CIRS — Comité international Rore Sanctifica · etude · 11 mai 2006

RORE 2006 05 11 FR III Notitiae 5 Histoire Pontificalis Romani dans la FSSPX

Post-Vatican II etude-privee
Version unique

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

                   Notitia V
                De Occultatione

(version complétée par rapport aux Notitiae ex tomo III publiées en fin jan- vier 2006)

Histoire de l’étude (ou de la non étude) du nouveau rite Pontificalis Romani (1968) au sein de la FSSPX

 Mgr Lefebvre abusé sur le nouveau rite de
      consécration épiscopale (1968)

• Une position de Mgr Lefebvre en faveur de l’invalidité à la fondation de la FSSPX • L’abbé Schmidberger propagateur de la pseudo-démonstration par « analogie » de Dom Botte auprès de Mgr Lefebvre • Le séminaire de Zaitzkofen centre d’une fausse étude et d’une pseudo-démonstration (en 1984 et en 2005) en faveur de la validité • Les deux alertes de l’abbé Moureaux (1981 et 1992) • Mgr Fellay alerté par sœur Maureen Day en 1995 reste impassible • A Rome, Charles Morerod, dominicain de l’Angelicum, effleure le su- jet devant le Cardinal Ratzinger en 1998 • Le doute de Mgr Tissier au Père Pierre-Marie d’Avrillé (1998) • Le Père Pierre-Marie de Kergorlay, moine d’Avrillé, sur fond d’échanges avec Zaitzkofen, reprend et vulgarise à son compte la pseudo-démonstration par « analogie » de Dom Botte, L’article du Sel de la terre n°54, reprend des textes du Consilium de 1967 et des tra- vaux de Dom Botte • The Angelus (FSSPX aux Etats-Unis) diffuse l’article du Père Pierre- Marie (janv. 2006) • Le rôle central de l’abbé Schmiberger

                                 1

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

                                                     Table des matières
  1. Les questions posées par l’attitude de la FSSPX par rapport à cette question. Deux paradoxes à éclaircir par cette enquête historique...................................................................... 2 Le paradoxe d’un silence de 35 ans de la FSSPX sur le rite des sacres................................. 3 Le paradoxe d’un silence rompu par la frange traditionaliste apparemment la plus intransigeante et pour vulgariser les arguments des révolutionnaires liturgiques de 1968 .... 3 Après un silence de 35 ans et une position de défense du nouveau rite, exprimée à la périphérie (Avrillé), une pratique d’ordinations sous conditions........................................... 4
  2. En 1975-1976, Mgr Lefebvre déclarait le nouveau rite invalide. Le sermon de la messe de Lille........................................................................................................................................ 4
  3. L’ascension fulgurante de l’abbé Schmidberger et sa justification du nouveau rite comme « rite oriental » en 1983.............................................................................................................. 6
  4. L’ignorance de Mgr Lefebvre sur le nouveau rite selon Mgr Tissier ................................ 7
  5. Par ses analyses l’abbé Moureaux dans Bonum Certamen alerte dès 1981 ....................... 7
  6. L’étude du Père bénédictin Kröger jette dans le désarroi les abbés Bisig et Baumann au séminaire de Zaitzkofen ............................................................................................................. 7
  7. La fausse étude (vers 1984) des abbés Bisig et Bauman (Zaitzkofen) pour justifier l’affirmation erronée de l’abbé Schmidberger auprès de Mgr Lefebvre.................................... 8
  8. Nouvelle alerte de l’abbé Moureaux en janvier 1992 ........................................................ 9
  9. Mgr Fellay alerté par sœur Maureen Day en 1995, reste impassible alors qu’à Rome le théologien conciliaire Morerod soulèves des faiblesses en 1998............................................. 11
  10.  Le doute de Mgr Tissier sur le nouveau rite en 1998 exprimé à Avrillé...................... 13
    
  11.  L’implication des abbés Pfluger et Gaudron (Zaitzkofen) dans la discussion avant la
    

parution de l’article du Sel de la terre n°54 (novembre 2005)................................................. 14 12. La justification du nouveau rite par « analogie » avec les rites orientaux dans le Sel de la terre n°54 (novembre 2005)................................................................................................. 15 13. L’appendice I du consilium n°220 (mars 1967) source de la pseudo-démonstration du Sel de la terre n°54................................................................................................................... 16 14. Eclaircissement des paradoxes de l’attitude de la FSSPX face au nouveau rite – Le rôle central de l’abbé Schmidberger......................................................................................... 23 15. Annexes........................................................................................................................ 25 I. Lettre d'un ancien séminariste de Zaitzkofen a Mgr Tissier de Mallerais (daté de janvier 2005) ........................................................................................................................ 25 II. Traduction en français de l’annexe I du schemata n°220 du Consilium daté du 31 mars 1967...................................................................................................................................... 27 III. Texte latin de l’annexe I du schemata n°220 du Consilium daté du 31 mars 1967 . 29

 1. Les questions posées par l’attitude de la FSSPX par rapport à cette
    question. Deux paradoxes à éclaircir par cette enquête historique.

Institution fondée en 1970 par Mgr Lefebvre pour la sauvegarde du Sacerdoce catholique, il eût été naturel que la FSSPX développât les travaux sur la réforme de l’ensemble des rites modifiés après le concile Vatican II, et en particulier parmi ceux-ci les rites qui ont trait au sa- crement de l’Ordre, et de façon prioritaire le rite de consécration épiscopale dont la validité conditionne toute la transmission sacramentelle des Ordres catholiques.

                                                                    2

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

Le paradoxe d’un silence de 35 ans de la FSSPX sur le rite des sacres

De façon tout à fait surprenante, il n’en fut rien, puisque la FSSPX concentra l’essentiel de ses recherches, de ses travaux et de ses colloques sur le rite du sacrement de l’Eucharistie. Nous n’avons pas connaissance de colloques ou d’études mêmes sommaires qui aient été menées par la FSSPX durant les 35 dernières années écoulées sur le sujet du nouveau rite de consécra- tion épiscopale. Il fallut attendre la sortie en août 2005 du premier tome de Rore Sanctifica, à l’initiative de notre Comité international, pour qu’une communauté sous la dépendance de la FSSPX, le couvent des dominicains d’Avrillé, ne publie dans le Sel de la terre, sous la signa- ture du Père Pierre-Marie, une étude sur ce nouveau rite de consécration épiscopale. Ensuite, en décembre 2005 et janvier 2006, The Angelus, la revue du District de la FSSPX aux Etats- Unis, allait diffuser la traduction anglaise de l’article du Père Pierre-Marie, dans le monde an- glo-saxon. Nous sommes donc fondé, comme beaucoup des lecteurs de nos travaux qui s’en sont éton- nés, à nous interroger sur les raisons d’une telle attitude de cette institution sacerdotale alors même que Mgr Lefebvre avait lui-même résumé en frontispice des statuts de la FSSPX, le 20 mars 1990, sa mission en ces termes : « 1965-1990, c'est la période de l'effondrement du sacerdoce catholique. 1970-1990. La Providence dans sa Sagesse infinie suscite une œuvre de restauration du sacerdoce catholi- que, afin de préserver les trésors que Jésus-Christ a confiés à Son Eglise, la foi dans son in- tégrité, la grâce divine par Son Sacrifice et Ses sacrements, et les pasteurs destinés à la dis- pensation de ces trésors de vie divine. […] Manifestation évidente de la bénédiction sur l'Œuvre à laquelle Dieu va confier l'Arche d'Alliance du Nouveau Testament. «Hic est calix sanguinis Mei, novi et aeterni testamenti» Tel est le but de nos constitutions. » Mgr Lefebvre, Préface aux statuts de la FSSPX, 20 mars 1990 Comment et pourquoi une Œuvre de restauration du Sacerdoce catholique a-t-elle pu faire une impasse totale sur l’étude du nouveau rite de consécration épiscopale pendant 35 ans ? Alors même que ce rite a été répudié et remplacé le 18 juin 1968 par un nouveau dont l’Eglise ne conserve dans ses archives aucune trace de son usage, et alors même que de la validité de ce nouveau rite dépend toute la transmission sacramentelle de l’épiscopat.

Le paradoxe d’un silence rompu par la frange traditionaliste apparemment la plus in- transigeante et pour vulgariser les arguments des révolutionnaires liturgiques de 1968

Autre point qui ne cesse de nous intriguer, les arguments avancés par l’étude publiée en no- vembre 2005 par le Sel de la terre. La comparaison de l’étude du Père Pierre-Marie de Ker- gorlay avec les textes connus des réformateurs et puis maintenant les archives du Consilium (1965-67) fait ressortir la quasi-identité entre les arguments mis en avant par le Père domini- cain et la démonstration produite par les réformateurs pour justifier l’adoption du nouveau rite par la Commission qui fonctionna entre 1965 et 1968. A près de 40 années de distance, entre d’une part le bénédictin oecuméniste Dom Botte, dis- ciple de Dom Beauduin ami de Roncalli, et son confrère le Père Lécuyer, ennemi personnel de Mgr Lefebvre, et d’autre part, le dominicain traditionaliste, disciple proclamé de Mgr Lefeb- vre, règne une identité des arguments et même une identité d’usage des mêmes sources erro- nées ou falsifiées qui ont permis de faire avaliser l’abandon de l’ancien rite au profit du nou- veau (lire à ce sujet toutes les preuves apportées par la Notitia II des Notitiae de Rore Sancti- fica).

                                              3

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

Au silence très intriguant observé pendant 35 ans par la FSSPX a donc succédé une tentative médiatisée dans le monde anglo-saxon de vulgarisation quasi à l’identique des arguments des réformateurs de 1968, ou plutôt des révolutionnaires liturgiques, qui mirent en place le nou- veau rite dont nous avons démontré l’invalidité. Il est d’autant plus étonnant que cette reprise développée des arguments des révolutionnaires émane de la frange traditionaliste en appa- rence la plus opposée au concile Vatican II et aux réformes qui en ont découlé. La situation apparaît tout à fait inédite et paradoxale.

Face à ces deux paradoxes, et sur une question aussi grave de par ses implications et de par la radicalité de cette réforme liturgique, il devenait nécessaire de faire la lumière et d’enquêter et de rassembler les éléments et les témoignages aujourd’hui disponibles.

Cette continuité du silence dans la durée, puis, une fois le silence rompu après 35 ans, cet ali- gnement fidèle sur les positions des réformateurs et leurs arguments pour arguer de la validité du nouveau rite, pose des questions évidentes, car elle n’a pu s’obtenir sur la durée de près de quatre décennies, sans une action volontaire et pertinace. Alors qui, au sein de la FSSPX, en fut l’instigateur ? Qui a pu, sur plusieurs décennies, maintenir la question de l’étude de ce nouveau rite de consécration épiscopale, hors du champ de toute investigation ?

