LA RÉUNION DES ÉGLISES
DISCOURS DE LORD HALIFAX
L'Englich Church Union a tenu, le 21 mars, à Brighton une réunion dans laquelle Lord Halifax, président de l'association, a donné lecture d'une conférence ayant pour sujet la réunion des Églises. Nous en empruntons le compte rendu au Church Times, regrettant vivement qu'elle ne soit pas publiée in extenso. Lord Halifax a posé tout d'abord la question de savoir d'oà vient cette indifférence extérieure vis-à-vis de l'unité, si caractéristique chez un grand nombre d'individus. Il pense que les causes de cette indifférence sont au nombre de deux: la première c'est cet état d'esprit extraordinaire, provenant de l'habitude, qui nous fait adop- ler une position absolument insoutenable tant en théorie qu'en pra- lique; la seconde c'est la conviction bien arrêtée chez certains que toute tentative ayant pour objet de faire cesser nos divisions est im- praticable et sans issue. Dans le premier cas, considérons pour un moment ce que nous enseigne notre foi de chrétiens. Accepter les divisions présentes,c'est adopter vis-à-vis de la réuniondela chrétienté une attitude absolument insoutenable tant en théorie qu'en pratique : position insoutenable parce que c'est donner son assentiment à un état de choses désastreux pour la cause de la religion que nous avons tous à cœur. Après l'inconséquence des chrétiens qui ne conforment pas leur conduite à leurs principes, peut-on douter que les divisions actuelles ne soient le plus grand obstacle à la diffusion de l'Évangile tant en Angleterre qu'au dehors? Ne somines-nous pas membres d'un inéme corps et placés par suite dans un état de relation nécessaire et déterminée avec l'ensemble? Et en se reportant à l'histoire,l'unité n'ap- parait-elle pas manifeste dans les desseins de Dieu sur son Église ? Ce qui explique d'ailleurs l'objet de la vie individuelle de chacun, ce qui lui donne son importance et sa valeur, dépend de l'accomplis- sement par chacun de la tâche qui lui a été confiée dans l’œuvre commune. Union avec le Christ, union des uns avec les autres dans le Christ, accomplissement des devoirs qui découlent de cette union : voilà la somme de toute la religion chrétienne. Quel contraste ne présente pas l'état actuel de la chrétienté avec le plus grand LORD HALIFAX ET LÀ RÉUNION DES ÉGLISES 15
acte du culte chrétien! Notre-Seigneur, au moment le plus solennel de sa vie terrestre, comme dernière expression de son amour, et comme don d'adieu à ses disciples, institua le mystére de son corps et de son sang, afin de nous fournir le moyen d'une plus étroite communion avec lui, et en lui avec nos semblables. Et quel usage avons-nous fait de ce don inénarrable qui devait diminuer la distance qui sépare le Ciel et la Terre, et unir entre eux tous les membres du Christ? Nous avons accepté, apparemment avec ]a plus parfaite bonne gráce, un état de choses qui rendait pour ainsi dire impossible la participation au grand acte par lequel nous devions étre en communion avec Notre-Seigneur et les uns avec les autres. Nous considérions comme toutà fait naturel que les chrétiens fussent unis en tout, excepté en ce qui touche à la religion. Notre-Seigneur pria pour que ses disciples ne fissent qu'un, afin que le monde fût convaincu de la vérité de sa mission. Au lieu de cela, n'est-il pas plus vrai de dire que l'état présent de la chrétienté est précisément lexeuse que se donnent les hommes pour ne pas croire? Par la force méme des choses, la grande masse de l'humanité est obligée de baser sa foi sur le témoignage des autres. Mais qu'advient-il alors de la foi de la chrétienté si ceux qui en sont dépositaires ne peuvent s'accorder et définir au juste en quoi elle consiste? Elle se change bientôt en opinions individuelles que l'un peut accepter, comme l'autre peut les rejeter ; puis elle disparaît complètement. Il ne peut y avoir de plus grand devoir pour nous tous que d'essayer de nous entendre sur la révélation et de faire notre