CIRS — Comité international Rore Sanctifica · communique · 6 mai 2007

En 1966, la lettre mensongère de Dom Botte en réponse au Père Bouyer qui contestait la nouvelle forme du rite épiscopal (avec reproduction du fac-similé de la lettre manuscrite).

Post-Vatican II etude-privee
Version unique

http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

                                                             Communiqué

                        En 1966, la lettre mensongère de Dom Botte en réponse au Père
                            Bouyer qui contestait la nouvelle forme du rite épiscopal
                            (avec reproduction du fac-similé de la lettre manuscrite)




1. Le 2 juin 1966, Dom Botte tente de circonscrire la contestation du Père Bouyer
   qui ébranlait l’opération de liquidation de l’ancien rite de consécration épiscopale

Dans notre communiqué1 du 5 mai 2006, nous avons publié le fac-similé de la lettre du 14 juin 1966 du Père Bouyer au Groupe XX du Consilium et par laquelle il mettait en cause le nouveau rite épiscopal et le disqualifiait en remettant en cause son substrat même, à savoir le texte de la prétendue Tradition apostolique fallacieusement attribuée à Hippolyte de Rome, ainsi qu’en soulignant la perte dans ce rite du sens chrétien authentique de la consécration.

Ce passage de la lettre du Père Bouyer a été volontairement (et très cléricalement !) censuré dans le numéro 54 du Sel de la terre, car il mettait en cause implicitement toute la crédibilité du nouveau rite épiscopal, ce que les dominicains se sont évertués à masquer :

    « Il est à craindre qu'une révision entreprise sous une suscite de tels auspices [les « élucubrations »
    d’Hippolyte] ne suscite dans moins de vingt ans, la risée des savants » Père Louis Bouyer au Groupe XX, 14
    mars 1966

Cette omission bien cléricale des moines d’Avrillé vise à préserver Montini-Paul VI. En réalité l’affirmation contenue dans la dite constitution apostolique Pontificalis Romani (1968) apparaît désormais bel et bien comme un énorme mensonge de Montini-Paul VI : « on a jugé bon de recourir, parmi les sources anciennes, à la prière consécratoire qu'on trouve dans la Tradition apostolique d'Hippolyte de Rome, document du début du troisième siècle, et qui, pour une grande partie, est encore observée dans la liturgie de l'ordination chez les Coptes et les Syriens occidentaux. » Montini- Paul VI – Pontificalis Romani, 19682

2. Les 2 mensonges de Dom Botte sur la « garantie » qu’apporteraient le
   nouveau texte par un soi-disant « déjà en usage dans les Patriarcats orientaux »

1 http://www.rore-sanctifica.org/etudes/2007/RORE_Communique-2007-05-05_Lettre_de_Bouyer.pdf 2 http://www.rore-sanctifica.org/bibilotheque_rore_sanctifica/05-rite_de_paul_6-textes_de_reference/1977- pontificalis_romani_(fr)_(eveques)/1977-Pontificalis_Romani-Francais_eveques.pdf

1 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007 Face à la critique du Père Bouyer qui met en cause le caractère scientifique peu établi de la prétendue Tradition apostolique, un texte entièrement « reconstruit » par Dom Botte qui va devenir la pierre angulaire sur laquelle seront appelées à reposer toutes les consécrations épiscopales postérieures, Dom Botte ne s’émeut guère mais avance des raisons fallacieuses pour maintenir le texte de sa réforme :

   « Un fait s'est imposé à moi : dans le patriarcat d'Antioche, pour le sacre du patriarche, et dans le patriarcat
   d'Alexandrie, nous trouvons deux formules apparentées qui sont des remaniements de la prière d'Hippolyte.
   Qui que soit l'auteur de la prière, il y a là un fait de tradition. Depuis des siècles, ces prières sont en usage dans
   ces deux patriarcats et donnent de l'épiscopat une version infiniment plus riche que les prières romaines. Ne
   serait-ce pas là une occasion, puisqu'il faut changer, de se rapprocher de la tradition orientale ? Comme vous le
   voyez, ce n'est pas un souci d'archaïsme qui m'a guidé, mais un souci d'œcuménisme. Qu'après cela
   Hippolyte soit "intégriste" ou non, ce qui peut se discuter, il est incontestable que cette prière est
   d'une grande richesse. J'ai bien étudié toutes les prières d'ordination. Je n'en ai jamais trouvé qui
   soient d'une qualité égale.. Qu'après cela Hippolyte ait mauvais caractère, c'est une autre question. Mais il
   faut être impartial. L'œuvre a une existence indépendante de son auteur. Nous n'entendons nous engager ni
   dans les controverses sur sa personne, ni sur l'authenticité de son œuvre. Notre garantie, c'est que cette prière a
   inspiré deux grands patriarcats orientaux. Comme vous avez le sens de l'oecuménisme, je pense que ces
   considérations auront du poids à vos yeux » Dom Botte, 2 juin 1966

