Divers (collection CIRS) · document-de-reference · 1 janvier 1896

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Post-Vatican II etude-privee
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gr ANNÉE a JUILLET 1896

                             REVUE

ANGLO-ROMAINE RECUEIL HEBDOMADAIRE

Tu es Petrus, et se per banc petam - . ædifeabo Ecclesiamn

Marre avr, 1810,

                              SOMMAIRE :

Rev. T. A. Lacer........ La ltéforme. 769 A. Boumimuox... Nouvelles obser: des ordres anglican: ms Rev. G. Bavrreuo Roneurs. Le droit canonique dans l'Eglise d'An- gleterre. 32 599

           Docuxers.                          dsmi parvulo:
                                      Ecclesia administrandi
                                      sommaires. — Table alphabétique par
                                      noms d'auteurs du tome Il..           s0t


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                                      1896




                                                UNIVERSITY OF MICHIGAN

PRIX DES ABONNEMENTS TARIF DES ANNONCES

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                                         LES

ORDINATIONS ANGLICANES PAR

                       FER              D DALBUS
                                 —«   2 Énox      —

          1 Hrochure grand in-8°.       — Paris, Delhomme el Briguet.

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                          LE PROBLÈME

Il ÿ a deux erreurs que commettent très fréquemment ceux qui étudient la Réforme. Ils voient, dans ses débuts et dans ses premières luttes, les sentiments et les idées qui en furent le résultat al, et ils en regardent trop souvent les diverses phases comme Rulaat de mouvements indépendants les uns des autres. Ces deux errears se liennent. L'issue de cette lutte mémorable fut, en somme, diffé- rente suivant les pays, et en jugeant d'après le résultat, on est amené à penser qu'il yeut de même une différence dans les causes qui La produisirent et dans la manière dont elle débuta. Mais c'est précisé- ment ignorer l'effet le plus important dela réforme. Quand ce grand mouvement commença, la chrétienté, Respublica Christiana, était encore une réalité. Le résulla des controverses du xvi‘ siècle fut de la dé- truire, Désormais il n'y eut plus de chrétienté, mais seulement des fragments épars, le plus souvent en antagonisme aigu, quelquefois malgré leur division extérieure. Ce résullat ne fut atteint que graduellement; et, en vérité, il ne le fut pour ainsi que la lutte se poursuivit. Il fut plutôt l'effet d'une lassitude géné- rale; on prit peu à peu son parti de cet étai de discorde, el il s'ea- suivit une paix relative. Si donc nous voulons bien comprendre le but que se proposèrent les chefs de la réforme, nous devons oublier pour un instant les résultats de ce mouvement. D'autre part, 20m ne devons pas considérer la réforme comme un ensemble de moave- ments isolés, propres à chaque nation, mais comme une secousse qui agita la chrélienté tout entière. La première question que je poserai est celle-ci : Quel était l'objet de la réforme? Quel était le problème que la chrétienté avait à envi- sager ? Lorsque nous aurons élabli ce premier point, nous pourroer examiner alors jusqu'à quel degré cet objet fut réalisé. La réforme n'éclata pas soudainement, à la manière d'une évup- REVUE ANOLO-ROMAINE, — 7 lle — 49 770 REVUE ANGLO-ROMAINE

ion volcanique. Depuis longtemps, un travail lent s'opérait dans la chrétienté. L'Église latine — car nous n'avons pas à nous occuper ici des Églises orientales — l'Église latine, dis-je, souffrait de maux réels. Pendant la première partie du xv* siècle, on n'avait cessé de réclamer des réformes. Et suivant l'expression du temps, l'Église devait être réformée, à la fois « dans le chef et dans les membres ». Pourquoi ces plaintes unanimes ? Les abus criants qui se rencontraient dans lel pays n'étaient pas loujours les mêmes dans lel autre. Mais la solidarité de la chrétienté était telle alors, qu'aucun sentiment de mécontentement ne pouvait rester local. Le mouvement de centrali- sation qui, depuis le xin siècle surloul, avait réuni peu à peu, entre les mains de la papauté, tous les fils de la politique de l'Église, ce mouvement tendait à rendre toule réforme locale d'abus locaux en- tièrement impossible. La papauté, en effet, élait arrivée au faite de sa puissance, grâce àla vertu et au zèle réformaleur des papes. Avec un courage à toute épreuve ils avaient fait partout la chasse aux abus; à eux seuls, ils avaient réduit le grand mal de la simonie, et défendu l'Église. contre les empiétements du pouvoir séculier; leurs légals avaient été par- tout établissant l'ordre, renforçant les canons de l'Église, encoura- geant l'épiscopat dans sa fermeté et réduisant les insubordonnés. Mais, lorsque la papauté elle-même tomba en des jours mauvais et que son influence morale fut détruite pour un temps par le grand schisme, où pouvait-on Lrouver un défenseur? La tête, aussi bien que les membres, avait besoin de réforme. On eut recours au syslème des conciles généraux. Leur premier but était la destruction du schisme qui mettait la division dans la papauté elle-même, Mais une voix nouvelle se fit entendre à Cons- tance et à Bâle, une voix i — la voix des nations. L'organisation nationale du concile, bien qu'informe et imparfaite, parut comme le commencement d'un nouvel ordre de closes: — un ordre ecclésias- tique correspondant à l'ordre politique de l'Europe moderne, auquel nous nous sommes si bien adaptés qu'il nous parait de rigueur. Le « nationalisme » qui menaça alors a existé pendant des siècles dans la chrétienté d'Orient. L'Église d'Occident en fut délivrée grâce au rélablissement de la puissance papale, aussi soudain qu'inatteudu. Le concile général trouva un maître là où il pensait trouver un esclave. Martin V et Eugène IV rélablirent,en ces temps de lrouble, l'autorité du Saint-Siège. La déclaration de Constance soumettant le Pape au Concile resta sans effet, bien qu'elle fût rappelée par la suite et devint même le point de ralliement de certains réformateurs un siècle plus tard. Le mouvement national fut enrayé et la Respublica Christian remise sur pied. Mais le mouvement tendant à une réforme pralique fut du même LA RÉFORME T4

coup arrété. La nécessité de fortifier le pouvoir central devait inévi- tablement produire cet effet. Elle en occasionna un autre encore, facile à constater, qui consisla à changer, à matérialiser pour un temps les tendances et les méthodes des chefs de l'Église. Ceux-ci eurent plus souci des rouages du gouvernement que de son objet. La cour de Rome avait un tout autre éclat que l'Église du Pêcheur d'hommes : d'où un certain esprit de domination qui se répandit dans toute la hiérarchie. Il faut noler qu'il n'y eut pas à cette époque les abus violents que l'Église avait connus à une époque antérieure. S'il y eut des papes el des évèques déréglés, ils ne furent pas aussi 05és dans leur conduite, aussi dédaigneux des sacrés canons, aussi scan- daleux par leur impiété que l'avaient élé ceux des x° et xr° siècles. Mais, si le mal fut moins manifeste, il fut aussi plus facilement enduré. 11 n'y eut point, à celte époque, de ces soldats du Christ que Hildebrand trouvait disséminés dans la chrélienté el pouvait réunir en un seul corps capable de lutter contre les puissances du monde entier. Peu de saints au xv siècle et peu de dévots; el ceux-ci furent plutôt des hommes de cellule que des hommes d'action. L'Église, ainsi mal organisée, eut à soutenir l'orage de la réforme. 11 est indubitable que ce fut la force diabolique du génie de Luther qui amena cet orage. Sans doute l'appréciation qu'en donnent les histoires populaires, notamment celle des thèses de Witlemberg, est purement fictive. Des crises de ce genre sont plus propres au drame qu'à l'histoire. Les controverses académiques auxquelles se livra Luther n'étaient point chose nouvelle; si elles menèrent rapi- dement à des conséquences si imporlantes, cela lient peut-être autant au caractère de cet homme qu'aux circonstances du temps. Nombreuses furent les controverses savantes louchant lés abus. Érasme passa sa vie dans ces conflits académiques. Mais elles finirent là où elles avaient commencé, faute d'un homme né pour comman- der. D'ailleurs, le plus habile des chefs aurait succombé à la tâche, si les temps n'avaient élé avides de changement. Le temps et l'homme se servirent mutuellement. Il est donc juste de dater la réforme du mouvement organisé par Luther, bien que son champ d'action ait été peu vaste et qu'il n'ait eu que peu d'influence directe sur son extension. Cefut la propagation du mouvement qui en fit sa force. S'il s'était borné à une agitation locale en Saxe, il aurait fourni une étude intéressante, et rien de plus. Mais il s'élargit ; il engloba tout d'abord l'Allemagne pour envahir ensuite par degrés le reste de l'Europe occidentale. IL s'étendit parce qu'on avait alors, plus que jamais, la conception d'une chrétienté unie el que l'idée du nation religion avait élé étouffée pour un Lemps. La centralisalion de l'Église était lelle que ce que l'on appelait dédaigneusement à Rome 772 REVUE ANGLO-ROMAINE

une querelle entre moines saxons pul se faire sentir à travers l'Eu- rope entière. Pour ceux qui lisent l'histoire de la réforme sans en chercher les causes, elle leur apparaît, suivant le point de vue auquel ils se placent. comme une révolte contre l'Église catholique ou comme un rejet local du joug de Rome. Ce n’était point là cependant le but qu'on se propo- mais seulement un moyen d'arriver à ce but. La fin convoitée était la cessation de graves abus dans l'Église entière, Quelques-uns considéraient la papauté, sinon comme l'insligateur de ces abus, au moins comme leur défenseur et leur soutien. Pour eux la papauté était ensevelie dans ces abus, et devait, par suite, être combaltue comme un obstacle à la réforme. D'autres au contraire dirigeaient leurs regards vers la papaulé pour en obtenir des réformes pratiques. Pole et Caraffa méritent le titre de réformateurs tout autant que ceux de Saxe ou de Suisse, bien que Pole ait fait reposer ses espérances sur un concile qui agirait de concert avec le Pape, et que Caraffa eùl désiré que tout restât soumis à l'autorité personnelle du Pape. C'est donc une pure fantaisie historique de réserver le litre de réforma- leurs à la faction opposée à la papauté; ce n'est qu'une lecture pré- conçue de l'histoire qui a pu faire croire que des parlis différents avaient poursuivi des objets divers. Sans doute ils se malmenèrent réciproquement, et c'est là un caractère commun à tous les réfor- maleurs; mais leur but était essentiellement le mème. Ils se sépa- rèrent quant aux procédés employés, et quant à l'issue où vinrent aboutir leurs efforts. Qu'il y ait eu des abus lerribles à enrayer, personne ne songea à le nier. Ce n'est qu'en cherchant à lire l'histoire, en prenant les résul- lats comme point de départ, que, de nos jours, quelques-uns ont pu en juger différemment, Ambrosius Catharinus publia, en l'an 1540, à Cracovie, un livre intitulé Sperulum hæreticorum. Cet ouvrage fat écril à la requête du roi de Pologne, en vue de combattre la religion de Luther qui menaçait son royaume. L'auteur examine les divers motifs invo- qués par les réformateurs en faveur d'un changement. Ce sont tous des abus en matière de doctrine ou de pratique. Il ne nie point l'exis- lence de ces abus: il ne mel point en doute la nécessité d'une réforme. La réplique invariable est que les luthériens avaient choisi une fausse route pour se mettre à l'œuvre; que les remèdes qu'ils

proposaient n'en élaient point, et qu'en bien des cas leurs remèdes seraient pires que le mal. C'est un livre terrible à lire. Îl n'est pas une diatribe émise par les historiens protestants contre l'Église qu'il ne justifie pas. Et cependant le livre est par lui-mème une réponse. Il représente le pouvoir et la détermination de l'Église de guérir, par ses seuls moyens, les maux qui la meltaient en péril. Il indique la meilleure voie ; et Catharinus lui-même prit une part active aux pre- LA RÉFORME 773

mières sessions du concile qui devait amener la plus importante des réformes. Les maux de l'époque n'élaient point mis en doute. Ils étaient répandus uniformément un peu partout, el les réclamations furent générales. 1l y eut une certaine solidarité entre tous ceux quiaspiraient à la réforme,el quise fil sentir au milieu des plus vives controverses. Les Anglais et les Allemands purent s'entendre pour une action com- mune, alors que Henri VIII faisait brâlerceux qui professaient les hé- résies de Luther. Pendant plusieurs années les théologiens de Zurich conlinuèrent à Lémoigner un grand respect envers Luther, alors que celui-ci s'emportait contre eux sans aucune retenue, au sujet de leurs erreurs sur le Sacrement. Cependant une brèche s’ouvrit Lout d'un coup, s'élargissant inévitablement, entre ceux qui ‘allachèrent à la papauté comme à leur principal soutien et ceux qui l'abandonnèrent. Ce fut en vain que Cranmer fit appel, au nom du roi d'Angleterre et des évèques anglais, à un concile général où pleine liberté serait laissée à tous. On comprit, et Cranmer ne cherche pas à le cacher, qu'on soulèverait aussitôt une exception contre le pape, qui n'accepterait jamais la déclaration de Constance; et celle prévision lit abandonner celle base d'entente. Toutefois l'inimitié ne fut pas au début aussi vive qu'elle le devint par la suite, lémoin la facilité relative avec laquelle l'Église anglicane ful tout d'abord séparée de l'Église romaine et ensuite réunie avec elle. Les efforts faits dans le but d'amener au Concile de Trente les docteurs luthériens, la pressante invilation envoyée par Pie IV à la reine Élisabeth dans le même sens, voilà autant de faits qui servent à le prouver. La désunion n'était pas complète. Tous tra- vaillaient, en suivant des voies plus où moins directes, au même but, qui était la réforme générale de l'Église. Le sentiment de l'existence d'intérêts communs pour la chrélienté ne fut pas facilement détruit, mais il s'affaiblit peu à peu. En 4565, on fit dans toute l'Angleterre des prières spéciales pour la délivrance de Malte du pouvoir des Tures. el des actions de grâces publiques pour les victoires rem- portés par les chrétiens. L'année suivante on pria encore pour « l'Em- pereur, le serviteur de Dieu, et Lous les chrétiens réunis avec lui » pour combattre l'armée lurque en Hongrie. Vingt ans plus tard, ces prières auraient paru impossibles. La notion de l'unité chré- tienne n'existait plus : les Hollandais alliés de l'Angleterre contre l'Espagne criaient : « plutôt Turcs que Papistes. » Le problème de la Réforme consistait à réformer l'Eglise : le résuls tat fut le démembrement de la chrétienté. Quand on se reporte en arrière pour juger du but que poursuivirent ceux qui dirigèrent le mouvement, et que l’on voit la futilité, pour ne pas dire davantage, de leurs procédés, on éprouve presque autant de pitié que d'indignar 774 REVUE ANGLO-ROMAINE

tion. Sunt Tacrymie rerum. 11 y eut dans le nombre lant d'honnêtes chrétiens ne cherchant que la gloire de Dieu et le bien des âmes, tant d'erreurs qui ne furent que des fautes de lactique; mais à côté tant de scél s et d'ambitieux mélés à de braves gens! Il y a trois points à élablir pour achever notre étude. Nous avons à parler de ceux qui prirent part à la résolution du problème, à exa- miner l'objet immédiat qu'ils eurent en vue, et enfin le développe ment de leurs opérations. Les forces qui déterminèrent le mouvement sont au nombre de quatre, deux individuelles et deux organiques. En premier lieu viennnet les théologiens, hommes qui dissertèrent sur les abus, les analysèrent, en indiquérent l'origine,cherchant des moyens pratiques de réforme, suggérant des méthodes, critiquant et empêchant les méthodes violentes, et définissant les principes qui pouvaient servir de base à la réforme. Les théologiens furent nom- breux durant toute la période de la réforme; orthodoxes el hérétiques. ils garnirent les bancs des universités et occupèrent l'Europe entière. La controverse fut la principale forme de l'activité intellectuelle de l'époque et loute controverse prenail un tour pratique. Elle avait pour objet la manière de procéder à la réforme, elle éludiait la cons- titution et l'autorité de l'Église; elle recherchait la cause des maux qui afligeaient la chrétienté et la nature du remède à apporter. L'abondance des conseillers amena la variété des conseils donné. Il n'y eut pas, comme à des époques précédentes de troubles, la con- ception nelle de l'unique chose à faire. En second lieu je place les prédicateurs. Ce ne fut pas une époque brillante pour la prédication. Le fait est à signaler, ear un mouve- ment de réforme devait être favorable à l'éloquence sacrée. Un temps de rénovation devrait êlre marqué par l'apparition el l'influence de grands prédicateurs. Leur absence est un indice que le mouvement du vi siècle ne fut point, comme on se plait quelquefois à le représenter, une agitation des consciences. Ce fut plutôt. commr le prouvent au reste d'autres phénomènes, un mouvement intellec- luel. Les grands actes de repentir qui caractérisèrent l'époque ne furent pas personn. n élait Loujours prêt à confesser les fautes des autres. L'indignalion que l'on ressentait visait, non l'indignilé de sa propre vie, mais celle de ses guides, de ses vaisins: on aceusait jusqu'aux circonstances. La prédication de l'époque ne fut donc pa évangélique, mais Loute de controverse, violemment accusatrice ou froidement académique. Le « ministère de la parole », qui élaiLappeléà grands cris par certains réformateurs, portait peu sur la religion personnelle. 11 était purement objectif, reflétant le caractère du temps et tendant à accentuer ce caractère et à le maintenir. Rien n'est plus fatigant à lire queles sermons de cette époque. Il est LA RÉFORME 715