possible pour faire cesser nos malheureuses divisions. Passant de la théorie aux maux pratiques qui en résultent, ils sont si évidents qu'il est à peine nécessaire d'insister sur ce point. Il n'est pas d'œuvres religieuses, sociales ou politiques, pour lesquelles nos divisions ne soient un empéchement et un obstacle; tout serait d'un accomplissement rela- livement facile si l'on pouvait mettre un terme à nos malheureuses divisions, et Dieu nous accorderait l'inestimable bienfait de ne faire qu'un dans sa sainte Église. Dans la sphére de la religion, n'avez-vous jamais rencontré quelqu'un en face des difficultés de la vie et des lerreurs de la mort, hanté par le remords du péché, cherchant paix et secours? Vous lui avez parlé de confession et d'absolution, des moyens de secours que l'Église a institués, qui l'aideront à se main- tenir dans le droit chemin durant la vie, et le réconforteront au moment de la mort; et aussitôt les divisions de la chrétienté et les maux causés par ces divisions se présentent à son espritetempéchent de se produire le bien qui, autrement, eût pu être fait à cette âme. Ou encore la mort est survenue; elle est survenue au milieu de l'agitation et du tourbillon de la vie, sans qu'on ait eu le temps de S'y préparer. Et devant ce souvenir d'une vie qu'il est impossible de 16 REVUE ANGLO-ROMAINE
se rappeler sans qu'elle fournisse au moins de sérieux motifs de crainte pour le salut, vous ne pourriez pas compter sur celte commu- nion dans les œuvres de charilé, sur cette intercession mutuelle qui subsiste dans le Christ entre les vivants et les morts. Mais ce n'est pas seulement en matière de religion que nos divi- sions sont funestes; elles sont une des principales causes de nos difficultés dans les questions scolaires, de l'échec relatif de nos œuvres de missions, de l'aliénation de masses considérables de notre population, du niveau peu élevé de vie et de mœurs dont se contente si facilement le monde chrétien, et enfin du peu de cas que beaucoup font de tout ce qui est surnaturel. Pensons ce que pourrait faire une chrétienté unie pour l'apaisement de ces divisions entre le capital et le travail qui menacent de ruiner le pays. Nous entendons beaucoup parler d'un nouvel état de la société, mais combien ne pourrions-nous pas envisager l'avenir avec plus de calme, si nous voyions une chrétienté bien unie, forte et compétente, traiter ces diverses questions et les amener à une sage solution! Est-il nécessaire que l'Europe soit convertie en un camp sous les armes et que les nations soient écrasées d'impôts pour soutenir des armements dont le meilleur usage qu'elles puissent faire, c'est de ne jamais s'en servir? Les divisions religieuses compliqueront-elles donc toujours les dif- ficultés en Orient, rendant inutile tout effort en faveur des popula- lions chrétiennes sous le joug musulman? L'union qui se fait un peu partout dans les idées et dans les mœurs par suite des facilités de communication n'aura-t-elle pas sa contre-partie dans le domaine spirituel? Assurément nous devons avoir à cœur la réunion du monde chrétien et nous devons être bien résolus à ne rien négliger pour y parvenir de ce qui est en notre pouvoir. Et ici lord Halifax a pénétré le véritable motif qui rend un si grand nombre d'individus indifférents et méme hostiles à toute tentative ayant pour objet la réalisation de l'unité. On dit que c'est une utopie, une chose impossible ou bien encore qui nécessite un compromis sur des points essentiels de vérité. D'autre part, pour ce qui concerne les corps non-conformistes, Sa Seigneurie pense qu'on pourrait faire beaucoup de ce côté, si seule- ment les ecclésiastiques anglais étaient fidéles à leurs principes, dé- clarant nettement et sans crainte ce qui est essentiel en matiére de foi et ce qui ne l'est pas; ils démontreraient, par exemple, que bien que nous croyions que la gráce nous est conférée par les sacre- ments de l'Église, nous ne nions pas cependant que