantes ut propter Merita et Mortem Fil tui Jesu Christi, et per fidem in Sauguine ipsius el nos el universa Ecclesia Lua peccatorum remis- sionem et celera omnia Passionis ejus benelicia consequamur. Et hic, tibi, Domine, offerimus et exhibemus nosmetipsos, animas el Corpora nostra, Libi hostiam rationabilem, sanctam, el viventem; supplices le rogantes ut quolquot hujus sacræ Communionis parti- cipes futuri sin pretiosissimum Corpus el Sanguinem Filii tui Jesu Christi digne accipiant, et omni benedictione cælesti el gratia Lua repleantur, et unum fiant corpus cum Filio tuo Jesu Christo, ut ipse in eis habitet; et ei in ipso. Et quamvis propter multipli peccata aostra non digni simus qui ullum sacrificium tibi offeramus, hanc lamen debitam oblationem servitutis nostræ, quæsumus, accipias, et has preces et supplicationes nostras jubeas perferri, per ministe- rium sanctorum Angelorum tuorum, in sanctum Tabernaculum luum in conspectu divinæ Majestatis tuæ; non æstimalor meriti, sed veniæ largitor, per Christum Dominum nostrum; per quem, et cum quo, sit Libi Deo Patri Omnipotenti, in unilate Spiritus Sancti, omis honor et gloria per omnia sæcula sæculorum. Amen. DEVOÉ ANOLOROMANE, — Te — 45 226 REVUE ANGLO-ROMAINE
Oremus.
Precepris Christi Salvatoris nostri moniti et instituti, audenus dicere : Pater noster, qui es in cœlis, sanctificetur Nomen lun. Adveniat regnum tuum. Fiat voluntas Lua, sicut in cælo, et in terra Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. Et dimitte nobis debita nostra, sieut et nos dimittimus dcbitoribus nostris. Et ne nos induss in tentationem. Resp. Sed liberu nos a malo. Amen.
Tune dicat Sacerdos,
Pax Domini sit semper vobiscum. Cterici, Et cum spiritu tuo.
Sacerdos.
Acxus nosler Paschalis Christus semel est pro nobis oblatus, eum peccala nostra ipse pertulit in corpore suo super lignum; Ipse enim verus est Agnus Dei qui tollit peccata mundi : itaque jucundam et sanctam solemnitatem cum Domino celebremus.
Deinde Sacerdos, ad eos conversus qui convenerunt ad Sacram
Communionem, dicat,
Vos quos vere el serio peccatorum vestrorum coram Deo Omnipo- tente pænitet, qui erga proximos veram habetis charitatem, etnovam vitam instituere decrevistis, mandatis Dei obsequendo, el in san viis ejus posthac ambulando; accedite, et hoc sanctum Sacramentum percipite ad vestram consolationem; humilem vestram confessionen facite Deo Omnipotenti, et sanctæ Ecclesiæ suæ hic in Nomine suo congregalæ, reverenter genuflexi.
Dainde fiat ec generalis Confessio in nomine eorum. omnium qui sarran Communionem percipers velint, vel per unum ex is, vel per unum ex Ministris, vel per ipsum Sacerdotem, omnäbus humiliter genuferis.
Ouxirorens Deus, Pater Domini Jesu Christi, Conditor omnium rerum, Judex omnium hominum; confitemur et deploramus multi- plicia peccata et delicta nostra, quæ, subinde, impie admisimus, cogitatione, verbo, et opere, contra divinam Majeslalem tuam, pro- vocantes adversus nos justissimam iram et indignalionem luam. Serio nos pænilet, et ex animo dolemus ob has prævaricationes nos- ras; quarum recordatio nobis acerba est, onus intolerabile. Miserere nostri, miserere nostri, Pater misericors; propter Filium tuum Jesum Christum Dominut nostrum, quod præleritum est nobis condona; et concede ut semper posthac tibi in novitate vitæ serviamus, ad honorem et gloriam Nominis tui; per Jesum Christum Dominum nos- trum.
Deinde Sacsrdos erigat se, el ad populum conversus, ila dicat :
Oumroraxs Deus, Pater noster cælestis, qui pro magna miseri- CŒNA DOMINICA VULGO MISSA 221
cordia sua omnibus ex animo pæœnitentibus, ad se eum vera fide con- versis, peceatorum remissionem est pollicitus; Misereatur vestri; et dimittat vobis omnia peccata vestra; liberet vos ab omni malo; con- servel et confirmet in omni bono; etad vitam perducat æternam; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen.
Deinle Sacerdos preeteroa dicat,
AubITE quam consolatoriis verbis omnes ad se veraciter conversos alloquitur Christus Salvator noster.
VENTE ad me, omnes qui laboralis et onerali estis, e ego reficiam vs. Sie Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret, ütomnis qui credit in eum non pereat, sed habeat vilam æternam. Audite etiam quid dicat sanctus Paulus. Fidelis sermo, el omni acceptione dignus, quod Christus Jesus venit in hune mundum peccatores salvos facere. Audite etiam quid dicat sanctus Johannes. Si quis peccaverit, advocatum habemus apud Patrem Jesum Chris- um justum, et ipse est propitiatio pro peccatis nostris.
