DICTIONNAIRE DE
SPIRITUALITÉ ASCÉTIQUE ET MYSTIQUE DOCTRINE ET HISTOIRE FONDÉ PAR M. VILLER, F. CAVALLERA, J. DE GUIBERT, S.J.
CONTINUÉ PAR ANDRÉ RAYEZ ET CHARLES BAUMGARTNER, S.J. PROFESSEURS A LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE CHANTILLY ASSISTÉS DE M. OLPHE — GALLIARD, S. J. AVEC LE CONCOURS D'UN GRAND NOMBRE D E C O L L A B O R A T E U R S
TOME IV
PRÉMIÈRE PARTIE
Eadmer _ Escobar
BEAUCHESNE
PARIS
1960
879 ÉPIPHANIE — ÉPISCOPAT 880 359-364; Sermon pour le 2° dim. après l'Épiphan ie, 1. Nouveau Tesramenr t. 8, p. 296-411. | 19 Enseignement de P. Guéranger, L'année liturgique, t. 3 {Noël, saint Pau t. 2}, l, — C'est essen- Le Mans-Paris, 1847, p. 133-275. — C. Marmio tiellement aux épttres pastorales n, Le qu'il faut avoir Christ dans ses mystères, ch. 7 et 46, Maredsous, recours : ROUS y trouvons mentionnés à plusieurs repris 1919. es — L Schuster, Liber sacramentorum épiscopes et presbytres avec des : hole storiche € recommandations spé- liturgiche sul Messale Romano, 9 vot,, ciales à leur état, Il est pratiq Turin, 1949-4929; uement impossible de trad. franç. Liber sacramentorum. Notes distinguer dans les éptires Pasto historiques et rales deux degrés liturgiques sur le Missel romain, distincts du sacerdoce, mais t. 2, Bruxelles, 1929, la tradition catholique P. 223-286. — Aem. Loehr, Das Herren a toujours va dans Timothée et Tite jahr. Myster ium d’authentiques Christi im Jahreskreis der Kirche, 5e évêques; cette indication suffit éd., Ratisbonne, pour notre but. À ces 1951; trad. d’après la 4€ éd. : L'anné deux correspondants Paul dessin e du Seigneur, t, 1, e les grandes lignes Bruges, 1946, p. 185-159. d’une spiritualité spéciale décou lant de leur charge, spiritualité qui se présente comm e une exigence décou- 8. Textes liturgiques. — Previarium gothieum, lant d’un charisme reçu par une PL 86° imposition des mains : 170-185. — Oracional visigotico, 64, D. 3. Vives, coll. Monu- + Ne néglige pas le don spiritu menta Hispaniae sacra, Barcelone, el qui est en toi, qui t'a été 4946, Orationes in die conféré par une intervention proph apparitionis Dominé, p. 129-140, — E. étique accompagnée de Merconier et F, Paris, l'imposition des mains du collège des Le prière des Églises de rite byzantin, t. 2, 12 p., 25 éd, Amay- presbytres. Prends cela Chevetogne, 4953, P. 238-310, — À, 3. à cœur, Sois-y tout entier, afin que MacLeon, The East tes Progrès soient mani- Syrian or Nestorian Rite: The Evening, Night festes à tous » (1 Tim. 4, 44; cf 4, 48). « Je and Morning t'invite à ravivor lo don que Dieu à déposé sn toi par Vimpo Services with the Propria of the Léturgy, as said sition de mes mains x on the Epiphang, {2 Tim. 4, 6). Le charisme reçu Jrom the Gaza of ihe Library of the Propaga impose des devoirs, it ne doit nda Fide in Rome pas être négligé, mais être consta dans F. G Conybeare, Rütuale Armencrum, mment ravivé par l'effort Oxford, 1905, de l'évêque vers un authentique Progrè P. 298-488, — Liber mosarabious sacrame nterum, ©. 86-94, s qui Je « fortifle dans éd, M. Férotin, Paris, 4919, -— Missale gothicu la grâce du Christ Jésus » {2, 1}, m, éd, H, Ban. nister, Londres, 1917, p. 20-29, — Missel de Bobbio, PL LA De cotte spiritualité saint Paul a 490-492, tracé les lignes essentielles : À. Travaux. — L, Duchesne, Origines du 1} L'évéque chef de la maison de culte chrétien, Dieu. — Au centre Paris, 1889; 5e ëd., Paris, 4995, p. 271-28 1. — H. Leclorcq, de la spiritualité épiscopale, fl y a art. Baptème de Jésus, DACL, {. 2, l'Église, qui est une 4949, col, 846-880; Cana, maison de Dieu {4 Tim, 8, 45} : col. 1802-1819; Épiphanie, t. 5, 4922, col. c’est pour qu'il sache 497-204 {consulter la comment s'y comporter que bibliographie], — O, Gasel, Die Epipha Paul écrit ses conseils à nie im Lichte der Timothéo, car celui-ci est dans Religionsgeschichte, dans Benediktinisch l'Église comme un a Monatsschrift, t. 4, 1922, p. 30-204. — F, Pfister, ÆEpiphanie, Père à la tête de sa maison {3, 4-5}, ou dans Pauiy-Wissowa, comme un énten- Real-Encyclopädie der classischen Altertum dant de Dieu {Tite 4, 7: ef 4 Cor. swissenschait, suppl. 4, 1). Or, ainsi que t. 4, 1924, col. 277-823. — P, Hendrix, £a fête de l'Épiphanie, Fa montré C. Spicq {L'origine évang élique des vertus dans Congrès d'histoire du christianisme (Jubiié épiscopales selon saint Paul, ans Revue d'Alfred Loisy}, biblique, t, 53, 4. 2, Paris-Amsterdam, 4928, p. 213-29 4946, p. 86-46), H semble bien 8. — BP, Botte, Les origines de la Noël et de PÉpiphanie, que cette conception Louvain, 1982, — du rôle de Pévèque, sur le modèle de l’infend J. Leclercq, L'Épiphanie fête du sacre, ant fidèle et VB, t. 74, 41946, p. 6-17; avisé de Lue 12, 42-48, soit fondamenta Aux origines du cycle de Noël, dans Ephemerides liturgicae, le dans la pensée L 60, 4946, p. 7-26, ... O. Cullmann, Weihna de saint Paul, lorsqu'il énumère les vertus chten in der aten requises du Kirche, Bâle, 1947; trad. Noël dans PÉglise candidat à l'épiscopat, surtout dans ancienne, col. les deux passages Cahiers théologiques de l'actualité protestante 25, Neuchâtel, parallèles : 4 Tim. 8, 2-7; Tite 4, 6-9. Comm e l'intendant. 1949; Les sacrements dans l'évang Chärgé de distribuer la nourriture À ile johannique, Paris, 1951, toute la maison, P. 29-40, — HE, Flicoteaux, Fêtes Pévêque prendra soin de l'Église de Dieu; de gloire: Avent, Noël, Épi. à l'encontre Phanie, Paris, 1951, — C, Mohrmann, du mauvais serviteur qui s’enivre et bat Epiphe nie, dans Revue des seiences Philosophiques et théolog serviteurs et ser- iques, t. 87, 1953, p. 644. vantes, il ne sera ni buvour, ni 670, — H, Rahner, Mythes grecs brutal, ni porté à la et mystère chrétien, Paris, colère, mais conciliant, hospitalier; 496%, p. 150-161, — Pax, ‘Eripéveu. Æin réligionsge- puisqu'il n'est schichlicher Beitrag surbiblischen qu'un intendent de Dieu, H ne cherchera pas Theologie, Munich, 4955, — son intérêt, J.-Lécuyer, La Jéte du baptême du Christ, mais sera désintéressé, détaché de l'argen VE, t. 9%, 4956, p. 84. t, conscient 4%. — B, Rigaux, Épitre aux que les biens qu’il dispense ne lui Thessaloniciens, coll. Études appartiennent pas bibliques, Paris, 1956, P: 196-204 et qu’il n'a pas à s’en glorifier (ph ab0éSne, : nopouoix, émpdvec Tite 4, 7), ME. Boïsmard, Du baptéme à Cuna, En bref, selon le mot de Paul aux presby coll. Lectio divina 48, tres d'Éphèse Paris, 1956, — 7, Lemarié, La manife (Actes 20, 28), les évêques doivent être les station du Seigneur, La liturgie de Noël et de l’Épiphanie, pasteurs de coll, Lex orandi 28, l'Église qui leur a été confiée par le Saint- Paris, 4957, p. 299.494, — 3, Daniélou, Esprit. Théolégie du judéo- christéanieme, Histoire des doctrines 2} Le docteur, — Plus que tout autre, chrétiennes Grant Nicée, le devoir Tournai-Paris, 1958, P. 237-255. — d'enseigner est mis au premier plan dans J, Gaillard, art. Eau, les obligations DS, t &, col. 8-29, de Timothée et de Tite; on doit même remarq uer que Joseph Lemanré, c'est surtout sur l'intégrité et la conser vation de la doctrine que l'Apôtre insiste (4 Tim. 4,8 svv ÉPISCOPAT. — I] ne saurait être doute et passim); ux qu'on cela s'explique par la présence des hérétiq puisse parler d’une spiritualité propre de ues dans l'épiscopat, lPÉglise, mais c'est une exigence essentielle de puisqu'il s’agit d'un état particulier de vie dans FÉglise, l'épis- copat : l'évêque doit garder intégralement On têchora d’inventorier les sources le dépôt d'une telle spiri- reçu (1 Tim. 6, 20; 2 Tim. 1, 19-44; 9, tualité avant d’en présenter synth 44); il sera un étiquement les grandes « fidèle dispensateur de la parole.de vérité lignes. — 1. Nouveau Testament, — » (2 Tim. 2, 2. Tradition patris- 15), évitant ce que Paul nomme les « bavardages tique. — 3. Moyen âge et période moder impies » ne, — 4, Conciu- (4 Tim. 6, 20), pour demeurer parfaitement sion : spiritualité épiscopale. fidèle à l'enseignement de la tradition et de l'Écriture : 881 . DANS LE NOUVEAU TESTAMENT 882
« Pour toi, tiens-toi à ce que tu as appris ob dont tu ss l'Évangile, soutenu par la force de Dieu {2 Tim. 1, 8)... Prends
acquis la certitude. Tu sais de quels maîtres tu le tions; et ta part de souffrances en bon soldat du Christ Jésus. Souviens-
c'est depuis ton plus jeune âge que tu connais les saintes toi de Jésus-Christ, ressuscité d'entre les morts, issu de la
Lettres. Elles sont à même de te procurer la sagesse qui conduit race de David, selon mon Évengile. Pour lui je souffre jusqu’à
au salut par la foi dans le Christ Jésus. Toute Écriture est porter des chaînes comme un malfaiteur, Mais la parole de
inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, Dieu n'est pas enchaînée. C’est pourquoi j'endure tout pour
former à la justice : ainsi, Phomme de Diou se trouve-t-il les élus, afin qu'eux aussi obtiennent le salut qui est dans le
accompli, équipé pour toute œuvre bonne » {2 Tim, 3, 44-17}. Christ Jésus, avec la gloire éternelle » (2, 3 st 8-10).
Ces derniers mots, en affirmant la fécondité des souffrances
L'objet de cet enseignement peut s'exprimer d'un de lApôtre pour les hommes qu'il veut sauver, indiquent
Ë mot : C’est le mystère de la foi ou le mystère de la piété aussi à l'évêque le sons de ses épreuves ot de ses souffrances (4 Tüm. 8, 9 et 16), c'est-à-dire le plan universel de avec le Christ : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous salut conçu de toute éternité par la Sagesse divine et vivrons » {11}; le modèle demeure le Seigneur et ca passion ee
qui se résume dans le Christ {cf D. Deden, Le « Mys- rédemptrice; c'est lui « qui a détruit la mort » {1, 40} et qui
donne à Pévêque la confiance inébranlable dont il a besoin :
tère » paulinien, dans Ephemerides theologicae lovanien-
« Cest à cause de cela que je connais cette nouvelle épreuve,
ses, t. 19, 1936, p. 405-442) : comme les apôtres, les
mais je n'en rougis pas, car je sais en qui j'ai mis ma con-
évêques ne sont que les « intendants des mystères de flance » {12}.
Dieu » (1 Cor. 4, 4). On entrevoit dès lors que leur
prédication ne saurait se limiter aux horizons étroits 5} Patience, mansuétude, bienveillance, hospitalité. —
de leur troupeau : au sein même de la communauté On remarquera l'accent mis par les épîtres pastorales
dont ils sont les chefs, ils entretiendront le souci du sur les vertus de patience {ôronovh : # Tim. 6,41;
salut de tous; cette préoccupation catholique et mis- Tüe 2, 2; 2 Tim. 3, 10}, de mansuétude (rpxbrnc:
sionnaire est mise par l’Apôtre au premier rang des 2 Tim. 2, 25; Tite 3, 2; noubnoabla : 4 Tim. 6, 11), de
devoirs de l'évêque : bienveillance (Emeuñce : 4 Tim. 8,8; Tite 3, 2), d'hos-
« Je recommande donc, avane tout, qu'on fasse des demandes, pitalité (oikéEeves : 4 Tim, 8, 2: Tite 4, 8); vertus
des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous qui conviennent sans doute à tout chrétien, mais
es hommes, pour les rois at tous les dépositaires de l'autorité, s'imposent doublement à celui qui a la charge de la
afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en maison de Dieu; on sait combien saint Paul met en
toute piété et dignité. Voilà ce qui est bon et agréable aux lumière la bénignité, la patience, la miséricorde de
yeux de Dieu notre Sauveur qui vout que tous les hommes Dieu {Rom 2, 4; Éph. 2, 7; Tite 3, 4, etc}, et l’épitre
évient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité »
aux Hébreux place au prernier rang des qualités d’un
di Tim, 2, 1-4).
grand prêtre la compassion ou la condescendance
(6, 44; 5, 2}.