l’œuvre de Dieu ne puisse en partie s'accomplir par des moyens qui ne nous paraissent pas avoir été institués directement par le Christ, Demander aux non- conformistes de nous expliquer leur position, dela légitimer à nos yeux; oubien leur demander de renier leur passé spirituel, cesont LORD HALIFAX ET LA RÉUNION DES ÉGLISES 47 là deux points différents. Ce ne sont pas des rétractations que l'on demande, mais des affirmations; et d'ailleurs dans un noble ser- mon préché, il n'y a pas longtemps, sur ce sujet, le D" Parker, de City Temple, a bien indiqué dans quel esprit on devait aborder la question de la réunion. Tout sentiment d'orgueil, toute assertion person- nelle doivent étre laissés de cóté, et les ecclésiastiques anglais doi- vent prendre, vis-à-vis de leurs fréres non-conformistes, l'attitude qu'ils désirent voir adopter vis-à-vis d'eux par leurs frères de la coni-: munion romaine. Ce qui est requis, c'est un effort de chaque cóté afin que chacun envisage les diverses questions en se placant au point de vue de son voisin; il arrivera alors qu'on découvrira sou- vent que les propositions les plus erronées en apparence sont sus- ceptibles d'une interprétation orthodoxe. Lord Halifax en donne alors un exemple, celui de l'affirmation faite dans la controverse de Gorham, par M. Goode, depuis doyen de Ripon, à savoir qu'un adulte n'est pas nécessairement dans un état de régénération spirituelle parce qu'il a été baptisé étant enfant. Cela sonne mal à coup sûr; mais si M. Goode voulait dire, comme c'est probablement le cas, qu'un adulte qui a été baptisé n'est pas né- cessairement en état de grâce et peut avoir besoin d'une complète conversion, il n'est pas de chrétien instruit en matière de foi qui ne soit prêt à acquiescer à cette assertion. Quantà laréunionavec Rome, est-elle donc aussi difficile qu'un grand nombre le pensent? L'ignoranceet les préjugés de partet d'autre, l'ab- sence de bon vouloir, sont souvent tels que certains peuvent la consi- dérer comme impossible, mais plus grands sont les malentendus, plus grand aussi l'espoir des heureux résultats que pourront amener des explications mutuelles. Ce qui est requis, c'est un état d'esprit tel que l'on soit déterminé de part et d'autre, premièrement à per- mettre la plus grande latitude vis-à-vis de toutes les questions qui ne sont pas strictement de fide, et secondement à définir exactement et soigneusement la doctrine que l'on professe sur les divers points controversés.
Lord Halifax s'est servi de deux exemples pour montrer que des
explications mutuelles ne sont pas inutiles pour dissiper les obsta-
cles qui s'opposent à la réunion.
Le premier peut être tiré de l'explication de la doctrine de l'Imma-
culée Conception de la Sainte Vierge. C'est assurément une proposi-
lion qui n'a rien d'alarmant que de supposer qu'il a plu à Dieu, en
vue des mérites de son Fils, d'étendre à sa sainte Mére, à un plus
haut degré, Ja grâce qui, d'après les paroles mêmes de l'Écriture, fut
conférée à saint Jean, puisqu'il reçut le Saint-Esprit dés le sein de:sa
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mère; on peut méme dire que cette proposition ne fait que renforcer
la doctrine de l'Église sur le péché originel, ainsi que son enseigne-
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ment contre les erreurs pélagiennes; et une Église qui a imposé frente- neuf articles contenant une série de propositions en dehors du Credo ne doit éprouver aucun serupule à donner son assentiment, dans l'inté- rét de la paix, à une proposition en faveur de laquelle il y a toujours eu une certaine tradition dans l'Église. Lord Halifax a pris ensuite comme exemple la doctrine de la trans- substantiation et du sacrifice de l'autel. Or, il n'ya pas longtemps, une affirmation de source autorisée élaitfaite dans le Za&letsur la doctrine du Sacrifice Eucharistique, affir- mation contre laquelle aucun théologien anglican, pense lord Halifax, ne pourrait formuler