Après un silence de 35 ans et une position de défense du nouveau rite, exprimée à la périphérie (Avrillé), une pratique d’ordinations sous conditions

Alors que la position diffusée par la FSSPX dans The Angelus se fait le relais du Sel de la terre en faveur de la validité du nouveau rite, la pratique de la FSSPX est tout autre. Très ré- gulièrement la Fraternité ré-ordonne sous conditions les « prêtres » conciliaires qui la rejoi- gnent. Mentionnons seulement pour exemple celle de l’abbé Janetti (Allemagne) en 2005. Cette pratique laisse entendre qu’à côté d’un récent relais officiel en faveur de l’invalidité et une absence d’études depuis 35 ans, l’attitude de la FSSPX dans les faits a été de procéder comme s’il y avait doute et invalidité. Pourquoi une telle situation paradoxale ?

Dans cette enquête, nous allons découvrir que le recoupement de faits désormais connus et en particulier des témoignages que nous avons rassemblés, permet d’apporter un début de ré- ponse à toutes ces questions.

  1. En 1975-1976, Mgr Lefebvre déclarait le nouveau rite invalide. Le sermon de la messe de Lille. Nous ne connaissons pas d’écrits de Mgr Lefebvre au sujet de l’étude du nouveau rite de consécration épiscopale, dans les années 1970. Cependant nous disposons maintenant du témoignage de l’abbé Cekada :

     « C’est par hasard (en 1975-1976) au cours de ma première année passée au séminaire de la
    

    Fraternité Saint Pie X (FSSPX) à Ecône en Suisse, que j’ai rencontré ce problème. Je suis allé demander à Mgr Marcel Lefebvre si des amis conservateurs du séminaire où je me trouvais auparavant, pourraient collaborer avec la Fraternité une fois ordonnés prêtres. Il me répondit que, oui, en principe, mais qu’ils devraient d’abord être réordonnés sous condition parce que Paul VI avait changé le rite du sacrement des Saints Ordres. Monseigneur Lefebvre expliquait que la nouvelle forme (la forme essentielle) du rite de l’ordination sacerdotale était douteuse à cause d’un seul mot qui avait été supprimé. Et Mon-

                                           4
    

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

   seigneur de continuer : pour ce qui est de la forme nouvelle de la consécration épiscopale,
   elle est complètement différente et donc invalide. » Abbé Cekada – 25 mars 20061

Rappelons les propos de Mgr Lefebvre lors de la messe de Lille le 29 août 1976. On cons- tate que Mgr Lefebvre était bien dans l’état d’esprit que décrit l’abbé Cekada, même s’il ne parle pas explicitement d’invalidité. « Cela a été le summum de la victoire du démon de détruire l'Eglise par obéissance. Dé- truire I'Eglise par obéissance. Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux: les sé- minaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces sé- minaristes ? qui sont-ils encore ces séminaristes ? savent-ils qu'ils vont être prêtres ? savent- ils ce qu'ils vont faire quand ils vont être prêtres ? Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l'Eglise et la Révolution est une union adultère, adultère. De cette union adultère ne peut venir que des bâtards2. Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la Messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette Messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu'ils sont. C'est le Cardinal de Cincinatti qui à Rome disait pourquoi il n'y a plus de vocations, parce que l'Eglise ne sait plus ce qu'est un prêtre. Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu'est un prêtre ? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu'ils sont. Ils ne savent pas qu'ils sont faits pour monter à l'Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ » […]. C'est cette volonté de dialogue avec les protestants qui nous a valu cette Messe bâ- tarde, et ces rites bâtards. Les protestants nous ont dit : «Nous ne voulons pas de votre Messe parce qu'elle comporte des choses incompatibles avec notre foi protestante, alors changez cette Messe et nous pourrons prier avec vous, nous pourrons faire des intercommu- nions, nous pourrons recevoir vos sacrements, vous pourrez venir dans nos églises, nous, nous irons dans les vôtres, et tout sera fini, et nous aurons l'unité». Oui, nous aurons l'unité, mais dans la confusion, dans la bâtardise. Nous ne voulons pas de cela. Jamais l'Eglise ne l'a voulu. Nous aimons les protestants, nous voudrions les convertir, mais ce n'est pas les aimer que de leur faire croire qu'ils ont la même religion que la religion catholique.

      Il en est de même avec les francs-maçons. On veut maintenant dialoguer avec les francs-
   maçons, non seulement dialoguer avec eux, mais permettre aux catholiques de faire partie de
   la Franc-Maçonnerie. C'est encore un dialogue abominable. Nous savons parfaitement que
   les personnes qui dirigent la Franc-Maçonnerie, au moins les responsables, sont foncière-
   ment contre Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et ces messes noires qu'ils font, ces messes
   abominables, sacrilèges, horribles qu'ils font. Ce sont des parodies de la Messe de Notre-
   Seigneur. Et ils veulent des hosties consacrées, eux, pour faire ces messes noires. Ils
   savent que Notre-Seigneur est dans l'Eucharistie, car le Diable le sait que Notre-
   Seigneur Jésus-Christ est dans l'Eucharistie ! Ils ne veulent pas des hosties qui vien-
   nent de messes dont ils ne savent pas si le Corps de Notre-Seigneur est là ou pas. Alors
   dialoguer avec des gens qui veulent la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ une seconde fois,
   dans la personne de leurs membres, dans la personne de l'Eglise ? Nous ne pouvons pas
   admettre ce dialogue ! Nous savons ce qu'a valu le dialogue avec le Diable, le premier dialo-
   gue d'Eve avec le Diable. Elle nous a perdus, elle nous a mis tous dans l'état de péché, parce
   qu'elle a dialogué avec le Diable. On ne dialogue pas avec le Diable. On prêche à tous ceux
   qui sont sous l'influence du Diable, afin qu'ils se convertissent, qu'ils viennent à Notre-
   Seigneur Jésus-Christ.

1 http://www.rore-sanctifica.org/ 2 Bâtard : illégitime, dégénéré, altéré, hybride, ascendants inconnus, croisements anormaux, se dit d’une œuvre non produite par la personne à qui on l’attribue, etc.

                                                5

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

           […]Je veux qu'à l'heure de ma mort, lorsque Notre-Seigneur me demandera : «Qu'as-tu fait
       de ta grâce épiscopale et sacerdotale ?» je n'aie pas à entendre de la bouche du Seigneur :
       «Tu as contribué à détruire l'Eglise avec les autres».
           […] Si on nous dit aujourd'hui que l'on peut faire des intercommunions avec les protes-
       tants, qu'il n'y a plus de différence entre nous et les protestants, eh bien! ce n'est pas vrai. Il y
       a une différence immense. C'est pourquoi nous sommes vraiment stupéfaits quand nous
       pensons que l'on a fait bénir par l'archevêque de Cantorbery — qui n'est pas prêtre, puis-
       que les ordinations anglicanes ne sont pas valides, le Pape Léon XIII l'a déclaré officiel-
       lement et définitivement, et qui est hérétique comme le sont tous les anglicans (je le re-
       grette on n'aime plus ce nom-là, mais c'est quand même la réalité, ce n'est pas pour donner
       une insulte que de l'employer et je ne demande que sa conversion) — quand on pense donc
       qu'il est hérétique et qu'on lui demande de bénir avec le Saint Père la foule des cardinaux et
       des évêques présents dans l'église de saint-Paul. C'est là une chose absolument inconceva-
       ble! inconcevable ! »Mgr Lefebvre, sermon de la messe de Lille, 29 août 19763

   3. L’ascension fulgurante de l’abbé Schmidberger et sa justification du
      nouveau rite comme « rite oriental » en 1983

Cette position de Mgr Lefebvre évolua avec l’ascension de l’abbé Schmidberger à ses côtés. L’abbé Schmidberger, qui entretrenait une réputation de fermeté doctrinale, de part ses ori- gines avant son entrée dans la Fraternité, avait été poussé en avant par Rome, alors que des « pourparlers » étaient engagés. Donnons quelques éléments de biographie de l’abbé Schmidberger. Ils soulignent l’ascension anormalement rapide de l’abbé Schmidberger au sein de la FSSPX. Le nom de Franz Schmidberger apparaît en 1965 :

       « C’est à l’université de Munich, peu avant Noël 1965, pendant des cours de philosophie
       transcendentale du professeur Reinhard Lauth, que débute la résistance à la révolution ecclé-
       siale. Dès lors, un groupe croissant d’étudiants se rassemble autour du professeur, observant la
       crise de l’Eglise et soutenant le maintien de la messe traditionnelle : parmi eux, le Souabe et
       mathématicien Franz Schmidberger et le Prussien philosophe Klaus Wodsack. En 1972, les
       deux amis entrent à Ecône […] les nouveaux venus germanophones, dont le Zougois Josef Bi-
       sig, ouvrent maintenant l’Allemagne et la Suisse alémanique à la parole d’un archevêque de
       plus en plus itinérant. »4

Selon une source autorisée, voici d’autres éléments sur l’abbé Schmidberger :

       « L’abbé Schmidberger est un disciple de Reinhard Lauth qui a enseigné la philosophie de
       Fichte (protestant) à l’université de Munich. Le séminariste Schmidberger reprochait au pro-
       fesseur de philosophie d’Ecône son manque de connaissance d’Emmanuel Kant. L’abbé
       Schmidberger avait reçu une formation de mathématiques avant son entrée au séminaire.
       Lauth était l’une des rares personnes à se déplacer fréquemment de l’autre côté du rideau de
       fer, et ses cours y circulaient. Schmidberger aurait écrit dans la revue de Lauth : « Einsicht »
       vers 1973. A cette époque cette revue dénonçait l’invalidité de la nouvelle messe et du pontifi-
       cal de Paul VI. »

Entré dans la FSSPX en 1972, il fut ordonné prêtre en décembre 1975, et en août 1976, il fut nommé directeur d’un séminaire à Weissbad. Après avoir été élu « vicaire général » de la FSSPX en juillet 1982, l’abbé Schmidberger prit en juin 1983 la succession de Mgr Lefebvre comme Supérieur général de la Fraternité, Mgr Lefebvre gardant pour lui les relations avec Rome. Et fort de son ascension rapide auprès de Mgr Lefebvre, l’abbé Schmidberger tenta

3 http://www.virgo-maria.org/page6.htm 4 Marcel Lefebvre, une vie – p. 476 - Mgr Tissier de Mallerais, Editions Clovis, 2002

                                                      6

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

de faire admettre à celui-ci la thèse de Dom Botte, celle d’un nouveau rite justifié par les rites orientaux.

