Pélérences.
Dans notre numéro précédent,
nous avons entrepris de parler
du sédévacantisme, qui constitue
certainement La tentation sous
apparence de bien La plus subtile
pour bon nombre de fidèles
traditionalistes. N'est-il pas plus
simple en effet de considérer que,
gardant contre vents et marées les
formes de La Tradition catholique,
nous ne désobéissons en rien au
pape, s’il est prouvé que ce pape
n'en est pas un.
Réponse
à l'Abbé Cekada
Sur la validité du nouveau rite d'ordination épiscopale
Moyen court pour “prouver” la vacance du montrer que cette démonstration n'en est
pas
Siège de Rome, proposé dans le livre ano-
une, ou que si l'on adopte les critères séman-
nyme Rore sanctifica : le nouveau
rite des tiques ultra-rigide de l'abbé, les ordinations
ordinations épiscopales est invalide, L'abbé
sacerdotales selon le rite latin traditionnel
Ratzinger ayant été sacré archevêque
de sont invalides depuis la nuit des temps. Avec
Munich selon ce rite nouveau en 1977, il
n'est une grande rigueur et une vraie charité ecclé-
pas validement évêque. 11 n'est donc pas non
siale, sans jamais se départir de la plus stric-
plus évêque de Rome et donc pas pape. Dans
te objectivité, le frère Ansgar Santogrossi,
ce moyen court, le sédévacantisme dévoil
e sa spécialiste de Duns Scot et auteur récent
vraie nature : l'ecclésiovacantisme. Il
n'y aura d'un livre sur les illusions de Pœcuménisme
bientôt plus de prêtres validement ordonnés
moderne, entreprend de démontrer son erreur
par des évêques validement sacrés, que ceux
à l'abbé Cekada. I! nous offre en même temps
qui auront été ordonnés par un des
rares une magnifique méditation sur l'épiscopat.
évêques sacrés “à l’ancienne”. La logiqu
e est
Ce texte constitue aujourd’hui une véritable
imparable et la folie assurée. L'absurdité
de référence dans les débats qui agitent l'Eglise
la situation engendrée par une telle théorie
catholique, écartelée entre sa Tradition et
devrait suffire à la disqualifier. la
praxis nouvelle que des pasteurs insouciants
Mais certains catholiques se laissent prendre
tentent de lui imposer depuis près de qua-
aux apparences de la démonstration
“sérieuse” rante ans.
produite par l'abbé Cekada. I] importait
de
GT
36 Objections n°6 + Juin 2006 Ade ChCCS.
Dès le début du mouvement traditionaliste, nombr
eux ont été ceux qui ont mis en
doute la validité de tel ou tel rituel sacrementel,
issu de la réforme postconciliaire, Pour
le sacrement de l'Ordre, il est communément
soutenu que les constitutions apostoliques
Apostolicae Curae de Léon XIII et Sacramentum
Ordinis de Pie XII exigent certaines
conditions de validité qui ne se trouvent pas
dans le nouveau rite d'ordination promulgué
par Paul VI en 1968.
L'étude sur l'ordination d'évêques de l’abbé Antho
ny Cekada, prêtre sédévacantiste
dans l'Ohio, s'inscrit parmi les plus fortes
dans le genre. Instructif par l'étendue d’une
documentation puisée dans les manuels classiq
ues mais aussi dans les études récentes
d'histoire de la liturgie, l'ouvrage de Cekada pèche
néanmoins par une conception mani-
festement exagérée de l'univocité de Signification
requise pour une formule sacrementel-
le. Il souffre aussi du fait qu'il ne prend pas en
compte maintes données de la Tradition
de l'Église - auxquelles se rattache pourtant la formule de Paul
VI. C'est cet ancrage dans
la Tradition qui garantit la validité du nouveau
rite d'ordination, quoi qu’il en soit des
déficiences que le rite partage avec d'autres réformes
du même Pontife.
L'article de Cekada tient compte de ces Perspectives
historiographiques. L'abbé
entend bien disqualifier l'idée d'un ancrage traditi
onnel de la liturgie rénovée. I] consti-
tué, pour partie, une réfutation de la
position qui attribue la validité du nouvea
u rite au
fait que sa formule essentielle serait identique à
la forme d'ordination d'évêques dans les
rites syriens et coptes. Cekada oppose à cette
thèse une analyse desdits rites. Il en tire la
conclusion que le rite de Paul VI n'est pas compa
rable à ceux des Églises orientales.