Or l’affirmation répétée de Dom Botte selon laquelle la forme prétendue de la Tradition apostolique serait en usage dans deux patriarcats est fausse

       •   « Un fait s'est imposé à moi : dans le patriarcat d'Antioche, pour le sacre du patriarche, et dans le
           patriarcat d'Alexandrie, nous trouvons deux formules apparentées qui sont des remaniements de la
           prière d'Hippolyte. »

       •   « Qui que soit l'auteur de la prière, il y a là un fait de tradition. Depuis des siècles, ces prières sont en
           usage dans ces deux patriarcats »

       •   « Notre garantie, c'est que cette prière a inspiré deux grands patriarcats orientaux » Dom Botte

Premier mensonge de Dom Botte sur le Patriarcat d’Antioche (rite des Syriens occidentaux c’est-à-dire Maronites et jacobites) La forme d’intronisation du patriarche Maronite qui contient des éléments (partiels et non hérétiques) de la forme de la prétendue Tradition apostolique est un rite d’intronisation purement juridictionnel et nullement sacramentel. Ce rite ne peut donc en aucun cas constituer une justification du recours à des bribes de cette prétendue Tradition apostolique pour un usage sacramentel.

Nous rappelons le Pape Pie XII a promulgué dans la "Lettre Apostolique" Motu Proprio "Cleri Sanctitati" du 02 juin 1957, le canon 235 du code de Droit canon oriental, où il déclare (infailliblement) que l’intronisation d’un Patriarche est un acte purement juridictionnelle, car l’élu doit au préalable à son intronisation être revêtu du « caractère épiscopal » :

   « §4. Que l'élu à la dignité patriarcale qui n'aurait pas le caractère épiscopal, s'il s'agit de l'un de ceux dont
         il est question au § 2, soit ordonné évêque avant l'intronisation ; mais s'il s'agit de l'un de ceux dont il
         est question au § 3, il peut être ordonné seulement après la confirmation du Pontife Romain. » Pape Pie
         XII, 2 juin 1957

2 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007 Voici le fac-similé du texte du Pape Pie XII publié par les AAS (Acta Apostolicae Sedis) :

3 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

Deuxième mensonge de Dom Botte sur le Patriarcat d’Alexandrie (rite Copte) La forme du rite de consécration épiscopal Copte qui contient des éléments (partiels et non hérétiques) de la forme de la prétendue Tradition apostolique possède une phrase qui exprime le pouvoir d’ordre (potestas ordinis) épiscopal et possède une phrase qui exprime la signification de la grâce du Saint-Esprit (gratia ordinis), or ces deux phrases sont absentes aussi bien de la prétendue Tradition apostolique que du nouveau rite de consécration épiscopale.

Le recours à ce rite pour assurer la validité du nouveau rite est donc disqualifié.

Nous rappelons ici ce que nous avions déjà montré dans nos précédents textes :

•   Communiqué du CIRS du 25 avril 2006 (De Ritu Coptorum)3
•   Notitia VI – De Erratis – réfutation de la brochure d’Avrillé (« Sont-ils évêques ? »)4
•   Réfutation de l’abbé Calderon du 24 avril 20075

Non seulement le texte de la prétendue Tradition apostolique ne contient pas la signification du pouvoir d’ordonner – la potestas ordinis épiscopale - figurant elle explicitement dans le rite copte, mais de plus, le 31 mars 1967 cette phrase fut habilement masquée aux membres de la Commission qui eut à se prononcer en faveur de l’adoption du nouveau rite épiscopal de Montini-PaulVI qui devait intervenir en 1968.

Ce mensonge de Dom Botte au Père Bouyer est désormais démontré et il est aggravé par la démonstration factuelle de son intention de dissimuler aux Pères du Consilum la présence de la signification de la potestas ordinis dans le rite Copte.