   « Mgr l’Evêque Donald Sanborn rapporte ce qui suit : En conversant au début de l’année 1983
   avec Mgr l’Archevêque Marcel Lefebvre et l’abbé Fr. Schmidberger au sujet des négociations
   qui avaient alors lieu entre la Fraternité et le Vatican (plus ça change…), Mg Sanborn deman-
   dait comment la Fraternité pourrait accepter quelque solution que ce fût, puisque l’Archevêque
   nous avait dit maintes fois qu’il considérait que le nouveau rite de consécration épiscopale
   était invalide. L’Archevêque répliqua : « Apparemment, ce serait valide », puis il fit un geste
   invitant l’abbé Schmidberger à s’exprimer, lequel dit alors « C’est un rite oriental ». » Abbé
   Cekada – 25 mars 2006

4. L’ignorance de Mgr Lefebvre sur le nouveau rite selon Mgr Tissier

Nous apprenons en avril 2006 que Mgr Lefebvre n’a jamais traité de la validité des consécra- tions épiscopales selon Mgr Tissier qui déclare ne pas connaître la pensée de Mgr Lefebvre sur ce sujet : «Je ne connais pas sa pensée (à Mgr Lefebvre) à ce sujet. Il ne connaissait pas le nouveau rite relatif à l’Episcopat. Il n’étudia ou ne lut pas ces sujets. Parce que tout simplement, il continua avec l’Ancien Rite». Mgr Tissier de Mallerais - 21 avril 20065

5. Par ses analyses l’abbé Moureaux dans Bonum Certamen alerte dès
   1981

Dans Bonum Certamen, l’abbé Moureaux alarmait au sujet de l’invalidité des nouveaux rites tant d’ordination sacerdotale que de consécration épiscopale. Il mettait le doigt sur l’un des arguments essentiels de l’invalidité de la nouvelle forme, celui de l’absence de signification du pouvoir d’ordre dans le rite de consécration épiscopale. Ce point a été amplement déve- loppé dans les tomes I en août 2005 et puis les Notitiae du tome III de Rore Sanctifica en jan- vier 2006. L’abbé Cekada le soulignera aussi dans son étude de mars 2006.

   « Or, remarque stupéfiante, dans ce texte capital, LA FONCTION PRIMORDIALE DE
   L’ÉVÊQUE, ORDONNER DES PRÊTRES, EST ABSENTE ; omission lourde de consé-
   quences et tout à fait dans le sens conciliaire et protestant qui nie l'existence du sacerdoce et
   veut, avec Luther, que tous les baptisés soient prêtres. (Cf. dans B. C. 58 les déclarations des
   évêques Vilnet et Hughe). "Assigner les ministères", c'est tout simplement une fonction admi-
   nistrative qu'exerce n'importe quel chef de secte hérétique. Avec de la bonne volonté, on peut
   voir une allusion à la messe dans l'expression "offrir les dons de l'Eglise". Mais le pasteur pro-
   testant lui aussi offre des dons de l'Eglise. Seul le rappel du sacrifice, qui est absent du
   texte, donnerait son sens sacerdotal vrai à cette offrande. » Abbé Moureaux, Bonum Cer-
   tamen, n°59, novembre-décembre 1981.

Mais ce cri d’alarme ne fut suivi d’aucune étude de la part de la FSSPX.

6. L’étude du Père bénédictin Kröger jette dans le désarroi les abbés
   Bisig et Baumann au séminaire de Zaitzkofen

Ancien séminariste au séminaire de Zaitzkofen, Thilo Stopka, évoque en janvier 2005, auprès de Mgr Tissier de Mallerais, l’émoi que suscita la publication en 1978 d’une étude d’un béné-

5 http://www.virgo-maria.org/articles_HTML/2006/005_2006/VM-2006-05-01/VM-2006-04-30-1-02- Mgr_Tissier_rejette_tout_Vatican%20II_et_toute_reconciliation.htm

                                               7

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

dictin, le Père Athanasius Kröger, qui émettait les doutes les plus graves sur la nouvelle forme de consécration épiscopale :

   « Il faut savoir, qu’en 1978 une étude approfondie fut publiée par le Père Athanasius Kröger
   OSB dans le magazine UNA VOCE d’Allemagne. Cette étude contenait une comparaison en-
   tre la prière de Paul VI pour consacrer un évêque et celle de la tradition syriaque. Comme vous
   le savez, Paul VI a prétendu, que la prière syriaque était d’un usage constant dans cette église
   orientale, qu’elle a toujours été reconnue comme valide par Rome, et que donc sa prière est
   valide.

   Il suffit simplement de donner un coup d’œil pour voir, que la prétention de Paul VI est une
   pure invention (comme le dernier coup concernant l’anaphore de Addai & Mari dont nous
   sommes tous témoins). On peut tout à fait imaginer, que l’expertise du Père Athanasius avait
   beaucoup gêné les Abbés Bisig et Baumann à Zaitzkofen, parce que tout cela était de l’eau
   pour le moulin des sédévacantistes présents au séminaire. Les tensions étaient montées très
   haut. Aux alentours de 1984 l’abbé Bisig a réussi à éliminer cette fraction du séminaire et
   beaucoup sont partis. »
   Lettre à Mgr Tissier de Mallerais, par Thilo Stopka, ancien séminariste de la FSSPX à Zaitz-
   kofen – janvier 2005

Notre Comité international a publié, pour la première fois en langue française cette étude du R.P. Kröger dans les annexes aux Notitiae de Rore Sanctifica paru en fin janvier 2005. La No- titia IV de Rore Sanctifica, à paraître dans sa version révisée et fortement enrichie, analyse avec précision les arguments du Père Kröger au sujet de la signification du Spiritus Principa- lis. Nous avons appris à l’occasion de la publication de cette étude en français qu’Avrillé dis- posait déjà de la traduction française de cette étude depuis septembre 2005. L’article du nu- méro 54 du Sel de la terre la cite d’ailleurs, mais il est regrettable qu’il n’en détaille pas les arguments très justes. Cependant, au séminaire de Zaitzkofen cette étude suscita un certain émoi.

  1. La fausse étude (vers 1984) des abbés Bisig et Bauman (Zaitzko- fen) pour justifier l’affirmation erronée de l’abbé Schmidberger au- près de Mgr Lefebvre Mgr Tissier connaît, par le courrier que lui adressa en janvier 2005 un ancien séminariste de Zaitzkofen, la manipulation opérée auprès de Mgr Lefebvre par les abbés allemands Bisig et Baumann :

    « Comme l’argument du pontifical de Paul VI a joué un rôle clef, on a commencé par dénon- cer que le Père Athanasius avait utilisé de mauvais textes et des sources douteuses. L’abbé Bi- sig a laissé faire venir une copie de la prière syriaque en latin, une version authentique que les syriaques avaient déposé à Rome au 17ème siècle, comme texte de référence. Mais il a évité de communiquer ce texte, et aux séminaristes, et à Monseigneur Lefebvre. Les abbés Bi- sig et Baumann disposaient donc d’un bon texte dans leur dossier, mais comme la tra- duction latine confirmait les conclusions du Père Athanasius, au lieu d’en faire une étude approfondie, ils ont simplement publié un communiqué prétendant, qu’une analyse ri- goureuse prouvait, que Paul VI avait dit la vérité, et que la prière de Paul VI était la prière syriaque. C’est un mensonge énorme. Pour le réfuter il fallait tout simplement consulter le document de base, mais personne ne se méfiait. Le résultat fut extraordinaire. Tout le monde leur fit confiance, y compris Monsei- gneur Lefebvre. A partir de ce moment là, il n’y eu plus personne à Zaitzkofen, osant citer l’étude du Père Athanasius comme source. Le problème était enterré.

                                             8
    

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

   Pourquoi sais-je tout cela ? C’est parce que, comme séminariste je m’intéressais au sujet, et le
   successeur de l’abbé Bisig, l’abbé Paul Natterer, victime comme les autres, comme moi,
   comme Monseigneur Lefebvre, m’a permis de donner un coup d’œil à l’expertise, qui avait
   réglé cette affaire d’une façon radicale, comme il disait. L’abbé Natterer lui-même n’a jamais
   lu l’expertise dans laquelle il avait pleine confiance et il ne me fit aucun obstacle pour la lire.
   « Quand j’ai ouvert le dossier, je fus très étonné de constater que cette «étude» consistait
   en quelque lignes. A part le document de base, qu’on a évité de publier, il n’y avait pas grand
   chose. Je comparais la traduction latine de la prière syriaque avec celle de Paul VI avec beau-
   coup de consternation. Les deux textes étaient totalement différents. En quelques lignes on
   avait le toupet de dire, que les deux prières de la consécration épiscopale correspondaient très
   bien, qu’il n’y avait rien à craindre, et que le texte de Paul VI était valide.
   Sans rien dire j’ai rendu le dossier à l’abbé Natterer mais je ne savais plus quoi faire. Peut-être
   mon latin était-il trop mauvais? Peut-être avaient-ils d’autres informations que j’ignorais?
   L’abbé Natterer a continué de dire en classe, que la prière de Paul VI est celle de la tradition
   syriaque, et tous les séminaristes à Zaitzkofen le notaient sagement dans leurs cahiers. Et je
   pense que c’est comme cela jusqu’à nos jours.
   Depuis quelque mois, je dispose du texte syriaque, et maintenant je me souviens de ce que
   j’avais vu. L’ « expertise » de l’abbé Bisig était tout le temps dans le bureau de son succes-
   seur, qui avait tous les moyens pour démasquer ce mensonge. Ignorant comme moi, il me l’a
   laissé lire, mais le problème continue de nos jours. Je vous laisse maintenant, Monseigneur, la
   mission de dénoncer publiquement cette fourberie. »
   Lettre à Mgr Tissier de Mallerais, par Thilo Stopka, ancien séminariste de la FSSPX à Zaitz-
   kofen – janvier 2005

L’abbé Bisg allait ensuite quitter la FSSPX en 1988, au moment des sacres de quatre évêques par Mgr Lefebvre. Devenu Supérieur de la FSSP (Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre), fondée en dissidence de la FSSPX, il allait être évincé de ses fonctions, lorsque le 29 juin 1999, une pétition de seize signataires, prêtres membres de sa propre société sacerdotale allait demander l’intervention de Rome dans la Direction de cette Fraternité.

  1. Nouvelle alerte de l’abbé Moureaux en janvier 1992 L’abbé Moureaux allait approfondir ce sujet en 1992, alors que l’abbé Aulagnier était Supé- rieur du District de France :

    « L'ORDINAL DE PAUL VI EST INVALIDE
    
    B - ÉTUDE DE L'ÉPISCOPAT
    
     VÉRITÉ DE FOI. Le Concile de Trente enseigne que le sacerdoce est un sacrement uni-
    

    que, qui se réalise en deux états, l'un plénier, c'est l'épiscopat ; l'autre, restreint, c'est la prê- trise... Dans la première partie de cette étude il est apparu clairement que la foi catholique ex- plicitée par Léon XIII affirme INVALIDE l'ordination d'un prêtre faite avec cet Ordinal. Qu'en est-il du sacre d'un évêque ?