difficile de supposer que ces harangues et ces invectives aient pu profondément toucher les auditeurs et avoir quelque influence sur leur vie. Et cependant les prédicateurs eurent sûrement une in- fluence. Peut-être consista-t-elle à accentuer les idées courantes et à ÿ diriger les pensées du public sans rien innover. Il est curieux de remarquer que, chez les réformateurs allemands, la prédication de- vint le trait saillant du service divin. Ce fait, rapproché de la nature de ces prédication, est symptomatique de la tendance de leur mou vement; mais il a dû en même lemps contribuer au résultat. En Angleterre, les prédicateurs furent pour la plupart lenus sous un contrôle sévère, ce qui donna lieu à de nombreuses récriminations de la part de leurs amis d'Allemagne. i maintenant nous considérons quelles étaient alors les forces constituées de la société chrétienne, nous remarquons, parmi les agents possibles de la réforme, lout d'abord les chefs du pouvoir civil: les princes et les magistrats. En ce qui les concerne, il est nécessaire pour nous, bien que ce soit assez difficile, d'abandonner les idées et les contumes de notre lemps pour remonter à celles qui avaient cours alors. La séparation catégorique des pouvoirs spirituel et temporel, l'antagonisme qui règne entre eux, étaient alors choses inconnues. La théorie du prince chrétien protecteur de la foi, défenseur de l'Église, représentant de la justice divine, théorie qui avait souvent fait de l'Empereur le promoteur des réformes, qui avait inspiré la politique d'Othon, et au concile de Constance avait placé Sigi mond sur le trône à côlé du Pape, qui avait mérité au roi de Naples le titre de Vicaire, aux rois anglais l'onction du Saint-Chrême ainsi que l'investiture de la dalmatique, — cette théorie, quoique affaiblie et prête à céder la place à une nouvelle conception de la chrétienté, n'avait pas entièrement disparu. Le cardinal Pole, qui vécut dans une sphère politique plutôt idéale que pratique, consacra celle théorie par son livre de Concilio. Un concile réformateur serail orga- nisé, concile dans lequel l'Empereur tiendrait la première place après le Pape, presque son égal. Car, lui aussi, est le Vicaire du Christ; il esL le chef temporel de l'Église landis que le Pape en est le chef spirituel, Son devoir est de protéger le concile el même d'en con- trôler les débats. Dans la fougue de son éloquence, Pole compare, avec une exagération caractéristique, l'autorité de César sur le con- cile à celle de Jésus-Christ sur ses apôtres. Ainsi de l'Empereur, que Pole considérait, sans doute à cause de sa position de chef du monde romain, comme bien supérieur à tout autre souverain, tel, par exemple, qu'Henri d'Angleterre, son cousin. Mais cette notion de la majesté césarienne était alors devenue une utopie de quelques fanatiques du passé. Charles-Quint fut un souverain laïque, qui, 776 REVUE ANGLO-ROMAINE

néanmoins, exerça comme son frère d'Angleterre, une influence con- sidérable sur les affaires de l'Église. Le prince chrétien, toute con- sidération de religion personnelle mise à part, était une force sur laquelle il fallait compter. Mais déjà tous les princes de l'Empire aspiraïent à l'indépendance et étaient prèts à user de leur pouvoir dans les affaires de l'Église. Les magistrats des cités libres n'étaient pas en retard. En fait, la direction de la réforme Lomba, en grande partie, entre les mains du pouvoir séculier. Henri d'Angleterre, fort de son titre de roi patrioe que les cir- constances lui avaient valu, fut à même de diriger à la fois l'Église et l'État. H fut le représentant de l'unité nationale, le symbole vi- vant de l'orgueil national qui s'était révélé pour la première fois en Europe. Il avait brisé ce qui restait d'indépendance en Écosse, el avait fait une nécessité politique de l'absorption complète de ce royaume. Il encouragea à la fois l'exclusivisme insulaire de l'Angle- &erre, son empire, son monde à lui, comme il aimait à l'appeler, et le désir du peuple anglais de jouer un rôle dans la politique conti nentale. 11 fut le créateur de l'Angleterre telle que nous la connais- sons aujourd'hui, avec ses fautes et sa grandeur. La réforme, entre 8 mains, pril un caractère spécial dès le début, tont en suivant le mouvement général, Ce fut seulement en Angleterre que l'on vil fleurir l'esprit de na- tionalisme qui devint bientôl une force avec laquelle il fallut comp- ler en matière religieuse. Le rôle joué par Charles-Quint en Alle- magne fut à peu près le même, en principe, mais les circonstances se lournèrent contre lui. Au lieu d'une nation unie, suivant son roi avec enthousiasme el endurant avec patience lous les caprices de la tyrannie, il n'avait devant lui qu'un Empire purement géographique. Tous les princes de l'Empire qui aspiraient à exercer leur pouvoir, acun dans son pelil lerriloire, trouvèrent dans la réforme une oui sion pour s'affranchir. Mais, avant tout, ce qui enraya l'autorité veclésiastique de Charles fut l'impossibilité d’une action isolée. Ja- il ne rompit avec la Papauté. Au milieu de lous ses projets il resta fidèle à l'idée d'une chrétienté unie el ne songea jamais qu'à une réforme générale. Enfin nous devons signaler la puissance la plus grande de toutes. l'Eglise elle-même. Je parle de l'Église en lant qu'organisation et hiérarchie, Lente à se mettre en mouvement, pleine de prudence en raison des responsabilités à longue échéance qu'elle endossait, l'Église parut à quelques esprits impatients mal disposée en faveur de la réforme, désireuse même de voiler les abus. Et cependant, pour que la réforme atteignit son bul, il était nécessaire que l'Église pril le-même fait et eause pour elle. Autrement il était impossible que l'unité fût maintenue et la chrélienté réformée dans son ensemble. LA RÉFORME LH NI

L'activité de l'Église pouvait se déployer sous différentes formes. Au premier plan se tenait la papauté, la papanté qui, à une époque antérieure, avait pris l'initiative de réformer les abus. Elle avañ traversé des jours sombres. Mais à l'époque de la Réforme elle avait repris une force nouvelle. Son activité toutefois était bien différente de celle qu’elle avait déployée aux x et xn° siècles. La cour de Rome élait devenue une magnifique administration. un instrument de gouvernement sans rival. Elle fl preuve de toute l'endurance d'une administration, mais elle en eut aussi le manque d'initiative. La papauté hésita en présence de l'orage de la Réforme jusqu'à ce qu'elle arriva aux mains de Paul IV. Il est absurde de décrire le hardi réformateur qu'était Caraffa comme un pape arriéré et ignorant. Malgré son âge etsa santé chancelante, il révolutionna le Vatican pendant les courtes années de son règne. A partir de ce moment, là Papaulé devint une nouvelle puissance, forte de l'initiative qui lui avait l'ail défaut jusque-là. Paul IV re- jeta l'idée d'un Concile, uniquement parce qu'il pensait pouvoir faire de la papauté le meilleur instrument de réforme. En second lieu je placerais le Concile, pour lequel Paul IV avait lant d'aversion, el que toutle monde souhaitait, les uns poussés par le souvenir de Bâle, les autres par des désirs d'ordre plus aposlo- lique. En troisième lieu vient la hiérarchie dans l'exercice de ses pou- voirs ordinaires. Ils étaient peut-être un peu génés, mais non élouf- fés, par la centralisation du siècle précédent. A la fin de cette période les travaux de Charles Borromée montrèrent ce qui pouvait être fait. Les évêques anglais agirent à part. Le résullat en est dans l'histoire, mais pour le moment je tiens plutôt à considérer les principes qui les dirigèrent que les conséquences qui suivirent de leur action. L'idée des Réformateurs anglai que les évêques de chaque région dev nt agir indépendamment contreles abus du temps. J'emploie à dessein le mot région, car il est difficile de comprendre comment ils auraient appliqué leur principe aux contrées de l'Europe centrale. Ils luttèrent eux-mêmes avec la conscience d'une puissante unité nationale. Ils ne trouvèrent pas d'imitateurs; car les conditions qui rendirent leur action possible n'existaient pas ailleurs. Mais, lou en agissant ainsi séparément, ils ne s'écarlèrent pas, du moins pour un lemps, du mouvement général. Ils firent maintes fois appel à un concile général, mais celui-ci devait être organisé

selon leurs désirs, el sur le même plan que celui de Bâle ; ce de- vail être un congrès d'Églises nationales convoqué par les princes chrétiens, el le premier principe de sa constitution eût été la subor- dlination du pape au Concile selon la déclaration faite à Constance. 118 REVUE ANGLO-ROMAINE

J'ai jeté un rapide coup d'œil sur les divers éléments du mouve- ment de réforme — les théologiens, les prédicateurs, le Prince et l'Église. S'ils eussent travaillé d'accord, le but eût élé atteint, les abus enrayés, sinon immédiatement, du moins sûrement, el c'edl été comme une régénération spirituelle de l'Église plus que jamais unie. Mais si, au contraire, ils travaillaient en désaccord, comme ils le firent, se querellant, se nuisant les uns aux autres, la confusion seule pouvait sortir de leurs débats.

                                             T. A. Lacey.




   (A suivre.)

NOUVELLES OBSERVATIONS

                                  sur



     LA    QUESTION         DES ORDRES ANGLICANS


                               (Suite) *

La question des ordres anglicans, que nous discutons à nouveau en ces dernières années du xx" siècle, est en réalité aussi ancienne que le schisme anglican et la rédaction de l'Ordinal. Par conséquent, le problème a dû nécessairement recevoir des solutions antérieures, qu'il est très important de connaitre et d'apprécier. Au premier rang il faut placer les décisions prises par le cardinal Pole et par les papes Jules III et Paul IV, lors de la réconciliation du royaume sous la reine Marie; c’est d'elles seules que nous avons à parler pour pou- voir apprécier l'interprétation que M. Lacey vient d'en donner dans son Supplementum. Pour toutes les autres décisions, celle de 1704, el les réordinations absolues des ministres anglicans convertis à la foi romaine, on a longuement montré qu'elles n'impliquaient pas une définition irré- formable; elles. sont plutôt une pratique qui possède, el qui se pour- suit parce qu’elle est en possession; non pas qu'elle soit dénuée de fondements juridiques, mais elle n'a jamais été, que nous sachions, le résultat d'un examen théorique définitif. La valeur de cette pra- tique comme preuve de nullité des ordres anglicans ne dépasse pas celle d’une présomption ; et prétendre, comme on l'a fait, que l'Église ne pourrait pas, sans se déjuger et sans aller contre une véritable définition dogmatique, déclarer absolument ou probablement valides les ordinations anglicanes, c'est se méprendre sur la valeur des pré- somptions, c'est confondre une pratique avec une définition; je dirai plus, c'est manquer de respect à l'égard du Pape qui a ordonné un examen approfondi de la question. Quant aux motifs sur lesquels est basée celle pratique, plusieurs sont sujets à caution, tout le monde l'admet. Dans quelle mesure,

! Voy. Revue anglo-romaine, n. 31 et 32, 4 et 41 juillet 1896. T0 HEVCE ANGLO-RUMAINE

par exemple, la fable de l'ordinalion de Parker dans la taverne a- t-elle influé sur la décision de 1704, relative à Gordon ? il est difficile de le dire; il serait plus difficile encore d'affirmer quecette influence a ëté nulle C'est là une nouvelle raison pour étudier de près la con- duite pratique, où même les décisions théoriques, s'il y a lieu, qui datent de l'origine du schisme, c'est-à-dire de la légation du cardi- nal Pole ; car äcelle époque, il n'exislail pas encore de pratique ferme, il fallait la eréer, et pour cela considérer loules les faces du problème; d'ailleurs on était plus près des faits el on n'avait pas encore à s'occuper ni du sacre de Barlow ni de l'ordination de Parker à la taverne de la« Nag's Head ». J'ajoute qu'on ne pouvait éviter de prendre une décision, puisqu'il fallait, de loute nécessité, pourvoirà la situation des clercs qui demandaient à être réconciliés, et dont plusieurs avaient reçu les ordres d'après l'Ordinal. Comment se présenta done la question, aux yeux du légat et du Pape lui-même ? Quelle conduite tinrent-ils l'un et l'autre à l'égard de ces cleres?les ordinations anglicanes leur paraissaient-elles nulles où suspectes, el pour quelles causes? Disons d'abord que nous n'avons pas connaissance d'un examen ellement ordonné par le Pape ou le cardinal Pole, ni d'une solu- tion théorique générale. Nous sommes done amenés à croire qu'on se sera borné sans doute à appliquer aux ordres anglicans les opi- nions théologiques alors en faveur. de l'ai déjà fait remarquer plus haut, personne à celle époque ne voyait les éléments essentiels des trois ordres-sacrement ant Ja liturgie latine, dans l'imposition des mains jointe à la prière consécratoire; nous ne pouvons donc nous atlendre à trouver celle manière de voir employée comme point de repère pour juger el apprécier les ordres conférés depuis le schisme. Les théologiens avaient si généralement affirmé que tous les sacrements étaient conférés par une forme indicative ou impéra- tive, que c'était là chose admise presque à l'égal d'un principe; ils se faisaient même une grave objection de ee que la forme de l'extrême- onction était demeurée déprécative. Sans doute plusieurs exigeaient la porrection des instruments, mais ils ne visaient pas l'épiscopat, et bien peu s'en seraient contentés pour le presbytéral; les rites de la collation des ordres par les églises orientales constituaient contre celle opinion une diffi-alté insurmontable. De fait, celte opinion de la collation de l'épiscopat et du presbytérat par des formules impératives jointes à l'imposition des mains semble avoir été la plus répandue au xwi* siècle; elle inspire certainement les rédacteurs de l'nstitutio ad pirtatem, publiée à la suite du coneile «le Cologne de 1349, el par ordre du concile !. On y trouve cette af-

  * Cf. Revue anglo-romaine, p. 510.

NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES URDRES ANGLICANS 184

firmation générale: « Episcopus igilur in conferendis ordinibus, ad supradictas Domini promissiones et mandata attente respiciens, {ali verborum forma utilur, quæ ad promissiones hujusmodi et mandat quam proxime accedil, eaque proprie et diserte exprimil. » EL on en faitaussitôt l'application: « Traditurus enim ordinem sacerdotalem: Accipe, inquit, Spiritum Sanclum ; quorum remiseris paceata, remiltuntur eis, el quorum relinueris, relenla sunt. » Celle application ng pouvait faire fortune auprès des théologiens qui ne connaissaient que les rites du pontifical romain ; mais l'auteur de l'Anstitutio avait sous les yeux un rite où ces paroles élaient placées au début; peut-être ac- compagnaient-elles l'imposition des mains qui se fait en silence d'après le Pontifical. Le chapitre De presbytenis de celle même Jnstruc- tio dit en effet: « Principio enim manus capilibus eorum imponens {episcopus) gratiam absolutionis el potestalem remittendi ac reli- nendi peccala eis impertilur. Quorwn remieris percala, inquil, remit- tuntur es. » Ce qui n'est pas moins remarquable, c'est que, pour l'auteur de ce traité, les pouvoirs presbyléraux sont conférés sépa- rément et successivement; il ne semble pas requérir une forme unique et suffisante. Ea parlant dela matière ou élémentdu sacrement de l'ordre, il place au premier rang l'imposition des mains, el semble n'exiger aucune autre matière; il ajoute cependant l'onction, mais non la porrection des instruments; loutefois celle-ci est pour lui l'élément essentiel de Lous les autres ordres, à savoir du Diaconat el au-dessous: « In reliquis ordinibus pro elemento sunt instrumenta quæ pro ordinis varielale episcopus singulis porrigens.. ». Malgré cela, il dit à propos des prêtres : « Variis ritibus adhibitis, traditisque diversis instrumentis quæ sint corum munera insinual (episcopi Principio enim manus capitibus eorum imponens, gratiam absolu tionis et potestatem remittendi ac retinendi peccata eis imperli Post hæc manus eorum inungit, ut intelligant sibi concessam esse gratiam consecrandi. Demum caicem el palenam hostia superpositu offerens, potestatem tradit offerendi Deo hosliam sanclam el placabilem pro totius Ecclesiæ incolumitate. » Il ya donc, chez l'auteur de celle Znafructio, une certaine confusion entre les éléments essentiels et accessoires de l'ordination presbyté- rale;et cela s'explique sans peine: les motifs qui avaient fait in- troduire la porrection des instruments asec les formules si expres- sives qui l'accompagnent ne pouvaient pas ne pas influer sur les opt- nions courantes; d'ailleurs on n'avait guère à se demander ce qui était essentiel, ce qui était accessoire, puisque toutes lescérémonies étaient également prescrites el également observées. 1 suffit de lire les rites de l'Ordinal pour savoir quelle était l'opi- nion de ses rédacteurs sur les éléments essentiels des ordinations: pour chacun des trois vrdres, ilsont preserit l'imposition des mains 782 REVUE ANGLO-ROMAINE immédiale el y ont joint une forme impérative. Pour les diacres: « Aceipe polestalem exequendi officium diaconi in Ecclesia Dei libi commissum ; in nomine Patris et Filii el Spiritus Sancti .» Pour les prêtres : « Accipe Spirilum Sanctum : quorum remiseris pecala, re- mitluntur eis, et quorum retinueris, retenta sunt : esto etiam idelis verbi Dei et sanctorum ejus sacramentorum dispensator, in nomine Patris...» Il n'est pas possible de ne pas voir la ressemblance de celle forme avec celle que prévoit le Pontifical pour la dernière imposi- tion des mains et que le Pontifical de Cologne plaçait au début de l'ordination ; la suile est faile pour indiquer l'ensemble du ministère sacerdotal. Pour les évêques, la formeest empruntée presque entière- ment à saint Paul: « Accipe Spiritum Sanclum, et memento ut re- suscites gratiam Dei, quæ in Le est per imposilionem manuum; non enim dedit nobis Deus spiritum timoris, sed virtutis et dilectionis el sobrietatis. » C'est le point central de l'ordination et évidemment, dans la pensée des rédacteurs, le rite essentiel. Toutefois, ils ont lenu compte, dans une certaine mesure, de la pratique, universelle en Occident, sinon nécessaire, de la porrection des instruments; il ont fait remettre aux diacres le Nouveau Testa- ment, aux prêtres et aux évêques la Bible ;ils y avaient joint, pour les prêtres, la porrection du calice et dela patène, bientôt supprimée, lors de la rédaction de 1532. On a beaucoup écrit, pendant ces deux dernières années, sur les intentions des rédacteurs de l'Ordinal anglican, sur leurs erreurs et leurs hérésies. Dans quelle mesure ces intentions, ces hérésies ont pu affecter l'efficacité des rites rédigés par eux, on l'a examiné lon- guement de part el d'autre; j'aurai bientôt à y revenir à propos de l'étude du R.P. Harent. Mais, à s'en tenir, pour le moment, aux rites et aux paroles de l'Ordinal, on peut dire que ni Cranmer ni les autres ne voulaient établir une méthode entièrement nouvelle de «onférer les ordres, une détermination des éléments essentiels des vrdinations substantiellement différente de l'ancienne; ils ont modifié les formules et les rites ; mais ilsne pensaient pas s'écarler des prin- <ipes théologiques alors généralement reçus; en d'autres lermes, ils pensaient se mouvoir dans les limites assez flottantes de la théolo- gie sacramentaire par rapport à l'ordre et ne supposaient pas que les théologiens pussent regarder le nouvel Ordinal comme essentiel- lement insuffisant.

Les opinions couramment admises au xvi° siècle, partagées par les rédacteurs de l'Ordinal, étaient aussi sans doute celles du cardinal Pole el de la eurie romaine; il n'y a aucune raison de supposer NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES ORDRES ANGLICANS 783

qu'ils se soient écartés de l'enseignement le plus répandu à cette époque; par conséquent, nous pouvons admettre, jusqu'à preuve du contraire, que le jugement pralique porté par le légat et par la curie romaine sur les ordres anglicans conférés d'après l'Ordinal avait pour base ces mêmes opinions théologiques. Les faits viennent-ils appuyer celle présomplion, et pouvons-nous reconstituer ce juge- ment ? Nous avons pour le faire plusieurs documents, les uns déjà étu- diés, sur lesquels il faudra pourtant revenir : les pouvoirs du cardi- nal Pole et les instructions el dispenses données par lui ; l'autre plus récemment publié, dont je n'ai pas encore eu l'occasion de m'occu- per, une relation sur les rites de l'Ordinal conservée dans les archives du Vatican . Cette dernière est‘ fort curieuse.e l'ayant pas vue moi-même, j'en emprunte la descriplion à ce qu'en dit le Guardian, dans l'article (de M. Lacey, je suppose) reproduit par la Revue, p. 565 et suiv. Il parait incontestable, tout d'abord, que cette pièce émane du cardinal Pole, et qu'elle a élé rédigée ou par lui ou par son ordre; car elle se trouve, en double copie, dans un volume de pièces classées sous le Ltre de Nunziatura in Inghilterra, el se rapportant, toutes ou presque toutes, au temps de la légation du cardinal Pole. Le classement des pièces du volume est assez irrégulier, semble- Lil, pour qu'on ne puisse tirer une indication chronologique sérieuse du rang occupé par nos deux copies, d'autant plus que l'une et l'autre ont été transcrites en Italie, et ne sont pas l'envoi même de Pole. Cependant l'une d'elles est jointe à une autre pièce, que Pole a dû envoyer à Rome de très bonne heure pendant les premiers mois du règne de la reine Marie, à savoir la proclamation faite au nom de Jane Grey; l'original de cet envoi est immédiatement précédé, dans le volume, d'une transcription où figurent, au reclo el au verso de la mème feuille, et écrits de la même main, le début de la proclama- tion, et la relation sur les ordres. Par conséquent celle-ci daterait de 1553, non de 1385. D'ailleurs l'argument théologique ne serait guère modifié, que l'on admelte l'une ou l'autre date. Celle relation, envoyée d'Angleterre à Rome par un légat chargé de faire l'union el de réconcilier les schismatiques, devait & priori porter la trace des préoccupations de celui qui l'écrivait; et ces préoccupations devaient évidemment avoir pour objet les points sur lesquels les rites d'ordination devaient nécessiter une sanatio, une rétractation, voire une réordinalion, absolue ou conditionnelle. Non pas que nous connaissions, par celle pièce, les conclusions du légat, ni ses demandes de pouvoirs à Rome; mais il est évident que si le

! Publiée dans le Supplementum, p. 42 ct dans la Revue Anglo-Romaine, D. 565. 784 REVUE ANGLO-ROMAINE

rédacteur ne transcril pas tout l'Ordinal et en laisse dans l'ombre une bonne part, c'est que, dans son opinion,ce qu'il ne transcrit pas n'a aucune importance, et ce qu'il transeri est suffisant pour le bui qu'il se propose. Sous ce rapport, rien de plus instructif que la des- eription lue attentivement : l'auteur commence par indiquer ce qu'il omet : « Forma et ratio faciendi et consecrandi Episcopos, Presbyleros et Diaconos, quæ eum prius alio in libro edila foret, nune alicuhi est reformata : cujus substantia hic solum ponitur, et omittuntur preces. psalmi, interrogationes, personarum probationes et alia quæ conve- niunt, » Ainsi donc l'auteur connait la réforme de 1353, et comme il se pro- pose de donner ce qui est substantiel dans l'Ordinal, il notera, si la ehose a une importance suffisante à ses veux, les modifications intro- duites récemment; en particulier, si la suppression de la porrection des instruments, par laquelle se distingue la réforme de 1352, est un défaut substantiel à ses yeux, ilest probable qu'il la signalera. De plus. ditce qu'il va omettre comme n'élant pas substantiel, et il omet en effet les prières, les psaumes, les interrogatoires, l'examen et autres choses. Ge qu'il retient, c'est le serment, très imporlant en effet pour le schisme et la réconciliation des schismatiques ; puis, des Ordina- tions proprement dites, il ne cite et ne relient que les formules im- pératives, jointes aux impositions des mains el à la tradition des Livres saints. De la porrection du calice, des prières antérieures où postérieures à l'imposition des mains, pas un s>ul mot !. Je renvoie mes lecteurs à la publication de cette pièce faite par la Rerue ; ils ne pourronts'empêcher de reconnaitre que, pour l'auteur de la relation. quel qu'il soit, les éléments essentiels de l'or.lination consistaient dans l'imposition des mains jointe aux formules impératives qu'il a loutes soigneusement transcrites; c'élait l'opinion commune ; c'était l'opinion même des anglicans. Qu'en pensa-t-on à Kome? Nous essaierons de le voir par la série des pièces adressées au cardinal Pole par Jules Ill et Paul IV. Il est étrange de constater que la question de la validité des ordres n'y est jamais touchée directement, et qu'on n'y fait pas d'allusion expresse à l'insuffisance du rile ?; cela suffirait déjà pour nous fain réfléchir. Une première Bulle, du 30 juillet 4533, investissait le légat de ses

! Les « orationes in ordinationibus anglicanis adhibitæ » reproduites dans li

Revue, p. 568, et qui ne semblent fair qu'un avoc la relation, sont empraniées l'Ordinal et no figurent en rien dans l'envoi du card. Pole; cf. Supplememum, p.48. leurs, de La validité des Ordinations anglicanes, p. T3 et suir., com- ien ces pièces sont difficiles àinterpréter; évidemment ce n'était pas la valeur des ordres qui était la principale préoccupation des rédacteurs de la Bullo. NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES OHDRES ANGLICANS 785

fonctions ; je n'en ai pas le texte, mais la Leneur en est presque inté- gralement reproduite dans le Bref du 8 mars 1534 *; or il y était dit seulement: « dummodo ante eorum lapsum in hæresim hujusmodi rite et legitime prompli vel ordinati fuissent, etiam in altaris minis- &erio ministrare;.... et non promoti, ad omnes eliam sacros presby- eralus ordines ab eorum Ordinariis, si digni el idonei reperli fue- rint, promoveri.... » Des ordres reçus depuis le schisme et d'après l'Ordinal, il n’était pas question. Mais nous apprenons, par le même Bref du 8 mars 4334, que le légat était encore en Flandre, où il atlen- dait le moment favorable pour passer en Angleterre; que certains se demandaient s'il pouvait légitimement se servir de ses pouvoirs hors du territoire de sa légation ; le pape veut couper court à toute difii eullé de ce genre; il connait et il approuve les raisons de la con- duite de son légat; il l'autorise à user librement, pendant sa légation et pendant son séjour en Flandre, de lous les pouvoirs antérieure- ment reçus, de Lous ceux qui lui sont conférés par le présent bref, de déléguer et subdéléguer ces mêmes pouvoirs. Ur ces nouveaux pou- voirs touchent aux ordres reçus depuis le schisme, ce que ne faisait s la Bulle du 30 juillet; le légat avait-il sollicité de nouveaux pou- voirs ou de nouvelles instructions? Est-ce dans cel intervalle que se place l'envoi de cette description de l'Ordinal dont nous avons parlé? C'est bien probable. Malgré out, les Lermes du Bref, il faut le recon- naitre, n'indiquent guère qu'on se préceupe de nullité : le légal peut librement user de ses pouvoirs par lui-même ou par d'autres, à l'égard de toutes personnes qui recourent à lui, personnellement où par intermédiaire, « eliam circa ordines quos nunquam aut male susceperunt, et munus consecrationis quod eis ab aliis episcupis vel archiepiscopis etiam hæreticis et schismaticis, aut alias minus rite el non servala forma ecclesiæ consueta,impensum fuit,eliamsi ordines et munus hujusmodi etiam circaaltaris ministerium temereexecuti sint». Que devra faire le légat à l'égard de ces personnes? le pape ne le pré- cise en aucune manière; il faut en conclure que le légat suivra les règles du droit commun, faisant recevoir les ordres à ceux qui ne les ont pas reçus, accordant les dispenses adaptées au cas de chacun, et imposant une réordination dans le cas où la première collation des ordres ou de l'épiscopat aurait été nulle ou douteuse; c'est là la jurisprudence générale; mais encore une fois, rien dans le Bref n'indique que le légat doive traiter comme nuls les ordres anglicans. Un peu plus loin, il est question des évêques auxquels le légat pourra librement donner l'institution canonique sur la présentation de la reine; le Bref prévoit plusieurs catégories, aucune ne se rapporte à la valeur des ordres reçus; les évêques actuellement

1 Le texte est dans De hierarchia anglicann, p. 250. REVUX ANOLO-NOMANE, — 7. 11. — 50 786 REVUE ANGLO-ROMAINE

pla te des églises y pourront être maintenus après leur réconciliation, et comme nommés à nouveau; quant à ceux qui ont recu leurs évôchés de laïques, mème schismatiques, on pourra les + aintenir ou les transférer à d'autres,s'il plait au légal ; s'ils sont déjà sacrés, ils pourront « munere consecrationis iis jam impenso uti »; s'ils étaient seulement nommés ou désignés, ils devront être sacrés suivant les règles: « vel siillud eis nondum impensum exli- Lerit, ab episcopis vel archiepiscopis catholicis per Le nominandis suscipere libere ac licite possint » ; enfin les autres sièges vacants seront pourvus de candidats choisis parmi les personnes réconcilices el réhabilitées, qui pourront à cel effet, « ad quoscumque eliam sucros el presbyteratus ordines promoveri eLin illis aut per eos jam licel minus rite susceplis ordinibus eliam in altaris ministerio minis- rare, necnon munus consecralionis suscipere, et illo uti libere el licite ». 11 n'est guère probable qu'on ait voulu exclure de l'épiscu- pat lous ceux qui avaient reçu la prètrise suivant l'Ordinal ; par con- séquent, ce sont bien les ordres anglicans qui sont désignés ici par celle expression bénigne, « minus rite suscepti ordines », et le légal peut permettre de s'en contenter. insi done, ou bien les deux passages du Bref du 8 mars 1534 ne visent pas les ordres anglicans, ou bien ils les désignent par ces expressions: « ordines minus rite suscepli » ; dans le premier cas. qui me semble n'être pas admissible, il y aurait lieu de faire un argu- ment négatif : la nullité des ordres élait donc bien peu évidente pour qu'on n'en ail pas parlé; on s'en préoccupait done bien peu à Rome. Dans le second cas, la conclusion est encore plus favorable: car des ordres « minus rite suscepli » sont loin d'être déclarés inva- lides el tenus pour nuls; ces ordres sont suffisants pour que le légat autorise, après réhabilitation, ceux qui les ont reçus à exercer le ministère ecclésiastique, sans qu'il soit fait mention d'une réordi tion quelconque. Faut-il dire que celte réhabilitation comporte la réordination? Pas nécessairement, car elle est surtout la réconcilia- tion à l'Église romaine, el s'applique également à ceux qui, nommés aux sièges épiscopaux, devront recevoir tous les ordres pour la pre- mière fois, el à ceux qui étaient déjà ordonnés prêtres « miaus recle » suivant les rites de l'Ordinal. Toutefois, les expressions employées par Jules 111 ne mentionnent pas en termes exprès l'Ordinal, elles ne renferment aucune décision théorique et théologique, aucun jugement formel ; je veux bien admettre que le bref ne puisse s'expliquer dans l'hypothèse où Jules 111 aurait eu des doutes sur la valeur essentielle des ordres anglicans; mais je n'oserais dire, avec M. Lacey, que lePape autoriss al « à reconnaitre les ordres qui avaient été conférés sous nne tre que la forme accoutumés de l'Église encore moins NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES URDRES ANGLICANS 787