8) La piété. -— On remarquera combien souvent la
fonction d'enseignement de l'évêque est mise en rela- Depuis la découverte des manuscrits du désert de Juda,
tion avec la piété, eboéfleux : ce qu'il doit précher, on à souvent rapproché des conseils de Paul à Tite et à Timo-
comme l’Apôtre, c'est « une doctrine conforme à la £hée les prescriptions faites par le Document de Damas an sur«
veillant (mebhagger, qui peut être traduit par dpiscope) essé-
piété » (1 Têm. 6, 5), la « vérité ordonnée à Ja piété »
nien : « Voici la règle pour le Surveillant du camp : qu'il
(Tite 1, 1), le « mystère de la piété » {4 Tim. 3, 46}.
apprenne aux Grands les œuvres de Dieu: qu’il les instruise
On comprend ainsi que saint Paul insiste tant sur dans les merveilles de Sa puissance; qu’il leur raconte les
la piété de son disciple : non seulement il énumère événements de jadis dans leurs détails. Qu’il les aime comme
cette vertu parmi toutes les autres qui sont nécessaires un père ses fs et qu'il porte toute leur détresse comme fait
à l'homme de Dieu : justice, piété, foi, charité, patience, un pasteur pour son troupeau; il déliera tous les nœuds de
douceur (4 Tèm. 6, 41; cf Tite 2, 12-438}; mais elle fait leurs Hiens de façon qu'il n’y ait pas d’opprimé et d’écrasé
dans sa congrégation » {xu, 7.40: tr. @, Vermès, Les manus
l'objet d'une recommandation toute particulière :
crète du désert de Juda, Tournai, 4959, p. 180). I] n’est pas
« Excrce-toi à la piété. Les exercices corporels, eux,
impossible que saint Paul, le converti de Damas, ait emprunté
ne servent pas à grand’chose : Ia piété au contraire
aux esséniens quelques troits de sa description de l’évêque;
est utile à tout, car elle a les promesses de la vie, de la toutefois l'atmosphère est autre, car le modèle de toutes les
vis présente comme de la vie future. Elle est sûre cette vertus épiscopales est le Christ, depuis «Lo jour où apparurent
parole, et absolument digne de foi » {4 Tim. 4, 7-9). la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes »
Texte remarquable, car il contient en germe tout ce {Tite 8, 4).
que ia tradition de l'Église enseigner sur les exercices
6} I faut mentionner une dernière recommandation
de piété des évêques et des prêtres : comme le pugilat
{4 Cor, 9, 26), la lutte (Éph. 6, 12) ou-la course {4 Cor. 9, de Paul aux évêques : ils doivent être les modèles de
2h; Gal, 5, 7; Phil, 8, 12-44) requièrent de ceux qui leurs chrétiens (1 Tim. 4, 42; Tite 2, 7). 11 est remarqua-
s'y adonnent un entraînement proportionné, ainsi blé que cette prescription soït Hée, dans la pensée de
en est-il de 1a piété. D'ailleurs c'est fréquemment que lApôtre, à la nécessité de jouir de l'estime générale
Paul compare la vie de l’évêque À un combat {4 Tôm. 1, pour la fécondité du ministère pastoral : « Que personne
48; 6, 42; 2 Tim. 2, $ svv) : pour en sortir vainqueur, ne méprise ton jeune âge » {4 T'ün. 4, 42). « Que personne
il faut accepter de peiner et de s'exercer à la lutte. ne te méprise » (Tite 2, 45}. Ce n'est pas seulement par
Voir F, Tillmann, Ueber « Frômmigkeit » in den Pasto- la parole que l’évêque enseigne, c’est par toute sa vie :
ralbriefen des Apostels Paulus, dans Pastor Bonus, « Que tes progrès soient manifestes à tous. Veille sur
t. 58, 1942, p. 129-196, 161-165. 1a personne et sur ton enseignement: persévère en ces
dispositions, Agissant ainsi, tu te sauveras, toi ot ceux
&) Les souffrances de l'évêque. — La vie de l'évêque, qui t'écoutent » [1 Tim. 4, 15-46},
comme celle de l’Apôtre, comporte donc une grande
part de souffrances, ainsi que Paul en avertit Timothée :
J.-M. Ginoulhiac, Les Épîtres Pastorales ou réflexions dog-
matiques ei morales sur les Épiîtres de saint Paul à Timothée
< Ne rougis pas du témoignage à rendre à Notre-Seigneur, et à Tite, Paris, 4866. — A-F. Mounoury, Commentaire sur
ni de moi son prisonnier, mais souffre plutôt avec moi pour les Épitres de saint Paul, L, 3, Paris, 4882. — H. Molitor, Die
883 ÉPISCOPAT Pastoralbriefe, coll. Herders 884 Bibel-Kommentar, Fribourg-e Brisgau, 1937. — A, Char n. sionnaires itinérants ue, Les directives Pasiorales de saint Paul : « Tu feras une bonne à Timothée et à Tite, Pourvoyant action en dans Collationes namu rcenses, À, 34, à: leur Voyage d’une 4940, p. 1-12. — C. digne do manière Spicq, L'origine évangéliq Dieu. Cest pour le Nom épiscopales selon saint ue des vertus qu'ils se sont mis en Paul, dans Revue bibliq route, ue, t, 53, 4946, P- 86-46; Les Épiîtres pastorale s, coll. Études bibliques 4947; Spiritualité sace , Paris, rdotaie d'après saint divina 4, Paris, Paul, coll. Lectio pour la vérité » {v, 1949. — J. Coïson, 6-8}. Soulignons enfi Les fonctions ecclésiaie n le reproche aux deux premiers siècl s fait à Diotréphés d'êt es, Paris, 4956, p. 156. re Ponpureboy c’est un chef : 162, qui aims à montrer son &utorité, au lieu 2 Autres écrits du dérer comme le serv de se consi- nouveau Testament, — iteur du troupeau (v. En dehors des épitres de 9), saint Paui et d'Actes 20, J. Chaîne, Les Épiires catholiques, coll, Études {qui rapporte un disc 28 bibliques, ours du même apôtre), Paris, 4959, p. 256-257, le mot -_ G. Thils, L'enseig d’épiscope ne revient qu'u saint Pierre, nement de ne seule fois dans le nou Paris, 4948, P. 144-422 veau __R. Schnackenburg, Testament, en 4 Pierre Der Streit nvischen dem 2, 25, où il est appliqué Verfasser von 8 Joh. und Diotrephes, Christ. au und seine sérfassungsge Plusieurs Passages cependa schichtiiche Bedeutung, nt mériten t d'être fheologische Zeits dans Munchener considérés, car ils cont chrift, t 4, 4958, p. 18-26. iennent un enseignemen t valable fonctions ecelésioles., p. — J, Colson, Les Pour tous ceux qui détienn 188.440. ent une autorité dans lise, l'Ég Dans la première éptitre 2. Traprrion PATRIST de saint Pierre la dou IQUE appellation de pasteur ble et d'épiscope pour désig Réunir tout ce que le trad le Christ est déjà très ner ition patristique a ense significative : non seuleme sur lépiscopat serait igné ces nt sortir des perspective fonctions de pasteur article qui voudrait se s de cet et d'épiscope sont rappro- limiter à la spiritualité chées (déjà en Actes 20, épiscopal. Bornons-nous de l'ordre 28}, mais leur attribution à au Christ quelques textes, oriente toute spiritualité épiscopale une imitation du bon vers 1° Les Pères aposto Pasteur {ef Jean 40}; liques. ... On pou comme le rrait glaner dit la même épître, c'est dans la 1e épitre de sain le Christ Gui est le « chef t Clément de Rome, T pasteurs » (5, 4; cf Héb des 101, des indications vers r. 13, 20} et récompe nsera ceux Pour une spiritualité qui auront été fidèles les chapitres 40 à 44 épiscopale; à ses directives pastoral mettent en lumière le es et à caractère son exem ple. Le contexte donn sacerdotal de l'évêque et les chapitr e de précieux conseils es suivants son &ux anciens; il faut ente rôle de centre de l'unité, ndre par là tous les déte Mais c’est surtout aux d’une autorité dans PÉg nteurs de saint Ignace d’Antioc Lettres lise, et en tout Premier ke, Ÿ vers 110, qu'il con les évêques : lou de s'arrêter, vient. Ignace, passionné d'unité, l'évêque celui qui la repr voit dans «Les anciens qui sont Parm ésente et la garantit : il i nous, je les exhorte, moi, repré ancien sente, en fait, comme eux, témoin des souffrances &u l'Évêque invisible Christ, et qui dois (aux Magnésiens participer à la gloire 38, 1-2}, et il est au qui va être révélée, Paiss ez le troupeau milieu du collège des de Dieu qui vous est comme Jésus-Christ preshytres confié, le surveillant, Érion ou Dieu le Père lui-m 20R par contrainte, omobvree, ême (Magn. mais de bon gré, selon 6, 1; aux Trailiens 2, 2-2; un gain sordide, mais avec Dien:; non pour 8, 4). Il est remarqu l'élan du cœur; non pas que, pour Ignace, l'évê able les seigneurs à l'égard de en faisant que rend sensible ceux qui vous sont échus cette unité, en Partage, qui est avant tout spir mais en devenant les mod ituelle : FPunion doit être èles du troupeau » {4 Pierr e 5, 4-8}. < charnelie st spirituelle à la fois » (Magn, 43, 2); c'est « charnel et spirituel l'évêque, En plus du devoir de l'exe » {à Polycarpe 2, 2) qui mple, déjà affirmé par en est le saint Paul, nous avon centre et le garant. La lettre à s là une véritable esquisse d’une Polycarpe est un table petit traité de véri. théologie de l'autorité dans spiritualité PÉglise : on ne peut s'em épiscopale; « solli- pêcher de penser aux . citude de chair et d'esprit prescriptions du Seigneu », souci de « l'union au-dessu Cours de r au de laquelle it n’y a rien s la dernière cène : « de meilleur » (4, 2}, pati Les rois des païens ence Commandent et ceux leur envers tous, prière pour acqu qui exercent Pautorit érir la sagesse, imitatio é sur eux de la condescendance de n se font appeler bienfaite Dieu envers tous (1, 3 urs, Pour vous, il n'en svv), ainsi; au contraire, que va pas fermeté contre les héré le plus grand parm tiques (3, 4-2), tels son i vous se t les grands comporte comme le traits qui se dégagent des plus jeun e, et celui qui comman conseils donnés à Polycarp de Les Lett e. Comme celui qui sert » res d'Ignace Pourraient don {Luc 22, 24-26; art. Drae cf ner l'impression que conar, DS, t. 3, col. l'évêque doit limiter son 810-811}. L'évéque, horizon à Péglise locale don Ceux qui détiennent comme tous est le chof; t il quelque autorité dan impression fausse, comme s l'Église, le montre l'exemple doit se rappeler qu'il n’est qu'u d'Ignace écrivant à d'autros n infendant, olxevésios, églises et à un évêque, De un sérviteur : « Pra plus, presque toutes les lettr tiquez Phospitalité es se terminent par une invi les autr Jos uns envers tation à la - es, sans Mmurmurer, Chacun’ selo prière pour l'Église de Syr ie, n la grâce à peu près dans les reçue, mettez-vou mêmes fermes que celle s au service les uns des qui termine la lettre res, comme &uüt Rom aux de bons intendants d’un e multiple grâce de Dieu ains «Souvenez-vous dans votr » e prière de l'Église de (1 Pierre 4, 9.10), Syrie, qui, en ma place, a Dieu Pour pasteur, Seul Jésu On pout, sans doute, voir Christ sera son évêque, s. dans la troisième épitre et votre charité » {aux Rom ains de saint Jean, l'applicat 9, 1j. Nous savons enfi n que les églises se prét ion de ces Principes à aien église particulière, L'ap une une aide réciproque t ôtre ÿ fait de graves repr dans les périodes d'ép oches (aux reuves à Diotréphés, qui semble Phüladelphiens 10, 4-2; être le chef de l'église loca aux Smyrniotes 11, 2-3; et ne reçoit pas les préd le aux Romains 9, 3; éd. et icateurs itinérants : ce trad. P.-Th. Camelot, coll. au devoir de l'hospit manque Sources chrétiennes, 2e éd, alité est sévèrement condamné, Paris, 1951; cf DS, art. Jean ne se contente GLIS E, À, 4, col. 402-406). pas de cette condam rappelle que l’église nation: il locale (done en prem Dans le Pasteur d'Hermas, ier lieu son il est question des « épiscopes », chef) ne doit pas limiter son ais ce terme paraît être horizon à ses intérêts Synonyme de « presbytres » (Simi- locaux et doit aider de lütudes 1x, 27, 2; Visions son mieux l'apostolat 1, 4, 2; xt, 9, 7). Leur rôle des mis- est affirmé (Sim. 1x, 84, 4}. Sens liturgique qu'on puisse bien distinguer TRÂDITION PATRISTIQUE 886 s'il y a parmi eux un évêque au sens actuel du mot, il semble 4833, p. 170-480. — G. Bardy, La théologie de l'Église de saint qu'on puisse considérer comme adressées à tous les membres Clément de Rome à saint Irénée, coll. Unam Sanctam 18, Paris, de la hiérarchie les recommandations de l’auteur : ils doivent 4945, p. 204-246. — J. Colson, Les fonctions ecclésiales.. être avant tout hospitaliers, accueillant joyeusement sous {S. Ignace d’Antioche: &. Irénée}, p. 275-682. — DS, art. leur toit les ‘serviteurs de Dieu, protecteurs des indigents Écrire, t. 4, col, 408-407. et des pauvres, et ils doivent mener une vis sainte {27, 4-2}; ils auront à rendre compte de leur gestion au « Maître du trou- 3°’ Hippolyte de Rome + 235. — Ge qui donne peau » (31, 4-6; éd. et trad. A. Lelong, coll, Hemmer-Lejay, au témoignage d’Hippolyte une très grande importance, Paris, 1912). c'est qu'il est l’auteur de la Tradition apostolique, qui nous à conservé le premier rituel de consécration épis- 2° Au 2° siècle: saint Irénée + vers 202. — copale, rituel dont presque toutes les Hturgies orientales Au cours du 2e siècle les relations entre évêques sont s'inspirent jusqu’à nos jours. En outre, d’autres élé- fréquentes : Denys de Corinthe {DS, t. 8, col. 449-480} ments sont épars dans l’œuvre d'Hippolyte. écrit à de nombreuses communautés chrétiennes et en reçoit des réponses (Eusèbe, Histoire ecclésiasti- 4) Tous les rois et prêtres de l'ancien Testament que 1V, 23, 1-8; PL 20, 884-389; éd. et trad. G. Bardy, étaient les figures prophétiques du roi et prêtre partait coll. Sources chrétiennes, t. 4, Paris, 1952, qui est le Christ {Commentaire sur Daniel 1v, 30; éd. p. 202- 206}; lors de la controverse pascale, vers la fin du siècle, N. Bonwetsch, GCS 14, 4897, p. 226; éd. et trad. M. Lefé- beaucoup d'évêques écrivent au pape Victor pour le vre, coll. Sources chrétiennes, Paris, 4947, p. 824-827); supplier d’avoir « souci de la paix, de l'union avec cette double dignité de chef et de grand prêtre se le prochain, de la charité ». Irénée de Lyon « s'entre- retrouve maintenant dans l'évêque : la prière de const- tenait par lettres non seulement avec Victor, mais cration demande à Diou de lui conférer « la force de encore avec un très grand nombre de différents chefs l'esprit de souveraineté » que le Christ à reçu et commu- d'églises » (v, 26, 10 et 18; PL 20, 497b et &08ab; Bardy, niqué À ses apôtres: cet esprit où pneuma est aussi 4 2, 1955, p. 69 et 74). « l'esprit du souverain sacerdoce » : il faut ÿ voir une En dehors de ce témoignage d’intérét pour l'Église grâce spéciale de