Notre démonstration de la validité du rite de Paul
VI n'entrera pas dans ce débat, rele-
vant de l'histoire de la liturgie. Elle se focalisera sur
l'argument propre de l'abbé Cekada
contre la validité du rite Paul VI.
Au fond cet argument est très simple: la Tradit
ion de l'Église rappelée par Pie XII
en 1947 exige qu'une formule sacramentelle
signifie de manière univoque les effets du
sacrement, en l'occurrence le pouvoir d'Ordr
e et la grâce du Saint-Esprit; la partie de
la
prière consécratoire traditionnelle que Pie XIT
définit comme essentielle et requise pour
la validité, à savoir : « Complétez en votre prêtre la plénitu
de de votre ministère, et, paré
de toute la gloire, sanctifiez-le par la rosée de l'oncti
on céleste » assure cette signification
univoque. Or, selon Cekada, la formule prescrite
par Paul VI - une prière pour l'envoi du
“Spiritum principale—” s'avère obscure et équivo
que. La conclusion tombe raidement:
cette expression ne signifie pas Le pouvo
ir d'Ordre de Fépiscopat. Le rituel nouvea
u,
entaché de cette ambiguïté ‘est par conséquent
invalide.
Comme signalé ci-dessus, l'expression “Spiritum
principalem" (daubée par l'abbé
Cekada) se trouve justement dans la prière consécratoire
du rite copte. L'abbé Cekada
cependant conteste que cela puisse assurer son
efficacité sacramentelle dans le rite Paul
VL. Étant en effet foncièrement ambiguë à son avis, elle ne
saurait être la forme essen-
tielle (assurant la validité du sacrement de l'épisc
opat) dans le rite copte non plus.
Une déclaration du Synode copte de 1898 semble
désigner toute la prière consécra-
toire comme la forme du sacrement, sans
stipuler aucune phrase particulière comm
e
requise pour la validité comme cela a été
fait par Pie XII et Paul VI pour le rite latin.
Pour Cekada, c'est toute la prière consécratoire
copte qui constitue la forme requise,
Cette prière dans son ensemble signifie le pouvo
ir d'Ordre par ses références à certains
- Objections n°6 «juin 2006 37
Fo PRCRCCS.
pouvoirs propres et spécifiques de l'épiscopat, par exemple
ceux d'ordonner et de faire
de nouvelles maisons de prière. Par contre l'expression “Spiritum
principalem” promulguée
par Paul VI ne signifie pas clairement ce pouvoir épiscopal.
Elle peut en effet signifier
r'importe quel office d’autorité ou de direction; elle est donc équivoqu
e.
En revanche, dans le rite romain traditionnel, la phrase définie comme
ap essentielle P par
le Pap
pape Pie XII, D à savoir “plénitud e de votre ministère”, signifie,
P! g , elle, de manière univo-
que (et donc clairement) le pouvoir d'Ordre de lépiscopat.
Nouvelle formule du sacre des évêques
et formules traditionnelles d'ordination
À ce point de notre exposition, il faut signaler un peu pêle-mêle plusieurs aspects
de
la question qui ont été négligés par l'abbé Cekada. Une fois rassemb
lées toutes ces don-
nées, la validité du rite Paul VI sera évidente.
Commençons, si vous le voulez, par une comparaison entre la formule du
rite de lordina-
tion des évêques selon Paul VI d’une part, et les formules sacrame
ntelles des autres ordres
presbytérat, diaconat etc. telles qu'elles furent arrêtées et définies
par Pie XII en 1947,
Donnons d'abord la formule complète de Paul VI pour l'ordination d’un
évêque. La
voici: «Et maintenant répands sur celui que tu as choisi cette
force qui vient de toi,
l'Esprit qui fait les chefs (Spérisum Principalem), que tu as donné à
ton Fils, Jésus-Christ,
qu’il a donné lui-même aux saints Apôtres, qui établirent l'Église en
chaque lieu, comme
ton sanctuaire, à la gloire incessante et à la louange de ton
Nom».