    MODIFICATION DE LA FORME L'Eglise, répétons-le a le pouvoir de modifier les
    

    termes de la forme d'un sacrement, donc de l'Épiscopat. Mais elle ne doit le faire que pour des raisons gravissimes et pour le bien de l'Eglise qui les postule. Quand un pape antérieur à Paul VI toucha à la forme d'un sacrement, il en exposa les raisons. Paul VI, à l'opposé, sans donner aucune explication, fabriqua une forme nouvelle de l'épiscopat, ne gardant de la forme ancestrale que la conjonction ET. Voici la forme supprimée par l'ordinal de Paul VI : "Comple in sacerdote tuo ministerii tui summam, et omamentis totius glorificationis ins- tructum, cœlestis unguenti rore sanctifica' 9

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

     Ce que le français rend ainsi :
     "Achevez dans ce prêtre la plénitude de son ministère ; et paré des ornements de l'honneur
     le plus haut, sanctifiez-le par la rosée de l'onction céleste".

      Aucun doute sur la validité de cette formule qui exprime tout d'abord que le candidat à
  l'épiscopat est prêtre (ce qui n'est pas le cas s'il a été ordonné avec l'Ordinal de Paul VI) ; qui,
  ensuite affirme qu'il va recevoir la plénitude du sacerdoce ("ministerii tui summam"), et, enfin,
  la plénitude de la grâce ("cœlestis unguenti rore").

     ALIGNEMENT SUR L'ORDINAL ANGLICAN. A la place de ce texte éminemment
  catholique, Paul VI substitua une forme d'allure anglicane et étrangère à la plénitude du sacer-
  doce. La voici :
     "Et nunc effunde in hunc electum eam virtutem qui a te est, spiritum principalem, quem
     dedisti dilecto Filio tuo, Jesu Christo, quem ipse donavit sanctis apostolis qui constituerunt
     Ecclesiam per singula loca, ut sanctuarium tuum in glo- riam et laudem indéficientem no-
     minis tui"...
     Je traduis mot à mot :
     "Et maintenant répands sur cet élu cette force qui est en toi, l'esprit propre aux personnes
     qui commandent, que tu as donné à ton Fils Jésus-Christ, et dont Lui-même gratifia les
     saints apôtres qui établirent l'Eglise dans chaque lieu, à la façon de ton sanctuaire, pour la
     louange incessante et la gloire de ton nom.

      Pour qui sait lire, ce texte concerne un élu, donc pas explicitement un prêtre auquel le rite
  va donner, non la plénitude du sacerdoce, mais un esprit de chef qui est "le propre de ceux qui
  commandent".
      Il ne s'agit donc pas dans cette formule de l'Esprit-Saint. La preuve : Paul VI a emprunté ce
  terme "spiritum principalem" (esprit de chef) au vocabulaire de l'Armée romaine. Cet "esprit"
  devait être celui du chef du premier rang dans la ligne de bataille. Que vient faire cet intrus
  dans un sacrement.
      Mais dira-t-on, au verset 14 du psaume 50, on trouve cette expression "spiritu principali"
  Certes, mais le sens que l'on donne à cet endroit de l'Ecriture, convient fort mal à "l'esprit" que
  doit avoir un évêque catholique si on en croit saint Paul. En effet, dans le psaume 50, David
  crie sa douleur d'avoir commis un assassinat pour assouvir sa passion adultérine. Aussi les
  commentateurs de "spiritu principali" traduisent : "Esprit noble de prince qui évite de tomber
  dans le crime". Dans certains textes hébreux, l'expression signifie : "maîtrise de soi-même",
  dans d'autres: "esprit d'hégémonie". En définitive, Paul VI demande pour le futur "élu" la maî-
  trise de ses passions. C'est fort louable. Mais cette prière doit être celle de tout baptisé, et ne
  signifie nullement la grâce de l'épiscopat...

      En revanche, dans son sens étymologique et historique, l'expression "spiritu principali" est
  parfaitement adaptée aux évêques anglicans qui sont avant tout des fonctionnaires nommés par
  le roi et révocables par lui seul. Ils ne sont pas considérés comme jouissant d'un pouvoir d'or-
  dre supérieur à celui du simple prêtre. NON, ils sont la traduction vivante du mot "épiscope",
  étymologiquement "surveillant", et cela sous l'œil du pouvoir politique.
      Ainsi Paul VI identifie l'évêque catholique au faux évêque anglican. Les Modernistes l'ont
  si bien compris que l'un des responsables de l'Ordinal, le P. Botte, a écrit un texte tortueux qui
  essaye de donner à "spiritum principalem" le sens de "l'Esprit-Saint". Il part d'un texte équi-
  voque écrit par le prêtre Hippolyte qui, ambitieux, déçu, fonda sous le pontificat de Calixte
  une secte schismatique dont il se fit le pape. Pour ses disciples il rédigea un Pontifical dans le-
  quel le P. Botte est venu puiser pour justifier l'injustifiable expression "spiritum principalem"
  et l'équiparer à "Spiritus sanctus". Nous ne pouvons entraîner nos Lecteurs dans la réfutation
  du P. Botte : elle a été faite magistralement par un auteur américain (Cf. Burton scott Easton :
  The Apostolic Tradition of Hipolytus).



                                              10

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

      Contentons-nous de dire qu'il faut que les défenseurs de l'Ordinal de Paul VI soient bien
   pauvres en arguments pour aller chercher à XIX siècles de distance le texte d'un schismatique,
   par ailleurs fort équivoque, afin de faire dire à "spiri- tum principalem" : Esprit-Saint ! ! Le
   pauvre P. Botte s'est livré à une recherche savante qui ne manque pas de parenté avec un tour
   de prestidigitation. Mais recherche parfaitement vaine, car Léon XIII, dans la condamnation
   de l'Ordinal anglican, déclare que des paroles aussi claires et obvies que "recevez le Saint-
   Esprit" sont "loin de signifier d'une manière précise le sacerdoce en tant qu'Ordre, et la grâce
   qu'il confère", si parallèlement ce sacerdoce et les grâces qu'il confère ne sont pas EXPLICI-
   TEMENT signifiés :
      "Une forme à laquelle de propos délibéré on a retiré tout ce qui, dans le rite catholique, fait
      nettement ressortir la dignité et les devoirs du sacerdoce ne peut être une forme convenable
      et suffisante du sacerdoce" (Léon XIII).

       LES MOTS ESSENTIELS SONT DISPARUS. Si maintenant, nous considérons le pro-
   blème par un autre côté, de- mandons-nous si les mots essentiels que l'on retrouve dans toutes
   les formes valides de consécration épiscopale utilisées au cours des âges dans l'Église, se re-
   trouvent dans l'Ordinal de Paul VI ?
       Voici les plus caractéristiques de ces mots :
   "summus sacerdos" (prêtre suprême) ; "dignitas pontificalis" (dignité pontificale) ; "épisco-
   pus" (évêque) ; "sacerdos plenus" (sacerdoce parfait)... Or, l'Ordinal de Paul VI n'en comporte
   AUCUN. » Abbé Moureaux, Bonum Certamen, n°119, janvier-février 1992.

Malgré cette nouvelle alarme de l’abbé Moureaux, le silence de la FSSPX allait continuer im- perturbablement. Mgr Lefebvre avait disparu depuis dix mois, et l’abbé Schmidberger était alors le Supérieur général.

  1. Mgr Fellay alerté par sœur Maureen Day en 1995, reste impassible alors qu’à Rome le théologien conciliaire Morerod soulèves des fai- blesses en 1998 A proximité de l’anniversaire du centenaire d’Aposptolicae Curae (1896), Rome de son côté prend l’initiative de divulguer les documents des archives du Saint-Office, l’initiative a été prise de constituer une collection de publications de textes des Archives, du nom ‘Fontes Ar- chivi Sancti Officii Romani’ éditée par la Casa Editrice Olschki de Florence, dont le premier volume, intitulé ‘La validité des ordinations anglicanes’ (...) dirigé par le R.P. Gunten, donne lieu à une publication en 1997 d’un ouvrage à Florence. L’Académie Nationale des Lincei et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie les actes de la journée d’études dédiée à L’ouverture des archives du Saint -Office Romain (Rome, 22 janvier 1998), où l’héritier du R.P.von Gunten, le dominicain conciliaire, Charles Morerod, prononcera une conférence de- vant celui qui était alors le cardinal Ratzinger, où il soulèvera publiquement les questions que pose le nouveau rite des ordinations de 1968 au regard de la validité, lors d’un comparatif avec les rites anglicans. Ayant vu le problème, Charles Morerod cherche une échappatoire dans l’argument du « contexte » (significatio ex adjunctis), bien que cet argument, utilisé ain- si, n’ait aucune valeur.

    “Même le rite d’ordination utilisé dans l’Eglise Catholique de 1969 à 1989 était peu explicite à propos de la dimension sacramentelle du ministère du prêtre. Le rite anglican de 1552, ne pourrait-il être qu’une adaptation pastorale de la liturgie, comme celui de Vatican II? Les mêmes archevêques [anglicans] de Canterbury et d’York le suggèrent dans leur réponse de 1897 à Léon XIII”. Charles Morerod - pp. 113-114

                                            11
    

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

   “Dans le rite d’ordination utilisé par l’Eglise Catholique de 1968 à 1989, on ne dit pas expli-
   citement que le prêtre est ordonné pour célébrer les sacrements (...)”Charles Morerod - p.
   114, n° 48.
   “le rite de 1989 développe notablement la prière d’ordination du prêtre pour introduire expli-
   citement la dimension sacramentelle dans son ministère. (...) Mais la rénovation du rite n’a
   pas totalement supprimé une certaine ambiguïté, cf. Pierre Jounel (...): ‘D’une manière un
   peu surprenante, la prière insiste moins que le schéma d’homélie sur le caractère sacrificiel
   de la messe’” Charles Morerod - p. 114, n° 48.
   “C’est cela la différence entre le rite anglican de 1552 et le rite catholique (même seulement
   implicite) de 1969” écrit l’auteur, citant von Gunten: “(...) De fait, la forme de l’ordination
   des prêtres, telle qu’elle a été promulguée par Paul VI n’indique pas explicitement le rapport
   au sacrifice eucharistique. Cependant cette prière est l’expression d’une communauté qui en-
   seigne que l’ordination sacramentelle confère le pouvoir d’offrir le sacrifice de la messe. Au
   contraire les paroles de l’ordinal anglican ne reflètent pas l’enseignement d’une Eglise qui
   croit que le sacerdoce est pouvoir d’offrir sacramentellement le sacrifice du Christ” Charles
   Morerod - p. 116, n° 53

Les actes de ce colloque feront l’objet en décembre 1998 d’une recension dans la revue Soda- litium sous le titre significatif : « de Cranmer à Montini ».