l'Esprit Saint habilitant l'évêque à universelle, au delà des frontières d’un diocèse parti- son double rôle de chef et de grand prôtre (La tradition culier, les œuvres d'/rénée contiennent quantité d'élé. apostolique 3, éd. et trad. B. Botte, coll, Sources chré- ments importants pour une spiritualité de l'épiscopat, tiennes, Paris, 4946, p. 27-28). Chez lui, nous trouvons explicitement formulé pour 2) « Successeurs des apôtres, participant à la même la première fois l'enseignement déjà implicitement grâce du souverain sacerdoce et du magistère » (Een. conteou dans les épîtres pastorales et dans la Lettre chos 1, prologue, éd. P. Wendiand, GCS 3, 1916, p. 3), de saint Clément de Rome : les évêques sont les « succes- les évêques doivent accomplir tous les devoirs qui seurs des apôtres x (Adversus haereses 1v, 26, 2, PG 7, correspondent à cette grâce et à cette charge : paître 4058c); il ne faut pas entendre cette succession d’une le troupeau de Dieu, exercer sans reproche le souverain continuité purement matérielle qui permettrait d’éta- sacerdoce en servant Dieu nuit et jour, et en offrant les blir dés listes d’évêques se succédant sur un même siège dons de l'Église; remettre les péchés; distribuer les depuis les apôtres: cela, sans doute, n'est pas sans ordres des cleres (La tradition, 8, Botte, p. 29). importance, et Lrénéo dresse comme exemple la liste 8} Les qualités requises de lévêque seront done des évêques de Rome ur, 8, 2-4, 848-855; éd. et trad. nombreuses : douceur et pureté de cœur, attachement F. Bagnard, coll. Sourcés chrétiennes, Paris, 1952, à la « tradition qui convient aux églises » (ibidem 1, p. 102-115). Mais la succession comporte un autre élé- prologue, p. 25-26), soin des malades (30, p. 65-66), mént essentiel : la transmission aux évêques d'un Les deux derniers chapitres de l'Épêtre à Diognôte, « charisme certain de vérité », qui découle de la grâce qui seraient la conclusion des Philosophoumena, insistent de la « connaissance parfaite » reçue par les apôtres à nouveau sur le devoir de évêque de bien connaître au jour de la Pentecôte {rv, 26,2, PG 7, 40830; nr, 4, 4, et de prêcher la parole de Dieu. 844b, Sagnard, p. 94-95) : don de P'Esprit Saint, de ce M. Kuppens, Notes dogmatiques eur l'épiscopat, dans Revue même Ésprit qui est descendu sur Jésus au début de ecclésiastique de Liège, t. 86, 4948, p. 355-367; t. 57, 1950, sa vie publique et qui donne aux évêques de continuer p. 9-26, 80-98, — Hi, Morrou, 4 Diogndte, éd. et trad., coll, la même mission que le Christ a confiée aux apôtres Sources chrétiennes, Paris, 4954, p. 232 svy : opposé à l’attré. {J. Lécuyer, Mystère de la Pentecite et apostolicité de bution des doux derniers chapitres à Hippolyte; cf DS, t 3, la mission de l'Église, dans Études sur le sacrement de col. 993-998, — J. Lécuyer, Épiscopat et presbytérat dans les l'ordre, coll. Lex orandi 22, Paris, 1957, p. 468-470) écrits 'Hippolyte de Rome, dans Recherches de avience reli- Garants de Porthodoxie, les évêques sont aussi les chofs gieuse, t. 41, 1553, p. 80-44. — 3, Colson, Les fonctions ecclé- du peuple chrétien, À tel point que certains d’entre eux siales...., p. 288-816, — B. Botte, L'ordre d’après les prières d'ordinetion, dans Études sur le sacrement de l'ordre, p. 19-16. peuvent avoir la tentation de e’enorgueillir de leur dignité : « Contumeliis agunt reliquos et principalis 4 Lesalexandrine du 3e siècle, Origène } vers concessionis tumore elati sunt »; à ceux-ci Irénée rap- 253285. — La pensée de Clément d'Alexandrie + 2114 /6 pelle lea sévères reproches de Daniel aux deux vieillards sur la hiérarchie ecclésiastique ne manque pas d’obscu- qui abusaient de leur autorité (Dan. 43, 52-53) et la rités. Cependant un passage du Quis dives salvetur vaut. condamnation du mauvais serviteur de la parabole d’être rappelé. Clément y rapporte un récit de la vie de (Mt. 24, 48-51); en revanche, il présente aux évêques saint Jean, visitant une église voisine d'Éphèse et les magnifiques exemples de Moïse, de Samuel ef de montrant par son exemple à l'évêque du lieu sa respon- saint Paul; en suivant les traces de ces derniers, üls sabilité pastorale : comme le bon Pasteur il doit tout seront les « fidèles intendants du Christ » {iv, 26, 3-5, faire pour ramener au bercail la brebis perdue (Quis 1054-1056). dives salvetur 42, PG 9, 648-652; éd, O. Stählin, D. van den Eynde, Les normes de l'enseignement chrétien GCS 3, 1909, p. 187-194). dans la littérature patristique des trois premiers siècles, Paris, En revanche, l'enseignement d’Origène sur l’épisco- 887 ÉPISCOPAT 888 pat, bien qu’épars en ses écrits, mérite une attention Matthaeum comment. x11, 44, loco cùt., p. 96-100; De oratione particulière. Si l’évêque est le chef qui préside à Péglise 28, 8-16, éd. P. Koetschau, GCS 2, 1899, p. 379-881). Il ne (Zn Leviticum kom. v, 4; xu, 8, etc: éd. W. A. Bachren semble pas cependant que telle soit sa véritable s, pensée; mais, GCS 6, 1920, p. 342, 460, etc}, il se souviendra que cette comme Clément, H a estte profonde convictio n que la réalité, présidence est essentiellement un service : au sens fort, de l’Église est invisible, et donc que la véritable hiérarchie est celle de ie sainteté, Le prince, — il faut, je pense, appeler de ce nom celui qui Après Origène, il faut encore mentionner Denys d'Alexand dans l’Église reçoit le nom d'évêque —, te prince rie, doit être malgré le rareté des écrits conservés; par son exemple le serviteur de tous par son humilité, afin de surtout, rendre service Denys exhorte les pasteurs à imiter la miséricor à tous dans les choses qui ont trait au salut, Tel de du bon sst le commen Pasteur envers les pécheure {letire 7, &d. C.L. dement que nous donne le Verbe de Dieu, Et ROUS, Feltoe, The SANS Come Letters and other remaine of Dionysius of Alexandria, Cam- prendre sa volonté manifestée par l'enseignement de Jésus bridge, 4904, p. 63-64, ete; ef DB, t. 3, col. 249-244). ou par mépris des commandements du Sauveur , .nons nous conduisons de telle sorte que parfois nous surpasso À. von Harnack, Der kérchengeschichtliche Ertrag der exege- ns en orgueil tischen Arbeiten des Origenee, TU 42, 3, 1918. — les mauvais princes des païens.. Nous sommes terribles, H. Urs von inabordables, surtout pour les pauvres. Quand Balthasar, Le Mystérion d'Origène, dans Recherches de science on arrive religieuse, & 26, 1986, p. 518-562; t. 27, 1997, P. 58-64, jusqu’à nous et qu’on nous adresse ane requête, — nous sommes plus insolents que ne le sont les fyrans et les princes les G. Bardy, La théologie de l'Église de saint Irénée au concile plus de cruels pour des suppliants ({n Matthaeum comment, Nisée, col, Unam Sanctam 44, Paris, 1947, p. 128-165, XV1, 8; — éd. E. Klostermann, GCS 40, 4997, p. 492-494; ef d. Daniélou, Origène, Paris, 1948, p. 56 evv. — Origène, Homé- Commen- lies sur les Nombres, introd, et trad, À, Méhat, tariorum series 61, ibidem, t, 11, 4983, P. 488-149; {n coil. Sources canti. chrétiennes, Paris, 1954, p. 28 svv. — 3. Colson, art, Évêque, cum comment, 1; éd. W,A, Baehren s, GCS 8, 1925, P. 477; In saiam hom. v, 4; vi, 3; ébidem, p. 268, 274-278) dans Catholicisme, t, 4, 4954, col. 787-789,
L'évêque est aussi un docteur; il étudiera avec 5° La Didascalie, — C'est au début du 34 siècle,
soin
PÉcriture qu'il doit enseigner; avant tout, qu'il s'exa- peut-être dans les premières décades, qu’on rencontre mine pour voir s'il réalise dans sa vie tout ce que la le premier traité un peu étendu sur les devoirs de l'évé- loi prescrit au grand prêtre; cela requiert une sainteté que : la Didascalie. Après avoir donné les règles de
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non seulement extérieure, mais intérieure : l'élection et de la consécration épiscopales, l'ouvrage Exécuter attentivement tes prescriptions est un devoir sur. entre dans le détail des droîts et des devoirs de Pévéque : tout pour ceux qui ont la gloire d'appartenir à l’ordre il lui attribue le titre de roi {ir, 26, &: 84, 145 éd, EF, X, sacer. dotal; ils doivent connaître ce que la loi divine leur donne Funk, Paderborn, 4905) ; comme tel, l’évêque représente à
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observer. Le devoir ne consiste pas seulement à observer Dieu, il est l’image de Dieu et doit étre honoré en consé- les prescriptions extérieures. Il faut donc que les quence (20, 9; 26, 4; 28, 2-9; 80; 51, 8; 45, 4, ete; p. 75, soins des s prétres et leurs veilles aillent surtout à ce qui est envelopp 105, 109-114, 413, 424, etc). é à ÿ
l'intérieur, derrière Je voile, pour qu'on n°y tronve rien desouilté, Le début du deuxième livre est une énumération des rien d'impur; c'est-à-dire qu'il faut s'occuper de l’homme qualités que requiert l’épiscopat; l’auteur donne de intérieur et des parties cachées du cœur pour qu’elles y res. l'évêque un portrait idéal où toutes les vertus sont tent sans tache (?n Numeros hom. x, 8, éd. W. À. Baehrens, GCB 7, 4921, p. 73-74; trad. A. Méhat, p. 497-499;"c? In exigées de celui qui doit être le « modèle des fidèles » Leoë. tieum hom. vt, 6, loco cit. p. 867-870). Ur, { à 11, 6, 4, p. 34-39). S'il fallait y souligner Je trait principal, ce serait sans aucun doute l'insistance Origène met en garde tout spécialement les évêques eur les devoirs pastoraux envers les pécheurs de la commu- contre la cupidité, l'intérêt sordide qui cherche dans nauté. Comme le dif justement P. Beaucamp, le sacerdoce une occasion de profits : Jésus a chassé du l'évêque apparaît avant tout comme « un grand pénitencier ». temple les vendeurs, mais ils cherchent toujour s à y Il doit certes d’abord détourner du péché ceux qui ne rentrer (In Matihaeum comment, xvi, 24-22, loco cit. sont pas encore tombés, et l'exemple de l'évêque sur p. 546-555), De même Origène a des paroles très sévères ce point est irremplaçable (48, 6, p. 67} : le peuple contre le népotisme des princes de l'Église : si Moïse ressemble à son prêtre (6, 5, p. 44). I1 doit cependant n'a pas cru pouvoir se choisir un successeur, si les apé. avoir un soin spécial des égarés: il lui faut les reprendre tres pour remplacer Judas ont eu recours au sort, f46-17, p. 64-65, et passim}, parfois avec véhéme comment un évêque oserait-il se fonder nce sur des motifs et sans acception des personnes (58, 4 et 6, p.169-41741), d'affection humaine pour se désigner un success eur Mais au coupable qui s’humilie, l'évêque montrera ou désigner un autre évêque {In Numeros hom. XXI, 4, un visage de douceur et de clémence {48, 4, p. 143-145; loco cit, p. 208-210: trad, A. Méhat, p. 490-483; In Hk. cf 12,4; 20, 8, p. 49, 75}, à l'exemple du bon Pasteur Jesu Nave kom, xx, 2, GCS 7, P. 444-449}, (20, 8-9; 24, 2; p. 75, 94): Bref, les évêques, plus que tous les autres chrétiens, doivent être des saints. + Ce qui est sain, garde-le avec diligence, et fais paître tout le peuple en paix. Et ce qui est faible effermis-le, c’est-à-di Tous les prêtres doivent se regarder comme en un miroir re, celui qui est tenté affermis-le par une admonestation, dans les préceptes inscrits dans la oi divine, Bt ce et conclure de qui est malade, guéris-le, c’est-à-dire celui qui est malade côt examen aux degrés de leur mérite; s'ils par se voient... rovêtus le doute dans sa foi, guéris-le par ton enseignement, des ornements pontificaux, s'ils sont conscients Et ce qui d'être grands est brisé bande-lo » (20, 3-4, p, 73}. L'auteur applique et élevés dans la science, dans les actes, dans la doctrine ensuite , qu’ils à lPévêque Les gas d'Éséchiel {44} aux pasteurs d'Israël. sachent qu’ils possédent le souverain pontific at non seule. Cest encore à Ézé@hiel {38, 6) qu’il emprunte image du guet. ment de nom mais de mérites, Autrement, qu'ils se regardent teur pour l'appliquer à l’évêque {6, 10, p. 4). comme placés à un rang inférieur, même s'ils possèdent le titre du premier rang ({n Leviticum hom. Vi, Le modèle incomparable que l'évêque doit imiter 6, loco oit., p. 868). À ce sujet, bien des obscurités demeurent c'est le Christ Jésus; rappelant l'attitude du sur la pensée Christ d'Origène : on & l'impression, en envers la femme adultère : « Que donc en lui, lisant certains Passages, notre que la sainteté du ministre est conditio Sauveur, notre Roi et notre Dieu, soit votre modèle, n de la validité des fonctions liturgiques {cf In ep. ad Romano s 9, &2, PG 46, 6 évêques » (24, 7, p. 98). 1249-1250), spécialement de la rémission des péchés {Zn Dernier trait qui semble devoir être relevé, l'évêque a SE 889 TRADITION PATRISTIQUE 890