Voici maintenant la partie de la formule, définie par Pie XI, pour le sacerdoce
, et qui
est pertinente pour notre problème: « Donnez à ce serviteur
qui est le vôtre, Pére tout-
puissant, nous vous demandons, la dignité du Presbytérat,... qu’il
obtienne la charge du
second rang.» Passons à la formule du diaconat selon le même
Pie XI]: « Envoyez en
celui-ci, nous le demandons, Seigneur, l'Esprit Saint, par lequel
il sera fortifié par le don
de votre grâce septiforme pour l'œuvre de l'accomplissement de votre
service (ministe
rilj». Il sera question plus tard de savoir si ces deux formules tradition
nelles pour les
ordres presbytéraux et diaconiaux satisfont bien au degré d’univoc
ité que Cekada exige
-et qu'il déclare ne pas retrouver dans la formule pour l'ordinat
ion épiscopale promulguée
par Paul VI.
L'adjectif “principalem” qualifie le nom “Spéritum” dans la forme
Paul VI: « l'Esprit qui
fait les chefs». I] renvoie au latin princeps (le premier) et il est la
traduction latine du grec
hegemonikon, un mot qui normalement signifie pouvoir, domination ou
gouvernement.
Lexpression pneuma hegemonikon (Spiritum principalem) se trouve
mentionnée comme
exprimant un don divin, dans le psaume 50. Elle a été utilisée
dans de nombreuses prières
consécratoires orientales pour des charges et des bénédictions
diverses. Toutes ces charges ont
quelque chose à voir avec l'autorité, et il se trouve aussi que le champ
sémantique naturelle-
ment associé à ce concept — vocables tels prince ou chef
est bien présent dans la pensée des
Pères et des écrivains ecclésiastiques médiévaux quand ils caractéri
sent les évêques comme
“princes”, “premiers” ou “chefs” dans l'Église. Les dictionnaires
de grec et de latin patris-
tique cités par Pabbé Cekada lui-même associent egemonikon
et Principalis avec la charge
épiscopale. En outre, la première chose que le Concile de Trente
enseigne sur les évêques,
38 Objections n°6 » Juin 2006 Féférences
décret sur le sacrement de l'Ordre au
chapitre 4, c'est le fait qu'ils sont les
membres principaux de la hiérarchie.
Ils sont établis par l'Esprit Saint pour
régir l'Église — la charge épiscopale de
gouvernement est mentionnée avant
le pouvoir de confirmer et ordonner.
Et même l'Introït du commun de la
messe des Confesseurs Pontifes, que
l'abbé Cekada lit un certain nombre
de fois dans l'année, dit à propos du
saint évêque commémoré: “principem
Jecit um”, [Dieu] la fait un prince”.
» &
Appliquons toutes ces données à
notre problème. On voit d’abord que
si l'on appliquait le principe d’uni-
vocité de signification aux formules
latines traditionnelles avec toute la
rigueur d’un abbé Cekada, alors on
devrait taxer Pie XII aussi d'avoir
pris pour valide une forme qui ne
peut l'être. Car si la formule pour
lépiscopat doit mentionner la plé-
nitude du pouvoir d'Ordre, en tant
que celui-ci est distinct du pouvoir
de la juridiction épiscopale, ainsi
que le présuppose notre abbé, alors
la formule de l'ordination du prêtre
devrait mentionner, elle, le pouvoir
d'offrir Le Sacrifice, caractéristique
du Hiereus grec, du sacerdos latin,
c'est-à-dire du Sacrificateur. En réa-
lité, il n'en est rien. La formule clas-
sique retenue par Pie XII parle seulement de la «dignit
é du presbytérat». Chacun sait Saint Augustin
que le mot ‘preshyéer”, utilisé par exemple dans l'Épêtre
de saint Pierre, signifie “ancien” évéque d'Eippone
d’après l'étyinologie grecque, et non pas “sacrificateur”.
Tout à sa volonté de réfuter la validité du nouveau
rite d'ordination des évêques,
Cekada ironise à ce sujet. Selon lui, l'idée de gouvernemen
t sous-jacente à l'expression
“Spiritus principalis” ne distingue pas l'évêque catholique
de son homologue. mormon.
Mais une telle remarque s’appliquerait également au
mot “presbyter”, fixé par Pie XII
comme le substantif essentiel dans la forme du sacerdo
ce. C'est que “Presbyter’ a fini par
acquérir, dans l'Église, la signification d’un sacerdoce sacrificiel,
répliquerait, sans doute,
l'abbé Cekada.
Contre-réplique: comme l'indique le dictionnaire
patristique cité par Cekada lui-
même, le mot hegemonikon, dont principalis est une
traduction latine a acquis, lui aussi,
une nouvelle signification chrétienne, celle de
l'épiscopat.
