47e ANNÉE N° 24 16 MAI 1896
REVUE
ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE
Spiritus Sanctus po
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gere Ecelesiam Doi.
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Marre xt, 18-10,
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SN. Jacques de Sarog et le Suint Sacrilice offert
pour les Morts . 2
Avsrix Ricnarpsos. le 480 R. P. Doxœusur x Albert-le-Grand. . + Je Chronique. . 309 Livres et revue: . a Docuxexr ....... Concordance des diverses éditions du Prayer Book... k 32
PARIS
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1896
UNIVERSITY OF MICHIGAN
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Les opinions émises dans les articles signés n'engagent que la responsabilité des auteurs.
MÉDAILLE DE JEANNE D'ARC
Jeanne terrassant la Franc-Maçonnerie
À l'heure présente, un peu partout, mais seulement son étendard où brillent les surtout en France, deux armées sont aux noms de Jésus et Marie. De l'extrémité de prises: l'armée de Dieu et de la religion, la hampe. elle frappe et traverse le dra- etla gon représentant la Franc-Maconnerie. Le Le Souverain Pontife a dénoncé Le danger monstre est revêtu des insignes maçonni- qui menace la société cwvile, en même temps es; dans sa rage impieil renverse le ca- quo le caractère criminel de la secte, ses lice et l'hostie, et il exhale son cri de rage projets el ses artifices. Ni Dieu ni Maître. Le cheval s0 cabre invite des chrétiens À combattre et à dessus des Saints Mystères profanés ; et repousser l'ennemi, non pas avec des ar- Jeanne triomphe dans sa faiblesse, en mes dissimulées ou dans les ténèbres, mais poussant le cri de guerre: De par le Hoi en pleine lumière et bien ouvertement, du Ciel! On a voulu répondre à la voix du Pape. On a su, avec un art parfait, renfermer var une médaille que chacun portera dans les ‘limites étroites d'une médaille comme un signe de sa foi et de sa soumis tout ce drame religieux et_ patriotique. sion. G'est un petit chef-d'œuvre de dessin et de Cette médaille qui est uno véritable œu- gravure.
vro d'art, réunit l'amour de l'Eglise et Nous tenons cette médaille en argent à ln l'amour de la France sous les traits de disposition de nos lecteurs. Jeanne d'Arc terrassant la Franc-Maçonne- suflit d'adresser, en mandat-poste, rie. autant de fois 4 fr. 25 que l'on désire re Tout le monde connait l'ordre ve cevoir d'exemplaires. grand Maitre interdisant aux loges d' ité, ajouter © fr. 80 en sus pour ierln fête nationale de Jeanne L mandation à la poste. Française, et l'opposition que la secte Par quantité de 4 douzaine et au-dessus, continue de faire à la Pucelle et à son et pour les localités desservies par le che: triomphe. min de fer, en raison de la valeur décl C'est de là que vient l'idée ou le dessin do ia médaille. pour le port etl'emballage. u Jeanne à cheval, arméo du secours de Envoyer les lettres et mandats à M. l'ad- Dieu, ne porte ni casque ni épée; elle tient ministrateur de la Revue, 17, rue Cassette. JACQUES DE SAROG
ET LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUR L MORTS
Jacques de Sarog, regardé tant par les catholiques que par les héréliques orientaux comme un des plus célèbres docteurs syriens, vivait dans la seconde moitié du v* siècle. Sa science profonde et ses grandes vertus le firent élever au siège de Sarog ou, pour parler plus exactement, de Batna de Sarog (Sarog est une contrée de la Mésopu- lamie}, vers l'an 519 ou 524. 1] mourut le 29 novembre 522. J'ai évilé à dessein de donner au grand écrivain, appelé par ses compatriotes « la flûte du Saint-Esprit, la guitare de l'Église », le nom de saint, parce qu'il existe une controverse pour savoir si ce litre lui convient ou non. Ceux qui le lui refusent (en général tous les savants occidentaux) s'appuient surtout sur les faits suivants : ai Parmi les anciens, Bar- Hebræus, célèbre hisiorien jacobite, affirme que Jacques de Sarog élait de sa secte. b) On a de l’évêque de Sarog: 4)une lettre aux chré- liens de Negream; or, dans celte lettre, Jacques professe le monophy- sisme. 2) Dans une homélie, le grand évêque admet la même doc- wine. 3) Enfin, une lettre de l'évêque de Sarog contient des anathèmes, des excommunications contre Léon le Grand et le concile de Chalcédoine. Ce sentiment est partagé par M. Guidi, savant orienlaliste, profes- seur à la Sapience, par M. Bedjan, prêtre de la Mission, M. Martin, par Wright, ete. Ceux qui sont de l'opinion contraire : a) objectent le culte rendu à Jacques de Sarog par différentes Églises, notamment par les Nesto- riens, ennemis acharnés des Jacobiles. 8) Pour ce qui regarde Bar- Hebræus, Assemani et Mgr Abbeloos répondent : Abulpharage (Bar- Webræus) est munophysite; dès lors, rien d'étonnant, s'il cl Jacques de Sarog parmi ceux de sa secte, puisque d'autres hi ques vont jusqu'à fabriquer souvent des pièces entièrement fausses afin de ranger des hommes illustres parmi leurs coreligionnaires. 6) Quant aux lettres adressées tant aux chrétiens de Négream qu'aux moines de Mar Bassus, elles ont dû être fabriquées par des hérétiques REVUE ANGLO-ROMAINE, — T, I — 49 290 REVUE ANGLO-HOMAINE ainsi que son homélie : c'est le sentiment des Chaldéens de la Méso- potamie et des Maronites. Mgr Abbeloos et M. Bickell, depuis l'apparition des leteres citées,ont abandonné cette seconde opinion pour embrasser la première. Nous aurons ocession de reprendre plus tard à loisir celte ques- tion. Ces quelques mots suftiront aujourd'hui pour présenter à nos lecteurs l’auteur du traité que nous allons traduire. Dans ce pelit traité on remarquera surtout les vérités suivantes: a) le sacrifice de la messe offert pour les morts et son eflicacilé; 8; le changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ «) la présence de Notre-Seigneur dans le sacrement de nos aulels: 4) l'appel à l'autorité de l'Église dans les points douteux 6) le baptème des enfants avant l'âge de raison. Le texte dont nous donnons la traduction se trouve dans le cin- quième volume de la Vis des saints et martyrs, de M. Paul Bedjan. L'éditeur bien connu de cet ouvrage l'a fait copier sur le manus- crit 496, fol. 441 de Paris, et la copie a été collationnée avec le manus- crit 116 de la bibliothèque Vaticane.
SUR LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUR LES MORTS
je savais] qu'il y eût quelqu'un pour m'écouter favorablement
Je lui aurais communiqué mes pensées pleines de bon sens.
Pourquoi, en effet, parler à un homme qui ne me porte point affection? Sans affection dans le cœur aucune parole ne saurait être profitable. L'homme qui n'a que du dégoût pour les choses spirituelles, Par le fait même ne fait pas grand cas de la doctrine. Le monde, rejetant petit à petit loin de lui les bonnes habitudes, Bannit conséquemment de son être la foi, l'espérance et la charité. La crainte du Seigneur qui est la cause de tout bien, Diminuant dans le cœur des hommes, ceux-ci perdirent l'usage des sacrifices; Aussi la malice, premant possession de la terre, Rendit la pratique de la vertu difficile. Les hommes ne négligèrent pas seulement de faire l'aumône, Mais encore le sacrifice pour les défunts eut le même sort. De tous les vœux, de tous les dons et dimes, ‘Une seule chose resta aux hommes de ce siècle: C'est le sucrifice [de l'autel institué] pour les sanctifier. Et pourtant ils le négligent et ne le vénérent pas, comme il convient. Le pain et le vin, qui sont le sacrifice du corps et du sang [du Christ}, .... milfil _ JACQUES DE SAROG ET LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUR LES MORTS 294
Ont été le fondement de tous les sacrifices [anciens]:
C'est par le sacrifice [de nos autels] que les anciens se sont approchés de
IDieu.
C'est grâce à ce sucrifice que, nous antres auesi, nous recevons par-
[don du Seigneur.
Le paiu et le vin étaient la matière dont se servait Melchisedech
Pour sacrifier au Dieu [Très Haut] d'une manière mystique.
Il offrait ce sacrifice immaculé et sans tache,
Pour représenter les choses qui devaient un jour s'accomplir.
Delchisedech], qui a été choisi Pontife parfait pour l'éternité.
De tous les sacrifices ne choisit que le pain et le vin.
Lui [grand Prêtre], qui jugeait sainement de toutes choses,
Connaissait que le sacrifice [du pain et du vin] pouvait, seul,.puri-
fier le monde.
11 savait qu'avant lui Abel et Noë avaient offert des sacrifices sanglants.
Aussi il omit d'offrir au Seigneur le sang des animaux.
Son esprit discernait donc avec justesse,
Que le pain et le vin étaient le seul sacrifice à offrir à Dieu.
Les mystères. qui sont aujourd'hui les soutiens de l'Église [de Jésus-Christ]
Ont été offerts par Melchisédech dans l'antiquité.
Aussi, Moïse. le grand prophète qui a offert des sacrifices,
Connaissait par l'esprit la beauté de cette oblation ;
Lui, qui a voulu que les pains de proposition fussent toujours sur la table.
Et sur cette [même table] il offrait tous les sacrifices d'une manière
Imystique.
Ayant un grand nombre de brebis et de bœufs à présenter au Seigneur,
11 préféra le pain à toutes ces offrandes, le voulant perpétuel.
{Le grand prophète] plaça le pain en présence du Très-Haut sur la table,
Et l'appela pain de proposition.
Ce pain donnait! de la valeur à tous les autres sacrifices,
Parce qu'il était la figure par excellence ? du grand mystère du saint
[corps du [Christ}.
Siles mains des anciens immoluient ce sacrifice;
Combien ne serait-il pas avantageux à nous,
si nous nous en servions:
Si l'ancienne loi se réjouissait d'un tel honneur pour elle,
Quels ne doivent pas être les efforts de la nouvelle pour le vénérer!
Siun simple pain matériel était plus honoré que tous les sacrifices,
[Quelle ne doit pas être notre vénération] pour ce grand sacrifice
fqui est aujourd'hui le corps [du Christ].
Les anciens avaient en vue ce grand sacrement quand ils immolaient leurs
{sacrifices :
Par là même, ils nous le montraient comme source de tout bien.
Et pourtant l'Église, fille du roi [des cieux], n'emprunte rieu aux symboles
Jautiques.
Quaud elle preud aujourd'hui dans ses mains nos mystères et les
| rompt.
1 Motà mot: était l'ornement.
4 Rendait excellent.
292 REVUE ANGLO-ROMAINE
Dans le cénacle elle vit son Maitre rompre son corps [sacré]. Cette vue lui apprit à faire de même tous les jours selon le comman. [dement du Seigneur. Ce n'est pas Melchisédech qui a appris à l'Église à agir de la sorte, Mais [l'Épouse du Christ] vit son Maitre et elle suit chaque jour son exemple. Ce n'est pas de! Moise, qui était un homme mortel, que l'Église a appris [cette pratique. Mais c'est Jésus, Fils de Dieu, qui lui a enseigné ce mystère. Aussi elle est fière et orgueilleuse de voir instituer cette offrande, Parce que les vivants et les morts peuvent en tirer leur profit. Pourquoi cette grande source de bien pour chacun de nous N'est-elle plus fréquentée par les hommes, mais est-elle complé- [tement négligée’ Les mortels ont méprisé ce pain sanctifiant et ils n'en font pas grand cas, Faut-il pour cela nommer les personnes qui négligent cette pratique? Non, je n'accuserai personne de ceux qui m'évoutent et qui me compren- nent. Je ne dirai pas non plus que vous avez de l'affection [à ce sacrement}; Qu'il me soit permis cependant de faire entendre ma voix à vous qui Im'écoutez avec affection, C'est la charité que je vous porte qui me presse de vous adresser les [paroles suivantes. Aussi recevez-les avec le même amour : Ne négligez jamais de poser le pain sur la table du Seigneur; Et versez chaque jour son vin d'une manière spirituelle. Apportez avec amour du pain et du vin au sanctuaire [du Seigneur] Afin que le prêtre l'offre au Très-Haut à votre intention. Moise avait fait mettre sur l'Ephod du [grand prêtre] les noms des doute Lribus, Afin que le Pontife en fit souvenir en entrant dans le saint des saints. Quant à vous, offrez le pain Eucharistique pour vous et pour vos défunts, Donnez-le au prêtre pour l'offrir au Seigneur. Faites un grand banquet, invitez vos morts, et ils y viendront, Ils s'approcheront de l'autel qui est un lieu de repos pour tous les Lesprits U'est en cela que tous témoignent l'affection que vous portez à votre défunt, Le deuil que vous feriez pour l'honorer ne lui profiterait de rien. Offrez au Seigneur son nom, ses intentions avec le don que vous faites, Tenez pour assuré que votre (oi ne restera jamais sans être récom- Ipensée par la Justice [mème] Faites donc mémoire de lui sur l'autel du sanctuaire, Avec du pain et du vin qui sont le sacrement du corps et du sanf {du Christ]. de m'adresse maintenant d'une manière spéciale aux femmes chrétiennes Je leur dirai, si elles daignent m'écouter favorablement : Vous allez au tombeau pour pleurer, Pour montrer par vos gémissements votre affection à vos défunts. JACQUES DE SAROG ET LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUR LES MORTS 293
Vous avez abandonné l'Église, ses offices, ses hostie Vous vous en êtes allées au cimetière pour pleurer les personnes qui [vous sont chères, 0 femme croyante, cherchez votre mort chéri dans le temple saint, Auprès du Seigneur entre les mains duquel sont toutes les âmes. N'ellez pas au tombeau vous adresser au défunt; il ne vous écoutera pas, 11 n'est pas là, mais cherchez-le dans le lieu de propitiation, Où les âmes des défunts font leur séjour, Parce que le sanctuaire est le lieu de repos pour ces saintes âmes. Là est leur nom, là est leur mémoire, Dans le grand livre de la Divinité qui contient tout. Le sang du Sauveur, répandu sur la croix, donne la vie aux âmes, Il les attire de toutes ses forces à venir à lui. Si donc votre défunt, 0 femme, est dans le sanctuaire, Pourquoi allez-vous comme une folle le chercher au séjour des morts? Vous avez perdu votre bon sens, votre foi est bien faible, C'est la coutume qui vous a entrainée à chercher ces folies; Un sentiment naturel vous a attirée au tombeau pour parlerà votre mort. Vous n'avez pas vu que par là vous avez causé un grand scandale [i vos proches.] Si votre cœur avait un peu d'amour pour Dieu, Au lieu de pleurs et de gémissements, vos lèvres ne proféreraient {que la prière. Rejetez done, à vous qui êtes dans la douleur, rejetez ces habitudes insen- (sées, Mettez toute votre confiance dans le foi qui vous anime. Que votre affection pour votre cher défunt soit plus raisonnable En faisant mémoire de lui dans les offrandes et dns les prières. Les gémissements que vous ferez entendre au cimetière ne profiteront pas là votre mort;
Mais c'est votre offrande qui sera d'un grand secours à vous et à
votre défunt;
Les larmes que vous avez répandues au sépulere, Répandez-les ici dans l'Église; faites cela avec discernement. Toutes les choses dignes de respect ne sont faîtes qu'avec inconsidération, Le monde entier s'adonne aux futilités et cela avec une extrême {ardeur. Le mort est privé de l'oblation qui lui viendrait en aide, On préfère aller au tombeau adresser la parole à celui qui n'écoute {personne Ce qui est pressant est omis avec une entière négligence, Ce qui mériterait d'être laissé de côté est pratiqué injustement, On n'imite pas l'exemple d'Abel qui offrit les plus belles et les plus grasses [de ses brebis; Ni Noé le juste qui immola les animaux purs qui lui restaient; Ni Abraham qui sacrifia des génisses au Très-Haut; Ni Jacob qui donna à la Divinité la dixième partie de ses biens. Que dire de Loth qui, pour pratiquer la justice, livra ses filles? 2% REVUE ANGLO-ROMAINE Et du grand Moïse qui ordonna que les premiers nés des animaux {fussent immolés! Le Tabernacle nous est décrit comme orné de l'or et de l'argent des Lébreux. L'Ecriture ajoute que chaque homme apportait à la ma n du Sei- leneur Dans la mesure de son possible, du coton filé 'des ornements précieux. “est parles sacrifices, par les vœux, par les dimes et par les présents choisis, Que les justes [de l'Ancien Testament] montrèrent leurs sentiment
Là Dieu