est le centre de toute l'organisation charitable de la qui ont eu sur Îe développement d'une spiritualité de communauté chrétienne : l’aide même matérielle aux lépiscopat une certaine influence, pauvres, aux déshérités, aux orphelins, aux veuves, Vers Fan 862, Grégoire de Nazianse, t 8389/3890, est dépend de lui (27, p. 107}; sans doute, les diacres l'assis- ordonné prêtre par son père, évêque de la ville, qui tent dans ce ministère (4, 2-3, p. 439}, mais le devoir veut se préparer un successeur. Grégoire ne se laisse de l’évêque demeure entier (25, p. 98 svv). ordonner que sous la pression de la communauté chré- W. C. van Unnik, De beteckenis van de Mozaïsche set voor tienne; mécontent de cette « violence », il s'enfuit dans de Kerk van Christus volgens de Syrische Didascalie, dans Neder- la solitude, où il écrit un Discours apologétique sur sa landsch Archic voor Kerkgeschiedenis, t. 31, 1939, p. 65-100, fuite (PG 35, 408-514). En ce long traité sur les devoirs — J. J. Cuesta, La penitencia medicinal desde la Didasealia et les grandeurs du sacerdoce chrétien, c'est surtout Apostolorum a S. Gregorio de Nisa, dans Revista española de à l’épiscopat que pense Grégoire, ainsi que le faisait Teologia, t. 7, 1947, p. 887-344. — P, Beaucamp, Un évêque du remarquer déjà D. Petau (De ecclesiastica hierarchia 8 siècle aux prises avec les pécheurs; son activité apostolique, au, 9, 44-12, Dogmata theologica, éd. Vivès, t. 8, Paris, dans Bulletin de littérature ecclésiastique, t. 50, 1949, p. 26-47. — J. Colson, L'évéque dans la Didascalie des Apôtres, VES, 4867, p. 86). Grégoire commence par reconnaître la 40 septembre 1951, p. 271-290. — G. Bardy, art. Dinascazte, nécessité du sacerdoce pour que PÉglise ne soit pas D6, t. 5, col. 863-865. .« sans roi, sans chef, sans sacerdoce, sans sacrifice » {8-4}; tous n'en sont pas dignes ef trop nombreux ceux 6° Les promiers écrivains d'Afrique, — EH y qui y tendent par ambition et sans les qualités néces- a fort peu de chose à glaner chez T'ertullien; &'it parle saires (8); être pasteur d'âmes est une tâche infiniment assez souvent de l’évêque, summus sacerdos {De bap- plus difficile que de paître des brebis et des bœufs (9); tiamo 17, PL 4, 1218a), c'est surtout pour lui reprocher cette tâche requiert une très haute sainteté (10-11), es défauts. de même qu'elle impose le devoir de l'exemple (13) Les écrits de la période montsniste ont sur ce point d'une ét du progrès continuel dans la vertu (14-15). Aurait- particulière éloquence : alors que, dans Pépologétique (39, 4, on toutes les qualités qu’on ne saurait être rassuré : 469-470), Tertullion affiemait qu’on n'achète pas l’épiscopat beaucoup plus difficile que l'art du médecin est l'art «à prix d'argent », dans le De fuga, au contraire, 4 ironise :
- Les apôtres auraient-ils donc, dans leur prévoyance, organisé de guérir les âmes (16-22), à limitation du médecin l'épiscopat pour que les évêques puissent jouir en sécurité divin dont nous sommes les ministres et les coopéra- des revenus de leur royaume, sous prétexte d'en procurer le tours (23-26), car le soin des âmes requiert une infinie salut? » (13, PL 9, 149a). Des évêques abandonnent leur trou. souplesse pour s'adapter à chacune (28-34). poau en temps de persécution (De fuga 11, 118-114, etc), Grégoire donne ensuite des conseils pour la prédication
d'autres n'obéissent pas aux prescriptions de soint Paul sur {85-45}, s'insurge contre ceux qui osent enseigner sans prépa de mariage unique (4 Tim. 8, 2), mais se remarient. Ces derniers tation suffisante (46-51) et rappelle, en d’admirables pages, reproches laissent entendre clairement que la très grande Pexemple de saint Paul {52-56}. Suivent les fémoignages des majorité de l'épiscopat africain observe cette loi; bien misux prophètes contre les chefs et prêtres indignes (59-68), les règles Tertullien nous apprend que bien des membres du clergé édictées par Paul à Timothée et à Tite, les prescriptions de ganlent la continence parfaite (De exhartatione castitatie 48, Jésus aux apôtres {69} et ses sévères reproches aux scribes et 950a). Ces indications éparses dans l'œuvre de Tertullien ne aux pharisions {70}. Grégoire conclut en se justifiant d’avoir sont toutefois aucunement pensées en fonction d’une spiri. fui devant une telle responsabilité. tualité du sacerdoce ou de l’épiscopat. À ce véritable traité sur le sacerdoce, À faut ajouter bien des passages des autres discours de Grégoire, notamment les En rassemblant nombre de formules de saint Cyprien discours 18 {sur son père défunt, PQ 25, 885-1044), 21 {sur
- 258, notamment de sa correspondance, on peut, à saint Athanano, 4084-4128}, 9 et 10 {après sa consécration
la rigueur, y découvrir les éléments d'une spiritualité comme évêque de Sasimes, 820-882}, 43 {pour une consécra- de l'épiscopat. Ces éléments ont été recueillis par tion d'évêque, 852-856}, 43 {sur saint Basile, PG 36, 492-605), À. d'Alès st G. Bardy. Rappelons seulement combien ete, Cyprien recourt volontiers à un parallélisme avec le J.-M. Raynaud, Le prêtre d’après les Pères, t. 7, Paris, 4842, sacerdoce de l’ancienne loi (De catholicue Ecclesiae p.163-875 : notice et trad. du Discours apologétique. — P. Gallay, unitate 18-19, PL 4, 519-614; Ep. 8, 4-2, éd. G. Hartel, La vie de saint Grégoire de Nazianze, Lyon, 4943, — J, Pla CSEL, 1871, p, 469-490; Ep. 59, 4, p. 670, etc} : aussi gnieux, Saint Grégoire de Nasianze théologien, Paris, 1952, applique-t-il au clergé les prescriptions de l’ancien Tes- P. 73-80. — M. Serra, Le cerità pastorale in S, Gregorio Nazian- zens, OCP 24, 4955, p. 897-374. tament qui concernaient les prêtres juifs (Ep. 4,4, p.465- 466). On peut trouver chez lui plusieurs listes de vertus Saint Jean Chrysostome Ÿ 407 écrivit lo célèbre nécessaires à l'évêque : désintéressement {4, 4-2 ot 55, traité Du sacerdoce (PG 48, 628-692) aux environs ‘2-5, p. 624-627), chasteté qui peut aller jusqu'à la par de 386. L'ouvrage se présente comme un dialogue faite continence (55, 8, 3, p. 629), humilité (66, 8, 4-2, entre Jean et son ami Basile : le premier cherche à 8e p. 728-729). Enfin le sens très fort du caractère aposto- justifier d'avoir encouragé l’autre à accepter Pépiscopat, lique de l'épiscopat et de l’unité de l'Église conduit tandis.que lui-même se soustrayait par la fuite à cotte Cyprien à étendre la responsabilité de Pévéque au delà même dignité; c'est une occasion de parler longuement dés frontières de son diocèse, à l'Église entière {68, 3-4, du sacerdoce et spécialement de Pépiscopat. Il n'y a p. 745.748, etc). pas de plus grand signe d’amour pour le Christ que A. d'Alès, La théologie de Tertullien, Paxis® 1905, p. 248-290: é’accepter la charge pastorale {ix, 4, 691-632) : pasteur, La théologie de saint Cyprien, Paris, 1922, p. 303-808, — médecin, juge des âmes, chef du peuple de Dieu, l’évé. G. Bardy, Le sacerdoce chrétien d'après Tertullien, VSS, t. 58, que doit défendre, guérir, convaincre : la contrainte 1939, p. 109-124; Le sacerdoce chrétien d’après saint Cyprien, ne saurait être de mise {n, 8-4, 634-697); c’est donc t. 60, 1939, p. 87-119. — DS, t. 2, col. 2664-2669 ; t. 4, col. 407- 409. avant tout la charité qui convient à un évêque (4-5, 637). Fonction toute céleste, infiniment plus redoutable % La tradition d'Orient à partir du 4° sié- que le sacerdoce de Pancienne loi : les pouvoirs d'offrir cle. — Tenons-nous-en aux œuvres plus importantes leucharistie, de remettre les péchés, d’enfanter spiri- 891 ÉPISCOPAT 892 tuellement les âmes, donnent au prêtre accès jusque probabilité, les ouvrages du pseudo-Denys propose dans le ciel (nr, 8-5, 641-648}, Mais aussi quels dangers! ront, en un langage souvent difficile, un très bel enseigne ment dangers de la vaine gloire, &e l'ambition, de la colère, spirituel sur Pépiscopat. La hiérarchie ecclésias tique, du scandale (7-14, 645-648); et que de qualités néces- dont l'évêque occupe le sommet, est intermédiaire saires, spécialement dans le gouvernement des veuves, entre la hiérarchie légale de l’ancien Testament et la le soin des étrangers, celui des malades, la direction hiérarchie céleste : on peut même dire qu’elle des vierges, l'exercice du pouvoir de juge {48 svv, est « à la fois céleste et légale, participant par sa situation 649 svv), et plus encore dans le ministère de la parole aux deux hiérarchies extrêmes, partageant avec l’une {1v-v); que d'épreuves enfin ne sont-elles pas réservée s les contemplations intellectuelles, avec l'autre l'usage à l’évêque (vi)! de symboles variés de l’ordre sensible, par quoi ellé On pourra consulter encore dans les autres écrits da Chryso- s'élève saintement vers le divin » (De ecclesiastioa Stome : In 1 Timotheum hom. 40 {commentaire de la liste des hierarchia v, 1, 2, PG 8, 501cd). I1 y a dans ces lignes vertus épiscopales, PG 62, 547-564}; In Acta Apestoloru uns véritable définition de la condition « sacramen- m hom. 3 (commentaire sur l'élection de Mathias, PG 60, telle » de la hiérarchie ecclésiastique, qui rappelle 83-42}; Tn ep. ad Hebraeos hom. 84, PQ 63, 981-796 ; In Jsaiam & et LA Ignace d'Antioche affirmant que l'évêque est à la fois PG 56, col. 54-67; Hom, de legislatore {probablement de Sévé- «<charnel et spirituel ». Denys ajoute que notre hiérarchie rien de Gabala, selon J. Zollinger, Studien au Severien von doit donc autant que possible réaliser comme une image Gabala, Münster, 1926, p. 60-84: PQ 56, 897-410); cette der. nière homélie contient une explication symbolique des orne. de la hiérarchie céleste, De notre hiérarchie l’évêque ments pontificaux, qui représentent à la fois le Christ est le vrai chef, le kiérarque : par lui les dons de Dieu grand prêtre et les vertus épiscopales, descendent à toute la hiérarchie humaine, à tons les JM. Raynaud, Le prêtre d'après les Pères, t, 6, Paris, 1841, Chrétiens; en découle Fobligation d’une science très trad, du De sacerdotio; £, 7, — À, Moutard, Saint Jean Chryso- haute des choses divines, ainsi que d'une très grande stome, Paris, 1949, p. 51-54, sainteté (111, 3, 4, 420ab}. C’est par les évêques avant tout que se transmet à l’Église l’enseignement divin Plusieurs manuscrits du De sacerdetio de Chysostome des Écritures; il ne s’agit pas d’une transmission ajoutent un septième livre, I} s'agit, en réalité, d’une purement matérielle : les premiers hiérarques ont œuvre indépendante attribuée à saint Éphrem + 378 traduit ces mystères contenus dans l’Écriture en images (éd. parmi les œuvres de Chrysostome, PG 48, 1067- et symboles sensibles, sensibles et symboliques comme 1070), Ge texte ne distingue pas les deux degrés du la hiérarchie elle-même (1, 4-5, 876-377); il appartient sacerdoce, mais, au milieu d’effnsions lyriques un peu aux évêques de continuer cette tâche, L'évêque est longues, il se rencontre des affirmations dogmatiques donc aussi au centre de toute l’activité « sacramentelle » intéressantes. On notera en particulier l’insistance sur de l'Église et les simples prêtres dépendent totalement le pouvoir céleste du prêtre; Ia comparaison avec les de lui dans cet ordre {v, 4, 5.6, 505-508); en ce domaine prêtres anciens qui recevaient une onction d'huile Pévêque représente Dieu et agit sous la môtion divine sensible, tandis que le Christ donne, par Yimposition (8, 5, 5426). La consécration que reçoit l’évêque des mains, la même onction de l'Esprit Saint que les indique par ses rites, spécialement par celui de l'impo- apôtres reçurent au jour de la Pentecôte. L'auteur Sition des évangiles, le privilège non senlement « de rappelle ensuite l'exemple de Pierre, de Paul, pour recevoir par illumination divine la science authentique » remonter aux prêtres de Pancien Testament : Àbel, {se rappeler le charisme de vérité certaine dont parlait Noé, Abraham, Moïse, Aaron, Élie, Melchisédech, ete. lrénée}, mais encore « de transmettre aux autres., à Le discours se termine sur des conseils : les prêtres la mesure de leurs aptitudes, la science des mystères doivent pratiquer toutes les vertus et, parmi celles-ci, dent ils ont obtenu l'initiation » (3, 7-8, S13cd, 516b). Éphrerm mentionne Ia « splendide virginité », On sait que ce dernier point fait partie Les autres rites signifient de même les vertus qui doivent de l’enseignement habituel d’Éphrem : il insiste beaucoup sur la chasteté être les siennes : soumission à Dieu, renoncement aux désirs charnels, imitetion de Dieu et du Christ crucifié, humilité, du prêtre (Carmina Nisibena 18, 42, éd. G. Bickell, amour mutuel {v, 3, 8-6, 512-513), La Lettre à Démophile Leipzig, 1866, p. 118) et félicite son ami, Pévêque (vint, 3-4, 1091-4096) insiste à son four sur ces qualités qui Abraham, d’avoir gardé le célibat (49, p. 112). conviennent à tous les membres de la hiérarchie, spécialement C'est vers la fin du 4° siècle qu’apparaît un nouveau sur la bonté qui permottra d’imiter l’exemple du bon Pastour, rite dans la cérémonie Hturgique de la consécration Ajoutons que Denys place la consécration des apôtres au jour des évêques : l'imposition du livre des évangiles sur de le Pentecôte {De eccl. hier, v, 3, 5, 612). la tête de l'élu, Attesté par les Constiturions apostos 3, Stigimayr, Die Lehre von den Sakramenten und die Kirche liques (vi, 4-5, éd. F. X. Funk, Paderborn, 1905, nach Pe.