Alors qu’un théologien conciliaire, Charles Morerod, doyen de théologie à l’Angelicum à Rome mettait le doigt, mais sans aller au bout de son raisonnement, sur les problèmes que pose le nouveau rite de consécration presbytérale, il semble que la Direction de la FSSPX s’abstenait de tout questionnement sur ce nouveau rite. En effet, quelques mois auparavant, à la veille du même centenaire, Mgr Fellay, alors supérieur de la FSSPX, reçoit, en décembre 1995, de la part de sœur Maureen Day, une étude qui met en cause la validité du nouveau rite d’ordination presbytérale et demande solennellement à Mgr Fellay de l’étudier ainsi que celui de la consécration épiscopale. Cette religieuse réagit à une déclaration de Mgr Fellay dans la revue d’avril 1994 du Catholic, où celui-ci reconnaît sans réserves la validité du nouveau rite d’ordination presbytérale.

   « Le 13 Septembre 1996 marquera le centenaire de la Bulle du Pape Léon XIII : Apostolicae
   Curae (13 Septembre 1896).
   Cette Bulle proclame, d’une manière que le Pape Léon XIII voulait finale et irréformable, que
   l’Ordinal Anglican est invalide en raison de son défaut de forme. Et pourtant, le Cardinal Jo-
   hannes Willebrands, au nom du Saint Siège, dans sa lettre à ARCIC-II du 13 Juillet 1985, ren-
   due publique en Mars 1986, indiquait que le Saint Siège espérait déclarer, pour une date à ve-
   nir, que le défaut de forme de l’Ordinal Anglican aurait alors cessé d’exister, et que, dès la
   date de cette déclaration du Saint Siège, cet Ordinal pourrait être utilisé validement. Nul doute,
   que jusqu’à la date du centenaire évoqué plus haut, des débats auront lieu sur la question de
   savoir si la réalisation des espoirs du Saint Siège est ou non possible. Dans sa lettre, le Cardi-
   nal Willebrands déclarait que l’un des facteurs qui avait encouragé le Saint Siège à nourrir cet
   espoir, résidait dans le fait que le Nouveau Rite d’Ordination avait été promulgué par le Pape
   Paul VI. Vous-même, à propos de ce Nouveau Rite d’Ordination de 1968/89, vous avez décla-
   ré dans un entretien accordé à l’Editeur du Catholic, entretien publié dans le numéro d’Avril
   1994 de ce journal, que vous reconnaissiez, sans réserve, la validité de la version latine de ce
   Rite. Mais, comme vous le savez, des Catholiques Traditionnels, membres du clergé et laïcs,
   font valoir la validité - à tout le moins – douteuse de toutes les versions de ce Rite, y compris
   de sa version latine, en raison de son défaut de forme. Puis-je vous présenter les grandes lignes
   de leur argumentaire. » Maureen Day, Le Nouveau rite d’ordination (NRO), décembre 1995

La religieuse démontre que l’acceptation de la validité du nouveau rite d’ordination presbyté- rale et plus largement du rite de consécration épiscopale, suppose une modification des critè- res de validité de la théologie catholique en matière sacramentaire qui conduit à remettre en

                                              12

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

cause la déclaration d’invalidité des ordinations anglicanes bien que ceux-ci aient été condamnés infailliblement par Léon XIII :

   « Si la version latine du nouveau Rite d’Ordination des Prêtres de 1968/1989 était absolument
   valide, comme vous prétendez à présent qu’il le serait, la stabilité de la signification ne serait
   plus dès lors absolument requise à la validité d’un Rite Sacramental, et l’Eglise Catholique se-
   rait susceptible, dans le principe, de déclarer que non seulement l’Ordinal Anglican, mais
   n’importe quel autre Rite serait valide. Si le NRO était absolument valide, n’importe quoi se-
   rait, en principe, absolument valide, pourvu qu’un nombre suffisant de gens puissent être for-
   cés ou trompés pour les amener ainsi à admettre qu’il serait absolument valide, et qu’ainsi en
   réalité, plus rien ne serait plus absolument valide.
   Une brève formule traditionnelle résume les conditions de validité d’un Rite sacramentel selon
   la Matière, la Forme et l’Intention. Je prétends que la situation actuelle plaide pour étendre
   cette formule à : la Matière, la Forme et son Contexte liturgique/historique, et l’Intention Mi-
   nistérielle (en tant qu’elle est distincte de ‘l’intention objective du Rite’). Je vous demande
   d’étudier et de réfléchir au présent argumentaire sur la validité douteuse du NRO. Je vous de-
   mande d’étudier cet argumentaire, non seulement dans la mesure où il concerne le fonction-
   nement des diverses versions de sa Forme, mais aussi dans la mesure où il concerne
   l’application du principe de la determinatio ex adjunctis aux Formes Sacramentelles. Pourrais-
   je solliciter de votre part une prise de position publique de sorte que tous les catholiques for-
   més puissent sérieusement considérer si oui ou non le NRO et les autres nouveaux Rites Sa-
   cramentaux sont absolument valides. » Maureen Day, Le Nouveau rite d’ordination (NRO),
   décembre 1995

Cette étude de la religieuse américaine restera sans réponse de la part de Mgr Fellay, ce qui décidera la soeur à publier son texte sur internet afin d’attirer l’attention des clercs et des fidè- les.

Nouveau paradoxe de la FSSPX puisque l’étude des conditions de la validité des rites relatifs aux Ordres est plus poussée dans le milieu des théologiens conciliaires romains qu’au sein d’une institution qui a conservé les anciens rites et qui s’est donné officiellement pour mission la sauvegarde du Sacerdoce.

10.      Le doute de Mgr Tissier sur le nouveau rite en 1998 exprimé
   à Avrillé

Alors que circulait une étude du Dr Coomaraswamy, Mgr Tissier de Mallerais s’exprima sur cette question de l’invalidité du nouveau rite, car il écrivit en août 1998 au Père Pierre-Marie, moine du couvent d’Avrillé et Directeur de la publication du Sel de la terre :

   FSSPX                                                                Menzingen + 12 août 1998

   Cher X,

   Merci de m'avoir envoyé copie de la plaquette du Dr. Rama Coomaraswamy "Le drame angli-
   can".

   L'ayant lue rapidement, j'en conclus à un doute sur la validité des sacres épiscopaux conférés
   selon le rite de Paul VI.

   Le "spiritum principalem" de la forme introduite par Paul VI n'est pas suffisamment clair en lui-
   même et les rites accessoires ne précisent pas sa signification dans un sens catholique.




                                              13

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

   Pour ce qui regarde Monseigneur Lazlo, il nous serait difficile de lui expliquer ces choses ; la
   seule solution est de ne pas lui demander de confirmer ni d'ordonner.

   Votre bien dévoué en Notre Seigneur Jésus-Christ.

   + Bernard Tissier de Mallerais

   P.S. Dernière minute, Mgr Lazlo a déjà confirmé "pas mal" chez nous ! C'est évidemment va-
   lide par la suppléance de l'Eglise (can 209), puisqu'un simple prêtre confirme validement avec
   juridiction. Et on ne voit pas comment faire observer votre doute à Mgr Lazlo. Donc silence et
   discrétion sur ce thème, s.v.p. ! »

Malheureusement ces doutes exprimés par Mgr Tissier n’engendraient aucune suite et au- cune étude.

  1.  L’implication des abbés Pfluger et Gaudron (Zaitzkofen) dans
    
  la discussion avant la parution de l’article du Sel de la terre n°54
  (novembre 2005)

Au cours de l’été 2005, le même Père Pierre-Marie de Kergorlay, dominicain à Avrillé se ren- dit en Allemagne où il prépara un article sur le nouveau rite de consécration épiscopale. Les abbés Matthias Gaudron, professeur à Zaitzkofen, et l’abbé Pfluger, supérieur du District d’Allemagne, furent impliqués dans ces travaux. Signalons que l’abbé Schmidberger a préfa- cé un ouvrage de l’abbé Gaudron. Thilo Stopka, donne sa correspondance dans l’étude en allemand qu’il publia sur le site www.rore-sanctifica.org. Voici quelques extraits de la lettre de Thilo Stopka et de ses réponses à l’abbé Gaudron.

Thilo Stopka écrit le 21 septembre 2005 à l’abbé Gaudron, en réponse à son courrier, et sous le titre « Ta citation tirée de Diekamp II, page 551, en page 506. »

   « Cher Matthias,

   Tu écris :
   “je peux bien distinguer les Missions des Appropriations, cependant l’habitation spéciale du
   Saint Esprit demeure néanmoins une Appropriation, ainsi que l’écrit Diekamp lui-même en
   page 551 de son tome II, même si l’on peut attribuer à chacune des Personnes divines une
   « habitation personnelle particulière », ainsi qu’il le dit à cet endroit là.
   L’Incarnation a une place spéciale parmi les Missions, vu que seule la deuxième Personne di-
   vine est unie hypostatiquement avec la Nature humaine.
   Que le Père ne puisse pas habiter, je ne l’ai nulle part prétendu".

   Au sujet de la question des Missions il ne s’agit absolument pas de l’Habitation particulière du
   Saint Esprit, au sens d’isolée, mais il s’agit de ses Particularités, de ses Caractéristiques, en re-
   lation avec la Mission.
   En cela, il s’agit toujours de Diekamp et de Scheeben.
   Si je devais insérer ta Citation dans son contexte, comme il est dit, chez moi en page 506 du
   Traité sur la Justification. [Remarque postérieure de TS : c’est déjà bizarre, que la page 551
   n’existe pas. J’aimerai bien voir l’édition de Mr l’abbé. Un décalage de presque 50 page avec
   mon édition est quand même rare]
   “L’Habitation du Saint Esprit ne consiste par conséquent nullement, ainsi que le pensent Péta-
   vius, Thomassin, Schelle et d’autres, en une habitation spéciale qui s’ajouterait encore en un
   nouveau lien à l’Habitation de la Trinité, mais elle est identique à cette dernière.
   Elle est attribuée au Saint Esprit par appropriation, car elle correspond suprêmement à sa Sin-
   gularité."