oserais-je dire que « JulesIil approuva formellement l'Ordinal anglais dans la forme en laquelle il lui fut présenté », c'est-à-dire la relation étudiée plus haut. Muni de ces pouvoirs, que fit le légat, et quelle fut sa conduite à l'égard des clercs ordonnés d'après le rite anglican ? Regarda-t-il tous ces ordres comme nuls, ou même comme suspects? Exigea-t-il une réordination conditionnelle ou même absolue ? Dans la dispense générale, il revalide, au nom du pape, des fondations diverses, des mariages nuls, des jugements: pour les clercs, il les recevra miséri- cordieusement; la question de la valeur des ordres n'est pas touchée, ee qui serait absolument inexplicable, si la nullité avait été certaine aux yeux du Légat. Voici ses paroles: « Ac omnes ecclesiasticas. seculares, seu quorumvis ordinum regulares personss, quæ aliquas impetrationes, dispensationes, concessiones, gralias et indulta, lam ordines quam beneficia Ecclesiastica, seu alias spirituales materias concernentia], prætensa authorilale supremitatis Ecclesiæ Angli- canæ, licet nulliter et de facto obtinuerint, et ad cor reversæ Ecclesiæ unitali restitutæ fuerint, in suis ordinibus et beneficiis per nos ipsos, seu a nobis ad id deputalos, misericorditer recipiemus.... » !. Il n'y à donc d'autres conditions mises à cette réception des cleres séculiers où réguliers, que leur retour à l'Église. 11 semble bien que l'on doive voir dans cette règle l'application des clauses du bref de Jules Ill et l'acceptation des ordres anglicans, telle qu'on pouvait l'attendre de l'auteur de la description. Car si le cardinal avait’ entendu imposer une réordinalion, absolue ou même conditionnelle, aux clercs qu'il promet de recevoir, il en aurait fait mention dans sa dispense générale; le contraire serait par trop invraisemblable. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que, de ces clercs et religieux qui demandaient à être réconciliés avec l'Église, les uns avaient reçu les ordres d'après les riles anciens et catholiques, les autres d'après l'Ordinal ; ile légat n'élablit aucune différence dans la manière dont il promet de *_Lraiter les uns et les autres, c'est sans doute qu'il ne songeait pas à imposer aux cleres une réordination. Le légat était expressément ‘autorisé à déléguer les pouvoirs r du Saint-Siège, sauf ceux qui lui étaient personnellement réservés; de fait, il les délégua à un certain nombre d'évèques. Comment parle-t:il, dans les formules de pouvoirs, de la réconciliation des clercs, et quelles conditions met-ilà leur retour? Les pouvoirs qu'il communique aux évêques s'étendent à loutes les personnes de leur diocèse : « omnes et singulos utriusque sexus, tam laicos quam ecclesiasticos, seculares et quorumvis ordinum regulares ? » ; ces personnes, les évèques pourront les absoudre de toute hérésie, de

? DeIlier., p.286-257, ef. Suppl.,     p. 8, not. 1.
+ Facultales pro episcopis;
                         de Hier.,        p. 258-260.

188 RÉVUE ANGLO-ROMAINE toute censure, de loute irrégularité; quant aux clercs en particulier. le légat dispose : « quodque, irregularitate el aliis_præmissis non obstantibus, in suis ordinibus, etiam ab hæreticis et schismalicis episcopis, etiam minus rite, dummodo in eorum collatione Eccles de

forma el intentio sil servala, per eos susceplis, et in eorum susceplione etiamsi juramentum contra papatum romanum præ- stiterint, etiam in allaris ministerio ministrare... dispensandi et indulgendi..... concedimus facultatem. » La formule de pou- voirs s'occupe ensuite des bénélices ecclésiastiques, et ses disposi- tions sont exactement conformes aux indications contenues dans le Bref de Jules 111; ce passage ne donne lieu à aucune difficulté ; mais revenons aux ordres. Le légat introduit ici une clause que nous n'avions pas encore rencontrée : on ne pourra admettre les cleres à exercer les ordres qu'ils ont reçus, bien que d'une manière qui laisse à désirer, que si la forme et l'intention de l'Église ont ét ; « dummodo in eorum collatione Ecclesiæ forma el intentio sil servala ». La question doit, à mon avis, se poser en ces Lermes : par celte clause nouvelle, le légat entendait-il visertoutes les ordinations faitesd'après l'Ordinal. ou bien se contentait-ilde prévoirle cas oùcertains ordres auraient été invalidement conférés? Cetle question m'a longtemps laissé hésitant : ilme semble, après mûre réflexion, que la seconde hypothèse est la seule vraie : la clause ne vise pas les ordinalions ‘faites d'après l'Or- dinal. Cette interprétation est déjà rendue vraisemblable par tout ce qui précède; l'examen attentif du texte achève de la prouver. On pourra maintenir dans leurs ordres, après une simple réconciliation, les cleres qui le demanderont, quand même ils auraient été ordonnés par des évêques schismaliques ou hérétiques, quand même leur ordination n'aurait pas été entièrement conforme aux règles (winwe rite, el rappelons-nous que les ordres anglicans sont désignés par Jules IL comme minus rite suscapli, ci-dessus, p.786), quand même les ordinands en recevant les ordres auraientémis un sermentcontre la primauté romaine. Ces Lrois conditions visent si directement les vrdres anglicans qu'il est impossible de ne pas les y reconnaître. De plus, vbservons, avec M. Lacey, que le légat n'emploie pas l'expres- sion : « forma ecclesiæe rousueta », mais seulement « forma ecclesiæ ». ce qui n’est pas sans quelque intention. Répétuns enfin que si l'em- ploi des rites de l'Ordinal avait dû entrainer, aux yeux du légat, une réordination, il serait étrange qu'il n'en ait pas parlé. et qu'il n'ait pas établi de distinction entre les deux catégries de cleres à récou- cilier, suivant les rites employés pour les ordonner. Le texte le plus nettement contraire aux ordres anglicans est celui de la lettre adressée aux évêques par la reine Marie, le 4 mars 1354: la reine y dit expressément: « liem eos qui hacenus ad ordines NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES ORDRES ANGLICANS 789

quoscumque juxta novum ordinandi modum promoti fuerint, cum non vere ordinati sint, episcopus diæcesanus, si quos alias idoncos et aptos compererit, ec guæ deeran{ supplendo, ad ministerium exsequen- dum pro arbitrio admittat. » Non pas sans doute que les lettres de la reine puissent avoir une grande valeur théologique, mais elles ont dà être écrites d'après l'avis du légal. Quoi qu'il en soit de ce dernier texte, il reste sérieusement prouvé que le pape Jules II et le cardinal Pole n'ont pas révoqué en doute la valeur des ordres conférés d'après l'Ordinal ; les textes qui émanent de l'un et de l'autre ne se laissent guère expliquer autrement. Nous arrivons ainsi à la Bulle et au Bref de Paul IV. Ces deux pièces doi- vent-elles être interprétées dans un autre sens que les documents antérieurs? La bulle du 49 janvier 1555 a été donnée après l'ambassade envoyée à Rome par la reine Marie; ellea pour but principal de don- aer une nouvelle confirmation à Lout ce qui a été fait par le cardinal Pole; elle contient un résumé des pouvoirs conférés au légat et des actes faits par lui;on y dit en particulier que le légat a accordé la dispense suivante à l'égard des clercs: « cum compluribus eecle- siasticis secularibus et diversorum ordinum regularibus personis, quæ diversas impetraliones, dispensaliones, gratias et indulla, tam ordines quam beneticia ecclesiastica seu alias spirituales mate- rias concernendo, prælensa auctoritate supremitatis Ecclesiæ Angli- canæ nulliter et de facto obtinuerant, et ad cor reversæ Ecclesiæ unitali restitutæ fuerant, ut in suis ordinibus et beneficiis rema- nere possent, dispensavit, el cum aliis simili morbo laborantibus se dispensaturum esse oblulit ». Ici encore, pas de trace de réordi- ation, ni de catégories de clercs admis à des conditions différentes, suivant la manière dont ils avaient reçu les ordres. Le pape ne désapprouve rien, ne fait aucune réserve, confirme lout ce qu'a fait le légat. Mais voici que dans le texte même de cette confir- mation, el répétée à deux reprises, se trouve la clause suivante: « ILa Lamen ut qui ad ordines? Lam sacros quam non sacres ab alio quai episcopo aut archiepiscopo rile et recte ordinati promoli fuerunt, eosdem ordines ab corum Ordinario de novo suscipere tencantur, nec interim in eisdem ordinibus ministrent. » Si l'on se rappelle que les ordres anglicans sont à Lout le moins ménus rife colluli, tandis que le Pape exige un évêque « rie et recte ordinatus », on peut demander si Paul IV n'a pas entendu exclureles évêques anglais qui avaient été sacrés d'après l'Ordinal. C'est la question que se posèrent sans doute plusieurs évêques, car on déféra l'affaire au Pape: on se demandait, dit le Bref, « qui episcopi et archiepiscopi, «rhismale in

1 Je les ai reproduits in ez{enso dans ma brochure De la validité, ete, p. T7 et s

Et non si qui, comme dit M, Lacey, p. 8.

790 REVUE ANGLO-ROMAINE ipso reyno vigente, rile el recle ordinati dici posent. » Et en effet, dans un certain sens, aucun évêque ordonné pendant le schisme ne pou- vait être absolument rile et recte ordinatus. Le Pape veut tranqui liser ceux qui ont été ordonnés pendant le schisme, « serenitati conscientiæ eorum qui schismale prdiclo durante ad ordines pro- moti fuerunt » ; il veut expliquer ses premières paroles, et il répand par une formule négative ; il déclare : « eos lantum episcopos et archiepiscopos qui non in forma Ecclesiæ ordinati el consecrali fuerunt, rite et recte ordinalos dici non posse »; par conséquent,ceux- là seuls qui ont été ordonnés par de tels évêques sont sujets à la réordinalion ; mais, en sens contraire, on ne doit pas réordonner veux qui ont reçu les ordres des évèques sacrés eux-mèmes suivant la forme de l'Église, bien que schismatiques el nommés aux évêchés par le pouvoir civil. Et toutefois, même ces derniers, ayant reçu les ordres, n'en avaient pas le libre exercice, et avaient besoin d'une dispense ou réhabilitation: « acterem ordinum eis collatorum recepisse, execulione ipsorum ordinum caruisse », c'est pourquoi ils ont été réhabilités par dispens du légat; ma s celle dispense suffit eLils n'ont pas besoin d'être réordonné Rapprochée des Lextes antérieurs el interprétée par le Pape lui- même, celle clause de la Bulle est moinsdifficile à expliquer ; mais on peut du moins tenir pour certain qu'elle ne peut viser directement les rites de l'Ordinal. D'abord, parceque si telle avaiL été la pensée de Paul IV, si lous lesordres conférés d'après l'Ordinal avaient ét nuls s yeux, il aurait été bien plus simple de le dire; il n'aurait pas été utile de recourir à cetle formule négative; il aurait été nécessaire de distinguer les clercs soumis ou non à la réordination d'après les rites employés pourles ordonner, el non d'après la capacité person- nelle des évêques qui leur ont conféré les ordres. De plus, en suppe- sant que laclause ait visé directement l'Ordinal, il faudrait admettre celle étrange conséquence, que les rites de l'Ordinal auraient été suffisants pour conférer la prètrise et le diaconat, insuffisants pour conférer l'épiscopat, landis que nous avons vu plus haut que l'épis- copat anglican ne soulève presque aueune difficulté. Mais alors, qu'a voulu le Pape en introduisant celte réserve? M. Lacey répond : Exclure du ministère clérical des cleres sansordi- nation valable,ou mème sans ordination d'aucune sorte, de vrais pre- testants, luthériens, calvinistes et autres : car plusieurs avaient recu des églises du roi, et M. Laceyen cite au moins un exemple ?. (in conçoit en eflet que pour de telles personnes l'admission dans le clergé dût comporter autre chose qu'une simple réconciliation dispense. Celle explication a surtout en sa faveur l'impossibilité d'en soutenir une autre.

  ! Sapplem., p.14,   n   10.

NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LA QUESTION DES ORDRES ANGLICANS 794

De fait, y eut-il des réordinalions? Le dépouillement, encore incomplet, des archives a permis de constater que certains clercs, ordonnés de 130 à 4553, figurent de nouveau sur les registres après 1333. Reçurent-ils les ordres mineurs, ou un supplément d'ordina- lion presbytérale, furent-ils même entièrement réordonnés, absolu- ment ou sous condition, il est impossible de le dire. Peul-être de nouvelles recherches feront-elles un peu plus de lumière sur ce point 1e fait. Mais de tout ce qui précède, il est permis de conclure que tous les documents officiels émanés de Jules Ill, de Paul IV et du cardinal Pole sont beaucoup plus favorables que contraires à la valeur des ordres anglicans; aucun n'en dénie expressément la valeur; plusieurs la supposent clairement. Quand et pourquoi la pratique de la réordi- nation absolue s'établit-elle ? I] serait intéressant de le rechercher de lus près. Constatons enfin que lors de la réconciliation de l'Église d'Angleterre sous la reine Marie, personne ne songe à incriminer | intentions hérétiques des rédacteurs de l'Ordinal. personne n'y cher- che une cause de nullité.

                                                A. Bocnixtox.

LE DROIT CANONIQUE ET L'ÉGLISE D'ANGLETERRE

                                (Suite)!




  L'interdiction d'enseigner le droit canon dans les universités lui

purla une grave atteinte. De plus, les progrès de la Réforme eu Angleterre et sur le continent attirèrent l'attention des théologiens vers d'autres études; il en résulla que, même dans les pays catho- liques, l'étude du droit canon se ralentit, tandis que dans les pass proteslants elle cessa entièrement. En Anglelerre, cependant, l'exis- lence des tribunaux ecclésiastiques et leur incessante activité dans les causes matrimoniales el testamentaires furent un stimulant né- cessaire à l'étude du droit canon; d'autre part, dans l'administration de la juridiction ecclésiastique, on eut à s'occuper parfois de diverses matières qui nécessilaient une certaine connaissance el une certaine pratique du droit canon; ce qui empêcha cette science d'être réduite à une ou deux de ses parties. Depuis la Réforme, l'étude pratique des lois ecclésiastiques a été maintenue parmi les membres d'une asse- ciation professionnelle pour la pratique de la loi civile et du droit canon. En 1367, quelques-uns des membres de cette Société acheti- rent un emplacement à Londres, près de la cathédrale de Saint- Paul, et y construisirent des habitations pour les juges et les avocats. el des édifices pour les tribunaux ecclésiastiques et la cour de l'Amiraulé; on appela l'ensemble les « Doctor's Commons ». En 4768 on oblint une charte royale qui reconnaissait officiellement les membres de la Société et leurs successeurs, sous le titre de « Collège des Docteurs en droit, exerçant devant les cours ecclésiastiques et de l'Amirauté ». Le Collège se composait d'un président (pour le moment le doyen des « Arches »} et des docteurs en droit qui. après avoir conquis leur diplôme en l'une ou l'autre des Univer- sités d'Oxford ou de Cambridge, seraient nommés « avocats » par un rescrit de l'archevèque de Canlorbéry, el auraient été élus membres du collège, en la manière prescrite par la charte. C'était toujours parmi les membres du « Collège des avocats » que l'arche- vêque choisissait les juges des cours archiépiscopales; les fonctions