Deinde Sarerdos, ad Dei mensam conversus, genua flectat, et hanc sequen- Lem dicat orafionem nomins sorun omnium qui communieare volent :
Nos justitiæ nostræ, misericors Domine, sed mulitudinis magna- rum miserationum luarum fiducia, ad han Mensam tuam accedere audemus : Non sumus digni qui vel micas sub Mensa tua colligamus; Tu autem idem ille es Dominus eui proprium est semper misereri Tribuas igitur nobis, benigne Domine, Carnem dilecti Filii tui Jesu Christi ita manducare et Sanguinem ejus bibere in sacrosanclis hisce Mysteriis, ut nos perpeluo habitemus in co, el ipse in nobis, ut cor- pora nostra immunda per Corpus ejus mundentur, et animaæ per pre- Gosissimum ejus Sanguinem laventur, Amen.
Tum Sacerdos Communionem sub utraque speris ipse primus sumat, deinde eam aliis Ministris, si qui adsint, tradat, ut parati sint ad eummum Ministrum adjuvandum, ol poslea populo. Et cun Sacramentum Corporis Christi tradit, unicuique luec verba dicat :
_Conrus Domini nostri Jesu Christi, quod pro te datum est, custo- dial corpus et animam luam in vitam æternam.
El Minister Sacramentum Sanguinis tradens, el unicuique somel dans bibers, el non amplius, dicat,
Sxcuis Domini nostri Jesu Christi, quod pro te datum est, custo- dial corpus et animam tuam in vitam aternam.
S$ Dixconus adsit, vel alius Sacerdos, cum Calice sequatur; et, dum Sacer- dos Sacramentum Corporis ministrat, stcramentum Sanguinis ministret, {ul erpeditius fiat) secundum formulam suprascriptam. 228 HEVUE ANGLO-HOMAINE Tempore Communionts cantent Clerici,
Asus Dei, qui tollis peccata mundi : Miserere nobis. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi : Miserere nobis. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi : Dona nobis pacem.
Eo lempore incipientes quum Sucerdos accipit sacram Communionen :
Etfinita Communione, eantent Clarici Post-Communionem.
Capitula Sacre Soriptur:e, à quibus unum, pro Post-Communime, qu vocant, singulis dicbus dicatur aut cantetur post sacram Communion.
Si quis vult post me venire, abneget semetipsum, et Lollat crucemn suam, et sequalur me. Matth. xvi. Qui sustinuerit in finem, hic salvus erit. Mar. Benedictus Dominus Deus Israel; quia visitavil el fecil redemp- tionem plebis suæ. Ideo serviamus illi omnibus diebus nostris, in sanctitate et justitia coram ipso accepti. Luc. i. Beati servi illi quos um venerit Dominus invenerit vigilantes. Luc. xii. Vos estote parati, quia qua hors non pulatis Fi is hominis veniel. Luc. xii. Ille servus qui cognovit voluntatem Domini sui, el non præpararil, el non fecit secundum voluatatem ejus, vapulabit multis. Luc. xi. Venit hora, et nune est, quando veri adoratores adorabunt Patreut in spirilu et veritate. Joan. iv. Écce sanus factus es; jam noli peccure, ne deterius tibi aliquid coatingat. Joan. v. Si vos manseritis in sermone mev, vere discipuli mei eritis; el cognoscetis veritatem, et veritas liberabit vos. Joan. viii. Dum lucem habelis, credite in lucem, ut filii lucis silis. Joan. xi Qui habet mandata mea, et serval ea, lle est qui diligit me Joan. xiv. Si quis diligit me, sermonem meum servabil; el Pater meus dili- get eum, et ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemus. Joan. xiv. manserilis in me, et verba mea in vobis manserint, quodeumque volueritis petetis, et fiet vobis. Joan. xv. In hoc clarificatus est Pater meus, ut fruclum plurimum afferatis, eLefficiamini mei discipuli. Joan. xv. Hoc estpræceptum meum, ut diligalis invicem, sicut dilexi vos. Joan. xv. Si Deus pro nobis, quis contra nos? Qui etiam proprio Filio suo non pepercit, sed pro nobis omnibus tradidit illum. Ad Rom. v Quis accusabit adversus electos Dei? Deus qui justificat. Quis est qui condemnet? Ad Rom. vii Nox præcessit, dies autem appropinquavit. Abjiciemus ergo opera tenebrarum, et induamur arma lucis. Ad Rom. xiii. Christus Jesus factus est nobis sapientia a Deo, etjustitia, el sanc- GŒNA DOMINICA VULGO MISSA 229
tifeatio, et redemptio : ut (quemadmodum seriptum est) qui glo- ritur, in Domino glorietar. 1 ad Cor. Nescitis quia lemplum Dei eslis, el Spiritus Dei habitat in vobis. Si quis autem templum Dei violaverit, disperdetillum Deus. Lad Cor. iii. Empti eslis pretio magno. Glorificate Deum in corpore vestro, et in spiritu vestro, Dei enim sunt. 1 ad Cor. vi. Estote imitatores Dei, sieut filii charissimi; et ambulate in dilec- tine, sicut et Christus dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis wblationem et hostiam Deo in odorem suavitatis. Ad Ephes. v.