d'objection. De même, tout récemment, la Revue Anglo- Romains publiait trois articles du Père Puller que les théolo- giens français ont considérés comme absolument orthodoxes; or, la doctrine qui y est contenue est identique à celle qui est exposée par l'évéque de Salisbury dans sa lettre à l'Église d'Utrecht et à celle qui est renfermée dans l'ouvrage du D' Miiligan, le théo- logien presbytérien, dont tous pleurent la mort, sur l'Ascension de Notre-Seigneur et son sacerdoce céleste. Quand des théologiens tels que Puseny el Keble ont affirmé que les doctrines du Concile de Trente ne sont pas inconciliables avec nos formules, c'est à coup sûr uu devoir que d'essayer de montrer cette conformité. Que l'on objecte que le concile du Vatican a complètement changé la situation, lord Halifax ne nie pas qu'il ne se soit produit un changement, mais il reste à savoir si ce changement rend désormais toute négociation impos- sible. Presque tout ce.qui s'est produit depuis le concile du Vatican tend à prouver que les effets de ces décrets ont été considérablement exagérés de part et d'autre. Si l'infaillibilité proclamée par le con- cile n'est pas l'infaillibilité du Pape en dehors de l'Église, mais surtout l'infaillibilité: du Pape comme porte-parole de l'Église, — autrement dit, si elle n'est pas l'infaillibilité du Chef sans le concours de l'Épiscopal, mais l'infaillibilité du Chef en union avec l'Épiscopat — il est certain alors que, bien que de graves difficultés restent encore à surmonter, elles ne sont pas de nature à fermer d'avance tout espoir de faire aboutir les négociations qui seraient entamées. Lord Halifax ajoute qu'il ne croit pas que les autorités de l'Ég lise anglicane aient toujours fait preuve d'équité à cet égard, et il pense que par là elles ont quelquefois affaibli la force réelle de leur propre position. Quant à lui, il est entièrement convaincu que, si les autorités anglicanes se contentent de rester sur la défensive, la position de l'Église anglicane est inexplicable; et il n'éprouve aucun embarras à rendre justice à ce qui peut étre légitimement revendiqué par omm os M
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l'Église romaine. Il faut, avant tout, étre vrai avec soi-même et consé- quent avec ses principes. H y a toute une classe de théologiens anglicans, ainsi qu'on le fait remarquer dans la vie du D' Pusey, qui paraissent ne pouvoir comprendre que l'appel fait par l'Église d'Angleterre à l'antiquité et aux Pères doit être pris au sérieux. Ils semblent ne le considérer que comme un excellent procédé de con- troverse contre Rome; ils affirment que les idées des réformateurs sont définitives et que s'en écarter c'est étre déloyal envers l'Église d'Angleterre. Hs sont préts à reconnaitre l'autorité des Péres quand ceux-ci se trouvent être d'accord avec les réformateurs du xvr' siècle, mais ils rejettent la doctrine et les pratiques primitives quand elles ne sont pas déjà reconnues par l'Église d'Angleterre. Le D* Pusey était convaincu que ce silence de l'Église d'Angleterre sur cerlains points doit étre interprété dans ce sens qu'il nécessite un appel à l'antiquité et à l'autorité des Pères. C'est ainsi que, sur deux points, qui ence moment, paraissentassezattirer l'attention: 4la doctrine de la purification aprés la mort et, 2, l'intercession des saints, il pense que l'usage des priéres, dans le premier eas, et les invoca- tions dans le second, en tant qu'elles sont limitées à l'era pro nobis, est facile à trouver dens l'enseignement de l'Église primitive, que dés lors on ne sauraitle blámer et qu'ils'appuie sur de trés hautes autorités. S'il enest ainsi, les prières etleSaintSacrificeoffertspourles morts, ainsi que l'Invocation des saints limitée à l'ora pro nobis, sont des cou - tumes vis-à-vis desquelles le silence du Prayer Book ne saurait aueu- nement étre interprété comme une condamnation. Et, ajoute lord Halifax, nous ne saurions être accusés de manquer de