! Vox. Reue Anglo-Romaine, n° 33, p. TA. LE DROIT CANONIQUE ET L'ÉGLISE D'ANGLETERRE 193

remplies devant les autres tribunaux par des avoués (solicitors) et des atlorneys étaient réservées dans ces cours ecclésiastiques à des pro- cureurs (proctorsi; chaeun devait avoir rempli, durant sept ans, l'office de clerc auprès d'un des trente-quatre «nior-proctors. Cependant en 1837, lorsqu'on relira aux cours ecclésiastiques la connaissance des eauses Lestamenlaires et malrimoniales, pour la transférer à la cour du « Probate » el du divorce, les simples avo- cats (barristers) furent admis à exercer leurs fonctions devant le nou- veau tribunal ainsi que dans les cours ecclésiastiques et celle de l'amirauté. On donna aux avoués 'solicitors) eL aux procureurs (vor niesi le droit d'exercer toutes les fonctions qui appartiennent exelu- sivement à l'office des proctors devant les cours ecclésiastiques, ex ceptéles cours provinciales des archevèques de Cantorbéry et d'York, et le tribunal diocésain de l'évêque de Londres (33 et 34. Viet. c. %8. Le « College of doctors » fut done dissous. C'est en 1853, à l'occasion de la publication d'un livre intitulé « Opinions » ! ele., qué les membres du clergé anglicaneurent à s'oc-

cuper de nouveau de questions de droit canonique. Dans ce livre, on citait librement, comme d'incontestables autorités, le Prorinciale de Lyndwood, le décret de Gratien, les décrétales, Fagnan, Thomassin, Van Espen, Ferraris, Lancellot, Rechberger, Lequeux et Hos- tiensis, et sur ces lextes, les auteurs des « Opinions » basaient leu conclusions. L'attention publique fut encore vivement attiré sur

l'importance du droit canon par la série des persécutions contre les prétendus délits « ritualistes », qui aboulirent au procès contre l'évêque de Lincoln, procès dont les diverses phases durèrent de 1888 à 1893. En 4863, la déposition canonique du D Colenso, évêque de Natal, par son métropolitain, fut un nouveau stimulant à l'intérêt que le clergé anglican commençait à prendre au droit canon; il atteignit peut-être le plus haut degré d'intensité en 1899, à l'occasion des débats parlementaires relatifs au Bill sur la discipline du clergé on souleva des difficullés contre la présentation d'un tel Bill au Parlement; on prétendit que les modifications à apporter dans la procédure criminelle contre les clercs devaient être déterminées d'après les lois cauoniques, avec l'assenliment de la couronne; on ajoutait que le recours à la procédure parlementaire à ce sujet serait également opposé à la constitution de l'Église et à celle de l'État. Au mois de décembre 489, le président el le conseil de l'English Church Union adoptèrent et publièrent un « Exposé de

principes canoniques concernant la discipline du clergé » rédigé par le comité de droit canon de l'Union. Cet exposé, reproduit par tous les périodiques ecclésiastiques et plusieurs des principaux journaux de Londres et de province, rencontra un vif intérêt et souleva d'ardentes controverses. Elles aboulirent, entre autres résultats, à la nomination d'un comité des deux chambres de la convocation de Cantorbéry, qui devait, avec un comité semblable de

la convocation d'York, examiner quelles modifications il conviendrait d'apporter aux canons. Cependant, de tous les points du pays, on

adressait à la convocation et au parlement des résolutions et des élilions; elles demandaient toutes que l'on commençat par faire rédiger des canons par la convocation; on les présenterait ensui au Parlement qui, sous forme de Bill, les sanctionnerait et confirme- rait légalement. Dans la Chambre inférieure de la convocation d'York. on manifesta quelque indignation de la manière dont on l'avait traitée, en présentant le Bill au Parlement, sans avoir pris l'avis de la convocation. Enfin, les convocations d'York et de Cantorbérs rédigèrent un canon peu de temps avant que le Bit ne devint loi I m'a semblé important de mentionner cet incident, puisqu'il attira versle droit canon l'attention des laïques aussi bien que celle du clergé, provoquant chez les uns et les autres le désir de mieux le ronnaitre, désir qui nous fait concevoir pour l'avenir les meilleures espérances. Le 25 novembre 1890, l'English Church Union fil une démarche importante en nommant un comilé permanent pour traiter des questions de droit canon. Depuis lors, ce comité, dont j'ai l'honneur d'être le Chairman perpétuel, a été souvent consulté, L'intérêt croissant que suscitent ces études se manifeste par les causes très importantes sur lesquelles on présente de temps à autre des rapports au comité, ainsi que par les lettres où de nombreux correspondants nous consultent, parfois même des colonies, sur divers points d'intérèt canonique. En 4892, au Church Congress de Folkestone, un des mefings les plus fréquentés fut celui où l'on diseuta sur le « droit canon par rapport avec la discipline et le gouvernement de l'Église d'Angleterre! ».Si un ou deux orateurs ont parlé plutôt comme légistes que comme canonistes, il n’y avait que plus de plaisir à constater l'énergique manifestation des sentiments de la nombreuse assistance, et d'entendre les applaudissements enthousiastes qui aceucillirent les paroles de ceux qui parlèrent purement et simplement en canonistes.

Il ÿ eut cependant au xvn' siècle une renaissance remarquable de l'étude du droit canonique dans l'Université d'Oxford; nous lui sommes redevables de l'édition d'Oxford du Provinciule de Lyndwood, imprimée en 4679. Mais bientôt ce mouvement perdit sa force. Les Coneilia de Spelman furent publiés de 1639 à 1664, mais dans nnbut presque exelu- sivement historique. L'ouvrage de Johnson, English Canons, fut publié en 1720 et les Conriliade Wilkin en 4737; mais ces deux ouvrages on fuit luplus large part à l'élément légal et historique. Il faut mention- ner encore : Repertorium juris ou abrégé de la loi ecclésiastique, de Godolphin (1678 et 1680; le Codez juris Feclesiæ anglicance 1743) de ne Gibson, disposé en cinquante-deux litres avec un appendice le Parergon Juris canonici d'Aylife (1726 et 1134 dent les titres sont rangés par ordre alphabétique ; l'Ordo judiriorum. on (4743), contenant les règles de procédure devant les cours siasti n recueilde canons orientaux fut publié en grecel en latin, avee notes, par l'évêque Beveridgesous le titrede Pandecta cano- num (1678 ;il a trouvéplace dans la patrologie de Migne.On a publ diverses dates, un grand nombre de manuels de droit. Mais le droit canoniquey est plutôt traité au point de vue du légiste qu'au point de vue du eanoniste. Dans ces dernières années, cependant, on a vu paraitre quelques manuels de valeur qui échappent à ce reproche. Nous pouvons viter : Znstitutes of Canon Law, d'Owen: History of the Canon Lar, de Dodd; English Canon Law, de Brossenhill; Regal pe- ser of the Church, de Wood; Elements of Canon Law et Short manual d amon Lœr, de Reichel, ce dernier ouvrage devant comprendre quatre volumes, dont le premier de 416 pages a récemment vu le jour.

Si, dans cet aperçu de l'histoire du droil canonique en Angleterre.

j ï pu paraitre traiter très brièvement certains points et en passer d'autres absolument sous silence, j'espère cependant avoir réuni dans des limites assez raisonnables une certaine quantité d'informations intéressantes où même utiles pour mes lecteurs. Il est en effet très désirable que tous ceux qui s'intéressent sérieusement au mouve- ment pour la réunion connaissent la situation de l'Église d'Angleterre par rapport au droit canonique. Quand viendra l'heure marquée par la Providence où reprendront les relations officielles entre Rome et l'Angleterre,il faudra certainement voirune influence favorable danse fait que l'Église d'Angleterre, loin de briser entièrement avecle passé a soigneusement maintenu el garde encore, sauf cerlaines réserves, l'autorité et l'usage de l'ancien droit canonique. C'est par là qu'il fau juger de sa doctrine el de sa discipline; c'est Ia qu'il faut puiser pour LE DROIT CANONIQUE ET L'ÉGLISE D'ANGLETERRE 797

suppléer à ce qu'on prétend lui manquer. Niles XXXZX articles ni le Prayer-Book ne sontles principaux Lémoins de sa doctrine et de sa discipline. Au contraire l'Église d'Angleterre s'appuie surtout sur l'ancien droit canonique en lant que reçu et sanctionné par l'usage et la coutume. Son Prayer-Book n'est autre chose, suivant son litre. que « l'usage de l'Église d'Angleterre pourl'administration des sacre- ments et autres riteselcérémoniesde l'Église », c'est-à-dire de l'Église catholique. Les XXXZX articles, loin d'être un compendiun de théologie catholique, ne renferment que l'affirmation de cerlaines vérités, alors atlaquées, et la condamnation de certaines erreurs populaires alor répandues. Ignorer le droit canonique serait mal comprendre la si- tuation de l'Église d'Angleterre, méconnaitre son histoire et nier sa pratique. Extirper le droit canonique de son organisation, ce serait faire d'elle une sorte de masse sanglante et mutilée, indigne à la fois de son nom et de son histoire. Dans la merveilleuse renaissance de l'esprit catholique qui, au cours de ce dernier demi-siècle, a ravivé el développé lout ce qu'il ÿ a de meilleur et de plus noble chez ses fidèles enfants; dans sa lutte prolongée et finalement couronnée de succès contre le Protestantisme e l'Erastianisme, ce qui a donné aux loyaux fils de l'Église d'Angleterre la force de lutter, de souffrir et de vaincre, c'est la reconnaissance de la divine constitution de l'Église, de son autorité inhérente et primordiale, de ses trésors su- cramentels, loutes choses écrites à chaque page du droil canonique. Le temps n'est plus où le nom de canonisle entrainait une fâcheuse réputation ; on sait maintenant que le droit canonique estautre chose qu'une science aride, inutile, qui ne dit rien à l'âme; que c'est au contraire la loi sacrée qui dirige les actions des citoyens du royaume el vers l'éternelle béatitude comme vers leur fin. J'avoue les négligences du passé, mais je signale l’activité présente.

Si, dans le passé de l'Église d'Angleterre, il ÿ a beaucoup à déplorer, dans son état présent il y a beaucoup à louer; et c'est, à mon avis, l'un des plus heureux présages pour l'avenir que l'intérêt rendu maintenant parmi nous à notre inappréciable héritage : le droit eano- nique. Je ne voudrais exagérer ni l'importance ni l'étendue de celte renaissance. Le ruisseau n'est pas encore devenu rivière. Mais ce qui est certain, c'est que le droit canonique oceupe aujourd'hui, aux yeux d'une nombreuse el influente portion du clergë et des laïques de l'Église d'Angleterre, une position qu'il n'avait pas occupée depuis le temps d'Henri VIIL. Pour nous, certes, c'est une étude sacrée; el je ne puis plus heureusement Lerminer cet article ni mieux faire con- naitre l'esprit qui a louché certaines âmes parmi nous qu'en citant les paroles où M. Wood exprime, d'une manière si admiruble, ses sentiments sur ce sujel : « L'étude du droit canonique, écrit-il, est une étude sainte, parce que le droit canonique est lui-même une très 798 REVUE ANGLO-ROMAINE

sainte chose, et, parmi toutes les études sacrées, j'irai jusqu'à dire qu'aucune n'est plus sacrée que celle du droit ecclésiastique. La théologie mystique elle-même, bien qu'elle traite des plus sublimes és el des plus profonds mystères et des divines relations de l'âme chrétienne avec Dieu, celle mystérieuse partie de la « grande science » n'est pas plus sainte que la jurisprudence sacrée de l'Ég C'est une chose très solennelle que de faire l'ascension des sommets du Carmel, et certes nous devons auparavant quitter nos chaussures: mais ce n'est pas chose moins solennelle que d'entrer dans le préloire el nous devons nous découvrir et fléchir le genou lorsque nous entrons dans la euria du Christ notre roi. De plus à une époque où le piélisme et le subjectivisme sont développés, il est de la plus haute importance de fixer notre esprit sur le caractère objectif de l'œuvre du Christ qui, nulle part, n'apparait plus clairement que dans l'œuvre ministérielle de la monarchie de l'Église. L'étude du droit ecclésias- tique est assurément une étude très haute et très sancifiante !. »

                                       G. Bavrieuv RosExrs.

1 legal Purer of he Chureh, page VAN CHRONIQUE

Le cardinal Bourret. — Par suile de l'abondance des matiè- res nous n'avons pu annoncer dans notre dernier numéro la mort de S. Em. le cardinal Bourret, évêque de Rodez el de Vabres, sur- venue le 40 juillet dernier. Mgr Bourret (Joseph-Christian-Ernest) était né le Y décembre 1827, Labro, près de Saint-Étienne de Lugdarès (Ardèche). Envoyé 4841 au pelit séminaire du Puy, dirigé par un de ses oncles qui avait été le grand vicaire de Mgr de Bonald, il passa au grand sém naire de son diocèse el vint faire sa théologie à Saint-Sulpice, où il eut, parmi ses condisciples, rois futurs cardinaux : Lavigerie, Tho- mas et Langénieux. | Rentré dans le diocèse de Viviers, il fut professeur de grammaire au collège de Privas tenu par les Basiliens; de relour à Paris, ayant rempli les fonctions de maitre de conférences à l'école des Carmes, pour les candidats à Saint-Cyr et à l'École polytechnique, M. l'abbé Bourret se fit recevoir docteur en théologie à Paris en 1857 avec une thèse sur l'Origine du pouvoir civil d'après suint Thomas el Suarez, el devint professeur de droit ecclésiastique à la Sorbonne, en 1864, après avoir conquis les diplômes de docteur en droit et de docteur ès lettres. Il ÿ demeura près de dix années. Au moment du Concile du Vatican, il fu choisi pour consulteur et fournit divers travaux aux commissions préparatoires. Pendant la guerre, il fut aumônier d'ambulance, puis se réfugia à Versailles, où, de concert avec le nonce Chigi, il s'adressa aux diverses puissances, leur deman- dant d'intervenir pour sauver les otages. M. Jules Simon, devenu Ministre des cultes, allail le proposer pour l'évêché d'Ajaccio, lorsque le siège de Rodez vint à vaquer : il ÿ fut nommé le 19 juillet 4874. Dans ce diocèse, exceplionnellement fécond en vocations sacerdo= tale, Mgr Bourret s'occupa principalement de former des sujets pour les colonies et fit tous ses efforts pour relever le niveau des études ecclésiastiques, envoyant chaque année plusieurs séminarisles aux Universités de Rome, de Paris et de Toulouse. Mgr Bourret a publié de curieux ouvrages de philosophie, d'his- tire ou d'hagiographie. En 1880, au moment des décrets, il publia deux écrits qui eurent à cette époque un certain retentissement : Les principales raisons d'être des ordres religieux dans l'Église et dans lt auciété, et des injustes attaques auxquelles ils sont en butle, et Du respect qui est dû à lu religion, à ses ministres et à ses inslilutions. Très attaché à son diocèse, où son inépuisable charité el sa hau- teur d'esprit lui avaient valu le respect el l'affection de tous, Mgr Bourret déclina les offres qui lui furent faites à plusieurs re- #00 REVUE ANGLO-ROMAINE prises d'un siège archiépiscopal. Le 13 juin 1893, en même temps que Mgr Lecot, archevéque de Bordeaux, Mgr Bourret était élevé à la dignité cardinalice. La disparition de cel éminenl prince de l'Eglise sera douloureuse- ment ressentie par son diocèse el par loute la France catholique, qui réuniront, en celle douloureuse eireonstance, leurs prières el leurs regrets. Nos lecteurs n'ont pas oublié les précieux encouragements que le regretté cardinal avait donnés à notre œuvre. La Reeue se pr pose de lui consacrer bientôt une notice plus étendue.