- Dionysius, dans Zeïtschrift für katholische Thealogie, P. 470-476) et par Palladius dans sa vie de saint Jean t. 22, 4898, p. 246-903, — R, Roques, art, Denys L'Anéo. Chrysostome (ch. 46, PQ 47, coi, 53), ce rite semble raërre, DS, & 8, col. 264-286; L'univers dionysien, coll, Théa- logie 29, Parie, 4054, surtout p, 281.284. — J, Lécuyer, Mystère avoir été compris dès les originés comme doublement da la Pentecête.., loco eit., p. 179-180, symbolique : il signifie, selon l'homélie De legislatore (PG 56, 404), dont nous avons parlé que l'évêque, tout Sévère d'Antioche (premières décades du 6° siècle) en étant le chef du peuple chrétien, reste cependant est l’un de ceux qui ont le plus souvent parlé des devoirs soumis à la loi de l'Évangile et, selon une homélie de de l’évêque. L’homélie 55 est tout entière sur le devoir Sévérien de Gabala sur la Pentecôte, que l'élu de la visite pastorale du diocèse : Sévère y invoque reçoit de l'Esprit Saint la même grâce que les apôtres les exemples de Samuel et de saint Paul qui étaient ont reçue à la Pentecôte {texte conservé dans les chaînes constamment en voyage pour le bien des âmes (PO 4, sur les Actes, PG 195, 533ab; J. Lécuyer, Mote sur la p. 66-72}. Dans l'homélie 80, pour l'anniversaire de sa liturgie du sacre des. évêques, dans Ephemerides litur- consécration épiscopale, Sévère décrit l’évêque comme gicae, t. 66, 1952, p. 269-873). lPépoux de l'Église dont ü a la charge, s'étend sur le Dans les dernières années du 59 siècle selon toute symbolisme de Fonction « par laquelle l'évêque est 893 TRADITION PATRISTIQUE 894 enrichi de l’Esprit qui convient aux chefs » (Pe, 50, le sens des cérémonies épiscopales et des ornements, 44) et s'arrête à quelques-unes des vertus qu'impose voir les ch. 79 svv et 98; sur les ordinations, ch. 156 svv: la charge épiscopale : souci de l'unité de foi, humilité, spécialement sur lépiscopat, ch. 187 svv. Les apôtres pureté intérieure, dignité extérieure de vie, don de la ont été consacrés évêques à la Pentecôte, après leur parole (PO 20, 324-848). Quelqhes années plus tard, crdination sacerdotale au soir da Pâques (ch. 203 dans les mêmes circonstances, l'homélie 99 revient sur et 240). les vertus de détachement, d'humilité et sur la sain- teté qui sied à l'évêque : modèle de son troupeau, à 8° Les Pères latins à partir du 4° siècle. — doit pratiquer les vertus qu’il enseigne (PO 22, p. 207- On ne s'étonnera pas de Paccent spécial avec lequel 229). L'homélie 116, sur saint Basile et saint Grégoire saint Ambroise Ÿ 397 parle de l'épiscopat, si l'on de Nazianze, décrit les vertus épiscopales que symbo- se rappelle qu’il à passé si vite par les ordres inférieurs, lisent les vêtements de l'évêque {PO 26, 325-388). reçus, selon son biographe Paulin, en moins de huit Voir aussi E. W. Brooks, The sixth book of the select jours (Vita Ambrosii 9, PL 14, col. 80}, De plus, sa pro- letters of Severus Patriarch of Antioch, t. t, Londres, motion presque forcée Jui donne une vive conscience 1902, p. 208 svv. de la gratuité de l'appel divin; c'est la grande idée ‘ Mentionnons pour mémoire les collections canoniques qu'il développe dans une lettre vigoureuse aux fidèles orientales, qui contiennent nombre de prescriptions sur Pépis- de Verceit, qui n'arrivent pas à s’entendre pour le choix copat : la deuxième partie du Hvre 8 des Constitutions du successeur de leur évêque Liménius : ce que les : apostoliques, le Testament de Notre-Seigneur, les canons ds électeurs doivent chercher À connaître c’est la volonté Rabboula d’Édesse (trad. allemande de @. Bickell, dans | de Dieu, et non les désire plus ou moins intéressés des Ausgerwdhlte Schrifien der ayrischen Kirchenvüter, coll. Btblio- candidats et des factions: il faut donc d’abord consi- thok der Kirchenväter, Kempten, 1874, p. 230-297): les dérer les qualités des candidats {Ep, 63, PL 16, 1189- canons de S. Sophrone de Jérusalem + 638 sur la conduite 1220). Ambroise revient fréquemment sur ces qualités : des évêques et des prêtres (PQ 87, 3468-8379}, etc, l'évêque doit être chaste (De patriarchis 10, PL 14, 1 convient de signaler plusieurs vies de saints évêques orien. taux (6.9 siècle); la plupart, et c'est le cas de celles de la 687; De viduis 40, 65, PL 46, 254a), d'une chasteté collection de Siméon Métaphraste, s'intéressent davantage qui peut aller jusqu’au célibat (De officiis 1, 50, 248, eu merveilleux et au miraculeux qu'aux vertus sacerdotales col. 97-98; Æp. 63, 62, 1205), et avoir un esprit de sacri- et épiscopales; certaines font exception, Citons en particulier fice qui lui permette de s'offrir en hostie comme le la vie de 8. Jean l'auménier Ÿ 617, où Léonce de Néapolis, Christ {Apologie David altere 25, éd. C. Schenkl, CSEL au début du 7e siècle, décrit l’admirable charité du patriarche 82, 1897, p. 373); il a le devoir d’enseigner, de trancher d'Alexandrie envers les plus déshérités, son souci de pacifi- les questions de foi {De officiis 1, 4, 2, PL 46, col. 24a; cation et de justice, son hospitalité, sa conflance en la Provi. 1, 8, 9, col. 26bc; Ep. 41, 2 svv, 4143 svv; et sur donee, son indépendance à l'égard des puissants et des membres de sa famille, sa vie pauvre et mortifée (trad. latine d’Anastage tout la fière lettre 24, à l’empereur Valentinien, 1003- le bibliothécaire, PG 93, 1613-1660), 007). Cependant Pévêque doit savoir que co n’est pas Lire aussi la vie de $. Eutychius, patriarche de Constanti son mérite qui fait sa dignité : sa grandeur, c’est de nople, f 582, par le prêtre Eustrate (PG 86, 2278-2390); celle représenter le Christ, d’en être l'image, Tandis que les de 8, Grégoire d'Agrigente, + vers 530, par Léonce de Saint. rites et les prêtres de l'ancien Testament n'étaient Sabbas (PG 98, 549-716): celles de S, Taraise + 806 et de qu'une ombre de la réalité céleste, nous sommes dans 8. Nicéphore { 428, patriarches de Constantinople, par Ignace l'ère de Fimage, qui contient déjà d’une certaine de Nivée (PQ 98, 1385-4424; 100, 44-460}; remarquer l'indé- manière les biens célestes; cependant co n'est que là- pendance de ces deux derniers patriarches à l'égard du pouvoir Givil dans la question du culte des images. De même souligner haut que la vérité du sacerdoce du Christ apparaîtra la correspondance qu'établit Hustrate entre le mystère de la pleinement : « Tu verras la vraie Inmière, le grand Pentecôte ot celui de la consécration épiscopale (PG 86, 2305}, Prêtre éternel et perpétuel, dont ici-bas tu voyais tandis qu'ignace de Nicéa voit dans cette dernière une onction les images en Pierre, Paul, Jean, Jacques, Matthieu de l'Esprit des chefs (PG 98, 13984). où Thomas » {7x ps. 88, 25-26, éà, M. Petschenig, Très postérieur à la période patristique, considérons CSEL 64, 4919, p, 208-204; cf De officiis 1, 46, 238, enfin un théologien byzantin de fort grande importance, PL 146, col: S4ab, et éd. 3. G. Krabinger, Tubingue, Siméon de Thessalonique, qui écrivait dans la première 4857, p. 114). La consécration épiscopale est non seule- moitié du 45 siècle. Mentionnons d'abord un excellent ment un dies natalis (Ep. 4, 2-8, PL 46, 889), mais encore le rite des épousailles de Pévêque avec l'église dont il exposé Sur le sacerdoce (PG 455, 953-976), bien qu’il traite du sacrement de l'ordre en général et non spécia- prend la charge; toutefois, de même que Marie était lement de l'épiscopat. Un autre opuseule, Explication l'épouse de Joseph, mais ne {ut pas fécondée par lui, touchant le temple divin, les diacres, les prêtres et les ainsi « les églises particulières, fécondées par l'Esprit évêques, et les ornements sacrés qu’ils revétent, contient et la grâce, sont unies visiblement à un pontife mortel » de nombreuses explications allégoriques, parfois fan- Un Lucam 1, 7, PL 15, 45550; éd. et trad, Q. Tissot, taisistes, sur les ornements et les rites pontificaux : coll. Sources chrétiennes, Paris, 1956, p. 74). -— Ajou- l'évêque, au cours de la liturgie, représente le Christ tons à ces indications le tableau des vertus de saint (697-749). Cest Ambroise que donne son biographe Paulin | 451, surtout dans son grand ouvrage, Dialogue contre les hérésies, que l'enseignement de ses jeûnes, ses veilles, ses prières, sa sollicitude pour Siméon mérite de nous retenir. On remarquera surtout les pauvres et les captifs, sa vie pauvre, sa compassion les points suivants : le Christ a lui-même reçu tous les pour les pécheurs {PL 44, col. 40-41}. Voir J. Mosot, sacrements (ch. 43, col. 185-489), spécialoment le Die Heidenbekehrung bei Ambrosius von Mailand, sacrement de l'ordre dont il a parcouru Schôneck-Beckenried, Suisse, 4958, tous les degrés; il est devenu prêtre après son baptéme par Dans les dernières années du 4° siècle, un fait nou- la descente de l'Esprit Saint, et évêque à la transfigu- veau a sur lorientation de la spiritualité de l'épis- ration (la nuée symbolisant ici encore le Saint-Esprit) copat en Occident une importance considérable : (ch. 45, 189-192; cf ch. 87, 70, col. 178, 237-240). Sur Pauteur romain anonyme connu sous le nom de l’Am- : 895 ÉPISCOPAT 896 brosiaster et saint Jérôme T M9, à peu près dans les d'Avranches, de S. Seurin de Bordea ux, par Venance Fortunat mêmes termes, refusent de voir dans Fépisco Ÿ 601 (éd. F, Leo et B. Krusch, MGH pat un Auctore s antiquissimi, ordre supérieur au simple presbytérat: t.4, vol. 1et2, 4881-1886}; vie et la consé- de 8. Désiré de Vienne par Siso- cration épiscopale n’est plus considé but, roi des Wisigoths, + 620 {éd. rée par beaucoup B. Krusch, MGH Seriptores que comme une simple cérémonie sans rerum merovingicarum, À, 3,896 valeur sacra- , p. 630-637), et surtout vie mentelle {cf J. Lécuyer, Aux origine de 8. Césaire d'Arles, écrite au lendem s de la théologie ain de sa mort (542) thomiste de l'épiscopat, dans Grego par des témoins oculaires éd. G. rianum, t. 85, 4954, Morin, $. Cacsari opera omnia, t. 3, Maredsous, 4942, p. 296-34 P. 56-89). En conséquence, la 5), Tous ces écrits, spiritualité de l’épis- comme les sormons de 8. Césaire sur copat, chez de nombreux auteurs, perd l'épiscopat (230, 231, 282, ce qu’elle devait ces deux derniers repris en grande à la considération partie de 8. Augustin), de la grâce sacramentelle propre, considèrent presque uniquement dans au rapprochement avec la. Pente l'évêque son office de côte, avec le baptême pasteur, avec tous les devoirs qui en découlent, et ne s’arrétent du Christ; passe aussi au second plan guère au caractère sacramentel ou à et parfois même la grâce propre conférée disparaît complètement la considération par la consécration (Corpus christia de l'évêque norum 404, p. 911-921), comme « sacrement » du Christ grand Prêtre. On peut déjà percevoir ce rétrécisseme Ce dernier aspect n’est pourtant nt des pers- pas totalement pectives chez saint Augustin À 480 oublié et il n’est pas indifférent que : on trouve chez ce soit surtout lui un admirable enseignement sur le rôle chez les papes qu'il se manifeste. Saint pastoral Léon + «61, de l’évêque; mais, tout compte fait, il dans les discours prononcés aux jours ne s’agit que anniversaires d'une spiritualité du « devoir d'état » épisco de sa consécration, font en procla pal, dont mant l'unité du la plupart des éléments valent, loutes corps épiscopal sous la primauté du proportions successeur de gardées, pour n'importe quel supérieur Pierre, met en lumière le rattachement religieux; les de la grâce textes, d'ailleurs, épiscopale à l’onction sacerdotale du Christ sont d’une incomparable beauté, : si tous les On verra surtout les sermons qu'Augustin chrétiens participent à cette dernière (Sermo prononce 4, 1, pour le jour anniversaire de son épisco PL 54, 148-449), les évêques sont spécial pat {Sermones ement pré- 339 et 340, PL 58,:1480-1484}, ceux parés par la grâce de l'Esprit Saint à qu’il donne à Jeur fonction l'occasion de la consécration épiscopale de sacerdotale {Sermo 8, 444-448); leur conséc nouveaux ration ne évêques (Sermones Guelferbytant 82, dans peut se faire que le dimanche, selon une Miscellanea loi très ancienne, Agostiniana, t. 4, Rome, 4990, p. parce que c'est en ce jour que les 563-575}. Le thème apôtres ont reçu principal, constant dans ses écrits, l'Esprit Saint, soit au soir de Pâques, soit est que Pévêque, à la Pente- éelon l'enseignement et l'exemple du Christ, cête (Ep. 9, 4, 626b}. doit être « serviteur des serviteurs du Christ » (Ep. Saint Grégoire le Grand + 604 a composé un très 217, PL 83, 978), selon une expression fréquemmen beau livre de pastorale à Pusage des évêque t attribuée s : Regulae à saint Grégoire. Ajoutons qu'Au pastoralis liber ad Joannem episcopum Ravenna gustin manifestera e {PL souvent, surtout à l'occasion de 77, 48-428}; cet ouvrage est sans doute Ia crise donatiste, la le chef-d'œuvre conviction, déjà si forte chez saint Cyprie du genre; les conseils qu'il donne demeu n, de la res- rent pleine. ponsabilité collective de Pépiscopat; ment valables non seulement pour les évêque ainsi que Je dit s auxquels aussi, au milieu des mêmes luttes H s'adresse, maïs pour tous les prêtres qui particip doctrinales, Optat ent de Milève (De schismate donatistarum à la charge pastorale. La première partie traite 1, &, PL 44, des 892a), les évêques forment tous ensem qualités prérequises à Pépiscopat : science ble un « collège , vie ver- épiscopal », tueuse, courage devant les épreuves, grande ur d'âme, humilité, désintéressement, charité compatissante, Voir une excellonte présentation des etc. principaux thèmes La deuxième partie décrit la vie du pasteur, augustiniens dans M, Jourjon, L'évêq vie de ue et le peuple de Dieu pureté, de fravail, d’enseignement à la fois selon saint Augustin, dans Saine Augus prudent tin parmi nous, Le Puy, 1956, p. 149-178; à la suite, P. 179-49 et courageux, de compassion pour les pécheur 7, trad. des deux sermons s, de pour l'anniversaire de la consécration douceur et de fermeté à l'égard des méchants. Une épiscopale; cf DS, t. 4, col. 409.411. — Consulter G. Bordy, Saint troisième partie, inspirée de Grégoire de Nazianz Augustin, l'homme e, et l'œuvre, Paris, 4940, surtout p. montre comment lévêque dans 487-242; F. van der Meer, son enseignement Saint Augustin pasteur d'âmes, trad. et ses exhortations fr., Paris, 4955, surtout doit s’adapler aux différentes 4. 4, p. 29-47, 861-416, et t, 2, p. 495 catégories de fidèles. svv, Enfin, la dernière partie, très brève, rappelle au pasteur le devoir de lhumili On retrouvera les mêmes caractéristiq té, si ues dans les nécessaire ef si menacée dans sa position. sermons de saint Pierre Chrys ologue Ÿ vers 450 (voir Sermones Sur ce dernier point Grégoire insiste beaucoup dans 128, 150, 186, PL 959, 552.855, deux 586-557, lotires à des évêques : la première (Ep. v, 18, 788-743) 567-568); on notera cependant combi reproche en l’auteur aime au patriarche Jean de Constantinople d’avoir à comparer la consécration épiscopale voulu s’arroger à une nouvelle le titre d’« évêque universel »; À cotte occasion le pape précise naissance de l'élu, qu'il va jusqu'à comparer à la que nul, pas même le pape, ne doit #’arroger un fel titre et il naissance du Christ du sein de la Vierge souligne que saint Léon, auquel certains Pères (180 et surtout du concile de 496, col, 656-658), Chalcédoine l’avaient proposé, le refusa « ne si sibi in pontifi- catus gradu glorlam singularitatis arriperet , hanc omnibus 11 conviendrait de citer aussi toutes les vies d'évêques fratribus denegasse videretur » {740c). La deuxième lettre écrites vers cette période : vie de S, Martin de Tours Ÿ 399 par redit le même enseignement à Euloge d'Alexan drie et à Anas- Sulpice Sévère + 420 /425 (éd. C. Halm, CSEL 4, 1866, P. 199. tase d’Antioche {43, 770-974}; le pape rappelle que déjà son 137); de $, Honorat d'Arles À 428, par son successeur &. Hilaire Prédécessour Pélage 11, dans une lettre (perdue) À vers 440, PL 50, 1249-4972: de $, Hilaire au patriarche d'Arles bar Révé. de Constantinople, lui faisait le même reproche. rentius (6% siècle?, col. 1219-1246); de S. Séverin de Norique Ÿ 482, par Eugippe (composée vers Non content d’affirmer ainsi le caractère collégial 50$; èd. Th, Mommsen, MGK Scripiores rerum Sermanicaru m, 4898, p. 1-58}; vies de de lépiscopat, saint Grégoire enseigne ailleurs $. Martin, de 8. Hilaire de Poitie son rs, des saints Marcel et Ger. caractère sacramentel et développe à main de Paris, de 8, Albin d'Ange cette occasion rs, de S. Pair {Paterne) un autre aspect de la spiritualité épiscop ale; les Expo- {Fascicules 26-27. — 25 mai 1959.) 