                                               14

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

   […] Ta citation tirée du Tome II ne concerne nullement notre problème se rapportant à la
   Forme de Paul VI.
   Je parle des Spécificités de l’Habitation en vertu des Missions et non pas en vertu d’un carac-
   tère « particulier » dans le sens de « séparé ».
   Ainsi s’explique aussi pourquoi je mets ici de côté les Appropriations ainsi que la liberté de
   formulation qui leur est liée. »
   Thilo Stopka

Thilo Stopka écrit aussi à l’abbé Pfluger, Supérieur du Distict de la FSSPX en Allemagne, le 21 septembre 2005 sous le titre : « Antwort auf H.H.P.Gaudrons Zitat aus Diekamp II, Seite 551, bei mir Seite 506 »

   « Cher Père Pfluger

   La discussion se développe à un haut niveau à propos de la Forme essentielle et devient dé-
   sormais réellement intéressante.
   Bien que lui-même s’en défende, Gaudron emprunte une piste, qui se rapporte à Suarez.
   Comme, selon Suarez, la base de l’Unité de la Personne du Christ ne peut consister en ce que
   le Logos prête à l’humanité Jesus son Existence divine, sans faire le détour par un acte exis-
   tentiel créé, il en recherche une autre base, telle que, selon lui, Nature et Personne ne seraient
   pas réellement distinctes. [Remarque postérieure de TS: les jésuites rejettent la distinction
   thomiste entre Esse et Essentia.]
   Suarez conçoit également l’Unité de la Personne [de Jésus] en ce qu’un modus unionis créé
   élève les notions personnelles de la Naturo-personne humaine du Christ à la Naturo-Personne
   du Logos.
   A travers ce modus unionis la Personne du Sauveur – Suarez ne peut ici parler que de Son
   humanité – n’est pas encore réellement et existentiellement sainte.
   Aussi cela réclame-t-il une seconde Filiation et une Sainteté co-naturelle à l’Union Hypostati-
   que, qui doit encore s’y joindre, ainsi qu’une seconde Mission.
   En outre, Suarez n’aurait eu aucune difficulté avec la nouvelle forme de Paul Vi pour la
   consécration épiscopale, car, dans son système, les Missions ne s’effectuent pas selon une ana-
   logie avec la vie trinitaire, mais elles sont purement l’expression de la Bonté et de la Provi-
   dence divines. [Remarque postérieure de TS : Selon Suarez, les missions sont arbitraires]
   A long discours, sens court, Suarez aurait trouvé tout à fait normal que le Père envoie au Fils
   le Saint Esprit, car ce serait l’expression même de cette Sainteté connaturelle et de cette se-
   conde Filiation.
   C’est pourtant la Sententia Communior, selon laquelle la Gratia Unionis seule fonde la Filia-
   tion, et qu’elle constitue la grâce substancielle de la Sainteté du Christ, laquelle fonde égale-
   ment Sa Grande Prêtrise. [Remarque postérieure de TS : aucune grâce supplémentaire et
   créée ne peut changer ce principe. Ce qui est supplémentaire est aussi et par là-même se-
   condaire et ne peut donc pas être principe du sacerdoce du Christ.]
   Cette approche n’a aucune chance d’être adoptée d’un point de vue thomiste.

   Qu’en pensez-vous ? »
   Thilo Stopka
  1.  La justification du nouveau rite par « analogie » avec les rites
    
  orientaux dans le Sel de la terre n°54 (novembre 2005)

Cet article, paru sous la signature du Père Pierre-Marie dans le Sel de la terre, numéro 54, reprenait la démonstration faite par Dom Botte et le Père Lécuyer au sein du Groupe 20 dans le Consilium entre 1965 et 1967. Il utilisait des textes de rites orientaux : le rite d’intronisation du patriarche maronite et celui de l’évêque copte. Notre comité Rore Sanctifi-

                                              15

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

ca ainsi que l’abbé Cekada ont montré le caractère complètement fallacieux de cette pseudo-démonstration.

13.     L’appendice I du consilium n°220 (mars 1967) source de la
   pseudo-démonstration du Sel de la terre n°54

En novembre 2005, le Père Pierre-Marie présente ainsi sa justification d’une prétendue vali- dité du nouveau rite :

    « Pour s'assurer de la validité du rite de Paul VI, il nous suffira donc de mettre en parallèle la
    nouvelle prière du sacre avec les deux rites orientaux en question. La validité de ces deux ri-
    tes ne saurait être remise en cause : sinon l'Église copte (catholique aussi bien qu'orthodoxe)
    et l'Église syriaque (dont font partie les maronites) n'auraient ni évêques ni prêtres, et cela de-
    puis leur origine.
    Nous avons donc composé un tableau en quatre colonnes : sur la première colonne se trouve
    le texte de la nouvelle prière de Paul VI6, sur la deuxième colonne la version latine de la Tradi-
    tion apostolique7, sur la troisième colonne le rite copte, sur la quatrième le rite syrien. Pour
    ces deux derniers textes nous avons pris la traduction latine faite par Henri Denzinger8. Les
    quatre textes étant transcrits dans la même langue, la comparaison est facile. (Voir les quatre
    pages intercalaires) »9

Et le Père Pierre-Marie de conclure sommairement :

    « La comparaison entre ces diverses prières nous paraît suffisamment éloquente par elle-
    même : le nouveau rite contient la substance des deux rites coptes et syriens. » 10

Dom Botte et les réformateurs de 1967-1968 ne prétendaient pas autre chose lorsqu’ils écri- vaient dans la page 11 dans le Schemata 102 du Consilium, en date du 10 septembre 1965:

6 Pontificale Romanum, 1968. Le texte est le même dans la deuxième édition (1990). - Le texte qui a servi de base à l'élaboration du rite n'est pas la version latine (que nous donnons en colonne 2), mais une reconstitution faite à partir de la version latine, de la version éthiopienne et du texte grec de l'Épi- tomé des Constitutions apostoliques (voir note 75). Cela explique certaines différences entre les deux premières colonnes. 7 HIPPOLYTE DE ROME, La Tradition apostolique d'après les anciennes versions, Introduction, tra- duction et notes par Bernard Botte O.S.B., 2è éd., SC 11 bis, Cerf, Paris, 1984. C'est la version qui se trouvait sur le palimpseste de Vérone et qui a été publiée par Hauler (voir note 74, p. 98). 8 Henricus DENZINGER, Ritus orientalium coptorum, syrorum et armenorum in administrandis sacra- mentis, t. 2, Graz, Autriche, 1961. 9 Le Sel de la terre – N°54 – p 100 10 Le Sel de la terre – N°54 – p 100

                                                16

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

Les réformateurs écrivent dans les documents de travail de la Commission que la prétendue Tradition apostolique faussement attribuée à Hippolyte de Rome serait en usage « usque hodie in ordinationis episcopi Coptorum », c'est-à-dire « jusqu’à aujourd’hui dans l’ordination des évêques Coptes ». Ils affirment également qu’elle subsisterait sous une forme évoluée dans le Testament de Notre Seigneur (Testamentum Domini) qui a été honoré dans la litur- gie de l’ordination des Syriens occidentaux. Ces affirmations figurent dans la page 11 dans le Schemata 102 du Consilium, en date du 10 septembre 1965, dont voici l’en-tête ci- dessous.

Voici ci-dessous la première page du Schemata n°102, d’où est extrait la citation ci-dessous.

                                          17

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

Le tome « Notitiae » de Rore Sanctifica a montré que ces allégations sont complètement dé- nuées de fondement scientifiques et que le recours au rite Copte de la consécration épisco- pale et aux rites des Syriens occidentaux, bien loin de permettre de justifier la validité du nouveau rite, démontrent au contraire qu’il ne répond pas aux critères de validité, alors que ces rites orientaux les satisfont quand ils sont sacramentels. Dans son étude du 25 mars 2006, l’abbé Cekada appuie également cette démonstration des Notitiae.

                                         18

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

 Sel de la terre n°54 - Comparatif du rite Copte de consécration d’un évêque et du rite d’intronisation du Patriarche Maronite


                                                              19

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

                 Schemata n°220 du Consilium (31 mars 1967)


                                     20

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

  Rite d’intronisation du Patriarche Maronite présenté par le Schemata n°220

        (repris sans le citer par le Sel de la terre n°54 – novembre 2005)




                                       21

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

     Rite Copte de consécration épiscopale présenté par le Schemata n°220

        (repris sans le citer par le Sel de la terre n°54 – novembre 2005)



                                       22

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

Bien que contredit et réfuté totalement par les Notitiae du tome III de Rore Sanctifica paru en fin janvier 2006 et par l’étude de l’abbé Cekada (Absolument nul et entièrement vain) parue le 25 mars 2006 et diffusée en France, le Père Pierre-Marie persiste dans ses affirmations dans le numéro 56 du Sel de la terre, paru en début mai 2006.

  1. Eclaircissement des paradoxes de l’attitude de la FSSPX face
    
  au nouveau rite – Le rôle central de l’abbé Schmidberger

Comment comprendre ces faits et ces déclarations ? Cela signifie que Mgr Lefebvre eut, lorsqu’il créa son œuvre, la réaction catholique normale vis-à-vis de cette suppression totale de la forme du rite épiscopal et de l’adoption d’une nouvelle forme aux origines incertaines. Ensuite, l’action dans l’ombre de l’abbé Schmidberger, propulsé au sommet de la FSSPX par l’influence des autorités romaines, allait conduire celui-ci à propager auprès de Mgr Lefebvre la thèse d’un rite valide car soi-disant oriental. Dès 1983, cette thèse était imposée, selon le témoignage de Mgr Sanborn, et puis en 1984 avait lieu à Zaitzkofen, sous la direction des abbés Bisig et Bauman, une parodie d’étude, dont seule la conclusion était communiquée à Mgr Lefebvre. Elle énonçait la même affirmation, celle que le nouveau rite était repris d’un rite oriental. En novembre 2006, le Père Pierre-Marie de Kergorlay endossait publiquement dans le nu- méro 54 du Sel de la terre, cette pseudo-démonstration, sur fond d’échanges avec plusieurs abbés du District d’Allemagne de la FSSPX, eux-mêmes liés à l’abbé Schmidberger. Et le dominicain affirme à nouveau la validité du nouveau rite par reprise d’un rite identique « en substance » aux rites orientaux. La fausse prétention de la validité du nouveau rite de consécration épiscopal car prétendu- ment semblable « en substance » à un rite oriental, a, dès la fin de la première décennie de la fondation de la FSSPX, été distillée et imposée, au sommet de la FSSPX. L’abbé Schmid- berger et le séminaire de Zaitzkofen apparaissent au centre de toute cette action durable et des réseaux d’influences qui l’ont maintenue. Nous pouvons aussi remarquer que, bien qu’alerté, au moins dès décembre 1995, Mgr Fel- lay resta totalement impassible et muet sur cette grave affaire. Le Père Pierre-Marie de Kergorlay, moine d’Avrillé et Directeur de la publication Le Sel de la terre, alerté de son côté par Mgr Tissier de Mallerais dès 1998, non seulement restera im- passible sur le sujet durant plusieurs années, mais, en novembre 2005, il se fit l’agent de la fausse prétention de la similitude avec les rites orientaux propagée et entretenue par l’abbé Schmidberger et le séminaire de Zaitzkofen. Cette pseudo-justification était elle-même direc- tement issue des arguments fallacieux des réformateurs de 1968. Parmi ces derniers, l’abbé Kleinheyer joua un rôle important, il fut le secrétaire du Groupe 20, dans le Consilium, ses archives sont déposées à l’Institut de liturgie de Trêves en Allemagne. Dans ces archives, que le Père Pierre-Marie consulta en août 2006, se trouvent les textes orientaux utilisés par les réformateurs afin de faire adopter le nouveau rite (appendice du Schemata n° 220). L’exclusion du nouveau rite de son champ d’investigation intellectuel par la FSSPX pendant plus de 30 ans, fut donc obtenue et maintenue par un faux argument, étayé sur une étude inexistante (abbé Bisig à Zaitzkofen). Puis lors de l’irruption du débat parmi les fidèles en août 2005, cette exclusion fut maintenue encore pendant quelques mois en ayant recours à des sophismes et des sources erronées et des montages repris des textes déjà utilisés par les réformateurs de 1965-1968. Cette exclusion de l’étude du nouveau rite de consécration épiscopale fut semble-t-il l’œuvre de l’action continue, permise par sa présence permanente, de l’abbé Schmidberger à la tête de la FSSPX, soit comme vicaire général assistant de 1982 à 1983, puis comme Supérieur général de 1983 à 1994, et enfin comme premier assistant du Supérieur général, Mgr Fellay, de 1994 à 2006. Cette exclusion du champ de l’étude du nouveau rite de consécration épiscopale fut permise par la diffusion auprès du fondateur de la FSSPX, Mgr Lefebvre, de ce que l’on peut dési-