Le cardinal Monaco La Valletta. — Nous avons également le regret d'annoncer la mor du vénérable doyen du Sacré-Collège. le cardinal Monaco La Valleua. Depuis le couronnement de Sa Saintelé Léon XII, dont la sante chancelante faisail craindre que son pontiticat ne fût très court, c'est le rdinal que Dieu rappelle à Lui Le cardinal Monaco La Valletta était né à Aquila, le 23 février 4827 Nommé prélat el attaché à la Congrégation de l'Inquisition, au leu- demain de son ordinalion ola ut résoudre, avec beaucoup de prudence, les questions les plus ardues. Aussi Pie IX, appréciant les mérites du docle prélat, le nomma e el peu après, au Consistoire de mars 4868, il . 11 devint cardinal-vicaire, grand pénitencier el évêque d'Ostie et Velletri. Il fut un de: égalaires de Pie IX, et au dernier conclave il oblint, après le cardinal Pecci, Léon XIII, le plus de voix. Doué d'une énergie extraordinaire, et bien que malade depuis de longues années, le cardinal, qui avait gardé une remarquable lucidité d'esprit, se faisail naguère encore transporter aux pieds du Pape pour y prononcer le discours annuel que lui réservail sa charge de

ement, l'étendue de sa science eL la noble indépendance de sun caractère, il se montra toujours homme d'Église, préoccupé avant tout des droits de Dieu et du bien des âmes. Il était archiprètre de la basilique de Latran, protecteur d'un grand nombre d'ordres religieux et d'œuvres. Il faisait partie de la plupart des Congrégations romaines. Encure un deuil pour l'Église, si éprouvée depuis quelque lemps. La perte sera celle fois d'autant plus sensible que les services de l'éminent cardinal, datant d'une époque déjà lointaine, ne pouvaient plus se compter. DOCUMENTS

           ORDO BAPTISMI PARVULORUM

                               PUBLICE

                IN ECCLESIA ADMINISTRANDI'

Admonandus est populus, Baplismum convenientissime in Deminicis tantum aliisque Fostis, quando kominum plurima est frequenti, administrari; lu ul populus bi congregatus neophytos socielati Eeclesiæ Christi an- numeratos esse testificetur, tum quia, dun baptizantur parvuli, in memo- rien ejuskbel adilanfé prohesie ia faëlius reomatur, quam pee coram Deo in suo Baptismo fecit. Quum etiam ob causam expedit Baplis- mum oulgari sermone administrari. Atlamen, si id necessitas requirat parvulos quolibel alio die baplizare licet. Et nota, quod pro unoquoque masculo infante baptizando necesse est adsint duo Patrini el una Matrina: pro femina autem, unus Patrinus et Matrinæ duæ. Cum infantes baplizandi sunt, id Parocho indicent parentes vel nocle præcodenti, vel mane ante inceptas preces Matutinas. Tune autem ad Fontem parati adesse debent Patrini et Matrice, et ali cum parvulis, slatim post secundam vel ad Matutinas vel ad Vesperas lectionem, prout Parocius sun arbitrio deraveri. El Sacerdos aceshens ad Fonler,, que tunc agua pura impleri oportet, el ibi adstans, dicat : Jauxe baplizatus est hic infans, an non ? Si spondebunt non esse baptizatum, tum pergal Sucerdos verbis sequen- tibus. Diecrisstit, quoniam omnes homines in peccale concipiuntur el nascuntur, el’ Salvalor noster Christus dicit, Nemo potest introire in regnum Di, nisi regeneratus fucrit, el renalus ex aqua el Spiritu Sancto : obseero vos, ul invocetis Deum Patrem per Dominum nos trum Jesum Christum, ut pro largitate misericordiæ sut huic infanti id concedat quod ex natura habere nequil: scilicel, ut aqua et Spiritu Sancto baptizetur, el in sanctum Ecclesiam Chrisli admitta- Eur, et ejusdem vivum membrun fiat.

                     Tune dicat Sacerdos, Oremus.
 Owsirorexs sempiterne Deus, qui pro magna misericordia lua Nue

et familiam ejus in arca conservasli, ne in aquis perirent; et filios Israel, populum tuum, in spe per Mare Rubrum deduxisti, ‘eo figu- rans Sacrosanclum luum Baptismum: el per Baplismum’ in fluvio Jordane dilectissimi Filii Lui Jesu Christi aquam in myslicam peccati ablutionem sanctilicasli ; Rogamus Le per infinilas misericordias 1 L'administration du baptême dans l'É; dise anglicane. REVUE ANOLO-ROMAINE, — Te Il. — 5 #02 REVCE. ANGLO-ROMAINI

tuas, ul hune infantem be ignus respieias, el Spirit Santo laves et sanetilices; qualenus ab iri tua liberatus, in arcam Ecclesiæ Christi admiltatur: el fide con an$, spe Helus, éharitate radicalus. hujusee mundi inquieti fluelus ta transeal, ut ad patriam vita sem- pilernæ landem perveniat, ibi lecum regnaturus in sæcula seu- lorum; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen. Ouxirorexs Deus, immortale præsidium omnium postulantium. liberatio supplicum, vita eredentium, resurrestio mortuorum : Te in- vocamus pro hoc infante, ut ad sanctum luum Baplismum accedens remissionem peccatorum spirituali_regeneratione _ consequatur. Aceipe eum, Domine, sieut per dilectum Filium tuum pollicitus es, dicens, Petile el accipietis, quærile el invenielis, pulsate et aperietur vobis. Ia nune nobis petentibus, quod pelimus concede ; liceat nobis quod quærimus invenire : nobis januam pande pulsantibus: ut hie infans aternum eclestis lavaeri lui beneficium consecutus sempiterna regna per Christum Dominum nostrum promis: percipial. Amen, Dinde populo se eriyrnte, dical Sucerdos. Audite verba Evangeli per Sanctum Mareum s pla, in capile decimo, ad versum tredecimum. Orrexemanr Christo parvulos, ut langerel illos: discipuli autem comminabantur offerentibus. Quos cum videret Jesus, indigne tulit et ait illis, Sinite pa ad me, el ne prohibuerilis eos: talium enim esL re Amen dico Vobis, Quisquis non rece. perit regnum Dei velut parvulus, non intrabitin illud. El complexans &vs, el imponens manus super illes, benedicebat e: Perleto_ Evangelion, de ejus rerbis Minister popultun hisre sequentibus breriter audhortetur. Aunvistis, dilectissimi, in hoc Evangelio verba Christi Salvatoris. jubentis parvulos sibi offerri, reprehendentis illos qui eos a se arcr- bant, el hortantis omnes homines ul imitentur eorum innoceutiam. Intelligitis quomodo per id quod exterius gessit suam erga eos bene- volentiam indicavit : nam brachiis suis eos complexans, super eus imanus imposuit, et eos benedixit. Ne dubitetis igitur, verum firmiter credile, eum non minus benigne acceplurum hune qui adest infantem, brachiis misericordiæ sut complexurum esse. el benoft um vite ælernar, regnique sui sempilerni communionem, ei colla- lirum, Quamobrem nos, per hoc certiores facli illius benignitatis quam Pater noster cæleslis erga hune infantem per Jesum Christun Éilium suum declaravit; nec dubilantes quin ei pergralum sit quod nos ex olliio charitats dune infantem ad sanetum ejus Baptismun obtulerimus, gratias ei pie ac fideliter referamus, dicenle: Ouxivotess sempiterne Deus, Pater cwleslis, gralias bi suppliciter agimus, quod ad gralie Luir agnitionem, et au lidem erga le, nes vocare dignatus es. Hanc agnitionem, quæsumus, in nobis adaugr. hanc lidemin perpelum confirma. D: infanti Spirilum Sanctum Lium, quo regeneretur, et lernæ salulis; per Jesum Chrislum Dominum nostrum, qui lecum vivit el regnat in unitate Spirits Saneti, nune el per omnia sæcula swculorum. Amen. Deinde Sucerdos Patrinos et Matrinas in hane formam alloguatur: Disecrisstut, hune infantem huc atlulistis, ul baplizetur : orastis ut Dominus noster Jesus Ch eum accipere, a pecealis absolvere, el L'ADMINISTRATION DU BAPTÈME DANS L'ÉGLISE ANGLICANE 803

Spiritu Sancto sanctificare, eique regnum cælorum et vitam æternam tribuere dignetur. Audivistis prælerea Dominum nostrum Jesum Christumin Evangelio promisisse, se hæc omnia quæ rogastis conces- surum : quam promissionem ipse pro parte sua certissime præslabit. Quamobrem, hac a Christo promissione facla, hunc infantem eliam oporlet pro pare sua per vos fidejussores spondere (donec ad eam islatem pervenerit qua ipse pro se hoc idem valeat suscipere) se diabolo et omnibus ejus operibus abrenuntiaturum, verbo Dei sancto constanter crediturum, et mandata cjus obedienter servaturum. Hæc itaque interrogo : Abrenuntias, in nomine hujus infantis, diabolo et omnibus ejus operibus, inani pompæ et gloriæ mundi,'et omnibus ejus cupidita- tibus, eum carnis concupiscentiis, adeo ul eas sequi vel ab eis duci te non sis permissurus? Resp. Abrenuntio iis omnibus. Minister. Credis in Deum Patrem Omnipotentem, Creatorem curli et terræ ? Etin Jesum Christum Filium ejus unigenitum, Dominum nostrum? Eumque conceplum esse de Spirilu Sanclo, natum ex Maria Virgine; passum sub Pontio Pilalo, crucifixum, mortuum, et sepultum : descen disse ad inferos, et terlia die resurrexisse ; ascendisse ad cælos, el sedere ad dexteram Dei Patris omnipotentis; et inde venturum esse in fine sæculi, judicare vivos et mortuos? Credis et in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam Catholicam, sanclorum Communionent, remissionem peccalorum, carnis resur= rectionem, el vilam æternam post mortem ? Resp. Hæc omnia firmissime credo. Minister. Vis baptizari in hac fide ? Resp. Volo. Minister. Servabis igitur obedienter Dei sanctam voluntantem et mandata, et in iis ambulabis omnibus diebus vitæ Luxe? Resp. Hoc faciam. Deinde dicat Sacerdos : Coxcebk, misericors Deus, ut vetus Adam in hoc infante ita sepe— ur, ulin codem novus resurgat. Amen. Concede utin eo moriatur omne quod carnis est, vivat et crescal omne quod Spiritus. Amen. Concede ut potestatem el vim habeat vincendi ac triumphandi, de diabolo, mundo, et carne. Amen. Concede ut quicunque hic per ministerii nostri officium tibi conse- eralur cælestibus etiam virtulibus ornetur. el æterna præmia conse- quatur, per misericordiam Luam, Domine Deus, qui es benedictus, ct vivis, ét omnia regis, per omnia sæcula sæculorum. Amen. Oxsrores sempiterne Deus, cujus Filius dileclissimus Jesus us in remissionem peccalorum nostrum, de latere suo pretiosis- simo el aquam et sanguinem profudil; el discipulis suis jussit ut tes docerent omnes gentes, baptizantes eos In Nomine Patris, el , et Spiritus Sancti; Respice, quæsumus, populi tui supplica- Liones; hane aquam in mysticam peccati absolutionem sanctifica ; el tribue ut hic infans nunc in ea baplizandus luæ gratiæ plenitudinem consequatur, el in numero filiorum tuorum fidelium et electorum «emper permaneat ; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen. 804 REVUE ANGLO-ROMAINE Deinde uecipiat Sacerdos infantem ‘in manus sus, ef dicat ad Patrinos et Matrinas, Date nomen huic infanti. Postez eum nomine quod dederint appellans, caute et prudenter in aquom immergut (si affrmaverint infantem id bene fera posse) dicens: N. Eco te baptizo In Nomine Paris, et Fili, et Spiritus Sancti.Amen. At si debilem esse infantem affirmaverint, satis erit super eum aqua funder. el sim verba supradicta proferre, N. Eco te baplizo in nomine Patris, el Filii, el Spiritus Sancti, Amen. Deinde dicat Sacerdos, Accemus hune infantem in socielatem gregis Christi, eumque signe Grucis signamus !, in signum quod posthac non erubescel Christi crucifixi fidem confiteri, el sub ejus vexillo contra peccalum,mundum. et diabolum viriliter pugnare, et Christi fidelis miles el servus ad vils- suæ finem permanere. Amen. Deinde dicat Sarerdis, spores nune, fratres dilectissimi, hic infans est regeneratus. risti Ecclesiæ corpus insitus, agamus gralias Deo Omnipotenti pro his beneficüis ; el uno animorum consensu ei supplicemus, ul h infans reliquam vilam suam secundum hoc inilium peragal. Deinde dicatur, omnibus genufleris : Parër nosler qui es in eœlis, Sanctificelur nomen luum. Adveniat regnum luum, Fiat voluntas lua, Sicut in cælo, el in lerra. Panem nostrum. quotidianum da nobis hodie. Et dimille nobis. debita nostra, Sieut et nos dimittimus debitoribus nostris. EL ne nos inducas in tentationem; Sed libera nos & malo. Amen. Deinde dicat Sarerdos, GraTias ex. animo bi agimus, Pater misericors, quia hune infantem Spiritu Sancto tuo regenerare, filiis luæ adoplionis annu- merare, el sanclw Ecclesiæ luæ incorporare dignatus es. EL supplices le rogamus, ut ise mortuus peccato, juslitiæ vivens, el eum Christi in mortem ejus consepullus, veterem hominem erucifigat, el totum corpus peceati destruat; et ut, quemadmodum Filii Lui mortis factus est particeps, ila eliam fial resurrectionis; qualenus tandem cum reliqua sancta Ecclesia tua, sempilernum regnum luum hæreditate percipiat; per Christum Dominum nostrum. Âmen. Deinde omnibus sese erigentibus, Sarerdos Padrinos #1 Matrinas rerbis sequentibus adhorletur. Qcoxtax hic infans per vos sponsores suos promisit se diabolo « omnibus ejus operibus abrenunliaturum esse, crediturum in Deum. et serviturum ci; recordandum est vobis, vestrum esse oflicium huic infanti ila consulere, ut ‘cum primum pro ejus ætate fieri possil diseat quam solenni vole el promisso se per vos hic obstrinverit. Quod ut exactius intelligat, oportebit vos hortari eum ad conciones audiendas; et præcipue curare ut discat vulgari sermone Symbolum. Orationem” Dominicam, et Decalogum, et ælera quæ Christianus homo pro salute anima sue et scire et eredere debet; præterea, ul le infans honeste eduectur ad vilam pie et Christiane degendam: dum illud semper recordetur, nobis in Baptismo_ professionent nostram significari ; quæ quidem nihil aliud est. quam ul Christ ! Hic Kacerdos in fronte Infantis Crucem faciat. L'ADMINISTRATION DU BAPTÈME DANS L'ÉGLISE ANGLICANE 805

Salvatoris nostri exemplum sequamur, et ejus similes flamus; quatenus, sieut ille pro nobis mortuus est et resurrexit, ila nos qui baplizai sumus peccato moriamur, et jusliliæ resurgamus, semper morlificantes omnem nostræ affectum pravitatis, el quoidie profi- cientes in omni virtute et pietale. Deinde hiee adjicint dicens, Oronrer vos curare adducendam hunc infantem ad Episcopum, ut ab eo confirmetur, cum primum Symbolum, Orationem Dominicam, et Decalogum vulgari sermone récitare polerit, et præterea Cale chismo ab Ecclesia ad hune usum edito inslitutus fueril. Certum est ex verho Dei, infantes baptizatos, si moriantur antequam peccatum actuale admiserint, procul dubio salvos Heri. Ut de usu Signi Crucis in Baptismo omnis serupulus euilibet eximatur, veram istius cæremonie explicationem, eL rationem ejus retinendæ, in Canone XXX° primum in anno MDCIV edito reperire licet.