897 MOYEN AGE 898 sitiones in librum primum Regum dont l'authen ticité, ti, qu’une bénédiction}, <squisse une spiritua parfois contestée, vient d'être à nouvea lité du u démontrée devoir d'état de l’évêque, par P. Verbraken, contiennent de longs développe. ments sur la grâce Ge sont les mêmes caractéristiques que nous de la consécration épiscopale : trouvons dans lonction que reçoivent Saül et David est les vies d’évêques de cette période : voir, per exemple, la vie une image de S. Pairick par Muirchu, avec les addition prophétique de celle que reçoivent les évêque s de Tirechan s; cette (éd. E. Hogan, Vite S. Pairici, Bruxelle onction leur donne les grâces spiritu s, 4876, p. 17-191}; elles nécessaires la vie de 8. Arnoul de Matz {éd, B. Krusch, pour lutilité des fidèles {1v, 4, #1, PE MGH Scriptores 99, 262c); elle est reruk merovingicarum, À 2, 4888, p. 482-441 ), celles de 8, Ouen un signe sacramentel; l’huile par ses proprié de Rouen {éd. W. Levison, ébidem, 1. 5, 1910, p. tés indique 553-567), de les qualités que doit avoir l'évêque : doctrin 8. Bonnet d'Auvergne {éd. Krusch, t e qui éclaire, 6, 1919, p. 419-489), miséricorde qui se penche sur les blessu de S. Désiré de Cahors (éd. Krusch, €. 4, 1902, p. 569-602), res des pécheurs (5, 1, 278); la grâce de PEsprit Saint fortifi de S. Léger d'Antun ft 8, p. 282-317}, ete. e intérieure. ment les cœurs des évêques, comim e elle le fit pour les apôtres au jour de la Pentecôte {5, 8. Moyen AGE ET PÉRIODE MODERNE 28, 299}, L'abondance du don reçu est telle que l'évêque peut communiquer 1° Du 9° au 12e siècle en Occident. — On ne de sa plénitude, comme Moïse aux soixan te-dix anciens notera ici que quelques jalons. En premie d'Israël : « Magna unctione indiget r lieu r'appe- qui de sua pleni- lons un certain nombre de lettres d'Alcuin ÿ tudine replere alios debet » {vr, 8, 3, 804, 448a}. On ne doit épécialement la lettre 10 (PL 400, 152-156: voir aüssi done pas considérer dans Pépiscopat seulement la les lettres 42, 56, 70, 72, 97, 422, 447, 479, 216, collation d'une charge, d’un ministère 217, {ce que nous et quelques passages du Commentaire sur l'Épitre appellerions le pouvoir de juridiction}; à par le sacre. Tite 4012-4016; cf DS, ment l'évêque reçoit une grâce t 4 col 296-299), Théo- appropriée : « Foris duiphe d'Orléans Ÿ 821 traite directement de ordo committitur, ut quae Dei runt agere l'épis- debeat; copat dans un ouvrages en partie perdu, Paraene intus dirigitur Spiritus, ut quod injung sis itur, potenter ad episcopos (PL: 105, 854-360), Raban agat » (v, 3, 21, 459d). Maur À 856 dans son De cicricorum institutions à quelques pages J.-C Hediey, Lex levitarum. La formation sur notre sujet (1, 5-6, PL, 407, 800-302). sacerdotale d'après Amalaire de $. Grégoire le Grand, 1° éd. anglaise, 4905; trad, coll. Pax, Trèves T 850/858, dans son Liber official Paris, 1922, — P, Verbraken, Le commentaire is Ur, 13-44, de sains Grégoire éd. J..M. Hanssens, coll. Studi e Testi 439, Cité sur L premier Livre des Rois, dans Revue du bénédictine, t. 68, Vatican, 1948, p. 226-286), est le premier 1956, p. 159-217, témoin en Occident du rite de l'imposition des évangile s au Au début du 7e siècle, c'est surtout un cours de la consécration épiscopale: il l'interprète chapitre du comme De ecclesiastiois offieiis (nt, 5, PL 83, un signe de la soumission que l'évêque doit 780-786} de saint avoir Zsidore de Séville qui mérite attention. envers la loi de PÉvangile {p. 235). L'origine du sacerdoce, selon l'auteur, est Au début du 149 siècle, Gerbert {Sylvestre à chercher dans Pinsti. n À 1003) tution d'Aaron et de ses fils, le écrit un De informatione episcoporum qui est de premier représentant tout l'évêque, les seconds les simples prêtre point digne d’admiration {PL 429, 469-178); s. Dans le nou. c’est veau Testament Pierre est à l'origi surtout un commentaire des enseignements ne, mais les autres de apôtres « pari consortio honoris saint Paul dans la 4e épttre à ‘Timothée. Les pratiqu et potestatis effecti es sunt » (782a). Aux apôtres ont succéd simoniaques, alors très répandues, conduisent é les évêques : Ger- ceux-ci, comme leur nom l'indique, Bert à insister sur la nature de la grâce sont des « surin- épiscopale tendants » {782c). [ls sont établis pour conférée par l'imposition des mains, qui, parce Putilité du qu’elle peuple fidèle, non pour leur honneur ést une grâce, un don gratuit, ne peut pas personnel, ordon- r’acquérir nés par l'imposition des mains des autres à prix d'argent. Ces considérations se retrouv évêques, ent chez selon un rite qui remonte aux bénédictions saint Pierre Damien + 1072 écrivant en 1052 de l'ancien son Liber Testament (Gen, 27, 28; Nomb. 27, 28}, gratissimus contre les simoniaques : ïl que Notre- rapproche le Seigneur a pratiqué à Pégard de ses apôtre don de l'Esprit qui est fait aux évêques de s {Zue 24, celui que 50-51), et par lequel les apôtres ant conféré reçurent les apôtres au jour de la Pentec l'épisc opat ôte et de la à Paul et à Barnabé (Actes 19, 3). L’évêque descente du Saint-Esprit sur le Christ au Jourdai doit n'avoir n été marié qu'une fois ou être vierge. {8 et 4, éd. L. de Héinemann, MGH Libelli La remise de la de dite, crosse, au cours de sa consé t. 4, 1891, p. 21-29; ct le chap. 45, p. 86-38, cration, signifie le devoir où l’auteur de régir, de corriger et de soutenir affirme que les apôtres étaient déjà ordonn les faibles. L'anneau és prêtres indique que l'évêque doit savoir tenir depuis le soir de Pâques). Même enseignement chez bien des choses sous le sceau du secret, On exige Geoffroy Babion {fin 11e siècle; Sermo 52, de lui Fhumilité, la parmi les science, el une telle sainteté que œuvres de Hildebert du Mans, PL 171, 592-595} l'on doit exclure de ; il l'épiscopat quiconque après son voit dans les langues de feu de la Pentecôte, qui sont baptême a commis un péché mortel (le contexte indiqu à la fois lumière, langue et flamme, le signe des effets e qu'il s'agit d’une faute publique). Suivent des règles de la grâce épiscopale : lumière pour lesprit, pour la prédica. parole tion qui doit être adaptée aux audite convaincante, flamme du zèle. On ira aussi urs, et pour le la belle <omportement habituel, prière de saint Fulbert de Chartres + 1028, publiée qui doit être à mi-chemin entre une excessive faiblesse et une par Y. Delaporte, VS, £. 86, 1952, p. 467.276. sévérité sans misé. ricorde, Avant toute autre vertu, il faut exiger Ja Au 126 siècle, on trouve quelques notations dans les commen Charité, dont l'humilité est la gardienne; faires Hiturgiques : voir, par exemple, Yves puis la chas- de Chartres, De teté, la sollicitude envers les déshérités, l'hospitalité ecclesiasticis sacramentis, sermo 8 {signification des ornements envers tous. Comme on le voit, Isidore pontificaux, PL 462, 549-527); Bruno de Segni, , Rif aussi, plus Tractatus de qu’une spiritualité fondée sur une grâce Ecclesiac sacramentis (signification des reçue, sur un vêtements et de la consécration de l’évêque, charisme propre {l'imposition des mains PL 465, 1103-4410). De même, n'est, semble. nombreuses indications chez les canonis tes, qui, à l'inverse DICTIONNAIRE DE SPIRITUALITÉ, — T, EY, 29 899 ÉPISCOPAT 900 de la plupart des théologiens de l'époque, voient presque tous chasteté et d’obéissance et se trouve réalisée au sens dans l'épiscopat un ordre distinct du presbytérat {of G. Fran- propre dans Pétat religieux (ch. 4-12}. Pour ce qui est sen, La tradition des canonistes du moyen dge, dans Études sur de la charité envers le prochaîn, il y a aussi une perfec- le sacrement de l'ordre, p. 270-275}; un texte attribué à S. Anicet par les pseudo-Décrétales et qui ordonne d'accomplir la consé- tion qui est d'obligation commune : elle consiste à cration épiscopale le dimanche à la troisième heure {on souvenir aimer le prochain comme soi-même. Mais il ya une de la Pentecôte) trouve place officielle dans les principales perfection supérieure de conseil : aimer ses ennemis, se collections canoniques (Burchard de Worms, Decretum 1, 45, mettre à leur service, donner sa vie pour eux. Certains PL 140, 553cd; Yves de Chartres, Decretum v, 69, et Paner- peuvent avoir cette perfection de la charité, sans pour mia ir, 42, PL 164, 849cd, 4132-1133; Gratien, Decretum à, autant êfre dans un état qui les y oblige: or, l'évêque est 75, 1, PL 187, 345c}. De même encore les commentateurs précisément dans un état stable qui l'oblige à la perfec- des épîtres pastorales rapprochent la grâce de la consécration tion de la charité envers le prochain: il entre dans cet épiscopale de celle que S. Paut, par Pimposition des mains, avait conférée à Timothée (ct J. Lécuyer, Le sacrement de état par 5a consécration épiscopale, comme les religieux l'épiscopat, dans Divinétas, t. 2, 1957, nofe 52). entrent dans état de perfection envers Dieu par leur profession (ch. 15-16). L'état épiscopal est même pius Le traité de saint Bernard Ÿ 1153 De moribus et parfait que l’état religieux, car l'évêque doit non seule- officio episcoporum appartient directement à notre ment être parfait, mais encore communiquer aux autres sujet (PL 182, 809-834) : on remarquera surtout la perfection (ici saint Thomas dépend de la défini- l'accent mis sur les dangers et les difficultés de la fonc- tion de l’épiscopat que donnait le pseudo-Denys : tion épiscopale (1), sur Ia nécessité d’une grande lévêque est perfector); de plus, méme sans vœux de vertu (2}, spécialement de la chasteté, de le charité religion, il doit en fait en pratiquer les obligations, et de l'humilité (3-5). À ces indications, il faut ajouter mettant ses biens au service des pauvres, vivant beaucoup d’autres conseils disséminés dans les cinq chaste, se faisant le serviteur de tous les serviteurs de livres De la considération {1, 4, PL 182, 739-783; 1x, Dieu (ce qui est bien plus que de s’obliger à obéir à Let 8, 787-760, 764-765: rv, 4, 778-789). Cf W. Piisch, un supérieur). On comprend dès lors que l'Église ait Das Bischofsideal des Hl Bernhard von Claireaux, si souvent pris des religieux pour en faire des évêques, Bottrop, 1942; DS, t. 1, col. 1466. — Pierre de Blois ce qui ne serait pas compréhensible si l'état épiscopal Ÿ 1200 a écrit un De énstitutione episcopt, qui porte n'était pas, en soi, plus parfait que l'état religieux aussi le titre de Canon episcopalis : c’est une exhorta- {ch, 47-48). tion à pratiquer les vertus du bon Pasteur (PL 207, On ne saurait d’ailleurs étendre à tous les prêtres, 1097-1142). En revanche, le traité Quales sunt (1005- même à ceux qui ont charge d’âmes, ce qui vient 1052}, contre les mauvais évêques, est à restituer à d’être dit : car s’il est vrai que ces derniers ont leur Guillaume de Grandmont {ef N. Jung, art. Pierre vie entière donnée au service des âmes, ce n’est pas de Blois, D'TC, t. 42, 1985, col. 4888). un état auquel ils soient obligés définitivement par une consécration, Pordination sacerdotale ne comportant Enfin c'est au 12+ siècle que paraissent les premiers essais pas pr elle-même cette obligation {ch. 20 svv). — de théologie systématique sur l'épiscopat. Hugues de Saint Ces enseignements sont résumés dans la Somme théo- Victor (De sacramentis 1e, 42, PL 476, 428-480}, Pierre Lom- bard {rv Sent, d. 24, q. 9, PL 199, 904-505), Étienne d'Autun logique, 2% 2ue q, 185; les commentateurs les exposent. (sous le nom d'Étienne de Baugé, Traciatus de sacremento Sur une controverse récente touchant l'enseignement de aharis 9, PL 472, 1980-4281) refusent de voir dans l'épiscopat saint Thomas, voir E. Masure, La perfection exigée par le un ordre distinct du presbytérat et dans la consécration sacrifice de la Messe, VS, t. 44, 4935, p. 113-194; Lettre à un épiscopale un rite sacramentel, Jeune vicaire sur le sacerdoce et l'Action catholique, VS, t. &E, Cependant le courant contraire existe. Citons, en particulier, 4936, p. 238-267; De l'éminente dignité du sacerdoce diocésain, Maître Simon et son groupe {De sacrementis : De sacris ordi- Paris, 4988; 2° éd. modifiée, Préires divcésains, Lille, 1947, — nibus, éd. H. Weiswoïler, Louvain, 4937, p. 65-66}, Guillaume Ch.-V. Héris, Perfection épiscopale et perfectien sacerdotale, d'Auxerra (De officiis ecclesiasticis dans Vas. Otiobon. Lat. ms VS, t 45, p. 429.488, — 3, de Guibert, Vie saverdotale, vie 99, L 149r; Summa aurea, À xv, tr. 8, 4. 1}, Guillaume de religieuse et perfection. Comment se pose la question?, RAM, Paris (De sacramento ordinis 13), ete, Cf É. Boulerand, La consé. t. 46, 1985, p. 285-254, 884-807; Séminaire ou Noviciat? Prêtre cration épiscopale est-elle sacramentelle?, dans Bulletin de lité. dans un diocèse ou dans un Ordre religieux?, Paris, 1938, — rature ecclésiastique, t. 54, 4953, p. 9-36; 3. Lécuyer, Le sacer- JA. Robilliard, compte rendu de ces travaux dans Bulletin doce dans Le mysière du Christ, coli, Lex orandi 24, Paris, 4957, thomiste, t.5, 4997.4989, p. 644-645. — Y..M..J. Congar, Saint p- 392. Thomas et les archidiacres, dans Revue thomiste, t, 57, 1957, D. 687-674 2 Du 18e au 15° siècle, — 14} Saint Thomas Ÿ 1274. — Si nous ne pouvons nous arrêter à l’ensemble Au 18* siècle il faut citer encore : lo franciscain Guibert de la théologie thomiste concernant l'épiscopat {cf {ou Gilbert, ou Wibert} de Tournai + 4284, auteur du De J. Lécuyer, Les étapes de l’enseignement thomiste sur officto episcepi deque Heclesiae caeremoniis, édité à Cologne en l'épiscopat, dans Revue thomiste, €. 