                                          23

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

gner comme le « sophisme de Dom Botte », à savoir la fausse prétention de la similitude du nouveau rite avec des rites orientaux encore en usage dans l’Eglise. Le Supérieur de la FSSPX en place depuis 1994, bien qu’alerté à ce sujet, se garda de toute étude sur le sujet, il manifesta une impassibilité et un immobilisme complets face à cette grave question. Seul élément qui puisse rappeler l’attitude de Mgr Lefebvre vers le milieu des années 1970, avant que l’abbé Schmidberger ne prenne l’ascendant qui devait être le sien sur la FSSPX, l’évêque français, Mgr Tissier de Mallerais, fit part de ses doutes au Père Pierre-Marie en 1998, cependant il n’exigea pas une commission d’étude sur ce sujet et pré- féra garder le silence.

Ainsi s’explique cette situation triplement paradoxale que nous avions mise en exergue au début de cette étude. Situation paradoxale qui aura vu durant plus de 30 ans, une institution fondée avec l’objectif de sauvegarder le Sacerdoce, se garder de toute étude sur la révolu- tion liturgique des Saints Ordres catholiques et même plus, se faire l’avocate des affirma- tions les plus fallacieux du petit groupe de révolutionnaires qui mirent un terme à la succes- sion apostolique de rite latin. Parallèlement cette même institution pratique depuis sa fonda- tion des ré-ordination sous conditions qui contredisent sa récente position officielle sur le nouveau rite de consécration épiscopale.

Un nom se détache parmi les opposants à l’étude du nouveau rite, celui de l’abbé Schmidberger

S’il fallait ne retenir qu’un nom parmi les différents responsables connus de cette situation paradoxale qui dure jusqu’à aujourd’hui, le nom de l’abbé Schmidberger se détache et s’impose tant pour la permanence de sa présence à la Direction de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre que pour la continuité de son soutien connu à la fausse démonstration de validité du nouveau rite par « analogie » avec des rites orientaux. Fils spirituels du bénédiction Dom Beauduin, le rédacteur du projet de « L’Eglise anglicane unie non absorbée », les révolutionnaires liturgiques de 1968, Dom Botte, le Père Lécuyer et le franc-maçon Annibale Bugnini eussent été étonnés de se découvrir un héritier aussi fidèle parmi les adeptes de l’ancien rite. Déjà en 1966, le Père Bouyer écrivait depuis l’Indiana, le 14 avril, au Consilium à propos du recours au texte emprunté à Hippolyte : « il est à craindre que révision entreprise sous de telles auspices ne suscite, dans moins de vingt ans, la risée des savants »,11

Moins avisé que le Père Bouyer, qui était lui-même déjà bien imprégné de modernisme, il semble que l’abbé Schmidberger n’ait pas craint d’affronter le jugement de l’Histoire et moins encore celui de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui versa son sang pour la Nouvelle Alliance rendant ainsi caduc le Sacerdoce d’Aaron et instaurant le Sacerdoce de Melchisedech, pour le salut de la multitude. Il semble aujourd’hui que Mgr Lefebvre fonda son Œuvre dans ce but de la perpétuation du sacerdoce de Melchisedech, et légua à son Œuvre une pratique de ré- ordination sous conditions, mais qu’il fut circonvenu et abusé sur l’étude de la validité du nouveau rite de consécration épiscopale.

11 Lettre du Père Bouyer du 14 avril 1966, depuis l’Indiana, Etats-Unis, au Consilium

                                                24

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

  1.     Annexes
    
I. Lettre d'un ancien séminariste de Zaitzkofen a Mgr Tissier de Mallerais (daté
   de janvier 2005)

L’étude de l’Abbé Bisig

Monseigneur,

Suite à notre entretien téléphonique, il y a quelque jours, je vous rappelle, que l’étude

faite par les abbés Bisig et Baumann au début des années 80 est fausse de A à Z. Quelle est l’origine de cette découverte ?

Il faut savoir, qu’en 1978 une étude approfondie fut publiée par le Père Athanasius Kröger

OSB dans le magazine UNA VOCE d’Allemagne. Cette étude contenait une comparaison en- tre la prière de Paul VI pour consacrer un évêque et celle de la tradition syriaque. Comme vous le savez, Paul VI a prétendu, que la prière syriaque était d’un usage constant dans cette église orientale, qu’elle a toujours été reconnue comme valide par Rome, et que donc sa prière est valide.

Il suffit simplement de donner un coup d’œil pour voir, que la prétention de Paul VI est une pure invention (comme le dernier coup concernant l’anaphore de Addai & Mari dont nous sommes tous témoins). On peut tout à fait imaginer, que l’expertise du Père Athanasius avait beaucoup gêné les Abbés Bisig et Baumann à Zaitzkofen, parce que tout cela était de l’eau pour le moulin des sédévacantistes présents au séminaire. Les tensions étaient montées très haut. Aux alentours de 1984 l’abbé Bisig a réussi à éliminer cette fraction du séminaire et beaucoup sont partis.

Comme l’argument du pontifical de Paul VI a joué une rôle clef, on a commencé par dé-

noncer que le Père Athanasius avait utilisé de mauvais textes et des sources douteuses. L’abbé Bisig a laissé faire venir une copie de la prière syriaque en latin, une version authentique que les syriaques avaient déposé à Rome au 17ème siècle, comme texte de référence. Mais il a évi- té de communiquer ce texte, et aux séminaristes, et à Monseigneur Lefebvre. Les abbés Bisig et Baumann disposaient donc d’un bon texte dans leur dossier, mais comme la tra- duction latine confirmait les conclusion du Père Athanasius, au lieu d’en faire une étude approfondie, ils ont simplement publié un communiqué prétendant, qu’une analyse ri- goureuse prouvait, que Paul VI avait dit la vérité, et que la prière de Paul VI était la prière syriaque. C’est un mensonge énorme. Pour le réfuter il fallait tout simplement consulter le document de base, mais personne ne se méfiait. Le résultat fut extraordinaire. Tout le monde leur fit confiance, y compris Mon- seigneur Lefebvre. A partir de ce moment là, il n’y eu plus personne à Zaitzkofen, osant citer l’étude du Père Athanasius comme source. Le problème était enterré.

Pourquoi sais-je tout cela ? C’est parce que, comme séminariste je m’intéressait au sujet,

et le successeur de l’abbé Bisig, l’abbé Paul Natterer, victime comme les autres, comme moi, comme Monseigneur Lefebvre, m’a permis de donner un coup d’œil à l’expertise, qui avait réglé cette affaire d’une façon radicale, comme il disait. L’abbé Natterer lui-même n’a jamais lu l’expertise dans laquelle il avait pleine confiance et il ne me fit aucun obstacle pour la lire. Quand j’ai ouvert le dossier, je fus très étonné de constater que cette «étude» consistait en quelques lignes. A part le document de base, qu’on a évité de publier, il n’y avait pas

                                            25

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

grand chose. Je comparais la traduction latine de la prière syriaque avec celle de Paul VI avec beaucoup de consternation. Les deux textes étaient totalement différents. En quelques li- gnes on avait le toupet de dire, que les deux prières de la consécration épiscopale correspon- daient très bien, qu’il n’y avait rien à craindre, et que le texte de Paul VI était valide.

Sans rien dire j’ai rendu le dossier à l’abbé Natterer mais je ne savais plus quoi faire. Peut-

être mon latin était-il trop mauvais? Peut-être avaient-ils d’autres informations que j’ignorais? L’abbé Natterer a continué de dire en classe, que la prière de Paul VI est celle de la tradi- tion syriaque, et tous les séminaristes à Zaitzkofen le notaient sagement dans leurs cahiers. Et je pense que c’est comme cela jusqu’à nos jours.

Depuis quelque mois, je dispose du texte syriaque, et maintenant je me souviens de ce que

j’avais vu. L’ « expertise » de l’abbé Bisig était tout le temps dans le bureau de son suc- cesseur, qui avait tous les moyens pour démasquer ce mensonge. Ignorant comme moi, il me l’a laissé lire, mais le problème continue de nos jours.

Je vous laisse maintenant, Monseigneur, la mission de dénoncer publiquement cette fourberie. Votre serviteur en Jésus et Marie

LETTRE D'UN ANCIEN SEMINARISTE DE ZAITZKOFEN A MGR TISSIER DE MALLERAIS ET A MGR DE GALARETTA (Date de janvier 2005)

Lettre à Mgrs Tissier et de Galaretta

Monseigneur,

Le Père Pierre-Marie d'Avrillé, m'a raconté qu'il y a quelques années Mgr de Galarreta a été trompé quand on lui a fait croire que le cardinal Ottaviani avait approuvé la prière d'ordination de Paul VI.

Le cardinal Ottaviani était aveugle. On a pu procéder avec le cardinal comme avec moi quand on m'a confié le jugement de Mgr Lefebvre : croire en toute confiance, sans preuves.

Pour l'étude de la nouvelle messe, le cardinal Ottaviani, connaissait l'ancienne messe par coeur et pouvait de suite comparer les textes une fois entendus.

Mais pour un avis sur un texte syriaque, un aveugle peut être manipulé.

Imaginons la question suivante de Paul VI : "Eminence, nous voulons introduire une prière de concé- cration épiscopale, qui est en usage depuis toujours chez les syriaques. Est-ce que vous êtes d'ac- cord?"

Vu le mensonge de Paul VI dans sa lettre Pontificalis romani où il a imposé cette fourberie, il est im- possible que le cardinal ait été plus méfiant que Mgr. Lefebvre. N'a-t-il pas donné son avis sans voir les documents et en faisant confiance ?

Finalement Monseigneur s'est laissé tromper par un cardinal trompé. L'étude de l'abbé Bisig a fait le reste.