3 http://www.rore-sanctifica.org/bibilotheque_rore_sanctifica/01-publications_de_rore_sanctifica/rore_sanctifica- communiques/communique_(2006-04-25)-de_ritus_coptorum/rs_2006_04_25_communication_de_ritus_coptorum.pdf 4 http://www.rore-sanctifica.org/bibilotheque_rore_sanctifica/01-publications_de_rore_sanctifica/rore_sanctifica-2006-02- notitiae_(ex_tomo_3)/2006-07-notitia_6-de_erratis/rs_notitia_3_de_erratis_2006_07_a.pdf 5 http://www.rore-sanctifica.org/bibilotheque_rore_sanctifica/01-publications_de_rore_sanctifica/rore_sanctifica- communiques/communique_(2006-04-25)-de_ritus_coptorum/rs_2006_04_25_communication_de_ritus_coptorum.pdf

4 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

Il s’agissait donc manifestement pour les réformateurs de faire adopter un nouveau texte dont ils soient sûrs qu’il ne comprenaient pas la signification de la potestas ordinis, c’est-à- dire un texte dont, au regard des critères infaillibles fixés par le Pape Pie XII, ils aient l’absolu certitude de son invalidité.

5 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

Rite Copte (Denzinger – p23-24) Rite Copte (Sel de la terre – p 101-104) Rite Copte cité au Consilium - 1967 Rite Paul VI (1968) (mal traduit) (n°54 – nov. 2005) Dominator Domine Deus omnipotens Dominator Domine Deus Qui es; Domine Deus omnipotens, Deus et omnipotens Pater Domini nostri et Dei nostri et Pater Domini nostri et Dei nostri et Pater Domini nostri et Dei nostri et Salvatoris Iesu Pater Domini nostri Jesu Christi, Salvatoris nostri Jesu Christi, Salvatoris nostri Jesu Christi, Christi, une sole ingenite, sine principio (αρχή) [...] unus solus ingenitus, sine principio, nullum regem nullum regem habens super te, qui es habens super te, qui es semper et ante saecula, semper12 et es ante saecula, infinite et sole infinitus et solus altissimus, solus sapiens, solus altissime, sole sapiens (σοφός), sole bone bonus, invisibilis in natura tua, prin-cipii expers et (αγαθός), invisibilis in natura (φύσις) tua, apud quem est scientia incomprehensibilis et principii expers (άναρχος), et apud quem incompara-bilis, cognoscens occulta, est scientia incomprehensibilis et incomparabilis13 (ασύγκριτος), cognoscens occulta, Pater misericordiarum et Deus totius consolationis, qui in excelsis habitas et humilia respicis cognoscens omnia antequam fiant, cognoscens omnia antequam fiant, cognoscens omnia antequam fiant, qui cognoscis omnia antequam nascantur qui es in altissimis et respicis humiles, qui es in altissimis et respicis humiles, qui dedisti s t a t u t a (Arabs : qui dedisti statuta ecclesiastica qui donasti statuta ecclesiastica tu qui dedisti in Ecclesia tua normas c a n o n e s ) ecclesiastica per unigenitum Filiium tuum Dominum per unigenitum Filium tuum Dominum per unigenitum Filium tuum D.N.I.C., per verbum gratiæ tuæ, nostrum Jesum Christum nostrum Jesum Christum, qui prædestinasti ex principio genus iustorum ab Abraham qui constituisti sacerdotes ab initio, qui constituisti sacerdotes ab initio, qui constituisti sacerdotes ab initio qui constituisti principes et sacerdotes ut adsisterent populo tuo, [...] ut assisterent populo tuo, qui non reliquisti locum tuum sanctum qui non reliquisti locum tuum sanctum qui non reliquisti locum sanctum sine ministerio, et sanctuarium tuum sine ministerio non sine ministerio, sine ministerio, dereliquisti,

qui complacuisti tibi glorificari in iis, qui complacuisti tibi glorificari in iis, qui complacuisti tibi glorificari in iis quos elegisti. cui ab initio mundi placuit in his quos quos elegisti : quos elegisti : elegisti glorificari : tu iterum nunc tu iterum nunc Tu iterum nunc Et nunc