57, 4957, p. 29-52), 1571, plusieurs fois r66dité, mais sans grande originalité (cf art. résumons du moins un précieux opuseule de saint Tho- Guibert de Tournai, dans Catholicisme, t. 5, 1953, col. 467-368): les livres 2 et 3 du Rationale dipinorum officiorum ot le Ponti- mas contre Guillaume de Saint-Amour, le De perfec- Realis ordinis liber de Durand de Mende + 1296 {6d. M. Andrieu, tione vitae spiritualis (Opera omnia, t. 45, Parme, 1864, Le Pontifical romain au moyen âge, t. 8 Le Pontifical de Guil- p. 76-102), qui décrit l’épiscopat comme un état de per. laume Durand, coll, Studi e Testi 88, Cité du Vatican, 1940). fection, Après avoir établi que la perfection chrétienne est fonction de la charité envers Dieu et envers le 2) Au 15° siècle, rappelons d'abord le discours de prochain, sàint Thomas montre qu'ici-bas, à côté de Jean Gerson Ÿ 1429 au concile de Reims en 1408 la perfection commune requise de tous, il y a une per- (éd. Ellies du Pin, t. 2, Anvers, 1708, col. 542-558); fection de canseil : pour ce qui est de la charité envers ensuite Denys le chartreux Ÿ 1471 qui, après avoir Dieu, cette perfection consiste essentiellement dans accompagné le cardinal Nicolas de Cuse dans sa visite l'observation des conseils évangéliques de pauvreté, de apostolique, réunit ses remarques dans un De vita 901 CONCILE DE TRENTE 902 et regimine praesulum (Opera omnia, t. 37, Tournai, Tout de suite soulignons que la consécration épisco- 1909, p. 7-57); saint Laurent Justinien, patriarche de pale tient très peu de place dans ce tableau : Je concile, Venise, Ÿ 1456, qui écrit un De institutione et regimine au milieu des opinions opposées des théologiens sur Praelatorum, où l'accent est mis surtout sur la piété le caractère sacramentel de l'épiscopat, n'a rien voulu personnelle de l’évêque (Opera omnia, diverses éd. de définir. C’est essentiellement une spiritualité pastorale 4506 à 1751); saint Antonin, archevêque de Florence , qui sera présentée, ou même plus exactement À 1459, compose une Summa des devoirs épiscopaux une spiritualité du devoir d'état de Févêque, pensée (très nombreuses éditions à partir de 4499}. Citons en fonction des rapports entre l'évêque et son troupea encore : Pierre Soybert ou Seibert + 1454, évêque u. de L'idéal de l'évêque sera donc, avant tout autre, celui Saint-Papoul, dont le traité De visitatione episcopa li, du bon Pasteur, dont la parabole est constam publié à Paris en 1508, est un remarquable traité ment de rappelée (spécialement session 6, ch. 4, Mansi, t. 83, pastorale à l’usage des évêques: Dominique de Dome- col. 44; sess, 28, ch, 1, col, 140-442}. Dés lors, puisque le nichi, évêque de Brescia, + 1478, qui a laissé un traité troupeau à lui confié n’est pas TÉglise universelle, De dignitate episcopali, imprimé à Rome en 4787 (DS, mais un diocèse, l'évéque devra prendre au sérieux le t. 8, col. 1516); Troilo Malvezzi de Bologne, + 41496, devoir de la résidence, si souvent négligé; présent dans qui traite en canoniste le même sujet dans son Cuvrags son diocèse, Îl devra aussi le visiter réguliérement De episcopi dignitate; Jean-François Pavini, de Padoue, {session 23, ch. 4; sess. 24, ch. 8, col. 458-159}. Avec canoniste lui aussi, a écrit, dans un esprit très pastoral, ses ouailles, il se conduira en père, plein de bonté, de un De visitatione episcopali (Rome, 1475}, patience, même avec les pécheurs, « car les témoignages Ces préoccupations d'un renouveau pastoral ne d'affection font souvent plus d'effet pour leur correction feront que s’amplifier au cours du 16e siècle : ce mou que la rigueur, l’exhortation plus que la menace, et vement a été étudié par H. Jedin, Das Bischofsi deal la charité plus que la force ». Cependant, s’il est néces- der katholischen Reformation, Breslau, 1942, dont l'ou- saire, il saura punir. « Ilest, en eflet, du devoir d'un vrage à été adapté en français par P. Broutin, L'évé. pasteur, vigilant et charitable tout ensemble, d'employer, que dans la tradition pastorale du 16 siècle, Tournai. pour guérir les maladies de ses brebis, tout d’abord Bruxelles, 1953. les remédes plus doux, puis, si la grandeur du mal l'exige, Quelques jalons sufliront : le cardinal Gaspard Contarini d'en arriver aux remêdes plus forts et plus violents,
- 1542, outre son exemple pastoral, a laissé un De afficio episcopi et enfin, si ceux-ci ne servent de rien, il devra séparer
(composé en 1516, Opera, Paris, 1594, p. 899.484: ef H, Jodin, art, Contarini, DHGE, t. 45, 1955, col, 774-784}; Pierre. les coupables des autres, pour empêcher au moins François Zini, dans le Pont pastoris exemplum {Venise, 4578, que ceux-ci ne soient contaminés » {session 13, ch. 4, ot 6d, P, et J. Ballerini, J, M. Giberti opere, Vérone, 1733, col. 86be}. Pour assurer, autant que cela est possible p. 268-206), fait revivre la sainteté de 3. Matteo Giberti, humainement, la réalisation de ce programme, les évêque de Vérone, + 4543; Louis Beccadelli + 1572 raconte sessions 24-27 donneront des règles précises pour le plusieurs vies d'évéques exemplaires : P. Bembo, R. Pole, choix des candidats à l’épiscopat : leur vie personnelle G. Contarini {ef L. Fadin, art. Beccadelli, DHGE, t, 7, 4984, doit être à la hauteur de leur dignité, et leur sainteté col, 846-349) ; le jésuite Claude le Jay + 1552 écrit un Speculum de vie une prédication et un exemple {session 25, ch. 4, praesulis (éd. J, Gretser, Ingolstadt, 1615}; Jean Quintin
- 1864, professeur de droit à Paris, compose de même un col. 481-182). Speculum sacerdoiti, Paris, 1559: l'archevéque d'Utrecht, Frédérie Schenk de Pontenborch À 1580, un Enchiridion vert 4° Du concile de Trente à nos jours. — L'éner. pratsulis aive de officio episcopali (Anvers, 1552); Marc-Antoine gique coup de barre donné par le concile de Trente Colonna Marsigli, archevêque de Salorne, 1589, une Instivutio aura ses répercussions dans la chrétienté : au sur les visites épiscopales; Félix Ninguarda, évêque de Côme, 47e siècle en particulier, sans parler de l'exemple que 11595, un Manuale visitatorum, Rome, 1569; Gabriel Palootti, donneront tant d’évêques de premier rang et pour
archevêque de Bologne, + 1597, plusieurs ouvrages sur l'admi. nous limiter aux seuls écrits publiés, paraîtront de nistration épiscopale, Enfin, citons encore le De offciis et moribus episcoporum (Lisbonne, 1565) de Louis de Grenade nombreux raités de grande importance sur la fonetion
- 1588, et surtout lo Stimulus partorum (Rome, 4564} de Bar. de l’évêque, sur sa place dans l'Église et sur ses obli. thélemy des Martyrs, archevêque de Braga, + 1590, ouvrage gations, classique de l'idéal de l'évêque, que publiora saint Charles Bor. À l'origine de cette production littéraire, la grande romée {résumé dans P. Broutin, L'évéque..p. 85-88; La réforme figure de saint Charles Borromée + 1584 occupe une pastorale on France au 17% siècle, t, 2, Paris-Tournai, 1956, place de choix; ses instructions, ses lotires, ses sermons P. 515-860). Voir Tarcisio de Azcona, El tipo ideal de obispe ont été l’une des sources les plus exploitées par tous
en la Iglesia española antes de la rebelién luterana, dans les auteurs de ce temps, En particulier, les Acta Ecole. Hispania sacra, t. 11, 1958, p. 21-64. siae Mediolanensis, publiés dès 4582 ct fréquemment 3° Le concile de Trente. — Préparé par de réimprimés, seront le document essentiel où viendront telles études, ls concile de Trente, où Barthélemy s'inspirer les pasteurs désireux de réforme authentique. des Martyrs aura un très grand rôle à jouer, se préoccupera beaucoup de la situation des évêques et À signaler aussi un réveil de l'intérêt pour les étudos litur. giques, réveil déjà commencé an 46° siècle, comme l'atteste de l’état épiscopal; c’est par eux qu’il faut commencer en particulier la grande collection de Melchior Hittorp + 1584: la réforme : « L'intégrité des chefs est le salut des subor- on relévera, notamment, étude du chanoine polonais donnés » (session 6, De reformatione, ch. 4, éd. Mansi, Stanislas Sokolowski 4 1593, De consecratione episcopi, publiée t. 33, col. 44b). Un grand nombre des dispositions dans ses Oraiiones ecclesinsticae (Cologne, 4582, p. 225-367; prises par le concile intéressent il est vrai l'action Rome, 4602} : les rites de la consécration épiscopale y sont pastorale, plus que la spiritualité épiscopale propre. expliqués en fonction d'une spiritualité épiscopale {parfois ment dite; ces dispositions ont été souvent étudiées avec une certaine fantaisie cependant; ef P, Broutin, L'évêque dans la tradition. p. 408-147}, Le 47° siècle verra et commentées par les historiens du concile; on s'arré. un renouveau d'intérêt pour les liturgies enciennes, soit grecques tera de préférence sur les éléments qui visent plus et orientales {. Goar, L. Allatius, Renaudot, etc}, soit latines {H. Ménerd, immédiatement une spiritualité à Pusage des évêques. 4. Mabillon, 3. Morin, etc}. 903 ÉPISCOPAT 904
Il n’est pas possible de citer l’ensemble de la produe- 4878, col, 236-283}. Sous la plume de Ph, Gerbet + 1864,
tion littéraire. Du moins, pour ce qui concerne la France, vicairs général d'Amiens, de P.-L. Parisis + 1866, on pourra se reporter au remarquable livre de P, Brou- évêque d'Arras, de Th. Gousset, archevêque de Reims, tin, La réforme pastorale en France au 17° siècle, 2 vol. de L.-É. Pie, évêque de Poitiers, reparaissent alors les Paris-Tournai, 1956. On ne peut cependant passer thèmes traditionnels de la dignité et de l'autorité des sous silence un grand ouvrage qui, avec celui de Barthé- évêques, de leurs droits et de leurs devoirs comme de lemy des Martyrs, demeure lun des manuels les plus leurs vertus, On y fait appel à l'autorité du concile de parfaits de la spiritualité épiscopale, PÆEpiscopalis Trente et à celle des conciles provinciaux de Ja fin du sollicitudinis enchiridion, Paris, 1668, de Louis Abelly 469 siècle, pour montrer la continuité de la tradition. Ÿ 1691, l’un des premiers collaborateurs de M. Vincent Dans les conciles du 192 siècle, il y à uno somme de (résumé dans P. Broutin, t. 2, p. 831-845}. De saint réflexions qu’on ne peut négliger dans une histoire de la Vincent lui-même, + 4660, il faut retenir surtout sa spiritualité de l'épiscopat et qui ne sont pas sans intérêt correspondance avec les évêques, spécialement ses pour le développement qu’elle prend au 20e siècle comme lettres à Alain de Solminihac Ÿ 1654 et à Nicolas aussi pour le développement de la pensée théologique Pavillon Ÿ 1677 (ibidem, p. 478-498). Cependant, et de la vie chrétienne en général (vg réforme liturgique, l'ouvrage qui aura la plus grande répercussion sera dévotion dogmatique au Sacré-Cœur. et au Cœur sans doute celui de J.-J: Olier 4657 : Projer de l'éta- immaculé de Marie, etc}. blissement d'un séminaire dans un diocèse (6&. Irénée Bien qu'il n'ait pas 6té possible de consulter tous les Noye, dans La tradition sacerdoiale, Le Puy, 1959, ouvrages suivants, il a paru utile de les mentionner, p. 213-232); dans ces très belles pages, c’est toute Âu 176 siècle : À. Valier Ÿ 1606, Æpiecopus, seu de optima une théologie de l’évêque, père, chef et rai, qui se trouve épiscopi forme, Müan, 4578; Vérone, 1586; J.-B. Segni + 1610, De optimo episcopo, Bologne, 1604; Th. Zerola } 1608, Praxis esquissée, eépiscopalis, Venise, 4599-1602; J..R, Filesac + 1638, De sacre Ces richesses de la spiritualité épiscopale du 476 siècle, épiscoporum auctoritate, Paris, 1606; B, Hugolin 1610, De homologuées dans la tradition pastorale, constituent le afficio et potestate episcopi, Rome, 4617; $, Robert Bellarmin, ‘trésor où les évêques des siècles suivants puiseront leur Admonitio... quas necessaria sint episcopo, Paris, 1618 (éd, X.... foi et leur piété, M. ie Bachelet, Aucrarium Bellarminum, Paris, 4913, p. 699. Après la Révolution, on ne peut s'attendre à voir 655); F. Marchant + 14648, Hortus pastorum, Mons, 1626-1627, fleurir une abondante littérature de spiritualité épisco- et nombreuses éditions: M. Pstrokonskin + 1609, De recte pale, Le 196 siècle se passe en « restaurations » : diocèses, gerendo épiscopatu, Poznan, 4629; P. Squillante, De obliga- tionibus et privilegiïs episcoporum, Naples, 1629; M. de Alzedo, paroisses, séminaires, écoles. Si les écrits sur la perfec- De excellentia episcopalis dignitatis, Lyon, 1680; J,-B. de Luca tion épiscopale sont peu nombreux, les évêques vivent Ÿ 1688, 21 vescovo pratico, Rorne, 4676; J.-M, Maraviglia + 4684, de FPacquis du passé, notamment de lEpiscopalis Leges prudentice episcopalis, Turin, 4678; N. Alexandre } 1724, sollicitudinis enchiridion d’Abelly. A y regarder de près, Dissertationum ecclesiasticarum trias, Paris, 1678; F. Priviterra l'action pastorale des grands évêques du siècle {J. Bor- + 1702, Manuale antistitum, Catane, 1683, deries Ÿ 1882, A.-R. Devie + 1852 fef DS, t, 8, col. 651- Au 18e siècle : MA. Zerbi, Gemma episcopalis, Rome, 1706 ; 653], Th. Gousset + 1866, F. Dupanloup + 4878 [ct DS, Jean Fontana + 47148, Tirocinium episcoporum, Venise, 47917; t. 4, col. 14821-18267, en France: CL..A. Droste zu Vische. Th-M. Alfani Ÿ 1742, Vite ed uffizi del vescovo, Naples, 1728: ring Ÿ 1845 et W.-E. Ketteler + 4877, en Allemagne: J.-M. Caraffa + 1786, De re domestica episcoporum, Rome, HE. Manning + 1892, en Angleterre; S. Riario Sforza 4747; H. Scholliner f 4795, Episcoporum supra presbyteras
- 1877, en Italie; V, Dechamps + 4882 fet DS, t. 8, eminentia, Ratisbonne, 4768; P. Chiniac de la Bastide, vers 4804, Dissertation sur la prééminence de l'épiscopat sur la pré.
