CIRS — Comité international Rore Sanctifica · communique · 10 novembre 2006

Un transfuge excommunié du début de l’oecuménisme, l’abbé Hyacinthe Loyson (1827-1912)

Post-Vatican II etude-privee
Version unique

http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 10 novembre 2006

                                                              Communiqué

                                   La vie de l’abbé Hyacinthe Loyson (1827-1912)




            Un transfuge excommunié du début de l’œcuménisme,
                    l’abbé Hyacinthe Loyson (1827-1912)
             Suite de l’enquête sur les réseaux subversifs de l’anglicanisme à la fin du XIX° siècle.
                                  Voyage au cœur de la subversion cléricale

Après notre communiqué sur la destitution de l’abbé Portal par le cardinal Merry del Val1, nous abordons ici une nouvelle figure d’une génération antérieure à l’abbé Portal, il s’agit de l’abbé Hyacinthe Loyson.

Signalons que Hyacinthe Loyson, quitta l’Eglise catholique lors de la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale à Vatican I.

Ce prêtre apostat rédigea la préface de l’ouvrage d’Elie Benamozegh, Israël et l’humanité, édité en 1914 par les soins d’Aimé Pallières, son disciple. Benamozegh, rabbin kabaliste de Livourne en Italie, fut un théoricien du noachisme. Il a exercé une influence souterraine importante au XX° siècle. Aimé Pallières, le disciple de Benamozegh, a bien connu Hyacinthe Loyson et Paul, le fils de celui-ci, ainsi que la femme de l’abbé excommunié. Pallières consacre deux chapitres (XVIII et XIX) et deux annexes (I et II) de son ouvrage, Le Sanctuaire inconnu, à Loyson qu’il essayait de détourner d’un attachement aux sacrements :

      « il était encore beaucoup trop catholique de sentiment pour imaginer que la fréquentation des sacrements fût
      possible sans la foi entière qu'ils exigent du fidèle. » Aimé Pallières, Chapitre XIX

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est plutôt l’action de Loyson pour l’œcuménisme et ses liens avec les milieux anglicans. Frappé de l’excommunication majeure le 10 octobre 1869, Loyson va multiplier les contacts les plus divers et les voyages avant d’ouvrir en mars 1878 une église gallicane à Paris, avec l’appui de l’archevêque anglican de Canterbury.

Le 10 août 1879, le Père Hyacinthe participe à une réunion œcuménique à Berne (Suisse), à laquelle participe un dignitaire anglican, le pseudo-évêque Mgr Henry Cotteril. L’Eglise anglicane lui proposera la consécration épiscopale (dans son rite anglican invalide), ce qui en dit long dans la confiance qu’elle place dans ce religieux excommunié, afin de développer sur le sol de France une Eglise gallicane qui puisse concurrencer l’Eglise catholique. Finalement, plus prédicateur que pasteur et homme d’action, Loyson refusera la proposition. En 1879 il s’est alors écoulé quatre ans depuis que le cardinal Franzelin ait remis son Votum au Saint- Office et que celui–ci ait développé l’argumentaire du rejet de la validité des Ordres anglicans.

Dix ans plus tard, en 1889, aura lieu la rencontre de Lord Halifax (membre de la famille royale britannique et haut dignitaire des loges maçonniques illuministes anglaises) et de l’abbé Portal (prêtre Lazariste) à Funchall sur l’île de Madère au large du Maroc. Le noble anglican y sera accompagné par Edouard, futur ministre des affaires étrangères de Sa Majesté. A partir de cet évènement déclencheur va être initiée un fil d’évènements, impliquant les agents de

1 http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-10-23-D-00-La_destitution_de_l_abbe_Portal_2.pdf

Page 1 sur 3 http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 10 novembre 2006

l’anglicanisme, qui s’achèvera en 1895 par une tentative de faire reconnaître la validité des Ordres anglicans par Léon XIII, alors que le cardinal Rampolla était Secrétaire d’Etat et Gasparri membre actif de la commission nommée à cet effet. Nous savons que cette tentative a échoué et même produit le résultat inverse : la condamnation des Ordres anglicans en 1896, par la bulle Apostolicae Curae, dans laquelle le Pape Léon XIII a engagé son infaillibilité.

Le 3 décembre 1883, la république maçonnique du Président Jules Grévy et de son ministre de l’Intérieur Waldeck Rousseau va autoriser officiellement la chapelle gallicane de la rue d’Assas à Paris (à deux pas de l’Institut catholique de Paris).

Finalement les responsables de l’Eglise vieille catholique vont en venir à considérer Loyson comme « trop œcuménique ». A partir de 1887, ils reprennent la main sur les lieux de culte, et ce n’est qu’en 1928, qu’est fondé, sous direction française, le « siège patriarcal » (sic) de Gazinet, par leur prélat, Mgr Giraud.

Il est très significatif d’observer la rapidité avec laquelle cet ancien religieux carme va faire naufrage dans la Foi pour passer d’une profession de foi catholique très libérale à la révolte, puis au rejet de la foi catholique romaine et aux fréquentations les plus œcuméniques. Alors que les soubresauts de la Tradition catholique de ces derniers mois depuis 2004 ont donné lieu à des expulsions de la FSSPX, suivies cet été de l’érection d’un nouvel institut (Institut du Bon Pasteur) au prix de la soumission à Vatican II, cette versatilité des clercs n’a rien de si nouveau, mais reçoit ici l’éclairage d’une page d’histoire bien réelle.