La mème occasion vous est offerte aujourd'hui pour immoler votre sacrifice. Et pourtant vous méprisez, vous négligez le don qui peut vous aider. La cause en est que la charité se rofroidit et la foi s'en va des cœurs dec Ihommes. Aussi l'âme est dans les ténèbres, l'iniquité va en augmentau Iloblation une fois omis Le pain [matière] du sacrifice, qui est une vé itable offrande. de l'âme, est laissé de côte Personne n'en apporte au sanctuaire selon la coutume. L'humanité se dégoûte de ce qui est précieux et beau, Pour ne s'adonner qu'à ce qui nuit au bien de l'âme. LLes parents] du défunt, ne songeant qu'à partager l'héritage qu'il laisse. Ne pensent nullementà offrir des dons pour son âme. Les mauvais héritiers ont pris son bien, puis ils oublient son affection à leur égarl. Inutile de dire que tout ce qu'il leur laisse ne servira pas à offrir pour [ui un sacrifice. Semblables aux voleurs de grand chemin, ils ont partagé les habits qu'il fpossile, s jettent le sort sur ses plus belles poss La seule différence qui existe est que les premiers partagent le butin en pas. Tandis que les derniers le font avec colère, contestations et disputes. Conséquemment les héritiers sont plus méchants que les voleurs. Parce qu'ils méprisent, chaque jour et en toute chose, l'amour du [défunt pour eus. en effet, il y avait dans leur cœur l'amour de Dieu, Ils l'auraient regardé comme un frère dans le partage de l'héritage Ils auraient gardé une partie de son bien qu'ils partagent, Pour l'offrir ensuite en mémoire et en sacrifice pour Ini, Mais. comme ils sont loin de la justice et de l'équité, Ils ont pris, partagé son héritage, oublieux du bienfait rendu. Il en est tout autrement de celui qui a dans le cœur l'amour de Dieu: Après la mort il montre à la personne aimée qu'il ne l'oublie pas Aussi, par les dons, par les sacrifices et par les prières, Il ne cesse de faire mémoire de lui devant le Seigneur dans le saint ITemple. JACQUES DE SAROG ET LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUK LES MORTS 293
Que les défunts tirent profit des sacrifices qu'on fait pour eux, Cela m'est évident et je n'ai pas besoin d'interroger [d'autres per- Isonnes sur ce point]. Si pourtant quelqu'un persistaità me questionner sur des choses évidentes, Il lui est facile d'apprendre toute la vérité dans l'Ecriture. Judes Machabée, ce guerrier courageux et juste, Avait compris qu'il fallait offrir un sacrifice pour les morts. La grande foi de cet homme mit cela en pratique, Etla victoire remportée sur l'ennemi témoigne hautement que son [sacrifice fut agréable. Le Triomphe éclatant dont il a été témoin, Déclare que les morts ont tiré profit du sacrifice de cet homme sage. Hudas Machabée] était donc un homme courageux, un homme de Dieu, Intendant fidèle, intelligent, et plein de zêle [pour les intérêts du [Seigneur]. il a offert des sacrifices pour les morts, afin de les sanctifier, C'est pour apprendre au monde son action louable et digne d'être limitée. Si alors que la mort régnait sur le monde et le dominait, Les sacrifices ont pu sanctifier les morts malgré sa puissance; Que doit-il en être, maintenant que le pouvoir de la mort est détruit et [réduit à néant. Aussi personne ne doute de l'efficacité du don propitiatoire pour les [défunts. Le même que le Prêtre Judas offrit au Seigneur le sang des animaux, Et que par ce sacrifice il lui réconcilia les morts et en obtint le par- Lion de leur impureté; Ainsi l'Église, aujourd'hui, non par des sacrifices infirmes, Sanctifie les morts, mais par le sang du [Dieu] Immortel Coneluons done : si cette oblation ordinaire de Judas obtint la rémission [des péchés, Combien plus la mort du Fils de Dieu ne nous justifiera-t-elle pas! Pour les âmes des défunts le Prêtre entre dans le sanctuaire, Il place sur l'autel du pain et du vin véritables, 11 x fait mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus, Il invite tous les défunts à se purifier par l'oblation. De tous ceux qui ont choisi et apporté le pain Eucharistique il fait com- {mémoraison, Ainsi que de toutes les personnes qui ont quitté ce monde, ILe ministre du Seigneur] fait donc mémoire de tous les défunts, A cet effet il invoque le Père en lui représentant la mort de son Fils. L'Esprit vole, descend des cieux et demeure sur l'oblation, Il s'unit à ce pain mystérieux et le pain devient corps [de Jésus- Christ}, Et par son épanchement sur le vin mélangé, il le fait sang [de Jésus- [Christ]. Dès ce mament le corps et le sang [de Noire-Seigneur] est un sacri- Ifice qui sanctilie tout, 296 REVUE ANGLO-ROMAINE
Par ce sacrifice le prêtre purifie tous les morts: Dans cette même offrande se trouve la force pour vaincre la mor [et détruire son empire. A l'odeur de vie, qui s'exhale de ee grand snerifice, Tous les esprits se rassemblent et viennent pour se purifier, Du corps du Fils de Dieu qui est la résurrection, Tous les jours les défunts respirent la vie et se sanctifient, C'est pourquoi pensez à l'offrande pour vos morts, Au sacrifice qui peut tout et qui sanctifie vos défunts. Quelqu'un dira que le mort n'obtient pas la rémission [de ses péchés], Et que le sacrifice qui donne la vie ne lui profite pas: Parce que d'autres le font pour lui et qu'il n'en a pas conscience, Et que ses propres œuvres et non pas celles d'autrui lui sont à profit. ction de l'homme qui vit est excellente à cause de son oblation, C'est done à celui qui fait l'offrande et non pas à d'autres que cela {est avantageux. Car le don que fait le vivant pour le mort, Comment sans lui peut-il lui venir en aide? Quelle participation y a-t-il entre le premier et le second? Le vivant a choisi et a apporté le don, lui seul donc est secouru. Je réponds à celui qui parle de la sorte : Il ÿ a un usage dans l'Église de sanctifier ceux qui n'en ont pas con- fscience, L'enfant qui est baptisé ne s'apercevant pas de son baptéme, At-il reçu sa sanctification ou non? De même que vous dites : L'Église purifie ceux qui n'ont pas sonscience de feela, Et la foi ressuscite les morts sans aucun doute; Ainsi [l'Église] reçoit le nouveau-né des mains de ses parents, Elle le baptise, le purifie et le sanctifie sans aucune participation de La part de l'enfant]. Si le saint (sacrifice) ne purifie pas comme vous dites, Le baptême non plus, l'enfant n'en ayant pas conscience, Conséqueinment tous les myétères de l'Église sont vains, Inutilement elle se met en peine pour les défunts afin de les purifier, Pourquoi le Prêtre dit-il : Priez pour tous ceux qui sont décédés ? Pourquoi baptise-til l'enfant sachant que le nouveau-né n'a pas de {part dans eotte action? Voi ï que des parents chrétiens portent leur enfant au baptême, Le Scigneur, voyant leur nouveau-né, le sanctifie ; 11 le met dans le rang de l'adoption des enfants, sans aueune connaissance [de sa part, Et il écrit son nom dans l'Église des premiers-nés sans que le jeune enfant s'en aperçoive. De la même manière les héritiers du mort qui a quitté ce monde, Apportent en son nom du pain et du vin au saint autel, Une prière se fait de la part du prêtre et du peuple au sujet des décédés, Le Seigneur purifie (accorde indulgence) au mort dont on fait Imémoire. JACQUES DE SAROG EN LE SAINT SACRIFICE OFFERT POUR LES MORTS 297
Si done le mort n'est pas purifié par l'oblation, Ni l'enfant non plus dans le baptême n'a reçu l'adoption des enfants {de Dieu]. Si l'oblation des vivants aux seuls vivants profite, Les parents qui se sont mis en peine de baptiser leurs enfants, eux {seuls en ont tiré avantage. Où est done maintenant la foi qui vivifie les morts, Qui excite les hommes à prier pour les décédés afin de les purifier? La foi conduit les enfants au baptôme pour les sanctifier, Elle a ln ferme espérance d'obtenir ce qu'elle demande et elle n'est [pas repoussée. La confiance de l'Épouse du Roi est donc bien fondée et ne se trompe pas, Sa foi est belle et grande et ne mérite aucun blâme, Par des mystères augustes l'Église sert son maître d'une manière spiri- [tuelle, Les Anges sont dans un saint étonnement en voyant son culte. La foi de l'Église est celle-ci, à vous qui comprenez bien les choses : Qu'elle [l'Église] peut faire du pain et du vin le corps et le sang [du [Christ], Elle rompt le pain et [après cela] elle ne connait que le corps [du Christ], Elle mélange le vin et elle aflirme que le sang se trouve dans la coupe. Elle invoque le nom des morts sur l'oblation, Et les associe à ses sacrifices spirituels. Elle les asxemble au souper du corps et du sang [du Seigneur]. Ceux-ci se réjouissent avec elle de ses institutions d'une manière à [spirituelle O vous qui comprenez bien les mystères de la foi, Sans hésitation aucune, faites des offrandes pour vos défunts. Pourquoi donc les usages que l'Église & appris à ses enfants tombent-ils [en décadence? Beaucoup à leur égard témoignent du dégoût, de la froïdeur, et les [oblations ne sont pas pratiquées : Car en cachette, avec mépris ot dédain, On apporte l'offrande à la maison du Seigneur, pour qu'on la lui Iprésente, I y a beaucoup d'hommes qui ont décidé de ne jamais présenter leur obla- Ition, Il y en a aussi qui l'apportent, mais ils font cela sans intelligence. Cest par les mains de leur servante qu'ils envoient le sacrifice dans la {maison de Dieu, Comme si c'était une chose honteuse de porter dans ses mains le {don du Très-Haut. Aux serviteurs méprisables qui sont pour les choses moindres, Le maitre commande d'apporter son oblation, mais il ne se présente fpas. Pourquoi done vos mains ne présentent-elles pas, à homme instruit, votre [sacrifice, 298 REVUE ANGLO-ROMAINE A l'exemple d'Abraham qui prit sur ses épaules le veau [qui devait {servir de repas aux Anges? Lui et son épouse n'avaient d'autres préoccupations que le service. Ce sont leurs propres mains et non celles du prochain qui ont fait [cette action mérioire. De nos jours la foi est diminuée dans l'âme des hommes; Aussi la charité se refroidit et le discernement des belles choses {ren va. Quel est le riche qui, portant l'oblation dans la maison de Dieu, La prend dans ses mains pour la présenter au lieu de propitiation? Quand le riche se décide à présenter son oblation, il donne des ordres Aux plus humbles de «a maison de présenter son offrande et lui s* [tient loin. Heureuse ln veuve qui dans ses mains porte le-sacrifice, Heureuse la femme stérile se chargeant de son don avec fierté! Elle n'envoie pas son offrande comme le riche, C'est elle-même qui la présente, et, avee componetion, elle prie le Iministre du Seigneur de la recevoir. Elle est semblable au prêtre qui introduit auprès du Seigneur son don, Et fait mémoire [par ce sacrifice] de ses défunts avec eomponction [et douleur. Elle seule a compris qu'il fallait le choisir et le prés senter au Seigneur; Et non pas le riche qui envoie son don à Dieu comm à un pauvre. Aimez l'offrande que présente la veuve, Parce qu'elle y a mélé ses larmes, son amour et sa foi. Le don est dans ses mains, les larmes dans ses yeux, la louange dans si {bouche Comme son oblation, le discernement de sa foi est grand, Car seul, le sacrifice fait avec amour est accepté Béni soit celui qui a, dans sa charité, sacrifié son Fils unique pour {beaucoup
; riginal from
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LE SACRIFICE DE LA CROIX ET LE SACRIFICE DE L'AUTEL
Comme nos lecteurs l'ont pu voir, une assertion d'ordre historique du Rev. P. Puller, touchant certaines opinions théologiques relatives au Saint Sacrifice de la messe, a été l'objet d'une contradiction formelle dans cette revue. Nous avons publié, en effet, à ce sujet, dans notre dernier numéro, un travail du D’ N. Paulus, qui nous était parvenu le premier, Nous donnons dans ce numéro-ci deux nouveaux articles sur la même ques- tion, mais la traitant à quelques autres points de vue; l'un est de M. l'abbé Richardson, l'autre du R. P. Dummermuth, dominicain. Un troisième ar- ticle nous est annoncé, et l'on nous dit que M* Puller se proposerait de répondre à ses contradicteurs.
Dans les intéressants articles, publiés dans la Revus Anglo-Romaine des 4, 8 et 45 février, le Rev. F. W. Puller s’est efforcé de prouver que l'Église anglicane n'a jamais condamné le Sacrifice de la Messe, et que sa condamnation des « Sacrifices of Masses » ne vise pas la définition du Saint Concile de Trente. Je n'ai aucune intention d'atta- quer la thèse du savant anglican. Tout ce qui tend à rapprocher nos frères séparés de la pureté de la doctrine catholique, est pour moi, comme pour tous les amis de l'unité, un sujet de joie. Mais, dans le cours de son intéressant travail, le Rev. Puller a émis deux assertions qu'il m'est impossible de passer sous silence, non seulement dans l'intérêt de la vérité historique, mais aussi pour rendre justice à nos ancètres catholiques. La première de ces assertions a un caractère historique, c'est de celle-là que je désire traiter en premier lieu. La seconde est avant tout théologique, et je la laisse entre les mains, bien plus capables que les miennes, du R. P. Dummermuth, dominicain et professeur de théologie dogmatique, à Louvain, dont la réputation est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en dire davantage *. L'assertion que je me permets de contester et qui se trouve répétée plusieurs fois dans les articles de M. Puller, c'est qu'à l'époque de la Réforme il existait une opinion ou plutôt, comme la qualifie fort bien M. Puller, « une infime hérésie » qui soutenait que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas satisfait sur la croix pour tous les péchés des hommes, mais seulement pour le péché originel et pour les péchés
J'ai traité les deux questions dans nn article de la « Dublin Review n. janvier 4890. « The Hacrifices of Massea ». 300 REVUE ANGLO-ROMAINE actuels commis avant la consommation du sacrifice sanglant. Quant aux péchés actuels commis depuis la mort de Jésus-Christ sur la croix, c'est par le Sacrifice de la Messe que Notre-Seigneur offre une salisfaction el une expiation suffisantes. En un mot, que ces deux sacrifices ont deux buts différents : celui de la Croix, l'expiation du péché originel et des péchés actuels commis sous l'ancienne loi, et celui de l'autel, l'expialion des péchés acluels commis sous la loi nouvelle, Cette hérésie, nous assure M. Puller, n'était pas seulement la thèse de quelques théologiens extravagants et peu connus, elle était très répandue; c'élait mème la doctrine populaire, surtout en Angleterre et en Allemagne. Comme preuve, M. Puller cite des sermons de cer- tains réformateurs anglais, mais surtout et avant tout, la déclaration de « la Confession d'Augsbourg », qui en effet attribue cette doctrine aux catholiques. Bossuct, dans son œuvre immortelle, l'Histoire des Variations, liv. MI, art. 53, avoue qu'à la Diète d'Augsbourg cette accusation fut portée, et il faut avouer que si elle avait été souf- ferte par les catholiques. présents à celle importante réunion, ce serait une présomption très grave de l'existence de la doctrine en question, du moins comme opinion tolérée dans les écoles catholiques. Mais que nous dit le grand Bossuet? L'accusalion fut-elle admise? Tout au contraire. Voici les paroles mêmes de l'illustre évèque : « On avait même inventé, dans la Confession d'Augsbourg, celte admirable doctrine des catholiques, à qui on faisait dire : « Que « Jésus-Christ avait satisfait dans sa passion pour le péché originel, et « qu'il avait institué la messe pour les péchés mortels et véniels que «l'on commet tous les jours. » Comme si Jésus-Christ n'avait pas éga- lement satisfait pour Lous les péchés; et on ajoutail comme un néces- saire éclaircissement : « Que Jésus-Christ s'élait offert à la croix, non seulement pour le péché originel, mais encore pour lous les autres; » vérité dont personne n'avait jamais douté, Je ne m'étonne donc pas que les catholiques, au rapport même des luthériens, quand ils enten- dirent ce reproche, se soient comme récriés tout d'une voix : « Que jamais on n'avait ouï telle chose parmi eux » (les italiques sont de Bossuel). Mais il fallait faire croire au peuple que ces malheureux papistes ignoraient jusqu'aux éléments du Christianisme‘. » Or, n'est-il pas évident qu'un pareil démenti, fait d'une manière aussi publique, et dans des termes aussi énergiques, renverse la thèse de M. Puller? Ne prouve-t-il pas que cette hérésie n'était ni populaire ni très répandue à l'époque de la Réforme? Mais j' dire qu'il prouve davantage. Il est sans doute parfois difficile de prouver ce que les logiciens appellent une universelle négative; cependant je me trouve disposé à reprendre pour mon compte le
1 Bossuer, Variations, lv. IL, art, 53. LE SACRIFICE DE LA CHOIX ET LE SACHIFICE DE L'AUTEL JUL
défi de nos ancêtres catholiques de 4530, et de soutenir, jusqu’à preuve du contraire, qu'aucun théologien catholique n'a jamais soutenu que Notre-Seigneur Jésus-Christ par le sacrifice sanglant du mont Calvaire n'a pas salisfait pleinement et entièrement pour tous les péchés des hommes, jusqu'à la fin du monde, Une telle doctrine serait Lrop opposée à ce que Bossuet appelle si bien « les éléments du christianisme ». J'explique done l'existence de cette accusation de deux façons : elle fut, ou bien une simple calomnie, el M. Puller sera, je pense, le premier à reconnaitre qu'à celle époque néfaste les soi-disant réformateurs ne reculaient pas de- vant la calomnie; ou bien ce fut un simple malentendu, semblable àcelui que l'éminent dominicain va expliquer dans l’article sui- vant: Un malentendu, c'est-à-dire une interprélalion erronée d'une Phrase parfaitement orthodoxe.