Dainde Sacerdon Dao gratias agal, in nomins eorum omnium qui rommunienverunt: prèus mutem dieut, conversus ad populem,
Dominus vobiseum. Rep. Et cum spiritu to.
Sarerdos.
Oremus.
Ouxrorexs sempiterne Deus, tibi toto cordis affectu gratias agimus, quia nos in his sanctis Mysteriis cibo spirituali pretiosissimi Corporis et Sanguinis Filii tui Salvatoris nostri Jesu Christi pascere dignatus es; et nos eadem recte accipientes certiores fecisti de gratia et boni- {ale tua erga nos: et quod sumus vera membra corpori Filii tui mys- tico, fidelium omnium beatæ societati, incorporata, et hæredes secun- dum spem æterni regni tui, propter merita pretiosissimæ Mortis ét Passionis dilecti Filit tui. Te igitur, cœlestis Pater, supplices roga- mus, ut gratir tuæ subsidiis adjuti in sancta illa socielnte perseve. remus, et en omnia bona faciamus opera, quæ præparasti ut in illi ambulemus : per Jesum Christum Dominum nostrum, cui sit teeum, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria per omnia sæcula sæculorum.
Deinde Sacerdos, ad populum ronversus, eos hac benadictione di fat:
Pax Dei ‘quæ exsuperat omnem sensum) cuslodiat corda vestra et intelligentias vestras in scientia et amore Dei, et Filii ejus Jesu Christi Domini nostri. Et benedictio Dei Omnipotentis, Patris, Filii, et Spiritus Saneli, sit super vos, el maneat semper vabiscum.
Deinde populus respondeat,
Amen.
Ubi nulli sint Clerici, Sacerdos ea omnia dirat que hic ois cantanda
assignatur.
Quum sxcra Communio in feriis celebratur, vel in aomibus privatis, tune Gloria in ezcelsis, Credo, Homilia, et Erhortatio que incipit Vos, dilec- ssimi &e., omitfi posaunt. 230 REVUE ANGLO-ROMAINE ORATIONES, quarum una post Ofertorium dicenda his diebus quibus nulla est Communio.
Avesro, Domine, supplicationibus nostris, el viam famulorum tuorum in salutis tuæ prosperitate dispone : ut inter omnes viæ el vilæ hujus varielates, præsenti misericordiæ lux semper protegantur auxilio; per Christum Dominum nostrum. Amen.
DunGere et sanctificare et regere dignare, Domine Deus Omnipo- tens et æterne, quæsumus, corda et corpora nostra in lege tua, el in operibus mandatorum tuorum ; ut hie eLin æternum, te auxiliante, et corpore et anima sani et salva custodiamur; per Dominum el Salva- torem nostrum Jesum Christum. Amen.
PRESTA, quesumus, Omnipotens Deus, ut verba quæ hodie auribus exterius accepimus, ita gratia tua cordibus nostris interius inseran- tur, ut in nobis bon vitæ fructum proferant, ad honorem et laudem Nominis tui; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen.
AcrionEs nostras, quæsumus, Domine, aspirando præveni, et adju- vando prosequere; ut cuncta nostra operatio a te semper incipiat el per te cœpla finiatur, quatenus sanctum Nomen luum glorificemus. et misericordia tua vilam æternam consequamur; per Jesum Cl tum Dominum nostrum. Amen.
Onmrores Deus, lotius sapientiæ fons, cui patel quod opus sil nobis anteaquam petamus, et nostra in petendo ignorantia; miserere, quæsumus, infirmitatum nostrarum; et quæ pro indignitate nostra petere non audemus, et pro cæcitate nosra non possumus, tu nobis propitius eoncedere digneris, propter dignitatem Fili tui Jesu Christ Domini nostri, Amen.
Oumrorexs Deus, qui in Nomine Filii lui rogantium pelitiones exaudire promisisti; aures Luas, quæsumus, nobis benignus inclina, qui jam preces et supplicationes nostras coram le fecimus; et con- cede et quæ secundum voluntatem tuam fideliter rogavimus, effica- citer consequamur, ad subsidium necessitatis nostræ et ad illustran- dam gloriam tuam; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen.
Pro pluvia.
Deus, Pater cœlestis, qui per Filium luum Jesum Christum uni- versis regnum tuum et justitiam ejus quærentibus omnia corporali vilæ necessaria promisisti; nobis, quæsumus, in hac nostra necessi- tate pluviam tribue congruentem; ul terræ fructus ad nostram con- solationem et honorem tuum percipiamus; per Jesum Christum Dom num nostrum.
Pro aeris serenitate.