Objections n°6 + Juin 2006 39 Féfe CACCS. .
Passons à la formule traditionnelle du diaconat pour la
comparer avec celle de l'épisco-
pat selon Paul VI: on dit que le diacre reçoit te Saint-E
sprit pour “l'œuvre du ministère”
tandis q que l'évêqu
q e reçoit la “plénitu de du ministère”. La formule épiscopale ne dit pas
Si P piscop:
“plénitude du sacerdoce”, mais “du ministère”, ce qui
P:
est générique et donc moins univo-
que que “sacerdoce”. Mais alors, comment l'abbé
Cekada a-t-il la certitude que “pléni-
tude du ministère” fait un évêque et non un archid
q iacre?
Parce qu’il est dit que c'est un prêtre qui reçoit le sacrem
ent, répliquerait-il peut-être.
Contre-réplique: cette réplique présuppose que la signific
ation de “plénitude du
ministère” est déterminée par tout un domaine de connais
sances implicites, car rien dans
la formule elle-même n'indique qu'un prêtre ne peut être
archidiacre ni que l’archidiaco-
nat nest pas un degré du sacrement de l'Ordre. Nous
allons montrer ci-dessous que c'est
justement un champ semblable de significations implici
tes qui donne une signification
épiscopale à la phrase “Spérisim principalemt” dans la formule
de Paul VI.
Signification univoque ? Non, signification intégrale
Les formules latines traditionnelles n'étant pas aussi
univoques que Cekada le pense,
voyons maintenant que la formule de Paul
VI pour l'épiscopat n'est pas aussi ambiguë
qu'il le croit. Rappelons tout d’abord que tout ce qui est
principalis a quelque chose à voir
avec la primauté, c'est-à-dire avec le fait d'être premie
r sous quelque aspect, ce qui fonde
le fait d'être une source, une origine et un principe de
direction, du moins pour la philo-
sophie la plus saine et la plus simple, Un principe ou
un prince dirige par la connaissance
du bien et par sa science des moyens par lesquels
le bien peut s’accomplir. Pour notre
propos, il s'agit d'une primauté et d'un pouvoir de
direction selon l'Esprit Saint, dans
l'Église. La fin de l'évêque est le Bien divin et le moyen la Parole divine
qui instruit, qui
commande et, au moins lorsqu'elle est sacramentelle,
qui réalise ce qu'elle signifie, c'est-
à-dire qui l'effectue.
Celui donc qui reçoit le caractère spirituel au titre de “premi
er”, c'est-à-dire au titre de
Principalis devient source première de Esprit dans
l'Église . Tel est bien l'episkopos, l'évé-
que, celui qui surveille le troupeau en ayant la Parole
divine présente à l'esprit, pour en
être le témoin et le maître (didaskalos}, On touche
là au pouvoir du magistère.
Lévêque est aussi celui qui doit produire les directives qui
sont nécessaires pour mettre
en œuvre la doctrine — il s’agit alors de son pouvoir
de juridiction.
Il doit également l'appliquer aux fidèles de son troupea
u de manière efficace et com-
plète — et nous pouvons en déduire son pouvoir
de sanctification. C'est à travers ce pou-
voir de sanctification que l'évêque est le ministre ordinai
re du sacrement de Confirmation
(marquant la perfection spirituelle des fidèles) et du sacrem
ent de l'ordre.
Ce raisonnement théologique ne signifie Pas pour autant
qu'un évêque reçoit le pou-
voir de juridiction par son sacre même. Et, par ailleurs,
il faut admettre que les diacres et
les prêtres aussi peuvent recevoir le pouvoir d'enseigner
publiquement — ir #edio ecclesine
— et qu'ils sont radicalement aptes à exercer une part
du pouvoir de juridiction qui est
celui de l’évêque. Néanmoins il faut noter un point
capital complètement négligé par
l'abbé Cekada, à savoir que les prêtres, qui jouissent de
ce pouvoir d'enseigner ou de cette
participation à la juridiction épiscopale, ne
reçoivent pas leur part d'enseignement ou
40 Objections n°6 » Juin 2006 Féf RPére Arenc nrafe
de juridiction en vertu d’un caractère Princip
alis où begemonikon. Leur pouvoir, en effet,
dépend du consentement d’un ordre supérieur, tandis
que l'évêque, lui, reçoit son pouvoir
d’un autre évêque, à savoir l'évêque de Rome, détena
nt les clés de saint Pierre, c'est-à-dire
un pouvoir sur toute l'Église que le concile Vatican
I a qualifié de pouvoir épiscopal.