Ausrix RicuARDsox.
Prêtre.
Lubbeek-les-Louvain (Belgique). EXPOSÉ D'UN TEXTE ATTRIBUÉ AU B. ALBERT LE GRAND
Cilé dans un article de cette Revue
SUR LES ORDINATIONS ANGLICANES
Dans un article de cette revue sur « 1 ordinations anglicanes et le sacrifice de la messe! », M. F.-W. Puller a prétendu prouver par différents témoignages l'existence de certaines erreurs sur le sacri- fice de l'autel qui avaient cours au temps de la Réforme. Parmi ces témoignages, il a allégué le suivant, tiré du premier des trente-deux sermons sur l'Eucharistie attribués au B. Albert le Grand : « Secunda causa inslitutionis hujus sacramenti est sacrificium altaris, contra quamdam quotidianam deliclorum nostrorum rapinam corpus Domini semel oblatum est in cruce pro debit 0 offeratur jugiter pro nostris quotidianis delictis in altari, et habeat in hoc Ecclesia munus ad placandum sibi Deum super omnia legis sacramenta vel sacrificia preliosum et aeceptum. » sage contient-il « une erreur théologique, savoir que Jésus- offert sur la croix pour le péché originel et qu'il s'offre à la messe pour les péchés actuels »? Je ne le pense pas. D'abord que faut-il entendre par ces mots : « contra quamdam quo idianam delictorum nostrorum rapinam »t EL par ceux-ci : « Corpus Domini offertur jugiter pro nostris quotidianis delictis in altari »? Alber le Grand nous l'explique en plusieurs endroits de ses sermons. Dans le quatrième où il développe le second motif de l'institution du saeri- fice de l'autel, il dit : « Excellit sacrificium nostrum cætera ratione virtutis, id est per effectum suæ bonitatis. Habet enim triplicem bonum actum in tripliei statu fidelium, seilicet : 1° in hoc mundo. ® in purgatorio, 3° in cœlo. In primo statu percala quolidiana relarat. Ser._V, XVIL et XVIII: « Animasi peccaverit per ignorantiam, off ret arietem immaeulatum » id est Christum.... Gregorius : « Dominus dedit nobis sacramentum salulis, ut, quia quotidie peccamus, et ile jam
! lecue anglo-romaine, février 1896, p. 395.
SITY OF MICHIGAN
EXPOSÈ D'UN TEXTE ATTRIBUÉ AU B. ALBERT LE GRAND 303
ru nobis mori non potest, per hoc sacramentum remissionem conse- quamur ». Il s'agit ici des péchés véniels. L'auteur dit dans le vingt et unième sermon : « Mala nostra sive languores sunt quasi vineula culpa, quibus mullæ stringuntur animæ, seilicet, 4° dæmonis lentatio, > fomiis repugnalio, 3° cordis macula, 4 Creatoris offensa.. Contra hæc mala quatuor, vrdinantur quatuor Duminici corporis fructus, qui nos liberavit à vinculis culpæ, 4° dæ- uonem fugat, 2 fomitem refrigerat, 3° maculam cordis mundat, 4° iram Dei placat. » 11 explique ainsi le troisième fruit : « De tertio fructu, . w, 6 el 7 : « Volavit ad me unus de Seraphim, et in manu ejus caleulus, quem forcipe Lulerat de altari. Et leligit os meum, ut dixit : Ecce tetigi hoc labia tua, et peccatum tuum mundabitur ». Lapis isle pretiosus sumplus de allari, signilicat corpus Christi : dum eo os cordis langilur, percatun veniale mundatur ». L'auteur prouve son assertion par le Lexte de suint Grégoire déjà cité : « Domi- nus dedit nobis sacramentum salulis, ut quic quolidie peccumus, el ille jam mori pro peccalo non potest, per hoc remissionem consequamur. » On lit dans le dix-neuvième sermon : « Circa spiritualem mandu- «ationem notandus est effectus hujus manducationis, scilicet peccato- rum remissio... « Panem nostrum quotidianum, id est, cibum spiritua-
lem, da nobis hodie; et dimitte nobis debita nostra ». Math. VI Ambrosius : Qui manducant spiritualiter, rirtutem carnis el sanguinis Christi dicuntur sumere, et vere manducare : quia ipsam corporis Chrisli effcietiam quotidie sumunt », id est, remissionem peccalorum », c'est-à-dire des péchés véniels, car d'après l'auteur, « manducare spirilualiter » ne convient qu'à ceux qui sont exempts de péché mortel : « Modus manducandi spiritualis est quo boni manducant ». Augustinus : « Panem de allari spiritualiler manducare, est innocen- liam ad altare portare!
Dans le trente-deuxième sermon, l'auteur dit : « Potus sanguinis Christi sacramentalis digne sumptus peceata guotidiana relarat, et hoc Wiplici ralione : quia lria mala sunt in pecculo veniali, scilicet 1° queæ- dam macula conscientiæ, 2 quædam pœna tristitiæ, 3° et quædam adversitas divinæ offensæ. Contra he tria proprie valel potus san- guinis Christi, qui est purus, lenis, pretiosus. » 1 est évident par ces citations que l'auteur des sermons sur l'Eu-
1 Pour la rémission des péchés mortels l'auteur renvoie au sacrement de péni- ence :« Sacerdotes qui accedunt ad Dominum, sanctificentur, ne percutiat eo, Similier et alÿ.. qui ad suscipiendum Dominum nostrum mundus vult fieri, vrimo debet per aquam lacrymarum lavari, secundo per opera pœnitentiæ Lor- Aueri.. Nobis accossuris ad corpus Domini, prælibanda est dovotionis oratio: ut, quod forte minus parati sumus per jejunium et confessionom, suppleat spiri- {ualium aromatum, id est, oblationum oralio... Peccator qui dignus orit corpus Dumini sumere, debot semper tria præpararo : 1° scilicet per cordis contritionem. 2 per oris confessionem, 3° per proximi dilectionem... Per confessionem munda- {ur anima a vili peccato ». (Sermo 45). 304 REVUE ANGLU-HOMAL
charistie par ces mols, « quotidiana delicla », entend les péchés véniels et non les mortels. EL celle interprétation est tout à fait con- forme à celle que donne Albert le Grand d'un texte de saint Ambroise, et de la conclusion qu'en lire Pierre Lombard au qua- trième livre des Sentences, dist. 13 : Ambrosius : In Christo semel oblata est hostia, ad salutem potens : quid ergo nos? Nonne per sin- gulos dies offerimus? El si quotidie offeramus, ad recordationem cjus mortis fit : et una esl hostia, non mule. Christus hostiam obtulit : ipsam offerimus el nunc : sed quod nos agimus, recordatio est sacrificii, Nec causa sux infirmitalis repelitur, sed nostræ, qui quotidie percamus ». Picrre Lombard en tire celle conclusion : « Ex his colligitur esse sacrificium et dici, quod agitur in altari : et Chris- lum semel oblatum, et quotidie offerri : sed aliter tune, aliter nunc. Et ctiam quæ sit virtus hujus sacramenti ostenditur : remissio scilicet peccatorum venialium ». Albert le Grand explique ces deux témoignages : « Quod hic dicit Ambrosius, el Magisler conclu- dit, intelligitur de efleetu consequenti. Cum enim per spiritualem cibum restituitur robur spiritus, tune excludit venialium frequen- tiam : el ex fervore devolionis deletur veniale quod inest, et eliam reatus pen peccali mortalis, quod per pænitentiam factum est veniale. Et hoc modo intelliguntur verba Sanctorum inducta ». Citons encore un passage du Maitre des Sentences : « Inslitutum est hoc sacramentum duabus de causis. In augmentum virtutis, scilicel charitatis, et in medicinam quotidianæ infirmitatis. Unde Augustinus Iteratur quotidis hæc vblatio, licet Christus semel sil passus : qui quotidis peccamus peccatis, sine quibus morlalis infirmitas vivere non polest. Et quia quotidie labimur, quotidie Christus mysticè immolatur pro nobis. Dedit enim nobis hoc sacramentum salutis, ut, quia nos quolidie peccamus, et ille jam mori non potest, per hoc sacramentum remissio- nem consequamur ». Voilà clairement exprimé par saint Augustin le second motif de l'institution du sacrifice de l'autel, allégué par l'auteur des sermons sur l'Eucharistie. On dirail même que celui-ci a eu le texte de saint Auguslin devant les yeux quand il a écrit: « Corpus Domini offertur jugiter pro nostris quotidianis delictis in altari ». Examinons maintenant ce que l'auteur & voulu signifier par ces autres paroles de son texte : « Corpus Domini semel oblatum est in cruce pro debito original, » A-t-il voulu dire que le Christ est mort sur la croix pour le seul péché originel? Nullement. Cette interpréta- tion est contraire à toute sa doctrine. Il enseigne que le Christ est mort pour tous les péchés, et que le sacrifice de la messe est le mémo- rial du sacrifice de la Croix. « Prima causa institutionis Sacramenti altaris est memoria Salvatoris contra oblivionem. Ut scilicet per hoc admoniti, totam mentem et omnes sensus nostros quos a Deo EXPOSÉ D'UN TEXTE ATTRIBUÉ AU B. ALBERT LE GRAND 305
averlimus, et eum pravis cogitationibus et delectationibus vagari per- misimus, a noxiis extrahentes integraliter ad Dominum referamus ».... Eusebius : « Quia corpus assumptum Dominus ablaturus erat ab ocu- lis, et illaturus sideribus: necessarium erat ut die cœnæ Sucrämen- lum nobis sui corporis el sanguinis consecraret, ut offeratur juyiler per mysterium, quod offerebatur semel in pretium : el perennis victima viveret in memoria, el semper præsens essel in gratin. » Ad hanc semper habendam, sélicet memoriam Salvaloris, cogunt nos argu- menta suæ charitatis, scilicet : 4° remissio peccatorum, ® redemptio impiguoratorum. De primo, Isai. xint: « Ego sum ipse qui deleo iniquitates tuas propter me ».. De secundo.. Cant. v, 2: « Aperi mihi, soror mea, quia caput meum, scilicel divinitas, plenum est rore, silicet misericordiæ ad remitlendum peceala: et cincinni mei, id est, humanitas, guttis noctium, id est, effusione sudoris, lacrymarum et sanguinis passionum, ad redimendam hæreditatem tuam pro satis- factions pecatorum tuorum impignoratam ». — « Christus est in cruce pro nobis passus, et Lotus unctus Spiritu sancto. Æujus sacrificii memo- riale est hostia Ecclesie, quæ offertur in memoriam passionis Dominicæ ». — « Domiaus in Osee, x, 14: De manu mortis liberabo cos, pre- tio sanguinis (dicit Glossa), intellige de morte, id est, de plaga et debito æternæ morlis. Bernardus : « Filius Dei jubetur occidi, ut vulneribus nostris preioso sanguinis sui balsamo mederetur. Agnosce, anima, quam gravia sunt illa vulnera, pro quibus necesse est Chris- tm Dominum vulnerari : nisi enim essent ad mortem æternam, nunquam pro eis Dei Filius moreretur ».. Joan. xIx, 34 : « Unus nilitum lancea latus ejus aperuit, et continuo exivil sanguis et aqua. » Augustinus : « Vigilanti verbo usus est: non dixit, Vulneravit, sed Aperuit: ut illic quodam modo vilæ ostium panderetur, unde Sacra- menta Ecclesiæ manaverunt, sine quibus ad vitam non intratur, Sanguis enim fusus est in remissionem peccalorum, aqua in lavacrum. Hu- maoum genus, propter debita peccalorum et deformitatem, a paradiso cœ- lestiexelusum, necesse habuit ad reditum, et prelio sanguinis Chrisli a debilo absolvi, et aqua baptismi a sorde lavari. »—« Tertium circa pretiositalem sanguinis, ut consideratur in eruce fusus, præcipue nolandum, est virlutis ejus magnitudo, et hæc consistit in tribus : 1° ia diaboli destructione, 2 in mundi redemptione, 3° in Dei recon- ciliatione. De secundo : I ad Cor. vi, 20 : « Empti eslis pretio ma- gno. Ad Eph. 1, 7: Habemus redemptionem per sanguinem ejus, cilicet Christi, remissionem peccatorum.. Hine canit Ecclesie: «Te ergo quesumus, famulis tuis subveni, quos pretioso sanguine redemisti ».... Pax cum Deo, sive reconcilialio, fil per sanguinem Christi ratione pretii suffcientis, quod in eo pro nostris debitis solvit... Apoc. 1, 3 et 6 : Christus dilexit nos, et lavit nos a peccalis nostris in sanguine suo, et fecit nos regnum et sacerdotes Deo. Ecce, paccalo- REVUE ANOLO-ROMAINE. — Te 11. — 90 306 REVUE ANGLO-ROMAINE suo lavit, et formosos, ac roseos, et Deo gralus es Dominus sanguine fecil:etineo sicreconciliavit ut in curia Dei principeset regesefficerel. — Quartum cirea pretiositatem sanguinis Christi præcipue nolandum, est redemptorum multitudo. Tres enim exercitus magni sanguine ejus sunt redempli, scilicet : 4° manifesti inimici, 2 antiqui ju 3° dubii animi. Primi de vinculo peccati, secundi de limbo inferni, tertii de dubitatione fidei. Propter hæc tria effudit sanguinem de tribus locis : 4° de manibus, 2 de pedibns, 3° defulnere lateris. Primo de manibus : ut peccatores virtute sanguinis 1° a vinculis peccalorum solveret, 2° ut absolutos aû se revocaret. Eccli. L, 46 : Porrexit sacerdus magnus manum suam in libalione, et libavit in sanguine uvæ; ut scilicet pecalorum vincula disrumperet. Psalm. cxv, 16 et 11 : Dirupisti vineula mea : tibi sacrificabo hostiam laudis. Auguslinus: « Christus sanguinem suum ad hoc fudit, uf peceala nostra delere ». Quo enim diabolus nos tenebat, deletum est sanguine Redemptoris: mon autem tenebat nos, nisi vinculis peccatorum.... Porrexit Chrislus manum in cruce, et libavit sanguinem, solvens omnes à vinculis par- catorum : et adhuc quasi avem fugienlem, manu cruenta revocal pe emiorem. Isa. xLvI, 2 : Ego sum ÿocans ab Oriente avem, et de lerra Jonginque virum voluntatismeæ, scilicedet statu percali revocans insta- dilem et refugam animam... Fudit sanguinem de vulnere lateris sui el ordis : 4° ut discipulos in fide dubios, el alios multos in fide, et bo- næ vitæ stabilitate tentatos, et ideo frigidos, et quasi mortuos calefa- ceret; ® et revivificaret, et sic revivificatis suo sanguine iter cœleste signaret, ut post ipsum ferventer currerent ». (Serm. 4, 24, 27, 28.) De ces cilations un peu longues il ressort à l'évidence que auteur des sermons sur l'Eucharislie enseigne la vraie docirine, savoir que le Christ a répandu son sang et est mort sur la croix pour Ja rémission de tous les péchés. Le texte du premier sermon n'est pas contraire à celte doctrine. Pour s'en convaincre, il suffit d'avoir devant les yeux le but que Vauteur s'y es proposé, eLl'enseignement de l'Église sur l'applica- tion des mérites de la passion de Notre-Seigneur. Saint Thomas nous expose clairement cet enseignement dans la troisième partie de sa Somme théologique : « Christus sua passione nos a peccatis liberavit causaliter, id est, instituens causam nosiræ libe- ralionis, ex qua possent quæcumque peccala quandoque remitti, vel præterila, vel præsentia, vel futura; sicut si medicus facial medici- aam ex qua possint quicunque morbi sanari eliam in futurum ?. » Mais de même que le remède doit être appliqué au malade pour qu'il soit délivré de son infirmité, ainsi les mérites de la passion du Christ doivent être appliqués au pécheur pour qu'il obtiennla e rémission
3 LI P., q. 49, a. 1 ad 3. EXPOSÉ D'UN TEXTE ATTRIBUÉ AU B. ALBERT LE GRAND 307
de ses péchés : « Quia passio Christi præcessit ut causa quædam universalis remissionis peccatorum, necesse est quod singulis adhibea- tur ad deletionem propriorumfpeccatorum. Hoc autem fitper baptismum el pœnitentiam et alia sacramanta Ÿ ». « Manifestum est quod sacramenta Ecclesiæ specialiter habent virtutem ex passione Christi, cujus virtus quodammodo nobis copulatur per susceptionem sacramentorum ; in cujus signum de latere Christi pendentis in cruce fluxerunt aqua et sanguis, quorum unum pertinet ad baptismum, aliud ad Eucharis- tiam, quæ sunt potissima sacramenta* ». Cependant le vertu de la passion du Christ n'est pas appliquée dans toute sa plénitude, de telle sorte que non seulement le péché originel et les péchés mortels commis avant le baptéme sont remis quant à la coulpe, mais aussi quant à la totalité de la peine : « Omns peccatum per baptismum tollitur... Omni baptizato communicatur passio Christi ad remedium, ac si ipse passus el mortuus esset. Passio autem Christi est sufficiens salisfactio pro omnibus peccatis omnium hominum. Et ideo ille qui baptizatur liberatur reafu dolius penæ sibi debitæ pro peccalis, ac si ipse sufficienter satisfecisset pro omnibus peccatis suis * ». Il suit de là qu'en dehors du sacrifice de la Croix dont la vertu est appli- quée totalement par le baptême, aucun autre sacrifice n'est offert à Dieu, en tant que satisfactoire pour le péché originel et les péchés commis avant le baptême. Et c'est pour ce motif qu'il est dit dans le premier sermon : « Corpus Domini semel oblatum est in cruce pro debito originali. » Par le sacrement de pénilence le pécheur obtient la émission des péchés mortels el véniels commis après le baptème, et la remise de la peine éternelle due aux péchés mortels, mais il n'obtient pas toujours la remise de toute la peine temporelle : « Remiltitur culpa,.... tollitur reatus pœnæ ælernæ; pofest lumen remaners reatus alicujus pœnæ temporalis*. » La raison en est simple: « In baptismo homo participat faliter virtutem passionis Christi... el ideo in baptismo homo consequitur remissionem reatûs lotius penæ. In pænitenlia vero consequitur virtutem passionis Christi secundum modum propriorum actuum, qui sunt materia pænitentiæ,.... et ideo non statim per primum actum pœnitentiæ, quo remittitur culpa, solvitur reatus lotus pence S. » Le sacrement de l'Eucharistie a la vertu de remettre les péchés véniels : « In hoc sacramento duo possunt con- siderari, scilicet ipsum sacramentum, et res sacramenti. Et ex utroque apparet quod hoc sacramentum habet virtulem ad remissionem peccato— rum venialium %. » Il a aussi la vertu de remettre la peine due au 308 REVUE ANGLO-ROMAINE péché : « Hoc sacramentum simul est sacrificium et sacramentum... In quantum est sacrificium Aabet vim satisfactivam 1. » L'auteur des sermons sur l'Eucharistie a exprimé cette doctrine de l'Église par ces paroles : « Corpus Domini offertur jugiter pro nostris quotidianis delictis in altari. » Il n’y a done aucune erreur théologique dans son texte. Comme nous l'avons vu, il enseigne clairement que le Christ est mort pour tous les péchés du monde. Quand il affirme que le corps du Christ a été offert une seule fois sur la croix pour le péché originel, c'est -_ parce que la verlu du sacrifice de la croix est appliquée totalement
dans la rémission du péché originel et quant
à la coulpe et quant à la
peine. Quand il ajoute que le corps du Christ est offert tous les jours
sur l'autel pour nos péchés quotidiens, c'est parce que le sacrifice
de
la messe a la vertu de satisfaire à Dieu pour les peines dues à ces
péchés. Et c’est bien là le but que l'auteur s'est proposé. 11 nous
expose les motifs de l'institution de l'Eucharistie. Parmi ces motifs
il ÿ a le sacrifice de l'autel « contra guamdam quofidianam delictorum
nostrorum rapinam.... Ecclesia habet in hoc sacrificio munus ad ph-
candum sibi Deum super omnia legis sacramenta vel sacrificia prelio-
sum et acceptum ». Les textes des saints Pères que nous avons cités
plus haut expriment la même pensée, et personne ne dira qu'ils
contiennent une erreur théologique.