6 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

Rite Copte (Denzinger – p23-24)                Rite Copte (Sel de la terre – p 101-104)            Rite Copte cité au Consilium - 1967                   Rite Paul VI (1968)
           (mal traduit)                                  (n°54 – nov. 2005)

effunde virtutem Spiritus tui hegemonici, effunde virtutem Spiritus tui hegemonici, effunde virtutem Spiritus tui principalis, effunde super hunc electum eam virtutem, quæ a te est, Spiritum principalem, quem dedisti dilecto Filio tuo Iesu Christo, quem donasti Apostolis sanctis tuis quem donasti Apostolis sanctis tuis quem donasti apostolis sanctis tuis quem ipse donavit sanctis Apostolis, qui constituerunt Ecclesiam per singula loca ut sanctuarium tuum, in gloriam et laudem indeficientem in nomine tuo. in nomine tuo. in nomine tuo nominis tui. Da igitur Da igitur Da igitur Da, cordium cognitor Pater,

hanc eandem gratiam hanc eandem gratiam hanc eamdem gratiam super servum tuum N, quem elegisti in super servum tuum N, quem elegisti in super servum tuum quem elegisti in episcopum, huic servo tuo, quem elegisti ad episcopum, episcopum, Episcopatum, ut pasceret gregem tuum sanctum, ut pasceret gregem tuum sanctum, ut pascat gregem tuum sanctum ut pascat gregem sanctum tuum, et ut tibi esset in ministrum et ut tibi esset in ministrum et ut sit tibi in ministrum irreprehensibilem, et summum sacerdotium tibi exhibeat irreprehensibilem, irreprehensibilem, sine reprehensione, orans ante benignilatem tuam die ac nocte, orans ante benignitatem tuam die ac nocte, orans ante benignitatem tuam die ac nocte, serviens tibi nocte et die, ut incessanter vultum tuum propitium reddat Congregans (conservans?) nume-rum congregans (conservans?) numerum congregans numerum salvandorum, offerens tibi et offerat dona sanctæ Ecclesiæ tuæ; salvandorum, offerens tibi dona (δώρον) in salvandorum, offerens tibi dona in sanctis dona in sanctis ecclesiis sanctis ec-clesiis. ecclesis. Ita, Pater omnipotens, per Christum tuum, Ita, Pater omnipotens, per Christum tuum, Ita, Pater omnipotens, per Christum tuum, da ut virtute Spiritus summi sacerdotii da ei unitatem Spiritus Sancii tui, ut sit ipsi da ei unitatem Spiritus Sancti tui, ut sit ipsi da ei participationem Spiritus Sancti tui, ut habeat potestatem dimittendi peccata poteslas dimittendi peccata potestas dimittendi peccata sit ei potestas dimittendi peccata secundum mandatum (εντολή) unigeniti secundum mandatum unigeniti tui Filii SUPPRESSION DE LA secundum mandatum tuum ; ut distribuat tui Filii Jesu Christi Domini nostri, Jesu Christi Domini nostri, constituendi munera constituendi cleros (Κλήρος, Arabs : cleros, MENTION DU POUVOIR Clericos) D’ORDONNER

7 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

Rite Copte (Denzinger – p23-24)            Rite Copte (Sel de la terre – p 101-104)       Rite Copte cité au Consilium - 1967                       Rite Paul VI (1968)
           (mal traduit)                             (n°54 – nov. 2005)

secundum mandatum ejus13 ad secundum mandatum ejus ad sanctuarium secundum mandatum eius ad sanctuarium secundum præceptum tuum 14 sanctuarium (ίερατεΐον), et solvendi vincula omnia ecclesiastica, et solvendi vincula omnia ecclesiastica, et solvendi vincula omnia ecclesiastica, et solvat omne vinculum secundum potestatem quam dedisti Apostolis ; faciendi domos novas orationis 15 [...] faciendi domus novas orationis et sanctificandi (ευκτηριον), et sanctificandi (άγιάζειν) altaria; altaria (θυσιαστηριον) ; et placeat tibi in mansuetudine et corde et placent tibi in mansuetudine et corde et placeat tibi in mansuetudine et corde humili, placeat tibi in mansuetudine et mundo humili, offerens tibi in innocentia et humili, offerens tibi in innocentia et offerens tibi in inno-centia et irreprehensibilitate corde, offerens tibi odorem suavitatis, irreprehensihilitate sacrificium sanctum irreprehensibilitate sacrificium sanctum sacrificium incruentum, mysterium huius incruentum, mysterium (μυστηριον) hujus16 incruentum, mysterium hujus Testamenti Testamenti novi in odorem suavitatis. Testamenti Novi, in odorem suavitatis17. novi, in odorem suavitatis

                                                                                                                                          per Filium tuum Iesum Christum, per
                                                                                                                                         quem tibi gloria et potentia et honor, cum
                                                                                                                                         Spiritu Sancto in sancta Ecclesia et nunc et
                                                                                                                                         in sæcula sæculorum. Amen.