Ainsi le caractère épiscopal est Principalis où hegemo
nikon dans un sens propre à l'épisco-
pat. C'est l'ordre épiscopal en tant que tel qui
gouverne l’Église, et ceci de droit divin, Le
pape ne peut pas confier Le gouvernemen
t des diocèses de manière habituelle à
de simples
prêtres. Rien donc de surprenant, rien
d’inva lidant dans l'usage sacramentel des expres
-
sions preuma hegemonikon, Spiritus Principalis,
esprit qui fait les chefs ou “governing Spirig”
(traduction anglaise). Cette expression signifie bien
le pouvoir d’Ordre épiscopal. (Même
la traduction anglaise provisoire, “be excellent Spirif’,
pouvait se comprendre dans cette
optique, puisqu'en bonne métaphysique celui
qui possède quelque chose au degré de l'ex-
cellence peut communiquer et diriger comme cause
première dans son ordre.)
Certes Pie XII exigeait que la formule d’ordination des
évêques signifie le “pouvoir
d'Ordre” pour être valide, mais l'abbé Cekada fait une
interprétation personnelle en exi-
geant qu'elle signifie le pouvoir de sanctification
en tant que celui-ci se distingue du
pouvoir de juridiction, car le caractère épisco
pal se distingue non seulement pat le pou-
voir d'ordonner et de confirmer, mais aussi par sa prédisp
osition à recevoir et posséder la
juridiction d'une manière “principale”, à savoir sans
la recevoir d'un ordre supérieur, par-
ticipant ainsi du gouvernement suprême de l'Église
, En signifiant ce fait par “principalis”
ou ‘hegemonikon”, on signifie effectivement le pouvo
ir d'Ordre épiscopal,
Ceux qui refusent ce constat devraient logiquement
conclure de ce refus de la nouvelle
formule d'ordination épiscopale que la formule définie par
Pie XII pour le sacerdoce n'est
pas valide, puisqu'elle ne signifie pas plus explicitement
que “Spiritus principalis" un pouvoir
proprement sacerdotal. Mais on tomberait
alors dans l'absurde. Je prétends quant à
moi
tout autre chose: de même que, dans la formule
traditionnelle de l'ordination sacerdotale,
le mot presbyter peut signifier le pouvoir sacerdotal de
manière implicite, de même, dans la
nouvelle formule d'ordination épiscopale, les mots
“Spiritus principalis" peuvent signifier, de
manière implicite, le pouvoir d'Ordre épiscopal qui
est lié à la juridiction.
Loin donc d'être ambigu, l'expression “Spiritun
Principalem” trouve effectivement sa
signification première et sa réalisation première dans
l'épiscopat.
L'abbé Cekada à dressé une liste de plusieurs signific
ations ecclésiastiques de la paro-
le fégemonikon: père abbé, patriarche, et autres. Mais
dans tous ces usages, il s’agit d'une
charge d'autorité et d'une demande des grâces d'état.
Or toute charge dans l'Église est une
charge en vue de la diffusion de l'Évangile de la vérité
à Ja fois et indivisiblement doctri-
nale, sacramentelle et pratique, Cette charge est
confiée en tout premier lieu aux évêques.
Ces évêques sont doués de tous les caractères que
l'Esprit infuse comme autant de dis-
positions à la grâce sanctifiante et par là aux grâces
d'état pour la diffusion du Royaume.
Le caractère épiscopal constitue en lui-même un appel
à Dieu, pour une effusion maxi-
roale de l'Esprit Saint. Ce n'est donc pas pour rien
que les signes visibles du catholicisme
latin traditionnel enfoncent dans l'esprit des fidèles
cette association maximale entre l'évé-
que et l'Esprit Saint. Lévêque est en quelque sorte
le premier analogué de Ja signification
de “Spiritus principalis”. Non seulement donc cette
expression n'est pas ambiguë sur les
lèvres d’un évêque consécrateur, mais elle y trouve
sa signification... principale.