P. DuumErauTu,
0. F. P.
Louvain (Belgique).
rs
VII P. q. 79, a. 5.
CHRONIQUE
A Rome. — On parait croire que les conclusions de la Commis- sion d'étude sur la question des ordres anglicans vont être soumises à une commission spéciale de cardinaux. Le Saint-Père travaille très activement à sa grande encyclique sur l'Unité de l'Église ; on pense qu'elle sera publiée dans le courant du mois de juin.
La Cause de Jeanne d'Arc. — La Sacrée Congrégation des Rites a tenu, le mardi 5 mai, une séance solennelle pour se pronon- cer sur l'un des actes préliminaires du Procès apostolique de béatifica- tion de la « Vénérable » Jeanne d'Arc, commencé en 1894, après le décret de l'introduction de la cause. . Ilest de règle, après qu'une cause de béatificaion a été introduite en cour de Rome, sur un premier examen de la renommée de sain- leté, des vertus et des miracles en général, in geners, el avant de pas- ser à la discussion détaillée, in apscie, de ces mêmes vertus et mi- racles, de constater d'abord que le jugement du Saint-Siège n'a pas été prévenu par un culte public. C'est ce qu'on appelle l'observance des décrets d'Urbain VIII super non cultu. Dans la séance du 5 mai, présidée par Son Ém. le cardinal Aloysi Masella, préfet de laS. Congrégation des Riles, après un rapport de Son Ém. le cardinal Parocchi, la question a été posée et résolue dans un sens favorable, de sorte que le procès apostolique pourra se conti- nuer aussitôt qu'il plaira au Souverain Pontife. Or, écrit le Postula- teur à Mgr l'Évêque d'Orléans, « les membres de la Sacrée Congréga- tion sont tous bienveillants ; ils ne font d’ailleurs que suivre l'exemple du Saint-Père, qui désire voir aboutir ce procès pour le plus grand bien de notre cher pays. »
Les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans. — Orléans a célébré, la Tet8 mai, le 467° anniversaire de sa délivrance par Jeanne l'Arc. Fidèle à ses traditions plus de quatre fois séculaires, la population a fait à Jeanne des fêtes extrémement brillantes. La ville était magni- fiquement pavoisée de drapeaux et d'oriflammes aux armes de la ville et de Jeanne d'Arc. Le 7, à midi, du haut de la tour de la ville, de joyeuses fanfares ont annoncé la fête el le canon tonnait, saluant le glorieux anniver- saire. La cloche du beffroi sonnait de quart d'heure en quart d'heure. Le soir, à huit heures, eut lieu l'imposante cérémonie de la re- - 310 REVUE ANGLO-ROMAINE
mise de l'étendard de Jeanne d'Arc par le maire au prélat qui préside les fêtes. Cette cérémonie a lieu sur le parvis de la cathédrale; elle rappelle le souvenir de Jeanne d'Arc qui, après avoir forcé les Anglais à lever le siège, est allée prier à la cathédrale et y déposer son éten- dard, qui y resla toute la nuit. Le lendemain malin, 8 mai, à 40 heures, le Conseil municipal, tous les corps constitués, les administrations civiles et militaires, ayant à leur tête le général Duchesne, le premier président, le préfet et le maire, se sont rendus à la cathédrale où l'évêque d'Orléans, Mgr Touchet, entouré du cardinal archevêque de Bourges, de l'archevêque de Cham- béry, des évêques de Verdun, d'Amiens, d'Arras, d'Angers, de Jéricho, a prononcé le panégyrique de l'héroïne. Après la cérémonie religieuse, le cortège s'est rendu, suivant la tradition, sur l'emplacement de l'ancien fort des Tourelles, puis est rentré à la cathédrale au chant du Te Deum.
La rose d'or. — Nos lecteurs savent que, tous les ans, le Saint- Père bénit, en carèême, une rose d'or qu'il envoie ensuite à l’une des souveraines ou princesses calholiques qui se sont particulièrement distinguées par leur dévouement aux grands intérèls religieux. Cette année, le Souverain Pontife l'a destinée à la princesse de Bulgarie, Louise de Bourbon, fille du duc de Parme, pour la récompenser de la noble fermeté avec laquelle elle s'est eforcée d'empêcher l'apos- lasie de son mari.
L'ambassade du Saint-Siège à Moscou. — Mgr Antoine Agliardi, archevêque de Césarée de Palestine, a reçu le billet de la secrélairerie d'État par lequel Sa Sainteté lui notifie qu'elle l'a désigné comme ambassadeur extraordinaire pour se rendre à Moscou, afin de féliciter, au nom de Sa Saintelé, S. M. Nicolas Il, empereur de Russie, à l'occasion de la solennité du couronnement. Son Excellence sera accompagnée, dans sa mission, par cinq per- sonnes appartenant à la Cour pontificale: Mgr Janvier Granito, des Princes de Belmonte, Prélat domestique de Sa Sainteté. Mgr Ferdinand, des Princes de Croy, Camérier secret participant du Saint-Père; Mgr François Tarnassi, Camérier secret surnuméraire ; M. le comte Marin Saluzzo, des Ducs de Corigliano, Camérier secret de cape et d'épée surnuméraire; Et M. le comte Marius di Carpegna, Garde noble pontifical. Les membres de l'ambassade recevront l'hospitalité chez une Française, M=* Auguste Catoire de Bioncourt, qui a bien vouls mettre son palais à la disposition de l'ambassade extraordinaire du Saint-Siège. M" Catoire de Bioncourt est née Gilonne d'Har- court, fille du comte Bernard d’Hercourt, ancien ambassadeur de France, et nièce de M" la duchesse d'Ursel, née Henriette d'Har- court. CHRONIQUE ELL
Le Général des Capuoins. — Les Mineurs Capucins ont tenu récemment un chapitre général dans leur collège des Missions, près l'Église des Quatre-Saints-Couronnés, sur le Célius. Ce chapitre avait pour principal objet l'élection du supérieur général et de tous les autres supérieurs qui font partie du conseil que l’on appelle le Défi- nitoire. 11 se tient tous les douze ans, et chaque province de l'Ordre y délègue trois religieux, le Provincial el deux Pères dits Custodes. La veille est un jour de jeûne rigoureux pour tous les Religieux Capucins, et le jour même le Saint-Sacrement est exposé dans toutes les églises de l'Ordre. Le chapitre d'hier a été présidé par le cardinal Verga, préfet de la Congrégation des évêques et réguliers, qui remplaçait le cardinal Monaco La Valletta, protecteur de l'Ordre. Il a réélu comme supérieur général le T. R. P. Bernard d'Andermatt, qui, depuis douze ans, a exercé avec lant de zèle et de sagesse celte haute fonction. Le T. R P. Jucundus de Montone a été élu Procureur général. L'Ordre des Capucins, ce puissant rameau qui a poussé en 1525 sur l'arbre franciscain, compte actuellement 40,494 religieux; il est divisé en 53 provinces, avec 622 couvents et 223 stations de missions.
Les Jésuites en Syrie. — En Syrie, plus de 170 jésuites tra- vaillent auprès des catholiques et des non-catholiques, et même des infidèles. Beyrouth en occupe 75 environ avec son université, sa faculté de médecine, son petit et son grand séminaire oriental, son imprimerie. Le reste est dans huit ou neufrésidences, sur la côte, à Saïda (Sidon) et dans l'intérieur de la Syrie el le Liban. Ces résiden- ces ont déjà fondé etentretiennent autour d'elles plus de 200 écoles gratuites, dont une quarantaine pour les filles. De plus les Pères dirigent un orphelinat agricole et ont un dispensaire à Homs (Emèse). Ces œuvres sont entièrement à leur charge, etce ne sont pas les seules; leur zèle désire encore les augmenter, les multiplier, les éco= les surtout, pour arrêter les progrès du protestantisme anglo-améri- cain, et aider à la conversion des dissidents, prêts souvent à revenir si on leur accorde une école. Voilà pour la Syrie; pour l'Arménie, il ya, en comptant la Procure de Constantinople, sept maisons ou résidences, et 28 religieux de la Compagnie de Jésus. Ils ont déjà fondé dans les six résidences de l'intérieur de florissantes écoles de garçons d'abord, puis de filles : et pour ces dernières ont appelé à leur secours des religieuses fran- çaises, qu'ils ont établies à leurs frais. Leur douze ou treize écoles comptent aujourd'hui plus de 3,000 élèves, et le local manque en certains endroits, surtout depuis les derniers massacres. Ils ont aussi ouvert des dispensaires assiégés plus que jamais par les pauvres malades après les derniers incendies, pillages et mas- sacres; ne sachant comment faire face à tous les besoins de tant de malheureux qui recourent à eux, ils font appel à la charitécatholique et française, dont on ne veut pas encore, grâce à Dieu, désespérer en Orient. LIVRES ET REVUES
Revux Des DEUX Monpes
M. Francis de Pressensé, vient de faire paraître dans la Ææw des Deux Mondes du 4 Mai, un remarquable article sur le car- dinal Manning, dont nos lecteurs nous sauront gré de reproduire les principaux passages:
Ce fut en 1832 qu'Henry Edward Manning, alors âgé de vingt-quatre ans, se fit ordonner et entra dans le clergé anglican. Sa vocation première nel'y appelait pas. Né en 1807, le dernier enfant du second mariage d'un riche banquier de la cité de Londres, M. William Manning, qui siégeait au parlement parmi les tories, Henry Edward avait bien été destiné par ses parents à la cléricature. La famille était décemment religieuse; mais ce projet avait été inspiré aux parents de Manning beaucoup moins par des vues de piété que par le désir et l'espérance de procurer à leur Benja- min un établissement confortable et sûr. L'enfant lui-même ne manifes- tait aucun goût pour cetto profession. Dans les écoles préparatoires qu'il fréquenta, à Harrow où il entra à quinze ans, il ne fut point un élève stu- dieux, il se distingua davantage aucricket que dans les exercices scolaires. Toutefois ces quatre ans dans une des grandes écoles publiques qui, avec Eton, Rugby, Winchester, reçoivent l'élite de la jeunesse anglaise, ne lui furent point inutiles. Wellington aimait à dire que c'était sur le terrain des jeux scolaires d'Eton qu'avait été remportée la victoire de Waterloo. En tout cas, il sort de ces établissements, et il ne sort que de là, ce pro- duit spécial: le gentleman anglais. Manning le fut toute sa vie dans la force du terme. Ce je ne sais quoi manqua toujours a Newman, son égal par la naissance, son supérieur par les dons de l'intelligence, mais qui ne passa point par l'une de ces grandes écoles. En 4827, quand son fils sortit d'Harrow, la fortune de M. William Manning était déjà fort ébranlée. 11 fallait un minimum de six ou sept mille francs pour subvenir à l'entretien du jeune étudiant à Oxford, Le père hésita, et Manning dut jurer de regagner le temps perdu et alla faire un stage intermédiaire chez un ecclésiastique à son séjour chez lequel il attribua toujours depuis lors la solidité des fondements de ses connais- sances classiques et ses succès à Oxford. À vingt ans, il était immatriculé au collège de Balliol. Ambitieux comme il l'était, — il avait pour devise, LIVRES ET REVUES 313
une de ses lettres nous l'apprend : Aut Cæsar aut nihil, — il résolut de prendre rang d'emblée parmi l'élite de sa génération. Sa consciencieuse application trouva sa récompense : il remporta aux examens de la Saint- Michel (novembre 4830) la frst-class ou le diplôme d'honneur pour les studes classiques, auquel il avait borné ses vœux. Toutefois, ce fut autre art que, pendant ces années d'Oxford, il se distingua spécialement. L'Union ou conférence des étudiants venait dé se fonder. Cette parlote, ce parlement en miniature qui a vu, avec sa rivale de Cambridge, siéger sur ses banes presque tous les hommes éminents de l'Angleterre, débutait modestement et pauvrement, non pas dans le somptueux local où elle convoque souvent aujourd'hui à ses joutes oratoires des députés ou des ministres, mais dans les étroits logis des étudiants. Samuel Wilberforce, le fils du grand philanthrope, le fatur prélat anglican, — Samuel Bouche d'or ou Sam le saonneur, suivant le point de vue auquel on se place pour l'apprécier, — venait de quitter la présidence, William Ewart Gladstone allit y faire son apprentissage de l'éloquence. Manning parla beaucoup, il parla bien, il parla sur tous les sujets et de quibusdam alüs, depuis les grandes questions de politique générale jusqu'aux menus détails de ménage intérieur.