8 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

3. Le Père Pierre-Marie d’Avrillé répète les mensonges de Dom Botte et en
   fait la pierre angulaire de sa pseudo-démonstration

Et le Père Pierre-Marie, en novembre 2005, approuve et répète cette fausse assertion de Dom Botte : elle va même devenir la base de son raisonnement et de sa pseudo-démonstration :

     « Il faut reconnaître que - indépendamment de la dépréciation de la liturgie romaine -, l'argumentation de Dom
   Botte est valable : le fait que la prière

      p. 94
   d'Hippolyte ait été adoptée par deux patriarcats orientaux6 assure sa valeur, abstraction faite de la personne de son
   auteur7, et du caractère de cette personne » Sel de la terre, n°54

Cette reprise du mensonge de Dom Botte intervient plus de 37 ans après la promulgation du nouveau rite sacramentellement invalide de consécration épiscopale. On ne pourra donc pas dire que les dominicains d’Avrillé auront manqué de temps pour effectuer une étude approfondie du sujet.

Désormais la collusion obstinée entre les moines d’Avrillé et les réformateurs liturgistes modernistes anti-christs, qui ont détruit l’épiscopat catholique sacramentellement valide par la promulgation d’un rite invalide, est devenue publique et totale. Jusqu’à quand le Père Pierre-Marie va-t-il continuer à soutenir ces deux mensonges éhontés de Dom Botte ? La forme peudo-épiscopale de Montini-Paul VI que le Père Bouyer avait déjà qualifié en 1966 de « risée des savants » va-t-elle devenir la « risée de la Tradition catholique » ?

4. Les pièces du communiqué (fac-similé de la lettre et transcription)

Voici la transcription de la lettre manuscrite de Dom Botte dont nous reproduisons le fac-similé à la fin de ce communiqué. Cette transcription n’a été que partiellement publiée dans le Sel de la terre (numéro 54). Les passages en gras et souligné sont les phrases qui ont été censurés par le Père Pierre-Marie d’Avrillé.

       Dom Bernard Botte. Louvain.

       Rome 2-6-1966

       Mon Révérend Père,

      J'ai reçu communication de votre lettre du 14 avril et je vous remercie des observations que vous avez
   bien voulu faire au sujet du Pontifical.
      Les questions que vous posez, je me les suis posées moi-même, et je crois bon de vous exposer pourquoi je les ai
   résolues de la manière que vous savez.
         1. - Au sujet de la prière en forme de préface, deux remarques :
         a) Je ne crois pas que l'introduction «Vere dignum...» soit due à une influence gallicane, laquelle
      représenterait une tradition plus ancienne. Si on suit l'évolution des textes, on voit qu'il s'agit d'une interprétation
      d'une rubrique : in topo prafationis. D'ailleurs, nous avons les prières de consécration gallicanes conservées dans
      le Gélasien (et passées à titre secondaire dans le Pontifical), et elles n'ont pas de Vere dignum.

6 Note du Sel de la terre : Dans les débuts de l'Église, on ne comptait que trois patriarcats : Rome, Antioche et Alexandrie, tous les trois liés à la personne de saint Pierre : celui-ci a fondé l'Église d'Antioche avant de venir à Rome, et il a envoyé son «secrétaire», saint Marc, fonder celle d'Alexandrie, en quelque sorte en son nom. La présence de la même prière dans les deux patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche est évidemment un argument très fort. 7 Note du Sel de la terre : On voit combien sont vaines les discussions de Rore sanctifica pour savoir si la Tradition apostolique a, oui ou non, Hippolyte pour auteur. Là n'est pas le problème.

9 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007 b) Qu'il y ait des formes de bénédiction sous forme d'action de grâces, c'est incontestable. C'est le cas notamment de la bénédiction des aliments dont dérive l'eucharistie Mais il faut remarquer qu'il s'agit essentiellement de bénédictions de choses et non de consécrations de personnes. Dans le premier cas, l'action de grâces est l'objet propre de la prière : on a reçu un don de Dieu (pain, vin, lumière, prémices). L'homme doit rendre grâce de ces dons, et ce faisant, il introduit ces dons dans le domaine du sacré. Il en est tout autrement dans les consécrations de personnes de grâces n'a pas d'objet propre et paraît artificielle Remarquez que dans aucun rite oriental, pas plus que dans le gallican ou le vieux romain, les prières d'ordination ne se font sous forme d'action de grâces. En écartant la forme d'action de grâces, nous nous conformons à