                  ORDO BAPTISMI PRIVATI PARVULORUM
                                     IN   DOMIBCS

Omnes Parochi populum swpe admoneant, ne Baplismum infantiun ullra Dominican primam vel serunulam postquen nati fuerint, aut alium saltem Sestum diem, si quis intervenerit, differant, nisi obgravem et rationablien cnisam a Purocho approbandam. Admoneant etiam parochianos suos, ne ains gravé causa et necessitale infantes domi baplizandos curent. Ad rumid necessitas requirat, Baplismus hoc modo administretur. Primin Parochus, seu, eo absente, alius quilibet Minister legitimus qui arcessi possit, cum üs qui udsunt Deun invocet, Orationem Dominicam dicens, et Orutiones ex illis Ordini Publici Baptismi supra assinatis, quot pro tomprris et instantis necessitatis ralione recilare possint. Dinde, cum aliquis qui adest nomen infanti déderit, Minister super eum aquam infundat, direns hivc verba; N. Eco te baptizo In Nomine Patris, et Fili, et Spiritus Sancti. Amen. Deinde, omnibus genufleris, Minister Deo gratias agat, dicens : . Graïias ex animo libi agimus, Pater misericors, quia hune infan- Lem Spirilus Sancto tuo regenerare, in filium tuæ ‘adoptionis susci- pere, el sanclæ Ecclesiæ luæ incorporare dignalus es. EL supplices Le rogamus, ut quemadmodum Filii tui mortis jam factus est parti- ceps, ila eliam flat resurrectionis; et tandem euin reliquis San Luis sempiternum regaum tuum hæreditate percipiat; per eundem Filium tüuum Jesum Christum Dominum nostrum. Amen. Nec dubitandum est, quin infans ita baptizatus rite et suffrienter baptizatus sit, et non debeat tlerum baplizari. Atlamen si posteu diutius vivat, con- venit eum in Erclesiam adduci, quo, si Minister ejusdem parochiæe infan- tem baptisaverit, populus cerlior fiat de vera Baplismi forma ab eo privu- dim usurpala. Quo in casu ita dieat, CErrionEs facio vos, me rite et secundum ordinem ab Ecclesia ræscriptum, fempore lo et Loco illo, curam pluribus lestibus hune infantem baptizasse, Atsi infans ab alio Ministro legitimo baptisatus fuerit, Minister parochie in que nalus est, aut baplicalus, eraminations facta, an legitime bapliza- 806 REVUE ANGLO-ROMAINE dus fuerit, necne, experiatur. Quo in casu si ii qui sn in ecclesiam adduxrerint eundem jam baptizatum esse respondeant, Minister eos ulterius percontelur, dicen: A ouo baptizatus est hic infans? Quo præsente baptizatus est hic infans? Quia accidere potest, nonulla huie Sacramento essentialiter neces- saria propler limorem aut feslinalionem, urgente ali necessilale. prælermitli, igitur ulterius hoc vos interrogo : Qua materia baplizatus est hic infans? Quibus verbis baptizatus est hic infans? Et si Minister ex responsionibus infantem offerentium perspiciel, omnit modo debito facta esse; infantem non denuo baplizet, sed lanquam vera Christianorum sorielati jam aggregatum suscipiat, dicens : Cenriones facio vos, omnia de Baplismo hujus infantis rite et debit ordine facla esse; qui in peccalo originali el sub ira Dei nalus, jam per lavacrum Regenerationis in Baptismo, in numerum filiorum Dei et hæredum vitæ æternæ est assumptus. Dominus enim noster Jesus Chrislus talibus parvulis graliam et misericordiam suam non denc- gat, sed eos ad se benignissime advocat: quod etiam in nostran consolationem sanctum Évangelium his verbis altestatur. S. Marci x. 13. Orrersaxt Christo parvulos, ut langeret illos : discipuli autem comminabantur offerentibus. Quos cum videret Jesus, indigne tulil. el ait illis, Sinite parvulos venire ad me, et ne prohibueritis eos: talium enim est regnum Dei. Amen dico vobis, Quisquis non recep rit regnum Dei velut parvulus, non intrabit in illud. Et complexans eos, el imponens manus super illos, benedicebat eos. Perlerto Evangelio, de ejus verbis Minister populum hisce sequentibus breri- ter adhortetur. Aunisris, dilectissimi, in hoc Evangelio verba Christi Salvatoris. jubentis parvulos sibi offerri, reprehendentisillos qui eos arcebant. et hortantis omnes homines ul imitentur eorum innocentiam. Intell- gilis quomodo per id quod exterius gessil suam erga eos benevolen- Ham indicavit; nam brachiis suis eos complexans, super cos manu imposuit, el cos benedixit. Ne dubitetis igitur, vérum Grmiter err- dite, cum non minus benigne hune infantem accepisse, el brachiis miséricordiæ suæ esse complexum; el sicut in sanclo verbo suo pol- licitus est, beneficium vitæ ælernæ regnique sui sempiterni commu nionem, ei collaturum. Quamobrem nos, per hoc cerliores facli illins benignilalis. quam Pater noster cœleslis erga hune infantem per Je- sum Christum Filium suum declaravit, gralias ei pie ac fideliter refe- ramus, el oralionem illam dicamus quam Dominus noster ip docuit. Paren noster, qui es in cœlis, Sanclificetur nomen luum. Adyeniat regnum tuum. Fiat voluntas {ua, Sieut in cælo, el in terra. Panenr nostrum quotidianum da nobis hodie. Et dimitte nobis debita nostra Sieut el nos dimittimus debitoribus nostris. Et ne nos inducas in len- tationem: Sed libera nos a malo. Amen. Ouxiroress sempilerne Deus, Pater cælestis, gratias tibi suppli- citer agimus, quod ad gratiæ luæ agnitionem, et ad fidem erga le. nos vocare dignatus es, Hanc agnilionem, quæsumus, in nobis adauge. hanc fidem in perpeluum confirma. Da huic infanti Spiritum Sanchuni L'ADMINISTRATION DU BAPTÈME DANS L'ÉGLISE A ANE 807

tuum; ut per Dominum nostrum Jesum Christum renatus, el æternæ salutis, hæres factus inservitio tuo permaneat, et promissa Lua conse- quatur’ pereundem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum qui tecum vivit et regnat in unilate ejusdem Spirilus Sancti, et nunc et per omnia stcula sæeulorum. Amen. Deinde Sacerdos querat infantis nomen; quo per Patrinos el Matrinas pro- lato, dicat Minister: ABRFNUNTIAS, in nomine hujus infantis, diabolo el omnibus ejus vperibus, inani pompæ el gloriæ hujus mundi et emnibus cupidila- tibus cum carnis concupiscentiis, adeo ut eas sequi vel ab eis duci Le non sis permissurus ? brenuntio eis omnibus. is in Deum Patrem Omnipotentem, Creatorem cœli et terra? Ein Jesum Christum Filium ejus unigenitum, Dominum nostrum Eumque conceptum esse de Spiritu Sancto,natum ex Maria Virgine; passum sub Pontio Pilalo, crucitixum, mortuum, et sepullum : des- cendisse ad inferos, el Lerlia die resurrexisse; ascendisse ab cœlos, et sedere ad dexteram Dei Patris Omnipotentis; et inde venturuni esse in fine sæeuli, judicare vivos el mortuos? Credis et in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam Catholicam, sanclorum Communionem, remissionem peccatorum, carnis resur- rectionem, et vitam æternam post morlem? Resp. Mic omnia firmissime credo. Hfinister Servabis igitur obedienter Dei sanclam voluntatem et man- data, et in eis ambulabis omaibus diebus vite Lux? Resp. Hoc faciam. Deinde dicat Sacerdos, Accteits hune infantem in socielatem gregis Christi, eumque signo Crucis signamus! in signum quod posthae non erubescet Christi eru- eifixi fidem confiteri, el sub [ejus vexillo contra peccalum; mundum, et diabolum, virilité pagnare, et Christi fidelis miles et servus ad vite su fidem permancre. Amen. Deinde dicat Sacerdo: QuaxnoorbEx nune, fratres dilectissimi, hic infans per Baptismun est regencratus, et in Christi Ecclesiæ corpus insitus, agamus gra- lias Deo Omnipotenti pro his bencliciis, et uno animorum consensut ei supplicemus, ut reliquam vilam suam secundum hoc inilium pera- gal. Deinde dieut Sucerdos, GRatias ex animo tibi agimus, Paler misericors,quia hune infantem Spiritu Sancto Luo regenerare, in filium luæ adoptionis sanctæ Ecclesir tuæ incorporare dignatus es. EL supplices Le roga- mus, ut iste mortuus peccato, justitiæ vivens, el cum Chri morlem ejus consepultus, velérem hominem éruciligal, el totum corpus peccati destruat; el ut, quemadmodum Filii Lui mortis factus est parliceps, ila eliam fiat resurrectionis; quatenus landem cum reliqua sancla Ecclesia tua, sempiternum regaum luum hæreditale percipiat; per desum Christum Domiuum nostrum, Amen. Deinde, omnibus see erigentibus, Minister Patrinos et Matrinas verbis seguentibus adhortetur. Quoniau hic Infans per vos sponsores suos prom sil, se diabolo et 1 Hic Sacerdos in fronte Infantis crucem facirl. 808 REVUE ANGLO-ROMAINE omnibus ejus operibus abrenuntiaturum, crediturum in Deum et ser- vilurum ei; recordandum est vobis, vestrum esse officium huic fanti ita consulere, ut {eum primum pro ejus ælate fieri possil: dis- cat quam solenni voto et promisso se per vos obstrinxerit. Quod ut exactius intelligat, oportebit vos hortari eum ad conciones audiendas; et præcipue curare ul discat vulgari sermone Sÿmbolum, Orationem Dominicam, el Decalogum, el cætera quæ Christianus homo pro salute animæ suæ el scire el credere debet; præterea, ut hic infans honeste educetur ad vilam pie et Christiane degendam; dum illud semper recordelur, nobis in Baplismo professionem nostram signifi- cari; qe quidem nihil aliud quam ut Christi Salvatoris nostri exemplum sequamur, et ejus similes fiamus; quatenus, sicut ille pri nobis mortuus est et resurrexi, ita nos qui baplizali Sumus peccalu moriamur, et juslitiæ resurgamus, semper morlificantes omnem nos træ affectum pravitatis, et quotidie proficientes in omni virtute el pielate. Si autem iiquiinfantem ad Erclesiam addurerint Sacerdotis quæslionibus responea tam incerta dederint, ut non cmstet infantem aqua baptizatun

Baplismi essentiales), Saerdos eum baplizet sub forma Baptismi Publié fuisse, In nomine Patris, et Filii, et Spirilus Sancti (quæ sunt parles

parvulorum supra præescripla; nisi quod, dun Jnfantem in Fonten inmergat hec verba proferal : Si nondum baptizatus es, N. Ego te baptizo In Nomine Patris, el Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

                  ORDO BAPTISMI ADULTORUM

                 QUI PRO SEIPSIS SPONDERE POSSUNT.

Cum adult baptizandi sunt, parentes eorum, aut alix prudentes person, id Episcopo aul cuidam ab eo ad hanc rem deputato, sallem ante seplimuni diem indicent; quo accuratior examinatio fal, utrum religionis Christians rudimentis satis fuerint imbut; et admoneantur ipai ut precibus eljejuniis ad hoc santum Saramentum accipiendum se præparent. Qui si satis parati visi fuerint, adsint Patrini et Matrinæ lcongregato pe- pulo in Dominien sei Festo ‘ad id designalo) ut eos ad Fonte sistant, Slatim post secundam Lertionem, sive ad Matutinas sive ad Vesperut. prout Parocho plaruerit. Adslantes autem” Sacerdos interroget, utrum ex illis ibi præsentibus ul Baptizati fuerint, nerne. Quod si negaverint, dieat Sacerdos : DiLecrissint, quoniam omnes homines in peccalo c« cipiuntur et naseunlur (et quod natum est ex carve caro est), et qui in carne sunt Deo placere non possunt, sed in peccalis vivun, el multas actuales prævaricaliones admiltunt; el Salvator noster Christus dicit, Nemo polest introire in regnum Dei, nisi regeneralus fueril, et renalus ex aqua et Spiritu Sanclo; obsecro vos ut invocelis Deum Patrem, per Dominum nostrum Jesum Chrislum, ut pro largilate misericordiæ suæ istis id concedat quod ex natura habere nequeunt; scilicel, ut aqua at Spirilu Sancto baplizentur; el in sanctam. Écclesiam Chrii admitlantur, et ejusdem viva membra fiant. Deinde dicat Sacerdos, Oremus. (Et hic totus Populus genua flectat). sempiterne Deus, qui pro magna misericordia tua Noe L'ADMINISTRATION DU BAPTÈME DANS L'ÉGLISE ANGLICANE 809

et familiam ejus in area conservasli, ne in aquis periren et filios Israel, populum tuum, in spe per Mare Rubrum deduxisli, eo figu- rans sacrosanctum tuom Baptismum; et per Baptismum in fluvio Jordane dilectissimi Filii tui Jesu Christi, aquæ elementum in mys- ticam peccati ablutionem sanctifcasti; Rogamus Le per infinitas misericordias tuas, ut istos famulos Luos benignus respicias et Spirilu Sancto laves et sanctifices; quatenus ab ira tua liberali, in arcam Ecclesiæ Christi admittantur; et fide constantes, spe læb, charilate radicati, hujusce mundi inquieti fluctus ila transeant; ut ad patriam viæ sempiternæ tandem perveniant, ibi tecum regnaturi in sæcula sæculorum; per Jesum Christum Dominum nostrum. Amen. Owxirotens Deus, immortale præsidium omnium postulantium, liberatio supplicum, vita credentium, et resurrectio morluorum : Te invocamus pro istis, ut ad sanctum luum Baptismum accedentes, remissionem peccatorum spiriluali regeneratione consequantur. Accipe eos, Domine, sieut per dilectum Filium pollicitus es, dicens, Petite el accipietis, quærite et invenietis, pulsate el aperietur vobis. la nunc nobis petentibus quod petimus concede: liceat nobis quod quærimus invenire; nobis januam pande pulsantibus; ut isli, æler- num cælestis lavacri tui benefcium consecuti, sempiterna regna per Christum Dominum nostrum promissa percipiant. Amen. Deinde, populo se erigente, dicat Sacerdos : Audite verba Evangelii per Sanctum Joanne scripla, in capite decimo, ad versum primum. EraT autem homo ex Pharisæis, Nicodemus nomine, princeps Judæorum. Hic venit ad Jesum nocte, el dixit ei, Rabbi, scimus quia a Deo venisti magister; nemo enim potest hæc signa facere quæ lu facis, nisi fuerit Deus cum eo. Respondil Jesus, el dixit ei, Amen, amen, dico tibi, Nisi quis renatus fuerit denuo, non polest videre regaum Dei. Dicit ad eum Nicodemus, Quomodo potesL hoino nasci, cum sit senex ? numquid potestin ventrem matris suæ iterato introire, et nasci? Respondil Jesus, Amen, amen, dico Ubi. Nisi quis renalus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei. Quod natum est ex carne, caro est; el quod natum est ex Spiritu, Spiritus est. Non mireris quia dixi bi, oporlet vos nasci denuo: Spiritus ubi vult spirat, el vocem ejus audis, sed nescis unde venial, aut quo vadat; sic est omnis qui natus est ex Spiritu. Postea hanc Erhortutionem reritel. Aunisis, dilectissimi, in hoc Evangelio Christum Salvatorem diserte aflfrmantem, quod nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spirilu, non possit introire in regnum Dei. Et per hoc intelligere polestis, quam necessarium sit, modo obtineri possit, hoc Sacramentum. Simil! modo, cum jam in cœlos ascensurus erat (sicut in ulimo Evangelii sancli Marci capite legimus), discipulis suis præcepit, dicens, Euntes in mundum universum, prædicate Evangelium omni creaturæ. Qui crediderit, et baplizatus fuerit, salvus erit; qui vero non crediderit condemnabitur. Quod etiam nobis magnum ostendit quo per Bapl mum fruimur benefcium. Quemobrem sanctus Petrus Apostolus, cum post ejus primam Evangeli prædicationem, multi compuncti sunt corde, et dixerunt ad eum et ad reliquos Apostolos, Quid facie- mus, viri fratres? respondit et ad illos, Pænitentiam, inquit, agile et baptizetur unusquisque vestrum in remissionem peccatorum, et ET REVUE ANGLO-ROMAINE

accipietis donum Spirilus Sancti. Vobis enim est repromissio. el liliis vestris, et omnibus qui longe sunt, quoscumque advocaverit Dominus Deus noster.Aliis etiam verbis plurimis testificatus est, el exhorla- generatione ista prava. Nam {sicut idem Apoñtolus alio loco testatur) et nos nunc salvos facit Baptisma {non carnis depositio sordium, sed consciente bonæ interrogatio in Deum,) per resurrectionem Jesu Christi. Ne dubilelis igilur, verum firmitér credite, eum istos qui adsunt, vere pænilentes, et ad se per lidem accedentes, benigne accepturum esse, remissionem peccatorum eis concessurum, el Spirilum Sanclum largiturum; immo beneficium vite æternæ, el regni sui sempilerni communionem, eis collaturum. Quamobrem” nos per hoc certiores facti illius benignilalis, quan Pater noster cælestis erga islos per Jesum Christum Filium suum declaravit, gratias ei pie ac fideliter referamus, dicentes OwxPoTExs irterne Deus, Pater cælestis, gratias libi suppliciter gimus, quod ad graliæ tuæ agnitionem, et ad fidem erga le, nos vocare dignatus es. Hanc agnilionem, quæsumus, in_nobis adange. hane fidem in perpetuum confirma. Da islis Spiritum Sanctum luum. quo regenerentur, et hæredes fiant æternæ salutis : per Jesum Chris- lum Dominum nostrum, qui Lecum vivil et regnal in unitate Spiritus anti, nune et per omnia sæeula sæculorum. Amen. eine Sucerdos buptizandos ita alloguatur: Diecrissimt, qui hue ideu advenistis ut sanctum Baptis mu acci- jalis, audivisis congregationem exorantem ul Dominus noster Jesus Christus vosaccipere el benedicere, a peccatis vestris absolvere, eL vobis regnum cclorum el vitam sempilernam concedere dignelur. Audivistis præterea Dominum nostrum Jesum Christum in verbo sun sanclo promisisse, se æc omnia quæ rogastis concessurum; quan promissionem ips pro parte sua certissime præstabit. Quaniobreu h sione a Christo facta, vos etiam oportel pro parte vestra. coram hisee Leslibus vestris el hae lola congregatione, spondere vus diabolo eLomnibus ejus operibus abrenuntiaturos, verbo Dei sant constanter crediluros, el mandala ejus obedienter servaturos, Deinde Sacerdos singulis buptizandis has sequentes queestiones preponal: AsRextxrias diabolo et omnibus ejus operibus, inani pompir et gloriæ mundi, et omnibus ejus cupiditalibus, cum carnis concupis- centiis, adeo ul eas sequi, vel ab eis duci, Le non sis permissurus” Resp. Abrenuntio illis omnibus. Qu. Credis in Deum Patrem omnipotentem, Crealorem ewli et lerræ? Etin Jesum Christum Filium ejus unigenitum Dominum nostrum* Eumque conceplum esse de Spiritu Sancto, natum ex Maria Virgine. passum sub Ponto Pilato, crucitixum, morluum, et sepultum: des se ad inferos, el Lerlia die resurrexisse; ascendisse ad colo. et sedere ad dexteram Dei Patris Omnipentalis, et inde venturum esse in line sæeuli, judicare vivos et morluos? Credis et in Spiritum Sanctum. sanclam Ecclesiam Catholicam, sanclorum Communionem, remissionem peccalorum, earnis resur- rectionem, et vitam æternam pos morlem? Resp, Hæc omnia firmissime credo. Qu. Vis baptizari in hac fide? Resp. Volo. L'ADMINISTRATION DU BAPTÈME DANS L'ÉGLISE ANGLICANE BA1