Une plume spirituelle et fine, celle du feu lord Hougton, a retracé l'une des plus mémorables journées de ce temps. Cambridge avait aussi son Union et, toujours en rivalité avec Oxford, se piquait de supériorité sur les barbares de l'université d'en face. Sur les rives de l'Isis, on en était encore à chérir dans Byron le poète du siècle et de la jeunesse, tandis que sur les bords du Cam, la renommée plus récente et plus hétérodoxe de Shelley avait déjà éclipsé le nom du chantre de Manfred et de Child Harold. Sur la proposition d'Arthur Hallam, le fils de l'historien, celui-là même à qui une mort prématurée devait conférer l'immortalité en lui faisant élever par Tennyson, son ami, le monument funéraire d'In memo- riam, une délégation de missionnaires fut chargée d'aller jeter un défi aux Lyroniens d'Oxford au nom du poète de Prométhée déchainé et de l'Epipsy- chidion. Hallam lui-même, Monckton-Milnes, le futur lord Houghton, l'essyist et poète distingué, enfin Sunderland, un de ces grands hommes de la vingtième année que la destinée punit de leur précocité, allèrent Plaider cette cause, Gladstone servit d'introducteur aux révolutionnaires. La lutte fut épique, passionnée, avec ces exagérations savoureuses qui sont le charme et l'honneur de la jeunesse. On ne saura jamais de quel côté fut la victoire. Si la majorité donna ses suffragesà Manning, défen- eur intransigeant de Byron, il a déclaré plus tard que les arguments du io des Shelleyens l'avaient mis en déroute.
Ces beaux temps d'étude désintéressée, d'enthousiasme généreux, d'ami- tiés pures, ne passent que trop vite. Il fallait entrer dans la ÿie pratique. La vocation de Manning à cette époque était fort décidée, La politique l'atürait, le prenait tout entier, Il révait parlement, succès oratoires, pou- voir, action, I1 se voyait déjà premier ministre, et ses camarades d'Oxford, ils avaient tiré son horoscope et celui de Gladstone, eussent réservé à celuici la mitre et la crosse et donné au futur archevéque de Westminster les sceaux de l'Etat. Le sort en décida autrement.M. William Manning ds.
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était ruiné. 1 avait dà, le cœur brisé, déposer son bilan, donner sa démis- sion de régent de la Banque d'Angleterre et de membre de la Chambre des Communes, vendre sa belle maison de campagne. Ce n'était pas avec les miettes du patrimoine paternel que l'on pouvait subvenir aux frais d'une carrière parlementaire, telle que la révait Manning, — à l'anglaise, où l'on met ses loisirs et ses revenus au service du pays au lieu de gagner sa vie ou de faire sa fortune dans les emplois. Découragé, Manning dut accepter du patronage distrait de lord Goderich une place plus que modeste de surnuméraire au ministôre des colonies. On le pressait de réfléchir, de prendre le parti de l'Église plutôt que d'entrer dans l'administration par cette poterne basse. Il refusa, Ses senti- ments religieux étaient loin d'être vivants. On ne trouve rien chez lui de ces étranges pressentiments, de ce mysticisme congénital, presque morbide, de cette vie spirituelle, cachée et ardente, à la sainte Thérèse, de cette espèce de songe à demi éveillé dont Newman nous a laissé l'inoubliable peinture et qui le marquaient d'avance, comme par miracle, en plein pro- testantisme, pour le catholicisme et le sacerdoce, L'éveil de la conscience religieuse, la conversion, pour me servir du terme technique de la psycho- logie protestante, ce fut une influence féminine qui l'opéra chez Manning. Il était lié e une famille de grands banquiers de la Cité, les Revan. Miss Revan était une âme toute religieuse, profondément imprégnée de la piété et de la théologie de cette école de l'évangèlisme dont j'aurai à carac- tériser l'influence, Elle lut la Bible, elle pria avec le jeune homme, bref, elle fut l'instrument dont Dieu se servit pour toucher ce cœur et conquérir cette âme. Ce ne fut qu'un commencement ; nous verrons que Manning fai- sait dater sa vraie et complète conversion de sa maladie de 1847 ; mais le germe n'en était pas moins déposé. Un chagrin intime, — le refus d'un père prudent d'autoriser l'union, plus rèvée que sollicitée, d'un jeune surnuméraire au Colonial office avec sa fille, — vint achever l'œuvre commencée. Les voix d'en haut prirent le dessus. Manning sut plus tard discerner la main providentielle qui lui infli- geait toutes ces déceptions à l'heure même où un travail intérieur avait commencé dans son âme, la voix qui lui parlait un langage si clair et si haut, Il résolut, c'est lui qui nous le dit, € non pas de se faire clergyman. dans le sens rêvé par son père, mais de renoncer au monde et de vivre pour Dieu et pour les âmes » La preuve qu'il n'obéissait pas à des vues purement humaines, rest, il l'a noté, que « la seule pensée d'être un clergyman lui était proprement odieuse ». J'avais, dit-il, une véritable antipathie pour le caractère séct lier, la mondanité de l'Eglise établie, La vue du tablier et du chapeau (i signes des évêques anglicans) me mettait littéralement hors de moi, Le tire de « père en Dieu » appliqué à des évêques vivant dans le confort, m'ir- ritait vivement. Ma seule pensée fut d'obéir à la volonté de Dieu, de sat ver mon âme et les âmes des autres. Manning eut la bonne fortune d'être placé, dès ses débuts, dans une position extrémement favorable. À peine ordonné par l'évêque d'Oxford. après la préparation dérisoire qui suffisait à cette date au clergé anglicas. il devint en janvier 1833 l'un des vicaires du Révérend John Sargent, rec- LIVRES ET REVUES 315
teur de Lavington et châtelain de l'endroit. L'ainée des filles de la maison avait déjà épousé Samuel Wilberforce, le futur évêque, récemment nommé recteur d'une paroisse de l'ile de Wight. C'était la destinée de ces demoi- selles de récompenser le zèle des jeunes suffragans de leur père. Quelques mis ne s'étaientpas écoulés que la plus jeune, Caroline, devenait la femme de Manning. Dès le mois de mai, celui-ci, à la mort de son futur beau-père, avait été placé par la grand'mère de sa fiancée, qui régnait au château et possédait le droit de collation, à la tête de cette importante paroisse. À singt-cinq ans, après quelques semaines à peine d'apprentissage, Manning «trouvait dans la position de prêtre bénéficié que tant de membres du clergé n'atteignent jamais. Marié, renté, haut placé, il était dans la plus eariable des situations. Après quatre ans d'une félicité sans nuages, sa femme lui fut enlevée, Manning n'a permis à personne de sonder son deuil. Il est des sentiments trop sacrés pour qu'un homme en parle. Pendant des luttes véhémentes, parfois envenimées, qu'il eut à sou- sir contre certaines factions au sein du catholicisme, un vieux prêtre, qui détestait le nouveau régime, avait coutume de célébrer comme un jour de deuil l'anniversaire de la mort de Mme Manning, et quand on lui en deman- ‘ait La raison, il répondait: « C'est la date du plus rude coup que Dieu,en notre siècle, ait porté à l'Eglise dans les îles Britanniques. » Même marié,
“ependant, Manning ne s'était pas endormi dans le bien-être. À côté d'une activité paroissiale infatigable, il ne tarda pas à prendre position sur le terrain de la grande lutte qui absorbait tous les esprits.
dû suivre le mouvement d'Oxford jusqu'à la catastrophe linale. Le
sul fait que j'aie pu le retracer sans nommer une seule fois Manning prouve assez que, s'il en subit profondément l'influence, il n'y joua pas, dans cette phase, un rôle considérable. À vrai dire, Newman est àlui seul out le Tractarianisme. Ni le tempérament de Manning, ni les circonstan- cs de son existence à cette époque ne le prédisposaient à prendre une part principale à l'agitation anglo-catholique à ses débuts. IL fut toujours beaucoup moins un homme de cabinet, un théoricien, un théologien ou un auteur qu'un homme d'action et d'autorité. Le diocèse de Chichester, tout rural, dans lequel il exerça pendant dix-huit ans ses fonctions paroissiales sous quatre évêques, dont un seul ressentit quelque sympathie pour les idées nouvelles, n'était pas Oxford. Toutefois Manning n'avait pas tardé,par l'intermédiaire d'amis communs, à se mettre en relations avec Newman. Les principes de la nouvelle école faisaient appel à tout un côté de sa nature. Bientôt détaché du parti évangé- ligue, il s'enrôla dans le parti anglo-catholique. Le premier sermon qu'il tublia en fut la proclamation officielle. 11 y traitait de la règle de foi; et < affirmations fondamentales, ses développements, surtout les notes dont il l'enrichit portaient la marque de la nouvelle doctrine et le trace du fait qu'il avait soumis les épreuves de son travail à Newman. Les évangéliques fémurent. Leur organe, le Record, — un Univers protestant, moins le t lent, — infligea une réprimande sévère à ce « nouveau loup en habit de 316 REVUE ANGLO-ROMAINE
berger ». L'évêque de Chester lança une diatribe contre1 . Manning avai pris rang parmi les Tractariens. Toutes ses amitiés le portaient de ce côté. Après Robert Wilberforce, le plus intime peut-être de ses amis, qui pensait tout à fait comme lui, et Henrs Wilberforce, son beau-frère, il n'avait guère de liaison plus étroite qu'avec M. Gladstone, alors jeune membre de la Chambre des communes, l'espoir du jeune torysme intransigeant, comme l'appelait Macaulay dans un article sur le grand ouvrage qu'il venait de publier sur l'Union de l'Eglise et de l'Etat, Dans un voyage à Rome, en 4838, — la première des innombn- bles visites que Manning fit à la Ville éternelle, — il eut pour compagron le jeune homme d'État. Ensemble, ils allérent voir le docteur Wiseman,qui ne se doutait guère qu'il avait sous les yeux, en la personne de cet ecclé- siastique anglican, son successeur sur le trône archiépiscopal, non encore restauré, de Westminster. Ensemble ils fréquentèrent les églises et enter- dirent un Père de l'ordre des Frères Prêcheurs dont le sermon, populair et dogmatique tout à la fois, émut à jalousie pour l'anglicanisme M. Gladstone. Ensemble ils se promenaient un beau dimanche sur k Piazza de Fiore quand le recteur de Lavington, plus strict sur ce point comme anglican que plus tard le cardinal de la sainte Eglise, reprit sévi- rement M.Gladstone pour la faute grave d'avoir acheté des pommes le jour du sabbat. Au fond, entre Newman et Manning, même à cette lune de miel de leurs relations et encore que plus tard Mannin g, catholique, ait cru devoir dédier à Newman un livre « comme au maitre auquel il devait plus de gratitude qu'à tout autre homme », il n'y eut jamais pleine harmonie, sym- pathie absolue. Tant qu'ils furent tous deux protestants, Newman fut beaucoup le plus catholique des deux. Dès qu'ils furent catholiques l'un et l'autre, Newman se trouva le plus protestant des deux, Je sais une façon grossière autant que simple d'expliquer ce mystère, C'est elle qu'adopie naturellement M. Purcelle, toujours à l'affüt de ce qui peut rabaisser son héros. Pour lui, il ne saurait faire de doute que Manning, serviteur de li fortune, adorateur du soleil levant, ennemi des causes perdues (je citemon auteur), se rangea toujours du côté qu'il crut le plus fort et hurla avec les loups à Genève comme à Rome. Cette solution élégante du proverbe pré sente, entre autres défauts, celui de laisser sans la moindre explication la conduite de Newman, faisant en sens inverse le même chemin que Manning. La véritable clef me semble être donnée par le contraste de ces deux natures. L'un est le type même de l'intellectualiste, aux prises avec ses propres conceptions, j'ai presque dit avec les fantômes de son esprit, porté, par serupule et subtilité, à révoquer en doute ce qui l'attire, à se défier de ses propres postulats, à scier la branche sur laquelle il est assis. L'autre est. dans toute la force du terme, un homme d'action pour qui les idées ne sont pas les jetons d'un jeu infiniment subtil et compliqué, mais des bases d'opé- rations, les fondements sur lesquels il faut bâtir, Autant le premier sers fatalement inclinéà tourner ct à retourner sous toutes les faces son credo. à en chercher avec inquiétude les points faibles, à voir surtout les nég- | lités et les crevasses du terrain sur lequel il a pris position, autant le second, LIVRES ET REVUES 347
par besoin de certitude, par nécessité pratique, sera fidèle à ses prémisses et marchera droit à leurs conclusions logiques. Son protestantisme sera, en son temps, aussi robuste que plus tard son catholicisme, et tous deux dans leur succession seront également sincères. C'était bien par conviction, ct non par politique, qu'à cette époque Manning était infiniment plus anti-romain que la plupart de ses alliés. Il écrivait à Pusey pour le remercier d'un écrit, mais « surtout des passages qui y sont les plus contraires à Rome ». Il ajoutait que « sa conscience était bourrelée à la pensée de ce détournement d'affection, de ce transport sacrilège du cœur des hommes, de l'unique objet du culte à la Vierge Marie ». À ses yeux, une lettre récemment parue du docteur \Viseman « suffisait à condamner tout le système catholique », son parallèle « entre les sentiments d'un enfant pour sa mère et ceux des fidèles pour la Vierge » lui semblait « épouvantable ». 11 différait radicalement dans son ton et son langage à l'égard du catholicisme, non seulement des chevau-légers du parti, mais des docteurs graves, de ceux qui, comme Pusey, devaient res- ter anglicans jusqu'au bout. Dès 4846, il notait dans son journal que l'Eglise anglicane, à ses yeux, ütait malade organiquement et fonctionnellement; que, sous le premier rapport, elle était séparée de l'Eglise universelle et de la chaire de Pierre, soumise sans appel au pouvoir civil, dépouillée du sacrement de pénitence et du sacrifice quotidien de l'Eucharistie, privée des ordres mineurs et mu- üilée dans son rituel; que, sous le second point de vue, elle n'avait plus de rvice quotidien, ni de discipline, ni d'unité dans la dévotion ou le rituel, l'éducation préparatoire pour son clergé, ni de vie sacerdotale chez se évéques et ses prêtres, ni de prise sur la conscience populaire, ni de foi dans les mystères du monde invisible. Cet acte d'accusation formidable, Manning va le répéter sans cesse pen- dant cinq longues années. 11 va reprocher à sa propre Eglise de manquer « d'antiquité, de système, d'intelligibilité, d'ordre, de force, d'unité ». Il va déplorer ces dogmes sur le papier seulement, ce rituel universellement abandonné, ce clergé et ces laïques profondément divisés. Il va dire mrélan- coliquement: « Bien que je ne sois pas catholique romain, j'ai cessé d'être anglican. » Il va lutter contre lui-même, reprenant sans cesse l'examen de sa conscience, se demandant s'il n'est pas en butte aux artifices du tenta- teur, s'il ne doit pas se défier de lui-même, considérer que ceux qui sont jusqu'ici restés dans l'anglicanisme sont plus humbles que ceux qui l'ont quitté. En même temps,il est forcé de noter que: « Rien dans Rome ne le repousse assez pour le tenir à l'écart, tandis que rien dans le protestan- tisme ne l'atire assez pour le retenir. »
Il s’écrie en juillet 1846 : « Le principal c'est l'attraction de Rome, qui me satisfait tout entier, raison, sentiment, toute ma nature, tandis que l'Eglise anglicane n'est qu'un à peu près, et encore n'est-elle cet à peu près que grâce aux suppléments et aux additions que nous lui apporton: Il écrit ces mots curieux qui sont à la fois une protestation implicite et l'aveu d'une irrésistible séduction : « Le filet “esserre ses mailles autour de moi, » Un peu plus tard: « Je sens comme si une grande lumière avait lui a mes yeux. Mon sentiment à l'égard du catholicisme romain n'est pas de 318 REVUE ANGLO-ROMAINE
l'ordre intellectuel. J'ai des diflicultés intellectuelles, mais les grandes dit- ficultés morales sont en train de fondre. Quelque chose surgit sans ces ‘en moi et me répète: « Tu mourras catholique. » Inquiet sur son avenir il se disait: « Comment saurai-je où j'en serai dans deux ans ? Où en était Newman il y a cinq ans ? Ne se peut-il pas que j'en sois au même point que lui ? » D'étranges pensées lui rendaient visite, suivant son expression. Au sortir de cette longue retraite, pendant laquelle il lui parut que Dieu le sevrait de tout pour le posséder tout entier et être sa seule poses sion, ses médecins l'envoyèrent sur le continent. IL y passa l'été de 14 et les six premiers mois de 4848 surtout à Rome. Ce voyage fut propr- ment un cours d'ecelésiologie et de catholicisme pratique. Manning obés- sait aux principes de l'école d'Oxford en hantant sur le continent le églises catholiques. A Rome, il respira à pleins poumons l'air de la métropole catho- lique. Pour occuper ses loisirs, il eut le spectacle des débuts de Pie IX # d'une révolution. I] s'entretint avec les hommes des divers partis, avec ke Père Ventura, d'autres religieux, Le Souverain Pontife lui accorda deur audiences, le 9 avril et le 11 mai, le jour de son départ. Son journal du temps, si copieux sur tout le reste, mentionne ce fait en deux lignes Heureusement le cardinal 4 réparé les omissions de l'anglican. Pie IX, auquel il présenta de la part de son ami Sidney Ilerbert un rapport sur k famine en Irlande, lui parla de Mme Fry, la réformatrice des prisons; à ce propos, des quakers; puis de l'Église anglicane, de l'observance des dimanches et desjours de saints: de la communion sous les deux espèces. Enfin, il loua les bonnes œuvres qui se faisaient en Angleterre en si grand nombre, ajoutant ce mot un peu pélagien : « Quand les hommes fout de bonnes œuvres, Dieu donne sa grâce » ; et tournant son regard vers l* ciel, il termina en ces termes : « Mes pauvres prières sont chaque jour offertes pour l'Angleterre. » Ainsi finit cette mémorable entrevue entr deux hommes destinés à exercer ensemble une si grande influence sur l'Église et sur le siècle... L'heure des hésitations finales, des derniers combats était pass Manning n'avait rien donné à la hâte, à la passion. 11 avait lutté ausi longtemps qu'il l'avait osé, plus longtemps peut-être qu'il n'eût dû, cout la voix de sa conscience, Peu à peu, il avait dénoué tous les liens qui l'attachaient à cette Église, tendrement aimée, fidèlement servie. Ce temps de retraite, il l'avait passé dans la lecture du bréviaire, l'initiati à ces beautés spirituelles de la liturgie qui avaient calmé et purifié so âme, Une dernière fois, il alla s'agenouiller à côté de M. Gladstone, dan une église anglicane, dans cette petite chapelle de Buckingham Palie Road et, se relevant quand le service de communion commença, il dit à son compagnon attristé: « Je ne peux plus communier danx l'Église d'Au- gleterre. » Le 6 avril 1851, cinquième dimanche de carème, ou de la Passion, Man- ning et son ami Hope Scott, qui s'étaient promis de marcher la mai dans la main, firent abjuration, se confessèrent, firent leur profession de foi, reçurent le baptème sous condition et l'absolution des mains du R.P. Browuhill dans l'église de Hill Street. Le dimanche des Rameaux qui sui-
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OF MICHIGAN
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sit, le cardinal Wiseman en personne les confirma et leur donna la com- munion dans sa chapelle privée. C'était la fin d'une vie, Manning croyait que c'était même la fin de sa vie ou du moins de toute activité publique pour lui. Il avait bien, sans la qlus légère hésitation, résolu de se faire ordonner prêtre ; mais là «'arrè- taieut ses vues, il pensait vivre et mourir, dans une tranquille et douce obseurité, à l'ombre du sanctuaire. Il avait enfin, après tant d'orages, trouvé la paix, ainsi que l'atteste cette lettre : « Je sens que je n'ai point d'autre désir à former que de persévérer dans ce que Dieu m'a donné pour l'amour de son Fils. Quelle issue bénie ! Comme l'âme le dit à Dante : F de martirio venni a questa pace! » Le Times ayant cru pouvoir annoncer eu 1852 son retour à l'anglicanisme, il lui écrivit: « J'ai trouvé dans l'Église catholique tout ce que je cherchais, plus même que je n'aurais été capable de concevoir, tant que je n'étais pas dans «on sein, » Manning n'était pas de ceux qui retournent en arrière ou de ceux qui, la vérité une fois connue et embrassée, s’endorment dans une lâche et égoiste oisiveté. — FRANCIS DE PRESSENSÉ.