Dome Deus, qui olim, propter hominum peceata, mundum univer- sum, octo lantum hominibus exceptis, submersisli, el postea, pro bonitale tua, pollicitus es eum non iterum Le ila deleturum; sup- CŒNA DOMINICA VULGO MISSA 234
plices te rogamus, ut quamvis propter iniquitatem nostram nimia isla pluvia vexari meriti simus, pœnitentibus tamen eam aeris tribuas serenitatem qua Lerræ fructus tempore opporluno percipiamus, et per penam illatam mores emendare, et propter luam petitionis nostræ concessionem tibi_grates reddere discamus; per Jesum Christum Dominum nostrum.
Fri quartis et sentis Litania Anglirè dientur aut cantetur in omnibus locis, eam secundiem formam ‘que Injunctionibus Regie Majestutis pra arripla est; vel qu editer a Celsitudine sua præescripta sil vel fuerit. Et lice nemo sit qui cum. Sacerdote communicare vel, istis Lamen diebus {yest Létaniam finitam) Sacerdos Albam simplicem indunt, vel Superpel- liceu, cum Cappa, el omnia dicat ad Allare (que in celebranda Cena Dominic sunt dicenda) usque ad Offertoriun inclusive : Et deinde adäat unum vel plures er Orationibus supraseriptis, prout opus sit, ad sum orbitrium. Deinde, ad populum converaus, dimitlal eos usitata bnedictione. rundum eundem ordinem fiant omnia celeris diebus, quandocunque popu- us in Eerlesin ad orandum convenire soleat, nultus œutem cum Sacer- dole communicare velit. Lim, Neque in Capellis adljarentibus, ner in alio quocumque loco fiat rele— bratio Cænse Dominic, nisi adsint qui rum Sarerdote communicare velint. Et in haÿjusmodi Capellis adjacentibus, ubi moris non fuit ut populus panem sacrum solvat, vel pro charilate sua provideant ut Commnnionis impensce lolarentur, vel ad eam acripiendam ad Parochialem suam Eccle- siam onveniant. Clauferatur omnis maleria el oreusio dissensionis, Panis in Commumionen prparalus eundem in modum et speciem per hoc universun Regnum fiat: rüdelicel, sine fermento, et forma rotumda, sicut antea, sed sine ulla qua rumque specie impressionis, et aliquantulo major et altior quam fuit anle, quo onvenienter in plures partieulas diridi possit : unusquisque uutem in duas ad minimum particules, vel plures, ad arbitrium Ministri, div dltur, el ta distribuatur. Nec mins in parte accipi quam in loto as ment homines, se in unaguaque partieula totum Corpus Salvutor nostri Jesu Christi.
Lien, Quia Pastores et Parochi intra hoc Ragnum in Parochis suis, sump= libus et impensis sus, Panis et Vini quod ad Sacram Communionem suficiat perpetuo providebunt, (quandcunque Parochiant sui eam in spi- ritunlem suam consolationem accipere velint) ideo Parochianis cujuscunque Parorhie mandatum est, ad hujusmodi sumptus impensasque rependen- dis, singulis Dominicis, tempore Offertori, justum valorem pretiumque panis sacri offerre (cum omni pecunia celerisque qu cum eo offerri tole- banf in uaum Pasiorum Parochorumque suorum, ülque in oodem ordine #1 cursu quo déctum panem sarrum providere et solvere solebant.
Jen, Dtrereplio Sarramenti benti Corporis el Sanguinis Christi cum ejus Sarumenti inslitutione el eum ronsuetudine Ecclesie Primitivæ optime congruat: in Eclesiix omnibus Cathedralibus et Collegiatis alii etiam communirent cum Surerdote qui ministrat. Et ul idem observetur passim 232 REVUE ANGLO-ROMAINE
el ubique per Regarm, unus aliquis ad minimum ex ea familia in sin quiis Parochits cui, in ordine viris su, secundum ordinationem supras- criplam, pro Communionis impensis offerre pertinet, vel aliquis ali quem ut eorum loco offerat providerint, sacram Communionem rum Sacer- dots arcipiat : id quo convenientius fieri potes! quum de tempore vicin su prius certiores farti sunt, ideoque se ad Sacramentum digne acripien- dum disponere possunt. Etuna cum illo vel illis qui ita pro impensis Com- munionés offerunt, celeri etiam qui tune ad id sunt pie præparati Commu- nionem accipiant. Lla Minister, nonnullos semper habens qui sum communicent, lanta et tam sancla Mysteria posait celebrars cum Suffr omnibus et ordine debilo huie offcio assignatis. Et Sacerdos in feris a celabralions Communionis abstineat nisi quoudam habeat qui cum eo com municent. Præterea, Vir omnis et femina Divinum Servitium audire tenetur, el adesse, in Ecclesia Parochiali ubi habitant, ibique orationi devotæ vel facitæ meditationi pie intendere; ÿbi Debita sua persolvere, semel ad minimum. in anno communicare, et ibi celera Sarramanta Ritusque qui in hoc Libro erdinantur parlicipare. Quicumque vero voluntarie, nullam jus- tam ob causam, Eeclesiam Parochialem dereliquerit, vel in ea impie se gesseril, re perspacta, secundum Ragni Lages Ecclesiaaticas ezcommumi- celur, vel aliam patiatur pænam, prout Judiei Erclesiastico visum fueri, ad ejus arbitrium. Item, Quanquam legatur apud untiguos seriplores populum multis adhine annis Sacramentum Corporis Christi demanibus Sacerdotis suas in manus arcipere solitum fuisse, ner aliter a Christo ordinatum sit; ame, qua à sæpe abstulerunt, secum delinuerunt, variisque modis ad superstitionem el impielatem delorserunt : na postea hujusmodi quidquam susripiaur, et ut per universum Ragnum aadem prisvaleat consuetudo, convenire videtur populum vulgo Sacramentum Cor poris Christi in ore auo accipere, de manu Sarerdolis. THE
SUPPER OF THE LORD,
an
THE HOLY COMMUNION,
COMMONLY CALLED THE. MASS
ST. 4 SO many as intemd‘ Lo be partakers of the holy Communion, shall signify their names to the Curate * over night, or else in Îhe morning, afore the beginning of Matins ?, or immediately after.