                                              26

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

II. Traduction en français de l’annexe I du schemata n°220 du Consilium daté du 31 mars 1967

                                         Appendix I

                             La Prière d’ordination de l’Evêque

La prière de ‘Pontificalis Romani’ comporte deux parties. La partie la plus grande du début jusqu’ aux mots Sint speciosi et à partir des mots ‘Tribue ei’ jusqu’à la fin est d’origine romaine et se trouve déjà dans le Sacramentaire dit Léonin. Par contre, la partie qui commence par les paroles ‘Sint speciosi’ est une interpolation Gallicane qui a été introduite d’abord dans le Sacramentaire Gélasien. La partie romaine ne développe qu’un seul thème : l’Evêque est le Grand-Prêtre du Nouveau Testament . De même qu’Aaron fut consacré par l’onction d’huile et par l’investiture des ornements ainsi l’Evêque est constitué Grand-Prêtre par l’onction spirituelle. C’est vrai, sans doute, mais après le Concile Vatican II cela semble très pauvre. On ne dit rien au sujet de la succession apostolique et à peu près rien de la fonction épiscopale excepté les paroles : Donne-lui la Chaire épiscopale.

La partie Gallicane par contre n’est qu’un amas de citations scripturaires de l’Ancien et du Nouveau Testament qui peuvent partiellement s’appliquer aux Apôtres, mais qui conviennent partiellement à tout le peuple chrétien. A partir de ces phrases, disposées sans ordre, aucune doctrine cohérente sur l’Evêque ne peut être dégagée. Même si cette interpolation est sauvegardée qui n’a aucune relation interne avec la partie romaine, la prière ne semble pas satisfaire la doctrine du Concile Vatican II. De plus, de l’avis des Frères séparés, cette formule semble insinuer que l’Evêque est davantage le suc- cesseur du grand-prêtre de l’Ancien Testament que des Apôtres du Christ.

Nous avions pensé à changer la formule. Mais la chose se présente différemment pour ce qui est des prières pour l’ordination du prêtre et du diacre ; celles-ci pourraient être adaptées par des petits ajouts. Ici par contre, il aurait fallu faire une contraction pour peu de mots de la partie romaine par trop longue, et ajouter une partie nouvelle qui transmettrait la doctrine du Concile. Ainsi une formule aurait vu le jour qui aurait quelques éléments en commun avec l’ancienne et, de fait, serait un texte nouveau élaboré par nous. Il nous semblait que, s’il fallait trouver une autre formule, qu’il valait mieux la chercher dans la tradition de l’Eglise. Or, dans la tradition orientale l’on trouve deux formules très semblables entre elles. L’une est d’usage dans le Patriarcat d’Antioche, l’autre dans le Patriarcat d’Alexandrie. A part les traditions diverses dans chacune, les choses essentielles sont les mêmes et proviennent d’une même source c’est à dire de la Tradition apostolique ainsi nommée . Du point de vue théologique cette prière est très riche et exprime la doctrine traditionnelle de l’Evêque, non seulement comme Grand-Prêtre, mais aussi comme Pasteur du troupeau et successeur des Apô- tres, par lesquels les évêques reçurent du Christ « l’esprit principal (qui fait les chefs) ». Du point de vue théologique cette formule attesterait l’unité avec l’Eglise d’Orient, parce que dans les patriarcats plus anciens la même doctrine sur l’Evêque est énoncée dans l’acte même de l’ordination. D’où il suit que nous proposions au jugement du Souverain Pontife que cette très ancienne formule soit adoptée aussi dans le rite romain. Afin que les Pères puissent se rendre plus pleinement compte de l’état de la question nous leur proposons aussi avec le texte d’Hippolyte que nous avons rapporté dans le schéma (p. 42-43) le texte qui est toujours d’usage dans le Patriarcat d’Antioche et dans celui d’Alexandrie. Les paroles ou au moins le sens provenant de la Tradition apostolique devaient être soulignés. Il apparaît ainsi que la source principale des deux prières d’Hippolyte et de même des phrases principales d’Hippolyte sont conservées dans l’un ou l’autre des documents ou dans les deux. D’autre part il s’avère que les additions qui ont été faites par les rédacteurs orientaux n’ont rien appor- té à la clarté et à la beauté de cette prière. De plus ils n’ont pas toujours compris le texte original. Ain- si, quand il s’agit des normes de l’Eglise données « per verbum gratiae », dans l’esprit d’Hippolyte, il s’agit de l’Ecriture de l’Ancien Testament. L’Eglise est le nouvel Israël et les normes données dans l’Ecriture sont appliquées à juste titre lors de l’élection de l’Evêque. Dieu ne laisse jamais son peuple sans chef ni le sanctuaire sans prêtre. L’Evêque est le Chef et le Prêtre du Nouvel Israël . Ce qui a été transmis par la Tradition apostolique au sujet de la fonction d’évêque a été fidèlement gardé dans les prières. D’une part il faut regretter qu’une prière si antique et belle ait été gardée uniquement dans les

                                                 27

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

formes dérivées et incomplètes dans la liturgie et d’autre part il est souhaitable que, du point de vue œcuménique la fonction apostolique des évêques soit exprimée dans la prière d’ordination de la même manière en Occident qu’en Orient. Ainsi se trouve exprimée l’unité des trois anciens patriarcats , de Rome, d’Antioche et d’Alexandrie. L’Eglise Romaine se rapproche de l’Orient et récupère en même temps sa propre tradition, puisque la prière a été rédigée à Rome.

  1. La Prière consécratoire d’un Patriarche dans le rite des Maronites et des Syriens occidentaux.

O Dieu, vous qui avez tout fait avec puissance, qui avez affermi et fondé par la conception de l’esprit l’univers, qui avez orné la couronne de toutes choses créées par vous, qui nous avez donné d’observer les commandements dans la crainte, qui nous avez donné l’intelligence de la vérité et qui nous avez manifesté votre esprit de bonté, vous qui avez envoyé votre Fils aimé comme notre unique et immaculé Sauveur pour notre rédemption. Dieu, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, qui habitez dans les hauteurs très pures, vous qui êtes le plus haut, digne de louanges, terrible, grand et qui voyez tout, vous qui connaissez toutes choses avant même qu’elles existent, chez qui elles existaient toutes avant qu’elles ne soient ; vous qui avez illuminé l’Eglise par la grâce de votre Fils unique, vous qui donnez la prédestination dès le commen- cement à ceux qui désirent la justice et font ce qui est saint et vous qui les faites habiter dans leurs demeures ; vous qui avez élu Abraham qui vous a plu par sa foi, vous qui avez ordonné dans votre sanctuaire très élevé, Seigneur, des princes et des prêtres, vous qui l’avez appelé à louer et à le glori- fier dans votre lieu de gloire votre nom et celui de votre Fils unique, Seigneur Dieu, vous qui n’avez pas laissé sans ministère votre sanctuaire sublime ; dès avant la création du monde, vous avez orné vos sanctuaires et vous les avez décorés de princes et de prêtres fidèles selon la forme de votre ciel. Il vous a plu, Seigneur, d’être loué par votre serviteur que voici et qui aussi l’avez rendu digne de se trouver à la tête de votre peuple : éclairez-le et répandez sur lui la grâce et l’intelligence de votre Es- prit qui fait les chefs, que vous avez transmis à votre Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ ; donnez-lui, ô Dieu, une louable sagesse, force, vertu, une participation de l’Esprit à faire tout par votre coopération. Accordez-lui, ô Dieu, votre Saint Esprit qui a été donné à vos saints, affermissez votre Eglise, pure et sainte et tout votre saint lieu. Accordez aussi, Seigneur, que votre serviteur-ci qui vous a plu, soit d’un cœur humble pour l’action de la vie et de l’humilité et de la vérité, pour la science et la rectitude. Père, vous qui connaissez les cœurs de tous, répandez votre force sur votre serviteur-ci que vous avez choisi pour le patriarcat, pour qu’il paisse tout votre saint troupeau et qu’il exerce son souverain Sa- cerdoce sans plainte, en vous servant nuit et jour, et accordez-lui que votre sainte face lui apparaisse et rendez-le digne pour qu’il vous offre, avec attention et avec crainte les offrandes de votre Sainte Eglise. Accordez-lui tout le pouvoir que vous avez donné à vos saints Apôtres, parce que, grâce au pouvoir de votre Esprit, il délie tous les liens comme vous l’avez accordé à vos Apôtres ; et qu’il vous plaise par sa pure humilité, remplissez-le de charité, de science, de discrétion, de discipline, de per- fection, de magnanimité, d’un cœur pur, lorsqu’il priera pour le peuple, lorsqu’il est attristé par ceux qui agissent de manière stupide et qu’il les attire au secours, tandis qu’il vous offre des louanges et des confessions et des oraisons en odeur de suavité, per Dominum nostrum Jesum Christum…

  1. Prière consécratoire d’un Evêque dans le rite d’Alexandrie

Vous qui êtes, Seigneur Dieu tout-puissant, Père de Notre-Seigneur, notre Dieu et Sauveur Jésus- Christ, un et seul unique sans principe, n’ayant aucun roi au-dessus de vous, vous qui êtes toujours et avant les siècles, infini et le seul plus haut, seul sage, seul bon, invisible dans votre nature, qui n’êtes pas soumis à une direction et en qui il y a une science incompréhensible et incomparable, qui connaissez ce qui est caché, vous qui connaissez tout avant que ce ne soit, vous qui avez donné les statuts de l’Eglise par votre Fils unique Notre-Seigneur Jésus–Christ, vous qui avez établi les prêtres dès le commencement pour qu’ils assistent le peuple, vous n’avez pas laissé le lieu saint sans minis- tère, qui avez trouvé plaisir à être glorifié par ceux que vous avez choisis. Maintenant, veuillez répan- dre à nouveau la vertu de l’Esprit qui fait les chefs que vous avez donné à vos Apôtres en votre nom. Donnez donc cette même grâce à votre serviteur que vous avez élu comme évêque, pour qu’il paisse votre saint troupeau et pour qu’il exerce pour vous un ministère irréprochable, en priant jour et nuit en

                                                28

www.rore-sanctifica.org Notitia V De Occultatione

présence de votre bonté, en rassemblant nombreux ceux qui doivent être sauvés, en vous offrant des dons dans vos saintes églises. Ainsi, Père tout-puissant, par votre Christ, donnez-lui de participer à votre Saint Esprit, pour qu’il re- çoive le pouvoir de remettre les péchés selon le commandement au sanctuaire et de délier tous les liens ecclésiastiques, en édifiant de nouvelles maisons de prière et en consacrant des autels ; et qu’il vous plaise dans la clémence et d’un cœur humble, en vous offrant dans l’innocence et de manière ir- réprochable le sacrifice non-sanglant, le mystère de ce Nouveau Testament, en odeur de suavité.

III. Texte latin de l’annexe I du schemata n°220 du Consilium daté du 31 mars 1967

                                               29