REVUE CATHOLIQUE DES INSTITUTIONS DU DROIT
Les adversaires de l'Église en France prétendent que les membres du clergé sunt des fonctionnaires publics et des agents du gouverne- ment, sous prétexte qu'ils reçoivent un traitement de l'État. A ce sujet, nous trouvons dans la Revue Catholique des Institutions et du Droit des indications intéressantes pour ceux qui voudraient étudier celle question.
Les membres du clergé catholique, en France. ne sont, en aucun cas,à aucun degré, agents du gouvernement ni fonctionnaires publics.
Celle proposition, qui est une vérilé juridique fortement et depuis longtemps établie en doctrine el en jurisprudence, a besoin pourtant — en face d'efforts opiniâtres, de tentatives réitérées, dans la presse, dans le monde officiel actuel, dans le ministère des culles, pour faire envisager les archevèques el évêques comme des fonclionnaires purs et simples, pour ressusciter en quelque sorte la constitution civile du clergé de néfaste mémoire, pour se passer du Vatican et de l'insti- tion canonique — d'être remise vivement en lumière, avec les auto= rités nombreuses, imposantes, qui la mettent en relief; il ne faut jamais laisser prescrire, ni obscurcir ces vérilés-là. Dans la doctrine, elle se trouve établie par: Dalloz, Recueil alphabé- tique ; Ve Culte, n° 148; V° Fonctionnaire public, n° #1; V° Presse- Outrage, n° 1525; Dalloz, supplément de 4890 au Recueil alphabé- tique; Ve Culte, n° 90; V° Fonctionnaire public, n° 4. Ces recueils signalent comme jurisconsultess'élant prononcés en ce sens: Serrigny, Parant, de Gratlier, Chassant, Dufour, Dupin aîné, Ducrocq, Maugier, Gaudry, Laboulaye, le rapport du député Chapot à l'Assemblée nationale de 1848. is. 0 |
320 REVUE ANGLO-ROMAINE Dans la jurisprudence, nous rencontrons : les arrêts de cassation des 23 août 1793, 23 juin 1831, 9 septembre 1831, 10 septembre 18% (cités en Dalloz : Alphabétique, V° Culte, n° 146; V° Fonctionnaire public, n° 51); les arrêts des 22 février 1843, 23 août 1850, à dé- cembre 4872, 10 mai 1873, 20 juin 1873, 4avril 1874 (cités en Dalloz: Périodique 1845, 1, 169 — 1850, 5, 379—1872, 1, 465 — Guzelle du Palais 1873, p. 544 — Dalloz : 1873, 1,270 — 1874, 1,275 et 216. Les arrêts de cours d'appel de Grenoble, 3 mai 1834; Montpellier, 42 juillet 1841 ; Bourges, 21 juin 1839 (cités V° culte, n° 146 en Dal- loz : Alphabétique) ; de Poitiers et Paris, du 20 juillet 4872; de Cham- béry, du 16 février 1877 (Dalloz, 1879, 2, 162 — 1873, 2, 69— 1877, 2, 205); de Toulouse (4" chamb., + président Fabreguelles, du 20 février 1890 (Gazette des tribunaur, 49 avril 4890), etc. La pensée maitresse de Loutes ces autoritésde doctrine et de juris- prudence, pensée loute de vulgaire bon sens, d'une évidence toute fulgurante pour une intelligence droite, non aveuglée parle pari pris, peut se formuler et se dégager comme suit : « Les ministres du eulte catholique peuvent être des personnes publiques à certains égards, être plus que de simples particuliers, mais ne sont, en aucun cas, à aueun degré, les agents de l'autorité publique, du gouvernement, et n'exercent leur mission, leur autorilé
jamais fonctionnaires publies, parce que l'Etat ne saurait leur confé- | en vertu d'aucune délégation de la loi ou du gouvernement, ne sont
rer la mission qu'ils remplissent, leur enseigner la doctrine qu'ils préchent, leur déléguer l'autorité qu'ils exercentet au nom de laquelle ils agissent, autorité qui est autre et plus haute que celle de l'Etat Ils sont fonctionnaires, dans l'ordre. spirituel seul, nullement dans l'ordre temporel. En les salariant, l'Etat paie une dette convertie, leur verse un équipollent minime des biens ecclésiastiques confisqués en 1790; l'Etat n'ayant aucune doctrine religieuse, ne peut déléguer l’enseignement d'aucune doctrine religieuse; s'il le faisait, il serail tout ensemble catholique, protestant, juif, musulman, puisqu'il salarie ces quatre cultes. C'est l'institution canonique, non le salaire de l'Etat, qui fait la mission, l'autorité des évêques, quoique l'Etat les nomme. Considérer les prêtres comme des fonctionnaires serail, dit Dupin, blesser le sacerdoce dans son essence, »
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a. ati DOCUMENTS
THE
SUPPER OF THE LORD,
AND
THE HOLY COMMUNION,
COMMONLY CALLED THE MASS
(Suite)
893€ Then “shall follow for the Offertory one or mors of these Sentences. dfholy ecripture, to be sung tohäle the people do offer, or else one of them Lo be said by the minister, immediately before tie offering. Lex your light so shine before men, that they may see your good works and glorifÿ your Father which's is heaven. Mal. v, Lay not up for *! yourselves treasure upon the earth, where the rust and moth * doth corrupt, and where thieves break through
Second Edw. VI. 1562. ezhortation, the Presbyter or Cu-
- After such sermon, homily, or rate shall declare unto the people ezhortation, the Curate shall declare whether there be any Holy days or unto the people rohether there be Fasting days the week following ; amy holy days or fasting days the and earnestly exhort them to re- uæek following : and earnesily member the poor, saying (for the ezhort them 10 remember the poor, offertory) one or more of these Sen= saying one or more of these Sen- ténces following, as he thinketh tences following, as he thinketh most. convenient ‘by his discretion, most convenient by his discretion 4. according to the length or shortnes of time that the people are offeriny.
Ler your light, etc. ÎThe same throughout as 4549.] And in process of time it came tu pass, that Cain brought of the fruit Elizabeth, 1560. of the ground and offering unto the 593. After such Sermon, etc. Lord; and Abel, he also brougth ISame as 1552. 9f the fistlings Of his lock, and of the fat thereof : and the Lord had LEr your light, etc. ÎThe”same throughout as 1549.] respect unto Abel and to his offe- ring; but unto Cain and to his offe- James I. 1604. ring hehad notrespect. Gen.4,3,4, 5e. Speak unto the children of Israel, $93. After such Sermon, etc. that they bring me an offering : of {Same as 1553.] every man that giveth it willingly Ler your light, ete. with his heart, ÿe shall take my ÎTte "same Chroughout as 1540.] offering. Eod. 25. 2. ° Ye shall not appear before the Sootoh Liturgy, 1837. Lord empty : every man shall gi 893. After such Sermon, Homily or as he is able, according to the bles-
#1 Ine ono ed., 1559, “ for " omitted. upon earth, where moth and rust. * In Scotch ed., 1637, * treasures
REVUE ANOLO-ROMADNE. — T, 11, — 2
32e
REVUE ANGLO-ROMAINE
and steal : But lay up for yourselves treasures * in heaven, where neither rust nor moth doth corrupt, and where thieves do not break through nor ! steal. Mat. vi. Whatsoever you * would that men should do unto you, even do you * unto them : for this is the law and the Prophets Mafk. Not every one that saith unto me, Lord, Lord, shall enter into the kingdom of heaven, but he that doeth © the will of my Father which is in heaven. Mat. vii. Zachee * stood forth, and said unto the Lord, Behold, Lord the half of my goodsI give Lo the poor, and if I have done any wrong lo any man, 1 restore fourfold. Luc. xix. Who goeth a warfare at any time at # his own cost? Who plantelh
siug of the Lord your God which he cast money into it; and many that hath given you Deut. 16. 46. were rich cast in much. And there David blessed the Lord before all came a certain poor widow, and she the congregation; and said, Blessed threw in two mites, which make be thou, O Lord, is the greatness, a farthing; and he called unto in and the glory, and the victory, and his disciples, and saith unto them, dhe majesty: for all chat is in die Very 1 say unto you, that dix heaven and in the eart is thine : poor Widow hath cast more in chan dhine is ibo Kingdom, À Lord, and all they which have cast into te thou art exalted as head above all. treasury; for all they did cast in of Both riches and honour come of their abundance, but she of her thee, and of thine own do we give want did cast in all that she had. unto thee. I know also my God, even all her living. Mar. 42. 4.42. that thou triest the heart, and hast 43.44. pleasure in uprightness. Às for me, . . Who goeth a warfare, ete. 1 Cor. fa the uprightness of my heart À ix. 7. have willingly offered all these ISame as 1549.1 things : and now have 1 seen with If we have sown unto you spiri- joy 1hy people which are present tual things, is it a greai thing if ere to offer willingly unto thec. we shall reap your Carnal things? 4 Chron.. 29, 10, etc. 1 Cor. ix, 7. Give unto the Lord the glory due unto his name : bring an uffer- Charles II. 1662. ing and come into his courts. Ps. 96. 8. À F $ 93. À Then shall the Priest retum tu'the Lord's Table, and begin the Mat” vi. 49. Jo. # Lay not up for yoursel es, ete. Offertory, saying one or more of Not evry one that saith, ete. these Sentences following, as he Matt. vii. 42. thinketh most convenient in his dis- [Same as 549.1 cretion. Jesus sat over against the trea- Ler your light, etc. sury, and beheld how the people ITho same throughout as 1849.)
8 In four eds., 4549, “ treasure. 5 In ed. 1697, references to che rerses, Mn, eds. 4552! and ed. 4662, “and as we as ll chapters, are given thronbout steal. * In Scotch od., 163, and ed. 1663, : In ed. 1596, and afterwards, “ ye. “dou. ” 3 In eds. 4552, and afterwards, ‘: you" 7 In ed. 1662, . omitted. # In Scotch 'ed., 1637, + at bis ovn 4 This, in eds. 1552. and afterwards, charges; ” and ed! 4669, “ of his own follows on immediately after $ 86. Sec cost. ” p. 220. THE SUPPER OF THE LORD AND THE HOLY COMMUNION 323
a vineyard, and eatelh not of Lhe fruit thereof? Or who feedeth a flck, and eateth not of the milk of the flock? I. Cor. ix. If we have sown unto you spiritual Lhings, is iL a great malter if we shall reap your worldly things ? 1 Cor. ix. Do ye not know, that they which * minister about holy things, live ofthe sacrifice? They! which wait of Uhe altar are partakers with te altar? Even so hath the Lord also ordained : that they which preach the Gospel, should live of the Gospel. I Cor. ix. He which “ soweth little, shall reap lilllé, and he that soweth plenteously, shall reap plenteously. Let every man do according as heis disposed in his heart; not grudgingly or of necessily; for God loveth a cheerful giver. IL Cor. ix. Let him thatis laught in the word, minister unto him that teacheth, in all good things. Be not deceived; GOD is not mocked. For what= swever a man soweth, that shall he reap. Gala. vi. While we have time, let us do good unto all men, and specially unto !* are of the household of faith. Gala. vi. Godliness is great richess, if a man be contented ‘ with that he hath : For we brought nothing into the world, neither may ‘ we carry any thing out. 1 Timo. vi. Charge them which * are rich in this world, that they he ready Lo give, and glad Lo distributy, laying up in store ! for Lhemselves a
Second Edw. VI. 1662. hte things of the temple
? and they
which wait at the altar, are partakers
Do ye not know, etc. with the altar? Even s0 hath the IContinued same as 4549, to] Lord ordained,. that they which ...... time of trouble. Ps. xli. preach the Gospel, should live of the Gospel. 1 Cor. 5. 13. 44. Ile which soweth sparingly, shall Elizabeth, 1669. reap sparingly : and he which sow- Do ye not know, etc. eth bountifully, shall reap boun- IContinued same as 1549, to tifully. Every man according as he purposeuh in his heart, so let him time of trouble. Ps. xli, give, not grudgingly, or of noces. sity : for Éoa loveth a cheerful gi- James 1. 1604. ver. 2 Cor. 9. 6. 7 Let him that is taught in the Do ye not know, ete. word, communicate unto him that IContinued same as 1549, to] teacheth, in all good things. Be not time of trouble. Ps. xli. deceived, God is not mocked : for whatsoever a man soweth, that shall Sootch Liturgy, 1837. he aluo ronp. Gal 6.6.7 Do ye not know that they which Charge them that are rich in this minisier about holy things live of world, that they be not high-minded
- In ed. 1662, who. " 13 In ed, 4662, + that. " 10 In ed. 159, “ And they; ” in ed, 14 În one ed. 1553, and 459, and ed. 1662, “ And they who wait * at the altar. 1662, “ content. ” & an."