Second Edw. VI. 1662. James I. 1604.
THE
THE ORDER FOR THE ADMINISTIA-
ORDER FOR THE ADMINISTRATION TION OF THE LORD'S SUPPER, OR HOLY COMMUNION. OF THE
LORD'S SUPPER, 571. 50 many as intend, etc.
And if any of those, el
oR The same order shall, et
HOLY COMMUNION.
{Same throughout as 1549.]
. SO many as intend, ete.
And if any of those, ete.
À The same order shall, le.
ISame throughout as 1549.] Scotoh Liturgy. 1687.
THE ORDER OF THE ADMINISTRATION
Elizabeth, 1669. OF THE LOND'S SUPER, OR HOLY
THE ORDER FOR THE ADMINISTRA- COMMEXION. TION OF THE LORD'S SUPPER, OR [Same as 4552.
ISame as 4532]
$ 51. SO many as intend, ete. $71. SO many as intend, etc. $72. And if any of those, ete. 72. And if any of those, etc. LT: he come dde shall, ete. À 13. The same order shall, ete. {Same throughont as 4549.) ISame throughout as 1549.
1 laone ed., 1559 ‘* as do intend. ” 4552, and all editions after, 3 In Scotch ed, 4637, ‘the Prosbyter ing Preyer ” instead of Mae or Curate. ”. tn; in one ed., 1549, ‘of the Matins.” REVUE ANGLO-ROMAINE.
And
if any of those be an open and notorious evil liver, so latte
congregation + by him is offended, or hava done any wrong lo his neigh bours by word or deed : The Curate S shall * eull him, and aulvertixe him, in any toixe not Lo * presume to the Lords table, until he have openly declared himself to have truly repente, and amended his former naughly life : that the congregation ® may thereby be satisied, 1rhich afore ueere ** offendod : and that the have recompensed the parties, whom he halk done avrong unto, or at he least be‘? in full purpose so lo do, as soon as hr conveniently may.
$ 13. € The same order shall {he Cuvate uso, tcith those beliirt orhom be peréeivell, malice and hatred to rein, not sufering them to be partakers of the Lords table, until he know them to be reronciled. And if one Îhe parties s0 at rrariance be content Loforgive from the bottom of his heart all that the other hath trespassed against him, and lo make umends for that he himself hath offended : and Ha other party will not be persundal Lo a godly unity, but remain still in his frorardness and malire : The Minisler *? in that case ought to admit tha penitent person to he holy Con munion, and not him lhat is obatinate.
Charles II. 1662 luth opeuly declured himself tu
have truly repented and amendel
THE ORDER his former mugkty hfe, That We
Congregation may thereby be sutis-
FOR THE fi, which before were offendel:
and that he hath rrcompensed the
Administration of the Lord's Supper. | partiesto rhom he hath done wrong. or at least déclare himself to be hi on full purpose so 10 do, us soon ns he À ronvenientiy may. HOLY COMMUNION
$ 31 € So many as intend to be parta- 73. The same order shall the Cu= takérs of. the holy Communion shall raté use, etc. signify. their names Lo the Curate ef least some time the day before, [Same as 1549. with following addition}
$ 72€ And if any of those be an Provided that every Minister so repel- open and notorions evil liver, or ling any, as is specified in this, ur have dons any irrong 10 his neigh- le ner precrdénd Paragrapk of bours by word ordeed, so that Lu this Rubrick, shall be obliged 10 gire Congregation be thereby affended an account of the same to the Ordi- the Curate having Anowledge there nury rcithin fourteen days after ut of, shall call him and advertise him, Che farthest. And the Ordinary shull that in any wise he presume not 16 prote against the ofending person come Lo the Lords table, until he aerording to the Canon,
4 In Scotch od., 4637, “ tho Church. come 10. ”
In Scotch ed, 1694, * the Presby- %1n Scotch ed., 4637, + the Church.” ter et Curate. ” 6 In Scotch ed., 4637, & was, ?. 4 In eds, 1353, and aferwards, t ha- In eds. 4552, and afterwarda, + at «ing knowledge thereof shall. ”. declare himself to be, ” TIn three cds., 4549, # Lo ” omilteu. Scotch ed, 1637, the Bresbyter Sin Scoteh ed., 1607, presume 10 or Minister, ”
ACHIGAN
TRE SUPPER OF,THE LORD AND THE HOLY COMMUNION 238
SU. ÿ Upon the day, and at the time appointed for the ministration of the holy Commuuion, the Priest that shall ezecute the [holy] ministry, shall pu upon him the vesture appointed for that ministration, that is (0 say : a rrhite Albe plain with à vestment or Cope. And where (here be many Priesls or Deacons, there so many shall be ready to help the Priest, in the ministration, as shall be requisite : And #hall have upon them likewise lie vestures appointed for Éheir ministry, that is to say, Albes with tunicles. Then shall he Clerks sing in English for the office, or Introit, (ax they eall it: a Psalm appointedfor that day.