col. 54-571, en Belgique; L Bourget + 1885, au Canada; trise Paris, 4766; Joseph Fontana, Difesa dell’episcopato, Venise, G. Mermillod + 1892 en Suisse) est imprégnée de vues 4789; J.-V. Bolgeni + 1844, L'épiscopato, Rome, 1789; Analisi spirituelles très marquées. Au-dessus de tous, il convient e difesa., Rome, 4791 {défense de l'ouvrage précédent). de réserver une place éminente au cardinal Pie + 1880. Au 19° siècle : P.-M. Carletti + 4827, De episcoporum insti- IL est l'évêque par excellence et, comme tel, so forge sa spiri. tutione, Bologne, 4845; E. Stahl Ÿ 4909, Die Heilige Weihe tualité, Il en à donné l'expression en mainte occasion, surtout des Bischofs, Wurtzbourg, 4879; À. Kurz Ÿ 1900, Der Épiscapar, dans les allocutions qu’il a prononcées aux anniversaires de sa Visnne, 1877: ete, consécration, Il prend ordinsirement dans le Pontifical les dimensions de ses grâces et de ses devoirs, dont il souligne sou- 4. CONCLUSION : SPIRITUALITÉ ÉPISCOPALE vent la connexion, Sa piété est d'autant plus persuasive qu'elle correspond à une On a pu se rendre compte de la complexité des pro- constante fidélité de parole et d'action. Dans ses lignes essen- blèmes théologiques qui entrent en cause, si Pon veut tielles, il sssurme l’enseignement des docteurs de l'Église. préciser les données essentielles d'une spiritualité de « L'évêque, dit-il après saint Ambroise, est l'hiérarque suprême: le propre époux de chaque église particulière. Il est aussi le l'épiscopat. Les remarques qui suivent voudraient sacrificateur dans toute le plénitude du mot et de la chose, c'est aider à clarifier le sujet, sans prétendre envisager le pontife, c'est le grand prêtre, le summus sacerdos, celui qui toute la question. porte en lui la fécondité ét la puissance de transmission; d'où 49 L'évêque comme pasteur propre d'un diocèse, découle dans les autres la vertu sacerdotale » (textes cités dans — Get aspect a été souvent considéré, IL tendait à P.Broutin, Pastorale épiscopale au xix° siècle, RAM, t, 85, 1959, absorber (ous les autres, dans la mesure même où p. 60-77). s'affaiblissait le sens de la consécration épiscopale T1 faudrait aussi mentionner les témoignages collec. comme rite sacramentel. 11 ne s'agit aucunement de tifs des conciles provinciaux du milieu du siècle, Il y a minimiser son importance; il comporte une spiritua- dans leurs textes un renouveau et une vitalité spirituelle té d’une richesse incomparable : les sources bibliques de grande importance (vg le ch. 43 du 8e concile de seront surtout, dans l'ancien Testament, tous les textes Reims, 1857, De cognitione, dilectione et imitatione. des prophètes sur les « pasteurs d'Israël », dans le Domini Nostri, dans Acta et decreta sacrorum conciliorum nouveau Testament, }a parabole du bon Pasteur, les recentiorum, coll. Lacensis, t. 4, Fribourg-en-Brisgau, monitions de Jésus à ses apôtres au cours de la dernière 905 SPIRITUALITÉ ÉPISCOPALE 806 cène {Luc 22, 24-30; Jean 18, 42:16} et un grand dans cette perspective collégiale {il faudrait rappeler nombre des conseils donnés à Timoth ée et à Tite, toute Phisioire des conciles}. Récemment encore l’ency- C'est à cet aspect que l’on rattachera, entre autres, la clique Munificentissimus Deus {19 novembre 4950) affir- majeure partie des enseignements du concile de Trente mait que c’est le consentement moralement unanime du et des écrits inspirés par lui, Chez les auteurs spirituels, magistère ordinaire universel {c'est.à-dire des évêques) les canonistes (cf can. 829), les théologiens, les Hturgistes, qui est « un argument certain et sûr pour affirmer que aucuns formule ne revient plus souven t que le texte de l'assomption corporelle de la Vierge au ciel est saint Cyprien : « Tu dois savoir que l'Église une est dans vérité révélée » (AAS, €. 22, 4950, P. 756-757). l'évêque et l’évêque dans l’Église » (Ep. 66, trad. Bayard, À cet aspect de la spiritualité de l'épiscopat il faudrait t. 2, coll. Budé, Paris, 1925, p. 226). Cette insertion rattacher tout ce qui, dans le nouveau Testament, vitale est caractéristique de l’ordre épisco pal, de son concerne la mission des apôtres, continuateurs de Ja degré hiérarchique et de son action pastor ale. La grâce mission du Verbe incarné, et aussi, croyons-nous, les sacramentelle de l’évêque est généra trice d'Église. C’est considérations sur l'évêque époux de Pglise, ce qui le distingue de l’ordre presbytéral; c'est une 89 L'évêque grand prôtre, fécondité de source. Les pasteurs non-év et la consécration êques partici- épiscopale. — Une spiritualité épiscopale qui se limi- pent à sa responsabilité sans la posséd er au même degré. Il y a dans ce mystère d’ordination sacram terait aux aspects juridiques de la mission apostolique entelle une serait bien insuffisante, La mission du Christ n’est pas richesse et pour ceux qui détiennent la plénitu de du un envoi purement juridique, une investiture purement sacerdoce et pour ceux qui, en une église particulière, y extérieure; elle est, pour prendre les expressions bibli- participent solidairement,. Historiqueme nt, fous les ques, une onction de la sainte Humanité par l'Esprit Mouvements de vie commune partent de là. de Dieu. De même, en affirmant à ses apôtres qu’il 29 L'évêque successeur des apôtre les envoyait comme le Père l'avait envoyé, le Christ s. — Ce premier aspect de la spiritualité épiscopale, si importa leur insufflait l'Esprit Saint. La consécration épiscopale nt 8oit-1 pour fixer le devoir d'état de l'évêque diccésain prolonge dans le corps des évêques cette insufation, , n'exclut nullement un autre aspect de plus large enver- par un rife sacramentel qui les rend participants, à un gure. Le collège épiscopal fait suite au collège titre tout spécial, dans le corps sacerdotal de l'Église, aposto- lique. En continuité avec les encycliques Satis cognitum du sacerdoce suprême de Jésus. Sacrements du Christ (Léon xnt) et Mystici corporis (Pie xu}, l'encyct souverain Prêtre, chefs de tout l'ordre sacerdotal et ique Fidei donum du 21 avril 1957 apporte une importante de la vie liturgique de l’Église, les évêques ne sont pas précision ; « Si chaque évêque n'est Pasteur propre que de simples administrateurs pourvus des grâces d'état de la portion du troupeau confiée à ses soins, nécessaires à cet emploi; en eux et par eux, le sacerdoce sa qualité de légitime successeur des apôtres par institution divine suprême du Christ continue à opérer visiblement par le rend solidairement responsable de la mission ces gestes humains que sont les sacrements, {1 semble aposto- lique de l'Église, selon la parole du Christ à ses apôtres bien que ce soit 1à la source la plus profonde où l'épis- : Sicut misit me Pater, et ego mitto vos {Jean 20, 21). copat doit puiser sa spiritualité, Ici, ce sont surtout Cette mission qui doit embrasser toutes les nations et les textes liturgiques qui seront à considérer, et ceux-ci tous les temps n'a pas cessé à la mort des apôtres; elle conduiront à méditer, après le sacerdoce de Moïse et dure en la personne de tous les évêques en communion d’Aaron, celui du Christ lui-même, puis celui des apôtres, avec le Vicaire de Jésus-Christ ». Ainsi, à côté de la avec, en particulier, le don de l'Esprit de la Pentecôte, responsabilité de l'évêque diocésain vis-à-vis du trou. si souvent mis en relation avec la consécration épisco- peau qui lui est confié, tout évêque, en tant que légitime pale. It faudra aussi méditer le sens de la messe comme successeur des apôtres « ex Dei institutione et præcepto », sacrifice de la nouvelle alliance, c’est-à-dire comme devient responsable de la mission apostolique univer. rite scellant l'alliance que Dieu établit avec son peuple selle de l'Église; il faut préciser qu'il s'agit ici de en lui donnant la loi nouvelle : de cette loi nouvelle l'épiscopat considéré comme un collège, de chaque les apôtres et, après eux, les évêques sont devenus les évêque « en communion avec le Vicaire de Jésus-Christ », transmetteurs en ce jour de la Pentecôte, qui correspond mais « una cum ceteris episcapis », solidairement respon- dans la vie de l’Église à la théophanie du Sinaï. Cest sable (AAS, t. 39, 1957, p. 297; trad. Documentation surtout dans ce sens, semble-t-il, qu’une spiritualité catholique, t. 54, 1957, col, 588), épiscopale serait, de nos jours, susceptible d’un appro- Nous nous trouvons ici devant un aspect très impor. fondissement et d'un enrichissement considérables, tant, directement catholique, de la spiritualité épis- en permettant à l'évêque, selon l'invitation de Paul à copale : le Christ a institué un « collège apostolique » Timothée, de constamment « raviver le don spirituel dont Pierre est la tête, et c’est par agrégation à ce que Dieu a déposé en lui par Pimposition des mains » corps apostolique (cf le récit de l'élection de Mathias, {2 Tim. 4, 6}. Cf J. Lécuyer, Pentecôte et épiscopat, Actes 1, 15-26) qu’on devient évêque; ce collège apos- VB, t. 86, 1952, p, 451-465; Le gréce de la consécration tolique, présidé par le pape, a la responsabilité de épiscopale, dans Revue des sciences philosophiques et toute la mission de salut de l'Église. On a signalé théologiques, t. 86, 1952, p. 389-447. plus haut comment cette conscience du caractère On ne trouvera ici que des études récentes qui n’ont pas été catholique, universel, de la mission des évêques à été citées dans le corps del'article. ... 4..G. Martimort, De l'évêque, vécue et enseignée par de nombreux évêques des pre. coll. La Clarté-Disu 49, Paris, 1948, — Episcopus. Studien über miers siècles; B. Botte a montré récemment combien das Bischofsamt, == Mélanges cardinal Fauthaber, Ratisbonne, cet aspect apparaît clairement dans les textes litur. 1949. — P, Broutin, Florilège épiscopal, RAM, €. 27, 1954, giques (L'ordre d’après les prières d’ordination, loco cit. P. 268-272. — Mer P. Théas, L'évêque dans l'Église, Toulouse, p. 31-32; Caractère collégial du preshbytérat et de l'épis- 1953, — Mer É, Guerry, L'évêque, Paris, 4954, — P..A, Liégé, art, Évique, dans Cafholicisme, t, &, 1954, col, 794-806, = copat, ibidem, p. 410-112). La théologie du magistèr e L'évêque et son Église, dans Cahiers de La Pierre-qui-vire, Paris, ordinaire et extraordinaire ne peut se comprendre que 4955. — Mir A.-M. Charue, L'évéque dans l'Église, dans Docu- 907 ÉPISCOPAT - ÉPITHALAME 908 mentation catholique, t. 54, 1957, col. 630-636. -— Was jet ein Revenons au Cantique des cantiques et à la littéra- Bischof?, dans Herder-Korrespondenz, t. 12, 4958, p. 188-198. ture spirituelle qui en est issue. Nous ferons état, pour — K. Rahner, Primat und ÆEpiskopat. Einige Ueberlegungen les écarter, des applications du Cantique faites par la über Verfassungsprinzipien der Kirche, dans Stimmen der Zeit, t. 161, 1958, p. 321-836. iturgie dans les offices de le sainte Vierge ou des vierges, — Mer A.-M. Charue, Le Clergé dis- césain, Tournai-Paris, 1960. D'ailleurs, il faut on dire autant des autres textes de Pie x, Discours aux évêques, 3t mai et 2 novembre 4954 l'ancien et du nouveau Testament, Psaumes, Sagesse, {AAS, t. 86, 1954, p. 813-317, 666-667); Allocution à l'occasion épitres desaint Paul, etc. Nous ne considérerons pas non des sacres de Mer Montini et de Msr Fontenelle, 42 décembre plus comme des épithalames la plupart des commen. 1954 et 6 juin 4955 {t. 36, 1954, p. 728: Documentation catho- faires spirituels du Cantique {ef DS, t. 2, col. 93-109). dique, t. 52, 1955, col. 773-774). Nous retiendrons seulement la littérature nuptiale Joseph Lécouver, qui procède du Cantique, lorsqu’elle envisage les noces de Jésus-Christ avec la nature humaine ou avec chaque ÉPITHALAME. — L'épithalame, ce chant des âme, ces deux aspects étant quelquefois confondus, noces, poème en l’honneur de Pépoux et de l'épouse, et lorsqu'elle répond par sa forme à la définition de semble bien avoir fait son entrée dans la littératurespiri. Yépithalame. Certes, il est des commentaires spirituels tuelle avec le Cantique des cantiques. À celui-ci on recon- du Cantique, comme ceux d'Origène et de Grégoire de naît des antécédents égyptiens {Bible de Jérusalem, Le Nysse, qui ont une influence certaine sur La littéra- Cantique des cantiques, trad. et introd. A. Robert, ture épithalamique. Peut-être certains textes de saint Paris, 1954, p. 11); ce genre de poème, ordinairement Jean Chrysostome, qui compare le baptême à un rique, quelquefois aussi dramatique et souvent dialo- mariage spirituel (première catéchèse, dans Huit caté- gué, continua d'être en usage chez les anciens, grecs et chèses baptismales, éd. et trad. de À. Wenger, coll. Sour. latins, même à une époque tardive, comme l’atteste ces chrétiennes, Paris, 4967}, de Grégoire le Grand, saint Augustin (Ænarratio in ps. 44, 8, PL 36, 494-495), pourraient-ils aussi être invoqués parmi les sources, pour se transmettre aux modernes qui, à l’époque de Si l'on s’en tient à une définition étroite du genre, on la Renaissance, le cultivérent de nouveau, Ïl connut rejettera mêmo les Sermons de saint Bernard et les une véritable mode au 47€ siècle, particulièrement en Pensées sur l'amour de Dieu de sainte Thérèse sur le Italie, dans la littérature profane, et même dans la Cantique des cantiques. Le nombre des textes que nous littérature sacrée; on peut citer en exemple un Sacro retiendrons, sans vouloir évidemment être exhaustif, épitulamio per lo verginal sponsalisio di S, Rosalia con ne saurait donc être considérable, l’amor divino, de Michel del Giudice (1699), composé Jacopone de Todi } 1806 décrit dans un poème plein à l'occasion de fêtes célébrées à Palerme en F’honneur de fratcheur les noces de la nature humaine « devenue de la sainte. pareille à du foin sec » avec le Christ qui lui « à rendu Dans la littérature religieuse, il faut prendre garde la verdeur », lui qui est « fleur de pureté ». de ne pas confondre l'ensemble de la littérature nuptiale Nicolas de Cuse + 1464, dans un sermon sur le avec le genre proprement épithalamique, beaucoup texte : « Remittuntur el peccata multa, quoniam dilexit plus étroit. On s'abstiendra d'y ranger tous les textes multum » (extraits publiés par J. Lefèvre d'Étaples, "où il est question de noces, d'époux, d’épouse, de lit, Paris, 1514}, compose un dialogue entre un homme etc; et l'on réservera la dénomination d'épithalame pieux « Devotus » st Maria. Maria expose les degrés seulement à ceux qui chantent directement la.gloire de son ascension mystique ot défaille ses richesses: elle de l'Époux et de l'épouse, Le plus célèbre des textes use d'expressions bibliques habilement agencées ; Habui spirituels qui réponde à cette exigence est, on le sait, vestem nuptialem... Subarravit me Dominus.., et décrit le Cantique des cantiques. son union avec le Christ en des métaphores hardies : Il faut ici préciser de quels époux et de quelles nocos Copulabam me fi et stringebat me ei arctissime funis nous entendons parler, Suivant les diverses interpré- amoris.. Et dum osculabatur me osculo oris sui, mel tations données au Cantique des cantiques et suivant et lac sub lingua ejus et favus distillans labiorum ejus les sens attachés par leurs auteurs aux divers épitha. provocaverunt internum desiderium crebrius et pro- lames, on peut formuler trois points de vue : 4) Dieu fondius osculandi eum {f. 85), ét son peuple; 2) Jésus-Christ et PÉglise; Jésus-Christ Saint Jean de la Croix Ÿ 1591 a donné dans son et la nature humaine; Jésus-Christ et chaque âme; Cantique spirituel le plus beau poème épithalamique 8) Dieu et Marie. C’est le second point de vue qui nous que l'on puisse rapprocher du Cantique des cantiques, retiendra. puisque la forme même se fient à ia hauteur de l'inspi- Nous ferons un groupe à part des « épithalames ration, Le drame a les mêmes acteurs, l'époux, l'épouse, évangéliques », ainsi dénommés par un franciscain ita- les créatures; on trouve le même souffle de passion et lien, Ange Gelestino, dans son ouvrage : Æpielami de tendresse, on y chante la beauté des deux amants, vangelici del Verbo encarnato sposo della Chiesa, con leurs fiançailles, la splendeur du lit nuptiat, le divin épiritu profetico composti e cantati... (Venise, 4620). Les mariage et la jouissance réciproque des époux. De trois cantiques du nouveau Testament : Magnificat, saint Jean de la Croix, on retiendra encore au moins Benedictus, Nunc dimittis, y sont envisagés comme des deux poésies qui célèbrent les noces du Fils de Dieu épithalames pour les noces de Jésus-Christ avec FÉglise, et de la nature humaine : « © mon fils, je voudrais te avec la nature humaine et avec l'âme fidèle; l’auteur donner une épouse qui t'aime. »; et « Qu'il en soit insiste sur le caractère « nuptial » de ces vers qui sont ainsi, dif le Père... » (18 et 44, Œuvres, trad. Grégoire de chantés en l’honneur de l'Époux et ne parlent que de Saint-Joseph, Paris, 1947). lui ou de choses lui appartenant {p. 224}. I considère Claude Hopil, parisien, a composé deux poèmes inti- même le Cantique de Salomon comme une figure du tulés Épihalame, l'un qui est le premier d’une série de Magnificat. Salomon chante le futur mystère de l'incar- cantiques épithaiamiques faisant suite à une exposition nation, Marie remercie de Paccomplissement en elle en prose du Cantique des cantiques, qui porte le titre : de ce mystère {p. 46). Les douces extases de l'âme spirütuelle (Paris, 1627);