H'ln ed. 1662, “ that soweth. ” 13 In three eds., 1558, and two eds., “in store 4559, grudging. omitled. 324 REVUE ANGLO-ROMAINE good foundation, against the lime Lo come, that they may altain eternal life.1 Timo. vi. GOD is not unrighteous, that he "will forget your works and labour, that proceedeth of love, which love ye have shewed for his name’s sake, which " have ministered unto !? Lhe saints, and yet do minister. Aabre. vi. To do good, and to distribute, forget not, for with such sacrifices God is pleased. Æebre. xi Whoso hath this world's good, and seeth his brother have need, and shutteth up his compassion from him, how dwelleth the love of God in him ? 1 Jon ii. Give alms # of {hy goods, and turn never ?! Lhy face from any pour man, and then the face of the Lord shall not be turned away from tee. Toby iv. Be merciful after thy power : if thou hast much, give plenteously; if thou hast little, do thy diligence gladly Lo give of that little so gatherest thou Uhyself a good reward in the day of necessily. Toby iv. He that hath pity upon the poor lendeth unto the Lord; and look, what he layeth out, it shall be paid him again. Prop. %. Blessed be the man that provideth for the sick and need Le Lord shall deliver him, in the time of trouble. Psalm xli ®.
- Were there be Clerks, they shalt sing one, or many of the sentences above teritlen, according lo the length and shortness of he time, that the people be offering.
nor trust in uncertain riches, butin | saints, and yet do minister. Heb. the living God, who giveth us richly | 6. 10. all things to ‘enjoy; that they do | To do good, and to communi- good, tbat they be rich in good | cate, forget not : for with such sa- works, ready 16 distribute, willing | crifices God is well pleased. Heb. to communicate : laying up in store | 13. 16 17. for _themselves a good foundation against the time to come, that they may lay hold of eternal life. 1 Tim. Charles II. 1662. 6. 17. 18. 19. God is not unrighteous, to forget | Do xe not know, ete, your work and labour, oflove, whieh ISame throughout as 1549, Lo ÿe have shewed toward his name, in that ye have ministered to the time of trouble. Psalm xli.
In one ed, 1549, “ xe. #1 In ed. 1662: “ never turn. ”
18 In ed. 1663, +, who. * #3 In one ed. 1549, the two references, to hesuintss» by a printers ercor, are transposod, 1 in ods., 1952 and’ 1359, « unto saints. ” ed. 1096, mp. Pa. 1ni. #0 In eds. 1559, ‘* almose. ”
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THE SUPPER OF TUE LORD AND THE HOLY COMMUNION 325
$ 95. Jn the mean time, while the Clerks do sing tha Offertory, so many as are disposed %, shall offer [un] to the poor man's boz every one according do his ability and charitable mind. $ 96. And at ihe ofering days appoints every man and voman shall pay lo the Curals Îha dus and accustomed offe- ring‘. 897. Then s0 many as shall be partakers of the holy Communion, shall tarry still in (he quire, or in some convenient place nigh the quire, hs men on ihe ons side, and the 1vomen on th olher sida. A other (that mini no lo receive the said holy Communion) shall depart out of (he quire, except the ministers and Clerks ?. 898. Then shall the minister take s0 much Breud and Wine, as shall sufics for the persons appoinled to receive ihe holy Communion, laying the bread upon Îhe corporas or else in the palen, or in some ofher comaly thing pre- pared for that purpose : And pulting the rvine into the Chalice, or else in some fair or conveniant cup, prepared for that use (if the chalice till not serve), putting lhereto a little pure and clean tvater: And settiny both the bread and ivine upon the Altar ?.
fé put Le ave EAN:
O. H. O. Edw. VI. 1648. jather the devotion of the people,
8 98. The lime of the Communion men's boz : $96. and upon the offe- shall be immediately aftér that the ring days appointed, every man nd Priest himself hath received the sa- toman shall pay to the Curate the crament, without the varying of any due and accustomed offerings = other rite or ceremony in the Mass {Continued as {until other order shall be provided), 4 404... after which done Lhe Priest shalt but as heretofore usually the Priest say Let us pray for the whole, hath done with the sacrament of the state, etc. Sce page 240.] body, to prepare, bless and conse- $:90. € After the which, the Priest craie so much as will serve the Shall proceed, saying 5. people : s0 it shall 4 continue still after the same maner and form, save Lift up your hearts. that he shall bless and consecrate Answer. We lift them up, etc. the biggest chalice or some fair and {Same as 1549.j conventent cup or cups full of wine with some water put unto it; and Elizabeth, 1569. that day, not drink it up all him- $ 95. Then shall the Church-war- self, but’taking one only sup or dens, ete. draught, leave the rest upon the altar covered 5... Samo as 1552] {Here follows 4 104, see p. 240.] IContinued asà 88. See p. 222.] $ 90. After the which the Priest shall proceed, saying, Second Edw. VI. 1662. Lift up your hearts. $95. Then shal ‘he Church wardens, Answer. We lift them up, etc. or some other vÿ ‘hem appointed, ISame as 1549.
33 In one ed., 1549, ‘ be, ” ” 3 This re ee 1549, nuch altored 1 This rubriis roprasented by he lat from # 98 of 1548, is partial reseR— ter part of 4 149 of 1552, and after, See ted by 4 98 of 4637 and1662 4 In one ed., 1548, ‘‘ shall yet. * Ps This rubric is parlly represented by a 0. H. C., this follows after à 92, 4.87 of 4662. See p. 223. See also paraz p. 230.
Eole, É6, in ds, 1382 Lo 1638. h beginning * Which thing, ” € This, in 4552, and subsoquent odi- tions, follows after 3 114. See p. 259. "+ 326 REVUE ANGLO-ROMAINE
8 99 fhen then Priest shall say,
The Lord be with you. Answer. And with Ühy spirit. Priest. Lifl up your hearts. Answer. We lifl them up unto the Lord. Priest. Let us give thanks to * our Lord God. Answer. IL is meet and right so Lo do. Priest $. IL is very meel, right, and our bounden duty, that we should at all es, and il all places, give thanks Lo 7 thee, O Lord, holy Father, almighty everlas g, God.
James 1. 1604. Charles II. 1662.
$ 95. Then shall the, ete. Whilst these Sentences are in
Same as 1552.) ling, the Deacons, Churchwar-
IHere follows 4 88. See p. 223.] dens, or other fit person appointed
for that purpose, shall receive the
8 99. After the which, ete. alms for the poor, and other devo-
Lift up your hearts. tions of the people, in a decent ba- Answer. We lift them up, ete. sin, to be provided by the Parish ISame as 4549.]] for that purpose; and reverently bring, it to the Priest, who shal umbly present and place it 895. While the presbyter distinetly pronounces some or all of these sen- the holy Table. “ $ 98. € And when there is a Com- tences for the offertory, the deacon munion, the Priest shall then or (ifno such be present) one of the churehaoardens shal recette he de- von the Table so much Bread and ine, as he shall think sufficient; votionsof the people there nt, da a han price for Let pare IContinned as $ 104... after which pose, And then all have offered, done. Sec p. 241. shall reverently bring the said S$ 99. After which the Priest shall bason, with the oblations therein, md déliver 5 to the presbyter, who proceed, saying, shall humbly present it before the Lift up your hearts. Lord, and set it upon the holy Answer. We lift them up, ete. table. 1Same as 4549, to] $ 98. And the presbyter shall then offer up, and place the bread right so to do. and wine prepared for the Sacra- $ 100. € Then shall the Priest turn ment upon the Lord's table, that it 40the Lord's Table, and say, may be ready for that service. IHere follows $ 404. See p. 241 ] Ir is very meet, right, and our 890. bounden duty, that we should at all After the which the Presbyter times, and in all shall proceed, saying. places give thanks pue Lift up your hearts. unto thee, © Lord, (Hotyfaher ut Answer. We lift them up, ete. holy_ Falher, At be omitlet on Tri ah v, everlasting "4 Sunday. Priest in voi nstanses | ISame as 4549, except Presbyter for
*In most eds. 1552, 1559, and all afterwards, ‘ unto. "
# In three ed., 1549, ‘* The Priest. ”
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THE SUPPER OF THE LORD AND THE HOLY COMMUNION 327 (if hare S104. Are shall foot the proper préface * according to the time de any specially appointed) or else immadiately shall follour, Therefore with angels, [etc.]
PROPER PREFACES.
4 Upon Christmas Day.
Becauss thou didst give Jesus Christ, thine only Son, to be born #s this day ° for us, who by the operation of the Holy Ghost was made very man, of the substance of the Virgin # Mary his molher, and that without spot of sin, to make us clean from all sin. The- refore, ete... { Upon Easter Day. Bur chiefy are we bound to praise thee, for the glorious resurrec- ofthy Son Jesus Christ, our Lord; for he is the very Paschal Lamb, which was offered for us, and hath taken away the sin ofthe world, who by his death hath destroyed death, and by his rising Lo life again hath restored to us everlasting life. Therefore, elc. { Upon the‘ Ascension Day. Tarouea thy most dear beloved Son, Jesas Christ our Lord, who after his most glorious resurrection manifestly appared to all his
Second Edw. VI. 1562 TuROUGHT Jesus Christ, etc.
ISame as 1549.)
$ 101. Here shall follow the proper € Upon the feast of Trinity only. Preface, etc. ISame ss 1549.] Iris very meet, right, etc. 1$ame as 159, to] PROPER PREFACES. inequality. Therefore with, etc.
% Upon Christmas day, and seven Elirabeth, 1659. days after. $ 101. Here shall follow, ete. BecausE thou didst give, ete. ISame es 1549.] 1Same as 1549.] Upon Easter day, and seven days PROPER PREFACES, etc. after. ISamo Prefaces as 1549, with the rubrics of 4552. Bur chiefy are awe bound, etc. inequality. Therefore with, etc. ISame as 4549.]
Upon the 1% Ascension day, and James I. 1604.
seven days after. 8101. Here shall follow, etc.
[Same as 4549]
THROUGH thy most dear be- love, etc. PROPER PREFACES, etc. {Same as 4549] {Same Prefaces ‘as 4549, wdth rubrios of 1552] S Upon Whitsunday, and siz days after. iniquality. Therefore with, etc.
- In ome eà., 4649, and 4502, * Pre #3 In some eds., #63, and in all, 1559, 4604, 1662, “ Therefore with Angola, "etc. la ed. 1662,‘ as at this time”. throughout. In Scotch ed. 4637, ‘* he blessed 13 In'ed. 1602, “ the ” omitéed. Virgin Mary. ” 328 REVUE ANGLO-ROMAINE
disciples #, and in their sight ascended up into heaven, Lo prepare a place for us, that where he is, thiher might we also ascend, and reign with him in glory. Therefore, etc.
Upon Witsunday.
Turovsu Jesus # Christ our Lord, according to whose most true promise, the Holy Ghost came down this day “ from heaven, witha sudden great sound, as it had been a mighty wind, in the likeness of fiery Longues, lighting upon the Apostles, Lo leach them, and to lead them to all truth, giving them both the gift of divers languages, and also boldness with fervent zeal, constantly to preach the Gospel unto all nations, whereby we are # brought out of darkness and error, into the clear light and true knowledge of thee, and of thy Son Jesus Christ. Therefore, ete.
€ Upon the feust of th Trinity.
Ir is very meet, right, and our bounden duty, that we should at all times, and in all places, give thanks to thee, O Lord almighty, “ everlasting God, which ? art one God, one Lord, not one only per- soh, but three persons in one substance : For that which we believe ofthe glory of the Father, the same we believe ofthe Son, and ofthe Holy Ghost, without any difference, or inequality : whom the angels, ete.
Sootoh Litursy, 1637. glorious Name, evermore praising
thee, and saying, Holy, holy, holy,
$ 104. Here shall follow, etc. Lord God of hosts: Heaven and earili
(Same ss 1549.)
are full of thy glory. Glory be to
thee, O Lord most Hight. Amen.
PROPER PREFACES.
{PROPER PREFACES, etc.
[Same Prefaces as 1549, with rubrics of 4552. 10] [The same Prefaces as 1549, with inequality. Therefore with, ete. the rubrics of 1553, to] € Upon the feast of Trinity only. Charles II. 1682. WH0 art one God, one Lord; not $ 101. € Here shall follow the Proper one only person, but three persons Preface, ete. in one substance : For that which we believe of the glory of the Fa- [Same as 1549] ther, the same we believe of the THEREFORE with Angels and Ar- Son, and of the holy Ghost, without changels and with ail the company any'difference or inequality. The- of heaven we laud and magnifÿ thy refore with Angels, etc.
1 In eds. 1582, and aferwards, 19 In ed. 1663, “ havo been. ”
« Apostles. ” 19 In eds., 1542, and afterward, ‘and ” 15 In od. 1662, “ we might, everlast 16 In oneed., 1552, and 155 3 ” 20 In ed. 1662, “ who. 17 In ed. 4663, as at this time from. ”
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THE SUPPER OF TILE LORD AND TRE HOLY COMMUNION 329
8402. After sohich prefaceshall follo immediately.
Therefore with Angels and Archangels, and with all the holy com- pany of heaven, we laud and magnifs thy glorious name, evermore praising thee, and saying, 4 Holy, holy, holy, Lord God of Hosts : heaven and earth are full ofthy glory : Osannah in the highest. Blessed is he that cometh in the name of the Lord : Glory to thee, O Lord, in the highest.
$ 403. This Îha Clerks shall also sing.
8104.Ÿ Wäen dhe Clerks have done singing, then shall the Priest, or Deacon, turn him lo the people, and say, Let us pray for the whole state of Christ's Church. 8103. Ÿ Then Cha Prisst, furning him to the Allar, shall say or sing, plainly and'distinetly, this prayer following :
Second Edw. VI. 1562. defend all Christian Kings, Princes,
S102. A fler which preace, shall and governors, and specially thy follow immediately. servant, Edward our King, that un- der him we may be godly and { Therefore with Angels and Ar- quietly governed : changels, and with all the company of heaven, we laud and magnify thy IContinued the same as 1549, to]. dorious name, evermore praising true religion and virtue. ie, and saying: Holy, holy, oly, Lord God of Elizabeth, 1669. hosts : heaven and earth are full of 8 102. After which Preface, etc. ty glory : glory be to thee, © Lord most high. [Same as 1552, [Hero tollows # 145. Se p. 252.] fre followsÿ 115, and the prayer, “We do not presume, ” otc.!See p. 252.] 8$ 105,4... After which done the S 104, 5... After which done the Priest shall say,
Priest %1 shall say 2. Let us pray for the whole, etc.
[Same as 1552, except]
Let us pray for the whole state 3 of Christ’s Church militant here in and specially thy servant Elizabeth earth. our Queen, ALMIGHTY and au God, Land % her, ” for “ him, and his. ”] shich by thy holy Apostle hasi taught us to make prayers and sup- James I. 1604. plications, and to give thanks for all men : we humbly + je there be 8102. After which Preface, elc. beseech thee most one almgiren Same as 4552.) mercifully to accept mate he poor. {Hero follows 4 145. Seo p. 253.] our als ?, and Lo eme 2 8$ 104, 5. After which done the receive these our fng our alms he Priest shall say, prayers. lof out nsaid. Let us pray for the whole, etc. {Continued the same as 1549, to] {Same as 4552, except] -... unity and godiy love. and specially thy servant James our We beech thee also to save and King,
M1 Lo ed. 1518, “ Minister. ” #3 This, in eds, 1552, 1559, 1604, and era, is a continuation of 3 96, p.25, #3 la eds., 0552, and one ed., 1559, 330 REVUE ANGLO-ROMAINE AumiGury and everliving God, which by thy holy apostle hast taught us Lo make prayers and supplications, and to gives thanks for all men : We humbly beseech thee most mercifull to receive these our prayers, which we offer unto thy divine Majesty, beseeching thee Lo inspire continually the universal Church with the spirit of truth, unity, and concord : And grant that all they that do confess thy holy name, may agree in the truth of thy holy word, and live in unity and godly love. Specially we beseech thee to save and defend thy servant Edward our King, that under him we may be godly; and quietly governed. And grant unto his whole council, and Lo all that be # put in authority under him, Lhat they may trulÿ and indifferently minister justice, to the punishment of wickedness and vice, and to the maintenance of God's 4 true religion and virtue. ive grace (0 heavenly Father) to all Bishops, Pas- tors 5, and Curates, that they may both by their life and doctrine set
Scotoh Liturgy, 1637. Glory be 10 thee, © Lord, most
hihlr. Amen.