The priest standing humbly afore Îhe midst of the Allar, shall say lle Lord's prayer, with this CollecL.
Ausieury God, unto whom all hearts be open, and !* all desires Anowa, and from whom no secrets are hid : cleanse the thoughts of our hearts, by the inspiration of thy Holy Spirit : tha we may per- fectly love thee, and worthily magnify thy holy name : through Christ our Lord. Amen.
Second Edw. VI. 1552. Here follow: saIn this and subsequent editions, à 12, rien Pas or the Hihop, ee. See p. 268.]
nbrie $ 14 beginning * Upon tho da fui nant is mille, and in its stead is ordered Elizabeth, 1659. he following.] & 75, 76. Then Table having, ete. 433. {The Table having at the Com- ISame as 1552.) munion time a fair white linen cloth AcmiGr God, unto whom. ete. on it, shall stand in the on of ISame as 4549. the Church, or in the chancel, ui Iere follows 4 19. See p. 217.) de appaiated Ge said, Morning prayer ad Evening payer | S$ 38. Then shall be said - ; or sung, 8 76. And the Priest | GLony be 10 God on high, ete. standing at he north side of the Same as 1549, to]. Table, shall say the Lord's prayer, : God the Father. Amen, ah his Collect. following. {Here follows $ 428. Sc p. 259.]
Aoianrs God, unto whom, ete. James I. 1804.
Nine es ant l S 75, 76. The Table having, ete.
Christ our Lord. Amen. l Same as 1552.) [Here follows | AumiGuTy God, unto whom, ete.- Then shall the Priest rehearse [Same as 1549.) Seo p. 26.1 | [Here follows $ 19. See p. 216.
$ 38. Then shall be said or sung 1, Then shall be said or sung, GLonx be to God on high : And LoRY be to God on higl in earth peace, etc. | Same as 4549, 10] ISame as 4549, Lo] God the Father. Amen. God the Father. Amen, | IHero follows$ 18. See p. 259.1
5 In od. 4582,
and afterwards, i and” printed as on® word
omitied. Pia This hymn, im eds. 1532 and subse= In ed. 1663, : where morning and ... quent editions, is inserted_ towards the erening praser are." énd oftho Order, afer ÿ 121. ln one ed., 4959, “ northside ” 236 REVUE ANGLO-ROMAINE 877. Them shall he say a Psalm appointed for the introit : whirh Psaim ended, tha Priest shall say, or else ha Clerks #hall sing, iii. Lord have mercy upon us. : Christ have mercy upon us. iii. Lord have merey upon us.
878. Them the Prisst stmnding at Goï'a board shall bagin,
Glory be to God on high. The Clrks ‘*. And in earth peace, good will towards men. We praise thee, we bless thee, we worship the, we glorify her, we give thanks 10 thee for Lhy great glory, O Lord GOD, heavenly King, God the Father Almighty. [0] Lord the only begotten Son Jesu Christ, O Lord GOD, Lamb of GOD, Son of the Father, that takest away Lhe sins of the world, have mercy upon us ‘# : thou that takest away the sins of he word. receive our prayer. Thou that sitlest at the right hand of God the Father, have mercy upon us : For thou only art holy, thou only art the Lord. Thou onls, O Christ, with the Holy Ghost, are most high in the glory of God the glory of God the Father, Amen.
$ 79. Tâem the prisst shall turn him to (he people and say,
The Lord be with you. The Answer. And with thy spirit. [The] Priest. Let us pray.
Sootoh Liturgy, 1687. [Same as 1549, to]
$ 75. The holy Table having [at the | God the Father. Amen. Communion-time & carpet and a | [Here follows $ 198. See p. 258. fair white linen cloth upon it, with other decent furniture, meet for the Charles II. 1682. high mysteries there Lo be celebra- | 13 75, 18. € The Table at the Comnu- 8, shall tend af dhe uppermott | Pa having a fair, etc. with part of the chancel, or church, 8 76, (Same. as 1552, 10] where the Presbyter standing'at the | the Collect following, the pemple north side or end thereof, shal say | eeling. the Lord's prayer, with £his collect “hi Piste fe de bretons Où du art, etc.