Qu. Servabis igitur obedienter sanclam Dei voluntatem et mandala, etin üis ambulabis omnibus diebus vilæ tue? Resp, Hoc ut faciam, Deo adjuvante, operam dabo. Deinde dicat Sacerdos, ConcenE, misericors Deus, ut vetus Adam in istis ita sepeliatur, ul in eis novus resurgal. Amen: Concede ut in eis moriatur umne quod carnis est, vival et crescal vmne quod Spiritus. Amen. Concede ut poteslatem et vim habeant vincendi, ac triumphandi de diabolo, mundo, et carne, Amen. Concede ut isti, per ministerii nostri offi un tibi consecrati, cu lestibus eliam virtutibus ornentur, et æterna præmia consequantur. per misericordiam tuam, Domine Deus, qui es benedictus, et vivi: et omnia regis, per omnia sæcula sæeulorum. Amen. Owmrorexs sempiterne Deus, cujus Filius dilectissimus Jesus Christus, in remissionem peccatorum nestrorum, de latere suo pr tiosissimo ct aquam et sanguinem profudit, el discipulis suis. jussit ut euntes ducérent omnes gentes, baplizantes eos In Nomi Patris, et Filii, et Spiritus Sancli; Respice, quæesumus, populi tui supplicationes ; hanc aquam in mysticam péccali ablutionem sanc- lifica ; et tribue ut isti nune in ca baptizandi tuæ gratix plenitudinem consequantur, et in numero filiorum luorum fidelium et electorum semper permaneant ; per Jesum Christum Dominum no trum, Amen. Deinde Sacerdos unius eujusque baptizandi derteram apprehandal, el eum juxta Fontem quomodo convenientius sibi visum fuerit slatuens, Patrinos et Matrinas nomen ejus interroget; el postea em in aquam immergat. aut super eun aqua fundal, direns. N. Eco te baptizo In Nomine Palris, et Fil, el Spiritus Sancti. Amen. Dainde dicat_ Sacerdos, AcciPmus islum in socielatem gregis Christi, eumque Crucis signo ! signamus, in signum quod poslhac non erubescel Chri crucifixi fidem confiteri, et sub ejus vexillo contra peccalum, mui dum, et diabolum viriliter pugnare. et Chrisli tidelis miles ct servus ad vite suæ finem permanere. Amen. Deinde dicat Sarerdos, Quaxroouben nune, fratres dilectissimi, isti regenerati sunt, el in Christi Ecclesiæ corpus insili, agamus gratias Deo Omnipolenti pro his beneñeciis. et uno animorum eonsensu ei suppliremus, ul reli- quam vitam suam secundum hoc initium peragant. Deinde dieatur, omnibus genuflezis, Oratio Dominira. Pare noster. qui es in cœlis. Sanctificetur nomen luum. Adv nial regnum tuum. Fiat voluntas tua, Sieut in eælo, et in lerra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. El dimitte nobis debita nostra, Sieut et nes dimiltimus debitoribus nostris. ELne nos inducas in tentaionem; Sed libera nos a malo. Amen. Grarias suppliciter libi agimus, Pater cæleslis, quod ad gratin lui agnitionem, et ad fidem erga te, nos vocare dignatus es. Hanc agnitionem, quæsumus, in nobis adauge, hane fidem in perpetuum confirma. Da istis Spiritum, Sanctum luum : ut nune per Dominum 1 Hie Sacerdos in fronte baptizati Crucom faciet. 812 REVUE ANGLO-ROMAINE

nostrum Jesum Christum renati, et æternæ salutis hæredes facti, in servitio luo permaneant, et P omissa Lua consequantur ; per eundem Dominum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnatin unitale ejusdem Spiritus Sancti, per omnia sæcula sæculo- rum. Amen, Deinde omnibus sese erigentibus, Sacerdos hanc Erhortationsm prroferat, Patrinos et Matrinas primum «lloguens. Quoniau isli coram vobis promiserunt, se diabolo el omnibus ejus operibus abrenuntiaturos, credituros in Deum, et servituros ei recordandum est vobis. vestrum esse officium eos admonere de solemni voto et promisso quibus coram populo hic congregato. el præcipue coram vobis, testibus suis delectis, jam se obstrinxerinl. Neenon vos oportel eos hortari ut summa diligentia se curenl sanclo Dei verho erudiendos ; quatenus crescant in gralia et in cognitione Domini nostri Jesu Chrisli, et sobrie, juste, et pie vivant in hoc sæculo. Deinde ad recentes baptizalos sermonem suum conrertens, pergat: Vos eliam, qui nune per Baptismum Christum induislis, ex oflicio debetis, Dei et lucis filii per fidem in Jesum Christum facli, secun- dum vocationem vestram Christianam, et sicut decet filios lucis, ambulare; hoc illud recordantes, nobis in Baptismo professionem nostram significari ; quæ quidem nihil aliud est, quam ut Christi Salvatoris exumpluu sequamur, et ejus similes fiamus; quatenus sieut ille pro nobis mortuus esL’el resurrexit, ila nos qui baplizati sumus peccato moriamur, el justitiæ resurgamus; semper morli- ticantes omnem nostræ affectum pravitatis, el quotidie proficientes omni virtute et pielale. Conveniens est, unumquemque hoc. modo baplizalum «b. Episcopo, cum primum id feri possit, confirmari; quatents ad sacram Communienem admitlatur: Ki aliqui in infantia sua non buptizati anteu baptizandi oferantur quam ad ætatem intelligentiæ pervenerint, in qua pro seipsis raleanl spondere; satis ait Public, seu, modo maxime periclitentur, privati Infantiun Baptismi ordinem usurpure; dummodo pro verbo Infans verbum puer vel persona, prout occasio postulet, substituatur. ABLE DES SOMMAIRES DU TOME II

                SOMMAIRE DU NUMÉRO 18
                                                                                 races

Rev. G. Bavrieuo Romsers. Primauté, Schisme et Juridictio: 3 Lorn Haurar.. La réunion des Églises. m Chronique. 2 Livres et Revues. #4 Docuuenrs.... De la forme employéo pour la confir- mation des évéques dans l'Église d'An- gleterre. — Considerationes modeste et pacicæ controversiarum de Eu- charistia. Es SOMMAIRE DU NU RO 5 A. Loir, ++ La Confession de Picrre et la Promesse de Jésus. . 49 A. BouDixgon Les aspectsmoraux de la question des ordres anglican 60 Chronique. 15 Livres et Revues. Li Docuuesrs Considerationcs modesiæ el pa troversiarum de Eucharistia.......... 84 OMMAIRE DU NUMÉRO 20 A. Boupisnon Primauté, Schisme et Juridicti n1 E. Le préjugé scientifique 108 Chronique. — Une lettre de l'Arcieréque d'York. Perses ur Livres et Revues. En Docuxexrs... Considerationcs modesue et pacificæ con troversiarum de Eucharistia. — Ordo administrandi Cœnam Dominicam, sive Sacram Communionem.... E]

                SOMMAIRE DU NUMÉRO 21

Arras Lori La participation des fidèles au Saint Sacrifice de la Messe. 455 A. Boupixnon. Primauté, Schisme el Juridiction. 460 Chronique. 12 Livres ot Rorues. 15 Docuxewrs.......... Ordo administrandi Cnam Dominicam, sive Sacram Communionem, — Cana Domisics ct Sacrs lommunio,que vulgo nominatur Missa nm

                SOMMAIRE DU              NUMÉRO 22

Canoinaz Wisæiax + Lettre à Lord Shrowsbury sur l'Unité del'Eglise (1941)... 193 E. Tavmmmen......... Le Saint-Siège et la Russie... 215 Chronique. 219 Docuusxrs........ Caïnn Dominica et Sacra Cowmunio, quie vulgo nominatur Missa. — Concordance des diverses éditions du Prayer Book. 225 SOMMAIRE DU NUMÉRO 2%

Canpixau MANNINO Obstacles à l'expansion de l'Église catho lique eu Angleterre... 2 Dr N. Pauuts......... Une prétendue « doctrine monsirucuse » sur l'Eucharistie. un M Chronique. El Livres et revues. Le Docuuexrs. Leo PP. XIIL Motu proprio. — Concor- dance des diverses éditions du Prayer O0k. nn eennenee DM

                 SOMMAIRE DU NUMÉRO 2%
                             Jacques de Sarog et le                Saint    Sacrifice
                               otfert pour les Mort
 Ausrin RicianpsOx           Le Sacrifice de la Croi
                               de l'Autel...
  IP, Dusuexaere....         Exposé d'un texto attribuéau bienbeu:
                               reux Albert le           Grand...                        :
                             Chronique. .               ns                              :
                                et revues.
                             Livr  es               :
        Docuuexr.....        Concordance      des diverses           éditions          du
                               Prayer Bool

                 SOMMAIRE DU         NUMÉRO 25
   Anvé DucuEsxE,            L'Afrique chrétienne et l'Église romaine
                               au Ille siècl
                             Chronique
                             Livres et revues...
        Docuxexrs.           Lettre de S.       Saintoté Léon XII aux
                               éviques de Hongrie. — Concordance
                               des diverses éditions du Pruyer Book...                      368

                 SOMMAIRE DUNUMÉRO %
                             Ernest Renan historien d'Israël                                35
                             L'évéque Reinkens, situation actuelle du
                               vieux catholicisme                                           sr
                                                                                            4
                                                                                            si
                             Lettre apostolique de           S. S.         Léon   XIII,
                               pour la restauration du siège de Car-
                               thage. — (oncordanco des diverses
                               éditions du Prayer-Book...

                 SOMMAIRE DU NUMERO 97

Right Hon. W. E. GLapsroxr.. Mémoire sur la question des ordinations ss F. Ponrai..... Léon XIII et Gladstono. D Chronique. — Revue dela Presse... 42 Documevrs. Discours prononcé par l'Archer d'York au Congrès de Norwich octo= bre 1895). — Un article du Church Times. “5

                 SOMMAIRE       DU NUMÉRO 2%

Rev. E. Dennv............ L'Église anglicane et le ministère des Églises de la Réforme... A. Lois Ernest Renan, historien d'Israël Chronique . Doctuanrs....... Damnatio et excommunicatio Henrici VIII ac Elizabeth. SOMMAIRE DU NUMÉRO 29 Rev. T. A. Lacex..... De l'unité de l'Eglise d'après lon

Rev. Edward Dear. Églises de la Réforme Chronique Livres et Revues Documents. tion de l'Ordinal anglais par le cardinal Pole. — Concile de Mayence (1519) Esirats de le correspondancede Mer Ormaneto . ce . sl

                       SOMMAIRE DU NUMÉRO 30
             P. Barirroz.     L'idée de l'Église dans la littérature de
                                   l'époque apostolique.                              in
                                  Un discours de Sa  Grâce        l'Archovéque
                                    d'York sur la vie    sacerdotale                  593
                                  Chronique.                                          598
                                  Livres et Revues...                                 603

              Docuwsts......      Allocution de N.T.S. P.le Pape Léon XII
                                    au Consistoire du 24 Juin, — Discours
                                    de Lord Halifax à l'assemblée générale
                                    annuelle de l'English Church Union...             609
                        SOMMAIRE DU NUMÉRO
        A. Bouninrox.             Nouvelles observations sur          la   question
                                    des ordres anglicans.
                                                                                      _.




                                  Chronique. — Revue de la Presse,
                                    Correspondance      ..                            633
               Doccurs.           Leonis Pare XI Epistola Encyclica de
                                    Unitate Écclesie. — Encyclica do ci
                                    tatum constitutionc christiana                    ON

                        SOMMAIRE DU        NUMÉRO 32
               Boupixnos....      Nouvolles    observations sur       la question
                                    des ordres anglicans.....                         On
                                  Chronique.  — Discours do Sa Grice l'Ar-
                                    chevéque d'York. — Revue de         la
                                    Prosso                                            681
              DocuMExTs .         Dirige solennel célébréen là cathédrale
                                    St-Paul de   Londres pour le roi de
                                    France Henri 11. — Encyclica de
                                    tatum constitutione christiana.

                       SOMMAIRE DU NUMÉRO 33

Rev. G. Baymeuv Rouerts. Le droit canonique et l'Eglise d'An- gleterre. mi Chronique. — À noslecteurs. — Une con 71 Docuuexrs..... Encyelique de S.S. Léon XIII sur l'Unité de l'Eglise (Terte françuis.... Lil

                       SOMMAIRE DU NUMÉRO 34

Rev.T. À. Lacev..... La Réforme... 169 À. BouDINHos Nouvelles observations sur la question des ordres anglicans ns Rev, G. Bavriauo Romenrs, Le droit canonique dan 192 Documexre. parvulorum publice in Ecclesia administrandi. — Table des sommaires. — Table alphabétique par noms d'auteurs du tome Il... EN TABLE ALPHABÉTIQUE PAR NOMS D'AUTEURS DU TOME Il

A... — Histoire de l'Éducation en Angleterre (Bibliog.). 60 Barnrou (PJ. — L'idée de l'Eglise dans la Hdrature de l'époque aponio- que. : sn Bavrieun Rousers (Rev. G.). — Primauté, Scbisme ot Juridiction 3 = =, Le Droit canonique et l'Eglise d'Angle- terre... 2 TL et 19

Bouvixnox (A.). — Les Aspects moraux de la question des ordres anglicans. 60 = Primauté, Schisme et Juridiction. 97 et 460 æ Nouvelles observations sur la question des ordres anglicans enrrreree 625, 673 et TI0 Dexvy (Rev. EJ. — L'Eglise anglicane et le ministère des Eglises de la réforme. ee 48t et 599 Décntexs (Abbé). — L'Afrique chrétienne ct l'Eglise romains au ui siècl te Lee sx

Duxuæraure (R. P.). — Exposé d'un texto attribué au bienheureux Albert le Grand. se Ensom (V.).— De axiomate Ectra Ecclesia nulla salus dissortatio theolo= gica (Bibliog ). sm Guavsrose (Right Hon. W. E.).— Mémoire sur Ia question des ordinations anglicanes. 4

Haurax (Lord). — La réunion des Eglise: — n J.-N. — Jacques de Sarog et le Saint Sacrifice offert pour les Morts. EI Lacex (Rer. T. A). — De l'anlté de l'église, d'après les héologiens an. Ê “ La Réforme. 16 Loisx (Alfred) — La Confession de Pierre et la promussse de Jésus... 49 _ Ernest Renan, historien d'Israël. 385 et 491 Lora (Arthur). — La participation des fidèles au Saint Sacrifice do la Messe. 115 ardinal). — Obatacles à l'expansion de l'Egliso catholique en Angleterre... EL Pauuus {Dr N.). — Une prétendue « doctrine monstrueuse » sur l'Eucha risti se Léon XIII et G se véque Reinkens, situation actuelle du vieux catholicisme... 397 Tavensier (Eugène). — Le préjugé scientifique. 408 _ Le Saint-Siège et la Russ a Wisewan (Cardinal). — Lettre à Lord Schrewsbury sur l'unité de l'Eglise (OT EEE 18

                                                            Le Gérant:        F. Levé.


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