loyauté à l'Église d'Angleterre parce que nous maintenons, avec le D’ Pusey, que l'appel à l'antiquité ainsi que l'usage catholique rendent ces coutumes à tout le moins admissibles. Une lousble coutume de toute l'Église du Christ ne saurait être rejetée parce que, dans certains cas, on en a abusé. Aprés avoir payé un noble tribut d'hommages à la mémoire du Dr Pusey, lord Halifax en est venu à se demander ce que doivent essayer de faire ceux qui désirent la réunion. Ce qu'il faut, c'est montrer et exprimer clairement qu'il y a en Angleterre un vif désir d'union et que, parmi les membres de l'Église anglicane, on se rend vraiment compte de l'état anormal de la chrétienté à l'heure actuelle. ll ne faut ni faire le jeu de ceux qui, pour un motif ou un autre, vherchent à décourager le mouvement actuel vers l'union, ni par contre être indifférent à la vérité, méme pour la cause de l'union. H ne faut pas non plus négliger les avantages exceptionnels que nous possédons pour arriver à la réconciliation de Ia raison et de la foi; mais, en tenant compte de ces diverses considérations, nous devons 90. REVUE ANGLO-ROMAINE
prouver combien nous sommes préts à entrer en conférences person- nelles, entreprises de part et d'autre pour se faire mieux connaître, dissiper les malentendus et faire avancer la cause de la réunion que nous avons tous à cœur. Après lalettre du cardinal Rampolla, publiée dans la Revue anglo-romaine du 1*' février, il serait impossible de douter des sentiments du Pape à cet égard : « Rien, dit le cardinal, « ne saurait égaler l'ardeur avec laquelle le Souverain Pontife, qui « gouverne aujourd'hui l'Église de Dieu, désire rétablir la paix et « l'unité dans la grande famille chrétienne, et réunir comme en un « seul faisceau toutes les forces du christianisme, pour les opposer « efficacement au torrent d'impiété et de corruption qui déborde « aujourd'hui de toute part. Certainement, Sa Sainteté n'épargnerait « ni travail, ni sollicitude, ni effort pour aplanir le chemin, pour « apporter, où cela serait nécessaire, la lumière, etfortifier les volon- « tés qui, tout en aimant le bien qu'elles connaissent, ne sauraient « pàs encore se résoudre à l'embrasser. » Et qui donc pourrait encore en douter aprés les paroles que pro- noncait le Pape lui-même, pas plus tard que le 3 du présent mois : « Confiant dans ces douces prémices, Nous Nous sentons porté à « promouvoir de mieux en mieux de plus vastes desseins, en faveur « des autres familles chrétiennes malheureusement séparées, En quel- « ques régions qu'elles soient, Orient ou Occident, Notre pensée et « Notre cœur s'épanchent vers elles dans une sainte vision de paix. x, C'est le Christ Rédempteur, auquel sont bien connus les temps et « les moments les plus propres aux œuvres de salut pour l'humanité, « qui augmente Notre ardeur : Caritas Christi urget nos. C'est lui, le « bon Pasteur, ePrince des Pasteurs, que nous désirons ardemment « imiter en Nous efforcant chaque jour davantage de réaliser le tes- « tament de son amour envers les croyants. « Quant à Nous, cesn'est pas peu de.chose d'avoir pu, avec amour, « faire revivre et grandir le germe de la concorde désirée..... « Ah! daigne le Pére céleste, dans sa clémence infinie, comme « Nous l'en supplions du fond du cœur, permettre que rien ne trouble « ou n'entrave l’œuvre sainte que Nous poursuivons, c'est-à-dire la « pacifique propagation de sa royauté sur la terre ! » Lord Halifax a ajouté en terminant : « Les membres de l'Église d'Angleterre et ceux qui la gouvernent ne seront-ils pas inspirés par de telles paroles sortant de la bouche d'un homme si prés d'entrer dans un autre monde ? Et en revendiquant leur part dans les béné- dictions promises aux pacifiques, ne permettront-ils pas à Léon XIII de voir avant son départ d'ici-bas quelques fruits de ses ardentes priéres et de ses efforts persévérants pour la réalisation de la paix de l'Église et la prospérité du Royaume de Dieu sur laterre ? »