Our Father which art, etc. deliver us from evil. Amen. {printed entire 10] The Collet. 755 deliee us fromNent Aienr Aziourr God, unto whom. rie. ALm1G#Ty God, unto whom, ete. [Same as 1549. jeans 15) {Here Pi 4 19. See p. 217 [Here follows $ 19.; 8 78. Then shall be said or sung. 78. Then shall be said or sung, Glo- | ... GLoRY be to God on high. ie Excelsis, in Enylixhas follo- ast weth. GLORY be to God on high, ete.
17 In ed. 1559, and afterwards, “ The words ‘ Thou that takest away the sins Clerks omiled.. of the world, bave mercy upon us," 19 In eds. 1852, and aferwards, the are hero inserted. TRE SUPPER OF THE LORD AND THÉ HOLY COMMUNION 237
Second Edw. VI. 1562. Minister.
#73. € Then shall the Priest rehearse Thou sbalt not take the name of dislinctly all the Ten Command- the Lord thy God in vain : for the ments : and the people Meeling, Lord will not hold him guiltless si after every Gomandnentask that taketh his name in vain. 's for their ts PRSÉON PU De People. Lord, have méreÿ upon us, and Minister 30, incline our, etc. God spake these words, and said: Minister. Jun the Lord thy God. Thou shalt ave none other Gods But me, Remember that (hou keep holy the Sebbath ? dey ©. VI. days À People. #halt thou labour and do all that . Lonl, have mercy upou us, and thou hast to do #, but the seventh ts inefine"our hearts to keep this law, das is the sebbath of the Lord thy Minister. God. In it thou shalt do no manner of work thou and 1hy son and thy Thou #halt not make Lo thyself 2 any graven image, northe likeness ; thy man servant, and tbÿ hy_cattle, and the ofane thing that is in heaven above, ur in 3 the éerth beneath or ! in thé strange: is withi ates : for in six days the Lord made hea- water under the earth. Thou shalt ven and earth, the sea, and all that ao! ? bow down 3 to them, nor wor- in them is, and rested the seventh ship 2 them : for 1 the Lord thy God day Wherefore am a jealous God, and visit the sins the seventh day of the fathers upon the children, unto the third and fourth genera- People. tion of them that hate me, and shewé Lord, have mercy upou us, aud mere unto thousands in * them that inclineour. ete. lwe me and keep my command- Minister. ments. Honourthy fatheraud thy mother, People. that thy days may be long in! the Lord, bave mercy upon us, nd land Which the Lord thx God giveth incline our hearts 10 keep this thee.
om sv ua en 3 In Seotch od., 4697, ‘of,
ne A E 3 In Scoich ed., 4637, this response is
be of "80 L abbroristed liko ie others. In ed. 1682, 13 he respon ses aro printed in full through:
In ed. 1604, “ The Minister, "and out.
RU, %-la one ed., 1559, ‘+ Sabot. ” A en, ai = 10 In Scotch'ed., 1637, “ iber
Ja Scotch ed , 1637, “ or any like- the Sabbath-day 10 keo
MUC: 80, and Sir
or that is in.
ln two eds. nor; "in Scolch in Scoteh ed. 1697. ‘all thy work. ” ed, 1697, * or th à 19 Ta eds. 1980, # VI, da. in on od., 4599,“ not now bow, ” 1 In Scotch ed., 4837,‘ sbalt not do in Scotch e4., 1647, down thysel. ag work” ‘in Scotch ed., 1697, # nor thy , 4697, cattle, nor thy stran! 5" in 'od. 1662, 16 Ja Scotch ed., 1697, Sabbath day. 17 In Scotch ed, 1631, ‘* upon. 238 REVUE ANG LO-RONAINE
People. | Minister.
Lord, bave merey upon
God spake these words, eur.
ineline ‘our, Minister. Thou shalt do no murder 1, James I. 1604. People. 9. Then shall the Priest re- Lord, have me hvarse, ete, iueline Jour, ete. ISame as 1559. Minister. Thu shalt not commit adultery. The Minister. People. God spake these words, et. Lord, have mere upon us, and ISame as 1552.) ineline our, ete. Minister Sootoh Liturgy, 1697. Thou shalt not st $ 79. Then shall the Presbyter, tu. People. ing to the People, reheurse disine Ly all he TEN CO A MM NDMENTS : Lord, have me upon us, land cline"ourl, the People all the while hneeliny ete, and asking God's mercy for le Minister. transgression of every duty thercin, Thou shalt not beur fl rither according, Lo the letteror against thy neighbour, &0 the mystical importance of the People. said Commandment.
Lord, have mere up us. and God spake these wars, ete. incline ‘our hearts io kewp this law. [Same as 1532, except + Presbyler* Minist instead of ‘* Minister ” throughout.
Thou shall not cover thy ncigh hours house, Thou shalt not cover ty neighhours wife, nor his ser- Charles II. 1662. vant, nôr his maid 4 nor his 0x, S 79. € Then shall the Priest, tu- por his as, nor ans thing that is ning Lo Lhe people, rehrarse distinc his Uy all the TEN COMM ANDMENTS People and the people still Kneeling, shall Lord, have merey upon u aud | after every Commandment. ask God write all these thy laws in our merey for their transgression there li we heseech the. of for the time past, and grace to keep the same for the time Lo come, as followeth. Elizabeth, 1550. Minister. S 30. Then shall the Priest4 4 re leurse, ete, GOD spke these Words, ete. ISame as 1552. ISame as 1552.