$ 102. After which Prefaces, shall foliow immediately this Dozology. IHero follows, $ 115, p. 253]
THEREFORE with Angels, ete. $S 104, 5... After which ?,done, the Priest shall say coin nl Let us pray for the whole sa IHere follows & 106, See p. 244. of Christ's Church militant here in earth. S 104. And then he shall say 5, ALMIGHTY and everliving God. Let us pray for the whole, ete. bi thy, etc. a Em on 4882, pd [Same as 1e opt following
and specially thy servant Charles | most mercifally [to our King, accept our alms and be m If ere — oblations, and] 10 re- Sms este Charles II. 1662. ceive these our pra words [of ser, vers, which we offer Sn $$ 102, 3. € After each of which Pre- | untothy divine Ma- tee faces, shall immediately be sung or | jesty, ete. said, Same as 1549, to.] THEREFORE with Angels and Ar- | We heseech thee also 10, etc. changels, and with all the company [Same as 1553, to] of heaven, we laud and magnify thy and specially thy servant Charles dorious Name, evermore praising our King, ù nd saying, Holy, holy, holy, Icontinued to] Lord God of hosts, heaven and earth are full of thy glory. true religion and virtue.
3 In ed, 1662, “ are. ” is continuation of # 18. {In ed. 1662, “ thy true. ” Sin ed. 4662, “ Pastors ” omifled. 5 This rubric, in eds, 1637 anc 1662, R
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TRE SUPPER OF THE LORD AND THE HOLY COMMUNION 331
forth thy true and * lively word, and righly and duly administer thy holy Sacraments : and Lo all thy people give thy heavenly grace, that with meek heart and due reverence they may hear and receive thy holy word, truly serving thee in holiness and righteousness all the days of their life. And we most humbly beseech thee of thy goodness (0 Lord) to comfort and succour all them, which in this transitory life be in Lrouble, sorrow, need, sickness, or any other adversity. And especially we commend unto thy merciful goodness this congregation which is here assembled in thy name, to celebrate Lhe commemora- tion of the most glorious death of thy Son: And here we do give unto thee most high praise, and hearty thanks, for the wonderful grace and virtue, declared in all thy saints, from the beginning of the world : And chiefy in the glorious and most blessed virgin Mary, mother of thy Son Jesu Christ our Lord and God, and in the holy Patriarchs, Prophels, Apostles and Martyrs, whose examples ,0 Lord) and stedfastness in Lhy faith, and keeping thy holy commandments, grant us to follow, We commend unto thy mercy (0 Lord) all other thy servants, which are departed hence from us, with the sign of faith, and now do rest in the sleep of peace: Grant unto them, we
Second Edw. VI 1662. IHere follows,
8 91. Then shall follow this erhorta-
Give grace (0_heavenly Father) tion, ete. t0 all Bishops, Pastors® and Cu- See p. 226] rates, ele.
ISame as 1549, to] Elizabeth, 1660.
bravenly grace, and especially to | LGive grace (O heavenly Father}, this congrégation here present, that ete.
with meek heart and due reverence Same as 4553, 10] tbe may hear and receive thy holy . word, truly serving thee in holiners Mediator and Advocate, Amen. ad righteousness all the days Of | |Here follows 4 9. Bec p. 227] And we most humbly heseech ——— thee of ti. goodness (O Lord) to James I. 1604. cumfort and euccour all them, which * in this trapitory life be 1 Give grare (0 heavenly Father), in sorrow, need, sickness, or any ete. wher adversity. 1Same as 1552] Grant ts, O Father, for Mediator and Advocate. Amen. Jesus Christ's sake, our only me- diator and advocate. Amen. [Here follows & 91. See p. 228.
© ln one ei., 1532, and 1559, and ” * In ed. 1682, ho. ” emitled. 101ned. 1662, ‘arein trouble, sorrow.” “ln ed. 1662, ‘: Pastors " omiffed. 332 REVUE ANGLO-ROMAINE beseech thee, thy merey, and everlasting peace, and that, at the day of the general résurrection, we and all they which be of the myslieal body ofthy Son, may altogeter be set on his right and, and hear gil his most joyful voice : Come unto me, O ye that be blessed of my Father, and possess the kingdom, which is prepared for you from the beginning of the world : grant this, O Father. for Jesus Christ's sake, our only Mediator and Advocate. O God heavenly Father, which of thy tender merey didst give thine # only Son Jesu # Christ, to suffer death upon Lhe cross for our redemption, who made there (by his one ‘ oblation !, once
Sootoh Liturgy, 1687. 10 thy holy_commandments : that
at the day ‘of the general resurrec-
Give grace O heavenly Father t0 tion we, and all they which are of all Bishops Presbyters and Curates, the mystical body of thy Son, may that they, ete. be set'on his right hand, and hear [continued the same as 1549, to] that his most joyful voice, Come ve blessed of my Father, inherit the all the days oftheir life. Kingdom prepared for you from the IAnd we commend especially foundation of the world. unto thy merciful godness the con Grant this, gregation which is here assembled O Father, for Jesus Christs sake. in ihy Name {0 Ce- typon thorois our only” mediator and advocate. lebrate the comme 59° Commanion Amen. moration of the most these wordsthus UHere follows $ 91. See p. 221. precious death and sacrifice of thy Son our Saviour Jesus Christ] Charles 1I. 1662. And we most humbly besecch thee, ete. Give grace O heavenly Father, et. ISame as 1552, 10] Icontinued the same as 4549, to]
jh of ed. 1549
bin ing, “ Anc eapechall we com
any other adversity. ars And we also mend, is substituted the following.| bless thy holy Name for all those thy servants, who, having finished And we also bless thy holy Name. their course in faith, do now rest for all thy servants departed this life from their labours. And we yield in thy faith and fear; beseechin£ unto _thee most high praise and thee to give us grace sp 10 follow hearty thanks, for the wonderful their good examples, that with them grace and virte declared in all thy we may be partakers of thy he- saints, who have been the choice venly kingdom. vessels of thy grace, and the lights Grant ti ofthe world'in their several gene- © Father, for Jesus Chris rations : most humbly beseeching our only” Mediator and Advocaie. thee, that we may have grace 10 Amen. follow the example of their sted- {Here follows 4 92. When Lhe Minister fastness in thy faith, and ohedience giveth warning, elc. See p. 2%]
11 In Scotch ed., 1637, * thy, ” “ ow In the first edition of 1549, itis 1? In one ed., 1849. éds., 1552, “ his awne oblacion. ” and afterwards, ‘Ji 14 In eds, 4552, and all afterwaris, 13 In ed. of 1597, “ one ” is printed “ oblation of himself.
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ns hhales
TBE SUPPER OF TUE LORD AND THE HOLY COMMUNION 333
offered) a full, perfect, and sufficient sacrifice, oblation, and sati faclion, for the sins of the whole world, and did # institute, and in is holy Gospel command us to celebrale #, a perpetual memory of that his precious death ‘?, until his coming again : Hear us (O0 merciful Father) we beseech thee; and with thy holy Spiril and word vouchsafe Lo bless and sancktify these thÿ gifls, and creatures of bread andwine, that they may be uno us the body and blood
Second Edw. VI. 1562. James I. 1604.
$ 107. Then the Priest standinh up $407. Then he Priest standing, etc. shall say, as followeth" ALMIGHTY God our heavenly Fa- ALsIGHTY God our heavenlÿ Fa- ter, which of thy, ete. ther, which of thy, ete.
IContinued the same as 1549, to] [The same as 4552.]
Hear us, O merciful Father, we [Here follows$ 116. See p. 252.) beseech ‘thee : and grant that we ceiving these thy creatures of bread and wine, according to thy Sootch Liturgy, 1637. Son our Saviour Jesu Christ's hol institution, in remembrance of his $ 107. Then the presbyter, standing death and' passion, may be parta- up, shall say the prayer of Conse- kers of his most blessed body and cration, as followeth, blood : who, in the same nihgt that : $ 106. but then, he was betrayec, 100k bread, and during the time of consecration, he when he had given thanks, he brai.e shall stand at such a part of the it, and gave it Lo his discilpes holy table where he may with the ing: more ease and decency use both his ISame as 1549, (but with tho side-notes hands ‘8; omitted), to]
in remembrance of me. ALMiGTY God our heavenly Fa- Here follows, ter, which of thy, ete. 216. Then shall the Minister first, ele. Seo p. 252.] [Same as 1549, to]
Hear us, © merciful Father, we
Elizabeth, 1569. most humbly beseech thee, and of
$107. Then the Priest standing, ete. thy almighty goodness vouchsafe s0 to bless and sanctify, with thy word ALmiGHTY God ‘our heavenly Fa- and Holy Spirit, these thy gilts and her, which of thy, ete. creatures of bread and wine, that IThe same as 1552.) they may be unto us the body and {ers follows 3 118. Soo p. 252. blood of thy most dearlx beloved
1Inoneed.. 1552, and 1539, didde 18 In ods., and aflerwards, this 1562 16 In eds. 4552, and all'afterwards, follows on after # 1905, p. 252. “ continue. ” 19 This, in the Scotch Liturgy. fol- 1 In Scotch ed.,1631, ‘* death and sa- lows immediately after the Prefaces, crifice. 4112. Seo p. 241. bre... 4, |
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of thy most dearly beloved Son Jesus Christ. Who, in the sune Here de Pie Might that he was betrayed, took bread, and when must take te bread he had blessed, and given thanks, he brake it,and Re gave it to his aisciples, saying: Take, eat, this is my body which is given for you : do this in remembrance of me. Likewise afler supper he look the cup and when he had given àere there Peu UANKS, le gave it Lo them, saying: Drink ve alluf l'ike de eupinto this, for this is my blood of the new Testament, | hi Co which is shed for you and for many, for remission of sins: Do this as ofl as you *# shall drink it, in remembrance uf me.
$108. These words before reharsed are lo be said, turning still to the Alu, without vny elevation, or shewing the Sacrament to the people. Wueeros, O Lord and heavenly Father, according Lo he Insti-
Son, so that we, receiving them we most humbly besecch thee. ani according to thy Son our Saviour grant that we receiving, these ty Jesus Christs Holy institution, in icreatures of bred_and wine, act remembrance of is | Arios voie rug to thy_ Son our Saviour Jesu: death and passion may ({0k, bread the Christ holy institution, in re: hat be partakers of the Prbrier brance of his death and passion. same ik most bless ie de, Pasen may be partakers Of his most bles- ed body. and blood in his hand sed’ body and blood: Who in the — who” in the night (Rte monts same night that he (a) Hare that he wass betrayed ls to take the was betraved (a) 1o0k Priemiswtke | tookbreadand wheu he chaïiee in Ms |bred, and when he tir Pat iv had given thanks he jand - upon had given thanks, (b) "amd here w brake it and gave it much, boit in [he Drake it, and broakthoirest to his disciples chalice or fa |gave it to his disciples, saying, seying : to ds Hu (e)andherew eat, (c) this laÿhisbando eonsee | Take, body crate. is my which is ror IContinued same as 1549, except given for you, do all the bread variation in side-notes.] this, in remembrance of me, Like- wise after Supper (d) (a) Here he ss Charles IL. 1662. le Wok 4 cup, me O2 $ 186 € When the Priest, standing and when he had inio his and beforé the Table, hath So ordored given thanks, he gave it to them, the Bread and Wine, that he may ing, Drink ye all of this, for this (end here with the more readiness and de- (e) 1alhis and upas cency break the Bread before the is my blood of the people, and take the Cup into his New Testament, or s it Chao FA un) in hic: hands, whica is shed for arois any vieà $ 107, he shall say the Prayer you and for many iobe coneccat of Consecration, as followeth. for the remission of : Do this, as oft as ye shall ALmiGury God our heavenl driuk it, in remembrance of me ter, who of thy, ete. Amen. [Same as 1529, to] . Hear us, 0 merciful Father, IHere follows $ 146. See p. 253].
20 In eds. 4552, 1559, and 1604, these two l-notes are omitted.
2l'In eds. 1552, and afterwards,
Original from
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THE SUPPER OF TIIE LORD AND THE HOLY COMMUNION 335
{tion of thy dearly beloved Son, our Saviour Jesu # Christ, we Lhy humble servants do celebrate, and make here before thy divine Majesty, with these thy holy gifs, the memorial which thy Son hath willed us to make : having in remembrance his blessed passion, mighty resurrection, and glorious ascension, rendering unto thee most hearty thanks, for the innumerable benefits procured unto us by the same, entirely desiring ® thy fatherly godness, mercifully to accept lis our Sacrifice of praise and thanksgiving : most humbly besee- ching thee Lo grant, that by the merits and death of thy Son Jesus Christ, and through faith in his blood, we and all thy whole church way obtain remission of our sins, and all other benefits of his pas- sion. And here we offer and present unto thee (0 Lord) ourself #, our souls, and bodies, to be a reasonable, holy, and lively sacrifice unto thee : humbly beseeching thee, that whosoever shall be partakers * of this holy Communion, may worthily receive the most precious body and blood of thy Son Jesus Christ, and be fulfilled with thy grace and heavenly benediction, and made one body with thy Son Jesus Christ 4, Lhat he may dell in them, and they in him.
Second Edw V. 1552. unto the, © Father almighty, world
without end. Amen.
- € After shall be said as followeth +. {Here follows, 8426. Or his, Almighty and
- LonD and heavenly Father, everling, etc.
we, thy humble servants, entirelÿ Sce p. 256] desire thy fatherly goodness, mer- cifully to, etc. Elisabeth, 1559. IContinued same as 1549, to] $ 108... After shall be said us humbly beseeching thee, that all we followeth. which be % partakers of this holy © Lord heavenly, ete. Communion, may be fullilled witl ISame as 1552, 10] thy grace and heavenly benedic- À ... world withoud end, Amen. tion. And although we Le unwo [Here followx 3 121. ve p. 256. th (through our manifold sins) Lo offer unto thee any sacrifice, Yet we beseech thee 10 accept this our James 1 1604. bounden duty and service, not 3 108... After shall be said as weighing our merits, but pardoning followeth. our offences, through Jesus Christ © Lord and heavenly, ete. our Lord; by whom, and with [Same as 1553, to] whom, in the Unity of the Holy ... world Without eud. Amen. Ghost, all honour and glorÿ be IHere follows 4 121. Sco p. 256.]
*? In Scotch ed., 1637, “ Jesus this follows on after 4 126. See p. 256.
In Scotch ed, 4631, * and we enti- 2In ed. 4662, ‘ who are. ”
rely desire. 3 In ons od., 4549, * parfaker, À In ed. 1552, and afterwards, ‘t our- 4 In Scotch ed., 1636, “ one body selres. ” with him that. ” ‘ln eds. 4552, and in all afterwards 336 REVUE ANGLO-ROMAINE Andalthough we be unworthy {through our mani- fold sins) to offer unto thee any Sacrifice : Yet we beseech thee to accept this our bounden duty and service, and command these our prayers and supplications, by the ministry of Lhy holy Angels, to be brought up into thy holy Tabernacle before the sight of thy divine Majesty; not weighing our merits, but pardoning our offences, through 5 Christ our Lord: by whom, and with whom, in tbe unity of the Holy Ghost, all honour and glory be unto thee, O Father Almighty, world without end. Amen.
Let us pray.
As our Saviour Christ hath commanded and taught us, we are bold to say. Our Father, which art in heaven, hallowed be thy name. Thy Kingdom come. Thy will be done in earth, as it is in heaven. Give us this day our daily bread. And forgive us our trespasses, as we forgive them that trespass against us. And lead us not into lempta- tion. The Answer. But deliver us from evil. Amen .
Scotch Liturgy. 1637. IHerh follows,
#45. Then shall the Presbyter, knee-
S 108. Immediately after shall be said ling down at God's board, etc. this Memorial or Prayer of Obla- See p. 253.) tion followeth. Charles II. 1682. \WVHEREFORE, O Lord, etc. S108. 4 After shall be said, as {The same as 1549 throughout, except followeth. parabraph, “ and command thèse our | © LonD and heavenly Father, prayers Lo thy divine Majesty, ” is omit- | wwe thy humble servant entirely de led] sire thy Fatherly goodness, merci- fully to, ete. $ 109. Then shall the presbyter say, [Same as 1549, to] As our Saviour Christ hath com- humbly beseeching thee, ete. manded_ and taught us we are bold [Same as 1552, Lo] to say, Our Father, Which art in world without end. ‘Amen. heaven, ete. Amen. Uere follows # 127. See p. 227]
5 In Scotch ed., 1637, “ Jesus Christ. ”
5 In one ed., 1549, ‘ Amen ” omitted.
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