          p. 93
          une tradition universelle dont le rite romain s'est écarté par une fausse interprétation de rubrique. Quant à
      l'analogie avec les bénédictions de choses, elle porte à faux.
         2. - Quant à l'obsession de ramener tout à Hippolyte, je crains qu'elle ne soit que dans votre esprit. Il est cité,
      le cas échéant, avec d'autres témoins de la Tradition, Il n'y a qu'un cas où nous lui avons donné la
      préférence, celui de la prière du sacre épiscopal. Je me bornerai donc à répondre sur un point précis
      Contrairement à ce que vous pensez, ce n'est pas un souci d'archaïsme qui m'a guidé. Voici exactement
      comment le problème s'est présenté.
          a) La formule romaine (contrairement à ce qui se passe pour la prêtrise et le diaconat) est d'une pauvreté de
      pensée qui contraste avec la somptuosité de la forme. Tout se réduit au symbolisme du sacre d'Aaron, qui
      d'ailleurs fini par se matérialiser dans les rites. Tout le monde est d'accord pour trouver qu'elle ne donne qu'une
      idée très imparfaite de la théologie de l'épiscopat8.
          b) Dès lors la question se posait : peut-on la remanier, l'enrichir, ou la remplacer par une autre formule ? Je
      ne vois guère le moyen de la remanier. Elle a son unité. Y introduire des développements étrangers n'aboutirait
      qu'à en faire un monstre du genre de la chimère d'Homère. Faire composer une nouvelle formule par les
      théologiens ? Dieu nous en garde ! Je m'y refuse pour ma part, et je ne crois pas que qui que ce soit en soit
      capable. Dès lors une seule solution : chercher dans la tradition orientale.
          c) Un fait s'est imposé à moi : dans le patriarcat d'Antioche, pour le sacre du patriarche, et dans le patriarcat
      d'Alexandrie, nous trouvons deux formules apparentées qui sont des remaniements de la prière d'Hippolyte. Qui
      que soit l'auteur de la prière, il y a là un fait de tradition. Depuis des siècles, ces prières sont en usage dans ces
      deux patriarcats et donnent de l'épiscopat une version infiniment plus riche que les prières romaines. Ne serait-ce
      pas là une occasion, puisqu'il faut changer, de se rapprocher de la tradition orientale ? Comme vous le voyez, ce
      n'est pas un souci d'archaïsme qui m'a guidé, mais un souci d'œcuménisme. Qu'après cela Hippolyte soit
      "intégriste" ou non, ce qui peut se discuter, il est incontestable que cette prière est d'une grande
      richesse. J'ai bien étudié toutes les prières d'ordination. Je n'en ai jamais trouvé qui soient d'une
      qualité égale.. Qu'après cela Hippolyte ait mauvais caractère, c'est une autre question. Mais il faut être
      impartial L'œuvre a une existence indépendante de son auteur. Nous n'entendons nous engager ni dans les
      controverses sur sa personne, ni sur l'authenticité de son œuvre. Notre garantie, c'est que cette prière a inspiré
      deux grands patriarcats orientaux9 Comme vous avez le sens de l'oecuménisme, je pense que ces
      considérations auront du poids à vos yeux.
      Vous pouvez constater d'ailleurs que pour les autres prières nous nous sommes bien gardés
   d'avoir recours à Hippolyte.
      En vous remerciant encore, je vous prie de croire, mon cher Père, à mes sentiments tout dévoués
   in Christo.

      B.Botte osb

8 Note du Sel de la terre : C'est sans doute le passage le plus contestable de cette lettre de Dom Botte. Le rite traditionnel n'avait pas l'intention de donner une théologie complète de l'épiscopat, mais il mettait bien en relief son aspect essentiel : l'évêque est le grand- prêtre du nouveau Testament, il possède le sacerdoce à son degré suprême. Or cela est beaucoup moins clair dans le nouveau rite. Il est d'ailleurs amusant de voir Dom Botte se réclamer ici de la théologie, alors que nous allons le surprendre se moquer peu gentiment des théologiens. En réalité, c'est un manque d'amour de la liturgie romaine qui l'a conduit à chercher autre chose. (NDLR.) 9 Note du Sel de la terre : Archives du Deutsches Liturgisches Institut (Trèves), fond Kleinheyer, B 117.

10 Version A http://www.rore-sanctifica.org Communiqué du 6 mai 2007

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                                                       Comité international Rore Sanctifica

     Fin du communiqué du 6 mai 2007 du Comité international Rore Sanctifica
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