! In one ed., 4552, and on ed., 1559, servant, nor his maid-servant. " “ shalt not do’murder; " in Scnteh ed. Sin Scotch ed. 1697, tjs Lhy ne 1637, + shall not kill; "in ed. 1663! “* shalt do no murther. In Scotch ed, 1637, + nor his mar-
ICHIGAN
TUE SUPER OF TRE LORD AND TUE HOLY COMMUNION 239
$80. Then shall folloir the Collect of the day. with one of these tro Collects Sollowing, for the King 3.
Priest. Lel ut pray ‘.
Aumeury God, whose kingdom is everlasting, and power infinite, lave merey upon the whole eongregation, and so rule the heart of lhy chosen servant Edward the sixth, our king and governor, that he knowing whose minister he is) may above all things, seek thy honour and glory, and that we * his subjects (duly considering whose autho- rity he bath) may faithfully serve, honour, and humbly obey him, in lhee, and for thee, according to Lhy blessed word and ordinance: through Jesus Christ our Lord, who with thee, and the Holy Ghost, liveth and reigneth, ever one God, world without end. Amen.
Second Edw. VI. 1662. Queen and goveruor, that
le, ete.
S#0. Then shull folle le Coltret of | %l ï as A5. except* Le day, with one of these luru Col. | (Same lects follonring for lhe king : the | a FN el Priest * standing up and saying. E L ALMGNTY and everlasting God Let us pray. the heart of Elizabeth th Priest, unt, jour Queen koi
AimGry God, whose kigdont Eat ir all her, ete. iersting, ete. st sho * for lie, for “him. ”] ISame as 1549 S 84. immediately after the Auteurs aud everlasting God, Collects, etc. se be taught, ete. ISame as 1552 | Same 1519. SX. € immediately after the Collects, le Priest shall read the Epistle, James 1. 1604. beginning thu $ 40. Tarn shall follow, ete. € The Episie wriden in the {Same as 1552. Chapter of. AEMtGuTY God, whose Kingdom, 2 thy chosen Servant James, etc, Elizabeth, 1569. ISamo as 1549. S 80. Then follow the Collet of thr Auuury and everlastiug God, day, with one of thrse to Collects ei. heurt of James ty servant. et . following for the Queen ; | ISame as 1540.) SKI, Immediately after the Collects, ue.
ISame as 4552.
3 In cd. 1559, ‘* tho Queen. ” : In ed. 4662, ve and all his. ” ! In one ed.. 1549, “ Priest. Let us 5 In ed. 157, Minister, pray " omitled.
UNIVERSITY OF MICHIGAN
240 REVUE ANGLO-ROMAINE AuuurY and everlasting GOD, we be taught by thy holy word, that the hearts of Kings* are in thy rule and governance, and thal thou dost dispose, and turn them as it seemeth best to thy godly wis- dom : We humbly beseech thee so * to dispose and govern the heart of Edward the sixth, thy servant, our King and governor, thal in all his thoughts, words, and works, he may ever seek thy honour and glory, and study lo preserve thy people committed Lo his charge, in wealth, peace, and godliness : Grant this, O merciful Father, for hy dear Son’s sake, Jesus Christ our Lord. Amen.
S84. The Collects anded, the priest, or he that is appointed, shull read de Epistle, in à place assigned for the purpose, saying. The Episile of Saint Paul, written in the — Chapler of —
Sootoh Liturgy, 1687. Charles II. 1662.
$ 80. Then shall follow one of these $ #0. € Then shall folloto one of these lo Collects for the King, and the to Collects for the King, the Priest Collect of the day, the Presbyter standing as before, and saying. standing up and saying, Let us pray.
Let us Praÿ
AuiëmrY Cod. whose kingdom meres à is “everlasting, and power infinite, so rule à rt ofthy chosen ser- have merey upon thy holy Catholic vaut Charles, ete. Church : "and in this particular ITbe same as 1549]. Church in which we live 0 rule the heart of fhy chosen servant Charles, ete lastiug God. LSame as 4549. S the heurt of Charles 1by servant, ete. AvsiGry and everlasting God, The same as 1549.] we be taught by, etc. heurt of 4 Then shall Le said the Collect of the Charles 1hy servant, et day. 1Same as 1549. S 81. And immediately after the Coll. $ 81. Jwmediately after the Collects, ect the Priest shall read the Epislle. the Presbyter shall read the epistle, saying. The Epistle [or, The por- saying thus. *: The epistle Jisf writ. tion of Seripture appointed for ten the chapter of at the verse. the Epistle] is written in the — And whem he hath done, he sha Chapter of —— beginning at the say, ** Here endeth_the’epistl —— verse
{In one ed., 1559,
5 In one ed. 1849,
La Directeur-Gérant: FERNAND PorTaL.
PARIS, <— INPRIMERIE F, LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.