Fr. Ansgar Santogrossi
d
Objections n°6 * Juin 2006 41
a me rpg Pourquoi focus nous sommes : Voici un texte peu connu d'Alexis de Tocqueville des catholiques sur la christianophobie chronique en France baroques depuis deux ou trois siècles : « Lorsque des Baroque ? Catholique ? hommes considérables, parlant au nom de l'Etat Les deux mots jurent. français, dans des chaires créées et maintenues Ils semblent incompatibles, par l'Etat français, attaquent non pas seulement comme l'enfant sage qui ne telle portion du clergé qui menace L instruction sera jamais l'ami du turbulent. laïque, non plus même le clergé tout entier, mais ILne s'agit pas là seulement Le catholicisme même, mais le christianisme de mémoire et d'histoire. même, qui est La sour ce où toutes les notio ns Ce qui est en jeu, c'est modernes ont dû puiser leur force
une manière d'être, un style, et leur grandeur, que fait Monsieur le Ministre une forme. Si l'on met dans | del Instruction publique 2» le baroque, toute La fantaisie (Discours à la Chambre, janvier 1844). et toute La rigueur, si l'on voit Aujourd hui, nous dirions sans doute : dans l'âge baroque l'alliance que fait M. Le ministre de l'Intérieur ? réussie de la liberté et de la fidélité, il faut affirmer Le que cet âge est plus qu'une Parmi les sujets abc és |: époque, parce qu'aujourd'hui, d — re bord 2 il doit être nôtre! Comme ans les prochains numeros : catholiques, ° | D Le socialisme : une survivance mythologiqu nous refusons l'opposition e .
stérile entre Le dogme et La vie, b La foi chrétienne rend-elle paresseux? entre l'élan et l'attachement. | Ressuscités en espérance, > Pédophilie Le dossier douloureux : nous prenons tout: c'est
baroque ! La Catholiques, orthodoxes, la fracture est-elle irrédüctible?
Abbé G. de Tanoüarn > Un autre Mozart
D Ce que l'Eglise a à dire aux femmes
D Les religions sont-elles toutes égales ?
r de La publication : Guillaume de
arn + Edité par : LE D Faut-il passer aux Barbares ?
ciation pour La
Culture Chrétienne [A.D.C.C.
]
Le
jit si:
Table ronde sur les juifs et {es chrét
iens
tout
î :
ro de > Logiques actuelles et vieux
dém ons du protestantisme:
mi ë e cours + Abonn nent
Ë 5
normal 70 € bulletin d'abonnement p.40, 10 :
Et puis évidemment tout ce que l'actualité nous
numéros par an, à Objections, 12 rue Saint- suggèrera.. ï : Joseph 75002 Paris, OT 40 26 41 78, : Un dossier Éditoriat
Non, Da Vinci Code n’aura pas
été l’arme absolue contre le
: christianisme ! C’est un pitoyable
Fritto Misto remake qui trouve ses ingrédients
dans les fantasmes antichrétiens,
Da Vinci Code P.10 en circulation sous une forme ou Pourquoi Le jeu n'en vaut pas sous une autre depuis le début de la chandelle F1 re de l'Eglise. C’est l’occa- Du côté obscur de la farce -_ sion pour nous de mieux sonder La première pierre ce que l’on pourrait appeler les Malaise théologique raisons de la haine...
Du sexe à l'inquisition
L'incendidee la haine Légende dorée, Légende noire
Un épilogue . ,
Légende dorée, Légende noire p. 22 Marie Antoinette n’a pas fini de voir entretenir sa légende, D
L'Église en clameurs Cette fois & e réalisatrice
p.28 ‘ | isatrice
,
Visage(s] de l'Église de Chine s donne sa
Donne s
Le pape Jaune Que penser
4 nt 4
ui donc était Marie
C'est àlire ..... p.32 Antoinett ? Nous e essayons ici
Références p. 36 Réponse à l'abbé Cekada sur le sédévacantisme
En liberté avec... p.42 Pour La monarchie Le judaïsme est-il un moyen de salut ?
Échos... p.47 inmémoriam. p.48 sédévacantistes, qui circulent maintenant depuis 30 ans dans la Sainte Eglise. Frère Ansgar Santogross propose, cette Courriers... . ......, .p. 49 fois, une réponse à l'abbé Cékada sur la validité du nouveau rite d’ordination épiscopal. Son texte constitue en même temps une très belle méditation sur ce qu’est un évêque catholique, manne. rare tra pee n° 6- Juin 2004
quisition :
ÿ
fantasmes antichrétiens