L’apostasie de l’abbé est, comme bien souvent, habillée sous les dehors de raisons naturelles et surnaturelles les plus séduisantes. Cible de Louis Veuillot dans l’Univers, Loyson se veut l’apôtre de la paix, il prétend attirer plus d’âmes, il a la suffisance de prétendre revenir aux véritables valeurs évangéliques. Autant de slogans qui, un siècle plus tard, sont devenus depuis 1962, des poncifs éculés dans la bouche des réformateurs de Vatican II, dont nous avons pu constater les effets calamiteux durant ces décennies, et que nous commençons à entendre, non sans éveiller notre légitime inquiétude, dans la bouche des clercs de la FSSPX qui prônent aujourd’hui un « processus de réconciliation », alors même que la question de l’invalidité des consécrations épiscopales depuis 1968 est ouverte et béante, et que notre Comité a apporté tous les documents et les études suffisants pour conclure. Les panégyriques de l’abbé Loyson par ses propres disciples et que nous reproduisons ici montrent bien cette mystification qui tend à présenter celui qui n’est qu’un religieux excommunié déchu et révolté, comme un homme d’une spiritualité et d’une vie chrétienne très élevée.

A la lecture du missel gallican de 1891 qu’il a préfacé, l’abbé Loyson prend l’allure d’un précurseur de Vatican II et de la réforme liturgique du Lazariste et franc-maçon Annibale Bugnini et du Novus Ordo Missae de 1969. Ce missel gallican sera codifié en 1928 par Mgr Giraud.

Loyson se fait un partisan de la messe en vernaculaire (français) et administre la communion sous les deux espèces. L’échange du baiser de paix et l’absolution générale des péchés lors de la messe sont des pratiques de l’Eglise gallicane. Ces mêmes pratiques ont été développées dans l’Eglise conciliaire depuis 1969. Loyson, précurseur, demande également l’abandon du célibat pour les prêtres, sur ce point il rejoint les propositions les plus progressistes d’aujourd’hui, alors même qu’une partie du clergé conciliaire actuel vit avec une femme dans la discrétion2. Sur ce sujet, il est utile de rappeler ce qu’en écrit Aimé Pallières dans son ouvrage Le Sanctuaire inconnu, alors qu’il dépeint l’exécration qu’éprouve Paul Loyson, le fils de l’abbé Hyacinthe, à l’égard de l’Eglise romaine. L’épisode concerne la publication d’une biographie de l’abbé Charles Perraud, un disciple du Père Gratry, autre opposant au dogme de l’infaillibilité pontificale :

    « Paul Loyson de son côté apportait dans l'affaire des préoccupations bien différentes. Personne ne contestera la
    noblesse de sa nature et la fougue généreuse avec laquelle il se portait à la défense de ce qu'il considérait
    comme la vérité. Certes, il y avait dans son caractère, qu'il s'agisse de littérature ou de politique, de sentimentalité
    ou de patriotisme, une exagération fébrile et, avec cela, une intransigeance, une âpreté peu attirantes et qui ne
    laissèrent pas cependant de lui valoir de durables amitiés. Mais ce n'est pas un mystère non plus que son

2 Consulter sur les associations CLAIRE-VOIE (« devant l'immobilisme de leurs compagnons, quelques-unes de ces "clandestines" ont décidé de réagir ») et PLEIN JOUR, le site http://plein.jour.free.fr/, ainsi qu’en Italie Vocatio Associazione Italiana Preti Sposati, ou encore l’ouvrage La Brisure (http://pageperso.aol.fr/lescof/)

Page 2 sur 3 http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 10 novembre 2006

   évolution s'était faite dans un sens nettement anti-chrétien et qu'il nourrissait en particulier à l'égard du
   catholicisme une hostilité marquée, d'autant plus inexplicable que son enfance avait été pétrie de tradition
   catholique et qu'il professait un culte pour son père dont la tendresse pour l'Eglise imposait tout au moins une
   certaine réserve. Paul Loyson voyait donc dans les révélations sur la vie de Charles Perraud une manœuvre de
   guerre contre Rome, comme disait Mgr Lacroix, et cela suffisait pour qu'il désirât la publication de la brochure.
   Mme Loyson, d'abord hésitante, finit par se joindre à son fils, dans la persuasion qu'il y avait là une
   documentation en faveur du mariage des prêtres.» Aimé Pallières, Le Sanctuaire inconnu, Annexe I

Voici donc la biographie de l’abbé Loyson, suivie de textes de ses disciples. Ces témoignage extraits du site de l’Eglise gallicane et rédigés par des membres de cette institution, révèlent un esprit d’opposition à l’Eglise catholique et ils montrent à quel point dès la fin du XIX° siècle, l’abbé Loyson fut un précurseur de la subversion cléricale de Vatican II.

                                                                            Comité international Rore Sanctifica

Fin du communiqué du 10 novembre 2006 du Comité international Rore Sanctifica Ce communiqué peut être téléchargé depuis le site http://www.rore-sanctifica.org

Page 3 sur 3